Analyse de la gauche indépendantiste basque envoyé en soutien au rassemblement d’Anaram Au Patac Bearn

Ce mois-ci en Euskal Herria… état d’exception

Détentions, opérations policières massives contre la jeunesse organisée, incarcérations et criminalisations de membres du bureau national de Batasuna et de la gauche indépendantiste basque, illégalisation des partis politiques EHAK et ANV (EHAK compte aujourd’hui 9 parlementaires au Parlement autonomique et ANV est un parti politique historique de la gauche indépendantiste basque qui est nait en 1930 et qui dispose aujourd’hui de plus de 400 élu-es municipaux dans les communes du Sud d’Euskal Herria).

Ce mois-ci en Euskal Herria… un peuple en lutte

De nombreuses mobilisations dans tous les villages d’Euskal Herria, grève générale le 14 février qui a mobilisé plus de 40 000 personnes, appels au boycott et à l’abstention pour les élections générales du 9 mars dans l’état espagnol.

Cette forte répression et les mobilisations de protestation ont eu un écho international et les dénonciations se sont multipliées à travers le monde. Pendant la semaine de solidarité avec Euskal Herria réalisée du 18 au 24 février il y a eu des mobilisations de soutien dans de nombreuses capitales d’Europe et des amériques. Une tournée organisée par des représentants indépendantistes à travers l’Europe a réussi à organiser une délégation d’observateurs internationaux pour les élections composée de parlementaires, juristes et journalistes de toute l’Europe.

Défendre la proposition d’un cadre démocratique pour Euskal Herria, ne pas céder sur son projet indépendantiste et socialiste, c’est le crime de la gauche indépendantiste basque.

Effacer de la carte la solution démocratique pour le futur d’euskal Herria

Le gouvernement du PSOE, avec l’aide de la bourgeoisie basque représentée par le PNV, essais de mettre en place un cadre pour Euskal Herria qui est la copie du précédent et réponds à des intérêts de partis allant à l’encontre de la revendication majoritaire d’Euskal Herria. Un cadre, qui, parce qu’il s’inscrit dans la constitution espagnole, nie les droits de ce peuple, nie le droit à décider et perpétue le conflit politique. Un modèle antidémocratique et illégitime pour Euskal Herria.

De cette façon, pour pouvoir parvenir à leurs fins, l’état espagnol et la bourgeoisie basque cherchent à effacer de l’espace politique toute opinion qui remet en cause l’actuel modèle politique. Et effacer de carte veut dire, incarcérer, faire taire, interdire, toute option qui fait face à cette nouvelle tentative de fraude politique.

Espagne contre Euskal Herria

Cependant, la gauche indépendantiste basque maintient sa proposition pour une solution démocratique, basée sur la volonté populaire et qui accorde à ce peuple le droit de décider de son futur. Cette proposition s’appelle Proposition d’un cadre démocratique pour Euskal Herria, un cadre nouveau qui réponde aux cause du conflit et qui permette à la citoyenneté basque de décider, de manière démocratique, le projet politique qu’elle voudra mettre en place, y compris, si elle le souhaite, l’option indépendantiste.

Cette proposition politique choque frontalement le cadre politico-institutionnel de l’état espagnol parce qu’il remet en cause le modèle constitutionnel espagnol et va en contre des intérêts de la bourgeoisie basque, qui depuis 30 ans a son quota de pouvoir en échange de maintenir ce peuple soumis au modèle étatique espagnol.

Les élections générales espagnoles du 9 mars 2008

La gauche indépendantiste basque qui représente 15 % de la population ne peut voter ni être votée. Ces élections ont lieu dans une situation de totale anormalité et présentent un caractère illégitime et antidémocratique.

Ces élections générales seront utilisées par l’état espagnol pour renforcer son modèle constitutionnel, et pour la bourgeoisie basque de rééditer le modèle actuel qui lui permet de maintenir son quota de pouvoir. Pourtant, ces élections permettent aussi à ce peuple de montrer qu’il veut exister, qu’il veut décider de son futur et choisir le modèle d’état qui assure sa survie.

Pour cela, ce qui est en jeu dans ces élections n’est pas de savoir si celui qui va gagner est le PP ou le PSOE. Ce qui est en jeu c’est si Euskal Herrai va prendre le chemin de la solution réelle au conflit, le chemin qui l’amène à un scénario démocratique, où l’on puisse opter pour toutes les options à travers la reconnaissance du droit à l’autodétermination, ou si Euskal Herria sera de nouveau prisonnière d’un état qui la condamne à mourir.

Face à la répression et face à la fraude, faire front, boycott et abstention.

Face à cet état d’exception en Euskal Herria, la gauche indépendantiste basque appelle à s’abstenir de manière active et à boycotter l’état espagnol.

  1. parce que ces élections sont antidémocratiques
  2. pour montrer son rejet des agressions dont souffre ce peuple
  3. pour montrer qu’ici il y a un peuple qui a le droit de décider et qu’il existe une solution démocratique au conflit
  4. pour montrer que toutes les options politiques y compris l’option indépendantiste peuvent se réaliser en Euskal Herria.

En ces moments difficiles, où s’affrontent toutes les parties impliquées dans le conflit, où ce qui est en jeu c’est le futur d’Euskal Herria, il est important de se montrer ferme sur les principes démocratiques et sur la défense des droits d’Euskal Herria. Pour cela, la gauche indépendantiste s’engage à continuer à travailler pour diffuser la proposition de solution démocratique pour le peuple basque et à continuer à prendre l’initiative politique jusqu’à obtenir  un nouveau scénario qui permette de dépasser le conflit politique et armé et qui instaure un cadre démocratique où toutes les options politiques, l’indépendantiste incluse, puissent être réalisables si le décident ainsi les citoyens et citoyennes basques.

Toute implication internationale qui aide à la recherche d’un scénario démocratique qui reconnaisse et respecte Euskal Herria comme peuple revêt une importance toute particulière.

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