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Dominique Barbéris est écrivain, auteur
de six romans édités chez Arlea puis chez
L'arpenteur/Gallimard. Ce site lui est dédié par d'anciens étudiants de ses
ateliers d'écriture ou de ses cours à la Sorbonne et par des amis,
admirateurs de son oeuvre.
Critiques de Quelque chose à
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son roman _ porté à l'écran _ sous le titre
par Anne Fontaine 
Le film "Entre ses mains" réalisé par Anne Fontaine
est une adaptation du roman "Les kangourous" de Dominique Barbéris : première sortie
en, salle le 21 septembre 2005.
Le casting principal : Isabelle Carré et Benoit
Poelvoorde (cliquez)
Notre avis :
"Entre ses mains" d'Anne Fontaine est un beau film,
et une transposition très libre mais réussie du roman Les kangourous de
Dominique Barbéris.
L'action du roman, qui se situe à Paris et dans le 5ieme arrondissement,
est déplacée à Lille et perd en poésie dans l'évocation urbaine; le
personnage masculin principal incarné par Benoît Poelvoorde
est beaucoup plus typé (un vétérinaire) alors qu'il est rêvé et
fantomatique dans le roman. Les scènes du film rajoutent de la modernitéplutôt réussie (boîtes de nuits, Karaoké, zoo
de Lille) au récit, enfin les kangourous ont disparu pour faire place à une
animalité qui s'incarne dans des chiens ou des lions du zoo de Lille.
En dépit de ces libertés, on retrouve quand même beaucoup de points ou de
scènes qui font la joie du roman, les caractéristiques du personnage
féminin, incarné par Isabelle Carré, les scènes dans l'assurance et les mélanges
grinçants entre la mort, l'accident, le malheur et la vie quotidienne, les
rencontres à la cafétéria ou aux toilettes, la récurrence des crimes et le
mélange des peurs et du réel mais beaucoup plus incarné que suggéré.
Ce qui est particulièrement frappant, c'est un remontage très astucieux des
situations du roman , qui donne une séquence
rythmique et une montée de l'angoisse très réussies. Beaucoup d'idées sont
exploitées, de situations entre les personnages saisies, dans une
chronologie toute autre.
L'employée d'assurance est mariée, a une petite fille et la peur est
retranscrite par ces canaux, même si certains dialogues semblent frustres
par rapport au roman.
Le film met l'accent sur la dérive progressive de l'héroïne qui s'abandonne
et s'offre totalement à sa rencontre, puis va vers une fin très romantique,
même si cette dernière est beaucoup plus concrète et offre moins de portes
que les bruits de pas qu'entend l'héroïne derrière elle à la fin du
roman…
Ce beau film tient sur un couple étonnant, Isabelle Carré illumine l'écran
de son visage lisse qui s'épanouit progressivement tandis que Benoît Poelvoorde livre un rôle de composition complexe et
très réussi : le film tient sur ce couple improbable et incroyable qui lui
donne tout son relief et tout son suspense. Anne Fontaine concentre ses
mises en scène sur la relation: ici Isabelle Carré et Benoit
Poelvoorde forment un duo inspiré qui devient un
trio et un coktail sanglant... servi par une
belle image, propre à magnifier le tueur en série en héros romantique.
Vous avez aimé ce beau film: laissez-vous
entraîner par le livre dans une toute autre dimension, voyez à travers les
yeux apeurés des kangourous ce que jamais une caméra ne pourra montrer... (cliquez)
Voici ce que dit la réalisatrice Anne Fontaine du roman et de
Dominique Barbéris dans un entretien de presse :
copyright
"Vous avez librement adapté le roman de Dominique Barberis,
“Les Kangourous”.
Qu'est-ce qui vous intéressait dans cette histoire
?
J'ai découvert le manuscrit dans le cartable de mon fils ! Prune Berge,
responsable chez Gallimard du département cinéma, avait confié ce texte à
mon intention à une petite fille qui fréquentait la même école que lui.
L'insolite de ma rencontre avec ce document a attiré ma curiosité. J'ai été
immédiatement intéressée par l'héroïne, une femme à la fois effrayée et
fascinée par le même homme. Dans le livre, l'homme est abstrait, il
n'existe pas vraiment. J'ai rencontré l'auteur pour lui demander si elle
acceptait que je la “trahisse”. Dominique Barberis
m'a fait confiance. Ce qui m'intéressait, c'était de traiter, à partir
d'une banale rencontre amoureuse, le glissement insensible du quotidien
jusqu'à la folie et au tragique. Je tenais à ce que leur première rencontre
se déroule dans le climat le plus naturel, le moins romanesque, afin de n'éveiller
aucun soupçon chez le spectateur."
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