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DANS
LE NOIR DES BASSINS HOUILLERS :L'ORIGINE DE SA VOCATION DE SCULPTEUR
C'est dans "le noir et le vert" teintes
qui caractérisent l'Angleterre qu'Henry Moore installera sa carrière de
Grand Sculpteur. Dans le Noir des bassins houillers du Yorkshire à
Castleford il trouvera sa vocation; Dans le vert du Hertfordshire à Perry
Green il installera son atelier qui deviendra le centre de la "fondation
Henry Moore". il y passera presque tout le cours de sa vie interrompu
seulement par un court séjour à Kingston dans le Kent durant la seconde
guerre mondiale.
Moore conserve, comme un souvenir
inoubliable lié au Yorkshire et plus particulièrement à la ville de
Castleford, où il naquit le 30 juillet 1898 , l'image d'une église romane
aussi solide qu'un roc, à la façade ornée de sculptures taillées dans la
pierre avec une étonnante vigueur. L'artiste, les ayant sans cesse sous
les yeux,alors qu'il se rendait à l'école primaire de castleford ne leur
prêtait que peu d'intérêt, comme il arrive souvent pour les objets
familiers. Soudain, un Jour, elles s'imposèrent subitement à son
attention, sous l'influence de son professeur de l' école secondaire,
Alice Gostick professeur d'un atelier de poterie; il n'avait alors que
douze ans, mais il éprouva une sensation fulgurante : ces sculptures le
fascinaient, car, à travers elles, là pierre lui semblait vivre. C'est à
cette époque que naquit en lui la vocation de sculpteur
L'INFLUENCE DÉTERMINANTE DE L'ART
NÈGRE
ET DE L'ART PRIMITIF SUR SON OEUVRE
Enfin, en 1919, il pût s'inscrire dans une école des Beaux- Arts. Mais les
œuvres qu'îl allait voir à Londres, au British Muséum, furent sa véritable
source d'enseignement. C'est là qu'il fit son choix. Négligeant les
statues classiques, néo-classiques et baroques, qui n'avaient: pas de
prise sur sa sensibilité, ll s'intéressa à des oeuvres plus antiques «
primitives " : productions de l'art nègre ou. égyptien, sarcophages
étrusques» sculptures de la Grèce archaïque ou de la mystérieuse
civilisation aztèque, incisions paléolithiques. Il trouvait en elles une
énergie que ne possédaient pas, à ses yeux, les civilisations suivantes.Il
eut la chance de faire la connaissance de Michel Sadler,Vice- Chancelier
et grand collectionneur de tableaux de Cézanne,
Gauguin, Van Gogh e de
l'art Nègre précurseur de cet art bien avant qu'il atteigne l' Angleterre.
La carrière artistique d'Henry Moore a réellement commencé lorsqu'il a
découvert l'oeuvre de Roger Fry"la vision et la Conception, un recueil qui
avait été publiés en 1920 et qui contenait deux essais importants: un sur
la sculpture Nègre et autre sur l'art ancien américain. Parmi les
camarades d'étude de Moore à Leeds il y avait Barbara Hepworth, qui à
l'âge de dix-sept ans reçut une bourse pour aller à l'École des beaux-arts
Royale de Londres, dans la section sculpture
LA PUISSANCE
EXPRESSIVE DES SCULPTURES D'HENRY MOORE- DES SCULPTURES DE PLEIN AIR
« Le but de ma sculpture n'est pas la beauté
telle que l'entendaient les artistes de la Grèce classique et de la
Renaissance. II. existe une énorme différence entre la beauté de
l'expression et la puissance de l'expression. La première tend à
satisfaire les sens, la seconde possède une vitalité de l'esprit qui, à
mon avis, est plus profonde et plus suggestive... »
c'est en plein air que l'artiste les a imaginées, immergées dans la
nature. D'après lui, les sculptures sont comme des êtres vivants : elles
ont besoin d'espace;, il leur faut « respirer ». « Elles doivent., dit-il,
subir l'hiver, l'été la brume et le soleil, le jour et la nuit."La lumière
artificielle, les milieux fermés les étouffent et trahissent».Henry Moore
aime avant tout travailler à l'extérieur, car il a l'impression, de
répéter, en un certain sens, l'activité créatrice de la nature. Il y
trouve les lignes dominantes et les structures de ses oeuvres en.
s'inspirant des cailloux polis par les eaux, des fragments de roches aux
formes asymétriques, des
coquillages creux aux courbes harmonieuses, des troncs d'arbres, des os...
Ce sont des trésors que Moore conserve .
.L'AFFINITÉ AVEC LA NATURE Gérard Bertrand fait l'éloge de l'oeuvre d'Henri Moore de la façon
suivante " Le prestige d’Henry Moore a, depuis longtemps, débordé les
frontières de son Angleterre natale. Révéré dans son pays à l’égal d’une
institution, ce sculpteur a créé une œuvre
considérable dont la puissance
et la diversité forcent le respect, et dont témoignent les expositions
triomphales de 1972 à Florence, 1977 à Paris, 1978 et 1983 à Londres, pour
ses anniversaires, 1979 à Bonn et 1982 à Séoul. Ses recherches se sont
d’emblée inscrites dans le courant des expériences les plus originales de
l’art contemporain. Portant alternativement sur les domaines de l’abstrait
et du figuratif, elles visent toutes à exprimer le dynamisme latent des
structures vivantes, les soubresauts d’une nature en perpétuelle genèse,
la fraternité de l’homme avec toutes les formes de vie.
Henri Moore demeure un "moderne" qui a su redécouvrir certaines
significations de l'art primitif. Toute sa vie il restera fidèle à ce qui
constitue le motif fondamental de son inspiration: l'affinité avec la
nature.
C'est dans le noble travail du minerai de charbon , dans la fraternité
partagée de ces mineurs de fonds , véritable artisans du progrès qu'Henry
Moore a trouvé son inspiration et cette hauteur de vues allant de pair
avec d’exceptionnelles qualités plastiques, qui lui ont permis de réaliser
une œuvre qui a profondément marqué toute une génération d’artistes.
Galerie des sculptures d'Henry
Moore
Exposition
des sculptures de plein air et de celles inspirées par les matériaux
existant dans la nature |
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Notes biographiques
1898 30 juillet naissance d'Henry Moore dans le village minier de
Castleford (Yorkshire)1910 gagne une bourse scolaire pour
poursuivre ses études secondaires à Castleford secondary School1901fortement
influencé par les cours de son professeur d'Art, Miss Alice Gostick,il
réalise ses premières sculptures sur bois et décide de devenir sculpteur1915
Henry Moore obtient le certificat de Cambridge qui lui permet de
poursuivre ses études. Sur l'insistance de son père il devient professeur
dans l'école de Castleford;La guerre vient juste d'éclater, Henry Moore
produit et un registre d'honneur et grave les noms de tous les
anciens élèves envoyés au front 1917 henry Moore est enrôlé dans le
15 e régiment d'artillerie de Londres 1918 Avec son régiment il
participe à la bataille de Cambrai; gazé il est soigné dans un
hôpital 1919 Il s'inscrit à l'école de sculpture de Leeds mais
assiste le soir aux cours de Poterie de Miss Gostick à Castleford.Il
fait la connaissance de Michael Sadler, un
collectionneur, possédant des tableaux de Cézanne, Gauguin, de van Gogh et
de sculpture d'art nègre.1920 Il fait la connaissance de Barbara
Hepworth qui poursuit ses études d'art au célèbre collège
royal d'art de Londres. 1921Henry Moore rejoint Londres et étudie
jusqu'en l'art dans les musées du British muséum et les collections
du Victoria et Albert Muséum 1924 il est récompensé par le Royal
collège of art d'un voyage de 6 mois en Italie 1925 Voyage en
Italie où il étudie les oeuvres de
Giotto,
Masaccio, Michelangelo, Donatello and Giovanni Pisano, visite Rome,
Florence, Pisa, Siena, Assisi, Padua, Ravenna and Venice.1929
sculpte le Leeds reclining figure- Epouse
Irina Radetskyune étudiante artiste peintre 1930 Est élue à la
célèbre 7 et 5 society, académie qui récompense les 7
plus grand peintre et les 5 plus grands sculpteur du royaume 1931
Reçoit une commande des transport londonien d'une fresque en l'honneur
de Charles Holden 1936 commande d'Henry Barr directeur du MOMA de
New York
1953. reçoit The award of Companion of Honour en 1963, the
Order of Merit , en 1968 and the Erasmus Prize
1986 31 Aout mort d'Henry Moore à l'âge de 88 ans
Un peu d'Histoire
HENRY MOORE A CASTLEFORD la CITE
MINIÈRE CHARGÉE D'HISTOIRE
Castleford était une cité minière qui eut son heure de gloire au cours de
la guerre des deux roses. C'est en effet au cours de la bataille de Towton
que se livrèrent les Lancastres et les Yorks que le Prince Edward entra à
York après un féroce combat que les historiens considèrent comme" the
bloodiest battle ever fought on english soil".Cette victoire resta
inachevée puisque Edward ne la poursuivit pas jusqu'en Écosse pour
capturer la Reine Margaret. Il revint toutefois à Londres où il fut sacré
Roi en 1461.
Henry Moore était le septième des huit enfants . Son père;, Raymond
Spencer Moore, mineur de fonds, intelligent lisait et étudiait beaucoup.
Il descendait à la mine de Glasshoughton réputée pour la richesse du
minerai . Un registre de 1535 fait état "Though here be plenti of wode,
yet the people burne much yearth cole bycawse hit is plentifull and sold
good chepe.").
Sa mère Mary Baker a joué un rôle important dans la carrière de son jeune
fils. Henry Moore a vécu la vie rugueuse de cette région minière. Raymond
Spencer, son père, était déterminé ; Il voulait que ses enfants reçussent
une bonne éducation pour leur éviter de descendre à la mine. Il a réussi.
Henry a imposé ses oeuvres à l'attention du monde. Sa carrière explosa à
partir de 1941, années où il fut nommé membre de la présidence de la "Tate
Gallery". En 1948 sa sculpture lui valut le premier prix à la XXIV
biennale de Venise.
Toutefois, il lui fallut batailler durement pour atteindre cette
notoriété. Il dut d'abord travailler pour obtenir une licence afin
d'enseigner dans les classes élémentaires, comme professeur dans la~petite
école de Castleford,. Ensuite, il partit pour la " Grande Guerre ».
Son Témoignage sur Barbara Hepwoth recueilli par William Packer
..J'ai dû attendre jusqu'en 1977 pour faire sa
connaissance, lorsque, préparant la préface pour le catalogue de
l'exposition de sculptures britanniques organisée à Battersea Park, je
suis allé le voir dans sa maison de Much Hadham. A près de quatre-vingts
ans, Moore faisait figure de patriarche de l'art britannique, et à juste
raison. L'exposition qui avait marqué son soixante-dixième anniversaire à
la Tate Gallery en 1968 avait coïncidé avec une désaffection des
critiques, car de plus jeunes sculpteurs britanniques tenaient à rompre
avec cette figure tutélaire pour affirmer leur indépendance. Selon un
réflexe normal, ils contestaient son autorité. Le vent a tourné avant la
fin des années soixante-dix, avec le triomphe international obtenu au
Belvédère à Florence en 1972 et la perspective de l'exposition tout aussi
triomphale à l'Orangerie. Sa position était imprenable, sa réputation
inébranlable. Elles l'étaient effectivement pour le grand public, mais pas
tant que ça à ses yeux. Je ne m'attendais pas à découvrir chez un artiste
aussi original, possédant aussi bien ses moyens, et surtout aussi
largement encensé, un homme visiblement vulnérable et anxieux. Certes, il
n'ignorait pas son prestige. Disons plutôt qu'il n'en avait que trop
conscience. J'étais venu l'interroger sur les pratiques de l'art
britannique, et de la sculpture en particulier, dans les années trente et
quarante. Alors, j'ai pu voir à quel point, déjà à cette époque, il était
jaloux de sa suprématie. J'ai parlé de Barbara Hepworth, pensant qu'il
saluerait au moins l'apport remarquable de cette artiste. «Barbara
? Oh non, elle a pris toutes ses idées chez moi.» Il a dit cela sans une
once d'amertume ou de méchanceté, mais sans plaisanter non plus. Il
parlait sérieusement, malgré la fausseté évidente de ses allégations.
J'avoue que cela m'a surpris. En fait, Barbara Hepworth était peut-être
restée trop proche de lui pour ne pas le gêner à la fois à titre personnel
et dans son œuvre créative. Jusqu'à la fin des années vingt, dans le
étapes les plus décisives de leurs carrières respectives, d'abord dans leur
formation puis dans leurs débuts professionnels, elle avait toujours
gardé, apparemment, une légère avance sur lui. Elle était la frêle jeune
fille, belle et talentueuse, et lui l'ancien soldat issu de la classe
ouvrière, ambitieux. Mieux encore, sans être sans doute aussi profondément
et puissamment originale que lui, elle fut en réalité la première à se
faire un nom dans la sculpture. Au moment le plus crucial du parcours de
Moore, quand, vers le début des années trente, il hésitait à s'orienter
vers une abstraction anthropomorphe pure, débarrassée de toute anecdote,
Barbara Hepworth avait déjà franchi le pas, indiquant ainsi la voie non
seulement à Henry Moore, mais aussi à son mari Ben Nicholson. Pour cet
homme fier, originaire du Yorkshire, c'était une réalité difficile à
accepter. Ces remarques ne sauraient diminuer en rien la grandeur de
l'artiste. Elles éclairent simplement certaines faiblesses foncièrement
humaines. Et elles ne peuvent que rendre son œuvre encore plus admirable.
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