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Georges Rouault
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solitaire né
au milieu des massacres et incendies Ce farouche solitaire n'avait connu que les aspects les plus durs de la
vie : la tristesse des quartiers pauvres, la douleur, la fatigue. Il
naquit dans une cave le 27 mai 1871 au son du canon de la commune. L’idée
qu’il devait se faire par la suite des circonstances de sa propre
naissance ne pouvait que marquer sa vision du monde, à jamais dramatique,
et éclairer d’un jour particulier le sens de sa destinée : « Je crois
[...], au milieu des massacres, des incendies et des épouvantements,
avoir, de la cave où je suis né, gardé dans les yeux et dans l’esprit la
matière fugitive que le bon feu fixe et incruste » (lettre à A. Suarès,
27 avril 1913).A 14 ans il devint apprenti chez un peintre de vitraux où il apprit à apprécier les teintes brillantes accrues par le ruban de plomb qui cerclait les couleurs. Crise morale et découverte de la Foi A 20 ans , Georges s'inscrit à l'école des beaux-arts et devint un des élèves les plus appréciés de Gustave Moreau. D'ailleurs ce grand professeur qui eut aussi Matisse pour élève aida et encouragea Rouault. De l’enseignement de Gustave Moreau se dégageaient deux grands principes : sincérité de l’expression – contre les poncifs de l’art académique –, « richesse nécessaire » de la couleur et de la matière. Le premier était, pour ainsi dire, inhérent à la personnalité de Rouault qui le prouva dès
l’école des beaux-arts (et l’on sait la douleur que lui causa, en 1930,
l’implacable jugement du critique Camille Mauclair : « Sous l’épileptique,
on sent le chiqué »).Georges Rouault comprit à la mort de son professeur en 1898 à quel point la solitude pouvait être accablante. Cette disparition ouvrit pour l’artiste une période de crise, morale et physique à la fois, durant laquelle il se tourna résolument vers l’art moderne (Toulouse-Lautrec, Cézanne) ; puis, vers 1901, sa « conversion » au Christ – quoique baptisé, il n’avait pas reçu d’instruction religieuse – qui l’amena à se lier d’amitié avec des écrivains chrétiens en renom, J.-K. Huysmans et Léon Bloy, dont l’influence devait en partie décider de son évolution ultérieure Mystique inspiré par
sa foi religieuse Il trouva l'inspiration dans les sujets
les plus mystiques ou les plus humbles. La figure du Christ qu'il exécuta
un nombre incalculable de fois s'ajouta l'image de clowns et saltimbanques
vivant en marge de la société. A travers des thèmes tels que les Filles,
les Au début, les couleurs de ses tableaux étaient sombres et ténébreuses. Au
cours des premières expositions auxquelles |
Notes
biographiques 27 mai 1871Naissance de georges Rouault, 51 rue de la Villette, pendant la commune, au cours d'un bombardement.1885 Rouault apprenti chez un peintre verrier suit les cours du soir à l'École des Beaux-arts dans l’atelier d’Elie Delaunay, avant de passer chez Gustave Moreau, dont il deviendra le disciple préféré. Après deux tentatives infructueuses, il renonce à briguer derechef le Prix de Rome et quitte l’école. Pendant six années de suite, il va exposer aux Artistes français. C’est à la Bible et à la Mythologie qu’il demande de préférence, à l’époque, ses sujets. 1898 A la mort de son maître, ( il est nommé conservateur du Musée Gustave Moreau. Au retour d’un séjour prolongé en Haute-Savoie, auquel l’a contraint son mauvais état de santé, Rouault inaugure une nouvelle manière. Délaissant simultanément les sujets académiques, il traite avec une expression intense et tourmentée, d’une palette où dominent les bleus profonds, des motifs empruntés pour la plupart aux mondes du cirque, de la prostitution et du prétoire. Il expose désormais au Salon d’automne, dont il fut un des fondateurs.1910 La première exposition générale de ses oeuvres a lieu chez Druet . 1913 Vollard achète son atelier. Après la guerre de 1914-1918, Rouault use de teintes plus éclatantes et plus diverses qu’auparavant et se plaît à puiser dans les évangiles ses thèmes d’inspiration. Maintes techniques l’attirent. Il s’adonne à la gravure, illustre de nombreux livres, pratique la céramique, exécute des vitraux, réalise des émaux pour l’abbaye de Ligugé et les décors du Fils prodigue de Prokofiev! à l’usage des Ballets russes de Diaghilev. La gloire lui est enfin venue. Rouault veille à ne pas la laisser compromettre. Ainsi obtiendra- t-il que les héritiers d’Ambroise Vollarcl soient astreints par jugement à rendre à leur auteur huit cents et quelques de ses toiles inachevées, dont il fera détruire par le feu plus de trois cents devant huissier. 1948 A la Biennale de Venise, la France envoya officiellement vingt-six peintures et douze gravures de Rouault. Un hommage solennel fut, sur l’initiative du Centre catholique des intellectuels français, rendu, le 6 juin 1951, au vénérable artiste, à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire.1958 mort à Paris 300 tableaux d'un des plus grands
peintres modernes sont jetés au feu
LE VITRAIL UNE PARABOLE DU VERBE DIVIN
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