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 En juin 1935, les
pêcheurs de sardine de La Turballe souffrent d'un manque de débouchés :
le coût élevé des transports et l'absence d'une grande conserverie les
obligent à rejeter à la mer près de la moitié de leur prise
quotidienne. C'est alors que l'aviateur René Marchesseau, établi depuis
peu au Pouliguen, reprend à son compte une idée originale, dans l'air
depuis 1933. Estimant qu'un avion peut transporter 30.000 sardines, soit
une tonne, Marchesseau se propose d'acheminer à Paris les sardines
fraîchement pêchées. En supprimant les intermédiaires, il se fait fort
de rendre leur transport aérien concurrentiel par rapport au chemin de
fer. Trois avions offriraient aux pêcheurs un débouché comparable à
celui d'une grande usine.
Ainsi, en créant la Compagnie nantaise de navigation aérienne (C.N.N.A.),
Marchesseau invente le premier transport commercial privé de fret aérien
en Loire-Atlantique.
Le 1° juillet 1935, commencent des travaux d'aménagement d'un
aérodrome sommaire à la Turballe sur le terrain dit de la Falaise. Le
1° août, le terrain n'étant pas encore prêt, c'est d'Escoublac que
Marchesseau décolle à midi à bord d'un Latécoère de 450 cv,
ancien appareil de l'Aéropostale. L'aviateur et ses 20.000 passagères
sont accueillis au Bourget par les représentants des ministres de l'Air
et de la Marine marchande. Les poissons sont vendus à la criée, dans les
rues de la capitale. Comme escompté, Marchesseau rencontre un grand
succès et, dès le 25 août, trois avions assurent les liaisons
avec Paris, destination à laquelle s'ajoute Le Mans en septembre.
Ayant suspendu ses activités pendant l'hiver, la C.N.N.A. reprend au
printemps 1936 ses expéditions, avec cinq appareils, vers Paris et de
nombreuses villes de province. Le 10juin 1936, ce sont ainsi 10.000
sardines qui arrivent à Rennes par la voie des airs. Pourtant, à la fin
du mois, la grève des raffineries de pétrole cloue les avions au sol,
faute de carburant. La C.N.N.A. ne s'en relève pas. Les épaves des
avions seront retrouvées en 1940 par les allemands près de la base
sous-marine de Saint Nazaire.
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René MARCHESSEAU (1897-1944).
Né en 1897 en Charente, René Marchesseau
sert dans l'artillerie au début de la Première guerre mondiale avant de
se faire verser dans l'aviation. Après-guerre, l'adjudant-chef
Marchesseau, pilote accompli et passionné, est intégré par le capitaine
Marcel Goulette au petit équipage qui comprend également le sergent-chef
mécanicien Jean-Michel Bourgeois. Leur mission : relier Paris à La
Réunion, via Madagascar, en moins de dix jours. Le 17 octobre 1929, Marchesseau prend les commandes du Farman 192 et décolle du Bourget. Le
26 novembre, l'avion se pose sans encombre sur l'île de La Réunion,
réalisant ainsi la première liaison postale entre la métropole et La
Réunion.
En 1932, Marchesseau quitte l'armée et fonde une école de pilotage à
Berck sur mer, dans le Pas-de-Calais. En 1933, il s'établit au Pouliguen
où, auréolé de son titre de gloire de 1929, il devient aussitôt une
figure locale. Mobilisé en 1939, il disparaît en service en 1944.
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