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Claudia et Joseph Jeury
LE CRÊT DE FONBELLE
Les gens du Mont Pilat

Extraits : LA GRIPPE ESPAGNOLE
Editions : Seghers Récit recueilli par Michel Jeury

Un soir, à la fin de l'été 18, mon parrain est passé. C'était mon oncle Étienne, mais comme il était l'aîné, on ne l'appelait jamais par son prénom. On lui donnait son nom de famille : Françon. Et moi, je disais "parrain". Il m'aimait beaucoup et je lui rendais bien son affection. Ce soir-là, il venait me demander pour les vendanges. Il avait pas mal de vignes : celles du grand-père, et celles qu'il avait plantées à côté. Moi, je ne pouvais pas m'absenter beaucoup, mais j'allais toujours vendanger au moins une demi-journée pour lui faire plaisir, et puis ça me sortait. C'était mieux que le cimetière... A ce moment, je ne me doutais pas que j'allais prendre un nouvel abonnement pour le cimetière, et sérieux!
Je n'étais pas bien du tout. J'ai dit :

- Non, je suis mal fichue. Je crois que je ne pourrai pas aller aux vendanges cette année!
Il a été très vexé. Il est parti en claquant la porte. Je ne l'ai jamais revu.
Le lendemain, je n'allais pas mieux. J'ai fait ma journée au magasin comme j'ai pu. Je me sentais de plus en plus malade. J'avais sûrement la fièvre. J'ai décidé de fermer un peu plus tôt et d'aller me coucher. La tête me tournait. Je ne savais pas ce que j'avais. On ne parlait pas de malades et c'était l'été.
Un client est arrivé, le mari d'une copine. Il voulait deux litres de vin. Je lui ai dit:

- Servez-vous. Je ne peux pas me baisser, la tête m'entraîne. Je suis vraiment mal fichue !
Il a tiré ses deux litres, il a mis l'argent sur le comptoir et il est parti. J'ai fermé les portes et les volets en m'appuyant ou en m'accrochant. Je suis passée devant la cuisine de ma grand-mère et j'ai dit :

- Grand-mère, je vais au lit. Je suis malade! Ma grand-mère a fait un peu la moue et elle n'a pas répondu. Je suis montée me coucher; elle n'a pas eu l'idée de venir me voir. J'ai passé la nuit à transpirer. Je ne savais pas bien où j'étais. Je n'ai pas pu me lever.
Dans la journée, mon parrain est venu pour vendanger un bout de vigne qu'il y avait dans le parc de la grand-mère. Mais il était en colère contre moi et il n'est pas venu me voir. Ma tante m'a apporté un bol de tisane. Une cousine est passée; elle s'est montrée sur le pas de la porte et m'a crié de loin :
- Ça va pas, Claudia? J'ai répondu :
- Non, pas bien.
Elle n'est pas rentrée. On ne s'est pas occupé de moi. A l'époque, on ne pensait au médecin qu'à l'article de la mort. Et puis notre Russe de Pélussin, on savait bien que ce n'était pas la peine de le déranger. Un jour ou deux plus tard, la fièvre est tombée et j'ai réussi à me lever. J'ai fait un tour au magasin. J'ai entendu dire qu'il y avait des malades à Pélussin.
C'était sûrement la grippe espagnole. Je l'avais échappée belle! Je n'ai jamais su la vérité sur cette épidémie. Est-ce que c'était une véritable grippe ou autre chose? Le mot était nouveau. Plus tard, on nous a parlé de "peste des poumons". En tout cas, les gens se sont mis à mourir comme des mouches. Les femmes enceintes n'en réchappaient guère. Les malades du cœur, les gros fumeurs et gros buveurs, les jeunes filles déficientes ont été fauchés les premiers. On disait:
- Ben, une telle est morte. Oh, elle était enceinte... " On n'en savait pas plus.
Mon parrain a fini de vendanger et le vendredi, il a décidé d'aller voir ma mère. Je ne sais pas ce qui lui a pris, s'il ne se sentait pas bien ou quoi, il est parti pour Bourchany. Ça faisait trois bons kilomètres. Il ne voyait pas souvent sa sœur. Il est arrivé comme ça, tout seul, avec son bâton et son velours dans ses bottes.
- Hé, Antonia. Il y a longtemps que je ne t'avais pas vue. Ça m'est venu tout d'un coup. J'ai dit : Je vais la voir. Et me voilà!
Ma mère était très étonnée. Elle lui a dit :
- Jean n'est pas là. Il va arriver et vous trinquerez : tu n'as qu'à attendre un peu.
Jean était mon beau-père. Mon parrain n'a pas voulu attendre.
- Je voulais seulement te voir. Maintenant, il faut que je m'en aille.
Il a bu un coup et il est parti. Le lendemain, il s'est mis au lit. Il habitait dans la montagne avec sa femme et leurs deux gosses, sous les chirats. Les voisins sont venus nous prévenir. Je suis allée chercher le médecin et je l'ai expédié là-haut en le pressant un peu. Je l'attendais quand il est redescendu, mais il n'a rien voulu me dire. Secret professionnel. A mon avis, il n'y avait vu que du feu. J'ai insisté.
- Mais docteur, si c'est grave, il faut que je m'occupe de leur envoyer quelqu'un pour les aider.
Il a eu l'air de réfléchir. Il n'en savait pas plus que moi.
- Oh, vous pouvez envoyer quelqu'un.
Je pense bien qu'on pouvait envoyer quelqu'un ! La grand-mère y est montée. Et deux jours après, mon parrain était mort. Il n'y avait personne pour faire les formalités. On a demandé à mon beau-père, la cinquième roue de la charrette. Il a bien été obligé de se déranger. Il est arrivé à la maison, les bras pendants, tout bête.
- C'est que j'ai trouvé personne pour faire le cercueil ! Les menuisiers qui fabriquaient les cercueils commençaient à être débordés. Je suis partie dans Pélussin. Un nommé Devin m'a promis de passer la nuit pour que le cercueil soit prêt le lendemain. J'ai envoyé mon beau-père au cimetière pour la fosse et je suis allée voir les gens qui s'occupaient du corbillard. Ils étaient sur les dents, eux aussi. Je les connaissais un peu; c'étaient des amis de ma mère. Je tremblais en entrant chez eux. Je ne sais si c'était de froid ou d'énervement. Depuis quelques jours, il pleuvait et la température s'était bien rafraîchie. Alors, cette femme m'a versé un verre de rhum. Mais je ne pouvais pas le boire; ma gorge n'a jamais bien supporté l'alcool.Elle m'a dit :
- Il faut vous forcer. On doit boire de l'alcool pour se protéger de cette maladie.
La maladie, il me semblait que je l'avais déjà eue; mais je n'étais pas sûre qu'elle ne reviendrait pas. J'ai bu la moitié du verre. C'est tout ce que j'ai pu avaler.
Entre-temps, ma grand-mère avait entendu parler de ça. Elle s'était procuré un litre de rhum qu'elle buvait toute seule dans son coin. Elle n'avait rien dit. Quand j'étais couchée, elle aurait pu en mettre une cuillerée dans ma tisane. Non, elle avait peur de ne pas en avoir assez pour elle. C'est qu'elle avait terriblement peur de mourir !
Et il pleuvait! Il pleuvait! Une vraie pluie de novembre, serrée, brumeuse, bien en avance sur la saison, puisqu'on avait à peine fini les vendanges. Les averses succédaient aux averses, presque sans vent. Il y avait de l'eau partout et les cimetières étaient pleins de parapluies. J'avais deux paires de petits souliers qui étaient toujours trempés. Je les tenais au bord du four de la cuisinière, mais je n'arrivais pas à les faire sécher. J'avais les pieds mouillés du matin au soir.
Je me suis occupée de la couronne et j'ai envoyé les télégrammes. J'avais mis : "Enterrement demain dix heures. " Des cousins de Saint-Étienne ont cru que c'était dix heures à la maison. Ils sont montés là-haut. Il n'y avait plus personne. Ils ont couru comme des fous pour arriver au cimetière juste à la fin de la cérémonie. On m'a reproché ça. Je m'étais mal expliquée. Et puis quelqu'un a remarqué qu'on ne disait pas "enterrement" mais "obsèques". C'est tout juste si la grand-mère ne me faisait pas les cornes! Et je pensais : "Eh bien, si j'étais morte moi aussi, la semaine dernière, il n'y aurait eu personne pour envoyer ces mauvais télégrammes et ça aurait été aussi bien! "
Après Inhumation, on avait prévu un petit repas avec du bouilli, du gruyère et des figues sèches pour ceux qui repartaient, à pied ou par le train. Il faisait mauvais temps et personne n'était bien solide sur ses jambes. Je me tenais sur le perron du restaurant quand j'ai vu passer une femme que je ne connaissais pas bien. Je ne sais pas si c'était une parente éloignée; en tout cas, elle avait assisté à l'enterrement. Elle m'a souri et elle a continué. Comme je la voyais se traîner bien tristement, je l'ai appelée :
- Venez manger un bout avec nous. On sera content de vous avoir.
La serveuse est arrivée en criant.
- Oh vous, c'est pas la peine d'arrêter du monde. On n'a pas assez de pain!
C'était une vieille fille, une ancienne repasseuse qui avait bien mauvais caractère.
- Bon, je vais en chercher.
Et me voilà repartie chez Jean la Miche. J'ai fait un crochet par l'épicerie et j'ai pris tous les tickets que j'avais. Je pensais : "La semaine prochaine, nous serons peut-être morts. Ce n'est pas le moment d'économiser le pain. " Je suis revenue avec deux couronnes de trois livres. La serveuse m'a encore crié dessus.
- Ah, on vous en donne à vous parce que vous êtes épicière! Et nous, on peut pas en avoir pour nos clients!
J'ai sorti de ma poche les tickets qui me restaient et je les lui ai tendus.
- Prenez ça et ne nous cassez plus les oreilles!
Il me semblait que c'était la fin du monde et que, bientôt, je n'aurais plus besoin de rien.
Mais la vie a continué. Ma tante était seule, maintenant. Ma mère et ma grand-mère étaient montées la voir. Elle se demandait comment elle allait se débrouiller, avec ses deux enfants, un de treize ans, l'autre de dix. Les gosses n'allaient pas bien, non plus. En rentrant, ma grand-mère soupirait à fendre l'âme. Ce n'est pas qu'elle plaignait tellement son défunt fils. Elle pensait à l'argent qu'il allait falloir débourser pour aider la veuve.
Et puis trois ou quatre jours plus tard, un de leurs voisins s'arrête en passant pour voir ma grand-mère :
- Dites, mère Françon, ça ne va pas fort, là-haut. Je vais chercher les parents de votre belle-fille. Elle est bien malade.
J'ai demandé s'ils avaient appelé le médecin. Le voisin a dit :
- Elle ne veut pas voir le Russe. Elle accepterait peut-être qu'on fasse venir le médecin de Chavanay.
Chavanay, ça fait huit kilomètre de plus. Mais enfin, il fallait tenter quelque chose. J'ai dit :
- Faites-le demander. Je paierai!
Ils sont allés à la poste téléphoner. Il a été convenu que le docteur viendrait à l'épicerie et que je le conduirai là-haut. Il avait demandé une voiture chez la veuve Flachier. On est allé le chercher à Chavanay. Il est donc arrivé à l'épicerie avec son conducteur et ils m'ont mise entre eux deux. Pour monter là-haut, ce n'était pas une petite affaire. Il y avait bien un chemin qui permettait d'arriver jusqu'à la maison avec une charrette à vaches, par temps sec. Mais avec la terre détrempée qu'on avait, ce n'était même pas la peine d'essayer. On y serait restés, et le cheval avec.
Alors, on a laissé la carriole au bord de la route. On a pris chacun son parapluie et on a grimpé le sentier. En général, on comptait vingt minutes pour ce trajet; mais en pataugeant sous la pluie, on a mis une bonne demi-heure. On enfonçait dans le gazon jusqu'aux chevilles. Le médecin, il commençait à souffler menu. Il avait une autre malade à aller voir encore plus haut dans la montagne. Il était bien triste. Il ne disait pas un mot.
On a fini par arriver là-haut. En entrant dans la cuisine, on a vu un homme qui pleurait. C'était le père de ma tante. Elle était morte.
Elle était toute violacée. La grippe espagnole avait cet effet-là sur presque tous les corps. Les paysans disaient : " Ah, quand on a un mort tout noir, comme ça, c'est qu'il va en mourir un autre! " Le plus terrible, c'était les enfants qui avaient la fièvre et qui déliraient. Le plus jeune avait une crise de somnambulisme. Il marchait en s'appuyant au mur sur la têtière du lit où sa mère était couchée, morte!
J'ai dû aller chercher la couronne à Maclas. Il n'y avait plus un seul article funéraire à Pélussin. Chez nous, on enterrait toujours le matin. Mais bientôt, il y a eu trois ou quatre inhumations dans la journée. Le curé ne pouvait les faire toutes dans la matinée. On s'est mis à enterrer l'après-midi : ça me semblait encore plus sinistre. Et puis l'Église a été obligée de mettre de l'eau dans son vin de messe! Avant la grippe espagnole, les prêtres refusaient la cérémonie chrétienne à ceux qui étaient morts de maladie sans les sacrements. Mais là, ça allait trop vite. Les gens n'avaient pas le temps de se voir malades qu'ils étaient morts. Au début, le curé renâclait un peu; et quand l'épidémie s'est développée, il a arrêté de faire des histoires et tout le monde a eu droit à l'office.
J'ai prévenu mon oncle Jean-Toine. Il n'avait pas pu avoir de permission pour son frère; il est venu pour sa belle
- sœur.
Et puis il y en a eu d'autres; ça allait de plus en plus mal. J'étais d'enterrement tous les jours, souvent deux fois par jour. Ma grand-mère disait :
- Celle-ci ou celui-là, c'était une de mes pratiques, il faudrait bien y aller!
Et on repartait. Au début de l'épidémie, on disait seulement "la maladie". Maintenant, on parlait de la grippe espagnole. Quelquefois, cette grippe se greffait sur autre chose, la tuberculose ou une bronchite. Alors, on ne savait pas bien de quoi les gens mouraient.
Je connaissais une famille de la montagne qui comptait deux garçons et une fille de mon âge. L'aîné des garçons a été tué au commencement de la guerre. On a rendu le second comme soutien de famille. Il ne se portait pas très bien. Il a attrapé une broncho-pneumonie pas longtemps avant la grippe... Dans ces fermes de montagne, il y avait deux pièces. La fille couchait dans la chambre des parents ; le garçon avait une paillasse de feuilles au grenier, avec une petite couverture ou deux... Il gelait. Et à cette époque, les broncho-pneumonies, on n'y faisait pas grand-chose. On posait deux ou trois cataplasmes, on brûlait la peau, et après le malade était bon pour mourir. Quand le médecin est venu, il a dit que c'était trop tard. Il avait raison. Le garçon est mort. Le père est allé dans sa grange : il s'est pendu à une poutre. Deux jours après, on les enterrait ensemble. C'est la seule fois où j'ai vu à Pélussin deux cercueils dans le même corbillard.
Mais à peu près à cette époque, je suis allée à Saint-Étienne pour voir mon grossiste. Dans une petite rue, pas loin d'un cimetière, j'ai croisé un corbillard tiré par deux chevaux, qui passait au grand trot, avec six cercueils alignés !
Les deux cercueils de Pélussin, je connaissais ceux qui étaient dedans. Et la mère qui suivait derrière, d'un pas saccadé de montagnarde... Le chien était là aussi. Il serrait de près; il se dépêchait. On aurait dit qu'il avait peur de ne pas pouvoir suivre. Le plus impressionnant, c'est qu'il s'était creusé un vide entre la femme et son chien et puis le reste du cortège. La famille n'avait pas osé se mettre trop près de ces deux malheureux.
Ma grand-mère avait une nièce tuberculeuse. Elle habitait la montagne, pas très haut, avec ses quatre enfants. Son mari était aux territoriaux, dans le régiment de vieux de Saint-Étienne, où servait aussi mon oncle Jean-Toine. Son fils aîné avait une quinzaine d'années. Un jour, il a amené sa mère à Pélussin avec la charrette. Finalement, il était venu un médecin de la ville qui consultait à l'hôpital et les gens venaient le voir. Mais le garçon ne savait pas trop mener ses bêtes qui étaient devenues indociles, avec le père à la guerre. Il a manqué un tournant et il a versé sa mère dans le fossé. Là, elle a perdu connaissance. Il l'a rechargée sur la charrette et il l'a portée à l'hôpital. Elle est morte aussitôt, sans même revenir à elle.
Je me souviens d'une autre qui allait voir le médecin de l'hôpital. C'était une cousine éloignée. Elle avait trouvé la force de rendre visite à ma grand-mère. On se demande comment elle tenait debout. Enfin, la sœur Geneviève la soutenait. Elle avait une bouteille d'eau sous le bras. Elle buvait une gorgée toutes les deux minutes. Elle n'en pouvait plus.
Pendant qu'elle disait quelques mots à la grand-mère, la sœur m'a prise à part.
- Vous êtes parentes avec cette femme? Eh bien, elle est perdue. Elle n'en a même pas pour longtemps!
Mon Dieu, ça se voyait.
Peu à peu, l'épidémie s'est calmée. La vie avait repris tant bien que mal. Tout le monde se traînait. Moi, j'avais perdu le seul homme de ma famille que j'aimais bien et qui me le rendait : mon parrain. Il me restait un petit souvenir de lui : une paire de boucles d'oreille qu'il m'avait rapportées lors de sa période militaire à Menton, avant la guerre.
Ma grand-mère aimait se rappeler une scène de son enfance. Il était encore tout petit. La famille vivait dans une ferme que je n'ai pas connue. Il y avait une grande cour, avec de hauts murs et un portail à cloche. Un dimanche matin, les parents (c'est-à-dire ma grand-mère et mon grand-père) étaient allés baptiser une petite cousine. On ne l'avait pas emmené parce qu'on n'avait pas de quoi l'habiller en dimanche. Une voisine le gardait. Il écoutait sonner les cloches du village. Alors, il est allé jusqu'à l'étable, il a soulevé un mignon petit agneau dans ses bras. Un agneau de quelques jours... Puis il est allé au portail et il tirait la cloche à n'en plus finir. Ses parents l'ont trouvé en rentrant.
- Mais qu'est-ce que tu fais, Étienne?
- Je le baptise!
Par la suite, il avait un peu perdu le goût des sacrements. Je l'ai souvent entendu dire, pour se moquer des curés : " Les sapins du Pilat, si vous saviez comme ils sont grands et beaux. Et pourtant, ils n'ont jamais été baptisés et ils n'ont jamais fait de première communion!". Mais il avait bon cœur; et, depuis la mort du grand-père, il était le seul de la famille qui ne refusait jamais une aumône

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