Les
bruits.
Les bruits
et les lumières
Circulaient dans ma tête fermée!
Les bruits se gonflaient en mousse
Puis crevaient...
Mon coeur battait.
Les billes sonores de la lumière
Heurtaient mes paupières descendues,
Et de l'autre côté...
Il n'y avait que la poussée
Du vent aveugle
Dans les ruelles de la nuit!
Les jambes,les bras,la peau...
Attendaient un ordre de la tête,
Mais les paupières et les lèvres
Semblaient mortes,
Et restaient obstinément closes!
Quand ma tête fût saturée de clarté,
De traits et d'illusions...
Quand l'agitation et le balancement
Ne me laissèrent plus l'espoir
D'une plus grande perfection,
Mon corps s'abandonna
Au ciel vivant de ma tête...
Aux vagues si denses,
De cette lumineuse musique,
Délivré de son désir...
Aux limites inflexibles,inaccessibles!!!
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Le
temps.
Je ne
me compromets plus
Maintenant,je change d'avis
Que les autres ne m'autorisent pas
Je n'imagine même plus...
Ils subissent ma conscience délirante
Ils parlent de jours, de nuits,
Ils osent même se disputer les dates.
Et ils comptent, ils comptent.
Les "minutes peut-être"
Les "secondes demain".
Mais les "secondes tout de suite"
S'en vont vers l'égoïsme cérébral
Et empaillé de leur habitude.
Ils se maquillent de sourires.
Ils ont des pédigrées d'absence.
Tandis que moi...
Je marche sans m'arrêter!!!
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Tout
ça!
La mémoire
d'un objet:
Une feuille de platane,
L'odeur du lavandin,
La grande voix du vent
Qui s'appelle Mistral,
La cigale éveillée
Dans les pinèdes sèches,
Les merveilleux orages
Qui font taire les chiens
Quand près d'une bougie
Les hommes parlent bas.
Senteur de lavande
Et odeur de thym
Quand le soleil se lève
A cinq heures du matin,
Tout ça je te le donne
Un sourire à la main!!!
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Depuis
longtemps.
Depuis
longtemps, je suis accoutumé
De me lever un peu avant laube
Pour surprendre
Dans linstant qui va suivre,
Ce quil adviendra de la nuit!
Elle est là, comme mon visage,
Elle a tout pris,
Elle semble impénétrable
Mais derrière elle, je devine, rassemblée,
Toute la lumière qui tremble
Comme un déluge avant de sabattre!
Dabord la nuit résiste à cette pression
Des grandes eaux éblouissantes
Mais poreuse et dans ses profondeurs,
Elle laisse enfin suinter doucement
Quelque clarté laiteuse qui sétend
Tache de phosphore
Qui commence dengendrer lespace!
Longtemps, jai souhaité,
Une soudaine rupture, une invasion
Totale de lumière!!!
La nuit simbibe avec lenteur,
Et change, se décompose, laisse paraître
Comme au hasard, la transparence
Dune atmosphère, dautres mouvements
De forêts ou de nuage, léclair dune mare
Ou dun fleuve
Ainsi que les courbes charnelles de la terre.
Parfois un fragment osseux dune ville
Mais cependant rien dhumain
Que moi-même
Car si la nuit se transforme en plein jour,
Ce nest jamais de la même manière!!!
A quoi tient sans doute, le prodige.
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Je
crois.
Je crois
que lhomme est droit
Dans sa force de rêves
Sur ses formes dAutel !
Pour naître, il faut dabord
Apparaître et puis partir
Chaque rêve a ses cailloux
Que lon doit éviter
Pour quau retour dun hasard
De linfini et de son lien,
Liane dune chaîne sans loi,
Eperon de la terre
Accroché aux rochers,
Je dégaine mon âme
Pour la grande joie damour.
Et si la vie tête la mort
Pour se nourrir de mémoire
Dans loubli de son passé.
Et si la vie donne la main
Aux lendemains tant désirés,
Pendant que de longs doigts
Ratissent le ciel bas
La terre commence sa longue mue
Soleil après lune, lune après étoiles
Actions après sommeils
Tous les rêves sont remplis
De gravas ou de cailloux
Mais restent ce quon fait
Sur cette terre
de plus doux !!!
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Retrouvailles.
Egaré
dans le brouillard
Je cherche un sentier
Entre ronce et lanières.
Des branches ont perdu
Le privilège des oiseaux.
La montagne perce
Sa première dent folle
Sous lil déférent
Des nuages présents.
Moi, jai ton murmure
Accroché de partout.
Je reviens de très loin
A ta vie qui mentend,
Attentif à connaître
Tous les bruits du silence !
Je revois ton visage
Entre mes doigts pliés.
Tout mesure la présence
De ton amour peureux.
Cest la retrouvaille
De ceux qui se contemplent
Sans jamais séchapper,
Envahi par ce rêve
Par la mémoire de lautre !!!
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TU
LIVRES!
Tu livres
au miroir
La nuit de tes regards.
Tu livres à la neige
Le rire de ta bouche.
Tu livres au sable pur
La houle de tes reins.
Tu livres à lavenir
Ladresse de tes mains.
Tu livres à tous les vents
La pointe de tes seins.
Tu livres à la fureur
Le parfum de tes jambes.
Tu livres aux larmes folles
Tes chagrins et tes rires.
Tu livres aux cris des morsures
Ta douce chevelure dénouée.
Tu es elle et elle est tout
Tu renais de son rire,
De lunivers réinventé
Quil partage avec moi !
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Les
mains
Le paysage
hésite à mi-chemin
De la pluie et du soleil.
Délicieuse plénitude irisée
Riche de toutes les couleurs.
Elles y sont toutes
En une saveur unique.
Lété et lhiver
Scelle lardeur mouvante
Des fruits méconnus.
Lesprit nest à cette heure
Quune immense pensée.
Identique présence tournante
De toutes les pensées.
Calmes devant soi,
Les mains au repos,
Les mains parallèles.
Les yeux devant soi !
Soi-même devant soi !
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Le
don de toi...
A toi
qui m'a donné le rire
Quand j'étais sans couleur
Tu m'as donné tes bras
Lorsque j'étais manchot
Et tu m'as réveillé
Quand un rêve de mal
Descendait de la nuit
Et ravageait mon esprit
Avec tes quelques mots;
Tu m'as rendu le vin
Nécessaire à la vie.
Tu as créé l'oiseau
Absent de ma mémoire,
Qui marchait dans le noir.
Ta lanterne de rires
A éclairé mon corps
Couvert de noires pensées
Dis-toi bien, ma douce
Que donner le sourire
A des yeux perdus,
Sans lumière
Ce que tu as fait pour moi
Ce que tu aurais pu faire
Cela ne s'oublie pas,
Ca se range précieusement
Au fond de la mémoire.
Rien que pour cela
Je sais maintenant
Que bientôt je ferai
Le voyage qui mène au bout
Des cheveux blancs
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Tu
nes pas là
Le temps
sévase, sabsente
Ton espace mapparaît,
Entourant les silences.
Les bruits pataugent
Dans mon âme...
Mon cur se plaît
A te savoir immuable
Et tendrement absente.
Qui sait ? Peut-être pas
Qui sait le pas à pas
De la tendresse
Et de lamour ???
Ce bonheur là
Qui loin voyage
Entre nos doigts trop courts.
Mais je te vois
Toi, tu souris, aimable.
Je rêve
Ton visage poursuit
Ma bouche de ses doigts.
La distance est un leurre
Qui mesure nos deux curs.
Je sais que Toi ne sais pas
Je Toi.
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Reste.
Ne quitte
pas nos lendemains
Qui vont par les chemins
Semer des routes de couleurs
Pleines de pierres nouvelles,
Douces à caresser, à reluire,
Avec de grands pieds nus
Verdis de prés et de ruelles.
Donnes moi ton cur à porter,
Jai les mains en peaux damour ,
Pas de chagrin pour nous offenser.
Moi je mattelle à loreiller
Pour mieux dormir,
Pour mieux rêver de toi
Qui tant mappelle.
Le paradis au loin
Profile son formidable choix,
Tous nos jours
Sont à vivre damour !!
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