Parc du Pilat  / Gîte de CHORÉE  Exploitation /

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Au coeur du Parc Naturel Régional du Pilat
Au milieu d'une exploitation de pommes biologiques 

Bois, prairies, landes, vergers, ravins, voilà qui résume assez bien le paysage que l'on est amené à parcourir. Celui-ci se caractérise donc par la diversité de ses milieux et, par voie de conséquence, par la diversité des espèces animales et végétales Toutefois, le but de cette présentation n'est pas de donner une liste exhaustive des espèces mais de permettre d'appréhender la richesse des milieux à travers leur évocation
Ainsi, l'étage collinéen du massif du Pilât est assimilable à une mosaïque dont les éléments ont été façonnés par l'homme et la nature Mais point d'étendues monotones d'un seul tenant ; une certaine harmonie entre nature et activités agricoles permet en quelques centaines de mètres de passer d'un milieu à un autre

Caractéristiques écologiques :

L'intérêt paysager et floristique tient beaucoup de l'influence méditerranéenne, qui permet l'installation d'espèces végétales et animales qui sont en limite nord de leur aire de répartition, le Pin Maritime (Crêt de Thorée) et le rare Hibou Petit- Duc en étant les plus beaux exemples
Le sol est relativement pauvre et sec et les affleurements rocheux sont nombreux. Les essences végétales sont donc peu exigeantes quant à la "richesse" du substrat mais tout à fait intéressantes et originales. Les arbres (Pins sylvestres et Chênes principalement ) sont de ce fait relativement petits, voire rachitiques et tortueux, ce qui donne un certain " cachet " aux milieux qu'ils occupent
Les ruisseaux, nombreux, serpentent dans des gorges parfois profondes. Les différences d'exposition sur les versants expliquent les fortes variations de composition floristique de même que le fond des ravins est favorable aux espèces hygrophiles (Aulnes glutineux, Frênes, Peupliers )

Emprise et déprise agricoles :

L'arboriculture ( Pommiers, Poiriers, Cerisiers ) et dans une moindre mesure la vigne sont omniprésents, l'homme mettant ici à profit des conditions climatiques tout à fait favorables à ce type de culture. Quelques exploitations font de l'élevage. Ce paysage ouvert permet l'installation d'un certain nombre d'espèces végétales et animales. C'est le cas des plantes herbacées dans les prairies et les talus ou de la Chouette Chevêche facilement observable de jour et affectionnant tout particulièrement les vieux arbres isolés
Mais la déprise agricole se fait sentir ; certaines prairies sont remplacées par la lande à Genêts et à Calunes, milieu propice aux lézards et serpents et par là même, terrain de chasse privilégié du Circaete-Jean-le-Blanc. Puis, peu à peu, la lande laisse place à la forêt, aussi il n'est pas rare de découvrir de vieux murets vestiges du passé . Ces traces de l'homme soulignent le caractère dynamique du paysage
Même si les milieux qui le composent apparaissent immuables, les interactions entre homme et nature (par la coupe, l'abandon des prairies...) contribuent à maintenir un équilibre dynamique entre ces milieux . Cet équilibre est un gage important de la diversité végétale et animale


QU'Est-ce Que L'AGRO-BIOLOGIE ?

1.GENERALITES SUR L'EXPLOITATION

SITUATION GÉOGRAPHIQUE ET PÉDOLOGIE

Située à l'extrémité sud-ouest du plateau de Pélussin, l'exploitation bénéficie de températures moyennes relativement élevées
Le sol est de texture grossière sableuse, très séchante. Ces conditions climatiques et pédologiques ont conduit au développement de l'arboriculture à Chorée, comme sur les autres exploitations de la région

ASPECT PAYSAGE

L'exploitation Chorée s'étend sur une surface de 12 hectares relativement morcelée, même si les parcelles sont relativement distantes les unes des autres. Ce morcelage évite les lésions paysagères, par conservation des haies et alternance des milieux. On a donc une diversité de paysage qui ne se retrouve pas dans les régions de remembrement.

2. LES CULTURES : DIVERSITÉ

La caractéristique première de l'exploitation est de proposer une diversité de production très importante puisque, par ordre décroissant de quantité de surface cultivée, on trouve :
o Pommiers
o Pêchers
o Poiriers
o Cerisiers
o Framboisiers

De plus, l'exploitant ne possède pas moins de 50 variétés de pommiers, 11 variétés de poiriers et de nombreuses variétés de pêchers. Notons qu'une vingtaine de variétés de pommes est en collection
Cette diversité de variétés permet d'étaler la récolte sur une longue période et donc de proposer des produits de qualité tout au long de l'année
Qualité... le mot est lâché, car lorsqu'on parle d'agriculture biologique, c'est bien l'adjectif qui vient à l'esprit

Qualité qui, selon J.L. JUTHIER, s'exprime par :
o La diversité variétale
o Le goût
o Un certain taux d'acidité
o Le parfum
o La maturité pour les pêches

Qualité qui s'explique par un mode de conduite culturale respectueux de 1' environnement, excluant l'utilisation de substances par trop polluantes
Ainsi, le désherbage se fait mécaniquement, la fertilisation uniquement avec des composts forestiers et des apports minéraux insolubles. L'agro-biologie interdisant l'emploi de pesticides de synthèse ou non dégradables, de nombreuses autres techniques sont mises en ouvre dans les traitements phytosanitaires. Seuls sont tolérés, comme fongicides, le cuivre et le soufre et, comme insecticide, la roténone. Toutefois se posent des problèmes de résidus de pesticides organiques de synthèse provenant de traitements sur les vergers en lutte conventionnelle
Il va sans dire que des vergers menés en culture biologique seront plus vulnérables aux attaques parasitaires et aux pourritures que les cultures conventionnelles. Ceci amène l'exploitant à faire preuve de vigilance afin de prévenir ces attaques par des méthodes appropriées

3. COMMENT RÉGLER LES PROBLÈMES PHYTOSANITAIRES TOUT EN RESPECTANT L'ENVIRONNEMENT ?

3.1 PROBLÈMES PHYTOSANITAIRES

Sur pommier :
o Puceron cendré (pb important). : suce la sève. (cf. Guide des insectes, Delachaux et Niesié p. 84)
o Carpocapse. (Laspeyresia pomonella) : la chenille de ce papillon fore des galeries dans la chair des pommes. (cf.Guide des insectes, Delachaux et Niesié p. 158)
o Psylle du pommier (Cacopsylla mali) : les larves aspirent la sève (cf.Guide des insectes, Delachaux et Niesié p.82)

Sur poirier :
o Cécidomie des poirettes

Sur pêcher :
o la Cloque : excroissances sur les feuilles provoquées par un parasite
o Monilia sur variété Red Top
o Tordeuse orientale sur Red Skin
o Puceron du pêcher (Mysus persicae).Suce la sève (cf. Delachaux et Nieslép.84) Moisissures : Tavelure, Oïdium

3.2 LES TECHNIQUES DE LUTTE EN AGRO-BIOLOGIE

Dans un premier temps, il est important de savoir que l'arboriculteur, en culture biologique, tolère un pourcentage de dégâts, engendré par les ravageurs
Toutefois il est nécessaire de limiter ce pourcentage par la mise en place de traitements, fertilisation, entretien, qui agissent en complément l'un de l'autre :
o La lutte contre les ravageurs commence par le choix de variétés résistantes et/ou dont les périodes sensibles (formation des bourgeons, des fruits) sont décalées par rapport à la période d'activité du parasite. Ainsi, la variété de cerisier Burlat, de par sa précocité, permet d'éviter l'attaque des mouches de la cerise
o La taille longue limite la croissance des pousses qui pourrait favoriser certains ennemis
o La fertilisation organique avec du compost forestier mélangé à du fumier évite, outre les problèmes de pollution de l'eau, les excès de vigueur de la végétation (concurrence) et les risques d'infestation par pucerons, psyles et oïdium
o La lutte par confusion : sur chaque arbre sont disposés des diffuseurs (en plastique ou en papier buvard) à phéromones sexuelles (hormones volatiles) femelles qui, en quantités importantes dans l'air, empêchent le mâle de l'espèce de localiser sa compagne et donc de se reproduire
o Traitement avec des produits " naturels" minéraux ou végétaux: soufre, cuivre (contre tavelure, oïdium, cloque et bactériose), roténone, nicotine, purin d'orties
o La lutte micro biologique par traitement à l'aide de virus (carpovirusine contre le carpocapse) ou de bactéries (Baciïlus thuringiensis contre d'autres chenilles)
o Apport d'acariens prédateurs
o Favoriser les prédateurs auxiliaires par plantation de haies composites ce qui présente de plus un intérêt floristique, faunistique et paysager. Elles servent aussi contre les embruns de traitement chimique des voisins. L'enherbement de plusieurs graminées (Ray Gras Anglais, Fétuque Rouge et Élevée) et légumineuses (Trèfle Blanc), ainsi que l'absence de désherbage chimique est favorable à ces auxiliaires. Dans la même optique des nichoirs ont étés disposés afin de fixer les mésanges, grandes prédatrices de chenilles (carpocapse, tordeuse)

CONCLUSION
Les techniques mises en ouvre en agro-biologie sont sans cesse en évolution et souvent expérimentales. Les exploitants s'avèrent être de véritables pionniers qui par leurs idées, permettent d'améliorer l'efficacité de ce mode de culture et ceci toujours dans le respect de l'environnement
Etre à la pointe du progrès a valu à l'exploitation de recevoir la mention " Nature et Progrès "


Pierre et Jeannette JUTHIER Chorée - 42520 Maclas
tel/fax: (33)(0)4 74 87 38 36 juthierjlv@wanadoo.fr

Roderic.Allier@Wanadoo.fr
http://www.infopilat.net/

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