L'ABBAYESommaire :
l'esprit de ce lieu
L'Association des Amis de l'Abbaye
|
|
La communauté religieuse s'est
constituée, en
esprit, dès le début de la renaissance de
l'abbaye, c'est
à dire depuis 1972. Mais sa constitution formelle comme
"Communauté Saint-Dominique" date des années 1990. Son originalité tient à sa mixité (religieuses et religieux de divers ordres et congrégations). L'initiative revient à l'ordre des Dominicains ; mais la communauté comprend actuellement, outre deux moniales dominicaines et deux frères dominicains, un moine cistercien, trappiste, de Tamié. Le sixième, le frère Isidore Dalla Nora, frère Missionnaire des Campagnes, est hélas décédé le 17 février 2009. |
![]() La communauté de Boscodon en janvier 2009 |
La communauté, reconnue par
l'évêque de Gap,
est aidée par un "conseil de tutelle" comprenant
les
supérieurs respectifs des sœurs et
frères. Ses membres participent, à l'occasion, aux activités pastorales du diocèse. Ils sont membres de l'Association A.A.A.B.; à ce titre, ils assurent le gardiennage de l'abbaye et participent à l'animation culturelle du lieu. La communauté assure l'office quotidien et la messe des dimanches et fêtes, auxquels sont invitées toutes les personnes qui désirent partager leur prière. |
|
Depuis le début de la renaissance de l'Abbaye, des
laïcs chrétiens de tous âges se sont
associés
étroitement à l'aventure commencée par
des
religieuses et religieux, soit pour la création et
l'animation
de l'Association des Amis de l'Abbaye, soit pour les chantiers de
déblaiement et de fouilles, soit pour l'accueil des
visiteurs et
l'animation du lieu. Ensemble, religieux et laïcs forment ainsi une véritable "communion" d'amitié, de prière, de recherches historiques, archéologiques, d'action, d'accueil et d'apostolat. Cette communion a pris, à un certain moment, la forme d'une association (Association Notre-Dame de Boscodon : A.N.D.B.) partageant les responsabilités confiées par l'Association propriétaire (A.A.A.B.) : tâche de gardiennage et d'animation du lieu. Certains de ces laïcs associés à la communauté habitent près de l'abbaye : ils viennent donc régulièrement partager la vie, la prière et les activités de la communauté résidente. D'autres, à l'inverse, habitent des régions de France éloignées : ils viennent alors de temps en temps, surtout l'été, pour une semaine ou davantage. Mais, lorsque les uns ou les autres sont présents, ils partagent entièrement les locaux et la vie de la communauté. Il ne s'agit donc en aucun cas de personnes "hébergées", retraitants ou autres... |
![]() Repas fraternel sur la terrasse de l'aile des convers |
| Communauté religieuse et Laïcs chrétiens en communion se reconnaissent dans une "Charte" qu'ils ont élaborée ensemble, sujette à des évolutions éventuelles, et dont voici le texte : CHARTE DE LA COMMUNION DE BOSCODON![]() Texte révisé le 1er mai 2009 |
![]() Vallée de la Durance,
vallon de Boscodon et chaîne du Parpaillon
|
Située
dans un très beau cadre de montagne, à 1150 m
d'altitude,
l'abbaye de Bosocodon est un remarquable monument du XIIe
siècle. Appelés par le seigneur Guillaume de Montmirail, propriétaire du territoire de Boscodon (de bosc, forêt et dun, hauteur), des moines de Chalais arrivèrent en 1142. Ils commencèrent aussitôt la construction de l'église abbatiale, qui dura 32 ans, et édifièrent ensuite les bâtiments claustraux formant classiquement un quadrilatère entourant le cloître. À partir de la
seconde moitié du XIVe
siècle, d'incessantes guerres (Guerre deCent Ans, guerres de
religions, guerre entre France et Savoie...) et de fréquents
raids de pillards mirent à sac les bâtiments
monastiques
et le cloître, épargnant heureusement l'abbatiale. L'abbaye chalaisienne est devenue bénédictine à la fin du XIVe siècle. |
|
Confisquée par l'archevêque d'Embrun vers 1770, l'abbaye cesse d'exister en tant que telle, transformée en centre d'exploitation forestière pour le commpte de l'archevêque. La révolution de 1789 la transforme en bien national, vendu par morceaux à un vingtaine de familles paysannes qui en font ainsi un hameau de la commune des Crottes, avec une école. Elle va être peu à
peu rachetée à partir de
1972 par l'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon et
classée
"Monument Historique" en 1974. L'aile des moines et l'espace du
cloître en 1972
|
![]() |

![]() Chantier de jeunes : fouilles dans l'espace du cloître et Messe de chantier |
Tout était parti de Chalais, tout va repartir de Chalais. Le compromis de vente de l'abbaye est signé le 22 janvier 1972 par la sœur Jeanne Marie, moniale de Chalais devenu monastère de dominicaines. En juin de cette même année, une association se constitue avec 12 membres afin de lancer "le remembrement, la restauration et l'animation de l'abbaye de Boscodon". Commencent alors les chantiers de jeunes bénévoles, tandis que les moniales dominicaines assurent une présence priante, l'été, à la demande de l'évêque de Gap, Monseigneur Coffy. Le classement des bâtiments remembrés comme "Monument Historique", intervenu en octobre 1974, permettra une première campagne de restauration, de 1977 à 1979, grâce à la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et aux nombreux donateurs. Dès 1978, un important travail de recherche historique et archéologique permet le remembrement des bâtiments claustraux. Architecte en Chef des Monuments Historiquees en charge de Boscodon depuis 1980, Francesco Flavigny prendra le parti fondamental de restaurer en se fondant sur les données archéologiques dominantes. |
L'objectif premier fut de déblayer les locaux et de permettre ainsi à une communauté permanente de vivre immédiatement sur place.
![]() L'abbatiale en 1972 |
![]() La même après restauration |
La chapelle, construite à la demande de l'Abbé commendataire, fin XIVe siècle, avait fait l'objet des premiers soins (1976-1977)
![]() La chapelle Saint-Firmin en travaux |
![]() La même, restaurée |
À l'extérieur, la maison abbatiale en ruines, et par conséquent dangereuse, a été détruite en 1974.
La première partie des travaux s'est effectuée entre 1983 et 1987. Le travail le plus ardu consista à consolider le bâtiment, le mur Est reposant sur un important remblai. Une fois réalisé, ce travail a permis la restauration des façades et du toit. Une grande partie des éléments architecturaux ont été repris, tant sur les façades (porte romane ou fenêtre du XVIIIe siècle sur la partie sud) qu'à l'intérieur du corps du bâtiment, aujourd'hui résidence de la communauté résidente (cheminées et alcôves des cellules monastiques).
![]() Façade Est de l'aile des moines, 1972 |
![]() Façade Est de l'aile des moines, après restauration |
En 1975, lors des premiers coups de pioche à l'ouest de l'espace du cloître, apparition de vestiges d'un bâtiment conventuel. À partir de 1981, des campagnes de dégagement permettront de retrouver escaliers, planchers et fragments de vaisselle du XVIIIe siècle. Ces campagnes révéleront l'existence antérieure d'un cellier allant de l'entrée primitibe du monastère au parvis de l'abbatiale ainsi que des aqueducs médiévaux d'amenée d'eau vers le cloître. Cette aile ouest fut convertie plus tard (XVe s.) en trois, puis cinq logis pour les moines dotés d'un "office" et nommés de ce fait "officiers". On découvrit aussi que ce bâtiment existait sur deux étages, permettant d'aménager une cave pour chaque officier. Grâce au mécénat et aux subventions des collectivités, ce bâtiment fut relevé dans les années 1994-1995.
![]() Aile des officiers après les fouilles |
![]() Aile des officiers relevée et restaurée |
| Dans la partie sud du cloître se trouvait l'aile des convers, qui fut détruite par les incendies de la fin du XIVe siècle et ne fut jamais reconstruite, les convers ayant pratiquement disparu. Les moines au XVe siècle, refermèrent l'espace du cloître par un simple mur auquel la galerie sud du cloître était adossée. La restauration a consisté d'abord à relever ce mur du XVème, puis à construire une salle de conférence en rez-de-cloître, reprenant les fondations des murs médiévaux ainsi que deux portes. | ![]() Le mur sud du cloître, relevé |
On a
pris aussi le parti d'aménager une terrasse à
l'étage
où se situait à peu près le dortoir
des convers jusqu'au XIVe siècle, qui sert à
la communauté , aux
beaux jours, pour recevoir amis et collaborateurs. Actuellement la grande salle du rez-de-cloître, qui correspond à peu près à l'emplacement de l'ancien réfectoire de l'abbaye, accueille une exposition d'outils anciens et traditionnels ainsi qu'un parcours pédagogique sur la construction d'une abbaye au moyen âge, avec une maquette de l'abbaye telle qu'elle devait être au XIIIe siècle. |
![]() |
L'abbaye avait possédé deux cloches.
L'une d'elle,
"Marie-Sauveterre", a été retrouvée
dans
l'église de Crots. Aimablement rendue par la commune, elle
reposait depuis 1992 dans le fond de l'abbatiale dépourvue
de
son clocher depuis 1890. Il devenait donc nécessaire de
reconstruire le petit clocher. On put le faire, à
l'identique,
grâce à quelques gravures et surtout à
une vieille
photographie des années 1880 retrouvée par un ami
de la
région. Une souscription provoquant quelques
mécènes et généreux
donateurs a rendu
possible cette reconstruction. Les 1300 pierres de cargneule furent taillées en quinze mois par deux tailleurs de pierre. Une seconde cloche a été coulée et fut baptisée "Marie" par l'évêque de Gap, le 18 août 2000. |
![]() |
| Les galeries couvertes du cloître ont été démolies et reconstruites deux fois au cours des siècles et finalement remplacées, au XVIIe siècle, par des couloirs fermés. Il était donc impossible, autant pour des raisons archéologiques que financières, de reconstruire ces quatre galeries. Le parti fut pris de remettre en place les pierres retrouvées des arcades, des colonnes et du mur bahut, afin de présenter deux exemples pédagogiques : une double arcade du XVe siècle, sur l'aile ouest, et une galerie complète du XIIIe siècle le long de l'église, au nord. | ![]() Novembre 2009, on remonte la galerie nord, 12° s. Voir "Vie à l'Abbaye" |
La couverture sur charpente, en
mélèze, des galeries anciennes sera
évidemment refaite à l'identique. Le mur bahut, relevé, dessinera l'ensemble du cloître, alors que le côté Est (le long d el'aile des moines) demeurera sans couverture, afin de respecter la restauration faite du balcon de bois de l'ancienne école et du logement de l'institutrice (XXe siècle). Les travaux ont débuté à la fin de 2008 et dureront environ trois années. |