1) Si nos ancêtres ont éliminé le loup, c'est qu'ils
avaient de bonnes raisons !
VRAI ? FAUX ?
2) Le loup met en péril le pastoralisme !
VRAI ? FAUX ?
3) La prévention ne sert à rien, il est impossible de protéger les
troupeaux des attaques des loups !
VRAI ? FAUX ?
4) Le loup coûte trop cher à la collectivité !
VRAI ? FAUX ?
5) Le loup va proliférer !
VRAI ? FAUX ?
6) Le loup tue pour le plaisir !
VRAI ? FAUX ?
7) Si le pastoralisme disparaît, la montagne ne sera plus
entretenue. Les moutons sont favorables à la biodiversité !
VRAI ? FAUX ?
8) Les partisans du loup sont des citadins qui ne
comprennent pas le désarroi des éleveurs !
VRAI ? FAUX ?
9) Les loups ont été réintroduits !
VRAI ? FAUX ?
10) Puisque le loup est présent dans d'autres pays, il peut
être éradiqué chez nous !
VRAI ? FAUX ?
11) Le loup détruit la faune sauvage !
VRAI ? FAUX ?
12) Le loup est un animal dangereux !
VRAI ? FAUX ?
Résultats : C’est très simple,
il fallait répondre " FAUX " à toutes les questions !
Pour plus de détails lisez
l’ensemble de l’argumentaire ci-après.
Probablement
aucun autre animal n’a été autant haït, incompris, discrédité, persécuté, puis
enfin pourchassé avec autant d’acharnement !
En 1992 (et peut être même un peut
avant) les loups sont de retour en France, après y avoir disparu depuis moins
d’un siècle.
Ce retour ne va pas sans poser des
problèmes bien sûr, mais ces derniers ne sont pas impossibles à résoudre… si on
s’en donne la peine et avec de la bonne volonté.
Depuis quelque temps, le loup en
France est victime de multiples attaques de la part de certains éleveurs et
bergers, de certains chasseurs, de certains élus locaux et de certain médias et
journalistes en manque de sensationnel (et j’insiste sur le terme
"certains", car heureusement tout les éleveurs, bergers, chasseurs,
élus locaux, médias et journalistes ne sont pas "anti-loups".)
On demande sa régulation, sa
chasse, le droit de le tuer sur le champ en cas d’attaque de troupeaux, voir
même son extermination pure et simple du territoire français ! Alors que
cette espèce est strictement protégée au plan international et que, d’après un
récent sondage (cité par le député
Daniel Spagnou), 87 % des français sont favorables
à sa présence en France.
Et on assiste à une multiplication
des actes de braconnages, en particulier avec la plus lâche et la plus abjecte
des armes : le poison ! [1]
C’est cela qui m’a convaincu de faire cette page,
afin de mettre à votre disposition un plaidoyer vous permettant :
- De comprendre la problématique
du retour du loup.
- De vous convaincre que la cohabitation avec le loup est
possible !
Ce document est également destiné
à ceux qui sont déjà acquis à la cause du loup, pour qu’ils puissent disposer
d’une "réserve" d’arguments.
Ce document est long, comme on
me l’a fait remarquer, c’est pourquoi j’ais mis en place un système de sommaires
et de liens qui vous permettent d’accéder rapidement à l’information que vous
cherchez.
La cohabitation entre les loups et les
troupeaux est possible. Non seulement possible mais indispensable, car il est
temps que notre société sache laisser sa place à la faune sauvage. C'est la
seule voie d'avenir !
Le but de cet argumentaire n'est
pas de nier la contrainte supplémentaire que représente le loup pour l'élevage,
cependant, l'impact de cette présence doit être relativisé et ne pas être utilisé
pour masquer les principales difficultés de l'élevage ovin qui, ne l'oublions pas, persisteraient même sans loups... Or, le
" loup bouc émissaire " existe : il représente un levier
politique fort pratique pour certains syndicats agricoles et pour des élus
démagogues et opportunistes.
Les principales critiques et remarques faites
à la présence du loup seront donc passées en revue,
après avoir répondu à la question clé.
Pourquoi le retour du loup pose-t-il tant de problèmes
en France ?
Si nos ancêtres ont éliminé le loup, c'est qu'ils avaient de bonnes
raisons !
Le loup met
en péril le pastoralisme !
La prévention ne sert à rien, il est
impossible de protéger les troupeaux des attaques des loups !
Les attaques n'arrêtent pas
d'augmenter !
Les patous
(chiens de protections des troupeaux) sont dangereux !
La présence
du loup impose des contraintes insupportables aux éleveurs et aux
bergers !
Le loup
coûte trop cher à la collectivité !
Le loup tue pour le plaisir et provoque
des carnages !
Les brebis tuées par le loup meurent
dans d'atroces souffrances !
Si le pastoralisme disparaît, la
montagne ne sera plus entretenue !
Les partisans du loup sont des citadins
qui ne comprennent pas le désarroi des éleveurs !
Les loups ont été réintroduits
frauduleusement !
Le loup n'est pas en voie de disparition !
Maintenant les loups descendent en plaine !
Maintenant les loups s'attaquent aux bovins !
On n'a qu'à mettre les loups dans des parcs !
Il faut
zoner les loups, c’est à dire interdire sa présence dans les régions
d’élevage !
Les loups
sont maintenant nombreux en France. Ils peuvent donc être chassés ou
régulés !
Les bergers
ont droit à l’autodéfense !
Les textes internationaux qui protègent le loup
sont obsolètes !
Critiques faites par certains chasseurs :
Le loup détruit la faune sauvage !
Le loup nous fait une concurrence
déloyale !
Le loup fait énormément souffrir ses proies !
Une critique plus générale et très classique, avec quelques
développements :
Le loup est un animal dangereux !
Maintenant
les loups s’approchent des habitations !
Laisseriez-vous
vos enfants se promener seul sachant qu’il y a des loups ?
Tout d'abord, parce que ce retour s'effectue après plus d'un demi-siècle
d'absence. Entre temps, les éleveurs ont développé de nouvelles pratiques
pastorales et les gestes ancestraux permettant de garder un troupeau en
présence de grands prédateurs ont été oubliés (ou abandonnés par souci
d'économie), à l'inverse de pays comme l'Italie ou l'Espagne où le loup n'a jamais
disparu.
Ensuite, parce que le loup revient dans un
contexte fort difficile pour l'élevage ovin : il est la goutte d'eau qui fait
déborder le vase !
De plus, l'espèce est toujours diabolisée.
La peur du loup apparaît avec la christianisation : pour la religion de
l'agneau, le loup est l'incarnation du mal. Aujourd'hui encore, notre
représentation de l'animal est souvent irrationnelle et sans commune mesure
avec la réalité.
Le retour de cette espèce exterminée par
l'homme semble également être ressenti comme un camouflet, d'autant plus que
beaucoup d'opposants au loup continuent à nier la réalité et restent persuadés
qu'il ne s'agit pas d'un événement naturel mais d'une présence imposée par les
" écolos citadins "...
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L'histoire nous
prouve, hélas, que nos actions passées ne sont pas une référence - loin s'en
faut - et ne nous honorent pas forcément... Dans ce cas précis, le contexte
socio-économique actuel n'a plus rien à voir avec celui des siècles passés.
Aujourd'hui, l'élevage est largement subventionné (à environ 60 %) et le bétail
tué par le loup est indemnisé ; ce n'était pas le cas du temps de nos ancêtres
et la prédation du loup sur un petit élevage familial pouvait, il est vrai,
poser de vraies difficultés à une famille de paysans. S'ajoutaient à cela les
peurs et les croyances populaires sur le loup dont on sait maintenant qu'elles
n'étaient pas fondées. Le montant des primes attribuées pour chaque loup tué
justifiait aussi grandement la vindicte paysanne : à la fin du 19e siècle, une
prime équivalait à un mois de travail d'un paysan... de quoi trouver tous les
défauts du monde à ce pauvre loup !
On peut également rajouter
ceci : à l’époque, à la suite d'une chasse incontrôlée et du fait d'une
déforestation massive, de nombreuses populations d'ongulés sauvages furent
dramatiquement réduites ou éliminées. Ainsi, privés de leurs sources naturelles
de nourriture par la faute des hommes, les loups n’eurent pas d’autre choix que
de se rabattre sur les animaux domestiques pour ne pas mourir de faim,
entraînant leur extermination [a]
Donc, c'est nous qui, en
premier, avons "volé" la nourriture des loups. Nous les avons
affamés, nous les avons contraints à s’en prendre à nos troupeaux pour
survivre, et finalement nous leur avons refusé le droit de s'adapter à une
situation que nous avions nous-même engendrée !
(En passant, il en fut de même pour le lynx
et pour l’ours)
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Pour
2005 la perte de 3761 animaux est imputée au loup dans les Alpes, en sachant que
le doute profite systématiquement à l’éleveur [2]. Parallèlement, et toutes causes confondues (chiens,
maladies, foudre, dérochements), on estime à 46 000 chaque année le nombre
de moutons tués ou perdus à l’échelle des Alpes françaises sur un total de
850 000 bêtes (et environ 400 000 au niveau national sur un total de
9 millions).
Le loup peut, certes, être une
contrainte de plus pour les éleveurs et les bergers, mais il ne représente pas
une menace économique pour l’élevage ovin qui doit faire face à des difficultés
bien plus importantes :
La filière ovine, confrontée à la mondialisation des marchés et à la
baisse régulière des cours de la viande, connaît une véritable récession. Les
éleveurs français subissent une très forte concurrence de la Nouvelle-Zélande
et de la Grande-Bretagne (celle-ci compte 40 millions de moutons contre 9
millions pour la France). La production française est en baisse depuis 20 ans
et ne couvre plus que 40 % de la consommation totale de viande d’agneau (60 %
de la consommation nationale sont donc importés). Sans les subventions, qui
représentent plus de la moitié du revenu des éleveurs, l’élevage ovin ne serait
plus rentable. D’où la disparition progressive du métier de berger dont le coût
ne peut plus être supporté par les petits éleveurs.
S’il est vrai qu’en 5 ans, de 1993 à 1997, la mort de 5000 brebis a été
imputée au loup, les maladies ont provoqué bien plus de dégâts dans les
troupeaux. : durant cette même période, la seule brucellose ovine (maladie
transmissible à l’homme) a occasionné l’abattage de 50 612 moutons contaminés
dans la seule région PACA (les chiffres de cette maladie - heureusement en
régression - ne sont plus publiés, c’est pourquoi il n'est pas possible de faire
une comparaison avec des données plus récentes). Le traitement de cette maladie
a un coût pour la collectivité : 43,5 millions de francs en 1996. Les brebis
abattues sont remboursées 64 € à l’éleveur. En cas d’attaque de loup, la
moyenne des indemnisations est de 155 € par animal.
La brucellose n’est pas la seule maladie de l’élevage, on peut aussi
citer la tremblante ou l’agalactie contagieuse (4500 brebis abattues en 1993
dans les Pyrénées). Cet impact, nettement supérieur à celui du loup, n’est
curieusement pas apprécié de la même manière... François Moutou,
vétérinaire, remarque "qu’il serait dommage que l’énergie développée
contre la présence du loup se fasse au détriment des actions sanitaires,
nettement plus chères pour la société" [3].
Le nombre d’animaux envoyé à l’équarrissage est lui aussi stupéfiant :
700 000 ovins et caprins en moyenne chaque année en France, dont 12 000
dans les Alpes du Sud. Et ce chiffre ne tient pas compte des brebis mortes en
montagne et qui ne sont pas redescendues.
Le problème posé aux troupeaux - et à la faune
sauvage - par les chiens en divagation (en France, il n’y a quasiment pas
de chiens ensauvagés) est permanent et propre à toutes les régions. A partir d’études
menées dans certains départements (74, 05, 38, plus enquête nationale de G. Joncour) avant l’arrivée du loup, on évalue entre 100 000
et 200 000 le nombre de moutons tués tous les ans par des chiens. Soit 15 à 20
000 à l’échelle des Alpes. Cependant, la façon d’estimer l’impact du loup,
comparativement à celui des chiens, est influencée par notre imaginaire,
l’inconscient collectif et notre relation à la nature. L’exemple des morsures
de chiens est significatif de cette différence d’appréciation : la France
enregistre chaque année, en moyenne, 200 000 cas de morsures de chiens sur les
humains, et il arrive même que des enfants soient tués. On ne met pas à mort
pour autant tous les chiens ! En revanche, quand le loup tue quelques milliers
de moutons (destinés à l’abattoir) sur un total de 9 millions, on demande son
éradication... On n’ose bien sûr imaginer le tollé que produirait une éventuelle
attaque de loup sur un homme !
D’une
manière générale, l’impact des prédateurs sur les troupeaux est négligeable,
comme l’a montré un récent recensement global fait par Kate
Graham, de l’Université de Stirling (Angleterre). Pour plus
d’informations :
http://www.loup.org/spip/Eleveurs-ne-criez-pas-trop-au-loup.html
Autre
chose : La nouvelle Politique Agricole Commune conditionne
désormais le versement des subventions PAC à des normes de respect de
l’environnement et de la biodiversité. Et parmi ces normes figure la directive
92/43/CEE qui protège (entre autres) le loup dans l’Union Européenne.
Est-on
certain que Bruxelles continuera à subventionner (et donc à maintenir en vie)
le pastoralisme si les éleveurs ovins refusent de cohabiter avec le loup ?
Et
avec l’image qu’elle donne d’elle même, à cause des "actions
musclées" et des actes de braconnages de certains, on peut se demander si
la profession d’éleveur va réussir à attirer suffisamment de jeunes pour
prendre la relève ?
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C'est faux. De nombreux exemples dans le
monde entier prouvent le contraire (Italie, Espagne, Europe de l'Est, Nord-Ouest des Etats-Unis, etc).
Dans le Wyoming et le Montana, par exemple, les éleveurs travaillent en
présence de nombreux prédateurs : grizzly, loup, puma, coyote... et obtiennent
d'excellents résultats grâce au gardiennage des troupeaux et aux chiens de
protection. Certes, il faut bien avouer que la cohabitation entre prédateurs et élevages ne va pas sans
incidents et sans difficultés quand même, tout n’y est pas rose (contrairement
à ce que disent certains pro-loups). Mais, cela est
toutefois sans commune mesure avec ce qui se passe en France, surtout en regard
du nombre de loups, bien plus important là-bas. La cohabitation est donc bien
possible, même si elle n’est pas forcément toujours facile !
Depuis 1993, la protection des troupeaux a
grandement évolué en France et a démontré son efficacité ; les attaques sont en
baisse constante sur les troupeaux où la prévention est correctement utilisée.
En Savoie, 72 % des brebis dont la mort est
attribuée au loup sont issues de troupeaux non protégés, 4 % seulement sont
issues de troupeaux bien protégés (étude DDAF 2004). Rappelons que la
protection des troupeaux est prise en charge au moins à 80 % par l'Etat et
l'Europe (chiens patous, bergers et aides-bergers, clôtures électrifiées - voir détail des
aides dans la La voie du Loup n° 19 ) et
que le gardiennage permet non seulement d'éviter les attaques des prédateurs
mais aussi de lutter contre le surpâturage (lire à ce sujet " 12 questions
clés sur le pastoralisme " paru dans la V.L. n° 7)
et de réaliser un meilleur suivi sanitaire des brebis.
Et la
mise en place des protections - grâce au retour du loup - réduit également les dégâts
occasionnés par les chiens errants/divagants, dégâts qui, rappelons-le, sont
plus important (rappel : 15 à 20 000 victimes à l’échelle des Alpes
avant le retour du loup.)
On peut aussi remarquer autre
chose : Les paysans du Moyen Âge arrivaient parfaitement à préserver leurs
troupeaux du loup !
Alors qu’ils n’avaient quasiment
pas d’armes (seul les nobles avaient le droit d’en posséder), que les loups
étaient très nombreux (estimations allant jusqu’à 15 000 individus en France à
cette époque) et que leur éradication, ou même leur régulation, n’était pas
envisageable à ce moment là.
Comment faisaient-ils ? Et bien ils protégeaient leurs troupeaux : gardiennage permanent,
chiens de protection (et c’est justement pour cela que ces races de chiens, pas
loin de 50, furent créées) ou autres animaux de protection (ânes par exemples).
Si eux parvenaient à maintenir
leurs fragiles élevages avec leurs si faibles moyens, pourquoi ne le pourrions
nous plus aujourd’hui avec tout ce dont nous disposons (méthodes de protection
moderne comme les parcs électrifiés, aides-bergers
bénévoles, subventions, aides à la protection, indemnisations…
) ?
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Sur les massifs où
le loup est installé depuis plusieurs années, les attaques n'augmentent pas, au
contraire. Elles augmentent globalement, à l'échelle des Alpes, car le loup
étend son territoire, touchant du même coup des troupeaux qui ne sont pas encore
protégés. Et il faut un certain temps pour la mise en place de la prévention :
son acceptation par les éleveurs d'abord, puis l'introduction de chiens de
protection dans les troupeaux et leur éducation.
C’est pour cette raison qu’il
est capital que les autorités françaises anticipent le retour du loup sur de
nouveaux territoires. Mais malheureusement cela ne semble pas être le cas, et
l’on attend que le loup fasse des dégâts avant de commencer à envisager des
mesures de protections (c’est un problème bien connu dans notre pays : On
attend qu’il y ait le feu pour inventer les pompiers !)
Et cela finit par produire des situations
telles que celle vue dans le Valdaine (Isère) durant
le printemps et l'été 2005, où un loup a tué des bovins dans des troupeaux sans
aucune protection. Et cela s’est terminé par la mort de ce loup, abattu par l’ONCFS le 2 septembre 2005, en violation flagrante avec les
textes internationaux qui protègent cette espèce (et donc avec les risques de
sanctions que cela implique pour notre pays, voir plus bas).
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On se demande alors pourquoi ces chiens de
protection sont utilisés avec succès dans le monde entier ! Un patou mis en place dans de bonnes conditions au sein d'un
troupeau ne pose pas de problème et ne s'attaque pas à la faune sauvage s'il
est nourri correctement (pourquoi ne parle-t-on jamais de l'impact des chiens
de conduite sur la faune ?). Deux études menées dans le Mercantour et dans le
Queyras ont démontré que ces chiens sont bien acceptés par les randonneurs. Il
n'en demeure pas moins que certains touristes doivent apprendre les règles
élémentaires de bonne conduite et éviter de traverser et de déranger les troupeaux.
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Certes, c'est une charge de travail
supplémentaire, mais qui bénéficie des mesures d'accompagnement déjà citées.
Chaque métier a ses propres contraintes et doit s'adapter à l'évolution de la
société. Cela dit, la présence du loup permet aussi de revaloriser le métier de
berger (dont plus grand monde ne se souciait avant le retour du prédateur) et
de créer de nouveaux emplois (de bergers et d'aides-bergers nécessaire pour
garder les troupeaux). De nombreux abris pastoraux et cabanes d'alpages,
jusqu'alors en ruine, sont aujourd'hui remis en état sur des fonds publics grâce
au retour du loup, permettant ainsi aux bergers d'être logés plus correctement.
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La protection de la nature a un prix, comme
tout autre chose.
Pour
2004, Le coût total
du loup est estimé à environ 3.3 millions d’euros (d’après les éleveurs
eux-mêmes). Ce chiffre est certes en augmentation, mais il représente à peine 0,06
€ par habitant et par an.
A comparer, par exemple, au coût du
traitement des maladies de l'élevage, de 46 millions d’euros en 2004 (soit
presque 14 fois plus). A titre de comparaison également, le coût de
gestion de nos ordures ménagères est de 30 à 75 € (selon les sites) par
an et par habitant (soit 580 à 1250 fois plus !).
Par ailleurs, les productions agricoles
(majoritairement les céréaliers) bénéficient chaque année de plus de 11
milliards € de soutien. Alors, trop cher, le loup ?
D’après l’Association de Protection des
Animaux Sauvage (ASPAS), l’abattage de deux loups par les agents ONCFS en 2004
aurait coûté 500 000 euros (salaires journaliers des agents, multipliés
par le nombre de fonctionnaires mobilisés et le nombre total de jours de traque),
soit autant que les indemnisations versées pour les dégâts commis la même année
par tout les autres loups français !
De l’argent qu’il aurait mieux fallut
investir dans les mesures de protections des troupeaux !
D’autre part, il ne faut pas oublier que le
loup est protégé par des textes internationaux que la France a signés, comme la
célèbre convention de Berne, mais aussi (et surtout) la directive européenne
92/43/CEE (plus connue sous le nom de "directive Habitats"). La
France se doit de respecter ces textes qui imposent des obligations de
résultats, sous peine de sanctions.
Et ce genre de sanctions peuvent être lourdes !
Regardez par exemple la récente
condamnation de la France pour non-respect de la réglementation sur la pêche :
Amende de 20 millions d’euros, plus astreinte de 57 millions par semestre !
Et cela aurait put
être bien pire, car la Commission européenne avait réclamé une astreinte
couvrant une période allant de 1991 (date d’une première condamnation de la
France pour la même infraction) à 2005. Si cette demande était devenue
effective, et compte tenu de la durée de cette période, la facture pour notre
pays se serait alors élevée à… 2,6 milliards d’euros !!! (oui,
vous avez bien lu, c’est "milliards d’euros" qu’il y a d’écrit !)
Heureusement (pour les contribuables français) l’avocat général de la Cour de
Justice Européenne n’a pas suivi cette demande.
On se rend compte alors des risques
financiers considérables (et qui seront payés par tout les français) que nos
dirigeants prennent juste pour satisfaire quelques lobbies minoritaires !
Et la Commission européenne a justement
initié une procédure d’infractions contre la France, à propos du plan loup,
après avoir donné un avertissement en 2004.
Dans ces conditions, nos loups
risquent donc de nous coûter beaucoup plus chers morts que vivants !
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Impossible. Le loup est un animal
territorial qui occupe de vastes espaces : 200 à 250 km2.
Dans une meute vivant à l’état sauvage seul
le couple dominant se reproduit, une seule fois par an au maximum, et moins de
la moitié des jeunes parviennent à l’âge adulte*.
Le loup est capable de pratiquer l’auto-régulation de
ses effectifs et d’ajuster sa reproduction aux proies disponibles.
Un super-prédateur
ne prolifère jamais, sans quoi il mettrait en danger ses populations-proies
et donc lui-même. La nature est parfaitement bien faite, cela fait des milliards
d’années qu’elle fonctionne comme cela !
* : Bien évidemment, il en va autrement
pour les loups vivant en captivités, qui eux ne connaissent pas la faim et n’ont
pas à chasser. Il ne faudrait donc pas confondre les taux de reproduction des
loups captifs avec ceux de leurs frères sauvages.
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Dans des conditions naturelles, le loup ne
tue que les animaux nécessaires à son alimentation et à celle de sa meute. La
capture d’une proie ne réussit qu’une fois sur dix et il n’a pas d’énergie à
perdre pour tuer plus que de besoin. Mais des cas exceptionnels d’over-killing (selon le terme scientifique) peuvent se
produire sur des proies domestiques : le loup choisit ses proies en fonction de
critères bien précis, de manière à avoir le plus de chances de réussite
possible. Sur une harde de chamois par exemple, il choisira celui présentant
les caractéristiques de la proie idéale (animal affaibli, blessé ou âgé, bref
dont les moyens de défense et de fuite sont amoindris).
Le problème peut se poser (comme
à tout autre prédateur) quand le loup a en face de lui quantité de proies
potentielles présentant toutes les caractéristiques de la proie idéale. La
prédation peut alors dépasser les besoins alimentaires.
Il y a aussi le fait que le loup
a été "programmé" - par la sélection naturelle - pour
chasser des proies qui ont développé une stratégie de défense (fuite et
dispersion) radicalement différente de celle des moutons (regroupement) [b].
Au final donc, le loup peut ainsi se
retrouver dans une situation qui - pour lui - est totalement
anormale, et se trouve pris au piège par ses instincts qui assurent normalement
sa survie. Et il fait alors un peut "n’importe quoi", exactement
comme cela peut nous arriver à nous aussi si nous sommes confrontés à une
situation inattendue (comme le montre les trop nombreux exemples de paniques
dans des foules denses).
Le loup n'est pas vraiment
responsable des carnages qu'il commet, et il est donc nécessaire d'instaurer
des systèmes de préventions qui cassent ce comportement d’over-killing,
afin de limiter les dégâts
Ce phénomène est tout de même
assez rare, comme en témoignent les statistiques effectuées dans le Mercantour,
à partir des attaques sur les troupeaux domestiques :
49 % des attaques tuent 1 à 2
brebis. 25 % des attaques tuent entre 3 et 4 brebis. Seules 26 % des attaques
ont occasionné la mort de plus de 4 brebis. (Source : rapport LIFE-Loup de février 99).
Cela est confirmé par des études
récentes menées en Italie et en France : 2 à 3 brebis en moyenne sont tuées
lors d’une attaque de loups ; tandis que les chiens provoquent la mort de
10 brebis en moyenne par attaque.
Il y a aussi le cas des
"dérochements", c'est-à-dire d’un groupe d’ovin (voire d’un troupeau
entier) qui, pris de paniques, finit par tomber d’un falaise, ce qui peut
entraîner la mort d’un grand nombre d’animaux. Mais là encore cela peut être
évité avec les mesures de prévention adaptés (et le loup n’est pas le seul qui
puisse provoquer un dérochement : chiens errants/divagants, orages, ou même
engins volants à basse altitude, peuvent également faire paniquer un troupeau à
proximité d’un falaise).
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Cet argument hypocrite vise d'abord à faire
oublier que la majorité des brebis sont élevées pour leur viande et sont donc
destinées à l'abattoir.
Une brebis tuée par un loup va connaître
quelques secondes d'effroi et mourir très rapidement sur la pâture où elle
vivait. Les 6 millions de moutons (brebis, agneaux) tués chaque année dans les
abattoirs subissent le stress du transport et de l'attente une fois sur place
dans une ambiance et des odeurs sans équivoque et dans des conditions
d'abattage souvent fort discutables.
Il ne faut pas oublier non plus qu’il y
aussi des attaques de chiens divagants/errants, et qui peuvent être
particulièrement cruelle, les chiens n’étant pas aussi
"professionnels" que les loups.
Autre chose, il vous est sûrement arrivé de
voir, dans les médias, des éleveurs exhibant des bêtes gravement blessées et
agonisantes, en affirmant que celles-ci furent massacrées par le loup. S’en
suit alors toute une série de complaintes « c’est horrible, elles
souffrent énormément ! » « nous on aime
nos brebis, et voyez ce que le loup en fait ! », ou quelque chose dans le
genre. Alors (outre le fait qu’il faudrait déjà savoir si c’est bien le loup le
coupable, et pas des chiens) on peut se poser la question : Dans pareil cas, si
les éleveurs aiment leurs bêtes autant qu’ils le disent, pourquoi ne les
ont-ils pas fait soigner, ou bien ne les ont-ils pas achevées rapidement, afin
d’abréger leurs souffrances, au lieu des les laisser endurer un martyre juste
pour les montrer en l’état aux caméras et aux appareils photos des
journalistes ?
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Les prairies naturelles d'altitude
existeraient même sans pâturage, elles ne peuvent ni " s'embroussailler ",
ni " se fermer ". Quant à la limitation des risques
d'incendie, cela ne concerne que les zones méditerranéennes desquelles le loup
est absent ! Les troupeaux non gardés et sans plan de gestion pastorale
sont au contraire un fléau pour la biodiversité : Dégâts importants sur les
fragiles milieux naturels d'altitude, érosion, perte de la richesse floristique
et par contre coup entomologique, concurrence avec les ongulés sauvages et
risque de transmission de maladies à ces derniers (Cf. V.L. n° 7). À
rajouter également que les excréments des brebis, quand elles sont trop
nombreuses et mal conduites (suite à l’absence de berger), brûlent les sols et
polluent les eaux souterraines et les sources de montagnes, naguère réputées
pour leur pureté.
Seul un plan de pâturage intégrant une
approche agri-environnementale peut permettre de
contrôler l'impact des ovins.
Le
retour du loup est donc l’occasion de réformer le pastoralisme actuel, et de le
faire évoluer, afin de l’adapter aux exigences environnementales d’aujourd’hui
et de demain (et de la nouvelle Politique Agricole Commune).
On
peut également faire la remarque suivante : La nature se débrouillait bien
tout seule avant que l’homme ne la modifie ! (Et elle continue à
fonctionner parfaitement bien là où l’homme ne l’a pas encore touché)
Certes,
cela ne veut pas dire que l’ont doit forcément laisser notre nature revenir à
un état "préhistoire" ! Mais d’un autre coté cela veut dire que
les modifications apportées par l’homme ne sont pas toujours positives, et que
parfois il peut être nécessaire de ré-abandonner la
nature à elle-même.
L’exemple
du retour du loup dans le parc américain de Yellowstone le prouve !
Certains
anti-loups prétendent que l’action de l’homme, et en particulier le
pastoralisme, a crée une biodiversité exceptionnelle en montagne, et que le
retour du loup vient détruire cet équilibre.
Mais
il ne faudrait pas confondre la vraie biodiversité - celle qui est
naturelle - avec la simple présence artificielle d’espèces qui ont
profitées des changements imposés par l’homme, et qui ont ainsi colonisées des
territoires qui ne sont normalement pas les leurs !
L'équilibre
dont parlent ces anti-loups n'est que pure fiction, il n'est que bon équilibre
pour l'homme car cela lui permet d'avoir une main sur la nature, il permet de
donner l'illusion de la contrôler... Mais le retour du loup montre bien que la
nature ne se contrôle pas et ne se dirige pas comme on le voudrait, et cela
vexe ceux qui pensaient pouvoir tout contrôler, tout ordonner, etc. Avec le
retour du loup, la nature essaye de rétablir un véritable équilibre qui n'a pas
une allure purement esthétique comme le voudrait l'homme : la nature n'est
peut être pas toujours belle (du moins pas comme on le voudrait, avec nos yeux
d’humains), mais ce n’est pas là ça vocation, ni ce qui est nécessaire pour les
générations futures. La nature redevient ce qu'elle était, et ça c'est le
meilleur pour elle… et pour nos enfants.
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Le désarroi lié aux difficultés
économiques, au chômage, aux délocalisations ou à la fracture sociale frappe
indifféremment les urbains, rurbains, ruraux ou semi-ruraux.
Les éleveurs sont loin d’être les seules victimes de la mondialisation de
l’économie, et d’autres professions n’ont bénéficié d’aucune aide de la part
des pouvoirs publics.
De très nombreux employés ont ainsi vu leurs
conditions de travail bouleversées, voir même ont dû changer de métier, avec
parfois d’important sacrifices (abandon des 35 heures, jours fériés supprimés,
baisse du pouvoir d’achat, mobilité géographique… sans parler de la précarité).
Et eux, ainsi que les syndicats qui les
défendent, ils n’accusent pas une espèce menacée et protégée qui leur sert de
bouc émissaire, mais ils s’en prennent aux vrais responsables de leurs
problèmes : le libéralisme et la mondialisation ! Et ils luttent
contre ces vraies causes.
Même chose pour certains agriculteurs, comme
les producteurs de fruits et légumes, ou les viticulteurs par exemple (même si
leur méthodes sont parfois discutables).
Certains éleveurs ovins feraient bien de
prendre exemple sur eux, au lieu de tirer sur le loup (au sens propre comme au
sens figuré). Car, pendant qu’ils perdent leur temps et gaspillent leur énergie
à manifester, à demander la mort de cet animal, voir à organiser des battues
illégales… le marché français est envahit par la viande de mouton étrangère à
prix cassé. Et ça, ce ne sont pas les tirs et les empoisonnements de loups qui
pourront l’arrêter !
Et pour couper cours à l’affirmation selon
laquelle seul les citadins sont des partisans du loup, il faut rappeler qu’un
récent sondage montre que 87 % des français sont pour le loup, comme cela a été
dit dans l’introduction de ce plaidoyer.
De plus, de nombreuses personnes
favorables à la présence du loup habitent effectivement le massif alpin.
Le fameux « écolo urbain » peut
aujourd’hui être clairement qualifié de cliché, utilisé à outrance comme
argument à l’encontre des protecteurs du loup.
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Le retour naturel est prouvé par les
analyses génétiques et par l'étude des mouvements de population des loups
italiens. Les loups présents en France ne sont pas arrivés directement des
Abruzzes puisque, depuis plus de 20 ans, on constate une expansion territoriale
du loup en Italie. A partir du noyau des Abruzzes (sud de Rome), l'espèce a
progressivement recolonisé ses anciens territoires, vers le nord et vers le sud
de l'Italie, arrivant ainsi dans les Alpes-Maritimes. Ce phénomène de retour
naturel n'est pas propre à la France, il se produit aussi en Suisse (à partir
de l'Italie) ou en Allemagne, à partir des loups présents en Pologne. Le loup
est également capable de parcourir d'énormes distances et il n'est pas rare que
70 km soient couverts en 24 h !
Les fleuves et les autoroutes ne constituent
pas un obstacle pour les loups, même si certains y laissent leurs vies.
Cette rumeur de réintroduction
fut semble-t-il créée (ou du moins sciemment propagée et entretenue) par les
ennemies du loup, lesquels - en ayant lu un peu trop vite les textes de la
convention de Berne et de la directive Habitats - ont cru que des loups
réintroduits frauduleusement ne seraient alors pas protégés et pouvaient donc
être éradiqués sans problème. Ce qui est de toutes façons faux : Le loup
est protégé car il s’agit d’une espèce indigène (c’est à dire qui existait
naturellement sur le territoire concerné et qui en a disparu pour des raisons
non naturelles), seul les individus en captivité ne sont pas protégés
par ces textes.
Une commission d’enquête
parlementaire a essayé de trouver des preuves de cette soi-disante
réintroduction... sans succès !
Il faut dire que le mode de
colonisation du loup peut induire des soupçons de part sa nature. En effet, celui-ci
s’effectue « en taches de guépard » ou « par patchs »,
c’est-à-dire celui d’une population qui s’étend progressivement en colonisant
de nouvelles régions isolées, même très lointaines les unes des autres. L’existence
de "blancs" (où le loup est absent bien que toutes les conditions nécessaires
pour sa présence semblent réunies) entre ces régions peut faire pensez que
cette re-colonisation n’est pas naturelle, alors que ce n’est pas le cas.
Les lois de la nature ne suivent
par toujours la logique humaine !
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Qu’adviendrait-il si chaque pays disait la même
chose ???
Par ailleurs, nos responsabilités face aux dangers qui pèsent sur la
biodiversité imposent de protéger toutes les espèces, même celles qui ne sont
pas en danger immédiat d’extinction.
La population mondiale de loups
est estimée à 200 000 - 300 000 individus… C’est deux à trois fois moins
que les éléphants d’Afrique ! Hors, l’éléphant est toujours considéré
comme une espèce menacée ! (Même s’il est vrai que la fécondité
potentielle de l’éléphant est nettement inférieure à celle du loup. Mais d’un
autre coté, les éléphants vivent dans des pays qui ne disposent pas des même
moyens que nous pour protéger leurs faunes)
De plus, les populations actuelles de loups
en Europe sont isolées les unes des autres, et qui dit isolement dit risque de
faible diversité et d'appauvrissement génétique, ce qui peut rendre ces
populations vulnérables à long terme. Ce n'est que lorsqu'il y aura à nouveau
des échanges naturels entre ces populations que l'on pourra (éventuellement)
considérer que le loup n'est plus une espèce menacée en Europe. Et comme la
France se trouve au carrefour entre les loups d'Espagne, ceux d'Italie, et ceux
de l'Europe de l'Est, nous avons donc une lourde responsabilité envers nos
voisins qui ont su préserver leurs loups (et en particulier nos amis italiens
qui ont fait beaucoup d'efforts pour sauver les leurs, et qui d'ailleurs
n'apprécieraient peut être pas de voir le fruit de leur travail être détruit
dés qu'il met les pattes sur notre territoire !)
Et quand bien même le loup ne serait pas une
espèce menacée ce ne serait pas une raison pour l’éradiquer, alors qu’il est
possible de cohabiter avec elle. Comme cela a déjà été dit plus tôt, il est
temps que notre société sache laisser sa place à la faune sauvage.
Et enfin, la France se doit de montrer
l’exemple, elle qui donne des leçons pour la préservation de la biodiversité,
parfois à des peuples bien moins riches que nous ! Avant de s’occuper de
la paille qui est dans l’œil de son voisin, il vaut mieux s’occuper de la bûche
qui est dans le sien !
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Qui a dit que le loup ne doit vivre qu’en montagne ?
À l’origine (c’est à dire avant que l’homme ne réduise dramatiquement sa
répartition mondiale), il vivait dans de nombreux milieux : montagnes,
forêts, taïgas, toundras, prairies, steppes, et même déserts. Et ce de l’Alaska
au Japon, en passant par le Mexique, la Sibérie, l’Inde, le Groenland,
l’Arabie, la Chine et même l’Egypte (dans le Sinaï).
En descendant des montagnes le loup ne fait
que recouvrer ses anciens territoires, rien de plus !
En Espagne, dans la région autour le Leon par exemple, on a put voir
des loups vivrent - en plaine - dans une province agricole moderne,
au milieu des élevages et des champs de maïs !
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Le loup est un animal opportuniste, il s’en
prendra à tout animal laissé sans surveillance et sans protection. Dans l’Ouest
américain, ce sont essentiellement des troupeaux de bovins qui doivent
cohabiter avec les loups. Et - malgré quelques inévitables
problèmes - les éleveurs US protègent avec succès leurs troupeaux.
Il y existe même un label garantissant, aux
consommateurs achetant la viande, que l’éleveur s’engage à cohabiter
pacifiquement avec le loup :
http://www.loup-ours-berger.org/2005/10/boeuf_pays_loup.html (un exemple à suivre pour notre pays)
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Ça vous plairez d'être jeté en
prison sous prétexte que, soi-disant, vous dérangez d'autres personnes qui ne
veulent pas faire un effort d'adaptation et de tolérance ??
Le loup a le droit de vivre
libre, tout comme nous ! Et comme la cohabitation est possible
- pour peu qu’on s’en donne la peine - il n’y a donc pas de raison
d’enfermer les loups.
Qu’un loup soit mis dans un parc
ou qu’il soit tué, cela ne fait aucune différence : il est retiré du milieu
naturel, ce qui peut mettre en danger l’espèce à l’état sauvage. D’autre part,
l’expérience montre que des individus sauvages et adultes, capturés puis mis dans
des parcs, finissent par en mourir… de stress.
De plus, cela n’est pas conforme aux textes
internationaux que la France a signés, avec les risques de sanctions déjà
citées.
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Impossible !
Le loup est un animal qui se déplace énormément ( record
prouvé : 190 Km en 24 h ! ) et qui ignore les frontières et les
limites humaines (comme tous les animaux sauvages)
Il ne serait donc pas envisageable de limiter la présence des loups à
certaines zones, à moins de défigurer nos montagnes (et plus tard nos plaines)
avec de gigantesques barrières hermétiques (et dont les coûts de construction
et d’entretient seraient astronomiques, sans parler des conséquences sur le
reste de la faune sauvage, la circulation humaine, etc.). Ou alors cela veut
dire qu’il faudra détruire systématiquement tous les loups dans les zones où
ils sont considérés comme indésirables.
Dans l’état actuel de la population française de loup, et compte tenu du
fait que quasiment toutes les zones de présence du loup sont également des
régions d’élevages extensifs, toute tentative de mise en place d’un tel zonage
risque fort de mener à la disparition de cette espèce de notre pays… pour la
seconde fois en moins d’un siècle !
Et surtout - comme l’enfermement des loups dans des parcs qui a été
évoqué ci-dessus - cela n’est pas conforme aux textes internationaux que
la France a signés. La protection du loup s’impose sur la totalité du
territoire français, sans exception possible !
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Faux ! Le loup est encore
en phase de re-colonisation dans notre pays, son retour reste fragile. Et les
loups sont encore trop peu nombreux.
D’après Rasmus
Hansson, du WWF Norvège, « une population [de loups]
génétiquement en bonne santé devrait compter au moins 800 individus » …
« ce n’est pas une suggestion, juste un fait biologique. »
En France, le nombre de loups ne
dépasse pas une centaine ! (Et même les chiffres abracadabrants de 200
individus ou plus, avancés par certains anti-loups, seraient encore loin du
compte pour une population viable)
Toute tentative de véritable
régulation, ou bien de rendre l’espèce "chassable", risque, là
encore, de faire disparaître le loup de notre pays pour la seconde fois en
moins d’un siècle !
Rappelons que l’Espagne abrite
2000 à 2500 loups ! Cette population est bien portante et est à même de
supporter la chasse et la régulation qu’y s’y pratique. En France on en est
loin, avec nos 80 à 100 loups !
Et encore une fois, cela n’est
pas conforme aux textes internationaux que la France a signés !
En effet, des réserves sur la
protection du loup pouvaient être émises au moment de la signature de ses
textes*, ce qu’a fait l’Espagne, compte
tenu du fait qu’elle abritait déjà une importante population de loup. La France
n’a pas jugé utile de le faire, et maintenant il est trop tard pour revenir en
arrière, car ces réserves ne peuvent être faites qu’au moment de la signature,
et pas après. (Mais toutefois, en Espagne, et dans les autres pays qui on émis
des réserves identiques, les loups bénéficient quand même d’une
protection : si leur régulation est éventuellement autorisée, en revanche
leur éradication totale, ou même leur chasse en tant que gibier ordinaire, sont
formellement interdites)
* : 1979 pour la convention de Berne et 1992 pour la
directive "Habitats".
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Le loup attaquera forcément un
troupeau si celui-ci est sans protection. Compte tenu que la population de
loups reste fragile, cela pourrait avoir de graves conséquences si à chaque
fois ils se font abattre lors d’attaques (ou s’ils viennent simplement observer
le troupeau). C’est la prévention qui doit être mise en place en premier, pas
la répression !
De toutes façons, une étude menée
par le professeur Marco Musiani, de l’Université de
Calgary, a démontré que tuer les loups qui s’en prennent au bétail n’est pas la
solution : les animaux ainsi abattus sont simplement remplacés par d’autres,
et le problème recommence ( http://www.loup.org/spip/Tuer-des-loups-n-est-pas-la.html
)
Et, au risque de me répéter, et
comme pour les trois affirmations précédentes, cela n’est pas conforme aux textes internationaux que la France a
signés, avec les risques de sanctions déjà citées.
De plus, rappelez-vous que
désormais les éleveurs doivent respecter certaines normes parmi lesquelles figure
la protection du loup. Ceux qui se font justice eux même risqueraient de
perdrent leurs subventions PAC ! (Et avec peut-être des conséquences graves
pour l’ensemble de la filière ovine, par la faute de quelques-uns)
Les vraies solutions passent par
les mesures de protections adaptées aux différentes situations et correctement
mises en place.
A oui, petite précision
sémantique : Les termes « légitime défense » et
« autodéfense », qu’emploient parfois les anti-loups, ne s’appliquent
qu’au cas où c’est sa propre vie que l’on défend, et non pas des biens
matériels qui nous appartiennent ou qui sont sous notre garde, comme par
exemple un troupeau de moutons (même si le terme "biens matériels" n’est
pas très approprié dans le cas d’être vivants).
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Dans ce cas, pourquoi l’Italie
a-t-elle signée ces mêmes textes sans réserves, alors qu’à l’époque elle avait
déjà beaucoup de loups sur son territoire ?
Les Italiens sont-ils idiots à
ce point ? Il faut dire qu’ils avaient déjà fait du loup une espèce
protégée (dés 1976) sans attendre la réglementation européenne !
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Il existe également des critiques faites par certains chasseurs, à
propos du gibier.
En fait, suite au retour du
loup, ces ongulés retrouvent leurs instincts naturels, ce qui provoque
l'éclatement des grands troupeaux, et les rend également plus farouches, plus
sauvages, ce qui au final les rend plus difficiles à observer (et à chasser).
Cela donne donc l’impression que leurs effectifs ont fortement diminués, voire
ont disparu, alors qu’en fait il n’en est rien. [c]
En supposant bien sûr que ces
ongulés n’étaient pas en surpopulation au moment du retour du loup, et que ce
dernier aurait ramené ces populations à un niveau normal. Dans ce cas, il y
aurait bien une baisse d’effectif, mais ce ne serait pas négatif, bien au
contraire.
Seul le mouflon semble avoir
réellement souffert du retour du loup, mais il faut dire que cet herbivore fut
artificiellement introduit dans les Alpes (par les chasseurs, pour servir de
gibier) et que, étant originaire de Corse, il n’est pas très adapté à la vie en
haute montagne (certains biologistes estiment même que la présence de cet
ongulé dans les Alpes est une aberration écologique).
Sinon, comment expliquer que,
avant que l’homme ne l’éradique, le loup n’ait jamais détruit le gibier qu’il
chassait (sans quoi il aurait lui-même disparu), et ce depuis que cette espèce
existe, soit au moins 1.5 millions d’années d’après les fossiles ?
Ce qui voudrait dire que ce
n’est que très récemment que le loup se serait mis à détruire le gibier, comme
par hasard au même moment où les hommes (ou du moins ceux d’entre eux nommés
chasseurs) se sont mis à convoiter ce même gibier, et dont certains avaient
donc tout intérêt à trouver des prétextes pour éliminer la concurrence (ou ce
qu’ils percevaient comme tel)
En réalité, le loup choisit
toujours les proies les plus faciles (c'est pour cette raison qu'il s'en prend
aux troupeaux quand ils ne sont pas protégés).
De fait, en tuant les bêtes les
plus faibles au sein d'une espèce, le loup favorise ainsi les individus les
plus forts, les plus robustes, ce qui améliore la race, contrairement aux
chasseurs qui ont souvent tendance à choisir les plus beaux spécimens.
Et en tuant les animaux malades
(qui sont affaiblis, et par conséquent plus facile à capturer qu’un animal
sain), le loup freine la propagation des maladies au sein de la faune sauvage,
dont certaines peuvent être transmissibles au bétail (brucellose, fièvre
aphteuse) et même à l'homme (tuberculose). Les Amérindiens ne s’y étaient d’ailleurs
pas trompé, et le surnommaient « le docteur de la forêt ».
Rappelons également que dans de nombreuses
régions les cultivateurs et sylviculteurs se plaignent des dégâts occasionnés
par des ongulés sauvages en surpopulations, que le loup pourrait très bien
réguler, comme il le faisait du temps où il était encore là !
Et même que dans certains pays la
réintroduction du loup est envisagée pour rétablir les équilibres
naturels ! Comme par exemple dans une réserve naturelle dans la province
du Shaanxi, en Chine du nord-ouest. Pour plus d’informations :
http://ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=557
À noter également que les chiens en
divagation peuvent, là encore, poser problème à la faune sauvage, comme l’on
montré la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) et la
Fédération des chasseurs de l'Isère dans une campagne de sensibilisation du
grand public :
http://www.frapna.org/site/region/communiques-presse.htm#chiens
On voit donc bien que le loup n’est en
aucune manière un destructeur de la faune sauvage !
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Qui a dit que le gibier n’appartenait
qu’aux chasseurs ? Nous devons apprendre à partager !
De plus, si le loup chasse ce
n’est pas pour le plaisir, ni pour le "sport"… c’est pour se
nourrir ! Et surtout cela est son seul moyen de subsistance (ou alors il
sera obligé de s’en prendre aux animaux domestiques, comme cela a déjà été vu
précédemment).
On ne peut pas en dire autant
des chasseurs humains ! (Pour l’Europe en tous cas)
S’il rentre bredouille de sa
chasse, le loup ne peut pas aller faire un petit tour au supermarché, ou bien
aller piocher dans son congélateur, pour pouvoir manger !
Certes, les plans de chasse
doivent être adaptés à la présence du loup (sans quoi nous nous retrouverons
dans la même situation qu’au 19ieme siècle : les loups seront
obligés de s’attaquer aux troupeaux pour pouvoir survivre, et c’est peut être
déjà le cas dans certains secteurs). Mais, comme cela a déjà été dit, il est
temps que notre société sache laisser sa place à la faune sauvage.
Il est probable qu’en fait, les
chasseurs (ou du moins certains d’entre eux) voient dans le retour du loup une
remise en cause de leur rôle dans la régulation des herbivores sauvages, ce
qui, à leurs yeux, les rendrait donc "inutiles" pour la société. Et
peut être aussi que certains sont jaloux qu’un "simple animal"
s’avère plus performant qu’eux pour la gestion du gibier !
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(Argument entendu chez des chasseurs d’autres pays, mais qui
va sûrement arriver en France)
La nature ne fait pas dans la
dentelle !
La mort et la douleur que nous
refusons, nous êtres humains, font partie intégrante des choses de la vie
sauvage.
Il nous est facile de critiquer
les méthodes de chasse du loup (ou d’autres prédateurs), alors que nous n’avons
plus besoin de chasser pour nous nourrir !
De plus, le loup ne dispose pas
d’armes sophistiquées qui peuvent tuer instantanément et à distance. Il n’a que
ses muscles et ses dents (ce qui est déjà pas mal !), et souvent, s’il fait
souffrir sa proie, le loup risque également sa vie en combattant - au corps à
corps - des animaux parfois plus grands
et plus lourds que lui.
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Et enfin, on fait un dernier reproche à la présence de loups, un
"grand classique".
Le loup n’est certes pas un
"gentil toutou à sa mémère", comme certains pro-loups
essayent de le faire croire. C’est un animal sauvage, un prédateur (dans le
vrai sens du terme). Mais même si les cas d’attaques de loup sur l’homme
existent elles demeurent extrêmement rares, et en tout cas beaucoup moins fréquentes que les attaques de chiens sur l’homme, même
proportionnellement au nombre d’animaux.
La plupart de ces attaques sont
dues à la rage - qui n’est pas présente dans les régions actuelles de présence
du loup en France - ou à des animaux qui furent aculés, et ont donc agit en
"légitime défense".
En tous cas, le loup n’est pas
plus dangereux (et peut être même moins) que certains animaux qui sont déjà
abondant dans nos forêts, comme le cerf (dont un des représentants a tué un
chasseur, en Corrèze, en septembre 2005) ou le sanglier.
Si le loup était réellement aussi dangereux
que ce que l’on raconte, comment expliquer que, par exemple, les Indiens
d'Amérique du Nord n'aient jamais eu peur de ce canidé ? Alors qu'ils vivaient
en permanence à proximité de lui, qu'ils disposaient d'abris nettement moins
protecteurs qu'une maison en dur dans le cas d'une hypothétique attaque de
prédateur, et que leurs armes étaient nettement moins performantes que celles
dont dispose l'homme "civilisé" ! Et c'était pourtant des gens très
simples, qui ne s’amusaient pas à lancer toute sorte d’études scientifiques, de
rapports d’experts ou de commissions d’enquêtes pour déterminer si telle ou
telle chose est dangereuse ou pas !
(Tout ceci est écrit au passé, car
malheureusement les Amérindiens furent massacrés, décimés et finalement parqués
dans des réserves, par les colons européens. En fin de compte, ce n’est pas le
loup qu’ils avaient à craindre !)
Et il en est de même pour
d'autres peuplades qui, aujourd'hui encore, ont un mode de vie
"primitif" dans des régions où il y a des loups en nombre, en
Amérique du Nord et en Eurasie.
Ou bien, actuellement et plus
proche de nous, dans le coin le plus sauvage de la Pologne, on a pu voir des
enfants se promener de nuit aux abords des villages, ou se rendre à l’école
très tôt le matin sans se faire de souci. Pourtant, c’est la région du pays la
plus densément peuplée en loups et en ours. [d]
Quant aux légendes et aux
accusations ancestrales portées contre le loup : On a également raconté
beaucoup de choses sur des êtres humains appartenant à certains groupes
ethniques et/ou religieux, qui eux aussi furent accusés des tous les maux, de
tous les crimes, parfois même de manière complètement absurde (par exemple en
les rendant responsable des famines, des épidémies, ou des catastrophes
naturelles !). Et eux aussi furent persécutés, avec des sommets qui furent
atteins durant la seconde guerre mondiale.
Si on a pu raconter de tels
mensonges sur des êtres humains, on a très bien pu le faire également pour des
animaux ! (D’autant plus que ces derniers ne peuvent pas se défendrent par
la parole !)
De plus, durant le Moyen Âge, il
est fort probable que les loups (et sûrement d’autres animaux, y compris des
chiens) se sont nourris de cadavres humains sur les champs de batailles et lors
des épidémies de peste, car à ces moments là les cadavres n’étaient pas ou peu
enterrés. Cela a dû très certainement marquer les habitants de l’époque, très
religieux, et pour qui le corps humain était comme sacré. Ceci étant combiné,
d’une part, à la diabolisation du loup par l’église de l’époque, et, d’autre
par, aux cas de loups enragés (qui étaient doublements effrayants à cause du
fait que les personnes mordues contractaient elles aussi la rage, mortelle à 100 % à l’époque du fait de
l’absence de traitement), il est alors facile de comprendre que Canis lupus soit apparu comme une créature
monstrueuse.
Et vous ne trouvez pas bizarre que le loup
ait acquit sa mauvaise réputation seulement au Moyen Âge, et pas avant ?
Comme s'il se montrait pacifique du temps des romains et des gaulois, et que
tout d'un coup il se soit mit à manger les hommes !!
Et comme par hasard encore, dans les régions
où les loups ont toujours été présents, les méfaits qui leurs sont imputés
semblent avoir mystérieusement disparu avec l’apparition des registres d’états
civil et le début des enquêtes policières systématiques pour chaque mort
d’homme. Etrange n’est-ce pas ? De là à dire qu’auparavant de nombreux
crimes - commis par des hommes - étaient maquillés en victimes du
loup… il n’y a qu’un pas !
Remarques importantes : aux Etats Unis, il y a eu beaucoup d'accidents
provoqués par des loups "apprivoisés" (ou des hybrides loup/chien)
que certaines personnes, quelque peu inconscientes, prennent chez elles comme
"animal de compagnie". A ne pas confondre avec les loups sauvages !
Et on relate également des cas d’attaques de loups sauvages sur l’homme
en Amérique du Nord (dont un qui fut malheureusement mortel en novembre 2005).
Mais il s’avère que, en fait, ces loups avaient été au préalable nourris par des
hommes, qui ainsi les incitaient à s’approcher d’eux ! (Parfois pour
pouvoir les prendre en photo de près !) Ceci les a donc anormalement
familiarisé avec la présence humaine et a finit par annihiler leur peur de
l’homme... jusqu’a ce qu’un accident se produise lorsque leurs instincts de
prédateur furent confrontés à cette situation totalement aberrante. Et des incidents
semblables (mêmes causes, mêmes effets) se sont produits avec d’autres espèces,
et pas seulement des carnivores.
On ne joue pas aux apprentis sorciers avec des animaux sauvages !
En France, depuis le retour du
loup, il y a déjà eu une prétendue attaque de loup sur l’homme : en août 2001,
un berger des Alpes maritimes, monsieur Aimé Ségur, a affirmé avoir été attaqué
par une louve et ses louveteaux, et avait déposé plainte ! (pour plus d’informations : http://www.loup.org/spip/article50.html
).
Mais cela c’est avéré faux, et
le Parquet de Nice a classé l’affaire sans suite. « Compte tenu des
connaissances scientifiques comportementales des loups, des incohérences
relevées entre les déclarations de la victime et les constatations des
enquêteurs, la relation des faits, telle que rapportée par le plaignant, n’a pu
être confirmée » avait indiqué le vice-procureur
Gérard Dubès, et les analyses des poils trouvé sur
monsieur Ségur ont démontré qu’il s’agissait en fait de poils de chiens et de
chats.
Il est probable que d’autres
affaires comme celle là éclateront un jour ou l’autre. Et quand bien même
l’attaque serait confirmée, il ne faudra pas oublier qu’il est facile de
confondre un loup avec certaines races de chiens, ou qu’un loup peut très bien
dévorer le cadavre d’un homme qui est déjà mort pour d’autres raisons ! Sans
parler du cas d’un loup en "légitime défense".
De nombreux biologistes ont approché - pour les étudier -
des loups sauvages, parfois de très près… et ils en sont revenus vivants !
Dans les années 1980, le biologiste David Mech et le cinéaste & photographe Jim Brandenburg sont partis filmer une meute de loups sur l’île
d'Ellesmere, dans l’extrême Nord canadien. Les loups qu’ils ont rencontrés - bien que totalement sauvages - n’avaient absolument pas peur de l’homme,
car ils ne furent jamais chassés, et peut-être même qu’ils n’avaient jamais vu
d’êtres humains auparavant ! Pourtant, et bien qu’ayant installé leur campement
à proximité de la tanière des loups, à aucun moment David et Jim ne furent
inquiétés. Ils finirent même pas établir une sorte de relation de confiance avec
les loups, et finalement Jim Brandenburg parvint à
pénétrer dans la tanière, et à approcher (et filmer) les louveteaux âgés de
quelques semaines, sans que la mère ne l’agresse !
Probablement le plus
extraordinaire marque de confiance qu’un animal sauvage puisse donner !
Cette confiance faite à un homme par un
loup, n’est-elle pas une réponse d’une amère ironie à la méfiance, à la
crainte, et à la haine dans lesquelles l’homme a depuis toujours tenu les
loups ?
Pouvons nous faire confiance au loup autant
que ce dernier l’a fait pour Jim ? Ou au moins le laisser vivre en paix ?
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Il en a toujours été ainsi ! Avant son
éradication, le loup était un animal commun partout en France, y compris dans
des régions urbanisées.
Le loup est un animal adaptable qui peut
tolérer la présence de l’homme à proximité de lui, malgré la peur instinctive
qu’il lui inspire.
Un exemple parmi d’autres, en Espagne, dans
la région autour le Leon (la même que celle citée
précédemment*), on a put voir toute une
meute de loups installer sa tanière à quelques centaines de mètres seulement
d’un village, ce dernier étant même visible depuis cette tanière ! Mis au
courant de cela, les habitants de ce village n’en furent aucunement émus, et
prirent la chose avec la plus grande philosophie. Pour eux, le loup est un
animal sauvage comme un autre !
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Non, j’aurais trop peur qu’il se fasse
enlever par un pédophile !
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Le loup a bien ça place dans notre
pays, quoi qu’en disent certains.
Cela est de toute façon
inévitable, compte tenu de l’évolution de notre environnement.
Cela étant dit, il ne faudrait pas mettre tous les
chasseurs et tous les éleveurs dans le même sac. Un certain nombre de chasseurs
sont "écologiquement responsables" et sont prêts à tolérer le loup.
Un certain nombre d’éleveurs et de bergers sont prêts à cohabiter avec le loup
(même s’ils ne l’aiment pas, ce qui est tout à fait normal) et acceptent de
jouer le jeu et de mettre en place sérieusement les mesures de protection
adéquates sur leurs troupeaux.
Il ne faudrait pas que ceux là
payent pour les autres !
Et ne pas oublier non plus que nos
dirigeants ont une lourde part de responsabilité pour
avoir laissé "pourrir" la situation.
Et je terminerais par cette citation, de Robert Hainard
* :
" Il faut sauver les
espèces animales en danger ! Non pas parce que nous avons besoin d’elles,
mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines
nécessaires pour les sauver. Et ce seront ces qualités là dont nous aurons
besoin pour nous sauver nous-mêmes. "
Je pense que cela est parfaitement vrai.
Le loup est le symbole des erreurs commises par l’homme, et il doit
devenir le symbole de ce que l’homme peut faire de bien.
Si nous ne sommes pas capables de cohabiter avec le loup, si nous ne
sommes pas capables de partager notre espace vital avec d’autres formes de vie,
alors notre avenir est bien sombre !
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Dernière révision de ce document : le 15 octobre 2006.
(Liste non exhaustive)
« Le loup à la loupe »,
publié par France Nature Environnement dans « La voix du loup »
n°20 (août 2005) :
http://www.fne.asso.fr/PA/loup/dos/dossiers_argumentaire.htm
« Le loup », de Jean Marc Landry ; éditions Delachaux et Niestlé ;
ISBN : 2-603-01215-0.
Et entre autre : [a] : page 191 ;
[b] : page 106 ;
[c] : page 161 ;
[d] : page 168.
Le numéro spécial « La
cohabitation hommes/grands prédateurs en France (ours et loups) » de
la revue « Recherches Naturalistes en Région Centre », de
décembre 2004 :
http://www.ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=279
ALPES magazine n°97.
http://www.milanpresse.com/magazine.asp?id=Cible2Titre21&var=Alpes%20magazine
L’article « Pêche : la
France lourdement condamnée par Bruxelles » de Véronique Smée :
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=93034
Notes sur le colloque « Le loup et
l'agneau, pour en finir avec la fable »
http://membres.lycos.fr/hnature/ColqLoup.html
Les sites « loup.org », « ours-loup-lynx »
(FERUS) et « loup-ours-berger » ;
forums de discutions « La Meute » et « Wolf-eyes »
Rapport fait au nom de la
commission d’enquête sur les conditions de la présence du loup en France et
l’exercice du pastoralisme dans les zones de montagne, présidé par M. Christian
ESTROSI, rapporté par M. Daniel SPAGNOU, enregistré à la Présidence de
l'Assemblée nationale le 2 mai 2003.
Lettres de la Commission
européenne.
Divers documentaires et
émissions télévisées.
Version imprimable de cet
argumentaire : http://perso.wanadoo.fr/Cpat/Argumentaire.rtf
L’utilisation du poison, par
certains bergers ou éleveurs, pour tenter de ce débarrasser des loups, met en
danger non seulement les loups eux même mais également de nombreuses autres
espèces, y compris des espèces protégées. Et ce par ceux-là même qui prétendent
défendre la biodiversité !
De plus, si vous aller vous
promener en touriste dans une zone où des appâts empoisonnés on été disposés,
cela peut présenter un grave danger pour votre chien s’il vous accompagne… mais
également pour votre enfant si celui-ci ramasse ou touche un des ces appâts !!
(Et on sait très bien que les enfants ont tendance à tout toucher)
L’utilisation du poison peut
ainsi être comparée à celle des mines anti-personnel tant décriées : c’est
une arme totalement aveugle et potentiellement dévastatrice (et pas seulement
pour la faune sauvage).
Et il en va de même pour les
pièges disposés dans le même but.
Responsabilité du loup dans les
attaques de troupeaux :
Chaque attaque de prédateur sur
un troupeau domestique donne lieu à un constat de dommage (établi par un garde
assermenté ou non) qui permet à l’administration de se déterminer sur
l’indemnisation éventuelle des animaux tués.
- Dans 20
% des cas, l’attaque est caractéristique du loup.
- Dans 20
% des cas, la responsabilité du loup est exclue.
- Restent
60 % des cas où la responsabilité du loup n’est ni exclue, ni prouvée. Le doute
profite alors à l’éleveur et les brebis sont donc indemnisées. La moyenne des
indemnisations est de 155 € par brebis.
(Source : Ch. Duchamp, ONCFS, in
Connaissance de la chasse, déc. 2004)
En d’autres termes, la
responsabilité du loup n’est pas certaine dans les trois quarts des constats
donnant lieu à une indemnisation !
De plus, le ministre de
l’écologie Nelly Ollin a annoncé que, dans les zones
de présence du loup, les indemnisations seront désormais faites sur simple
déclaration sur l’honneur de la part des éleveurs, ce qui ouvre la voix à de
nombreux abus (sachant que la fraude est un sport national en France).
Dans ces conditions, il est très
difficile de savoir quel est le nombre réel de victimes du loup !
Le coût des maladies de l’élevage
en 2004, 147 millions d’euros ont été débloqués par la Commission européenne
pour lutter contre les maladies animales dans l’Union européenne. Sur ce total,
la France a reçu (attention : pour connaître le coût total, ces sommes sont à
multiplier par deux car chaque pays a 50 % des frais à sa charge) :
21,7
millions € pour la surveillance des encéphalopathies spongiformes
transmissibles,
1,16
millions € pour la tremblante du mouton,
225 000 €
pour la fièvre catarrhale du mouton,
300 000 €
pour la brucellose ovine.
Soit une dépense totale de 46,68
millions € pour le traitement et la prévention de ces maladies de l’élevage en
France en 2004 (en comptant la part française)