L'ABBAYE

Sommaire :

L'esprit
de ce lieu
L'Association des Amis La
communauté religieuse
Les laïcs en communion  Historique de l'Abbaye Renaissance
de l'Abbaye



l'esprit de ce lieu



L'abbaye  de Boscodon, face est
    "L'Abbaye", pour nous, ce n'est pas d'abord ni surtout un "Monument Historique". C'est avant tout un lieu de vie, de rencontres, d'échanges ; un lieu d'expérience humaine, spirituelle. Certes, le bâtiment (tout spécialement l'abbatiale romane) y joue un rôle central : c'est lui, avec son histoire contrastée, qui accueille et rassemble tous ceux qui y vivent et tous ceux qui y viennent. 
 
 La communauté religieuse résidente s'efforce d'y poursuivre, à sa façon, la vie et la prière des moines qui l'on construit et habité durant sept siècles ; mais sa vocation n'est pas monastique, et c'est pourquoi elle vit de façon très ouverte avec les personnes qui veulent découvrir l'abbaye et partager un peu de son existence : habitants des environs, visiteurs, touristes, amis de passage...  Elle n'oublie pas non plus les deux siècles de vie paysanne (1790 - 1972) où l'abbaye était devenue un hameau du village des "Crottes" (aujourd'hui Crots) et dont les marques sont encore bien présentes dans l'architecture aujourd'hui. 
 
 Bref, l'Abbaye de Boscodon, propriété de l'Association des Amis, lieu de résidence d'une communauté religieuse, est et veut demeurer un espace offert à tous ceux qui sont en recherche de racines, de sens, d'épanouissement humain, spirituel .


L'Association des Amis de l'Abbaye


   L'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon (A.A.A.B.) s'est constituée au tout début de la renaissance de l'abbaye (juin 1972) afin de racheter et remembrer les bâtiments. Il s'agit d'une association laïque, dont le but déclaré est la restauration, la gestion et l'animation de l'Abbaye de Boscodon, monument historique. Elle le réalise grâce à ses membres (un millier de personnes), dont certains sont des religieuses et religieux qui se sont constitués en communauté résidente, et aussi des laïcs chrétiens qui forment une large "communion" autour et avec la communauté.
   C'est l'originalité de ce que nous aimons appeler "l'Abbaye" que de faire vivre et œuvrer ensemble laïcs et religieux, bénévoles et salariés, de façon harmonieuse, dans un but tout à la fois culturel et cultuel.
   L'Association, propriétaire des lieux, héberge gratuitement la communauté religieuse dans l'aile des moines (aile est de l'abbaye), laquelle en assure le gardiennage et une partie des activités d'animation.

Assemblée Générale de l'Association (juillet 2009)
Si vous souhaitez nous rejoindre comme membre de l'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon,
et participer ainsi à toute la vie de l'Abbaye et à l'amitié qui nous unit, laïcs et religieux,
prenez contact avec nous ou bien avec un membre de l'association que vous connaissez.


La communauté religieuse

   La communauté religieuse s'est constituée, en esprit, dès le début de la renaissance de l'abbaye, c'est à dire depuis 1972. Mais sa constitution formelle comme "Communauté Saint-Dominique" date des années 1990.
   Son originalité tient à sa mixité (religieuses et religieux de divers ordres et congrégations).            L'initiative revient à l'ordre des Dominicains ; mais la communauté comprend actuellement, outre deux moniales dominicaines et deux frères dominicains, un moine cistercien, trappiste, de Tamié. Le sixième, le frère Isidore Dalla Nora, frère Missionnaire des Campagnes, est hélas décédé le 17 février 2009.
communauté

La communauté de Boscodon en janvier 2009
   La communauté, reconnue par l'évêque de Gap, est  aidée par un "conseil de tutelle" comprenant les supérieurs respectifs des sœurs et frères.
Ses membres participent, à l'occasion, aux activités pastorales du diocèse. Ils sont membres de l'Association A.A.A.B.; à ce titre, ils assurent le gardiennage de l'abbaye et participent à l'animation culturelle du lieu.
   
La communauté assure l'office quotidien et la messe des dimanches et fêtes, auxquels sont invitées toutes les personnes qui désirent partager leur prière.

Les laïcs en communion

   Depuis le début de la renaissance de l'Abbaye, des laïcs chrétiens de tous âges se sont associés étroitement à l'aventure commencée par des religieuses et religieux, soit pour la création et l'animation de l'Association des Amis de l'Abbaye, soit pour les chantiers de déblaiement et de fouilles, soit pour l'accueil des visiteurs et l'animation du lieu.
   Ensemble, religieux et laïcs forment ainsi une véritable "communion" d'amitié, de prière, de recherches historiques, archéologiques, d'action, d'accueil et d'apostolat.
   Cette communion a pris, à un certain moment, la forme d'une association (Association Notre-Dame de Boscodon : A.N.D.B.) partageant les responsabilités confiées par l'Association propriétaire (A.A.A.B.) : tâche de gardiennage et d'animation du lieu.
   Certains de ces laïcs associés à la communauté habitent près de l'abbaye : ils viennent donc régulièrement partager la vie, la prière et les activités de la communauté résidente.
   D'autres, à l'inverse, habitent des régions de France éloignées : ils viennent alors de temps en temps, surtout l'été, pour une semaine ou davantage.
   Mais, lorsque les uns ou les autres sont présents, ils partagent entièrement les locaux et la vie de la communauté.
   Il ne s'agit donc en aucun cas de personnes "hébergées", retraitants ou autres..
.
laIcs en communion

Repas fraternel sur la terrasse de l'aile des convers



 Communauté religieuse et Laïcs chrétiens en communion
se reconnaissent dans une "Charte" qu'ils ont élaborée ensemble,
sujette à des évolutions éventuelles,
et dont voici le texte :

CHARTE DE LA COMMUNION DE BOSCODON



Texte révisé le 1er mai 2009



Bref historique de l'Abbaye


beau cadre

Vallée de la Durance, vallon de Boscodon et chaîne du Parpaillon

   Située dans un très beau cadre de montagne, à 1150 m d'altitude, l'abbaye de Bosocodon est un remarquable monument du XIIe siècle.
   Ce fut la plus grande abbaye de la région et la principale maison de l'ordre de Chalais (proche de l'ordre de Citeaux) qui s'est répandu au moyen âge dans le Dauphiné e tla Provence.

   Appelés par le seigneur Guillaume de Montmirail, propriétaire du territoire de Boscodon (de bosc, forêt et dun, hauteur), des moines de Chalais arrivèrent en 1142. Ils commencèrent aussitôt la construction de l'église abbatiale, qui dura 32 ans, et édifièrent ensuite les bâtiments claustraux formant classiquement un quadrilatère entourant le cloître.

   À partir de la seconde moitié du XIVe siècle, d'incessantes guerres (Guerre deCent Ans, guerres de religions, guerre entre France et Savoie...) et de fréquents raids de pillards mirent à sac les bâtiments monastiques et le cloître, épargnant heureusement l'abbatiale.
   Les reconstructions, restaurations et agrandissements des bâtiments ont apporté des transformations architecturales importantes (XVe, XVIIe et XVIIIe siècle).

 L'abbaye chalaisienne est devenue bénédictine à la fin du XIVe siècle.

   

   Confisquée par l'archevêque d'Embrun vers 1770, l'abbaye cesse d'exister en tant que telle, transformée en centre d'exploitation forestière pour le commpte de l'archevêque.

La révolution de 1789 la transforme en bien national, vendu par morceaux à un vingtaine de familles paysannes qui en font ainsi un hameau de la commune des Crottes, avec une école.

Elle va être peu à peu rachetée à partir de 1972 par l'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon et classée "Monument Historique" en 1974.  

 
L'aile des moines et l'espace du cloître en 1972
aile est face ouest

Face Est 1972
Aile Est de l'Abbaye au tout début de la restauration (vers 1976)



La renaissance de l'Abbaye


Les acteurs 

chantier-messe

Chantier de jeunes :  fouilles dans l'espace du cloître et Messe de chantier

   Tout était parti de Chalais, tout va repartir de Chalais. 

   Le compromis de vente de l'abbaye est signé le 22 janvier 1972 par la sœur Jeanne Marie, moniale de Chalais devenu monastère de dominicaines. 

   En juin de cette même année, une association se constitue avec 12 membres afin de lancer "le remembrement, la restauration et l'animation de l'abbaye de Boscodon". 

   Commencent alors les chantiers de jeunes bénévoles, tandis que les moniales dominicaines assurent une présence priante, l'été, à la demande de l'évêque de Gap, Monseigneur Coffy.

   Le classement des bâtiments remembrés comme "Monument Historique", intervenu en octobre 1974, permettra une première campagne de restauration, de 1977 à 1979, grâce à la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et aux nombreux donateurs.

   Dès 1978, un important travail de recherche historique et archéologique permet le remembrement des bâtiments claustraux.

   Architecte en Chef des Monuments Historiquees en charge de Boscodon depuis 1980, Francesco Flavigny prendra le parti fondamental de restaurer en se fondant sur les données archéologiques dominantes.




Partie par partie

L'objectif premier fut de déblayer les locaux et de permettre ainsi à une communauté permanente de vivre immédiatement sur place.


L'abbatiale

abbatiale 1972
L'abbatiale en 1972

transept et sanctuaire
La même après restauration

La chapelle Saint-Firmin

La chapelle, construite à la demande de l'Abbé commendataire, fin XIVe siècle, avait fait l'objet des premiers soins (1976-1977)


chapelle 01
La chapelle Saint-Firmin en travaux 
chapelle St.Firmin
La même, restaurée 

À l'extérieur, la maison abbatiale en ruines, et par conséquent dangereuse, a été détruite en 1974.

S'opéra alors la réfection de la toiture de l'église abbatiale en mabrdeaux de mélèze,
ainsi que des baies et parements en pierre de cargneule issue du torrent du Colombier
.

L'aile des moines

La première partie des travaux  s'est effectuée entre 1983 et 1987. Le travail le plus ardu consista à consolider le bâtiment, le mur Est reposant sur un important remblai. Une fois réalisé, ce travail a permis la restauration des façades et du toit. Une grande partie des éléments architecturaux ont été repris, tant sur les façades (porte romane ou fenêtre du XVIIIe siècle sur la partie sud) qu'à l'intérieur du corps du bâtiment, aujourd'hui résidence de la communauté résidente (cheminées et alcôves des cellules monastiques).



façade Est 1972

Façade Est de l'aile des moines, 1972

façade Est 01

Façade Est de l'aile des moines, après restauration


L'aile des "officiers"

En 1975, lors des premiers coups de pioche à l'ouest de l'espace du cloître, apparition de vestiges d'un bâtiment conventuel. À partir de 1981, des campagnes de dégagement permettront de retrouver escaliers, planchers et fragments de vaisselle du XVIIIe siècle. Ces campagnes révéleront l'existence antérieure d'un cellier allant de l'entrée primitibe du monastère au parvis de l'abbatiale ainsi que des aqueducs médiévaux d'amenée d'eau vers le cloître. Cette aile ouest fut convertie plus tard (XVe s.) en trois, puis cinq logis pour les moines dotés d'un "office" et nommés de ce fait "officiers". On découvrit aussi que ce bâtiment existait sur deux étages, permettant d'aménager une cave pour chaque officier. Grâce au mécénat et aux subventions des collectivités, ce bâtiment fut relevé dans les années 1994-1995.

aile officiers 1975
Aile des officiers après les fouilles
aile officiers
Aile des officiers relevée et restaurée

L'aile des convers

Dans la partie sud du cloître se trouvait l'aile des convers, qui fut détruite par les incendies de la  fin du XIVe siècle et ne fut jamais reconstruite, les convers ayant pratiquement disparu. Les moines au XVe siècle, refermèrent l'espace du cloître par un simple mur auquel la galerie sud du cloître était adossée. La restauration a consisté d'abord à relever ce mur du XVème, puis à construire une salle de conférence en rez-de-cloître, reprenant les fondations des murs médiévaux ainsi que deux portes. aile convers

Le mur sud du cloître, relevé
On a pris aussi le parti d'aménager une terrasse à l'étage où se situait à peu près le dortoir des convers jusqu'au XIVe siècle, qui sert à la communauté , aux beaux jours, pour recevoir amis et collaborateurs.
Actuellement la grande salle du rez-de-cloître, qui correspond à peu près à l'emplacement de l'ancien réfectoire de l'abbaye, accueille une exposition d'outils anciens et traditionnels ainsi qu'un parcours pédagogique sur la construction d'une abbaye au moyen âge, avec une maquette de l'abbaye telle qu'elle devait être au XIIIe siècle.

Le clocher

sans clocher    L'abbaye avait possédé deux cloches. L'une d'elle, "Marie-Sauveterre", a été retrouvée dans l'église de Crots. Aimablement rendue par la commune, elle reposait depuis 1992 dans le fond de l'abbatiale dépourvue de son clocher depuis 1890. Il devenait donc nécessaire de reconstruire le petit clocher. On put le faire, à l'identique, grâce à quelques gravures et surtout à une vieille photographie des années 1880 retrouvée par un ami de la région. Une souscription provoquant quelques mécènes et généreux donateurs a rendu possible cette reconstruction.
   Les 1300 pierres de cargneule furent taillées en quinze mois par deux tailleurs de pierre. Une seconde cloche a été coulée et fut baptisée "Marie" par l'évêque de Gap, le 18 août 2000.
clocher


Le cloître

Les galeries couvertes du cloître ont été démolies et reconstruites deux fois au cours des siècles et finalement remplacées, au XVIIe siècle, par des couloirs fermés. Il était donc impossible, autant pour des raisons archéologiques que financières, de reconstruire ces quatre galeries. Le parti fut  pris de remettre en place les pierres retrouvées des arcades, des colonnes et du mur bahut, afin de présenter deux exemples pédagogiques : une double arcade du XVe siècle, sur l'aile ouest, et une galerie complète du XIIIe siècle le long de l'église, au nord.

Novembre 2009, on remonte la galerie nord, 12° s.
Voir "Vie à l'Abbaye"
La couverture sur charpente, en mélèze, des galeries anciennes sera évidemment refaite à l'identique.

Le mur bahut, relevé, dessinera l'ensemble du cloître, alors que le côté Est (le long d el'aile des moines) demeurera sans couverture, afin de respecter la restauration faite du balcon de bois de l'ancienne école et du logement de l'institutrice (XXe siècle).

Les travaux ont débuté à la fin de 2008 et dureront environ trois années.


Pour en savoir plus

Livres, Cahiers et Livrets publiés par l'Abbaye.
Voir page "Librairie" : "Publications de l'Abbaye"