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Un peu d'histoire du Pilat

| Un vieux quartier : Virieu | Les "Esses" de Pélussin |

menhir du Flat

Les Celtes

A l'époque celtique, deux peuples celtiques se partageaient le Pilat : les Ségusiaves et les Allobroges. Ils nous ont laissé le nom de Pilat qui veut dire, en celte, montagne large ("pi" : montagne et "lat" : large) et aussi de nombreux lieux de culte dont il reste surtout des amas de pierres ordonnées comme le "Château de Belize" au-dessus de Chuyer , l'Autel de la Roche entre Roisey et la Garde, les enceintes sacrées de St Sabin et du Pic des Trois Dents et surtout le menhir du Flat à côté de Colombier

Les Romains

Puis vinrent les Romains : Jules César, lors de sa conquête de la Gaule, chassa les Allobroges de Vienne qui devint "Colonia Julia" ; en l'an 39, Ponce-Pilate fut exilé à Vienne au pied du massif , il s'y donna la mort en 40. Dès l'assassinat de César en l'an 44, les Allobroges reprirent leur cité aux Romains. Les romains exilés de Vienne s'en allèrent fonder la ville de Lyon qu'ils consacrèrent au dieu Lug ( Lugdunum ). Lugdunum devient rapidement la deuxième ville de l'empire d'occident.

Pour leurs villes, les romains étaient "insatiables" et furent rapidement attirés par l'eau cristalline et pure de la montagne. En l'an 50, les ingénieurs impériaux construisirent, du Pilat à Lugdunum, un aqueduc . Cet aqueduc de 80 km comportait de nombreux ouvrages d'art : onze tunnels, quatorze ponts, mille regards de service, et surtout ce qui rend unique dans le monde romain cet aqueduc : quatre siphons dont le fameux siphon qui traverse en souterrain la vallée de la Durèze. Le débit de l'aqueduc était de 15 000 mètres cube par jour.

Ruine Romaine

Eglise Notre-Dame
En 177 débutèrent à Lugdunum les persécutions des chrétiens. L'histoire ou la légende rapporte qu'à cette époque, un petit groupe de chrétiens vint se réfugier dans les montagnes et, plus précisément, à "Pulicinus ultra rhodanum" (Pélussin) où ils fondèrent l'église de Notre-Dame sous terre. En 280, l'empereur Aurélius Valérius Probus autorisa la culture de la vigne hors d'Italie et la vigne, dès lors, se développa sur les versants bien orientés du Pilat comme à Condrieu et à Chavanay. De l'époque romaine, le Pilat hérite aussi de la culture des pruniers, des châtaigniers, des pêchers et des cerisiers.

L'an mille

L'histoire écrite du Pilat des années mille est surtout ecclésiastique avec trois fondations religieuses :

  • le prieuré de St Sauveur en Rue fondé en 1061 par Artaud d'Argental et consacré en 1100 par Guy de Bourgogne, archevêque de Vienne et futur pape Calixte II .
  • l'abbaye de Vallenoite, à St Etienne, en 1184, par la volonté de Benoîte de la Valette et par assaimage de l'abbaye cistercienne de Bonnevaux en Dauphiné.
  • et, en 1280, fondation de la Chartreuse de Sainte Croix en Pilat par Béatrix de la Tour en souvenir de son mari Guillaume de Roussillon mort en Croisade à St Jean d'Acre.
  • Le Pilat et la Savoie se disputent le lieu de naissance de Pierre de Tarentaise : né en 1124 à Tarentaise à côté du Bessat, il devait devenir pape sous le nom d'Innocent V; il mourut en Italie à Arezzo en 1276.

    Outre le village-chartreuse de Ste Croix, on peut admirer les éléments romans de l'église de Bourg l'Argental ou la chapelle de Jurieu près Ste Croix.

    Mallevalt

    En 1324, Malleval connaît son heure de gloire avec le mariage de Renaud de Forez et de Marguerite de Savoie ; celui-ci, fils cadet de Jean de Forez, se destinait d'abord à la prêtrise mais cet état ne lui permettant pas d'assouvir ses ambitions, il renonça à l'état ecclésiastique pour pouvoir d'abord se marier et ensuite jouir de la dot de sa femme. Devenu riche, il n'eut de cesse d'agrandir son domaine par l'achat des paroisses de Chavanay et de Pélussin et d'embellir son château et sa ville de Malleval qui comporta à son apogée jusqu'à 300 maisons. Malheureusement, cette période fut de courte durée : Renaud ne laissa pas d'héritier et devint fou après avoir été fait prisonnier à la bataille de Brignais***. De fait, la capitale du forez-viennois fut transférée à Bourg l' Argental.

    ***En 1361 cette bataille opposa les troupes royales aux tards-venus, bande de brigands qui écumait le royaume de France à la fin de la guerre de 100 ans.

    Les guerres de religions

    Puis vinrent les guerres de religion qui laissèrent de nombreuses traces dans le Pilat, qui avait le triste privilège de se trouver à une "frontière" religieuse avec, au sud, les protestants d'Annonay et, au nord, à Lyon et Vienne, les catholiques.

    Parmi toutes les batailles et trahisons de cette période, on retiendra le nom de la bataille du Bessat qui, en 1572, opposa les deux camps et, surtout, la fin de Malleval qui dut son malheur à Jean de Fay, seigneur de Virieu.

    Dans un premier temps, Jean de Fay, catholique, combattit la réforme en Languedoc puis, devenu protestant et profitant des désordres créés par la guerre, écuma la région du Pilat avec ses troupes à partir de Malleval. Pour mettre fin à tous ces pillages, en 1574, Christophe de St Chamond, gouverneur du Vivarais , démantela maisons, murailles et le château de Malleval.

    A la même époque, l'industrie de la soie s'installait dans le Pilat avec Antoine Gayotti qui, originaire de Bologne, s'installa en 1536 à La Valla en Giers. Il fut suivi par son compatriote Horace Benay en 1572, et son fils Jean-Antoine Benay s'installa à Virieu en 1586, pour bénéficier de la protection du château de Virieu qui venait juste d'être reconstruit par Jean de Fay qui était tout à la fois redevenu catholique et pacifique.

    Château de Virieu

    Le siècle de Louis XIV

    Cette industrie permit à Pélussin et sa région de passer sans trop de dommages le grand-siècle qui fut surtout pour d'autres un siècle de famines et d'épidémies, famines liées à la fois à de mauvaises conditions climatiques et à des épidémies qui se développèrent d'autant mieux que les corps étaient mal nourris. A cette époque, les famines ne pouvaient guère être combattues tant étaient lourds les systèmes d'impôts et d'octrois, ce qui faisait qu' une fois les marchandises transportées, celles-ci n'étaient plus de prix accessibles. Par contre, vivaient mieux ceux qui travaillaient dans l'industrie, comme celle de la soie, et donc ne devaient rien aux caprices du temps. En tout état de cause, dans sa globalité, la population du Pilat diminua tout au long du XVII siècle.

    jjr

    En 1769, Jean-Jacques Rousseau vient herboriser dans les parages, mais il ne récoltât presqu'aucune des 500 plantes différentes qui existent dans le massif : il était venu à la mauvaise saison !.

    Les temps modernes

    Le XIX et le XX siècles fut surtout les siècles de l'industrie : en effet, les habitants du Pilat domptèrent les rivières dévalant du Crêt de l'Oeillon pour créer de nombreuses usines de moulinage et de tissage : le nom de la ville de St Julien MOLIN MOLETTE en garde la trace. En 1840, 2000 personnes travaillaient aux moulinages de soie et on comptait 16000 mûriers. En 1905, cette activité employait plus 1200 personnes, principalement des jeunes femmes qui venaient y constituer leur dot. Cette activité perdure jusqu'à nos jours sous la forme d'ateliers traditionnels ou high-tech

    La guerre des clochers

    Le XIX siècle fut marqué à Pélussin par la guerre des clochers : en effet, à cette époque, il s'avéra que l'église paroissiale étant trop petite, il fut décidé de construire une nouvelle église à mi-chemin entre les quartiers de Notre-Dame et de Virieu. Les habitants de Notre-Dame tentèrent de s'opposer à cette décision, ils allèrent même jusqu'à monter la garde autour de l'ancienne église, cacher la cloche dans un puits, menacer de changer de religion en faisant venir un pasteur protestant. Le calme revint lorsque la décision fut prise de séparer Pélussin en deux paroisses : Notre-Dame et Saint-Jean

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    Place des Croix : Eglise St Jean
    La Galloche arrive à Pélussin

    La Galloche

    En 1893, la population du Pilat ayant augmenté et tous les bras ne pouvant être employés, le conseil régional de la Loire décida la création d'une ligne de chemin de fer de St Etienne à Pélussin, pour permettre aux jeunes gens de s'engager dans les usines de la vallée du Giers. Huit ans, après la Galloche arrivait à Pélussin : c'était un train plutôt rustique qui circulait sur une voie unique et sinueuse. De St Etienne à Grand-Croix (la Bachasse), la Galloche empruntait la voie du Tramaye puis, à la Terrasse, la voie décrivant une sorte d'épingle à cheveux, il fallait procéder à un changement de locomotive.

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    Deux accidents sont à déplorer : en 1909 la Galloche percuta un tramway à l'Horme ( bilan : 1 mort 20 blessés) et, le 1 Juin 1912, à 21H15 (!), en gare de Pélussin, le train sortit de ses rails et atterrit 7 mètres plus bas dans un champ de pommes de terre. Ce train fut prolongé jusqu'à Maclas en 1917. Ce prolongement nécessita la construction de deux viaducs, le plus grand étant long de 170m et haut de 58 mètres. Le train fut remplacé par un service de cars en 1931.

    Dans le domaine des transports, on note deux faits majeurs : 1874 inauguration du pont suspendu sur le Rhône à Chavanay (péage 2 sous jusqu' en 1881) et aussi la ligne chemin de fer Lyon-Tournon en 1879.

    Depuis la guerre, le travail de la soie déclinant, en 1983, un jeune ingénieur laitier dauphinois, Jean-Claude Guilloteau, inventeur d'un nouveau procédé de fabrication du fromage, choisit Pélussin pour installer la fabrication de son "Pavé d'Affinois''' En pleine extension, cette industrie donne au pays un nouvel essor, en créant de nombreux emplois et portant le renom de qualité de Pélussin dans toute la France et à l'étranger

    Moulinage à Pélussin

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    © Roderic.Allier@Wanadoo.fr
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