Le retard du "politico-institutionnel"
Léviathan, c'est un monstre biblique, une sorte de
gros hippopotame dont parle le livre de Job, en précisant
"qu'il n'est de puissance sur terre qu'on puisse lui comparer".
C'est à ce monstre que T. Hobbes compare l'Etat, dans
un livre publié en 1651. A l'épicentre des turbulences
qui agitent nos sociétés, Léviathan est
empêtré. Peut-on espérer qu'un nouveau Thésée
nous libérera de ce Minotaure des temps modernes ? Peut-être,
mais la difficulté majeure est qu'excepté l'anarchie,
seul le Minotaure lui-même peut l'enfanter. De plus, empêtré
dans son propre corps, Léviathan l'est aussi dans son
environnement (international)... et il a fait des petits (institutions
de toutes natures) qui le sont tout autant !
Cet article
est extrait d'un livre publié par l'auteur en 1982 (1),
moyennant quelques adaptations formelles pour "tenir"
dans les 4 pages d'un article de Technologies
internationales .
Quant au fond, après un quart de siècle, les questions
soulevées restent d'actualité : peut-être
la prise de conscience a-t-elle un peu progressé, mais
beaucoup reste à faire...
Nos institutions politiques reposent sur un
délicat équilibre entre le pouvoir de l'Etat (rendu
nécessaire par la vie en société) et les
libertés des citoyens. Cet équilibre suppose d'autres
équilibres, entre pouvoir central, pouvoirs locaux, contre-pouvoirs
; il est conditionné par une séparation des pouvoirs,
clairement formulée par Montesquieu, mise en cause par
les évolutions de la société depuis un
siècle : accélération, dimension, complexité
croissantes .
Car leurs corollaires sont : croissance globale du Pouvoir,
centralisation accrue, hypertrophie de l'Exécutif. Le
tout compliqué par d'importants progrès techniques
ou changements sociaux, avec aussi la mondialisation et autres
évolutions majeures auxquelles les Etats n'ont pas réellement
su s'adapter.
Suite
: Les petits de Léviathan...
(1) Source : Mutation
2000, le tournant de la civilisation, par Jean-Pierre Quentin,
Ed. Le Hameau, Paris, 1982 ; voir notamment analyse par Georges
Guéron (Futuribles) et extraits des commentaires
de la presse. [retour]
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