PLAIDOYER POUR LE LOUP

 

 

 

Introduction

L'argumentaire

Conclusion

Sources

 

D’abord, testez vos connaissances en répondant aux affirmations ci-dessous :

 

1) Si nos ancêtres ont éliminé le loup, c'est qu'ils avaient de bonnes raisons !

VRAI ?                        FAUX ?

 

2) Le loup met en péril le pastoralisme !

VRAI ?                        FAUX ?

 

3) La prévention ne sert à rien, il est impossible de protéger les troupeaux des attaques des loups !

VRAI ?                        FAUX ?

 

4) Le loup coûte trop cher à la collectivité !

VRAI ?                        FAUX ?

 

5) Le loup va proliférer !

VRAI ?                        FAUX ?

 

6) Le loup tue pour le plaisir !

VRAI ?                        FAUX ?

 

7) Si le pastoralisme disparaît, la montagne ne sera plus entretenue. Les moutons sont favorables à la biodiversité !

VRAI ?                        FAUX ?

 

8) Les partisans du loup sont des citadins qui ne comprennent pas le désarroi des éleveurs !

VRAI ?                        FAUX ?

 

9) Les loups ont été réintroduits !

VRAI ?                        FAUX ?

 

10) Puisque le loup est présent dans d'autres pays, il peut être éradiqué chez nous !

VRAI ?                        FAUX ?

 

11) Le loup détruit la faune sauvage !

VRAI ?                        FAUX ?

 

12) Le loup est un animal dangereux !

VRAI ?                        FAUX ?

 

 

Résultats : C’est très simple, il fallait répondre " FAUX " à toutes les questions !

Pour plus de détails lisez l’ensemble de l’argumentaire ci-après.

 

 

Pourquoi ce plaidoyer ?

 

Probablement aucun autre animal n’a été autant haït, incompris, discrédité, persécuté, puis enfin pourchassé avec autant d’acharnement !

 

En 1992 (et peut être même un peut avant) les loups sont de retour en France, après y avoir disparu depuis moins d’un siècle.

Ce retour ne va pas sans poser des problèmes bien sûr, mais ces derniers ne sont pas impossibles à résoudre… si on s’en donne la peine et avec de la bonne volonté.

 

Depuis quelque temps, le loup en France est victime de multiples attaques de la part de certains éleveurs et bergers, de certains chasseurs, de certains élus locaux et de certain médias et journalistes en manque de sensationnel (et j’insiste sur le terme "certains", car heureusement tout les éleveurs, bergers, chasseurs, élus locaux, médias et journalistes ne sont pas "anti-loups".)

On demande sa régulation, sa chasse, le droit de le tuer sur le champ en cas d’attaque de troupeaux, voir même son extermination pure et simple du territoire français ! Alors que cette espèce est strictement protégée au plan international et que, d’après un récent sondage (cité par le député Daniel Spagnou), 87 % des français sont favorables à sa présence en France.

Et on assiste à une multiplication des actes de braconnages, en particulier avec la plus lâche et la plus abjecte des armes : le poison ! [1]

 

 

C’est cela qui m’a convaincu de faire cette page, afin de mettre à votre disposition un plaidoyer vous permettant :

- De comprendre la problématique du retour du loup.

- De vous convaincre que la cohabitation avec le loup est possible !

Ce document est également destiné à ceux qui sont déjà acquis à la cause du loup, pour qu’ils puissent disposer d’une "réserve" d’arguments.

 

Ce document est long, comme on me l’a fait remarquer, c’est pourquoi j’ais mis en place un système de sommaires et de liens qui vous permettent d’accéder rapidement à l’information que vous cherchez.

 

 

 

Pourquoi le retour du loup pose-t-il tant de problèmes en France ?

 

La cohabitation entre les loups et les troupeaux est possible. Non seulement possible mais indispensable, car il est temps que notre société sache laisser sa place à la faune sauvage. C'est la seule voie d'avenir !

Le but de cet argumentaire n'est pas de nier la contrainte supplémentaire que représente le loup pour l'élevage, cependant, l'impact de cette présence doit être relativisé et ne pas être utilisé pour masquer les principales difficultés de l'élevage ovin qui, ne l'oublions pas, persisteraient même sans loups... Or, le " loup bouc émissaire " existe : il représente un levier politique fort pratique pour certains syndicats agricoles et pour des élus démagogues et opportunistes.

Les principales critiques et remarques faites à la présence du loup seront donc passées en revue, après avoir répondu à la question clé.

 

 

Sommaire

 

Pourquoi le retour du loup pose-t-il tant de problèmes en France ?

Si nos ancêtres ont éliminé le loup, c'est qu'ils avaient de bonnes raisons !

Le loup met en péril le pastoralisme !

La prévention ne sert à rien, il est impossible de protéger les troupeaux des attaques des loups !

Les attaques n'arrêtent pas d'augmenter !

Les patous (chiens de protections des troupeaux) sont dangereux !

La présence du loup impose des contraintes insupportables aux éleveurs et aux bergers !

Le loup coûte trop cher à la collectivité !

Le loup va proliférer !

Le loup tue pour le plaisir et provoque des carnages !

Les brebis tuées par le loup meurent dans d'atroces souffrances !

Si le pastoralisme disparaît, la montagne ne sera plus entretenue !

Les partisans du loup sont des citadins qui ne comprennent pas le désarroi des éleveurs !

Les loups ont été réintroduits frauduleusement !

Le loup n'est pas en voie de disparition !

Maintenant les loups descendent en plaine !

Maintenant les loups s'attaquent aux bovins !

On n'a qu'à mettre les loups dans des parcs !

Il faut zoner les loups, c’est à dire interdire sa présence dans les régions d’élevage !

Les loups sont maintenant nombreux en France. Ils peuvent donc être chassés ou régulés !

Les bergers ont droit à l’autodéfense !

Les textes internationaux qui protègent le loup sont obsolètes !

Critiques faites par certains chasseurs :

Le loup détruit la faune sauvage !

Le loup nous fait une concurrence déloyale !

Le loup fait énormément souffrir ses proies !

Une critique plus générale et très classique, avec quelques développements :

Le loup est un animal dangereux !

Maintenant les loups s’approchent des habitations !

Laisseriez-vous vos enfants se promener seul sachant qu’il y a des loups ?

 

Conclusion

Sources

Annexes

 

 

 

Pourquoi le retour du loup pose-t-il tant de problèmes en France ?

 

Tout d'abord, parce que ce retour s'effectue après plus d'un demi-siècle d'absence. Entre temps, les éleveurs ont développé de nouvelles pratiques pastorales et les gestes ancestraux permettant de garder un troupeau en présence de grands prédateurs ont été oubliés (ou abandonnés par souci d'économie), à l'inverse de pays comme l'Italie ou l'Espagne où le loup n'a jamais disparu.

Ensuite, parce que le loup revient dans un contexte fort difficile pour l'élevage ovin : il est la goutte d'eau qui fait déborder le vase !

De plus, l'espèce est toujours diabolisée. La peur du loup apparaît avec la christianisation : pour la religion de l'agneau, le loup est l'incarnation du mal. Aujourd'hui encore, notre représentation de l'animal est souvent irrationnelle et sans commune mesure avec la réalité.

Le retour de cette espèce exterminée par l'homme semble également être ressenti comme un camouflet, d'autant plus que beaucoup d'opposants au loup continuent à nier la réalité et restent persuadés qu'il ne s'agit pas d'un événement naturel mais d'une présence imposée par les " écolos citadins "...

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Si nos ancêtres ont éliminé le loup, c’est qu’ils avaient de bonnes raisons !

 

L'histoire nous prouve, hélas, que nos actions passées ne sont pas une référence - loin s'en faut - et ne nous honorent pas forcément... Dans ce cas précis, le contexte socio-économique actuel n'a plus rien à voir avec celui des siècles passés. Aujourd'hui, l'élevage est largement subventionné (à environ 60 %) et le bétail tué par le loup est indemnisé ; ce n'était pas le cas du temps de nos ancêtres et la prédation du loup sur un petit élevage familial pouvait, il est vrai, poser de vraies difficultés à une famille de paysans. S'ajoutaient à cela les peurs et les croyances populaires sur le loup dont on sait maintenant qu'elles n'étaient pas fondées. Le montant des primes attribuées pour chaque loup tué justifiait aussi grandement la vindicte paysanne : à la fin du 19e siècle, une prime équivalait à un mois de travail d'un paysan... de quoi trouver tous les défauts du monde à ce pauvre loup !

 

On peut également rajouter ceci : à l’époque, à la suite d'une chasse incontrôlée et du fait d'une déforestation massive, de nombreuses populations d'ongulés sauvages furent dramatiquement réduites ou éliminées. Ainsi, privés de leurs sources naturelles de nourriture par la faute des hommes, les loups n’eurent pas d’autre choix que de se rabattre sur les animaux domestiques pour ne pas mourir de faim, entraînant leur extermination [a]

Donc, c'est nous qui, en premier, avons "volé" la nourriture des loups. Nous les avons affamés, nous les avons contraints à s’en prendre à nos troupeaux pour survivre, et finalement nous leur avons refusé le droit de s'adapter à une situation que nous avions nous-même engendrée !

(En passant, il en fut de même pour le lynx et pour l’ours)

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Le loup met en péril le pastoralisme !

 

Pour 2005 la perte de 3761 animaux est imputée au loup dans les Alpes, en sachant que le doute profite systématiquement à l’éleveur [2]. Parallèlement, et toutes causes confondues (chiens, maladies, foudre, dérochements), on estime à 46 000 chaque année le nombre de moutons tués ou perdus à l’échelle des Alpes françaises sur un total de 850 000 bêtes (et environ 400 000 au niveau national sur un total de 9 millions).

 

Le loup peut, certes, être une contrainte de plus pour les éleveurs et les bergers, mais il ne représente pas une menace économique pour l’élevage ovin qui doit faire face à des difficultés bien plus importantes :

 

- D’abord, le contexte économique :

La filière ovine, confrontée à la mondialisation des marchés et à la baisse régulière des cours de la viande, connaît une véritable récession. Les éleveurs français subissent une très forte concurrence de la Nouvelle-Zélande et de la Grande-Bretagne (celle-ci compte 40 millions de moutons contre 9 millions pour la France). La production française est en baisse depuis 20 ans et ne couvre plus que 40 % de la consommation totale de viande d’agneau (60 % de la consommation nationale sont donc importés). Sans les subventions, qui représentent plus de la moitié du revenu des éleveurs, l’élevage ovin ne serait plus rentable. D’où la disparition progressive du métier de berger dont le coût ne peut plus être supporté par les petits éleveurs.

 

- Ensuite, le contexte sanitaire :

S’il est vrai qu’en 5 ans, de 1993 à 1997, la mort de 5000 brebis a été imputée au loup, les maladies ont provoqué bien plus de dégâts dans les troupeaux. : durant cette même période, la seule brucellose ovine (maladie transmissible à l’homme) a occasionné l’abattage de 50 612 moutons contaminés dans la seule région PACA (les chiffres de cette maladie - heureusement en régression - ne sont plus publiés, c’est pourquoi il n'est pas possible de faire une comparaison avec des données plus récentes). Le traitement de cette maladie a un coût pour la collectivité : 43,5 millions de francs en 1996. Les brebis abattues sont remboursées 64 € à l’éleveur. En cas d’attaque de loup, la moyenne des indemnisations est de 155 € par animal.

La brucellose n’est pas la seule maladie de l’élevage, on peut aussi citer la tremblante ou l’agalactie contagieuse (4500 brebis abattues en 1993 dans les Pyrénées). Cet impact, nettement supérieur à celui du loup, n’est curieusement pas apprécié de la même manière... François Moutou, vétérinaire, remarque "qu’il serait dommage que l’énergie développée contre la présence du loup se fasse au détriment des actions sanitaires, nettement plus chères pour la société" [3].

Le nombre d’animaux envoyé à l’équarrissage est lui aussi stupéfiant :

700 000 ovins et caprins en moyenne chaque année en France, dont 12 000 dans les Alpes du Sud. Et ce chiffre ne tient pas compte des brebis mortes en montagne et qui ne sont pas redescendues.

 

- Enfin, les chiens divagants/errants :

Le problème posé aux troupeaux - et à la faune sauvage - par les chiens en divagation (en France, il n’y a quasiment pas de chiens ensauvagés) est permanent et propre à toutes les régions. A partir d’études menées dans certains départements (74, 05, 38, plus enquête nationale de G. Joncour) avant l’arrivée du loup, on évalue entre 100 000 et 200 000 le nombre de moutons tués tous les ans par des chiens. Soit 15 à 20 000 à l’échelle des Alpes. Cependant, la façon d’estimer l’impact du loup, comparativement à celui des chiens, est influencée par notre imaginaire, l’inconscient collectif et notre relation à la nature. L’exemple des morsures de chiens est significatif de cette différence d’appréciation : la France enregistre chaque année, en moyenne, 200 000 cas de morsures de chiens sur les humains, et il arrive même que des enfants soient tués. On ne met pas à mort pour autant tous les chiens ! En revanche, quand le loup tue quelques milliers de moutons (destinés à l’abattoir) sur un total de 9 millions, on demande son éradication... On n’ose bien sûr imaginer le tollé que produirait une éventuelle attaque de loup sur un homme !

 

 

 

D’une manière générale, l’impact des prédateurs sur les troupeaux est négligeable, comme l’a montré un récent recensement global fait par Kate Graham, de l’Université de Stirling (Angleterre). Pour plus d’informations :

http://www.loup.org/spip/Eleveurs-ne-criez-pas-trop-au-loup.html

 

 

Autre chose : La nouvelle Politique Agricole Commune conditionne désormais le versement des subventions PAC à des normes de respect de l’environnement et de la biodiversité. Et parmi ces normes figure la directive 92/43/CEE qui protège (entre autres) le loup dans l’Union Européenne.

Est-on certain que Bruxelles continuera à subventionner (et donc à maintenir en vie) le pastoralisme si les éleveurs ovins refusent de cohabiter avec le loup ?

 

 

Et avec l’image qu’elle donne d’elle même, à cause des "actions musclées" et des actes de braconnages de certains, on peut se demander si la profession d’éleveur va réussir à attirer suffisamment de jeunes pour prendre la relève ?

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La prévention ne sert à rien, il est impossible de protéger les troupeaux des attaques des loups !

 

C'est faux. De nombreux exemples dans le monde entier prouvent le contraire (Italie, Espagne, Europe de l'Est, Nord-Ouest des Etats-Unis, etc). Dans le Wyoming et le Montana, par exemple, les éleveurs travaillent en présence de nombreux prédateurs : grizzly, loup, puma, coyote... et obtiennent d'excellents résultats grâce au gardiennage des troupeaux et aux chiens de protection. Certes, il faut bien avouer que la cohabitation entre prédateurs et élevages ne va pas sans incidents et sans difficultés quand même, tout n’y est pas rose (contrairement à ce que disent certains pro-loups). Mais, cela est toutefois sans commune mesure avec ce qui se passe en France, surtout en regard du nombre de loups, bien plus important là-bas. La cohabitation est donc bien possible, même si elle n’est pas forcément toujours facile !

 

Depuis 1993, la protection des troupeaux a grandement évolué en France et a démontré son efficacité ; les attaques sont en baisse constante sur les troupeaux où la prévention est correctement utilisée.

En Savoie, 72 % des brebis dont la mort est attribuée au loup sont issues de troupeaux non protégés, 4 % seulement sont issues de troupeaux bien protégés (étude DDAF 2004). Rappelons que la protection des troupeaux est prise en charge au moins à 80 % par l'Etat et l'Europe (chiens patous, bergers et aides-bergers, clôtures électrifiées - voir détail des aides dans la La voie du Loup n° 19 ) et que le gardiennage permet non seulement d'éviter les attaques des prédateurs mais aussi de lutter contre le surpâturage (lire à ce sujet " 12 questions clés sur le pastoralisme " paru dans la V.L. n° 7) et de réaliser un meilleur suivi sanitaire des brebis.

 

Et la mise en place des protections - grâce au retour du loup - réduit également les dégâts occasionnés par les chiens errants/divagants, dégâts qui, rappelons-le, sont plus important (rappel : 15 à 20 000 victimes à l’échelle des Alpes avant le retour du loup.)

 

 

On peut aussi remarquer autre chose : Les paysans du Moyen Âge arrivaient parfaitement à préserver leurs troupeaux du loup !

Alors qu’ils n’avaient quasiment pas d’armes (seul les nobles avaient le droit d’en posséder), que les loups étaient très nombreux (estimations allant jusqu’à 15 000 individus en France à cette époque) et que leur éradication, ou même leur régulation, n’était pas envisageable à ce moment là.

Comment faisaient-ils ? Et bien ils protégeaient leurs troupeaux : gardiennage permanent, chiens de protection (et c’est justement pour cela que ces races de chiens, pas loin de 50, furent créées) ou autres animaux de protection (ânes par exemples).

Si eux parvenaient à maintenir leurs fragiles élevages avec leurs si faibles moyens, pourquoi ne le pourrions nous plus aujourd’hui avec tout ce dont nous disposons (méthodes de protection moderne comme les parcs électrifiés, aides-bergers bénévoles, subventions, aides à la protection, indemnisations… ) ?

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Les attaques n’arrêtent pas d’augmenter !

 

Sur les massifs où le loup est installé depuis plusieurs années, les attaques n'augmentent pas, au contraire. Elles augmentent globalement, à l'échelle des Alpes, car le loup étend son territoire, touchant du même coup des troupeaux qui ne sont pas encore protégés. Et il faut un certain temps pour la mise en place de la prévention : son acceptation par les éleveurs d'abord, puis l'introduction de chiens de protection dans les troupeaux et leur éducation.

 

C’est pour cette raison qu’il est capital que les autorités françaises anticipent le retour du loup sur de nouveaux territoires. Mais malheureusement cela ne semble pas être le cas, et l’on attend que le loup fasse des dégâts avant de commencer à envisager des mesures de protections (c’est un problème bien connu dans notre pays : On attend qu’il y ait le feu pour inventer les pompiers !)

Et cela finit par produire des situations telles que celle vue dans le Valdaine (Isère) durant le printemps et l'été 2005, où un loup a tué des bovins dans des troupeaux sans aucune protection. Et cela s’est terminé par la mort de ce loup, abattu par l’ONCFS le 2 septembre 2005, en violation flagrante avec les textes internationaux qui protègent cette espèce (et donc avec les risques de sanctions que cela implique pour notre pays, voir plus bas).

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Les patous (chiens de protections des troupeaux) sont dangereux, ils font fuir les touristes et attaquent la faune sauvage !

 

On se demande alors pourquoi ces chiens de protection sont utilisés avec succès dans le monde entier ! Un patou mis en place dans de bonnes conditions au sein d'un troupeau ne pose pas de problème et ne s'attaque pas à la faune sauvage s'il est nourri correctement (pourquoi ne parle-t-on jamais de l'impact des chiens de conduite sur la faune ?). Deux études menées dans le Mercantour et dans le Queyras ont démontré que ces chiens sont bien acceptés par les randonneurs. Il n'en demeure pas moins que certains touristes doivent apprendre les règles élémentaires de bonne conduite et éviter de traverser et de déranger les troupeaux.

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La présence du loup impose des contraintes insupportables aux éleveurs et aux bergers !

 

Certes, c'est une charge de travail supplémentaire, mais qui bénéficie des mesures d'accompagnement déjà citées. Chaque métier a ses propres contraintes et doit s'adapter à l'évolution de la société. Cela dit, la présence du loup permet aussi de revaloriser le métier de berger (dont plus grand monde ne se souciait avant le retour du prédateur) et de créer de nouveaux emplois (de bergers et d'aides-bergers nécessaire pour garder les troupeaux). De nombreux abris pastoraux et cabanes d'alpages, jusqu'alors en ruine, sont aujourd'hui remis en état sur des fonds publics grâce au retour du loup, permettant ainsi aux bergers d'être logés plus correctement.

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Le loup coûte trop cher à la collectivité !

 

La protection de la nature a un prix, comme tout autre chose.

Pour 2004, Le coût total du loup est estimé à environ 3.3 millions d’euros (d’après les éleveurs eux-mêmes). Ce chiffre est certes en augmentation, mais il représente à peine 0,06 € par habitant et par an.

A comparer, par exemple, au coût du traitement des maladies de l'élevage, de 46 millions d’euros en 2004 (soit presque 14 fois plus). A titre de comparaison également, le coût de gestion de nos ordures ménagères est de 30 à 75 € (selon les sites) par an et par habitant (soit 580 à 1250 fois plus !).

Par ailleurs, les productions agricoles (majoritairement les céréaliers) bénéficient chaque année de plus de 11 milliards € de soutien. Alors, trop cher, le loup ?

 

 

D’après l’Association de Protection des Animaux Sauvage (ASPAS), l’abattage de deux loups par les agents ONCFS en 2004 aurait coûté 500 000 euros (salaires journaliers des agents, multipliés par le nombre de fonctionnaires mobilisés et le nombre total de jours de traque), soit autant que les indemnisations versées pour les dégâts commis la même année par tout les autres loups français !

De l’argent qu’il aurait mieux fallut investir dans les mesures de protections des troupeaux !

 

 

D’autre part, il ne faut pas oublier que le loup est protégé par des textes internationaux que la France a signés, comme la célèbre convention de Berne, mais aussi (et surtout) la directive européenne 92/43/CEE (plus connue sous le nom de "directive Habitats"). La France se doit de respecter ces textes qui imposent des obligations de résultats, sous peine de sanctions.

 

Et ce genre de sanctions peuvent être lourdes !

Regardez par exemple la récente condamnation de la France pour non-respect de la réglementation sur la pêche : Amende de 20 millions d’euros, plus astreinte de 57 millions par semestre !

Et cela aurait put être bien pire, car la Commission européenne avait réclamé une astreinte couvrant une période allant de 1991 (date d’une première condamnation de la France pour la même infraction) à 2005. Si cette demande était devenue effective, et compte tenu de la durée de cette période, la facture pour notre pays se serait alors élevée à… 2,6 milliards d’euros !!! (oui, vous avez bien lu, c’est "milliards d’euros" qu’il y a d’écrit !) Heureusement (pour les contribuables français) l’avocat général de la Cour de Justice Européenne n’a pas suivi cette demande.

On se rend compte alors des risques financiers considérables (et qui seront payés par tout les français) que nos dirigeants prennent juste pour satisfaire quelques lobbies minoritaires !

 

Et la Commission européenne a justement initié une procédure d’infractions contre la France, à propos du plan loup, après avoir donné un avertissement en 2004.

 

Dans ces conditions, nos loups risquent donc de nous coûter beaucoup plus chers morts que vivants !

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Le loup va proliférer !

 

Impossible. Le loup est un animal territorial qui occupe de vastes espaces : 200 à 250 km2.

Dans une meute vivant à l’état sauvage seul le couple dominant se reproduit, une seule fois par an au maximum, et moins de la moitié des jeunes parviennent à l’âge adulte*. Le loup est capable de pratiquer l’auto-régulation de ses effectifs et d’ajuster sa reproduction aux proies disponibles.

 

Un super-prédateur ne prolifère jamais, sans quoi il mettrait en danger ses populations-proies et donc lui-même. La nature est parfaitement bien faite, cela fait des milliards d’années qu’elle fonctionne comme cela !

 

* : Bien évidemment, il en va autrement pour les loups vivant en captivités, qui eux ne connaissent pas la faim et n’ont pas à chasser. Il ne faudrait donc pas confondre les taux de reproduction des loups captifs avec ceux de leurs frères sauvages.

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Le loup tue pour le plaisir et provoque des carnages !

 

Dans des conditions naturelles, le loup ne tue que les animaux nécessaires à son alimentation et à celle de sa meute. La capture d’une proie ne réussit qu’une fois sur dix et il n’a pas d’énergie à perdre pour tuer plus que de besoin. Mais des cas exceptionnels d’over-killing (selon le terme scientifique) peuvent se produire sur des proies domestiques : le loup choisit ses proies en fonction de critères bien précis, de manière à avoir le plus de chances de réussite possible. Sur une harde de chamois par exemple, il choisira celui présentant les caractéristiques de la proie idéale (animal affaibli, blessé ou âgé, bref dont les moyens de défense et de fuite sont amoindris).

Le problème peut se poser (comme à tout autre prédateur) quand le loup a en face de lui quantité de proies potentielles présentant toutes les caractéristiques de la proie idéale. La prédation peut alors dépasser les besoins alimentaires.

Il y a aussi le fait que le loup a été "programmé" - par la sélection naturelle - pour chasser des proies qui ont développé une stratégie de défense (fuite et dispersion) radicalement différente de celle des moutons (regroupement) [b].

Au final donc, le loup peut ainsi se retrouver dans une situation qui - pour lui - est totalement anormale, et se trouve pris au piège par ses instincts qui assurent normalement sa survie. Et il fait alors un peut "n’importe quoi", exactement comme cela peut nous arriver à nous aussi si nous sommes confrontés à une situation inattendue (comme le montre les trop nombreux exemples de paniques dans des foules denses).

 

Le loup n'est pas vraiment responsable des carnages qu'il commet, et il est donc nécessaire d'instaurer des systèmes de préventions qui cassent ce comportement d’over-killing, afin de limiter les dégâts

 

Ce phénomène est tout de même assez rare, comme en témoignent les statistiques effectuées dans le Mercantour, à partir des attaques sur les troupeaux domestiques :

49 % des attaques tuent 1 à 2 brebis. 25 % des attaques tuent entre 3 et 4 brebis. Seules 26 % des attaques ont occasionné la mort de plus de 4 brebis. (Source : rapport LIFE-Loup de février 99).

Cela est confirmé par des études récentes menées en Italie et en France : 2 à 3 brebis en moyenne sont tuées lors d’une attaque de loups ; tandis que les chiens provoquent la mort de 10 brebis en moyenne par attaque.

 

 

Il y a aussi le cas des "dérochements", c'est-à-dire d’un groupe d’ovin (voire d’un troupeau entier) qui, pris de paniques, finit par tomber d’un falaise, ce qui peut entraîner la mort d’un grand nombre d’animaux. Mais là encore cela peut être évité avec les mesures de prévention adaptés (et le loup n’est pas le seul qui puisse provoquer un dérochement : chiens errants/divagants, orages, ou même engins volants à basse altitude, peuvent également faire paniquer un troupeau à proximité d’un falaise).

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Les brebis tuées par le loup meurent dans d’atroces souffrances !

 

Cet argument hypocrite vise d'abord à faire oublier que la majorité des brebis sont élevées pour leur viande et sont donc destinées à l'abattoir.

Une brebis tuée par un loup va connaître quelques secondes d'effroi et mourir très rapidement sur la pâture où elle vivait. Les 6 millions de moutons (brebis, agneaux) tués chaque année dans les abattoirs subissent le stress du transport et de l'attente une fois sur place dans une ambiance et des odeurs sans équivoque et dans des conditions d'abattage souvent fort discutables.

 

Il ne faut pas oublier non plus qu’il y aussi des attaques de chiens divagants/errants, et qui peuvent être particulièrement cruelle, les chiens n’étant pas aussi "professionnels" que les loups.

 

Autre chose, il vous est sûrement arrivé de voir, dans les médias, des éleveurs exhibant des bêtes gravement blessées et agonisantes, en affirmant que celles-ci furent massacrées par le loup. S’en suit alors toute une série de complaintes « c’est horrible, elles souffrent énormément ! » « nous on aime nos brebis, et voyez ce que le loup en fait ! », ou quelque chose dans le genre. Alors (outre le fait qu’il faudrait déjà savoir si c’est bien le loup le coupable, et pas des chiens) on peut se poser la question : Dans pareil cas, si les éleveurs aiment leurs bêtes autant qu’ils le disent, pourquoi ne les ont-ils pas fait soigner, ou bien ne les ont-ils pas achevées rapidement, afin d’abréger leurs souffrances, au lieu des les laisser endurer un martyre juste pour les montrer en l’état aux caméras et aux appareils photos des journalistes ?

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Si le pastoralisme disparaît, la montagne ne sera plus entretenue. Les moutons sont favorables à la biodiversité !

 

Les prairies naturelles d'altitude existeraient même sans pâturage, elles ne peuvent ni " s'embroussailler ", ni " se fermer ". Quant à la limitation des risques d'incendie, cela ne concerne que les zones méditerranéennes desquelles le loup est absent ! Les troupeaux non gardés et sans plan de gestion pastorale sont au contraire un fléau pour la biodiversité : Dégâts importants sur les fragiles milieux naturels d'altitude, érosion, perte de la richesse floristique et par contre coup entomologique, concurrence avec les ongulés sauvages et risque de transmission de maladies à ces derniers (Cf. V.L. n° 7). À rajouter également que les excréments des brebis, quand elles sont trop nombreuses et mal conduites (suite à l’absence de berger), brûlent les sols et polluent les eaux souterraines et les sources de montagnes, naguère réputées pour leur pureté.

Seul un plan de pâturage intégrant une approche agri-environnementale peut permettre de contrôler l'impact des ovins.

 

Le retour du loup est donc l’occasion de réformer le pastoralisme actuel, et de le faire évoluer, afin de l’adapter aux exigences environnementales d’aujourd’hui et de demain (et de la nouvelle Politique Agricole Commune).

 

 

On peut également faire la remarque suivante : La nature se débrouillait bien tout seule avant que l’homme ne la modifie ! (Et elle continue à fonctionner parfaitement bien là où l’homme ne l’a pas encore touché)

Certes, cela ne veut pas dire que l’ont doit forcément laisser notre nature revenir à un état "préhistoire" ! Mais d’un autre coté cela veut dire que les modifications apportées par l’homme ne sont pas toujours positives, et que parfois il peut être nécessaire de ré-abandonner la nature à elle-même.

L’exemple du retour du loup dans le parc américain de Yellowstone le prouve !

 

 

Certains anti-loups prétendent que l’action de l’homme, et en particulier le pastoralisme, a crée une biodiversité exceptionnelle en montagne, et que le retour du loup vient détruire cet équilibre.

Mais il ne faudrait pas confondre la vraie biodiversité - celle qui est naturelle - avec la simple présence artificielle d’espèces qui ont profitées des changements imposés par l’homme, et qui ont ainsi colonisées des territoires qui ne sont normalement pas les leurs !

 

L'équilibre dont parlent ces anti-loups n'est que pure fiction, il n'est que bon équilibre pour l'homme car cela lui permet d'avoir une main sur la nature, il permet de donner l'illusion de la contrôler... Mais le retour du loup montre bien que la nature ne se contrôle pas et ne se dirige pas comme on le voudrait, et cela vexe ceux qui pensaient pouvoir tout contrôler, tout ordonner, etc. Avec le retour du loup, la nature essaye de rétablir un véritable équilibre qui n'a pas une allure purement esthétique comme le voudrait l'homme : la nature n'est peut être pas toujours belle (du moins pas comme on le voudrait, avec nos yeux d’humains), mais ce n’est pas là ça vocation, ni ce qui est nécessaire pour les générations futures. La nature redevient ce qu'elle était, et ça c'est le meilleur pour elle… et pour nos enfants.

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Les partisans du loup sont des citadins qui ne comprennent pas le désarroi des éleveurs !

 

Le désarroi lié aux difficultés économiques, au chômage, aux délocalisations ou à la fracture sociale frappe indifféremment les urbains, rurbains, ruraux ou semi-ruraux. Les éleveurs sont loin d’être les seules victimes de la mondialisation de l’économie, et d’autres professions n’ont bénéficié d’aucune aide de la part des pouvoirs publics.

De très nombreux employés ont ainsi vu leurs conditions de travail bouleversées, voir même ont dû changer de métier, avec parfois d’important sacrifices (abandon des 35 heures, jours fériés supprimés, baisse du pouvoir d’achat, mobilité géographique… sans parler de la précarité).

Et eux, ainsi que les syndicats qui les défendent, ils n’accusent pas une espèce menacée et protégée qui leur sert de bouc émissaire, mais ils s’en prennent aux vrais responsables de leurs problèmes : le libéralisme et la mondialisation ! Et ils luttent contre ces vraies causes.

Même chose pour certains agriculteurs, comme les producteurs de fruits et légumes, ou les viticulteurs par exemple (même si leur méthodes sont parfois discutables).

 

Certains éleveurs ovins feraient bien de prendre exemple sur eux, au lieu de tirer sur le loup (au sens propre comme au sens figuré). Car, pendant qu’ils perdent leur temps et gaspillent leur énergie à manifester, à demander la mort de cet animal, voir à organiser des battues illégales… le marché français est envahit par la viande de mouton étrangère à prix cassé. Et ça, ce ne sont pas les tirs et les empoisonnements de loups qui pourront l’arrêter !

 

 

Et pour couper cours à l’affirmation selon laquelle seul les citadins sont des partisans du loup, il faut rappeler qu’un récent sondage montre que 87 % des français sont pour le loup, comme cela a été dit dans l’introduction de ce plaidoyer.

De plus, de nombreuses personnes favorables à la présence du loup habitent effectivement le massif alpin.

 

Le fameux « écolo urbain » peut aujourd’hui être clairement qualifié de cliché, utilisé à outrance comme argument à l’encontre des protecteurs du loup.

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Les loups ont été réintroduits frauduleusement : la preuve, ils n’ont pas pu arriver seuls des Abruzzes !

 

Le retour naturel est prouvé par les analyses génétiques et par l'étude des mouvements de population des loups italiens. Les loups présents en France ne sont pas arrivés directement des Abruzzes puisque, depuis plus de 20 ans, on constate une expansion territoriale du loup en Italie. A partir du noyau des Abruzzes (sud de Rome), l'espèce a progressivement recolonisé ses anciens territoires, vers le nord et vers le sud de l'Italie, arrivant ainsi dans les Alpes-Maritimes. Ce phénomène de retour naturel n'est pas propre à la France, il se produit aussi en Suisse (à partir de l'Italie) ou en Allemagne, à partir des loups présents en Pologne. Le loup est également capable de parcourir d'énormes distances et il n'est pas rare que 70 km soient couverts en 24 h !

Les fleuves et les autoroutes ne constituent pas un obstacle pour les loups, même si certains y laissent leurs vies.

 

Cette rumeur de réintroduction fut semble-t-il créée (ou du moins sciemment propagée et entretenue) par les ennemies du loup, lesquels - en ayant lu un peu trop vite les textes de la convention de Berne et de la directive Habitats - ont cru que des loups réintroduits frauduleusement ne seraient alors pas protégés et pouvaient donc être éradiqués sans problème. Ce qui est de toutes façons faux : Le loup est protégé car il s’agit d’une espèce indigène (c’est à dire qui existait naturellement sur le territoire concerné et qui en a disparu pour des raisons non naturelles), seul les individus en captivité ne sont pas protégés par ces textes.

 

Une commission d’enquête parlementaire a essayé de trouver des preuves de cette soi-disante réintroduction... sans succès !

 

 

Il faut dire que le mode de colonisation du loup peut induire des soupçons de part sa nature. En effet, celui-ci s’effectue « en taches de guépard » ou « par patchs », c’est-à-dire celui d’une population qui s’étend progressivement en colonisant de nouvelles régions isolées, même très lointaines les unes des autres. L’existence de "blancs" (où le loup est absent bien que toutes les conditions nécessaires pour sa présence semblent réunies) entre ces régions peut faire pensez que cette re-colonisation n’est pas naturelle, alors que ce n’est pas le cas.

Les lois de la nature ne suivent par toujours la logique humaine !

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Le loup n’est pas en voie de disparition : puisqu’il est présent dans d’autres pays il peut être éradiqué chez nous !

 

Qu’adviendrait-il si chaque pays disait la même chose ???

Par ailleurs, nos responsabilités face aux dangers qui pèsent sur la biodiversité imposent de protéger toutes les espèces, même celles qui ne sont pas en danger immédiat d’extinction.

 

La population mondiale de loups est estimée à 200 000 - 300 000 individus… C’est deux à trois fois moins que les éléphants d’Afrique ! Hors, l’éléphant est toujours considéré comme une espèce menacée ! (Même s’il est vrai que la fécondité potentielle de l’éléphant est nettement inférieure à celle du loup. Mais d’un autre coté, les éléphants vivent dans des pays qui ne disposent pas des même moyens que nous pour protéger leurs faunes)

 

De plus, les populations actuelles de loups en Europe sont isolées les unes des autres, et qui dit isolement dit risque de faible diversité et d'appauvrissement génétique, ce qui peut rendre ces populations vulnérables à long terme. Ce n'est que lorsqu'il y aura à nouveau des échanges naturels entre ces populations que l'on pourra (éventuellement) considérer que le loup n'est plus une espèce menacée en Europe. Et comme la France se trouve au carrefour entre les loups d'Espagne, ceux d'Italie, et ceux de l'Europe de l'Est, nous avons donc une lourde responsabilité envers nos voisins qui ont su préserver leurs loups (et en particulier nos amis italiens qui ont fait beaucoup d'efforts pour sauver les leurs, et qui d'ailleurs n'apprécieraient peut être pas de voir le fruit de leur travail être détruit dés qu'il met les pattes sur notre territoire !)

 

Et quand bien même le loup ne serait pas une espèce menacée ce ne serait pas une raison pour l’éradiquer, alors qu’il est possible de cohabiter avec elle. Comme cela a déjà été dit plus tôt, il est temps que notre société sache laisser sa place à la faune sauvage.

 

Et enfin, la France se doit de montrer l’exemple, elle qui donne des leçons pour la préservation de la biodiversité, parfois à des peuples bien moins riches que nous ! Avant de s’occuper de la paille qui est dans l’œil de son voisin, il vaut mieux s’occuper de la bûche qui est dans le sien !

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Maintenant les loups descendent en plaine !

 

Qui a dit que le loup ne doit vivre qu’en montagne ? À l’origine (c’est à dire avant que l’homme ne réduise dramatiquement sa répartition mondiale), il vivait dans de nombreux milieux : montagnes, forêts, taïgas, toundras, prairies, steppes, et même déserts. Et ce de l’Alaska au Japon, en passant par le Mexique, la Sibérie, l’Inde, le Groenland, l’Arabie, la Chine et même l’Egypte (dans le Sinaï).

En descendant des montagnes le loup ne fait que recouvrer ses anciens territoires, rien de plus !

 

En Espagne, dans la région autour le Leon par exemple, on a put voir des loups vivrent - en plaine - dans une province agricole moderne, au milieu des élevages et des champs de maïs !

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Maintenant les loups s’attaquent aux bovins !

 

Le loup est un animal opportuniste, il s’en prendra à tout animal laissé sans surveillance et sans protection. Dans l’Ouest américain, ce sont essentiellement des troupeaux de bovins qui doivent cohabiter avec les loups. Et - malgré quelques inévitables problèmes - les éleveurs US protègent avec succès leurs troupeaux.

Il y existe même un label garantissant, aux consommateurs achetant la viande, que l’éleveur s’engage à cohabiter pacifiquement avec le loup :

http://www.loup-ours-berger.org/2005/10/boeuf_pays_loup.html (un exemple à suivre pour notre pays)

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On n'a qu'à mettre les loups dans des parcs !

 

Ça vous plairez d'être jeté en prison sous prétexte que, soi-disant, vous dérangez d'autres personnes qui ne veulent pas faire un effort d'adaptation et de tolérance ??

Le loup a le droit de vivre libre, tout comme nous ! Et comme la cohabitation est possible - pour peu qu’on s’en donne la peine - il n’y a donc pas de raison d’enfermer les loups.

 

Qu’un loup soit mis dans un parc ou qu’il soit tué, cela ne fait aucune différence : il est retiré du milieu naturel, ce qui peut mettre en danger l’espèce à l’état sauvage. D’autre part, l’expérience montre que des individus sauvages et adultes, capturés puis mis dans des parcs, finissent par en mourir… de stress.

 

De plus, cela n’est pas conforme aux textes internationaux que la France a signés, avec les risques de sanctions déjà citées.

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Il faut zoner les loups, c’est à dire interdire leur présence dans les régions d’élevage, et ne les laisser s’épanouir que dans les régions vraiment sauvages !

 

Impossible !

Le loup est un animal qui se déplace énormément ( record prouvé : 190 Km en 24 h ! ) et qui ignore les frontières et les limites humaines (comme tous les animaux sauvages)

 

Il ne serait donc pas envisageable de limiter la présence des loups à certaines zones, à moins de défigurer nos montagnes (et plus tard nos plaines) avec de gigantesques barrières hermétiques (et dont les coûts de construction et d’entretient seraient astronomiques, sans parler des conséquences sur le reste de la faune sauvage, la circulation humaine, etc.). Ou alors cela veut dire qu’il faudra détruire systématiquement tous les loups dans les zones où ils sont considérés comme indésirables.

 

Dans l’état actuel de la population française de loup, et compte tenu du fait que quasiment toutes les zones de présence du loup sont également des régions d’élevages extensifs, toute tentative de mise en place d’un tel zonage risque fort de mener à la disparition de cette espèce de notre pays… pour la seconde fois en moins d’un siècle !

 

Et surtout - comme l’enfermement des loups dans des parcs qui a été évoqué ci-dessus - cela n’est pas conforme aux textes internationaux que la France a signés. La protection du loup s’impose sur la totalité du territoire français, sans exception possible !

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Les loups sont devenus nombreux, l’avenir de l’espèce est désormais assuré en France. Ils peuvent donc être chassés et régulés, comme en Espagne !

 

Faux ! Le loup est encore en phase de re-colonisation dans notre pays, son retour reste fragile. Et les loups sont encore trop peu nombreux.

 

D’après Rasmus Hansson, du WWF Norvège, « une population [de loups] génétiquement en bonne santé devrait compter au moins 800 individus » … « ce n’est pas une suggestion, juste un fait biologique. »

En France, le nombre de loups ne dépasse pas une centaine ! (Et même les chiffres abracadabrants de 200 individus ou plus, avancés par certains anti-loups, seraient encore loin du compte pour une population viable)

 

Toute tentative de véritable régulation, ou bien de rendre l’espèce "chassable", risque, là encore, de faire disparaître le loup de notre pays pour la seconde fois en moins d’un siècle !

 

Rappelons que l’Espagne abrite 2000 à 2500 loups ! Cette population est bien portante et est à même de supporter la chasse et la régulation qu’y s’y pratique. En France on en est loin, avec nos 80 à 100 loups !

 

Et encore une fois, cela n’est pas conforme aux textes internationaux que la France a signés !

En effet, des réserves sur la protection du loup pouvaient être émises au moment de la signature de ses textes*, ce qu’a fait l’Espagne, compte tenu du fait qu’elle abritait déjà une importante population de loup. La France n’a pas jugé utile de le faire, et maintenant il est trop tard pour revenir en arrière, car ces réserves ne peuvent être faites qu’au moment de la signature, et pas après. (Mais toutefois, en Espagne, et dans les autres pays qui on émis des réserves identiques, les loups bénéficient quand même d’une protection : si leur régulation est éventuellement autorisée, en revanche leur éradication totale, ou même leur chasse en tant que gibier ordinaire, sont formellement interdites)

 

* : 1979 pour la convention de Berne et 1992 pour la directive "Habitats".

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Les bergers et éleveurs doivent obtenir le droit de tirer sur le loup quand il attaque leurs troupeaux. C’est de la légitime défense !

 

Le loup attaquera forcément un troupeau si celui-ci est sans protection. Compte tenu que la population de loups reste fragile, cela pourrait avoir de graves conséquences si à chaque fois ils se font abattre lors d’attaques (ou s’ils viennent simplement observer le troupeau). C’est la prévention qui doit être mise en place en premier, pas la répression !

De toutes façons, une étude menée par le professeur Marco Musiani, de l’Université de Calgary, a démontré que tuer les loups qui s’en prennent au bétail n’est pas la solution : les animaux ainsi abattus sont simplement remplacés par d’autres, et le problème recommence ( http://www.loup.org/spip/Tuer-des-loups-n-est-pas-la.html )

 

Et, au risque de me répéter, et comme pour les trois affirmations précédentes, cela n’est pas conforme aux textes internationaux que la France a signés, avec les risques de sanctions déjà citées.

De plus, rappelez-vous que désormais les éleveurs doivent respecter certaines normes parmi lesquelles figure la protection du loup. Ceux qui se font justice eux même risqueraient de perdrent leurs subventions PAC ! (Et avec peut-être des conséquences graves pour l’ensemble de la filière ovine, par la faute de quelques-uns)

 

Les vraies solutions passent par les mesures de protections adaptées aux différentes situations et correctement mises en place.

 

 

A oui, petite précision sémantique : Les termes « légitime défense » et « autodéfense », qu’emploient parfois les anti-loups, ne s’appliquent qu’au cas où c’est sa propre vie que l’on défend, et non pas des biens matériels qui nous appartiennent ou qui sont sous notre garde, comme par exemple un troupeau de moutons (même si le terme "biens matériels" n’est pas très approprié dans le cas d’être vivants).

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Les textes internationaux qui protègent le loup sont obsolètes, car la France n’avait pas de loup sur son territoire quand elle les a signés !

 

Dans ce cas, pourquoi l’Italie a-t-elle signée ces mêmes textes sans réserves, alors qu’à l’époque elle avait déjà beaucoup de loups sur son territoire ?

Les Italiens sont-ils idiots à ce point ? Il faut dire qu’ils avaient déjà fait du loup une espèce protégée (dés 1976) sans attendre la réglementation européenne !

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Il existe également des critiques faites par certains chasseurs, à propos du gibier.

 

Le loup détruit la faune sauvage : dans les régions où il est revenu, on voit beaucoup moins d’ongulés sauvages, voire plus du tout !

 

En fait, suite au retour du loup, ces ongulés retrouvent leurs instincts naturels, ce qui provoque l'éclatement des grands troupeaux, et les rend également plus farouches, plus sauvages, ce qui au final les rend plus difficiles à observer (et à chasser). Cela donne donc l’impression que leurs effectifs ont fortement diminués, voire ont disparu, alors qu’en fait il n’en est rien. [c]

En supposant bien sûr que ces ongulés n’étaient pas en surpopulation au moment du retour du loup, et que ce dernier aurait ramené ces populations à un niveau normal. Dans ce cas, il y aurait bien une baisse d’effectif, mais ce ne serait pas négatif, bien au contraire.

Seul le mouflon semble avoir réellement souffert du retour du loup, mais il faut dire que cet herbivore fut artificiellement introduit dans les Alpes (par les chasseurs, pour servir de gibier) et que, étant originaire de Corse, il n’est pas très adapté à la vie en haute montagne (certains biologistes estiment même que la présence de cet ongulé dans les Alpes est une aberration écologique).

 

Sinon, comment expliquer que, avant que l’homme ne l’éradique, le loup n’ait jamais détruit le gibier qu’il chassait (sans quoi il aurait lui-même disparu), et ce depuis que cette espèce existe, soit au moins 1.5 millions d’années d’après les fossiles ?

Ce qui voudrait dire que ce n’est que très récemment que le loup se serait mis à détruire le gibier, comme par hasard au même moment où les hommes (ou du moins ceux d’entre eux nommés chasseurs) se sont mis à convoiter ce même gibier, et dont certains avaient donc tout intérêt à trouver des prétextes pour éliminer la concurrence (ou ce qu’ils percevaient comme tel)

 

En réalité, le loup choisit toujours les proies les plus faciles (c'est pour cette raison qu'il s'en prend aux troupeaux quand ils ne sont pas protégés).

De fait, en tuant les bêtes les plus faibles au sein d'une espèce, le loup favorise ainsi les individus les plus forts, les plus robustes, ce qui améliore la race, contrairement aux chasseurs qui ont souvent tendance à choisir les plus beaux spécimens.

Et en tuant les animaux malades (qui sont affaiblis, et par conséquent plus facile à capturer qu’un animal sain), le loup freine la propagation des maladies au sein de la faune sauvage, dont certaines peuvent être transmissibles au bétail (brucellose, fièvre aphteuse) et même à l'homme (tuberculose). Les Amérindiens ne s’y étaient d’ailleurs pas trompé, et le surnommaient « le docteur de la forêt ».

 

Rappelons également que dans de nombreuses régions les cultivateurs et sylviculteurs se plaignent des dégâts occasionnés par des ongulés sauvages en surpopulations, que le loup pourrait très bien réguler, comme il le faisait du temps où il était encore là !

 

Et même que dans certains pays la réintroduction du loup est envisagée pour rétablir les équilibres naturels ! Comme par exemple dans une réserve naturelle dans la province du Shaanxi, en Chine du nord-ouest. Pour plus d’informations :

http://ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=557

 

 

À noter également que les chiens en divagation peuvent, là encore, poser problème à la faune sauvage, comme l’on montré la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) et la Fédération des chasseurs de l'Isère dans une campagne de sensibilisation du grand public :

http://www.frapna.org/site/region/communiques-presse.htm#chiens

 

 

On voit donc bien que le loup n’est en aucune manière un destructeur de la faune sauvage !

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Le loup nous fait une concurrence déloyale, car lui il chasse toute l’année !

 

Qui a dit que le gibier n’appartenait qu’aux chasseurs ? Nous devons apprendre à partager !

 

De plus, si le loup chasse ce n’est pas pour le plaisir, ni pour le "sport"… c’est pour se nourrir ! Et surtout cela est son seul moyen de subsistance (ou alors il sera obligé de s’en prendre aux animaux domestiques, comme cela a déjà été vu précédemment).

On ne peut pas en dire autant des chasseurs humains ! (Pour l’Europe en tous cas)

S’il rentre bredouille de sa chasse, le loup ne peut pas aller faire un petit tour au supermarché, ou bien aller piocher dans son congélateur, pour pouvoir manger !

 

Certes, les plans de chasse doivent être adaptés à la présence du loup (sans quoi nous nous retrouverons dans la même situation qu’au 19ieme siècle : les loups seront obligés de s’attaquer aux troupeaux pour pouvoir survivre, et c’est peut être déjà le cas dans certains secteurs). Mais, comme cela a déjà été dit, il est temps que notre société sache laisser sa place à la faune sauvage.

 

Il est probable qu’en fait, les chasseurs (ou du moins certains d’entre eux) voient dans le retour du loup une remise en cause de leur rôle dans la régulation des herbivores sauvages, ce qui, à leurs yeux, les rendrait donc "inutiles" pour la société. Et peut être aussi que certains sont jaloux qu’un "simple animal" s’avère plus performant qu’eux pour la gestion du gibier !

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Le loup fait énormément souffrir ses proies, en tout cas il les tue moins proprement que nous avec nos fusils !

(Argument entendu chez des chasseurs d’autres pays, mais qui va sûrement arriver en France)

 

La nature ne fait pas dans la dentelle !

La mort et la douleur que nous refusons, nous êtres humains, font partie intégrante des choses de la vie sauvage.

Il nous est facile de critiquer les méthodes de chasse du loup (ou d’autres prédateurs), alors que nous n’avons plus besoin de chasser pour nous nourrir !

 

De plus, le loup ne dispose pas d’armes sophistiquées qui peuvent tuer instantanément et à distance. Il n’a que ses muscles et ses dents (ce qui est déjà pas mal !), et souvent, s’il fait souffrir sa proie, le loup risque également sa vie en combattant - au corps à corps - des animaux parfois plus grands et plus lourds que lui.

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Et enfin, on fait un dernier reproche à la présence de loups, un "grand classique".

 

Le loup est un animal dangereux, toutes les légendes sur lui sont forcément basées sur quelque chose de vrai !

 

Le loup n’est certes pas un "gentil toutou à sa mémère", comme certains pro-loups essayent de le faire croire. C’est un animal sauvage, un prédateur (dans le vrai sens du terme). Mais même si les cas d’attaques de loup sur l’homme existent elles demeurent extrêmement rares, et en tout cas beaucoup moins fréquentes que les attaques de chiens sur l’homme, même proportionnellement au nombre d’animaux.

 

La plupart de ces attaques sont dues à la rage - qui n’est pas présente dans les régions actuelles de présence du loup en France - ou à des animaux qui furent aculés, et ont donc agit en "légitime défense".

En tous cas, le loup n’est pas plus dangereux (et peut être même moins) que certains animaux qui sont déjà abondant dans nos forêts, comme le cerf (dont un des représentants a tué un chasseur, en Corrèze, en septembre 2005) ou le sanglier.

 

Si le loup était réellement aussi dangereux que ce que l’on raconte, comment expliquer que, par exemple, les Indiens d'Amérique du Nord n'aient jamais eu peur de ce canidé ? Alors qu'ils vivaient en permanence à proximité de lui, qu'ils disposaient d'abris nettement moins protecteurs qu'une maison en dur dans le cas d'une hypothétique attaque de prédateur, et que leurs armes étaient nettement moins performantes que celles dont dispose l'homme "civilisé" ! Et c'était pourtant des gens très simples, qui ne s’amusaient pas à lancer toute sorte d’études scientifiques, de rapports d’experts ou de commissions d’enquêtes pour déterminer si telle ou telle chose est dangereuse ou pas !

(Tout ceci est écrit au passé, car malheureusement les Amérindiens furent massacrés, décimés et finalement parqués dans des réserves, par les colons européens. En fin de compte, ce n’est pas le loup qu’ils avaient à craindre !)

 

Et il en est de même pour d'autres peuplades qui, aujourd'hui encore, ont un mode de vie "primitif" dans des régions où il y a des loups en nombre, en Amérique du Nord et en Eurasie.

 

Ou bien, actuellement et plus proche de nous, dans le coin le plus sauvage de la Pologne, on a pu voir des enfants se promener de nuit aux abords des villages, ou se rendre à l’école très tôt le matin sans se faire de souci. Pourtant, c’est la région du pays la plus densément peuplée en loups et en ours. [d]

 

 

Quant aux légendes et aux accusations ancestrales portées contre le loup : On a également raconté beaucoup de choses sur des êtres humains appartenant à certains groupes ethniques et/ou religieux, qui eux aussi furent accusés des tous les maux, de tous les crimes, parfois même de manière complètement absurde (par exemple en les rendant responsable des famines, des épidémies, ou des catastrophes naturelles !). Et eux aussi furent persécutés, avec des sommets qui furent atteins durant la seconde guerre mondiale.

Si on a pu raconter de tels mensonges sur des êtres humains, on a très bien pu le faire également pour des animaux ! (D’autant plus que ces derniers ne peuvent pas se défendrent par la parole !)

 

De plus, durant le Moyen Âge, il est fort probable que les loups (et sûrement d’autres animaux, y compris des chiens) se sont nourris de cadavres humains sur les champs de batailles et lors des épidémies de peste, car à ces moments là les cadavres n’étaient pas ou peu enterrés. Cela a dû très certainement marquer les habitants de l’époque, très religieux, et pour qui le corps humain était comme sacré. Ceci étant combiné, d’une part, à la diabolisation du loup par l’église de l’époque, et, d’autre par, aux cas de loups enragés (qui étaient doublements effrayants à cause du fait que les personnes mordues contractaient elles aussi la rage, mortelle à 100 % à l’époque du fait de l’absence de traitement), il est alors facile de comprendre que Canis lupus soit apparu comme une créature monstrueuse.

 

Et vous ne trouvez pas bizarre que le loup ait acquit sa mauvaise réputation seulement au Moyen Âge, et pas avant ? Comme s'il se montrait pacifique du temps des romains et des gaulois, et que tout d'un coup il se soit mit à manger les hommes !!

 

Et comme par hasard encore, dans les régions où les loups ont toujours été présents, les méfaits qui leurs sont imputés semblent avoir mystérieusement disparu avec l’apparition des registres d’états civil et le début des enquêtes policières systématiques pour chaque mort d’homme. Etrange n’est-ce pas ? De là à dire qu’auparavant de nombreux crimes - commis par des hommes - étaient maquillés en victimes du loup… il n’y a qu’un pas !

 

 

Remarques importantes : aux Etats Unis, il y a eu beaucoup d'accidents provoqués par des loups "apprivoisés" (ou des hybrides loup/chien) que certaines personnes, quelque peu inconscientes, prennent chez elles comme "animal de compagnie". A ne pas confondre avec les loups sauvages !

Et on relate également des cas d’attaques de loups sauvages sur l’homme en Amérique du Nord (dont un qui fut malheureusement mortel en novembre 2005). Mais il s’avère que, en fait, ces loups avaient été au préalable nourris par des hommes, qui ainsi les incitaient à s’approcher d’eux ! (Parfois pour pouvoir les prendre en photo de près !) Ceci les a donc anormalement familiarisé avec la présence humaine et a finit par annihiler leur peur de l’homme... jusqu’a ce qu’un accident se produise lorsque leurs instincts de prédateur furent confrontés à cette situation totalement aberrante. Et des incidents semblables (mêmes causes, mêmes effets) se sont produits avec d’autres espèces, et pas seulement des carnivores.

On ne joue pas aux apprentis sorciers avec des animaux sauvages !

 

 

En France, depuis le retour du loup, il y a déjà eu une prétendue attaque de loup sur l’homme : en août 2001, un berger des Alpes maritimes, monsieur Aimé Ségur, a affirmé avoir été attaqué par une louve et ses louveteaux, et avait déposé plainte ! (pour plus d’informations : http://www.loup.org/spip/article50.html ).

Mais cela c’est avéré faux, et le Parquet de Nice a classé l’affaire sans suite. « Compte tenu des connaissances scientifiques comportementales des loups, des incohérences relevées entre les déclarations de la victime et les constatations des enquêteurs, la relation des faits, telle que rapportée par le plaignant, n’a pu être confirmée » avait indiqué le vice-procureur Gérard Dubès, et les analyses des poils trouvé sur monsieur Ségur ont démontré qu’il s’agissait en fait de poils de chiens et de chats.

Il est probable que d’autres affaires comme celle là éclateront un jour ou l’autre. Et quand bien même l’attaque serait confirmée, il ne faudra pas oublier qu’il est facile de confondre un loup avec certaines races de chiens, ou qu’un loup peut très bien dévorer le cadavre d’un homme qui est déjà mort pour d’autres raisons ! Sans parler du cas d’un loup en "légitime défense".

 

 

De nombreux biologistes ont approché - pour les étudier - des loups sauvages, parfois de très près… et ils en sont revenus vivants !

Dans les années 1980, le biologiste David Mech et le cinéaste & photographe Jim Brandenburg sont partis filmer une meute de loups sur l’île d'Ellesmere, dans l’extrême Nord canadien. Les loups qu’ils ont rencontrés - bien que totalement sauvages - n’avaient absolument pas peur de l’homme, car ils ne furent jamais chassés, et peut-être même qu’ils n’avaient jamais vu d’êtres humains auparavant ! Pourtant, et bien qu’ayant installé leur campement à proximité de la tanière des loups, à aucun moment David et Jim ne furent inquiétés. Ils finirent même pas établir une sorte de relation de confiance avec les loups, et finalement Jim Brandenburg parvint à pénétrer dans la tanière, et à approcher (et filmer) les louveteaux âgés de quelques semaines, sans que la mère ne l’agresse !

Probablement le plus extraordinaire marque de confiance qu’un animal sauvage puisse donner !

Cette confiance faite à un homme par un loup, n’est-elle pas une réponse d’une amère ironie à la méfiance, à la crainte, et à la haine dans lesquelles l’homme a depuis toujours tenu les loups ?

Pouvons nous faire confiance au loup autant que ce dernier l’a fait pour Jim ? Ou au moins le laisser vivre en paix ?

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Maintenant les loups s’approchent des habitations !

 

Il en a toujours été ainsi ! Avant son éradication, le loup était un animal commun partout en France, y compris dans des régions urbanisées.

Le loup est un animal adaptable qui peut tolérer la présence de l’homme à proximité de lui, malgré la peur instinctive qu’il lui inspire.

Un exemple parmi d’autres, en Espagne, dans la région autour le Leon (la même que celle citée précédemment*), on a put voir toute une meute de loups installer sa tanière à quelques centaines de mètres seulement d’un village, ce dernier étant même visible depuis cette tanière ! Mis au courant de cela, les habitants de ce village n’en furent aucunement émus, et prirent la chose avec la plus grande philosophie. Pour eux, le loup est un animal sauvage comme un autre !

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Question à un défenseur du loup : Laisseriez-vous votre enfant se promener seul dans une forêt ou un bois dans lequel vous savez qu’il y a des loups ?

 

Non, j’aurais trop peur qu’il se fasse enlever par un pédophile !

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Conclusion.

 

Le loup a bien ça place dans notre pays, quoi qu’en disent certains.

Cela est de toute façon inévitable, compte tenu de l’évolution de notre environnement.

 

Cela étant dit, il ne faudrait pas mettre tous les chasseurs et tous les éleveurs dans le même sac. Un certain nombre de chasseurs sont "écologiquement responsables" et sont prêts à tolérer le loup. Un certain nombre d’éleveurs et de bergers sont prêts à cohabiter avec le loup (même s’ils ne l’aiment pas, ce qui est tout à fait normal) et acceptent de jouer le jeu et de mettre en place sérieusement les mesures de protection adéquates sur leurs troupeaux.

Il ne faudrait pas que ceux là payent pour les autres !

Et ne pas oublier non plus que nos dirigeants ont une lourde part de responsabilité pour avoir laissé "pourrir" la situation.

 

 

Et je terminerais par cette citation, de Robert Hainard * :

 

" Il faut sauver les espèces animales en danger ! Non pas parce que nous avons besoin d’elles, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver. Et ce seront ces qualités là dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes. " 

 

Je pense que cela est parfaitement vrai.

 

Le loup est le symbole des erreurs commises par l’homme, et il doit devenir le symbole de ce que l’homme peut faire de bien.

 

Si nous ne sommes pas capables de cohabiter avec le loup, si nous ne sommes pas capables de partager notre espace vital avec d’autres formes de vie, alors notre avenir est bien sombre !

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Dernière révision de ce document : le 15 octobre 2006.

 

 

 

 

Sources :

(Liste non exhaustive)

 

« Le loup à la loupe », publié par France Nature Environnement dans « La voix du loup » n°20 (août 2005) :

http://www.fne.asso.fr/PA/loup/dos/dossiers_argumentaire.htm

 

« Le loup », de Jean Marc Landry ; éditions Delachaux et Niestlé ; ISBN : 2-603-01215-0.

Et entre autre :    [a] : page 191 ;    [b] : page 106 ;    [c] : page 161 ;    [d] : page 168.

 

Le numéro spécial « La cohabitation hommes/grands prédateurs en France (ours et loups) » de la revue « Recherches Naturalistes en Région Centre », de décembre 2004 :

http://www.ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=279

 

ALPES magazine n°97.

http://www.milanpresse.com/magazine.asp?id=Cible2Titre21&var=Alpes%20magazine

 

L’article « Pêche : la France lourdement condamnée par Bruxelles » de Véronique Smée :

http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=93034

 

Notes sur le colloque « Le loup et l'agneau, pour en finir avec la fable »

http://membres.lycos.fr/hnature/ColqLoup.html

 

Les sites « loup.org », « ours-loup-lynx » (FERUS) et « loup-ours-berger » ; forums de discutions « La Meute » et « Wolf-eyes »

 

Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur les conditions de la présence du loup en France et l’exercice du pastoralisme dans les zones de montagne, présidé par M. Christian ESTROSI, rapporté par M. Daniel SPAGNOU, enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 2 mai 2003.

 

Lettres de la Commission européenne.

 

Divers documentaires et émissions télévisées.

 

 

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Version imprimable de cet argumentaire : http://perso.wanadoo.fr/Cpat/Argumentaire.rtf

 

 

Annexes :

 

[1]

L’utilisation du poison, par certains bergers ou éleveurs, pour tenter de ce débarrasser des loups, met en danger non seulement les loups eux même mais également de nombreuses autres espèces, y compris des espèces protégées. Et ce par ceux-là même qui prétendent défendre la biodiversité !

De plus, si vous aller vous promener en touriste dans une zone où des appâts empoisonnés on été disposés, cela peut présenter un grave danger pour votre chien s’il vous accompagne… mais également pour votre enfant si celui-ci ramasse ou touche un des ces appâts !! (Et on sait très bien que les enfants ont tendance à tout toucher)

 

L’utilisation du poison peut ainsi être comparée à celle des mines anti-personnel tant décriées : c’est une arme totalement aveugle et potentiellement dévastatrice (et pas seulement pour la faune sauvage).

 

Et il en va de même pour les pièges disposés dans le même but.

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[2]

Responsabilité du loup dans les attaques de troupeaux :

Chaque attaque de prédateur sur un troupeau domestique donne lieu à un constat de dommage (établi par un garde assermenté ou non) qui permet à l’administration de se déterminer sur l’indemnisation éventuelle des animaux tués.

- Dans 20 % des cas, l’attaque est caractéristique du loup.

- Dans 20 % des cas, la responsabilité du loup est exclue.

- Restent 60 % des cas où la responsabilité du loup n’est ni exclue, ni prouvée. Le doute profite alors à l’éleveur et les brebis sont donc indemnisées. La moyenne des indemnisations est de 155 € par brebis.

(Source : Ch. Duchamp, ONCFS, in Connaissance de la chasse, déc. 2004)

En d’autres termes, la responsabilité du loup n’est pas certaine dans les trois quarts des constats donnant lieu à une indemnisation !

 

De plus, le ministre de l’écologie Nelly Ollin a annoncé que, dans les zones de présence du loup, les indemnisations seront désormais faites sur simple déclaration sur l’honneur de la part des éleveurs, ce qui ouvre la voix à de nombreux abus (sachant que la fraude est un sport national en France).

Dans ces conditions, il est très difficile de savoir quel est le nombre réel de victimes du loup !

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[3]

Le coût des maladies de l’élevage en 2004, 147 millions d’euros ont été débloqués par la Commission européenne pour lutter contre les maladies animales dans l’Union européenne. Sur ce total, la France a reçu (attention : pour connaître le coût total, ces sommes sont à multiplier par deux car chaque pays a 50 % des frais à sa charge) :

21,7 millions € pour la surveillance des encéphalopathies spongiformes transmissibles,

1,16 millions € pour la tremblante du mouton,

225 000 € pour la fièvre catarrhale du mouton,

300 000 € pour la brucellose ovine.

Soit une dépense totale de 46,68 millions € pour le traitement et la prévention de ces maladies de l’élevage en France en 2004 (en comptant la part française)

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