La nébuleuse
Domecq |
C'est une histoire de vins et de toros ( ça va souvent ensemble) qui débute en Béarn ou plutôt à la limite du Béarn et du Pays Basque.La famille Domecq, "Tsunami" du sang brave, est originaire d'un petit village béarnais, à deux lancers de béret de Sauveterre de Béarn, la commune de Tabaille-Usquain. Ca sonne joli à l'oreille, c'est presque exotique. L'étymologie de ce nom est floue semble-t-il.En 1385, on écrivait plus volontiers Tavalhe et Usquenh.Les deux villages, distant de quelques centaines de mètres, furent réunis en 1842. Le nom de Tabaille voudrait dire : " ensemble de maisons en torchis " et celui d'Usquain : " au-dessus de la prairie ". Toujours est-il que dans ces terres de piémont pyrénéen, Tabaille sonne béarnais alors qu'Usquain sonne franchement basque. D'ailleurs, il semblerait que les Tabaillais surveillaient le passage vers le proche Pays Basque.Les Domecq, qui aux dires de Juan Pedro Domecq Solis seraient toujours propriétaires de neuf hectares sur la commune, sont mentionnés en octobre 1385 à Usquain dans un recensement fait pour le compte de Gaston III Phébus; on y découvre la maison "Domecq et son gentilhomme".L'étymologie même du nom de Domecq va dans ce sens qui voudrait signifier en béarnais un "fief noble". Aujourd'hui, la partie française de la famille serait éteinte mais l'Espagne a fait revivre et resplendir ce produit du Béarn.
Rapidement, car l'histoire est connue, c'est un certain Pedro Domecq Lembeye qui a fondé en 1822 la société "Pedro Domecq compaña" pour commercialiser le vin de Jerez; son rang de noble l'aurait obligé à fuir la France révolutionnaire. A sa mort en 1839, c'est son frère Juan Pedro Domecq Lembeye qui reprend la gestion de la société jusqu'en 1869, en y associant peu avant sa mort son neveu Pedro Domecq Loustau. Celui-ci reste connu pour la création du célèbre Brandy "Fundador" apparu en 1874 et pour être le premier Domecq à avoir épousé une espagnole, en l'occurence une certaine Carmen Nuñez de Villavicencio. Celle-ci lui donna dix enfants dont seulement six survécurent. Juan Pedro Domecq de Villavicencio étaient de ceux-là. Pedro Domecq Loustau décède en 1894 et ne connut de gloire que posthume. En effet, en 1920, le roi Alphonse XIII ennoblit sa veuve en la faisant Marquesa de Domecq d'Usquain; rendant, même indirectement, hommage au village qui avait vu naître les aïeux de la famille.
Ouvrons ici une
parenthèse, cocardière, relatant la généalogie de
cette illustre famille. |
Notre éleveur bodeguero
installera donc son troupeau sur la propriété originelle de
"Jandilla" située à Vejer de la Frontera, province de
Cádiz.
La presque totalité du troupeau, hormis les
reproducteurs, parcourt le chemin Madrid-Cádix à pied, ou plutôt
à pattes, plus de six cents kilomètres, en sens inverse de ce
que leurs ancêtres firent lors de leur Royale Transhumance.
Ce troupeau, veragueño, donc à
l'origine, sera ensuite mâtiné, les deux années suivantes, par
deux lots de becerras et de quatre reproducteurs du
Conde de la Corte marqués du fer de Agustin Mendoza.
La première novillada de Juan Pedro Domecq à été lidiée à Cádiz
le 5 avril 1931 et le premier taureau lidié dans la plaza madrilène
de Las Ventas del Espiritu Santo le 17 juin 1931 se nommait
Hortelano et fut occis par le diestro Fortuna.
En 1937, au décès du patriarche, ses
fils Álvaro, Pedro, Juan Pedro et Salvador
Domecq y Díez héritent de la camada.
Juan Pedro et Salvador se déferont
en 1938 de la plus grande part des vaches veragüeñas
ainsi que des reproducteurs croisés au profit de José Enrique
Calderón.
Les frères Domecq feront dans en
1939 et 1940 un nouvel apport Vistahermosa par l'acquisition au
Conde de la Corte de quarante trois femelles.
En 1940 ils achèterons la vacada de Rámon et Jaime Mora-Figueroa,
fils de la marquise de Tamarón, qui la tenait directement du
Conde de la Corte.
Rámon Mora-Figueroa a été depuis le début
le mentor taurin de la famille Domecq et ils vont créer ensemble
un type de taureau bien différenciés de ceux issus des autres
branches Parladé.
Ces taureaux seront alors dès cette année là combattus sous le
nom de "Hijos
de Juan Pedro Domecq y Núñez de Villavicencio".
En 1945 Álvaro qui veut
voler de ses propre ailes, achète une ganadería à don
Salvador Suárez Ternero qui en 1957 prendra le nom de "Torrestrella" sur les terres de la finca "Los
Albujeros" à Medina Sidonia, province de Cadix.
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| Salvador lui en 1967 se sépare
de ses frères Pedro et Juan Pedro et forme, avec sa part
de bétail Jandilla, en 1968 sur les terres lui
correspondant, la ganadería "El Torero". Il proposera son fer le
27 mai 1970. En 1972 il acquiert au nom de ses fils les frères Domecq Sainz de Rozas un autre fer et formera un nouvel élevage avec des produits de son troupeau. |
Au décès de Juan Pedro Domecq y Díez en 1975 l'élevage qui paît sur les terres familliales de "Jandilla" à Benalup de la Sierra revient à son épouse et à ses dix fils, Domecq Solís. Il sera jusqu'en 1981 sous la seule responsabilité de Fernando.
En 1978, la partie du troupeau lui revenant, un dixième, le fer originel Vasquez, mais plus guère son génotype originel, ainsi qu'un lot de vaches et deux sementales de son oncle Salvador deviennent la propriété de Juan Pedro Domecq Solís qui s'installe à la finca "Lo Alvaro" au Castillo de las Guardas, (Séville).
En 1981 Juan Pedro adjoint quelques
reproducteurs des meilleures familles de la ganadería
paternelle, plus un autre de Luis Algarra d'origine identique.
Il fera lidier ses premiers produits à Valence en 1982.
De l'ancienne ganadería de Veragua il
ne demeure plus guère que le fer, le V surmonté de sa
couronne ducale l'ancienneté est du 2 aôut 1790.
En 1987 Juan Pedro Domecq se rend acquéreur de l'ancien
fer de Fernando Parladé. Il s'installe au Portugal sur la frontière
espagnole et ses mêmes produits sont alors dénommés "Toros
de Parladé.
Le reste du troupeau originel
aux mains des autres fils, auquel s'est joint l'oncle
Pierre, formera en 1983 la ganadería de "Jandilla", du nom de la finca de Vejer de la
Frontera, primitivement sous la direction de Fernando.
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Fernando reprend en 1987 la marque du prestigieux fer navarrais de "Zalduendo" dont la présence sur les affiches s'est étendue de la fin du XVIII ème siécle jusqu'en 1939. Il formera sa propre ganadería avec sa part de bétail, cinquante vaches agées et soixante jeunes ainsi que comme étalons deux jeunes taureaux, plus trente vaches de deux ans de son oncle Salvador ainsi qu'un lot en provenance de Daniel Ruiz, de sang famillial Jandilla. Cet élevage marqué d'un Z qui veut dire... Zalduendo pacage en Extrémadure. |
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| Cette souche très prolifique
comporte une autre ramification, celle du "Marqués de Domecq". En 1951 don Pedro Domecq Rivero, Marqués de Domecq d'Usquain fonde un élevage brave en achetant dans un premier temps le troupeau de Salvador Noguera formé quelques années auparavant par les frères Mora-Figueroa, soit la moitié de celui de Gracía Pedrajas ainsi que des becerras et un reproducteur du Conde de la Corte. Dans un second temps seront ajoutées quelque trois cents têtes, d'origine identique, acquises aux cousins Domecq y Díez. Cette ganadería se situe à Jerez de la Frontera et a comme ancienneté le 18 mai 1966.
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| En 1995 à la mort du divin marquis,
le troupeau est séparé en deux. La partie Marqués de Domecq passe sous la direction de Fernando et de Javier Domecq López de Carrizosa et la nouvelle crée, "Martelilla", sous celle de Gonzalo et de Juan Pedro du même nom. |
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L'encaste Domecq, en lignage
direct ou par des croisements de ses différents rameaux,
est actuellement omniprésent. Il a donné naissance à une myriade de ganaderías
par l'intermédiaire de ses vaches ou de ses
reproducteurs. Ayant, à l'origine fait fortune dans le négoce de vin, la famille Domecq est actuellement le premier pourvoyeuse de bétail brave de la planète des taureaux, avec tous les risques que peuvent entrainer une standardisation du taureau et par là de la corrida.
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En sont issus, entre autres, en totalité ou en grande partie, directement ou indirectement les élevages de:
| Albarrán
Olea, Don Arcadio Aldeanueva Algarra Polera, Don Luis Barral Rodríguez, Don Joaquín Buenavista Criado, Don Juan Manuel Del Río Cortés, Don Victoriano Delgado Arroyo, José Miguel El Pilar El Torreón El Ventorrillo Escribano Martín Fuente Ymbro Ganadería de San Martín García Jiménez Hermanos Hernández Martín, Don Domingo Jandilla Jiménez Fernández, Doña Olga Jiménez Pasquau La Dehesilla La Guadamilla Las Ramblas Los Eulogios Los Guateles Marca Rodríguez, Don José Luis Marqués de Albayda, Herederos Martín Arranz, Don Enrique Martínez Elizondo, Hijos de D. Pablo Martínez Pedrés, Hermanos Martín Lorca |
Millares,
Don Manuel Angel Miranda y Moreno Molina, Don Javier Montalvo Muñoz González, don Cayetano Ojeda González, Don Francisco Perez-Tabernero Montalvo, Doña Mercedes Ponce Martín, Don Enrique Puerta Hermanos Puerta, Don Diego Ramos Plaza, Herederos de D. Andrés Ruiz Román, Don Juan Antonio Ruiz Yagüe, Don Daniel Sampedro, Hermanos San Marcos San Román Valdés, Don Manuel Sánchez Benito Sánchez-Arjona Sotillo Gutiérrez Soto de la Fuente Tabernero de Vilvis Teófilo Segura Tornay Maldonado, Toros de El Torero Toros de Parladé Toros de Salvador Domecq Toros de Sanchez - Urbina Vázquez Fernández, Don José Yerbabuena Zalduendo .....etc |