VENDOME
41100
ABBATIALE
DE LA TRINITE
ABBATIALE
XI - XII - XIII - XIV - XVI
Roman
(O/N/P) : Partiel Néoroman
(O/N/P) : Non Ruine (O/N/P) :
Non Disparu (O/N) : Non Désaffecté
(O/N) : Non Collatéraux (O/N)
: Oui Coupoles (O/N) : Non
Tribune (O/N) : Oui
Eglise
reconstruite aux XIV° et XV°siècles: choeur d'une travée droite à
abside polygonale, déambulatoire, cinq chapelles rayonnantes polygonales,
transept du XI°siècle surélevé fin XII°siècle et recouvert de voûtes
angevines.
Au
Sud, clocher roman isolé XII°siècle à base carrée, étages octogonaux
et flèche de pierre à lanternons, vitraux XII°,XIV°, XV° et XVI°siècles.
Bâtiments
conventuels: seule galerie subsistante du cloitre XIV°/XV°siècle, côté
Sud de l'église, chartrier XIV°siècle actuelle sacristie, salle
capitulaire XIV°siècle où l'on vient de dégager des fresques du début
XII°siècle: la Pèche Miraculeuse.
C'est
un monument important en raison de ce qui subsiste de l'édifice du XI°siècle
et de son choeur du XIV°siècle très
exceptionnel.
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Le
chroniqueur des comtes d'Anjou au XII°siècle a évidemment embelli les
faits qu'il a rapportés, vieux de près d'un siècle, lorsqu'il relate la
vision de Geoffroi Martel et de sa femme: ces derniers assistèrent de leur
fenêtre à la chute successive de trois étoiles an forme de lance, dans
une fontaine, saisissant le message, ils se décidèrent à édifier une
abbaye dédiée à la Trinité.
L'église aussitôt entreprise
(après 1032, date à laquelle Geoffroi entra en possession du comté de
Vendôme) fut dédiée le 31 mai 1040. De cet édifice, il ne
subsiste plus que le transept, mais des fouilles effectuées en 1908-1910
permettent d'en restituer le plan. Il était assez proche de l'actuel, avec
une nef à collatéraux et huit travées, un
transept, un déambulatoire ouvrant sur cinq chapelle rayonnantes. Les dimensions atteignaient en longueur 70 mètres pour une largeur de 15. |
Le
transept subsiste en partie dans ses murs
latéraux dont on aperçoit encore les baies percées dans les
parties supérieures. Comme la nef, il était à l'origine simplement
charpenté. La disposition du choeur était particulièrement importante
puisqu'il offrait, à une date assez haute, un déambulatoire et des
chapelles rayonnantes, suivant un parti que l'on trouvait déjà à
Chartres, lorsque Fulbert entreprit, après l'incendie de 1020 la
reconstruction de l'édifice.
A
Vendôme, quatre de ces chapelles, moins profondes que les
actuelles, étaient légèrement outrepassées, celle d'axe étant
plus large.
Ce
plan exceptionnel, la qualité de la construction
en font un des monuments majeurs du XI°siècle.
CLOCHER
La
tour-clocher: la réputation du clocher de Vendôme n'a rien d'usurpé.
Entièrement
isolé au devant de la façade, il évoque irresistiblement le clocher vieux
de Chartres, conçu de semblable manière, mais qui servait d'accès à l'église
intérieure. Des fouilles, dont les conclusions n'ont pas été toujours
retenues, invitent à penser qu'il était relié à la façade par un
porche. Il peut-être daté de la fin de l'abbatiat de Geoffroy de Vendôme
(1093-1132).
VITRAUX
LA
VIERGE A L'ENFANT
« C'est
une oeuvre magnifique, mais isolée et demeurée inexpliquée qui se trouve
dans une étroite mandorle.
Le
contexte historique et monumental justifie l'apparition de ce chef-d'oeuvre
dans une abbaye fondée au XI°siècle par les comtes d'Anjou, richement dotée,
rebâtie en partie au cours du XII°siècle: il subsiste de ce temps le
grandiose clocher au-devant de l'église, bâti à partir de 1130, à l'époque
de la protection des Plantagenêt.
L'abbatiale
a été presque entièrement reconstruite à partir de la fin du XIII°siècle.
Le
vitrail roman a été repris de l'ancienne église, sans doute en raison de
la même piété qui permit la conservation de la Vierge de la Belle-Verrière
à Chartres.
Au
XIX°siècle, la Vierge romane était installée dans une chapelle
rayonnante gothique, mêlée aux verrières de la Renaissance.
Elle
orne maintenant la chapelle centrale du choeur, présentée dans un
entourage moderne.
On
conserve aussi à la Trinité un autre vitrail dont le sujet et la composition doivent revenir au décor de l'église
romane, une Trinité souffrante, entourée des symboles des évangélistes,
dans la grande verrière centrale du choeur, mais il s'agit là d'une copie
de la fin du XIII°siècle.
La
Vierge de Vendôme a probablement été faite pour une fenêtre basse de l'église,
une baie de trois mètres de haut et d'un mètre de large: l'échelle de
l'exécution est menue, notamment celle de l'ornement, sans aucune
comparaison possible avec les verrières de Poitiers.
L'examen
technique du vitrail n'est pas facile car, à l'exception des verres bleu
clair de la robe de la Vierge, de son nimbe et du fond derrière la
mandorle, les verres sont fort corrodés à la surface externe, la face intérieure
étant en mauvais état elle aussi.
Sauf
pour les draperies, où le peintre a tiré avec un grand soin les lignes
parallèles des plis, sans les souligner par des demi-teintes ou lavis,
beaucoup de parties ont été recouvertes d'une teinte unie que l'artiste a
ensuite travaillée par enlevés à la pointe, très menus, ou bien par des
enlevés plus larges.
Très
typique de ce travail est la mandorle jaune, à petit dessin obtenu à la pointe, et surtout, ce qui
est tout à fait exceptionnel et même surprenant, les indications
anatomiques des cous de la Vierge et de l'Enfant, on croit voir, « grattés »
dans la grisaille, les cartilages de la gorge, à moins que ce ne soient les
os de la colonne vertébrale.
A
la poitrine du Christ, la bordure orfèvrée de la chemise donne lieu à des
« effacés » plus larges. Même le modelé des visages comporte
cette technique, les indications au trait de la bouche et des yeux étant
soulignés, en quelque sorte, par une ligne claire enlevée sur le teint de
la grisaille.
Archaïsme
du style, ou « maniérisme » du peintre, il est difficile
d'expliquer ces procédés.
Pour
l'iconographie, on a beaucoup insisté sur le fait que la mandorle est
« orfèvrée », portée, dans les cieux bleus, par quatre anges,
et qu'elle glorifie une Vierge trônante et couronnée, peut-être une
« Vierge Noire ». Cette dernière observation doit être
abandonnée: que le visage de la Vierge ait
aujourd'hui une couleur brun sombre ne signifie rien, car le visage
du Christ a la même couleur, ceci vient de la profonde corrosion du verre
et aussi de la détérioration de la grisaille.
Il
faut indiquer encore que l'Enfant et la Vierge bénissent (la Vierge de la
main gauche) en un geste archaïque de jonction du pouce et du petit doigt.
A
quoi rattacher cette oeuvre, si raffinée à la fois dans sa composition et
dans sa technique, et si archaïque par l'impression générale qu'elle
produit et par le rigoureux géométrisme des plis triangulés ou parallèles
?
La
tradition locale peut-être, dans une certaine mesure, approchée par les
manuscrits provenant de l'abbaye et par les débris des peintures murales récemment
découvertes dans l'ancienne salle capitulaire de l'abbaye, encore inédites.
Il
ne semble pas y avoir de rapports stylistiques directs entre ces miniatures,
ces peintures et la Vierge. Les tracés rigoureux des plis, comme aussi les
zigzags de certaines retombées de vêtements sont évidemment comparables
aux tracés en usage dans le plus ancien atelier du Mans, celui de
l'Ascension et, nous pouvons le voir, dans le plus ancien atelier d'Angers,
celui de l'Enfance du Christ.
Mais
aucun de ces rapprochements n'explique la fantastique exagération
stylistique du vitrail de Vendôme, qu'atteignent seulement, mais avec
d'autres moyens formels, le Christ de l'abside de Saint-Gilles de Montoire,
tout proche de Vendôme, ou, à la fin du siècle, et dans un style tout
différent, la Vierge de l'abside de Montmorillon-sur-Gartempe.
Peut-on
supposer que ce sont les exemples des Majestés monumentales de la peinture
murale qui ont inspiré cette image et modifié les données du style
pictural du verre ? Nous ne le croyons pas. Le format du vitrail, celui de
la fenêtre romane, impose l'étirement des figures et des compositions,
l'effilement de la mandorle est ici fonctionnel, dans une certaine mesure il
entraîne les proportions surhumaines de la Mère de Dieu, il force
l'artiste à modifier, en l'allongeant, le dessin des plis.
C'est
là la genèse de ce qu'il y a de plus étrange dans ce vitrail, sans que
cela vienne d'un archaïsme très ancien ou d'un maniérisme très récent,
comme c'est le cas à Montmorillon.
Cette
figure prend évidemment place dans le développement de la peinture de
l'ouest de la France, ce n'est pas un style importé. Par ses étrangetés
techniques, elle se sépare des ateliers du Mans et de Poitiers.
Peut-être
se rapproche-t-elle davantage de la peinture angevine ou tourangelle. De
cette dernière, nous ne connaissons que des oeuvres plus tardives,
notamment les vitraux de Chenu, maintenant en Angleterre.
La
Vierge de Vendôme demeure isolée, mais tout indique que nous devons situer
son exécution avant le milieu du XII°siècle, avant l'affermissement
technique et stylistique dont nous avons de beaux monuments non loin de Vendôme,
à la cathédrale d'Angers.
En quittant ce
chef-d'oeuvre,
nous pensons avec tristesse à son avenir. Les restaurations des XIX° et XX°siècles
ont très heureusement préservé l'authenticité de la plus grande partie
des verres, et il n'a même pas été procédé à la suppression des
« désordres » à la partie basse de la verrière.
Mais l'état de corrosion des verres a progressé rapidement depuis
trente ans. La peinture, à l'intérieur, est très fragile et risque de
continuer à se dégrader.
Pouvons-nous
espérer encore sauver cette image, jadis glorieuse, une des plus
saisissantes de l'art Roman ? »
( Louis Grodecki - Le Vitrail Roman )
Fenêtre
centrale de la chapelle axiale du déambulatoire
– deuxième quart du XII°siècle (?): Vierge à l'Enfant. Cinq panneaux
ensemble.
Cette
oeuvre n'est pas à son emplacement originel qui reste inconnu. Elle faisait
primitivement partie de l'église romane fondée en 1032/1035, dédiée en
1040, et reconstruite à partir de la fin du XIII°siècle.
Au
XIX°siècle, elle se trouvait dans la baie centrale de la deuxième
chapelle rayonnante du côté Sud.
Restaurée
en 1953 par J.-J.Gruber, elle fut remontée
dans la lancette centrale de la baie ou elle se trouve aujourd'hui.
Vierge
représentée assise, frontale, couronnée et nimbée. Sur ses genoux, elle
tient l'Enfant assis et bénissant de la main droite. Mandorle-fuseau,
au cadre orfèvré, portée par deux anges en bas et encensée par
deux autres au sommet.
Image
cultuelle s'insérant dans les Majestés de la Vierge, étudiée par
A.Grabar, mais aucune oeuvre de ce type iconographique ne présente une
correspondance aussi significative entre le sujet et la forme.
Inscription
placée en bandeau: MARIA.
Stylisation
des formes poussée à l'extrême, habilité et minutie dans l'exécution de
l'ornementation, graphisme des plis et des drapés.
Pièces
modernes peu nombreuses, profonde corrosion de nombreux verres, excepté les
bleus et les blancs.
Peinture
posée en larges plages de lavis, puis reprise et enlevée à la pointe.
CHAPITAUX DU CARRE DU TRANSEPT
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Chapiteau du transept |
Chapiteau du transept |
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Chapiteau du transept |
Chapiteau du transept |
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Vue de l'abbatiale depuis l'esplanade du château |
(Val-de-Loire Roman - La nuit des temps n° 3 - Dom Bénigne Defarges - Dom Jean-Marie Berland - Dom Claude-Jean Nesmy - Frère Denis Grémont - Abbé Pierre Renoux - Dom Angelico Surchamp - Editions du zodiaque 1965)