
Avec ce modèle, la manufacture
d'armes de Tulle
dote notre pays d'une arme fiable, efficace, simple et d'un prix de
revient à l'unité extrêmement bas.
En effet, la tôle d'acier découpée et emboutie sera
très largement utilisée, ainsi que le rivetage et le
procédé de la cire perdue. Cette nouvelle technologie
ayant pour but un gain de temps et d'argent.
Bien que les machines-outils et la matière première fassent défaut (les premières séries de MAT 49 furent réalisées dans de l'acier de récupération destiné à l'origine à la fabrication de cuisinières !), la production commence à la fin de l'année 1949. Très vite, les cadences de production augmentent. On en a besoin pour approvisionner le corps expéditionnaire français, en Indochine.
Mise en dotation en priorité dans les unités d'élite (paras, légion et commandos), la MAT 49 côtoie les carabines US M1 et US M A1 (avec crosse para) et les MAS 36 CR 39 (avec crosse métallique repliable). Les autres unités du corps expéditionnaire se partagent un armement pour le moins hétéroclite, composé de fusils et de PM de tous âges, de toutes origines et de tous calibres.

Un
para , a Dien Bien Phu, 27 mars 1954 photo du site de l'ECPA
L'arme en orde de marche, avec ces 10 chargeurs
supplémentaires garnis a 25 cartouches pèse plus de 10
kilos.
Les "viets" étaient également très friands de la MAT 49 et se battaient régulièrement entre eux pour se les approprier sur les corps des soldats morts lors d'accrochages. Diverses copies furent d'ailleurs réalisées en différents calibres dans les ateliers clandestins vietminh au Tonkin, à la frontière chinoise.
En 1954, le PM. MAT 49 passa de la boue des rizières indochinoises au sable des djebels algériens. Cette arme sera durant toute la guerre d'Algérie, le symbole de l'armée française et plus particulièrement des unités parachutistes. A cette époque, à la demande des troupes sahariennes, des chargeurs spéciaux pour le sable seront conçus avec 2 ressorts à boudin à la place du traditionnel ressort en Z et une planchette élévatrice plus étanche.
Arme traditionnelle et fidèle du soldat français, véritable fétiche chez les paras, appréciée pour sa fiabilité dans les coups durs, sa simplicité et sa très grande compacité, c'est avec beaucoup de regrets que bien des militaires l'ont vue "mise au rancart". Mais son remplacant, le Fusil d'Assault Mas (FAMAS) saura prendre la relève dignement, en devenant une des armes les plus mythiques du fantassin moderne.
SUR LE PAS DE TIR...
Pour avoir eu l'occasion, a l'Armée , de faire quelques tir avec
cette arme, je dois dire que même quand on est prévenu,
les premières fois, l'arme est difficilement "maitrisable".
Elle monte assez vite sur les rafales un peu longues. Mais apres
quelques séances, on arrive a doser le contre effet, et a la
garder en ligne...effet garanti a 50 metres !
Il parait qu'en tir posé, on arrive même, en courte
rafales, a mettre dans une cible a plus de 150 metres.....j'ai pas
essayé.....
Mon instructeur aimait finir les boites , avec une Mat 49 dans chaque main, la crosse bien calé sous les coudes....et vas-y que je t'en joue....Mémorable !
Le canon est
légèrement tronconique, il possède
quatre rayures à gauche au pas de 250 mm. Il est entouré,
sur les 2/3 de sa longueur, par un refroidisseur perforé.
La culasse mobile est faite d'un seule bloc, elle est usinée
pour le passage de l'éjecteur situé à droite ainsi
que la partie inférieur pour le passage des lèvres du
chargeur. Elle est résolument voulu lourde, pour réduire
la cadence de tir, et parcque la carcasse est courte.....
Le couloir d'alimentation est articulé, il comprend 3 positions:
Position de tir: chargeur vertical.
Position de sécurité: chargeur placé à
45°.
Position de stockage ou de transport: chargeur horizontal. Il
s'accroche sous le canon.
La crosse est en acier, elle coulisse dans des tubes latéraux
situés de chaque côté de la carcasse. Elle peut
prendre trois positions, transport, intermédiaire et tir.
Les organes de visée sont constitués d'une hausse
à équerre basculante graduée pour le tir à
100 et 200 m et d'un guidon sous tunnel.
CARACTERISTIQUES
| Dénomination : | MAT 49 |
| Longueur : | 460 mm, 720 mm avec crosse dépliée |
| Poids : | 3,5
kg a vide, 4,175 kg avec chargeur de 32 coups |
| Longueur du canon : | 230 mm |
| Rayures : | 4
a gauche |
| Vitesse et energie initiale: | 365
m/s 490 J |
| Cadence de tir : | 600 coups / minute |
| Porté pratique : | 50
- 200 m |
| Chargeur : | 32 cart. spécial désert :20 cart. |
MODIFICATION et VARIANTES
1er
modele,1949-1961 série de A à E

carcasse
courte,coquille arrière en forme de cube, modéle
introuvable aujourd'hui, car
ceux -ci ont été retiré du service (et surement
détruits) en 1968.
2eme modele
1961-67 série E a K

Au
fil des années, quelques modifications mineures permettront,
elles
aussi, d'abaisser le coût de production.
En 1962, un nouveau systeme a
pédale de
sureté va etre adopté, et les anciens modèles de
retour en arsenal, vont etres equipés de cette modification.
Cette pédale , sur la poignée,
immobilise la culasse et mécanisme de détente. Les armes
ont alors une étoile à cinq branches frappé sur la
détente.
3eme modele
a partir de 1967 série K et suivantes :

Les
plaquettes de
poignée en
matière plastique seront supprimées. La poignée est entièrement
réalisée en tôle emboutie.
La frette du canon est fixée à la carcasse par soudure
à l'arc au lieu de la soudure par point.
Le levier d'armement est en forme de croc en lieu et place du traditionnel
bouton cylindrique moleté.
La modification la plus importante concerne le
mécanisme de
sécurité.
Quelques
exemplaires de la MAT reçurent une crosse fixe en bois, mais
cette très faible production demeura confidentielle.
MAT 49/56
En 1954, à la demande de la Préfecture de
police de Paris, il sera conçu un modèle de MAT 49
spécialement étudié pour les forces de l'ordre, le
MAT 49 / 54.

Ce modèle très spécifique se
caractérise par un canon plus long d'environ 12 cm, une crosse
fixe en bois et une seconde détente autorisant le tir coup par
coup. Cette détente est située près de la
poignée pistolet, celle pour le tir en rafale se trouve en avant
du pontet et est recouverte d'un volet de protection en tôle,
afin d'éviter tout départ accidentel.
Ce modèle a été en dotation en tant qu'arme
collective
dans chaque car de police-secours.
MARQUAGES
- Sur le dessus de la boite-culasse, la manufacture d'arme : Tulles ou
Chatellerault. suivi du numéro de série.
- Sur l'arriere de la carcasse , le numéro de série.
FABRICANTS et PRODUCTION
Fabriqué en série de fin 1949 à
1967, 700 000 exemplaires
furent produits à Tulle
Chatellerault, nombre inconnu.
Puis les machines de production furent
transférées à St Etienne. On ne connaît pas
exactement le nombre de MAT 49 fabriquées au total , mais le
million d'exemplaires fût probablement largement
dépassé.
DEMONTAGE
-Aprés avoir mis en oblique le boitier chargeur, une pression
sur le verrou d'assemblage permet d'écarter la boite de culasse
de l'ensemble carcasse, pour sortir la culasse et le ressort et sa tige
guide .

Photo documentation de l'auteur
Pays ayant utilisé la MAT 49 :
Algérie, Barbade, Bénin, Bolivie, Burundi, Cameroun, Comores, Congo, Côte d'ivoire, Djibouti, France, Gabon, Guinée-Bissau et Guinée Conakry, Laos, Liban, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, République Centrafricaine, Sénégal, Seychelles, Tchad.