Le chien
New York

Le Metro
New York

Le couloir
New York

Les curés
New York

Les T-shirts
New York

Le clochard
Ohio

Le toboggan
Michigan

Les pâtes
Michigan

Le Roi
Michigan

Le Walmart
Wisconsin

Le bûcheron
Minnesota

Les graffitis
Minnesota

La candidate
Minnesota

Les tabliers
Minnesota

Le gant
Minnesota

La pancarte
Minnesota

Le fantôme
Minnesota

La Buick
Dakota

L'entrée
Dakota

Le pop corn
Dakota

Le loup
Dakota

Le cerf
Dakota

Le castor
Dakota

Chez Bob
Dakota

Les cannes à pêche
Dakota

Le Sioux
Dakota

Le Navajo
Dakota

Chez Bob
Dakota

Le préfabriqué
Dakota

Le stock
Dakota

Les Amish
Dakota

La tombe
Dakota

La route
Dakota

La vallée
Idaho

Les geysers
Wyoming

Les bisons
Wyoming

Le lac
Wyoming

Le pic
Wyoming

Le ciel
Wyoming
Le squelette
Idaho

Le lac
Utah

L'antenne
Utah

Le sel
Utah

L'arbre
Utah

La descente
Utah
La bretelle
Nevada

Le casino
Nevada

L'enseigne
Nevada

Le golf miniature
Nevada

La piscine
Californie

Le point de vue
Californie

La pagode
Californie

L'impasse
Californie

Le poste de télévision
Californie

Le meeting aérien
Californie

Le musée
Californie

Le tatouage
Californie

Les cons
Californie

Le pélican
Californie

Les lions de mer
Californie

La cabane
Californie

La guide
Californie

Le catsup
Californie

Les pompes
Californie

L'angoisse
Californie

Le camping
Californie

Le Rêve
Nevada

Les nuques
Nevada

Les toilettes
Nevada

Les trompettes
Nevada

Les gondoles
Nevada

Les souvenirs
Nevada

La muraille
Arizona

La fumée
Arizona

La prairie
Arizona

Les vagues
Arizona

Le virage à gauche
Arizona

Le crépuscule
Arizona

Les fumées
Utah

Le panneau
Utah

La pancarte
Utah

L'interdiction
Utah

Le fonds de commerce
Utah

Le studio
Utah

Le sombrero
Utah

Le cliché
Utah

Les jumeaux
Utah

La Studebaker
Utah

L'artisan
Nouveau Mexique

La faille
Nouveau Mexique

Le souvenir
Nouveau Mexique

La Guadalupe
Nouveau Mexique

La route
Nouveau Mexique

Le pot de fleur
Nouveau Mexique

L'empreinte
Nouveau Mexique

Le motel
Nouveau Mexique

Le pont
Nouveau Mexique

La chambre
Texas

Le sol
Texas

Le conseil
Texas

Le petit plus
Texas

La croix
Texas

Les ex-votos
Oklahoma

Les précautions
Oklahoma

L'entaille
Arkansas

La forêt
Arkansas

La Porsche
Arkansas

Les toilettes
Tennessee

La mémoire
Tennessee

Les vedettes
Tennessee

La chambre
Kentucky

Les pompiers
Kentucky

Les passants
Kentucky

L'arrière cour
Kentucky

La pluie
Virginie

Les lacets
Virginie

La rivière
Virginie

Les collines
Virginie

La petite maison
Virginie

La trappe
Virginie

La benne
Virginie

Les rayons
Virginie

La Ford
Virginie

L'automne
Virginie

Le motel
Virginie

L'avertissement
Virginie

Le garage
New York

L'avion
New York

Les grues
New York

La verte
New York

La blanche
New York

La rouge
New York

La presqu'île
New York

Le lampadaire
New York

Le fronton
New York

Le fog
New York

Le restaurant
New York
Highway 61
J’ai
raté la finale du 100 mètres aux JO de Pékin (ce
serait un Jamaïcain nourri à la ganja qui aurait
gagné), il n’était donc pas question que je rate le
débat entre les deux candidats à la présidence du
monde développé, d’autant plus que
j’étais sur place. Enfin presque… pas dans le
Mississippi comme quelques bons milliers de journalistes plus ou moins
« embedded », mais dans le Minnesota. Plus
précisément à Lutsen sur le Lac Supérieur
(le plus grand lac du monde, 10% des réserves d’eau douce
de la planète), Motel Mountain Inn, chambre 101 (deux lits
doubles, smoke free, micro-onde, table-top, free wi-fi, spa, sauna, 110
$ sans les taxes) sur la Highway 61 (Bob Dylan est né pas
très loin).
La
soirée a mal commencé, des orages ont balayé la
région à partir de 19 heures, des orages
américains, « bigger than life », une heure avant le
débat, tous les faisceaux étaient coupés, mais
trois quarts d’heure plus tard, tout était rentré
dans l’ordre, les éclairs ont cessé
d’illuminer ma chambre et CNN triomphait des
éléments.
Dans un
studio, une demi-douzaine de journalistes accoudés à une
table encombrée d’une demi-douzaine d’ordinateurs
portables (à quoi pouvaient-ils bien servir sinon à
souligner que ces types étaient au courant de tout ce dont nous
sommes privés ?) refaisaient le match avant qu’il
n’ait eu lieu à tel point que je me suis
sérieusement demandé si je ne m’étais pas
entortillé les méninges dans les décalages
horaires. Que nenni, le match a commencé à l’heure
et, franchement, comme tous les matchs à gros enjeu, il
n’a pas été très passionnant, un peu
ennuyeux même et même, sur la fin, carrément
emmerdant.
Une mi-temps
complète a été consacrée à la crise
économique, les deux impétrants, l’air
pénétré qu’arborent tous les
Américains à proximité d’une caméra,
faisant montre d’une adresse stupéfiante, ont
jonglé avec les billions de dollars. La seule différence
étant qu’ils avaient l’air de ne pas vouloir les
laisser tomber aux mêmes endroits (ça peut faire une
différence).
McCain ne
voulait pas désespérer Wall Street, Obama voulait donner
quelques raisons d’espérer à Main Street.
Pour la
politique étrangère on a eu droit aux mêmes
différences et aux mêmes répétitions, avant
de passer à autre chose, Obama serait plutôt partisan
d’écrabouiller l’Afghanistan ; McCain n’y voit
pas d’inconvénient, mais rajoute l’Irak au pot et
l’on sent bien que quelques banlieues proches ne lui feraient pas
peur (l’appétit vient en mangeant).
En ce qui
concerne la guerre, ils avaient tous les deux une mère
éplorée sous le coude (Obama l’arborait même
au poignet), celle du républicain venait de perdre son fils et
lui demandait (c’est sûrement vrai) de gagner la guerre
pour qu’il puisse reposer en paix ; celle du démocrate lui
avait confié qu’il n’y avait pas de douleur pire que
celle de perdre son fils (c’est sûrement vrai).
C’était le seul moment d’émotion, d’ordinaire, Hollywood en prévoit davantage.
McCain est
plutôt terne, Obama pas très brillant (hormis qu’il
porte l’Armani comme personne, qu’il est
propriétaire d’au moins 44 dents et que, s’il est
élu, Nicolas peut s’acheter un escabeau) ; dans mes
souvenirs Hillary Clinton leur est bien supérieure.
Les
conseillers de McCain lui avaient demandé de forcer sur son
« expérience » et la naïveté
supposée de son adversaire (« Le sénateur Obama ne
se rend sans doute pas compte que… »), ceux d’Obama
de ne surtout pas être agressif envers le héros ; une
consigne trop bien appliquée par le sénateur Obama qui
commençait toutes ses phrases par « John a raison »
et qui a terminé la rencontre en congratulant son
adversaire… « Good job, John ! », avant de lui
présenter sa femme.
Je ne parle
pas un anglais assez sophistiqué pour avoir
apprécié toutes les nuances des discours tenus, je ne
suis pas non plus un fin connaisseur de la politique américaine,
mais deux choses m’ont frappé plus que les arguments
échangés, convenus dans l’ensemble sinon
simplistes. Tout d’abord un plan fugitif des publics respectifs
des candidats : les démocrates étaient tous des
mâles noirs faisant visiblement partie de la classe moyenne, les
républicains étaient tous des républicaines
blanches du genre retraitées inquiètes pour leurs fonds
de pension, mais ce qui m’a semblé le plus remarquable est
le dispositif graphique adopté par CNN.
Sous les deux
candidats apparaissait un écran plus petit qui faisait penser
à ceux des amplis des années 80 où l’on
suivait, fasciné, les tribulations des basses et des aigüs.
Sur cette incrustation, on pouvait suivre, en direct, les
réactions du public aux propos des candidats, une ligne pour les
démocrates (treble), une ligne pour les républicains
(bass), une ligne pour les indépendants (medium), comme un
sondage en temps réel lisible comme un
électrocardiogramme oscillant entre tachycardie et calme plat
(mort du sujet).
On peut
imaginer l’usage que feront les analystes et les stratèges
d’un système de ce genre et prévoir sans grand
risque de se tromper des hommes politiques équipés
d’oreillettes comme les chanteurs de variétés, au
risque qu’ils se transforment peu ou prou en marionnettes
téléguidées d’ailleurs, mais
d’où ?
Le spectacle a tout à y gagner, le politique, peut-être pas.
Texte envoyé à Sud-Ouest le 27/09/2008 et, à ma connaissance, non publié.
Ce qui tendrait à prouver qu'il ne suffit pas de connaître
le directeur de la rédaction pour que l'on trouve ce que vous
écrivez intéressant.