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Généalogie partielle de la famille de

Joachim Du BELLAY


Jean du Bellay
(~1400 / 18.9.1480)
sgr dudit lieu
x
Jeanne de Logé
dame du Bois-Thibault
7 enfants dont :

                  
Eustache du Bellay                                                       Louis du Bellay
sgr dudit lieu  et de Giseux
x  21.11.1461                                                                 x
Catherine de Beaumont                                               Marguerite de la Tour-Landry

dame du Plessis-Macé
7 enfants dont :

                   |                                    
Jean du Bellay           Guillaume du Bellay    Jean du Bellay           René du Bellay     Martin du Bellay
(~1480 / ~1523)          (1491 / 1543)                (1492 / 16.2.1560)      (1500 / 1546)         (1498 / 1559)
sgr de Gonnort             sgr de Langeay               Evêque de Bayonne,    Evêque du Mans     Prince d'Ivetot
x  12.10.1504              x                                    Paris, puis  Cardinal                                     x
Renée Chabot           Anne de Crequi                                                                               Isabelle Chenu
(~1490 / ~1530)
3 enfants connus :

  
René du Bellay          Catherine du Bellay                     Joachim du Bellay
(~1507 / ~ 1550)         (~1510 /  ?)                                    (~1522 / 1.1.1560)
sgr de Gonnort             Dame de Liré                                  Poète, chanoine
x                                  x  ~1530                                        de l'église de Paris.
Madeleine                 Christophe du Breil
de Malestroit             (~1503 / ~1577)
                                   Capitaine d'une Cie de 50 hommes
                                   sgr de la Mauvoisinière en Bouzillé
                                   du Bois en Riaillé et du Theil en Trans
                                   (Dont postérité : Victor Hugo)

Portrait, de Joachim du Bellay
par Jean Cousin le Jeune.
Paris, BNF.

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'on bâti mes aïeux
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la Douceur angevine.

(Joachim du Bellay : Les Regrets, Sonnet 31)

Ruines du Château de la Turmelière à Liré en Anjou






BIOGRAPHIE DE

JOACHIM DU BELLAY

° 1522 - Joachim Du Bellay naît au château de La Turmelière à Liré près d'Ancenis en Anjou.
L'année de naissance de Joachim n'est pas connue et se situe entre 1520 et 1525.
Il appartient à la branche aînée des Seigneurs de du Bellay :  famille de petite noblesse angevine dont les origines remontent au 10ème siècle (les Montreuil-Bellay) puis à partir du 12 ème siècle (les du Bellay).
En cette première moitiè du XVIème siècle la famille du Bellay est davantage illustrée par la branche cadette ; celle des seigneurs de Langeais - dans la diplomatie, l'église et l'armée - par quatre frères et 

cousins germains du père de Joachim : Guillaume du Bellay, seigneur de Langey et futur gouverneur du Piémont ; Jean, évêque de Bayonne, Bordeaux, Paris - qui devient cardinal en 1535 ; René du Bellay, évêque du Mans ; et Martin du Bellay. 

Il devient très tôt orphelin de père et de mère.
Il semble que son père soit mort peu après sa naissance et que sa mère soit décédée vers 1530.

1531 - Joachim est alors confié à la tutelle de René du Bellay : son frère aîné d'une quinzaine d'années.
Ce dernier semble l'avoir quelque peu abandonnée à la chétivité de sa santé, à sa solitude et à sa mélancolie. Il passe une enfance rêveuse, sans grande activité, vivant surtout au contact avec la nature, dans cette région à laquelle il s'attache. Si l'on en croit ses propres affirmations, il a une enfance triste, solitaire à la Turmelière dans le manoir paternel. Il s'est plaint également de ne pas avoir d'activité intellectuelle. Il ne reçoit guère d'enseignement, sauf peut-être celui épisodique de Jacques Michelet, le chapelain des du Bellay.

1543 -  Guillaume du Bellay, son grand-cousin, seigneur de Langey vient à mourir.
La légende veut que du Bellay, Ronsard et Peletier du Mans se soient croisés dans la cathédrale où étaient célébrées, par René du Bellay, évêque du Mans, les obsèques de Guillaume. C'est possible car n'oublions pas que Ronsard et du Bellay étaient parents du 4ème au 5ème dégré. Malgré son tempérament maladif, Joachim  rêvait de faire carrière dans les armes sous l'égide de l'aîné de ses cousins, Guillaume de Langey, mais il dut y renoncer à la mort de ce dernier. Il se tourna alors vers l'état ecclésiastique, faisant appel au deuxième de ses cousins, le cardinal Jean Du Bellay, évêque de Paris, diplomate et frère de Guillaume.

Vers 1545, pour se préparer à servir le cardinal Jean du Bellay,
il part étudier le droit à la Faculté de Poitiers.

Là il côtoie de nombreux érudits, un milieu lettré, parmi lesquels Jacques Peletier du Mans, qui lui fait découvrir les lettres antiques et l'initie à la pratique de l'Ode ; et dont les idées devaient influencer un peu plus tard la "Pléïade" ; ainsi que Marc-Antoine de Muret et le poète néo-latin Salmon Macrin.

En 1547, il suivit Ronsard à Paris au collège de Coqueret pour parfaire son éducation. 
Joachim du Bellay fait la connaissance de Ronsard. Il se retrouvent quelques mois après au collège de Coqueret à Paris, parmi les élèves du grand helléniste Dorat. En cette année où mourut le roi François 1er, du Bellay parfait sa connaissance du latin, il découvre sous la férule de Dorat la langue et les auteurs grecs. Il lit également les grands écrivains italiens : Castiglione, Boccace, Petrarque...
Il publie son premier poème : un dizain, en français, intitulé, A la ville du Mans.
Ronsard décide de former avec d'autres jeunes poètes — parmi lesquels son ami Joachim du Bellay — un groupe qui prendra en 1549 le nom de "Brigade" avant d'adopter en 1553 celui de "la Pléiade".
Ce groupe souhaite définir de nouvelles règles poétiques.



En février 1549, du Bellay publie La Défense et Illustration de la langue française
( La Deffence et Illustration de la langue françoyse, dédié à un cousin germain de son père, l'évêquel René du Bellay), un manifeste qui résume les intentions de la future "Pléiade" : leur objectif est de donner à la langue française le lustre et la grandeur de la langue antique, à la fois par l'imitation des Anciens et des Italiens, et aussi par l'enrichissement de la langue et de son style. La publication de La Défense et Illustration de la langue française marque le début de la carrière de du Bellay

En novembre 1549, du Bellay publie 50 sonnets
Ces sonnets "à la manière" de Petrarque, constituaient une première en France et connurent un grand succès.
Cinquante Sonnetz à la louange de l'Olive, l'Anterotique de la vieille et de la jeune Amye et vers lyriques (dédiés à la princesse Marguerite, soeur d'Henri II). Olive serait l'anagramme de Mlle de Viole ; mais Olive est aussi un prénom féminin assez courant à l'époque dans cette région.
C'est dans cette année que, Joachim connaît des problèmes de santé; Il est atteint d'une tuberculose pulmonaire.

En 1550, en raison du succès des Cinquante Sonnetz, publication d'une deuxième édition augmentée
( avec 65 sonnets de plus). Il connaît des premiers symptômes de surdité.

En 1551, il connaît de nombreux soucis : procès, affaires de famille, d'autant plus qu'il devient cette année-là tuteur de son neveu Claude, fils de son propre tuteur, René son frère. Ce tutorat lui vaut d'entrer en procès avec Magdelon de la Roche au sujet d'un terrain, la terre d'Oudon, acquise de façon douteuse par René du Bellay.
Il poursuit sa carrière poétique : participation au Tombeau de Marguerite de valois, Royne de Navarre.

En 1552, Complainte du Désespéré
Traduction de Virgile accompagnée d'autres œuvres, sous le titre Quatrième Livre de l'Enéïde et œuvres de l'invention du translateur.

En 1553, du Bellay accompagne, comme secrétaire, son oncle, le cardinal Jean du Bellay,
auquel Henri II a confié la mission de négocier avec le pape une alliance contre Charles Quint.
Cet exil de quatre ans va commencer dans l'enthousiasme :
" Je me ferai savant en la philosophie,
En la mathématique et médecine aussi,
Je me ferai légiste, et d'un plus haut souci,
Apprendrai les secrets de la Théologie..."
(Les Regrets, 32 / 1)
Du Bellay passe par Lyon, où il rencontre Pontus du Tyard ( un des compagnons de la Pléiade) et aussi Maurice Scève, un poète qu'il admire.

Avant même son arrivée, du Bellay est fasciné par Rome, cette ville auréolée du prestige des civilisations antiques. Mais ce pèlerinage se révèle vite un désastre, "un malheur voyage", et son rêve de carrière s'évanouit en même temps que celui de l'idéal romain. Certes devant les ruines de l'Antique cité, il subit le "choc de l'histoire", mais il lui faut vite déchanter en côtoyant les romains. Que ce soient les dignitaires, les banquiers, les gens d'Eglise ou le peuple, les romains du seizième siècle n'ont décidément plus la même éthique que leurs ancêtres. L'humaniste qu'il est, est déçu : l'ambition, l'argent, ou la corruption ont balayés les valeurs qu'il recherchait : savoir, respect, mérite, vertu...

" Mon Dieu (ce diras-tu), quel miracles est-ce ci?
Que de voir Du Bellay se mêler du ménage
Et composer des vers en un autre langage ?
Les loups et les agneaux s'accordent tout ainsi."
(Les Regrets, sonnet 18, 2ème strophe)

Cette immense déception n'altérera pas son travail. Du Bellay travaillera à quatre ouvrages qu'il publiera après son retour en France : les Regrets, les Divers Jeux rustiques, les Antiquités de Rome, et les Poemata.

En 1557 Joachim du Bellay rentre en France
après la défaite de Saint-Quentin, le cardinal Jean du Bellay, qui n'est pas parvenu à convaincre Paul IV, doit reconnaître l'échec de sa mission.

1558. Malgré les grandes publications (Les Regrets, les Divers Jeux rustiques, les Antiquités de Rome, et les Poemata) le retour en France fut assombri à la fois par des problèmes de santé (insuffisance pulmonaire) et des soucis financiers.

1559. Du Bellay doit à nouveau se défendre concernant la terre d'Oudon, la terre acquise de façon douteuse par son oncle René du Bellay. L'affaire trouve enfin un arrangement : en échange d'une indemnité, du Bellay renonce aux droits de sa famille sur cette terre. Cet accord va lui permettre de s'affranchir de ses soucis financiers.

1560. Du Bellay meurt d'une apoplexie, à sa table de travail dit-on, le 1er janvier 1560, à l'âge de 37 ans.
Il fut inhumé à en la chapelle des Saint-Crépin et Crépinien dans le choeur de la cathédrale Nôtre-Dame de Paris :

La tombe de Du Bellay n'existe plus à cet endroit. La chapelle de Saint-Crépin et Crépinien est actuellement sous le patronage de Saint-Georges. Du Bellay a donc été exhumé nous ne savons pour l'instant où ?

Publication posthume de : Le Discours au roi sur la poésie

1567.Publication posthume de : L'Ample Discours au roy, sur le faict des quatre estats du Royaume de France
1568. Publication des œuvres françaises de Joachim du Bellay.


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