La maladie
 

 

 

 

Différents articles qui expliquent très bien ce qu'est la SEP.

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Qu'est-ce que la SEP  (Drs Rossant et Lumbroso)

Les principaux symptômes de la SEP 

Sclérose En Plaques  (Dr Grand'Maison)

La Sclérose En Plaques  (Neuroclub)

En finir avec le message: SEP = chaise roulante (Dr Claude Vaney)

Progrès de la recherche réalisés au cours des 10 dernières années

 

 

Qu'est-ce que la SEP 

Définition
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique caractérisée par la destruction progressive de l’enveloppe protectrice des nerfs du cerveau et de la moelle épinière.
Les fibres nerveuses sont entourées d'une enveloppe protectrice, la gaine de myéline, qui joue un rôle essentiel dans la conduction électrique de l’influx nerveux. Dans la sclérose en plaques, cette substance s’abîme voire se détruit par endroits, ce qui est à l’origine des lésions du système nerveux : les plaques de démyélinisation.
Ces lésions sont disséminées dans le cerveau, souvent la moelle épinière, et très souvent le nerf optique (qui relie l’oeil au cerveau), elles sont généralement de petite dimension, formant des plaques, d’où le nom de la maladie.
Lorsque la plaque cicatrise, elle se sclérose et il se crée une altération de la structure des fibres nerveuses, provoquant des lésions définitives.
La taille des plaques est très variable : de la taille d'une tête d'épingle à tout un hémisphère cérébral (ce qui est très rare).
L'évolution des plaques est tout aussi variable : réparation plus ou moins totale ou destruction irréversible de la myéline ou des fibres nerveuses elles-mêmes.
La maladie évolue par poussées qui correspondent à l'apparition de nouvelles plaques ou à l'extension des plaques déjà existantes.

Causes et facteurs de risque
La sclérose en plaques est une maladie relativement fréquente (1 personne sur 2000) qui touche un peu plus la femme que l'homme, et débute généralement entre 20 et 40 ans.
Sa cause est inconnue.
Un certain nombre de facteurs de risques ont été identifiés: 

Environnementaux : La maladie est très fréquente dans les régions tempérées froides (Ecosse, Norvège). Elle est exceptionnelle dans les régions tropicales et équatoriennes. L’Europe du sud fait partie des zones à risque moyen. Le nord de la France est plus touché que le sud ;
Génétiques : Le risque est un plus élevé chez les parents au premier degré d’un sujet atteint. Attention, ce n’est pas une maladie héréditaire : en dehors de très rares familles où la maladie atteint semble se transmettre à chaque génération ou presque, le risque est un peu plus élevé que dans le reste de la population française, mais il demeure tout de même rare pour des personnes porteuses de sclérose en plaques d’avoir un enfant également porteur de la maladie.

L’ apparition de la maladie nécessite la survenue d’une cause surajoutée, (notamment probablement une infection virale) sur un terrain génétique particulier. Attention : même si une infection virale peut être un facteur de déclenchement, la sclérose en plaques n’est pas une maladie contagieuse.

 

Les signes de la maladie  

La maladie débute souvent insidieusement par des troubles sensitifs (fourmillements, sensations de décharges électriques…), des troubles moteurs (jambes faibles, perte de force de la main, du bras…), des troubles oculaires avec baisse de la vision, des troubles de l’équilibre et de la marche.

Au cours de l'évolution, d'autres symptômes peuvent apparaître : paralysies d’un ou plusieurs membres, tremblements, perte de la coordination des mouvements, anomalies de la voix ou de l'écriture. Des difficultés de la marche sont fréquentes.

Les troubles sensitifs peuvent également augmenter : sensation de ruissellement, de chaud ou froid, impression d’être serré dans un bas ou une chaussette, ou dans une cuirasse, impression de toile d'araignée sur la face, de peau cartonnée et rigide au niveau des bras ou jambes, de l'abdomen , du thorax, etc.

Signe essentiel : ces troubles évoluent par poussées successives, qui durent de plusieurs jours à quelques mois, et sont séparées de plusieurs mois ou années. Entre les poussées une diminution des symptômes est quasi constante, avec même au début une possibilité de disparition complète des troubles.

 

La consultation  

Le médecin va procéder à un examen neurologique complet. Les plaques de sclérose pouvant toucher n’importe quel nerf, toutes les atteintes peuvent se voir en plus de celles déjà décrites : névralgies, vertiges aggravés par les changements de position, déséquilibre et déviation à la marche, baisse transitoire de la vision, paralysie faciale, troubles des sphincters urinaire ou anal, troubles psychiques, troubles de la mémoire…

L’examen médical fait ainsi le bilan complet de la poussée, afin de pouvoir suivre précisément l’évolution au cours du temps. Le médecin adaptera le traitement et la rééducation en conséquence.

 

Examens et analyses complémentaires  

Le diagnostic n'est pas toujours facile au début étant donné l'extrême diversité des signes de la maladie. Néanmoins ce diagnostic repose essentiellement sur les signes cliniques, les examens complémentaires n’apportant que peu de précisions supplémentaires. Ces examens complémentaires servent surtout à rechercher d’autres maladies pouvant donner des troubles identiques.

Il convient d’effectuer  un examen ophtalmologique complet.

L'électroencéphalogramme est normal et n’est pas systématiquement pratiqué.

Le scanner montre parfois des images évocatrices dans certaines régions du cerveau.

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est la méthode la plus sensible, elle permet de visualiser les plaques de démyélinisation. Il n’y a pas de parallélisme entre le handicap et le nombre de plaques qui est en général beaucoup plus élevé que ne le laissait supposer le tableau clinique.

La ponction lombaire peut apporter des renseignements : le taux de protéines dans le liquide céphalo-rachidien est normal ou peu élevé (0,40 à 0,60 g/l) ; les cellules (globules blancs et globules rouges) y sont normales ou en nombre un peu augmenté. Par contre, il y a le plus souvent une élévation des immunoglobulines (IgG) qui témoigne d’une inflammation du système nerveux due à la maladie.

 

Evolution de la maladie  

La sclérose en plaques évolue par poussées irrégulières.

Dans la plupart des cas, les poussées sont au début totalement régressives avec disparition totale des troubles entre les poussées. Puis la régression des troubles lors des poussées ultérieures peut devenir incomplète, avec apparition de séquelles (c’est-à-dire une persistance des troubles même en dehors des poussées).

Au fil des années, les poussées successives risquent d'entraîner des séquelles de plus en plus importantes, au point que certains malades peuvent devenir grabataires. Cependant après 20 ans d'évolution, 35 % des patients mènent une vie active.

Il existe des formes dites progressives d’emblée, où l’évolution se fait d’un seul  tenant par une aggravation régulière. Ces formes sont rares chez les personnes jeunes.

Il existe aussi des formes dites secondairement progressives, où, après une évolution initiale par poussées successives, apparaît ensuite une aggravation régulière des troubles.

Certains malades ont des poussées plus rares et plus espacées et vivent beaucoup plus longtemps sans invalidité majeure . D'autres ne feront même qu’une ou quelques poussées en quelques années sans garder de séquelles.

Il existe probablement certains facteurs favorisant les poussées : traumatismes, infections, interventions chirurgicales et anesthésie, immunisations et sérums. 

La grossesse a un effet suspensif sur l'évolution de la maladie mais les poussées sont plus fréquentes après l'accouchement. L'allaitement n'a pas d'influence sur le cours de la maladie et ne comporte pas de risques pour l’enfant : il n'est donc pas contre-indiqué.

L’évolution de la sclérose en plaques est donc très variable d’une personne à l’autre, et il est très difficile de la prévoir. Elle peut être à l’origine de handicaps sévères, ou bien ne causer que quelques troubles peu gênants, et transitoires.

 

Ne pas confondre avec...  

Le médecin doit éliminer d'autres affections avant de porter un diagnostic de sclérose en plaques. Ces affections peuvent donner des signes ressemblant à ceux de la sclérose en plaques :

Une malformation de la jonction osseuse entre crâne et colonne vertébrale ;
Certaines maladies de la moelle épinière ;
Une affection des disques entre les vertèbres cervicales ;
Une tumeur du cerveau ou du cervelet ;
Une insuffisance circulatoire cérébrale ;
Certaines infections virales et bactériennes.

Beaucoup d’autres diagnostics peuvent être évoqués puisque la sclérose en plaques peut toucher l’ensemble des zones du système nerveux central où la myéline est présente. C’est notamment la multiplicité des signes et des endroits touchés qui permet le diagnostic.

 

Traitement  

Le traitement comporte deux versants selon le moment de la maladie : le traitement de la poussée et le traitement de fond.

Le traitement de la poussée

Il a lieu à l’hôpital si celle-ci est forte. L’hôpital est, en effet, le meilleur endroit pour assurer une surveillance de l’évolution de la poussée et de l’efficacité du traitement.

Le traitement est basé sur le repos, l’injection d’anti-inflammatoires corticoïdes (corticothérapie) et la kinésithérapie.

Ensuite, d’autres médicaments destinés à traiter les symptômes gênants comme les troubles sphinctériens (Dihydroergocriptine ou Oxybutyne) ou spastiques (Baclofène ou Dantrolène) sont administrés lorsque cela est nécessaire.

Le traitement de fond (de tous les jours)

il n’est utilisé que dans certaines formes évolutives de la maladie (poussées fréquentes ou évolution progressive).

Il est variable selon la sévérité de la maladie mais il est toujours associé à une surveillance (au moins annuelle) de l’évolution de celle-ci.

Il comprend éventuellement une prise en charge à 100 % si le handicap est sévère (infirmière à domicile, information de l’entourage, adaptation du domicile, soutien psychologique, etc.).

Dans le cas contraire, il convient de maintenir une vie aussi normale que possible (activité professionnelle, etc.) en respectant quelques règles : éviter la fatigue en aménageant les horaires, le stress, les séjours en pays chauds et certaines vaccinations.

Un traitement médicamenteux permet de prévenir la survenue des poussées dans les formes actives de la maladie mais chaque malade répond plus ou moins bien aux différents traitements. Les médecins choisissent entre plusieurs classes :

Les immunomodulateurs : les interférons bêta, Glatiramer (co-polymer-1) ;
Les immunosuppresseurs : Azathioprine, Mitoxantrone ;
Les immunoglobulines.

Un traitement des symptômes peut également être mis en place en cas de troubles sphinctériens (Dihydroergocriptine ou Oxybutynine) ou spastiques (kinésithérapie, Baclofène ou Dantrolène). En cas de douleur, de la carbamazépine ou du clonazépam peuvent être prescrits.

NB : aucun régime alimentaire n’a jamais été reconnu comme ayant un quelconque effet sur la maladie : il faut manger le plus normalement possible. Dr Lyonel Rossant, Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso.  

 

 

 

Les principaux symptômes de la SEP

Chaque cas de sclérose en plaques est généralement pluri-symptomatique. Imprévisibles et dépendant des zones du SNC qui sont affectées, les symptômes de la SEP ne connaissent pas d'évolution type. Ils varient selon les individus et peuvent même être différents chez une même personne selon le moment. 
La gravité comme la durée sont aussi très variables. Bien que de nombreux symptômes soient communs à plusieurs personnes, aucun individu n'est affecté par tous. 

Systèmes affectés                                     Troubles symptomatiques

Vision

Vision floue ou double (diplopie), mouvements oculaires involontaires (nystagmus),

Coordination

Tremblements, maladresse des membres, manque de coordination, vertiges, marche instable (ataxie) , perte d'équilibre, spasticité ou rigidité musculaire 

Force physique

Fatigabilité à l'effort, faiblesse (extrême, dans certains cas), plus particulièrement aux jambes 

Sensibilité

Picotements, engourdissement (paresthésie), sensation de brûlure localisée, douleur faciale (névralgie du trijumeau), douleur musculaire, sensibilité à la chaleur (la chaleur est souvent un facteur d'aggravation temporaire des symptômes) 

Parole

Trouble d'élocution, dysarthrie, débit ralenti 

Contrôle de la vessie (des sphincters)

Mictions fréquentes, urgences mictionnelles, évacuation incomplète ou inopportune
aussi : constipation, selles incontrôlées (peu fréquent) 

Sexualité

Perte de sensations, stimulation réduite, impuissance 

Fonctions cognitives

Troubles de la mémoire à court terme, diminution de la concentration, jugement ou raisonnement altéré

 

 

 

Sclérose en plaques

Description médicale  
La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du système nerveux central (qui comprend le cerveau, les nerfs optiques ainsi que la moelle épinière) dont l’apparition survient généralement au début de l’âge adulte. Ses symptômes peuvent être graves et invalidants puisque la maladie peut affecter pratiquement toutes les fonctions biologiques : le contrôle des mouvements, la perception sensorielle, la mémoire, etc.  
Décrite pour la première fois en 1868 par le neurologue français Jean Martin Charcot, elle doit son nom au fait qu’elle entraîne par endroits la destruction et le durcissement (sclérose) de la myéline, un tissu qui entoure les fibres nerveuses. Les régions touchées par la maladie sont nommées « plaques ». La myéline a pour rôle de protéger les fibres nerveuses et d’accélérer la transmission des influx nerveux.  
La cause de la sclérose en plaques demeure inexpliquée. Plusieurs hypothèses sont dans l’air. La plus souvent évoquée est celle d’une maladie auto-immune, où le système immunitaire détruirait la myéline en la considérant comme étrangère au corps. De façon unanime, les chercheurs croient qu’il s’agit d’une maladie causée par un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux.  
La sclérose en plaques est diagnostiquée la plupart du temps chez des personnes âgées de 20 à 40 ans. On estime qu’en moyenne, une personne sur 1 000 en est atteinte. Au Canada, le taux serait parmi les plus élevés au monde (1/500), ce qui en fait la maladie neurologique chronique la plus répandue chez les jeunes adultes canadiens. Fait encore inexpliqué, les deux tiers des personnes atteintes de sclérose en plaques sont des femmes.

Formes de la maladie
On distingue quatre formes évolutives de sclérose en plaques : la forme cyclique rémittente, les formes chroniques progressives primaire et secondaire, et la forme progressive rémittente.  
Forme cyclique rémittente
: dans 70 à 80 % des cas, la personne sera d’abord atteinte de la forme cyclique rémittente. Cette forme se manifeste par des poussées suivies de rémissions. Une poussée est définie comme une période de survenue ou d’aggravation des signes neurologiques durant au moins 24 heures, séparée de la période précédente d’au moins un mois. Ces poussées sont provoquées par l’inflammation et la démyélinisation des fibres nerveuses. Durant les rémissions, la myéline se reforme en partie autour des fibres, ce qui entraîne une régression complète ou partielle des symptômes.  
Formes chroniques progressives
: les formes progressives connaissent quant à elles une évolution lente, mais continue. Quatre-vingts pour cent des personnes souffrant de la forme cyclique rémittente souffriront d’une forme progressive dans les 15 ans qui suivent le diagnostic de la maladie. On l’appelle alors "forme progressive secondaire". La progression est dite primaire lorsque, dès le départ, la maladie évolue lentement sans périodes de rémission.  

Forme progressive rémittente
: cette forme se caractérise par une évolution lente et constante de la maladie (une forme progressive primaire) marquée par des poussées de symptômes.

Causes de la maladie
En 1933, l’hypothèse qu’il s’agisse d’une maladie auto-immune a été émise. Bien qu'un certain nombre de facteurs ait été proposé pour expliquer ce trouble immunitaire, aucun ne suffit à lui-même. La maladie serait probablement le résultat d’une susceptibilité innée combinée à de nombreux facteurs de risque environnementaux ainsi qu’à des habitudes de vie.  
Hérédité
: Avoir un proche parent atteint de sclérose en plaques accroît le risque de 20 à 40 fois de contracter la maladie. Il existe donc un facteur de prédisposition génétique, et il semble que plusieurs gènes soient impliqués. Les scientifiques explorent actuellement le lien entre les facteurs génétiques et l’apparition ou la gravité de la maladie. Il a été démontré que les descendants d’Européens du Nord ont un patrimoine génétique qui les prédispose à la sclérose en plaques.  

Environnement
:
Des études réalisées sur des jumeaux identiques (qui possèdent le même bagage génétique) révèlent que les facteurs environnementaux jouent un rôle prédominant dans l’apparition de la maladie. Prenons l’exemple fictif de Julie et Sophie, jumelles identiques âgées de 30 ans. Julie est atteinte de sclérose en plaques depuis l’âge de 25 ans. En raison de leur même génétique, le risque que Sophie souffre de sclérose en plaques comme sa soeur jumelle est évalué à 30 %. La génétique est donc importante, mais d’autres facteurs sont à considérer. Voici les plus fréquemment évoqués.  
Infection
:  Une infection par un virus banal, par exemple par le virus de la rougeole, de la mononucléose, de la varicelle ou le virus herpès HHV-6 pourrait participer à l’apparition de la sclérose en plaques. L’infection pourrait survenir durant l’enfance et causer la maladie seulement des années plus tard. Cette hypothèse repose sur la découverte, chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, de substances qu’on associe à ces infections. De plus, plusieurs virus connus produisent une démyélinisation et des symptômes similaires à la sclérose en plaques.  
Ces micro-organismes pourraient attaquer directement la myéline ou provoquer le déclenchement d’une réaction auto-immune.  
Localisation géographique
: La maladie est cinq fois plus fréquente dans les régions nordiques ou tempérées (comme l’Amérique du Nord et l’Europe) que sous les climats tropicaux et méridionaux. La zone « épargnée » est à la périphérie de l’équateur, entre le 40°de latitude nord et le 40°de latitude sud. Plusieurs sources citent le Japon comme exception, qui aurait une faible prévalence de la maladie. Or, il semble que la maladie progresse rapidement dans ce pays depuis les années 1960, avec la modernisation1. En outre, c’est le fait de passer ses 15 premières années sous tel ou tel climat qui semble conditionner le risque de contracter ultérieurement la maladie. Ces constatations sur la répartition géographique de la maladie ont attiré l'attention sur divers facteurs qui pourraient être en cause, tels que l'exposition solaire, l’exposition à des toxines environnementales et l'alimentation.  
Autres facteurs à l’étude
: L’alimentation (en particulier le type de gras consommé), la déficience en vitamine D, le stress, le tabagisme, l’exposition à des toxines chimiques et le contact avec certains animaux domestiques sont d’autres facteurs qui pourraient jouer un rôle sur le déclenchement ou l’évolution de la sclérose en plaques. Par ailleurs, la vaccination contre l’hépatite B a été suspectée d’être à l’origine soit de l’apparition de la maladie, soit de son aggravation. Les études épidémiologiques effectuées jusqu’à présent nient ces allégations.

Évolution
L’évolution de la sclérose en plaques est imprévisible. Chaque cas est unique. Ni le nombre de poussées, ni le type d’atteinte, ni l’âge du diagnostic ne permettent de prévoir ou d’envisager l’avenir de la personne qui en est atteinte. Toutes les personnes n’ont pas recours à une canne ni à un fauteuil roulant. Néanmoins, ces supports peuvent aider à ménager ses forces temporairement. Il faut savoir que l’espérance de vie des personnes atteintes de sclérose en plaques n’est pas réduite de façon significative.

Symptômes
Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Ils dépendent de la localisation des plaques dans le  cerveau et la moelle épinière: un engourdissement, une faiblesse dans un ou plus d’un membre, une fatigue anormale, des douleurs brèves, des fourmillements ou l’impression de chocs électriques, des tremblements et une difficulté à contrôler ses mouvements, des troubles de la vue (vision double, douleurs lorsqu’on bouge les yeux, mouvements oculaires involontaires) , des pertes d'équilibre.  
Avec la progression de la maladie, surviennent parfois : des spasmes musculaires (spasticité), des difficultés d’élocution, une perte de vision, de l’incontinence (vésicale ou intestinale), de la dysfonction sexuelle, une paralysie partielle ou totale (de n'importe quelle partie du corps), des troubles de la mémoire.

Personnes à risque 
Les personnes dont un proche parent est atteint de sclérose en plaques. En effet, environ 20 % des personnes atteintes ont un proche parent qui en souffre.  
Les personnes qui vivent dans une latitude élevée de l’hémisphère Nord ou de l’hémisphère Sud ou qui y ont vécu durant leurs 15 premières années de vie.  
Les descendants de Nord-Européens ont une prédisposition génétique à la sclérose en plaques.  
Les femmes sont deux fois plus nombreuses à être atteintes de sclérose en plaques que les hommes.

Facteurs de risque
Les facteurs de risque suivants sont tirés d’études où les chercheurs observent les habitudes de vie de groupes de personnes. Par conséquent, on ne peut établir de lien causal solide entre l’habitude de vie observée et la sclérose en plaques. Actuellement, on peut considérer qu’il ne s’agit que d’hypothèses.  
Fumer la cigarette. Les personnes qui fument entre 20 et 40 cigarettes par jour courent environ deux fois plus de risque d’avoir la sclérose en plaques que les non-fumeurs.  
Consommer beaucoup de gras animal pourrait doubler le risque d’être atteint de sclérose en plaques.  
Des études épidémiologiques indiquent que la prévalence de la sclérose en plaques est plus élevée dans les populations qui ont une alimentation riche en gras animal et plus faible chez celles qui consomment principalement des acides gras polyinsaturés5. Par ailleurs, une étude de cas-témoins démontre que la consommation de protéines végétales et de fibres alimentaires aurait un effet protecteur. Étant donné que les populations nordiques ont généralement une alimentation plus riche en gras animal, il est difficile d’isoler l’impact de l’alimentation de celui de la localisation géographique. Tel que mentionné précédemment, la sclérose en plaques est cinq fois plus fréquente dans les régions nordiques ou tempérées que sous les climats tropicaux et méridionaux.  
Être en contact avec des animaux domestiques, notamment des oiseaux. Toutefois, il se peut que les personnes atteintes de sclérose en plaques soient simplement plus enclines d’avoir des animaux de compagnie.  
Être en contact avec des solvants chimiques en milieu de travail.

Prévention
Il n’existe aucun moyen de prévenir la sclérose en plaques, puisque sa cause est inconnue. Les personnes à risque de sclérose en plaques pourraient mettre toutes les chances de leur côté en ne s’exposant pas aux facteurs de risques hypothétiques énumérés précédemment.
La latitude géographique et l’ensoleillement sont des facteurs qui ont été mis en lien avec l’apparition de la sclérose en plaques. Or, la production par le corps de vitamine D dépend des rayons UV du soleil.  
Un manque de vitamine D peut être causé par une exposition insuffisante au soleil ou par un apport alimentaire insuffisant en vitamine D. L’analyse de résultats issus de la Nurse’s Health Study par des chercheurs en nutrition de l’université de Harvard a révélé que les femmes qui prennent un supplément quotidien de vitamine D (400 UI ou plus) réduisent de 40 % leur risque d’être atteintes de sclérose en plaques11. Les chercheurs n'ont toutefois noté aucune association entre l'apparition de la maladie et la consommation d'aliments riches en vitamine D (lait, saumon, etc.). L’étude portait sur deux cohortes comportant au total 187 563 infirmières. Ces données, bien qu’intéressantes, peuvent être remises en question étant donné que les femmes de la première cohorte étaient âgées de plus de 25 ans, et celles de la deuxième cohorte de plus de 30 ans, ce qui est très tardif pour prévenir une maladie qui débute généralement chez les jeunes adultes.

Traitements médicaux
Bien que la sclérose en plaques soit considérée comme une maladie incurable, la recherche médicale a quand même permis de trouver des médicaments qui traitent les symptômes de façon relativement efficace et qui ralentissent la progression de la maladie. Ces traitements ont toutefois l’inconvénient d’engendrer des effets secondaires chez plusieurs personnes.  

Traitements de soulagement
:
Plusieurs médicaments sont utilisés pour diminuer les nombreux symptômes dont souffrent les personnes qui ont une forme progressive de la maladie, notamment la fatigue, la spasticité, la douleur, les dysfonctions sexuelles et l’incontinence. En voici quelques-uns.  
Pour diminuer les douleurs engendrées par l’atteinte des nerfs, le Neurontin® (un anticonvulsif) et l’Elavil® (un antidépresseur tricyclique) sont efficaces.  
Des relaxants musculaires (Baclofen®, Zanaflex®) associés à des exercices d’étirement en physiothérapie ou en ergothérapie aideront à diminuer la spasticité que certaines personnes ressentent dans les jambes, et qui peut être douloureuse.  
Des antidépresseurs associés à une psychothérapie sont parfois recommandés pour traiter les symptômes dépressifs légers à modérés. Une évaluation psychiatrique est souhaitable pour des symptômes plus importants.  

Traitements de fond
:
Les traitements de fond agissent directement sur la maladie en réduisant l’activité du système immunitaire. Les médecins les utilisent surtout pour traiter les personnes dont la maladie évolue par poussées (les formes rémittentes).  
Des corticostéroïdes
permettent probablement de raccourcir la durée d’une poussée de symptômes.  

Les études à ce sujet sont par contre de qualité moyenne et comme la durée de la poussée est variable, il est difficile de mesurer l’efficacité d’un traitement. Les corticostéroïdes doivent être utilisés avec modération puisqu’à long terme, ils provoquent des effets secondaires importants (ostéoporose, hypertension, etc.). Notez qu’ils n’ont aucun effet sur la douleur engendrée par la maladie.  

Les immunosuppresseurs
permettent d’inhiber la réponse immunitaire. Ils sont rarement utilisés au Canada. Seul le mitoxantrone est approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis pour le traitement de la sclérose en plaques réfractaire aux autres traitements. Leur efficacité est faible et leurs effets potentiellement toxiques sont importants.  
Les immunomodulateurs
comprennent des molécules de la famille des interférons bêta : l’interféron ß–1a (Avonex® injecté par voie intramusculaire une fois par semaine et Rebif® injecté par voie sous-cutanée trois fois par semaine) et l’interféron ß–1b (Betaferon® injecté par voie sous-cutanée aux deux jours). Les interférons sont des substances produites naturellement par le corps pour inhiber la multiplication des virus et stimuler l’activité de certaines cellules immunitaires. Ils diminuent d’environ 30 % la fréquence des poussées. L’interféron ß–1a ralentit aussi la progression de la maladie durant la phase cyclique rémittente. Cependant, ils entraînent souvent un syndrome pseudogrippal (fièvre, frissons, maux de tête, douleurs musculaires) quelques heures après l’injection durant les trois premiers mois de traitement.
Ces effets secondaires disparaissent par la suite. Toutefois, une toxicité au foie (réversible) est fréquente.
Le médecin peut aussi prescrire de l’acétate de glatiramère (Copaxone®), un autre immunomodulateur, qui occasionne rarement des effets secondaires et aucun effet toxique, mais qui nécessite des injections sous-cutanées quotidiennes. À l’étude : des recherches sont en cours notamment pour élaborer des facteurs de croissance qui aideraient à restaurer la myéline entre les crises ou des molécules qui duperaient les anticorps spécifiques qui s’y attaquent.

En plus des médicaments, l’activité physique, la participation à un groupe de soutien et la physiothérapie sont conseillées par les médecins. La prise de suppléments de vitamine D et de calcium est parfois recommandée afin de prévenir ou traiter l’ostéoporose engendrée par certains médicaments, et ce, sous suivi médical.
 
Traitement d'oxygène en chambre hyperbare
:
ce traitement consiste à inhaler, dans un caisson, de l'oxygène pur à une pression supérieure à la normale. Il fut expérimenté de manière intensive en Angleterre de 1983 à 1987. De nombreux patients ont déclaré bénéficier de celui-ci, le traitement semblant surtout améliorer les fonctions de la vessie et de l'intestin. Cependant, aucune des études contrôlées à double insu effectuées dans ce domaine n'a démontré d'effet positif sur les critères d'évaluation objectifs de la maladie. Pour cette raison, Santé Canada n’approuve pas l’usage de cette thérapie pour la sclérose en plaques.

Adapter son mode de vie  
La fatigue est courante chez les personnes atteintes de sclérose en plaques. Voici quelques moyens qui visent à diminuer la fatigue et améliorer la qualité de vie. S’informer auprès des associations et fondations vouées à la sclérose en plaques pour de l’information plus détaillée à ce sujet (voir les Sites d’intérêt en Documents associés).  

Se reposer. La fatigue, un des symptômes les plus courants, apparaît souvent dès le début de la maladie. Il est alors important de préserver son énergie en s’accordant des périodes de repos ou de relaxation, surtout avant une activité.  
Faire régulièrement de l’exercice. Faire de l’exercice permet aux personnes souffrant de sclérose en plaques d’améliorer leur force musculaire, leur coordination, leur équilibre et leur moral. L’activité choisie ne doit pas être trop exigeante physiquement, adaptée aux besoins de la personne et idéalement plaisante.
Éviter le stress. Il est difficile de connaître l’impact réel du stress sur l’évolution de la sclérose en plaques, surtout lorsqu’elle évolue par poussées qui surviennent de manière imprévisible. Comme il est bénéfique de savoir bien gérer son stress et que la fatigue est un symptôme majeur de la sclérose en plaques, avoir recours à des groupes de soutien, à une psychothérapie ou à des techniques de relaxation peut améliorer le bien-être (voir la section Autres approches).
Participer à un groupe de soutien. Participer à des rencontres, des conférences et diverses activités permet de mieux comprendre la maladie et d’échanger avec d’autres personnes dans la même situation. 

Éviter les infections virales et bactériennes par des mesures d’hygiène simple, comme le lavage fréquent des mains. Des infections respiratoires mineures ou des sinusites ont souvent été reportées à l’origine de rechutes.  
Éviter les écarts brutaux de température. Cela déclencherait ou aggraverait les symptômes chez certaines personnes.  
Éviter l’alcool, le café et la cigarette. L’alcool rend plus difficile la coordination des mouvements et le sens de l’équilibre. La cigarette exacerberait particulièrement l’insomnie chez les personnes qui souffrent de sclérose en plaques. Quant à la caféine, elle irrite la vessie, ce qui favorise l’incontinence urinaire.  

Traitements non conventionnels

Les médecines alternatives et complémentaires (MAC) sont utilisées par de nombreuses personnes atteintes de sclérose en plaques. Environ 60 % d’entre elles utilisent en moyenne deux ou trois formes de traitements non conventionnels en complément de leurs traitements médicaux. Cependant, les recherches sur ces traitements en sont encore à leurs balbutiements. Leur effet sur les symptômes de la sclérose en plaques est extrêmement difficile à étudier en raison du caractère imprévisible de l’évolution de cette maladie. Ainsi, la vigilance est de mise face aux promesses "d’efficacité". Alimentation  : 
D’après l’auteur d’une synthèse d’études parue en 2003, aucune diète ne peut prétendre actuellement prévenir ou ralentir l’évolution de la sclérose en plaques sur une base scientifique. Une alimentation saine et équilibrée est généralement recommandée par les médecins afin de soutenir l’organisme (voir le dossier Nutrition en Documents associés). Cela dit, il se peut que le contenu en gras de l’alimentation influence la maladie.  

Diète de Swank
: en 1948, le Dr Swank, professeur et chercheur en neurologie, mettait au point une diète spéciale destinée à soulager les symptômes de ses patients atteints de sclérose en plaques. La diète de Swank est faible en gras saturés et riche en gras insaturés, ce qui veut dire qu’elle fait peu de place aux graisses animales. Cette diète se compare aisément aux recommandations alimentaires de la célèbre docteure Kousmine.  

Un seul essai clinique a étudié la valeur de la diète de Swank, dirigé par le Dr Swank lui-même. Durant 34 ans, 144 personnes atteintes de sclérose en plaques ont suivi cette diète faible en gras saturés. Un an après le début de l’étude, le nombre de poussées avait diminué de 70 % par rapport à l’année qui précédait l’étude. Les bénéfices étaient accrus chez les personnes qui respectaient la diète de manière stricte et chez celles qui l’adoptaient aux premiers stades de la maladie. Cette recherche est d’une valeur limitée puisqu’elle ne comportait pas de groupe témoins.
Le naturopathe J.E. Pizzorno recommande la diète de Swank parce qu’elle contrecarrerait la réaction auto-immune tout en normalisant l’apport en acides gras essentiels.
Composition de la diète de Swank :  
- La quantité de gras saturés ne doit pas dépasser 15 g par jour (3 c. à thé).
- Consommer des gras insaturés à raison de 20 g à 50 g par jour (4 à 10 c. à thé).
- La viande rouge est proscrite durant la première année. Ensuite, on recommande 3 oz de viande rouge par semaine.
- Les produits laitiers contenant 1 % de matière grasse ou moins peuvent être consommés.
- Bannir les produits commerciaux qui contiennent des huiles végétales hydrogénées : biscuits, craquelins, pâtisseries, pâtes à tarte, etc.
- Consommer une cuillerée à thé d’huile de foie de morue par jour.
- Prendre un supplément quotidien de multivitamines et minéraux.
N.B. Les protéines doivent être recherchées dans les légumineuses, les poissons, les graines oléagineuses et les céréales complètes.
Diètes non appuyées par des études: leffet thérapeutique des diètes sans pectine, restreintes en sucre ou faibles en aliments allergènes n’est corroboré par aucune preuve scientifique.  

Phytothérapie

Marijuana (Cannabis sativa): deux synthèses d’études datant de 2002 et de 2003 révèlent que le cannabis ou que les composés extraits du cannabis puissent apporter un soulagement sensible des symptômes (diminution de la douleur, des spasmes et des contractures musculaires). Par ailleurs, les résultats d’une étude britannique portant sur 630 sujets atteints de sclérose en plaques permettent difficilement de conclure à un effet réel du cannabis sur les spasmes musculaires. Lorsqu’ils étaient questionnés, les sujets traités au cannabis rapportaient une réduction significative de leurs spasmes et douleurs musculaires (comparativement au groupe placebo). Toutefois, l’évaluation objective de leurs symptômes à l’aide de l’échelle d’Ashworth, un test qui permet d’évaluer le tonus musculaire et la rigidité d’un membre lors d’un mouvement passif, n’a révélé aucune différence entre les groupes. La durée de l’étude était de 15 semaines. Au Canada, la possession de marijuana est autorisée à des fins médicales seulement.   
Suppléments

Acide linoléique:
l'acide linoléique est un acide gras dit essentiel de la famille des acides gras oméga-6.  

On en trouve entre autres dans les huiles de maïs, de tournesol, de soya, de carthame et de pépins de raisin. L’effet d’un apport en acide linoléique par des suppléments d’huile de tournesol sur la forme cyclique rémittente de la sclérose en plaques a été analysé lors de trois études contrôlées menées à double insu. Deux de ces études d’une durée de deux ans ont obtenu une réduction significative de la gravité des poussées et de leur durée comparativement au placebo (un supplément d’huile d’olive). Toutefois, l’acide linoléique n’a pas réduit le nombre de poussées. Or, ce paramètre est actuellement considéré comme étant le plus fiable dans les recherches sur la sclérose en plaques. Dans la troisième étude, l’acide linoléique n’a produit aucun effet thérapeutique.  
Une analyse subséquente de ces trois études (comprenant 181 patients au total) révèle que, finalement, ce sont les patients qui avaient les symptômes les plus légers qui ont vu une meilleure amélioration de la durée et de la gravité des poussées. Le dosage utilisé aux fins de ces études variait entre 17 g et 23 g d’acide linoléique par jour : l’équivalent d’une once d’huile de tournesol.  
Note sur les acides gras oméga-3
: les acides gras oméga-3 sont soit d’origine végétale, soit d'origine marine. La seule étude clinique à double insu ayant évalué l’effet d’un apport supplémentaire en oméga-3 sous forme d’huiles de poisson n’a démontré aucun effet thérapeutique par rapport au placebo (un supplément d’huile d’olive). Deux cent quatre-vingt-douze personnes ont participé à cette étude, qui a duré deux ans.  

Thérapies physiques

Thérapie magnétique:
la thérapie magnétique consiste à bombarder certaines parties du corps d’électrons à l’aide de petits dispositifs appliqués sur la peau. Cette méthode utilisée traditionnellement en Asie est principalement employée pour soulager la douleur. Deux études datant de 1997 et 2003 indiquent que la thérapie magnétique améliore légèrement la qualité de vie des patients. Trente personnes atteintes de sclérose en plaques ont participé à la première étude (randomisée et contrôlée). La moitié d’entre elles a porté un dispositif magnétique 10 à 24 heures par jour durant deux mois, tandis que l’autre moitié a porté un dispositif inactif suivant les mêmes indications. La fréquence vibratoire des électrons se situait entre 4 et 13 Hertz, et ceux-ci étaient transmis par champs pulsés.
Subséquemment, une étude croisée portant sur 117 patients réalisée par la même équipe de recherche a obtenu des conclusions similaires. L’amélioration concerne notamment le niveau de fatigue, le contrôle de la vessie, le fonctionnement des mains et la spasticité musculaire.  
Réflexologie:
la réflexologie consiste à exercer une pression soutenue, avec la pulpe des doigts, sur des points réflexes situés sur les pieds, les mains et les oreilles, et correspondant à des organes ou des fonctions organiques. Un essai clinique randomisé et contrôlé a été mené auprès de 71 sujets malades (seulement 53 ont terminé le protocole), certains ayant reçu un traitement de réflexologie et un massage du mollet, tandis que les patients du groupe témoin ne recevaient qu’un massage du mollet.
Après 11 semaines de traitement, une amélioration des symptômes moteurs, sensitifs et urinaires a été observée dans le groupe traité par réflexologie.  
Autres approches
Acupuncture:
les bienfaits de l’acupuncture sont largement repris par de nombreux spécialistes, comme le Dr Edzard Ernst. L’acupuncture aurait notamment des effets bénéfiques sur la fatigue et la spasticité musculaire. Bien qu’une synthèse d’études publiée en 2003 semble infirmer l’utilité thérapeutique de l’acupuncture dans le cas de la sclérose en plaques, l’appui d’experts et son innocuité en font une thérapie qui peut être essayée sans danger.  
Apithérapie:
depuis plusieurs décennies, les vertus des piqûres et du venin d'abeille dans le traitement de la sclérose en plaques sont proclamées par plusieurs patients. Le Dr Weil notamment conseille d’essayer cette thérapie. Les bienfaits du venin seraient attribuables, entre autres, à la présence d’agents anti-inflammatoires. Le traitement, qui doit être effectué sur une longue période, consiste généralement à avoir deux séances d’apithérapie par semaine, à raison de 25 à 30 piqûres par séance. Certaines personnes ainsi traitées (dont certaines fort handicapées par la maladie) auraient vu leur énergie s'accroître, leur vision ou même leur état de santé général s’améliorer. Noter que le venin d’abeille peut aussi être administré à l’aide d’une seringue. La Multiple Sclerosis Association of America commandite actuellement une vaste étude visant à déterminer, dans un premier temps, l’innocuité du venin d’abeille.  
Massothérapie:
un massage classique ou un drainage lymphatique sont des moyens qui peuvent être utilisés pour retrouver de la vigueur et améliorer le bien-être de manière temporaire. Prodigué par un massothérapeute qualifié, le massage aide aussi à relâcher les tensions musculaires et émotionnelles. 
Une étude préliminaire contrôlée publiée en 1998 a été effectuée auprès de 24 patients qui, pour la moitié d’entre eux, ont reçu pendant cinq semaines des massages en complément du traitement classique de leur sclérose en plaques. Ces patients ont vu leur niveau d’anxiété baisser, étaient moins déprimés et avaient une plus haute estime d’eux-mêmes.  
Techniques de relaxation et de gestion du stress:
la visualisation, la méditation, l’hypnothérapie et le yoga sont des techniques conseillées par le Dr Weil. Ces techniques peuvent être utilisées pour se détendre, relaxer les parties du corps douloureuses, réduire les spasmes et les contractures musculaires et améliorer la circulation sanguine. Par ailleurs, la méthode Feldenkrais aiderait à diminuer le niveau de stress et d’anxiété d’après une petite étude préliminaire effectuée sur 20 patients. Cette méthode d’éducation somatique vise à améliorer la mobilité relative entre les différents segments du corps en utilisant des stratégies simples d'auto-éducation. 
 
Recherche et rédaction : Valérie Manceau, Ph.D. et Marie-Michèle Mantha, M.Sc. Révision médicale : Dr F. Grand’Maison, neurologue - mise à jour 25/5/04  (Source: passeportsante.net )

 

 

                        

La Sclérose En Plaques  

Maladie inflammatoire démyélinisante auto-immune du système nerveux central (SNC) caractérisée par la présence de plaques de démyélinisation d’âges différents disséminées dans la substance blanche (SB) du SNC.  
La clinique de la SEP est caractérisée par la dissémination des lésions dans le temps et dans l’espace : évolution habituelle par poussées espacées de rémission et richesse du tableau neurologique due au caractère multifocal des lésions de la SB du SNC.

    1- FREQUENCE  
Maladie fréquente mais répartition non uniforme à travers le monde. 3 zones de prévalence différente : haute prévalence dans les pays nordiques,  prévalence moyenne dans le sud de l’Europe, le pourtour méditerranéen, les USA et l'Australie, faible prévalence en Asie et le reste de l'Afrique.

    2- FACTEURS DE RISQUES  
L'âge (maladie de l’adulte jeune 25-40ans), le sexe (2 fois plus fréquente chez les femmes), susceptibilité génétique (formes familiales qui sont rares)
, variations ethniques (2 fois moins fréquente chez sujets noirs et  exceptionnelle chez race jaune), facteurs environnementaux (rôle dans la répartition géographique en plus des facteurs génétiques).

    3- LA LESION = la plaque  
Le cerveau et la mœlle épinière des sujets atteints de SEP sont caractérisés par la présence de lésions fermes, bien limitées, multiples, de forme et couleur variables.  
Leur répartition est caractéristique au niveau de SB du SNC et + fréquemment au niveau de : SB proche des ventricules surtout les ventricules latéraux.
La lésion primaire est constituée par un foyer inflammatoire péri-vasculaire autour duquel s’étend la démyélinisation aboutissant à la constitution d’une plaque.  
Les plaques jeunes ou récentes sont caractérisées par une hypercellularité +rupture de la barrière hemato-encéphalique+réaction microgliale. Les plaques plus anciennes sont très démyélinisées, hypocellulaires, constituées surtout par une gliose fibrillaire (=fibrose).

    4- ORIGINES 
L
a SEP est actuellement considérée comme une maladie auto-immune post-infectieuse: ressemblance entre agents viraux et les épitopes antigéniques de la  myéline (réaction immunologique croisée) et nécessité d’un terrain prédisposé (rôle des facteurs génétiques et environnementaux).

    5- SYMPTÔMES  
Les plus fréquents sont par ordre : faiblesse motrice d’un ou plusieurs membres (40%), névrite optique (22%), paresthésies (21%), diplopie (12%), vertiges (5%), troubles sphinctériens (5%). Dans plus 1/3 des cas le début est polysymptomatique.  
          - Signes ophtalmiques : 

Névrite optique rétrobulbaire (NORB),
atteinte inflammatoire des fibres maculaires du nerf optique souvent précédée par une douleur orbitaire et périorbitaire accentuée par la mobilisation du globe oculaire, diminution de l'acuité visuelle qui s’installe en général en quelques heures avec un scotome central (le malade voit en périphérie mais pas au centre) avec trouble de la vision des couleurs. Le fond d’œil est normal au début. Evolution souvent favorable vers la récupération en quelques semaines, séquelles graves dans 10% des cas. Atteinte du nerf optique constante avec l’évolution pouvant être silencieuse cliniquement (40%SEP). Troubles occulomoteurs dûs à l’existence de plaques au niveau du tronc cérébral, diplopie révélatrice dans 10% des cas, limitation de l’adduction d’un œil et nystagmus de l’œil controlatéral en abduction (souvent bilatérale).  
          - Atteinte motrice : - Atteinte motrice :  

Très fréquente. Se voit dans 80% après quelques années d’évolution. Déficit moteur touchant par ordre de fréquence décroissante:  les deux membres inférieurs réalisant une paraparésie spastique, un seul membre, un hémicorps, les quatre membres (tétraplégie).
Intensité du déficit très variable : claudication intermittente, lourdeur apparaissant à l’effort, paralysie complète spastique handicapante. Le déficit peut s’installer brutalement, il est alors flasque avec réflexes négatifs au début. 
Syndrome pyramidal fréquent. Hypertonie spastique. Exagération des réflexes. Signe de BABINSKI. Abolition précoce des réflexes cutanés-abdominaux dans 60% des cas.  
          Atteinte sensitive :  
Très variée.
Les manifestations sensitives subjectives sont fréquentes et caractéristiques: sensations de picotements, fourmillements, striction ou impression d’etau, de cartonnement cutané ou sensations difficiles à décrire et de topographie variable : face, tronc, hémicorps, un membre.  
Signe de Lhermite caractéristique de 40% SEP : sensation de décharge électrique le long du corps suite à la flexion de la tête.  

Les signes objectifs de la sensibilité : 
troubles de la sensibilité profonde débutant par une diminution de la sensibilité vibratoire, signe de ROMBERG, une ataxie proprioceptive.  
Hypoesthésie pour les autres modes.   
             - Syndrome cérébelleux  
Inaugural dans 10% des cas :  trouble de l’équilibre et ataxie à la marche, trouble de la coordination, asynergie, adiadococinesie, tremblement d’attitude, dysarthrie.  
L’association à l’atteinte pyramidale réalise le syndrome ataxo-spasmodique caractéristique.  
           - Troubles vestibulaires  
Révèlent 5% des SEP: vertige brutal important rare, simple impression vertigineuse. Le nystagmus est un signe fréquent qui persiste en dehors des épisodes vertigineux.  
           - Troubles sphinctériens et génitaux  
Dus à l’existence de plaques au niveau de la moelle épinière : constants dans les formes évoluées responsables de gêne fonctionnelle importante : miction impérieuse, pollakiurie, incontinence urinaire, dysurie, miction hésitante ou interruption du jet. Les troubles de l’érection dominent les troubles génitaux. 
           - Autres manifestations neurologiques 
Les troubles cognitifs (13 à 60% des SEP):  troubles de l’attention, troubles de la mémoire, syndrome démentiel.  
Les troubles thymiques et psychiatriques: euphorie et état détaché de la maladie.
L’asthénie:  grande fatigue très fréquente, parfois très gênante et nécessitant un traitement.  
           - Effets de la Température  
Aggravation des signes neurologiques par la chaleur dans 60% des SEP

    6- MODALITES EVOLUTIVES 
          - Définitions :

- poussée = apparition de symptômes et/ou de signes neurologiques avec ou sans confirmation objective durant au moins 24h.  

-  rémission= amélioration démontrée et durable (pendant au moins 1 mois) des symptômes et/ou de signe neurologique ayant duré au moins 24h.  
-  progression : évolution de la maladie caractérisée par un handicap croissant avec majoration des signes sans stabilisation depuis au moins 6 mois.  
         - Types évolutifs de la SEP  :  
- formes rémittentes (poussées espacées de remissions de plus de 1 mois): la plus fréquente, souvent au début de la maladie. La SEP rémittente bénigne n’entraîne pas d’handicap fréquent après 10 ans d’évolution.  
- forme rémittente-progressive (évolution progressive avec des poussées d’aggravation): après plusieurs années d’évolution d’une forme rémittente avec séquelles.  
- forme progressive (évolution progressive avec pente variable) :  20% des SEP. Plus fréquente chez le sujet âgé. Souvent forme médullaire. Répond moins bien au traitement. Souvent sous forme de paraparésie spastiques ou syndrome cérébelleux d’évolution progressive.  

  7- EXAMENS DIAGNOSTIQUES 
     - Ponction lombaire:  examen du liiquide céphalo-rachidien (inflammatoire). Dans 10% des SEP, le LCR est normal.  
     - Potentiels évoqués(pour détecter les lésions cliniquement silencieuses)
     - Scanner cérébral
le plus performant pour mettre en évidence les lésions de démyélinisation (ou plaques). La plaque donne un hyper signal en T2  (parfois, si jeune, hypo signal en T1). Plusieurs lésions disséminées de la SB du SNC. Permet une étude fine du tronc cérébral et de la moelle épinière. L’injection de Gadolinium permet parfois de montrer les lésions jeunes. Elle permet de démontrer la dissémination des lésions dans l’espace, voire même dans le temps, en visualisant des plaques d’âges différents. N.B : pas de corrélation entre l’importance des plaques à l’IRM et la gravité clinique.

   8- TRAITEMENTS 
  Traitement de la poussée :
 
Repos essentiel, aide à la récupération.
Corticoïdes (
Methylprédnisolone en intraveineuses à forte dose = bolus. 500 mg à 1g/j  pendant 3 à 5j ). Traitement bien toléré. Effets indésirables : bouffées de chaleur, insomnie, excitation, asthénie.   
 Traitements de fond :
               1- Immunosuppresseurs : 

     * Azathioprine (IMUREL) par voie orale:  2 à 3mg/kg/j . Durée du traitement : 3 ans. Tend à baisser le nombre de poussées rémittentes. Pas d’efficacité dans les formes progressives. Effets secondaires : lymphopénie ==> surveiller la NFS toutes les semaines puis tous les 3 mois  +++. Toxicité hépatique : surveiller transaminases. Risque de lymphome après plusieurs années.  
     * Cyclophosphamide (ENDOXAN) par intraveineuse:
Cure intensive : 800 mg/m² en 10 à 14j. Continuer tous les 3 mois par bolus injecté : 800 mg à 1g en 1 seule fois. Indiqué dans les formes progressives : peut stabiliser l’état du malade. Effets indésirables : cystite hémorragique, toxicité hématologique, vomissements, asthénie.      * Autres immunosuppresseurs :  
  - Cyclosporine  
  - Mitoxantrone : dans les formes graves (toxique)  
  - Méthotréxate  
               2- Immunomodulateurs:  Interféron bêta  
Efficaces sur fréquence, sévérité et durée des poussées. Dans les formes rémittentes seulement.  Contre-indications : hypersensibilité au produit, femme enceinte, syndrome dépressif grave. Effets indésirables : réaction cutanée au site d’injection, syndrôme pseudo-grippal.  

            - AVONEX® 30mg/: en IM  

            - REBIF ® : 22 ou 44mg 3 fois/sem. en sous-cutané  
            - Interféron bêta Ib : BETAFERON®  
Traitements symptomatiques :  

Rééducation
 : faite systématiquement et régulièrement dès qu’il existe un déficit permanent.  
Diminution de la spasticité en traitant des facteurs favorisants (constipation, escarres , infections urinaires) et 
traitements médicamenteux par voie orale: Baclofène ( LIORESAL®), Dantrolène (DANTRIUM&®), Benzodiazépine ( VALIUM®,  MYOLASTAN®)  
Troubles sphinctériens: problème de résidu post-mictionnel (risque infectieux. Apport d’eau suffisant : 1,5 à 2 l/j.  ECBU et traitement des infections), troubles rétentionnels (dysurie, rétention d’urine :  surveiller par UIV, échographie rénale, bilan urodynamique)  
Fatigue : Période de repos. Effort adapté.  Amantadine (MANTADIX) 200 mg/j.  
Douleurs : Antalgiques simples. Anti-dépresseurs tricycliques.  
Syndrome cérébelleux + tremblements : Propranolol (AVLOCARDYL®) Carbamazépine  
  Choix du traitement :
Forme rémittente bénigne
 : Corticoïdes (bolus de solumedrol). 
Forme rémittente sévère
 : Interférons.
Forme rémittente-progressive
 : Corticoïdes+ENDOXAN.

F
orme progressive : ENDOXAN. Quand aggravation aigue: bolus de solumedrol.  

 
Extrait de NeuroClub  (Site des étudiants de la faculté de médecine de Fès) http://neuroclub.homeip.net  

 

 

 

 

Il faut en finir avec le message: SEP = chaise roulante
Suisse, 2 février 2008
La clinique bernoise est une clinique polyvalente pour le traitement et la réadaptation de patients ayant subi une 
opération ou atteints d'une maladie chronique. Nombre de ses malades sont atteints de la sclérose en plaques. 
Ils y séjournent trois à quatre semaines durant lesquelles physiothérapie, hippothérapie, aquagym et autres exercices 
leur redonnent le goût du mouvement.
Docteur Vaney, quelles sont les personnes les plus touchées par la sclérose en plaques?
Une personne sur 1000 est atteinte par cette maladie en Suisse. C'est la troisième cause d'invalidité chez les jeunes dans notre pays. Deux tiers des malades sont des femmes, pour des raisons qui ne sont pas encore bien connues mais qui ont un rapport avec les hormones. Les premières manifestations apparaissent entre 20 et 40 ans.
Quels sont les symptômes révélateurs de la maladie?
Il vaut mieux parler de symptômes évocateurs, car la sclérose en plaques se manifeste par des signes qui peuvent aussi se rapporter à d'autres maladies. Mais si vous avez, de façon assez soudaine, des troubles de la vue, une perte de la sensibilité, des fourmillements dans les extrémités, des problèmes d'équilibre ou des difficultés à marcher, il vaut mieux consulter votre généraliste qui affinera son diagnostic par une résonance magnétique entre autres.
Peut-on guérir de la sclérose en plaques?
Non, hélas, mais on peut soulager les malades. Il existe sur le marché des médicaments (des immunomodulateurs) qui peuvent réduire d'un tiers la fréquence des poussées. Le mot «poussée» désigne les crises par lesquelles la maladie 
frappe. Certaines poussées laissent des séquelles.
La cortisone, administrée ponctuellement, peut stopper une poussée et en atténuer la symptologie. Avec une bonne 
prise en charge du patient, tant par le généraliste que le neurologue et des médicaments adaptés, on peut diminuer l'impact de cette maladie. Il faut aussi savoir qu'il existe des patients qui ne font qu'une seule poussée dans leur vie.
Il faut en finir avec le message: sclérose en plaques = chaise roulante!
Cette maladie est-elle héréditaire?
Non. Il peut y avoir une prédisposition génétique, mais ce n'est pas inéluctable. Si un de vos proches est touché par la sclérose en plaques, vous avez peut-être 1 risque sur 100 de développer cette maladie un jour, ce qui est relativement faible.
Y a-t-il une «personnalité» sclérose en plaques? Autrement formulé, peut-on faire un portrait robot des personnes susceptibles d'avoir une sclérose en plaques?
Non. On évoque parfois un type de caractère plus marqué, plus de susceptibilité, plus colérique, mais ce n'est pas 
vérifié.
Bien sûr, c'est une maladie lourde qui n'est pas facile à vivre et qui peut engendrer une certaine colère ou un état dépressif. Le médecin doit en tenir compte et adapter son traitement. Le malade a besoin de parler avec des personnes vivant la même chose que lui. Un des buts des séjours à la clinique bernoise, c'est la rencontre et l'échange 
d'expériences avec des personnes qui partagent le même sort. Une pause de trois ou quatre semaines en clinique 
permet aussi à l'entourage et aux familles de reprendre des forces. Car cette maladie requiert un accompagnement 
intense sur une longue durée.
L'alimentation joue-t-elle un rôle dans la lutte contre la sclérose en plaques?
Les adeptes de Kousmine prétendent que le régime de la doctoresse est miraculeux. Rien n'est prouvé scientifiquement. Bien sûr, l'apport d'acides gras polyinsaturés, l'utilisation d'huiles garanties de premières pression à froid et une 
nourriture saine et équilibrée contribuent au bien-être du malade comme de chaque individu d'ailleurs.
Mais je ne pense pas qu'un régime puisse changer le cours de la maladie.
Chaque fois que la médecine traditionnelle est impuissante, 60% des malades vont chercher une solution vers les médecines dites douces ou parallèles. Pourquoi pas? Le médecin doit accepter et respecter ces démarches. 
Le patient,lui, ne doit pas hésiter à en informer son médecin traitant. Il est important d'établir une relation de confiance et de dialogue.
On dit que le cannabis peut agir sur certains symptômes de la sclérose en plaques?
Le THC a des propriétés calmantes, principalement sur les contractures musculaires. De plus, il a des effets favorables 
sur la vessie (les patients atteints de sclérose en plaques ont du mal à contrôler leurs mictions); plusieurs études contrôlées le confirment. Au Canada, un spray à base de chanvre, à gicler sous la langue, est en vente sur ordonnance. Aux Pays-Bas, la vente libre de cannabis permet aux malades de s'approvisionner sans problème. 
En Suisse, toute vente de cannabis est interdite. Beaucoup de malades ont donc recours au marché noir, ce qui ne permet pas de connaître le taux de THC contenu dans le chanvre qu'ils consomment. 
Mais les choses bougent, il y a des préparations synthétiques auxquelles les patients pourraient avoir bientôt accès sur ordonnance. Je précise toutefois que, comme pour les opiacées, il faudra administrer le THC de façon contrôlée. 
Car la consommation régulière de cannabis chez les jeunes peut provoquer de sérieux problèmes psychiques et ceci 
n'est pas à prendre à la légère.
 
Interview du Dr Claude Vaney, Président du Congrès Quadrimed 2008 et médecin-chef, spécialiste en neurologie
à la Clinique Bernoise -
Propos receuillis par France Massy (Source: lenouvelliste.ch)

 

 

Progrès de la recherche réalisés au cours des 10 dernières années

La recherche continue d'approfondir nos connaissances sur la sclérose en plaques et son traitement. On comprend beaucoup mieux maintenant cette maladie imprévisible, souvent invalidante. La majorité des progrès dans ce domaine ont été accomplis au cours des 10 dernières années, grâce au soutien financier de la Société Canadienne de la sclérose en plaques, de ses organismes sœurs établies dans le monde entier, de nombreux gouvernements et du secteur privé. 
Vous trouverez ci-dessous certaines de ces réalisations :
-  Nous disposons maintenant de traitements pour certaines formes de SP.
Ces traitements sont utiles dans la forme cyclique (poussées-rémissions) de SP. Leur effet sur l'évolution de la maladie demeure cependant imprécis. 
-  Les chercheurs ont ouvert des "fenêtres" sur la maladie, grâce à la nouvelle technologie.
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) accélère le processus diagnostique. Les chercheurs canadiens s'avèrent des chefs de file dans l'utilisation de l'IRM et d'autres techniques de résonance magnétique pour mesurer l'activité de la maladie dans le système nerveux central.
- Nous savons que la myéline peut se régénérer spontanément, dans une certaine mesure. La réparation de cette substance est donc possible.
Un certain niveau de réparation et de régénération de la myéline a été observé dans les premiers stades de la SP. Des études en cours visent à favoriser la réparation de la myéline au moyen de cellules présentes dans l'organisme.
-  Les chercheurs comprennent mieux la nature de la SP et peuvent donc mieux traiter les diverses formes de cette maladie. Ces connaissances proviennent des
études sur des tissus lésés par la SP (pathologie), des études sur le système immunitaire (immunologie), des études sur la façon dont la SP évolue lorsqu'elle n'est pas traitée (histoire naturelle).
-  Les scientifiques ont identifié les molécules clés à l'origine du dérèglement de la réponse immunitaire dans la SP.
L'identification des "coupables" aboutira à l'élaboration de traitements plus efficaces.
-  Il est généralement reconnu que des facteurs génétiques et environnementaux jouent un rôle important dans le déclenchement de la SP.
Plusieurs gènes sont en cause. Les cas multiples de SP dans une même famille s'expliqueraient par des gènes communs. Une vaste étude génétique est en cours au Canada.
-  Les études montrent que la SP est coûteuse. Le coût de la SP est plus élevé que celui de nombreuses autres maladies, étant donné que cette maladie dure toute la vie. La majeure partie de ce coût est assumé par les personnes atteintes de SP et par leur famille. Le coût s'élève à mesure que la maladie s'aggrave
.  (source: scleroseenplaques.ca)

 

 

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