HISTOIRE
D'UN RESCAPE:
Ferré plus ou moins régulièrement depuis l'âge
de
3 ans, Azhar a commencé à boîter de
l'antérieur
droit, en 2005 (soit à 9 ans), très
légèrement, jamais en début de séance mais
au
bout de 30 minutes de travail, par intermittence,
et que ce soit en début ou en fin de ferrure....
Puis, en Octobre 2005, il a boîté également de
l'antérieur gauche, mais alors là, bien plus
franchement. Mais toujours au bout d'un petit
temps de travail, et pas systématiquement.
Le
24 Novembre 2005, Patrice Martin
est venu le déferrer et le parer. Les boîteries ont disparu
pendant deux mois, puis elles sont réapparues, toujours légères
et par intermittence.
Le
16 Février 2006, nous l'avons montré à un spécialiste
réputé.
Diagnostic, après examen minutieux puis radios des deux antérieurs:
ossification des processus palmaires, plus accentuée
sur le pied gauche.
Traitement: La boîterie a 9 chances sur 10 de disparaître
(mais pas sa cause) en 10 à 12 mois de repos avec ferrures à
planche pour soulager les talons et prendre appui davantage sur la fourchette.
Mais Azhar aura toute sa vie besoin d'une ferrure à planche,
et risque d'être définitivement boîteux vers 15 ans.
Je
n'ai pas fait ferrer Azhar. Mais je l'ai laissé au repos au pré
2 mois, paré régulièrement par Patrice
Martin.
Mi- Avril, Patrice m'a conseillé de le monter un peu, histoire
de voir où il en était... Il ne boîtait plus et
il n'a jamais reboîté depuis.
Patrick et moi avions entendu parler de la possibilité de monter
les chevaux pieds nus, mais le degré d'usure des fers à
chaque visite du maréchal nous laissait sceptiques...
Azhar vit en troupeau, au pré toute l'année,
entre 800 et 1000 m d'altitude. Le sol des prés n'est
pas suffisamment caillouteux et il ne travaille pas assez souvent pour
user ses pieds, Patrice Martin doit intervenir tous les deux mois pour
supprimer l'excès de sole et de barres qui pousse trop et comprime
l'intérieur des pieds.
Azhar est maintenant pieds nus depuis le 24 Novembre
2005. La nouvelle corne est arrivée en bas du sabot en talons
et en pince. Il est monté en carrière ET en extérieur,
en tout terrain, aux mêmes allures que lorsqu'il était
ferré, sans gêne.
Il ne mange pas de biotine, ses pieds ne sont jamais graissés.S'il
est vrai que le cheval retournant à sa vie "pieds nus"
après de longues années de ferrures régulières
ressent sûrement une gêne , peut-être même une
légère "douleur" (mais comment la quantifier
puisque le cheval ne boîte pas) dûe au retour de l'irrigation
et de la sensibilité de l'intérieur du pied, on ne se
pose pas la question pour le poulain qui, après ses trois premières
années de vie pieds nus, en parfaite santé, se voit poser
des fers qui vont petit à petit empêcher le fonctionnement
de son sabot, réduire à néant son rôle d'amortisseur,
compromettre l'élasticité de la corne et la rendre cassante,
nécessitant force graisse et biotine... quand cela ne fait pas
apparaître au bout de quelques années une boîterie
qui verra mettre une fin prématurée à sa carrière,
si ce n'est à sa vie... sans parler de l'aplomb désastreux
de la troisième phalange du au surélévement artificiel
des talons, sous prétexte de soulager les tendons....
Mais le retour à la vie pieds nus ne peut se faire que sous certaines
conditions:
des conditions de vie les plus naturelles possibles justement, soit
une vie en extérieur la plupart du temps qui permette au cheval
de se déplacer à sa guise, un sol suffisamment abrasif
pour venir à bout de la pousse de la corne, incroyablement plus
résistante quand elle n'est plus dénaturée par
les fers, ou un travail régulier sur des sols variés,
ou un parage effectué par une personne compétente. La
présence d'un point d'eau est également indispensable,
le pied ayant besoin de se réhydrater.
Et alors, adieu coliques, adieu tics d'écurie, adieu engorgement
des membres, adieu boîteries non accidentelles....