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Version originale:
Acte I
À Londres, dans une taverne. Le capitaine
Thompson évoque l’île Verte, lointaine possession anglaise où
s'impatiente une centaine de colons privés de femmes. Un premier navire n’étant
jamais parvenu à destination, le jour où commence cette histoire, cent
jeunes filles destinées à devenir les épouses légitimes des malheureux
célibataires doivent être enrôlées et embarquées.
Marié la veille à Gabrielle, le duc Anatole de
Quillembois est venu en Angleterre avec son épouse pour passer sa lune de
miel. Il retient la chambre n°4, tout en déplorant que les usages dans
le grand monde ne lui aient pas encore permis de se retrouver seul avec
son épouse. Et ce n'est pas fini ! Car le couple Poulardot - le
mari est fabricant de pâtes alimentaires -, qui s'est entiché des
jeunes mariés, ne les quitte pas. "Partout où vous irez, nous vous
suivrons", déclare Eglantine Poulardot. Les voici à la taverne où
les problèmes de logement sont tels que la nuit de noces sera encore
différée : les femmes coucheront dans la chambre n°4, les hommes
dans une soupente.
Le matin suivant, les maris partent s'occuper
des bagages, tandis que les deux femmes décident de visiter l’un des
vaisseaux à quai, évidemment celui sur lequel doivent être embarquées
les vierges. La demande de visite signée est confondue avec un acte
d'enrôlement et voici Gabrielle et Eglantine conduites jusqu'au navire en
compagnie du " troupeau charmant ". Quand Anatole et
Poulardot réapparaissent, c’est pour apprendre que leurs deux femmes
ont signé pour l’île Verte où elles devront prendre époux.
Acte II
Dans l'île Verte, le Gouverneur Sir Jonathan
Plupersonn et son secrétaire Brididick ne peuvent que s'associer aux
récriminations des colons inassouvis. Enfin, un vaisseau se présente…
Les damoiselles - dont Eglantine et Gabrielle - ne sont plus que
19, le reste du troupeau s’étant évanoui au cours des escales. De leur
côté, Poulardot et Anatole, qui sont arrivés sur un tonneau, se
dissimulent pour écouter et voir sans être vus. Gabrielle et Eglantine
protestent et refusent énergiquement de se marier à nouveau. La vertu de
leurs épouses réconforte les deux naufragés dont le contentement est de
courte durée : s’ils se présentent, ils seront jetés à la mer,
déclare le Gouverneur.
Quelques instants plus tard les deux maris ont l’occasion
de se faire reconnaître de leurs moitiés. Devant le danger, une
décision est prise : Poulardot et Anatole, déguisés en femmes,
sont présentées au Gouverneur comme étant la mère et la fille.
Le partage a lieu par tirage au sort. Les
épouses sont dévolues à deux colons tandis qu’Anatole et Poulardot
épouseront respectivement le Gouverneur et son secrétaire.
Acte III
Au Palais du Gouverneur, la fête des
épousailles réunit Plupersonn, Brididick, Anatole et Poulardot. Pour se
soustraire aux privautés dont ils sont l'objet, Anatole et Poulardot
s'enferment dans leur chambre nuptiale, non sans avoir auparavant
souffleté les deux " maris " décidément trop
entreprenants. Deux colons ont subi le même traitement de la part de
Gabrielle et Eglantine ; ils ont également découvert des vêtements
masculins qui pourraient laisser à penser que les deux femmes sont des
hommes. Bien vite disculpées, elles sont rejointes par Anatole et
Poulardot qui ne cachent plus leur véritable nature. Le Gouverneur
décide alors de faire jeter à la mer les deux imposteurs. Pendant qu’Eglantine
prend la tête d'une insurrection sur l’île, Gabrielle s'efforce de
séduire le Gouverneur afin de gagner du temps. Plupersonn, tout en
soupçonnant le stratagème, retarde l'exécution ; la tension monte
sur l’île ; mais l'arrivée inespérée du navire égaré met fin
à toute tentative d'insurrection.
Chacun aura sa chacune, mais pour les quatre
protagonistes, transplantés bien malgré eux, ce sera à Paris qu’ils
roucouleront.
D’après
un texte de Didier Roumilhac (" Opérette " n°59)
Version 1942:
Acte 1
Le bal Mabille à Paris. Gabrielle de Lestange doit épouser Anatole de
Quillembois. La veille du mariage, afin d'imiter son futur mari, elle
décide "d'enterrer sa vie de jeune fille". Pour ce faire, elle
se rend seule au bal Mabille, où elle fait la connaissance des époux
Poulardot, fabricants de pâtes alimentaires, qui poursuivent un voyage
d'agrément, et de Marcel Davray, jeune artiste peintre qui lui fait
aussitôt une cour empressée.
Anatole de Quillembois survient, passablement gai. Il ne s'étonne pas de
la présence de sa fiancée qu'il attribue à la jalousie. Les Poulardot
trouvent les futurs époux si sympathiques qu'ils décident de les
accompagner pendant leur voyage de noces.
Marcel Davray jure un amour éternel à
Gabrielle, qui est troublée malgré elle, et lui assure que le mariage ne
sera pas consommé.
Le cabaret de Baptistin à Marseille. Les colons
de l’île Verte, nouvelle possession française du Pacifique, attendent
cent vierges afin d'en faire leur femme. Une première cargaison n'étant
jamais parvenue à destination, le capitaine Bordenave prépare le départ
d'une nouvelle expédition.
C'est dans le cabaret de Baptistin, à
Marseille, où Anatole et Gabrielle ont retenu une chambre, que
l'enrôlement se fait. Anatole est mécontent. Par suite d'incroyables
contretemps, son mariage n'a pu être consommé. De plus, le ménage
Poulardot s'accroche à eux comme des sangsues.
Marcel réussit à se trouver seul avec
Gabrielle. Il apprend à la jeune femme, qui ne paraît pas trop fâchée,
qu'il est responsable des difficultés qui mettent Anatole de si mauvaise
humeur.
Opportune Poulardot et Gabrielle décident de
visiter un navire. Marcel saisit l'occasion pour les faire monter sans
qu'elles s'en rendent compte sur le bateau qui s'apprête à appareiller
pour l'Ile Verte. Il se fait lui-même enrôler comme garçon de cabine,
et bientôt, sur le quai, les maris voient avec désespoir leurs épouses
disparaître à l'horizon.
Acte 2
Un site pittoresque sur l'Ile Verte. Le Gouverneur
Duflacnard et son secrétaire subissent la mauvaise humeur des colons
très mécontents de l'absence des vierges promises.
Enfin, un navire accoste. Il faut vire
déchanter, car le cheptel s'est en grande partie évaporé au cours des
escales. Ces dames ne sont plus que quatorze parmi lesquelles Opportune et
Gabrielle. En attendant qu'une solution soit trouvée pour le partage, les
colons sen vont vaquer à leurs occupations.
Opportune et Gabrielle tentent de faire
comprendre au Gouverneur que leur présence est le résultat d'une erreur,
qu'elles sont déjà mariées, et que leurs époux ne tarderont
certainement pas à les rejoindre. Duflacnard reste incrédule. Il a
d'ailleurs bien besoin de toutes ses vierges. Il prévient donc les deux
femmes, que si les maris se présentent, ils seront jetés à la mer.
Quelques instants plus tard Marcel apparaît.
Gabrielle n'en croit pas ses yeux. Il lui annonce qu'il est devenu citoyen
de l'Ile, et qu'il va pouvoir l'épouser grâce à la complicité du
secrétaire, qui n'a pas été insensible à la vue de quelques espèces
sonnantes et trébuchantes. Gabrielle ne proteste que pour la forme
lorsque Marcel la prend dans ses bras.
Nouvelle surprise avec l'arrivée de Poulardot
et d'Anatole, qui ont réussi à rejoindre l’île. Pour éviter que
Duflacnard ne mette ses menaces à exécution, leurs deux épouses
légitimes leur conseillent de se déguiser en femmes.
Anatole et Poulardot sont découverts alors
qu'ils ont revêtu leurs habits féminins. Ils sont réunis aux autres
vierges.
Les projets de Marcel sont remis en cause car le
Gouverneur a décidé de procéder à un tirage au sort pour l'attribution
des épouses. Ce qui est aussitôt fait. Gabrielle et Opportune sont
dévolues à deux colons, Poulardot et Anatole à Duflacnard et à son
secrétaire.
Le Palais du Gouverneur. Poulardot et Anatole
suscitent une révolte parmi les colons qui sont restés en manque… d’épouses.
Marcel survient, se fait connaître à Anatole, et lui annonce qu'il est
le futur mari de sa femme. Anatole est stupéfait. Le Gouverneur fait
arrêter les trois hommes, mais la rébellion est victorieuse et Marcel
est nommé Gouverneur.
Anatole se rend compte que Gabrielle aime
Marcel. Il décide de se sacrifier. De retour en France, il fera prononcer
le divorce et ira se consoler avec les petites femmes du bal Mabille.
Coup de théâtre final. Le navire que l'on
croyait disparu à tout jamais accoste avec ses cent vierges. Chacun aura
sa chacune et Gabrielle sera heureuse avec Marcel.
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