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Photo disque CBS
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Marcel Merkès est né
à Bordeaux le 7 juillet 1920. Son père, chef comptable,
ne s'oppose pas à sa vocation. Il peut donc entrer au Conservatoire de
Bordeaux où il obtient un premier prix d'opéra, d'opéra-comique et
d'opérette.
Paulette Riffaud est née le 3 novembre 1920 à La
Roche-Chalais (Dordogne) où son père, expéditeur en gros, s'installe bientôt, avant, quelques
années plus tard, de se fixer à Bordeaux.
Paulette fait ses études au lycée
Montaigne de Bordeaux et entre au Conservatoire où elle étudie le violon. Un peu par
hasard, elle entre dans la classe d'opérette... où ses études sont
couronnées par un premier prix. C'est au Conservatoire qu'elle rencontre Marcel
Merkès ; une idylle se noue entre les deux jeunes gens : ils convoleront en
justes noces le 27 décembre 1939.
Un succès immédiat
Avant d'être appelés à chanter dans la capitale, lorsque cette
ambition peut se réaliser, ce qui n'est pas souvent le cas, les jeunes
artistes sont généralement tenus à parcourir la province pendant
plusieurs années. Pour Marcel Merkès et Paulette Merval, tout s'est
déroulé très vite. Quelques passages sur les scènes de province... et
presque aussitôt un contrat pour Mogador !
Il faut dire qu'à cette époque, Henri Varna, le directeur de Mogador,
comme Maurice Lehmann au Châtelet, est confronté, la guerre à peine
terminée, au problème du renouvellement des distributions.
Il auditionne Marcel et Paulette et est aussitôt enthousiasmé par ce
jeune couple qu’il engage sur le champ pour une reprise de Rêve de
Valse (22 mars 1947). L’année suivante, il engage Marcel Merkès
pour la création de la première grande opérette à grand spectacle de
Vincent Scotto : Violettes Impériales, qui se joue du 31
janvier 1948 au 5 février 1950 pour la première série. Varna et Scotto
souhaitant une Espagnole bon teint pour le rôle de Violetta, c'est Lina Walls
qui sera la partenaire du jeune baryton.
Violettes
Impériales consacre Marcel Merkès grande vedette de l'opérette.
Pendant ce temps Paulette chante un peu partout, en France (Lyon et
Bordeaux notamment), en Belgique et en Suisse (Genève), le répertoire
d'opérette classique : Véronique, La Veuve Joyeuse, La Fille de
Madame Angot...
Les représentations à Mogador sont à peine terminées que Marcel
crée au Châtelet, avec Lily Fayol comme partenaire, la version
française de la comédie musicale Annie du Far West. Au même
moment, Paulette chante au théâtre de l'Empire une reprise de Rose-Marie
dans une mise en scène de Maurice Lehmann.
La naissance d'Alain Merkès ne leur permet pas de se retrouver
ensemble à Mogador où Henri Varna fait appel à Marina Hotine pour donner la
réplique à Marcel dans une reprise
de La Veuve Joyeuse.
Puis, on retrouve Paulette et Marcel au théâtre de l'Alhambra de
Bruxelles où ils chantent pendant plusieurs mois Violettes Impériales
avant d'interpréter le succès de Scotto à Genève et sur les grandes
scènes françaises et d'expression française.
1200 représentations en trois ans et demi !
À Mogador ensuite, les deux vedettes créent d'abord Les Amants de
Venise, l'opérette de Vincent Scotto et Paulette Zévaco, qui se joue
deux ans, du 5 décembre 1953 au 9 décembre 1955. C'est un triomphe. Une
nouvelle création, Les Amours de Don Juan, du compositeur Juan
Morata, succède aux Amants de Venise ; après 16 mois de
succès, ils abandonnent leur rôle et sillonnent les routes de France, de
Belgique, de Suisse, du Canada et d'Afrique du Nord.
En 1956, Marcel Merkès tourne le film Trois de la Canebière
d'après l'opérette de Vincent Scotto et, l'année suivante, Trois de
la Marine. Paulette participe à ce second film.
Le couple idéal
Les années soixante, porteuses de la vague du "rock'n roll"
et des "yé-yé", sont impitoyables pour certains artistes de
variétés, emportés comme un fétu de paille... L'opérette elle-même
et certains de ses artisans sont touchés.
Imperturbables, Marcel Merkès et Paulette Merval traversent cette
période sans dommage, se permettant même d'accroître leur notoriété
qui culmine au moment des représentations de Vienne chante et danse (1967).
Après une reprise de Violettes Impériales à Mogador par Marcel Merkès,
toujours sans Paulette, les
époux se retrouvent ensemble sur cette même scène, le 24 février 1962, pour une
reprise de Rêve de Valse. Désormais, les directeurs de théâtre
ne pourront ni ne voudront les séparer sur leurs scènes. Le mythe du
"couple n°1 de l'opérette" est établi et bien établi.
Dans le théâtre d'Henri Varna, ils alternent tout au long de la
décennie soixante, reprises et créations, qu'ils interrompent pour de
brèves tournées en province.
Après Rêve de Valse, Marcel et Paulette chantent 150 fois Violettes
Impériales en province, donnent quelques représentations de La
Veuve Joyeuse et se retrouvent à Mogador pour une reprise de Rose-Marie
particulièrement réussie (23 novembre 1963).
Nouvelle création du couple le 5 décembre 1964 : Michel
Strogoff, adapté du chef d'œuvre de Jules Verne et mis en musique
par Jack Ledru. Un an plus tard, Michel Strogoff et ses créateurs
se font applaudir sur les scènes de province. Une tournée de La Veuve
Joyeuse précède le retour à Mogador du couple pour une reprise des Amants
de Venise (26 novembre 1966).
À Mogador, Vienne chante et danse (25 novembre 1967) de Jack
Ledru (airs additionnels de Johann Strauss) est un nouveau succès
triomphal, tant à Paris où il se joue deux ans, qu'en province ou ses
créateurs le feront applaudir au cours de deux grandes tournées.
Ambassadeurs de l'opérette
La dernière représentation de Vienne chante et danse est
donnée le 12 novembre 1969, quelques mois après la mort d’Henri Varna.
Les deux vedettes retrouvent les grandes scènes de l’Hexagone et de
Belgique avant une dernière création parisienne, Douchka, de
Charles Aznavour et Georges Garvarentz (octobre 1973/août 1974).
Après Paris, Douchka part deux ans en tournée. L'occasion pour
Alain Merkès de faire ses débuts dans l'opérette. À partir de 1976 et
pendant trois ans, une nouvelle production de Vienne chante et danse
bat des records de recette.
En 1979 le couple décide de reprendre, dans une nouvelle production, Princesse
Czardas de Kalman, qu'ils font applaudir un peu partout pendant cinq
ans. Ce spectacle très luxueux est diffusé à la télévision le 2 janvier 1983.
En 1984, Marcel et Paulette décident de se produire désormais en
récital dans un spectacle intitulé Nos amours d'opérettes.
Après un rodage en province, le spectacle est présenté avec succès à
l'Olympia pendant trois semaines. Ce récital, avec Alain Merkès en
première partie, part ensuite pour une longue tournée qui permettra à
ces deux grands artistes de quitter la scène en gardant leur popularité
intacte.
Bien entendu, Marcel Merkès et Paulette Merval ont enregistré les
opérettes de leur répertoire (disques 33T 30cms), certains étant
réédités en CD. Ils ont participé à de nombreuses émissions
télévisées.
Marcel Merkès est décédé à Pessac, près de Bordeaux, le 30 mars
2007, Paulette Merval le 21 juin 2009 à Bordeaux.
Jean-Claude Fournier
Discographie
Les extraits d'opérettes en 33T 30cm (CBS/ Sony) enregistrés par
Marcel Merkès et Paulette Merval
- Violettes Impériales (deux versions)
- Les Amants de Venise (deux versions)
- Vienne chante et danse (deux versions)
- Douchka
- Rêve de Valse (d'abord couplé avec Princesse Czardas,
puis augmenté pour être diffusé sur deux faces)
- Princesse Czardas (d'abord couplé avec Rêve de Valse
puis avec Le Comte de Luxembourg)
- Princesse Czardas (nouvelle version)
- L'Auberge du Cheval Blanc (deux versions)
- Rose-Marie
- No, No, Nanette
- La Veuve Joyeuse
- Valses de Vienne
- La Fille de Madame Angot
- Les Cloches de Corneville
- Véronique
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