Montignac

Le régime Montignac, que l'on appelle aussi le " régime des managers " (car il s'est surtout développé dans les grand restaurants, auprès d'une clientèle qui voulait maigrir tout en continuant à manger du caviar ou des langoustines), est très en vogue actuellement. Montignac a eu le mérite de montrer que c'est parfaitement possible, qu'un régime ne consiste pas à se priver, et ses propositions reposent pour l'essentiel sur des règles de bon sens (Je mange donc je maigris, de Michel Montignac).
C’est une variante du régime dissocié. Les aliments à index glycémique élevé (carottes, pommes de terre, céréales raffinées…) sont interdits. Les autres aliments glucidiques sont permis, 2 à 3 fois par semaine, et consommés seuls.


Principe
Selon Montignac, la prise de poids serait liée à la consommation de mauvais glucides. Ces sucres rapides en entraînant un pic d'insuline, provoquent un dysfonctionnement du pancréas et génèrent le stockage de graisse. Donc la production excessive d'insuline est coupable de tous les maux. Éliminez les mauvais sucres, augmentez les gras et les protéines et vous maigrirez, à cause d'un procédé physiologique complexe qui n'a rien à voir avec les calories.
Ce n'est ni plus ni moins qu'un régime basses calories, même s'il obéit à certains principes spécifiques. Ce régime préconise la suppression des mauvais glucides (sucre, pain blanc, pomme de terre et surtout les frites, le riz blanc les pâtes, le maïs) en ne mélangeant jamais des glucides et des lipides lors du même repas (, lait, avocat, foie, noisettes). L'association protéines-lipides est autorisée ainsi que les bons glucides (pain et riz complet, lentilles, fruits, légumes). Ce régime permet de perdre quelques kilos.

1° principe : il est interdit de consommer conjointement graisses et sucres car cette association serait en grande partie responsable de la prise de poids. Les viennoiseries, à la fois grasses et sucrées, sont à proscrire, tout comme le duo classique fromage ET dessert pris au cours d'un même repas.

2° principe : les aliments contenant du sucre sont mis sous très haute surveillance. Parmi eux, le pain reste autorisé, à condition qu'il soit complet. Dans la mesure où le régime est bien suivi, la perte de poids est d'au moins 5 kilos par mois. Et on peut tout à fait le prolonger en fonction de ses besoins.


Les plus
- Notre plaisir est prévu au programme : dîner au restaurant ou chez des amis, plats en sauce, desserts.
- On encourage la consommation de légumineuses, légumes et produits à grains entiers.
- Même en respectant les règles du jeu, on n'a pas vraiment l'impression de se priver et on peut se mettre au régime en toute discrétion.
- En plus, de nombreuses recettes gourmandes et futées sont proposées. - En supprimant un peu de vin par-ci, une part de fromage par-là et en surveillant votre alimentation, les résultats sont au rendez-vous.


Les moins
- On ne connaît pas les effets à long terme d'une alimentation riche en matières grasses et en protéines.
- On perd du poids parce qu'on mange moins. Une étude de l'Université Laval a démontré que les gens qui «font Montignac» consomment en moyenne 25 % moins de calories. Or, moins de calories = moins de poids!
- Cette méthode demande des connaissances importantes car il faut savoir quelles sont toutes les sources de glucides ou de lipides. Par exemple, il faut savoir que le fromage est une source de lipides, le riz (même complet) une source de glucides, etc.
- Assez gras, ce programme minceur a tendance à nous conforter dans nos mauvaises habitudes, au lieu de nous inciter à nous nourrir autrement, de façon équilibrée.
- Attention aussi aux sensations de fatigue, le plus souvent dues au manque de sucre.


Description du régime / Etapes

Une journée type :
- Petit déjeuner : 1 fruit 20 min avant le repas, des céréales complètes, du pain complet, du fromage blanc à 0%, du café décaféiné ou du thé léger.
- Déjeuner : des crudités, de la viande ou du poisson, des légumes (verts, céleri, chou, champignons...), de la salade et du fromage, de l'eau non gazeuse.
- Dîner : de la soupe de légumes avec une noix de beurre, de la viande du poisson ou des œufs. Un yaourt nature ou du fromage.

 

Source: http://www.reseauproteus.net

Un régime amaigrissant

Avec la méthode Montignac, il serait possible de maigrir et de maintenir un poids-santé tout en mangeant sans se priver... La clé serait de ne pas tant mettre l'accent sur la quantité de nourriture, mais plutôt sur sa qualité (les bons gras et les bons glucides, beaucoup de légumes et de fruits, peu de produits industriels raffinés). Fini le décompte des calories pour contrôler son tour de taille!

La méthode a été lancée en 1987 avec la publication du livre Je mange donc je maigris de Michel Montignac. Elle a connu une très grande popularité, surtout au milieu des années 1990 (Montignac a vendu plus d'un million d'exemplaires de son premier livre). La méthode ne fait toutefois pas l'unanimité, même si de plus en plus de recherches scientifiques tendent à valider les hypothèses sur lesquelles elle se base.

Le créateur de la méthode affirme que ce n'est pas le contenu énergétique des aliments (leur valeur calorique) qui « fait le poids » dans un régime amaigrissant, mais les choix alimentaires. Selon lui, et selon une étude récente1, les gras ne causent pas nécessairement l'embonpoint, si on sait choisir les bons2 et si on ne les combine pas avec des glucides (les sucres). La surconsommation de produits raffinés, riches en sucres et en graisses saturées, serait bien plus à blâmer.

Les aliments à index glycémique élevé, c'est-à-dire qui font augmenter rapidement le taux de sucre dans le sang (le sucre, les pommes de terre, le riz et le pain blancs, etc.), constitueraient un facteur déterminant dans la prise de poids. En effet, l'augmentation du taux de sucre déclenche la production d'insuline par le pancréas. L'insuline, présente dans le sang, provoque, entre autres choses, le stockage des graisses dans le corps, d'où la possibilité d'embonpoint. De plus, à force d'être confronté à des taux de sucres élevés, le pancréas pourrait se dérégler et produire trop d'insuline.

La solution : éliminer les sucres raffinés et choisir des glucides ayant un faible index glycémique (IG), ce qui contribuerait à « rééduquer » le pancréas; choisir les bons gras et ne pas les consommer en même temps que des aliments à fort index glycémique; privilégier les aliments riches en fibres (les céréales complètes, les fruits, les légumes, les légumineuses) et en protéines pour leur pouvoir rassasiant et revitalisant; et profiter des plaisirs de la table!

Le pour et le contre

Bien que Montignac ait le vent dans les voiles, plusieurs aimeraient que la vogue se calme. Certains désapprouvent la méthode à cause de son aspect commercial (plus de 120 produits sur le marché), tandis que d'autres la critiquent parce qu'elle remet en cause la théorie des calories. C'est le cas du Dr Dominique Garrel, du département de nutrition de l'Université de Montréal.3 Il affirme que la méthode Montignac repose sur des hypothèses erronées et que son efficacité ne viendrait que de sa faible teneur en calories; selon Garrel, les troubles d'obésité résultent avant tout d'une dépense énergétique insuffisante par rapport à la consommation de calories.

Bien sûr, le fait que Montignac remette en cause la théorie des calories a de quoi provoquer la controverse, sachant que le régime hypocalorique est recommandé par bon nombre de médecins et qu'on l'enseigne dans les écoles. Toutefois, tous les spécialistes ne partagent pas cet avis. Par exemple, le Dr Paul Thomas, qui se consacre depuis vingt ans au traitement de l'obésité, est d'avis que les glucides qui ont un index glycémique élevé déséquilibrent le pancréas et favorisent la prise de poids.4 De même, la nutritionniste Hélène Baribeau affirme que le régime Montignac semble être le seul qui ne provoque pas une baisse du métabolisme de base, responsable du fameux effet yo-yo bien connu de tous ceux qui ont essayé de perdre du poids...5

Les critiques de la méthode Montignac ont été virulentes pendant les premières années qui ont suivi sa présentation. Depuis, à la suite de la publication de diverses études sur les glucides et l'index glycémique (voir Les applications thérapeutiques), les blâmes se sont faits moins acerbes et concernent plutôt des aspects spécifiques de la méthode (la place insuffisante accordée à l'exercice physique et la promotion du fructose, par exemple) que ses fondements de base. Mais, il faudra encore quelques années avant de pouvoir se prononcer sur son efficacité à long terme, comme le souligne l'Ordre des diététistes du Canada.6

Il ne faut surtout pas oublier que la méthode miracle n'existe pas! Maigrir dépend d'une foule de facteurs : physiologiques, culturels, psychologiques, sociaux, héréditaires, etc. Et il faut de la motivation, de la volonté et de la ténacité; la méthode n'est pas tout. Par contre, ceux qui en dénichent une qui les aide vraiment se préoccupent rarement de savoir s'il existe des fondements scientifiques qui expliquent son efficacité...

Rien de nouveau sous le soleil

Basée sur l'index glycémique des aliments, la méthode Montignac n'amène rien de nouveau selon l'aveu même de son créateur, si ce n'est que de remettre en lumière des principes déjà connus. C'est durant les années 1980 que Montignac entreprend, en autodidacte, une recherche dans le but de trouver, une fois pour toutes, une solution à ses problèmes de poids. En consultant les travaux des chercheurs, il découvre certaines pistes, notamment que 80 % des diabétiques sont obèses et qu'il pourrait y avoir un lien entre les deux pathologies.

Déjà en 1870, Apollinaire Bouchardat7-9, un des premiers diabétologues de l'histoire, avait mis au point un régime pour les diabétiques qui avait considérablement amélioré leur état, tout en leur faisant perdre du poids. Selon Montignac, les travaux les plus significatifs sur le sujet proviennent du nutritionniste canadien David Jenkins10 qui a introduit, au cours des années 1970, le concept d'index glycémique des aliments : le glucose pur a un indice de 100, le pain entier et le riz brun, de 50, les légumes verts, de 10.

En appliquant ces principes, les bons glucides et les bons gras se sont retrouvés dans l'assiette de Montignac et il a perdu en quelques mois ses kilos en trop. Depuis, il a maintenu un poids stable, et de nombreuses publications revues et augmentées ont succédé à son premier ouvrage. La nouvelle version de son ouvrage original, intitulée Je mange, je maigris et je reste mince!, inclut les observations faites par les chercheurs et les personnes ayant appliqué sa méthode. Par exemple, on a découvert qu'un même aliment pouvait afficher des index glycémiques différents selon son degré de maturité, son mode et sa durée de cuisson, et même le moment de la journée où il était consommé. Ainsi, la carotte qui était exclue, à cause de son IG élevé quand elle est cuite (85), a retrouvé ses lettres de noblesse, car, lorsqu'elle est consommée crue, son IG n'est que de 35.

L'approche de Montignac a également une visée éducative. Selon lui, une personne qui comprend ce qui passe dans son organisme est plus en mesure de modifier ses habitudes alimentaires. Ainsi, sa méthode, qui comporte deux étapes (la perte de poids, puis le maintien), amène à voir l'alimentation sous un autre jour, à comprendre la nature et les propriétés des aliments, ainsi que leurs mécanismes d'assimilation.

Pas pour tous?

Même si elle reconnaît la valeur de la méthode Montignac, Julie Brière apporte certains bémols, entre autres au sujet du fructose (voir Les articles de référence). Elle considère aussi que l'approche ne fonctionne pas également pour tous. Si l'on se fie à la théorie développée par le naturopathe Peter D'Adamo, selon laquelle il existe une relation entre l'alimentation et les groupes sanguins, la méthode Montignac donnerait de moins bons résultats aux personnes du groupe sanguin A, et fonctionnerait beaucoup mieux pour les individus des groupes O et B.

Applications thérapeutiques

Chacun peut profiter des bienfaits de consommer des aliments à faible index glycémique (50 ou moins). Outre la perte de poids, on a observé que cette habitude alimentaire entraîne des effets positifs sur la santé en général, notamment, sur le système digestif, la forme physique et intellectuelle, le sommeil, ainsi que la résistance à la maladie. De même, de nombreuses études11-16 démontrent qu'une diète composée d'aliments à faible index glycémique constitue un facteur de protection contre les maladies chroniques (l'obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires). En effet, on a trouvé que ce type de diète contribue à diminuer les taux de glucose, de cholestérol et de triglycérides dans le sang. De même, les recherches entreprises par l'équipe du Dr Willett1, directeur du département de nutrition de l'école de santé publique de l'université Harvard, démontrent, entre autres, que les « mauvais glucides » sont à l'origine des troubles d'obésité, de diabète et cardiovasculaires chez les populations nord-américaines. (Voir la fiche Guides alimentaires.)

Le Dr Jean G. Dumesnil, un cardiologue attaché à l'hôpital de l'Université Laval, qui a lui-même suivi le régime Montignac, considère que la méthode est efficace pour perdre du poids et contrôler le taux de cholestérol. Encouragé par les résultats qu'il a obtenus, il a entrepris une étude15 à court terme auprès de douze personnes obèses, afin d'évaluer les effets métaboliques de la méthode Montignac, en comparaison de la diète de l'American Heart Association (AHA), recommandée pour réduire les troubles cardiovasculaires. Avec la méthode Montignac, les résultats démontrent une diminution de 35 % du taux de triglycérides, tandis que les résultats obtenus avec la diète de l'AHA sont assez inquiétants : une augmentation de 28 % du taux de triglycérides et une réduction de 10 % du bon cholestérol.

Malgré ces résultats, le Dr Dumesnil ne considère pas la méthode Montignac comme une panacée, car « bien des aspects de la méthode restent encore à valider ». Toutefois, il souhaite que les autorités responsables qui émettent des recommandations en matière de nutrition ajustent leur tir, notamment en faisant une distinction entre les bons et les mauvais gras, les bons et les mauvais glucides, et en accordant une plus large part aux protéines.

L'alerte au sucre

Même si l'efficacité de la méthode de Montignac comme mesure de contrôle de l'obésité est encore critiquée, il semble que les recommandations concernant le sucre soient de plus en plus validées. En effet, pour la première fois, le sucre est mis sur la sellette par des scientifiques. Dans un important rapport conjoint publié en 2003 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), un comité d'experts mondiaux, mandaté pour étudier le lien entre l'alimentation, la nutrition, l'exercice physique et les maladies chroniques, a mis en évidence plusieurs facteurs contribuant à l'obésité, notamment, la consommation de produits raffinés.17 En outre, le rapport indique que la consommation d'aliments à faible index glycémique peut diminuer les risques d'obésité et que la quantité de protéines ingérées n'aurait pas de lien avec l'obésité.

L'OMS et la FAO ont lancé un appel aux intervenants de l'industrie alimentaire pour qu'ils réduisent la quantité de graisses saturées, de sucre et de sel dans leurs produits. Plusieurs associations professionnelles n'ont pas tardé à s'opposer à ces recommandations qui, selon elles, contredisent les données scientifiques qui n'ont établi aucun lien entre le sucre et l'obésité. Des changements, et surtout des débats, sont encore à prévoir!

En pratique

On peut facilement s'initier à la méthode Montignac, simplement en consultant les ouvrages sur le sujet (voir Livres,etc.). Le site officiel Montignac est également un bon point de départ. Si vous souffrez d'un problème de santé, il est recommandé de consulter un médecin ou un diététiste avant d'entreprendre toute forme de diète.














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