Aurélia
Novembre 2006
Fic n° 72
BRUMES
Disclaimer :
L’univers de Stargate ne m’appartient pas,
Saison :
fin de la 8, et début de la 9.
Genre :
Aventure, romance (légère J )
Avertissement :
Cette fic commencée en octobre 2005 a été très longue à écrire. Elle fut écrire
dans la douleur, laissée, reprise et délaissée encore plus, jusqu’à ce que CLD
me donne l’idée qui allait la sauver. L’idée du départ était de Cheyenne que je
remercie. Naturellement après je me suis un peu éloignée du thème d’origine.
Résumé :
Une planète est visitée par des prêcheurs
Remerciements : Nemesis,
Nanoo, CLD, Truk, Bibiche qui m’ont aidée à relire cette fic, à préciser
certains points , et permis d’aller au bout. Je dois reconnaître que sans elles,
j’aurai laissé tomber depuis longtemps.
Bonne lecture.
*****
Il gisait sur le dos, les
bras en croix. Sa souffrance était indicible. Des papillons noirs voletaient
devant ses yeux, réalité ou reflet de son délire ? Il ne le savait pas. La
terre spongieuse de tant de pluie lui faisait une couche moelleuse. Il s’y
enfonçait n’arrivant pas à émerger.
Seule la douleur était pour lui réalité.
Une douleur aiguë à la limite
du supportable.
La pluie recommençait à
tomber, elle lavait sur son corps le sang séché, de nombreuses blessures. Un
brouillard l’enveloppa et la souffrance recula telle une bête hideuse qu’il
aurait réussi à dompter. Mais avec la fin de la souffrance c’était le début
d’une longue agonie qui commençait. Seul au milieu de nulle part il lui restait
suffisamment de conscience pour réaliser que sa vie se terminerait sans doute
ici. La vie, la lumière avaient disparu pour lui, le gouffre des ténèbres
s’ouvrait à ses pieds, il y plongea.
Labo de Daniel
-Vous faites
vos emplettes sur Internet, Daniel ? ironisa O’Neill appuyé nonchalamment au
chambranle de la porte.
Il signa la feuille que lui
tendait Siler.
-Oh mon Dieu ! fit Daniel en entrant dans son bureau.
La pièce était remplie de
cartons débordants d’objets d’art, jusque sur le bureau en un fouillis
indescriptible.
-Vous devriez faire un peu de ménage répliqua Teal’c calmement.
-Catherine devait me laisser quelques artéfacts, mais il y
en a des centaines ! balbutia Daniel sous le coup de l’émotion.
-Et ça vous étonne ! si j’en juge par la quantité elle
devait vous tenir en haute estime.
Le jeune archéologue jeta un
regard avide sur tous les trésors entassés là devant lui.
-J’en ai pour des jours à ranger tout ça ! fit-il en
poussant un soupir plutôt ravi… Il y a de vrais trésors là dedans !
-je vais vous aider dit Tea’lc
-Moi aussi, ajouta Sam. Mon général si vous le permettez,
c’est plutôt calme en ce moment.
-Mais allez-y Carter, il est vrai que sans Anubis et les
Réplicateurs, on va s’ennuyer ici. Allez, amusez-vous bien les enfants !
et tenez moi au courant, déclara t-il en quittant la pièce.
Dans la soirée, Jack revint
aux nouvelles
-Vous êtes toujours là ? vous avez vu l’heure ?
-On a presque fini, Jack, il reste une dizaine de cartons.
-Je ne vous demande pas s’il y des choses intéressantes, vu
votre air béat !
Daniel ne releva pas la
pique, il tenait dans les mains ce qui ressemblait plus à un objet futuriste
qu’à un artéfact du passé. C’était rond et plat et entouré d’une bande de métal
agrémentée de picots.
-Qu’est ce que c’est ? interrogea le général.
-Aucune idée, je verrai ça plus tard dit Daniel en le
reposant sur la table.
A ce moment la lumière
s’éteignit quelques secondes.
-Mais qu’est ce qui se passe ?
Jack bondit vers le
téléphone :
-Siler !
-Je ne sais pas mon général, nous avons eu une coupure de
courant. Mais tout est revenu à la normale.
-Faites un diagnostic de tout le système.
-A vos ordres
-Carter ?
-Oui, mon général je vais aider Siler.
Planète P7V132
La porte s’ouvrit en une
longue flaque jaillissante et un homme
étrange en sortit.
Il resta un instant en haut
des marches, immobile contemplant les personnes qui avaient cessé leur activité pour se
regrouper à proximité de la porte.
Il était revêtu d’une longue
robe de lin beige, ses yeux saillants semblaient briller comme des éclats de
verre bleuté. Sur son visage d’étranges marques comme autant de signes rituels.
Au bout de son long bâton sur lequel il
semblait s’appuyer une lumière bleue brillait doucement et attirait le regard.
Il se tenait immobile, seules
ses lèvres bougeaient tandis qu’il lisait dans un livre grand ouvert qu’il tenait de l’autre main.
Marouk, le chef du village fit un signe, levant la main
pour empêcher les villageois d’avancer.
Il s’approcha de l’homme étrange
et l’interpella.
-Qui êtes-vous et que venez vous faire ici ?
-Peu importe mon nom, je suis un prêcheur, dit l’homme. Ceux
que je représente sont tout puissants.
-Et de la part de qui venez-vous ? insista le chef.
L’homme répondit par une
autre question :
-Connaissez vous le Livre des Origines ?
-Non
dit Marouk.
-Venez, approchez dit-il à la foule qui était
restée en retrait, venez, n’ayez pas peur. Je vais vous apprendre. Maintenant vous
n’aurez plus jamais peur, les Ori s’occuperont de vous et vous recevrez la
félicité éternelle.
Loués soient les Ori !
-Restez où vous êtes dit Marouk ! Nous n’avons pas
besoin de vous. Nous sommes heureux et vénérons Gwydion
-C’est un faux dieu. Le temps est venu où les faux dieux
seront démasqués, seuls vivront les Ori et ceux qui les adorent. Les autres
mourront. Louez soient les Ori ! Ils
sont tout puissants.
La voix du prêcheur s’élevait
et s’abaissait tour à tour, il prêchait la grandeur des Ori et faisait
frissonner les villageois, non tant par la dureté de ses propos que par
l’étrange hypnotisme qui se dégageait de sa voix monocorde et de toute sa
personne.
Un silence de plomb pesait
sur la campagne tandis qu’il lança un dernier
-Loués soient les Ori.
La porte se rouvrit toute seule, et l’homme disparut laissant
derrière lui un malaise inquiétant.
Petit à petit les habitants
retrouvèrent la parole. Mais qui était cet homme, que voulait-il ? Etait-il
dangereux ? Et ces Ori que
voulaient-ils ? Autant de questions
qui resteraient un moment sans réponse. Marouk ne savait pas.
Il se retira dans sa maison
et sortit un petit dispositif qu’il enclencha. Un fin rayon jaillit et se
dirigea vers le ciel.
Marouk se coucha serein, il
n’y avait plus qu’à attendre. Les secours viendraient et le prêcheur serait
vaincu, il en était sûr.
Base de Cheyenne Mountain bureau du général Landry.
Le général Landry jetait un
dernier coup d’œil à la feuille sur son bureau. Il n’y avait que quelques
lignes, mais c’était très inquiétant. Les
prêcheurs allaient de planètes en planètes semer la bonne parole. Il y en
avait déjà dans toute la galaxie. Ils
procédaient toujours de la même façon. Une première visite puis selon l’accueil
reçu, la deuxième visite pouvait être différente, plus persuasive en cas de
rejet de la population.
-Walter ! appela t-il
-Mon général.
-Appelez le général O’Neill à Washington.
Quelques instants plus tard.
-Jack ! Comment vas-tu ?
-Très bien, et le SGC
il tient toujours debout ?
-Peut être pas pour longtemps dit Landry d’un air très
sérieux, en fait je suis assez inquiet. Les Ori se répandent dans toute la
galaxie comme une nuée de sauterelles dans les champs.
-Tu as besoin d’aide ?
-Oui, j’essaie d’avoir le
président depuis deux jours, il est injoignable.
-Oui répondit Jack, c’est un homme très occupé.
-Tu pourrais peut être lui parler ? Je n’ai pas
l’impression qu’il se rende compte de la gravité de la situation. Depuis que
nous avons reçu la visite de ce prêcheur, j’avoue que je suis dans l’expectative.
-Ok Hank, je m’en occupe. Et le petit nouveau ? il s’en
tire bien ?
-Mitchell ? Oui il prend ses marques doucement. Il a
déjà fait plusieurs missions et c’est un excellent élément.
-Naturellement que c’en est un ! je ne te l’aurais pas
proposé sans cela dit O’Neill en riant. Et
tout le monde va bien là-bas ?
-Oui, je voulais te remercier de m’avoir envoyé le colonel
Carter.
-Ah oui, Carter elle te sera bientôt indispensable si ce n’est déjà fait, dit-il avec comme une nuance de regret dans la voix.
-Elle connaît la porte comme personne, dit Landry sans
remarquer le ton de Jack. Grâce à elle nous avons déjà échappé à
plusieurs pièges tendus par nos ennemis.
-C’est la meilleure dans ce domaine. Je te rappelle si j’ai
du nouveau, dit Jack avant de raccrocher.
Bureau de Daniel
-Daniel vous avancez ? demanda Sam en entrant dans le bureau du jeune
archéologue.
-Oui, j’ai pratiquement fini la traduction du texte que nous avons rapporté.
-Et ? demanda Sam un peu inquiète de l’air sérieux de
son ami.
-Nous avons affaire à
un ennemi très étrange, et très puissant, d’autant plus puissant qu’il est
imprévisible.
-Mais vous aviez parlé d’une corrélation avec les Anciens.
-C’est encore un peu flou, nous ne savons que peu de choses
sur les Anciens. Mais je pense qu’il y avait parmi eux des courants de pensées
différents, au niveau philosophique ou religieux.
-Expliquez-vous.
-Disons qu’il y a eu
certainement des modérés et des extrémistes.
-Les Anciens seraient les modérés et les Ori les
extrémistes ?
-Naturellement ce n’est pas aussi catégorique. Tout cela est
à nuancer bien sûr. D’après ce que j’ai
compris les Ori reprochent aux Anciens
de ne pas avoir fait bénéficier de leur savoir et de leur connaissance sur
l’univers, les gens vivant une existence linéaire
-Qu’entendez-vous
par existence linéaire Daniel Jackson demanda Tea’lc qui venait d’entrer.
-Je me posais la même question, dit Mitchell.
-En
raccourci l’existence que nous vivons
sur terre ou sur d’autre planètes est linéaire, dans ce sens qu’elle a un
commencement et une fin. Nous vivons dans l’instant présent, le passé et
l’avenir sont hors de notre contrôle.
-Et
que faites vous des voyages temporels ? dit Cameron, il me semble que
d’après les rapports que j’ai lus vous
en avez faits.
-Oui,
c’est vrai que la notion de voyage temporel existe, mais ça reste très rare. La majorité des gens ne voyagent pas dans le
temps.
-Quel rapport tout cela avec les Ori ?
-Et bien les Ori sont tellement convaincus d’avoir raison
qu’ils veulent à tout pris soumettre toute la galaxie à leurs idées.
-Contrairement aux Anciens, qui eux ne voulaient rien dire
et qui empêchent les être élevés d’utiliser leurs pouvoirs, oui dit Daniel.
-Ils sont sincères alors ? demanda Sam.
-Oui, autant que peuvent l’être des terroristes.
Salle de Briefing
-SG1, vous partez sur P7V132, il semble qu’un prêcheur particulièrement
virulent ait rendu visite aux habitants. Nous avons reçu un appel de détresse
de Marouk le chef des principaux villages.
Le général Landry avait
attaqué le briefing sans plus attendre. La situation l’inquiétait, le général
O’Neill ne l’avait pas rappelé et ses efforts pour joindre le président avaient
encore été vains.
-Que s’est-il passé ? demanda Cameron.
-Oh ! le scénario habituel, mais Marouk a senti que le prêcheur
était particulièrement déterminé.
-Je ne vois pas ce
qu’on peut faire, dit Sam, nous n’avons pas de moyen pour l’empêcher de
revenir, sauf peut être condamner leur porte.
-C’est exactement ce que je veux que vous fassiez, leur
apprendre à bloquer leur shapaï juste
après votre retour.
-Si c’est la seule solution. Mais voudront-ils le
faire ?
-C’est à vous de les persuader, dit Landry d’un ton sec.
-A vos ordres mon général, répondit Sam.
-Vous partez dans une heure, des questions ?
-Heu, oui… demanda Daniel allons nous être obligé de faire fermer
toutes les portes des planètes que nous connaissons ? Ce serait les isoler
totalement et en cas de danger personne ne pourra plus intervenir.
-Pour le moment c’est la seule idée, mais si vous en avez
une autre je suis preneur dit Landry ironique.
-Non pas d’autre idée, dit Sam, mais de toute façon cela
peut être un blocage provisoire. Les habitants seront libres de rouvrir ou non,
une fois le danger passé.
-Juste une petite question, dit Daniel, ce Marouk est-il fiable ? Il me semble que l’an dernier
quand nous avons signé le traité avec cette planète, ce n’était pas lui le
chef, mais un certain Endanne.
-Je ne sais pas dit Landry, mais méfiez-vous. Il m’a paru
hésitant et peu sûr de lui, comme s’il cachait quelque chose.
-Il avait peut être peur pour son peuple dit Teal’c.
-C’est possible, mais restez vigilants.
Planète P7V132
Ils avançaient prudemment, le
terrain étant accidenté. La pluie s’était mise à tomber quelques minutes après
leur arrivée sur la planète. Il n’y avait absolument personne. Les villageois
devaient se terrer chez eux, il faut dire que la pluie diluvienne qui tombait
maintenant n’incitait pas à la promenade.
-Saleté de temps ! dit Daniel en ajustant la capuche de
son ciré.
Cameron avait pris la tête du petit groupe suivi par
Sam et Daniel. Teal’c fermait la marche.
-le village est encore loin ? cria Cameron pour se
faire entendre dans les bourrasques qui se déchaînaient.
-A environ deux
heures hurla Daniel.
Rien pour s’abriter, même pas
un arbre. C’était une région montagneuse à la végétation assez pauvre et
rabougrie.
Ils firent environ un
kilomètre à pas rapides et Mitchell leur fit signe d’arrêter.
-Là dit –il en pointant du doigt un amas rocheux, il me
semble voir une ouverture.
Ils coururent plus qu’ils ne
marchèrent et arrivèrent dans une anfractuosité de rocher qui leur procura un
abri sommaire.
La pluie redoublait de force.
-On va s’arrêter là pour ce soir dit Cameron, il fait
presque nuit.
Le creux dans le rocher
n’était pas grand, mais il offrait un abri suffisant pour une nuit et les
protéger des éléments déchaînés.
Ils bivouaquèrent en silence.
Après une boisson chaude et quelques rations ils décidèrent de dormir, il n’y
avait rien d’autre à faire. Demain serait un autre jour.
Sam était inquiète, elle ne
sentait pas bien cette mission. Un peuple en danger, ce n’était pas la première fois qu’ils
allaient au secours d’une population, mais là c’était trop flou. Elle sentait
rôder un danger. Sa nuit fut courte, elle la passa à essayer en vain de trouver
le sommeil.
Depuis son retour à la base
de Cheyenne Mountain, elle avait un peu de mal à s’habituer. Pendant un an elle
avait commandé SG1, puis d’elle-même elle s’était mise en retrait pour
s’occuper de Cassandra. Peut être avait-elle pensé qu’on trouverait un chef
provisoire pour SG1, et qu’à son retour elle retrouverait son poste ? Mais il n’en avait rien été. Sa place était
prise par un lieutenant colonel plutôt compétent. Etait-elle vexée ? elle ne le savait pas elle-même. Mais elle
avait appris une chose dans l’armée c’est que personne n’est irremplaçable. Maintenant,
elle avait une place qui n’ était que provisoire. Elle n’appartenait pas à une
équipe précise, mais pouvait partir en mission avec n’importe quelle équipe SG
selon les besoins. Ou bien elle pouvait
rester de longues semaines à la base, à travailler sur les ordinateurs et à régler les innombrables problèmes de la porte des
étoiles.
La pluie tombait toujours.
Ils repartirent encore mouillés, leurs vêtements n’avaient pas eu le temps de
sécher pendant la nuit. Le brouillard couvrait tout et les empêchait de voir à
plus de deux mètres.
-On devrait être arrivés depuis longtemps, dit Cameron
-En effet dit Teal’c, je pense que nous sommes perdus.
-Que fait-on ? On ne va quand même pas retourner à la
porte ! dit Daniel.
-On continue dans la même direction, dit Mitchell, on va
bien finir par arriver au village. Il est peut être plus loin qu’on ne le
pensait au départ.
Ils marchèrent encore
quelques minutes quand ils butèrent presque dans un mur assez haut qui semblait
leur barrer le passage.
-Mais qu’est ce que c’est ce truc ? grogna Mitchell.
Daniel avait allumé sa lampe
pour mieux voir le mur qui semblait couvert d’inscriptions.
-On dirait un temple !
mais nous ne l’avons pas vu l’an dernier, quand nous avons signé le
traité avec Endanne, s’étonna Daniel.
Il commença à déchiffrer les
inscriptions, mais Cameron le pressa.
-Daniel, ce n’est pas le but de la mission.
-Je sais, mais c’est la seule occasion que nous aurons et
nous ne sommes pas à cinq minutes près. N’oublions pas que nous devons demander
à ce peuple de fermer leur porte, et que nous ne pourrons pas revenir.
-Ok dit Cameron à contre cœur, je vous donne dix minutes.
Pendant ce temps Sam et
Teal’c longeaient le mur. Ils arrivèrent à un angle. Sur l’autre coté une porte
s’ouvrait. C’était bien un temple.
-Vous avez une idée de quel dieu il s’agit demanda Sam.
-Je pense qu’il s’agit d’un dieu celte dit Teal’c, mais je
n’arrive pas à l’identifier.
Daniel avait pris des photos
du monument qu’ils contournèrent pour
reprendre la route qui les mèneraient jusqu’au village.
Ils poursuivirent leur trajet
en silence luttant de leur mieux contre les intempéries. Ils avançaient penchés, pour mieux résister au vent. La
faible lueur tremblotante de leur lampe ne suffisait pas à éclairer leur route,
le chemin devenait dangereux.
La nuit retentissait du
mugissement du vent et les ténèbres avalèrent les courageux marcheurs. Puis
brusquement un cri retentit, suivi de plusieurs.
Le voyageur téméraire qui se
serait trouvé sur cette planète inhospitalière à cet instant n’aurait vu qu’un village en
partie détruit et dissimulé derrière un épais rideau de brume et pas une âme qui vive.
Washington, bureau du général
O’Neill.
Le général était assis à son
bureau en train de lire les rapports en provenance du SGC quand son téléphone
sonna.
Il décrocha
-J’avais dit qu’on ne me dérange pas, Winter, dit-il d’un
ton sec.
Le lieutenant Audrey Winter qui tenait le rôle difficile de secrétaire
particulière du général O’Neill, ne se laissa pas intimider par le ton bourru
de son chef. Elle était habituée.
-C’est urgent mon général dit-elle d’une voix calme.
-Que se passe t-il ? dit Jack en se passant une main à la base du
nez, geste habituel chez lui quand il se sentait fatigué.
La journée avait été
épuisante, réunions sur réunions, lecture de dossiers, et une foule de décisions
à prendre. Quelque fois O’Neill avait envie de tout envoyer balader et il se
demandait parfois amèrement ce qu’il avait fait au bon dieu pour en arriver là et être devenu ce qu’il
détestait le plus, un bureaucrate, lui
homme de terrain par excellence.
-Le président veut vous voir monsieur.
-Quand ?
-Maintenant.
-Tout de suite ?
-Oui mon général.
-Merci Winter.
-A vos ordres, monsieur.
Maison Blanche.
Jack attendait depuis une
heure déjà dans l’antichambre du président. Il maugréait en silence. Pourquoi
le faire venir d’urgence si c’était pour le faire attendre ? Discrètement, il consulta sa montre : 20
heures. Il avait faim n’ayant pas eu le temps de déjeuner, il n’avait rien pris
depuis son café du matin. De plus la migraine qu’il sentait venir depuis une
heure était maintenant totalement installée.
Il ferma les yeux essayant de
se relaxer. Si le président le faisait venir c’est qu’il y avait urgence. Il se doutait
bien de ce dont il s’agissait. En ce moment Landry devait affronter seul le
casse tête causé par les prêcheurs des Ori. Le président ne l’avait pas rappelé.
La porte s’ouvrit faisant
presque sursauter Jack qui commençait à se détendre. Il se leva et fut tout de suite au top de ses
capacités.
-Entrez dit le secrétaire, un homme jeune, en s’effaçant
pour laisser pénétrer Jack dans le bureau ovale.
-O’Neill, fit Hayes en tendant la main à Jack comment allez-vous ?
-Très bien monsieur le président.
-Asseyez-vous.
Jack s’assit en face du
président qui avait pris place à son bureau. Après quelques phrases polies,
Hayes entra dans le vif du sujet.
-P7V132 ? ça vous dit quelque chose.
Le général O’Neill dût faire une rapide gymnastique mentale, les
coordonnées des planètes lui avaient toujours posé un problème.
-Minera, dit-il après quelques secondes. C’est la planète où
nous avons négocié un traité l’an dernier, avec un certain Endanne.
-C’est bien cela. Nous avons un problème avec cette planète..
Ce monde a été visité par un prêcheur très
agressif, et le général Landry a envoyé une équipe SG pour leur faire fermer
leur porte des étoiles. Naturellement vous êtes au courant de cette mission.
Est-ce vous qui l’avez commandée ?
-Non monsieur le président, le général Landry m’a tenu au
courant mais j’ai approuvé cette mission,
cela me paraissait la seule option possible dans l’immédiat.
Le président semblait
soucieux, cela se voyait à son visage empreint de gravité. Il s’arrêta un
instant regarda Jack au fond des yeux et poursuivit.
-Il ne faut pas que cette planète condamne sa porte.
-Pour quelle raison monsieur le président ?
-En raison du minerai lourd dérivé du naquadah que cette planète possède.
-Le naquadrium ?
-En effet. Cette planète est la seule à en posséder. Nous
avons conclu un traité, ils nous permettent d’exploiter la mine et en échange
nous les aidons en cas de besoin.
-Je sais dit Jack, j’étais au SGC quand le traité a été
signé.
-Donc vous comprenez l’importance de ce traité. Nous avons
absolument besoin de naquadrium pour le futur réacteur qui est testé en ce moment
et notre nouveau vaisseau, qui pourra
être propulsé beaucoup plus vite et se déplacera à grande vitesse dans la
galaxie. Nous avons compté qu’il ne faudrait qu’une semaine pour rejoindre
Atlantis au lieu de 18 jours actuellement. Mais naturellement vous savez tout ça.
-Oui monsieur le président.
-Je n’ai pas besoin de vous rappeler l’importance de ce
traité, les enjeux sont considérables. Hors
si la porte est condamnée cela nous prive de toute ressource de ce minerai si
précieux.
-Monsieur le président, si vous me permettez…
-Allez-y Jack, je vous ai fait venir pour avoir votre avis.
O’Neill pesa ses mots :
-Je ne suis pas d’accord avec cette décision. Si la porte
reste accessible les prêcheurs pourront revenir. Et dans ce cas si la
population résiste, ils peuvent tous les tuer.
-Vision très pessimiste !
-Malheureusement très réaliste. Cela fait plus de huit ans
maintenant que je sillonne toute la galaxie, et je sais malheureusement que
c’est un risque qu’il vaut mieux ne pas courir. Ces prêcheurs disposent de
pouvoirs que nous ne connaissons pas encore très bien, nous ne savons pas
encore jusqu’où ils peuvent aller. Je conseille la prudence. Imaginez le
naquadrium aux mains des Ori !
-Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il y a un risque.
Mais peut être que le prêcheur ne reviendra pas.
-Il ne faut pas trop compter là dessus monsieur le
président. Jusqu’à présent le peu que nous savons des Ori n’incite pas à
l’optimiste.
-Pourtant j’ai entendu dire que vous voyiez toujours le coté
positif des évènements.
O’Neill sourit
-En général, oui, mais cela ne m’enlève pas mon objectivité.
Et puis au poste que j’occupe actuellement, j’ai une vue plus vaste des choses,
et je pense qu’il faudrait que la porte de Minera soit condamnée, provisoirement
du moins.
-O’Neill, je vous remercie de m’avoir fait part de votre
opinion dit Hayes en se levant, montrant ainsi que l’entretien était terminé.
Je vais prendre ma décision et vous la ferai connaître.
Jack se leva et inclina la
tête en guise d’au revoir et le secrétaire le raccompagna jusqu’à la porte.
Base de Cheyenne Mountain.
Landry faisait les cents pas
dans la salle de contrôle. SG1 n’avait pas donné de nouvelles depuis 3 heures.
Un premier contact était prévu à 21 heures et ils n’avaient toujours pas donné
signe de vie.
-Walter ! Envoyez un MALP.
-Bien monsieur.
-Chevron 7 enclenché. La flaque jaillit, et le MALP commença
sa lente montée de la rampe d’embarquement. Il disparut dans l’horizon des
évènements.
-Je reçois la télémétrie monsieur dit le sergent Harriman.
Les premières images
apparurent, un brouillard épais semblait envelopper la région, il pleuvait à
torrent. La caméra fit un tour complet mais la mauvaise visibilité empêchait de
voir au-delà de dix mètres autour de la porte.
Il tenta de les joindre par
radio, sans succès.
-Fermez tout dit Landry
avec du regret dans la voix. Nous rouvrirons dans une heure.
Washington
Dans la soirée il appela le général O’Neill. Il était 22
heures et celui-ci était sur la route de son domicile.
-O’Neill.
Rien que d’entendre la voix
de Jack le réconforta.
-C’est Landry. Tu es occupé là, je te dérange ?
-Non je rentre chez moi. Un problème à la base ?
-Oui, SG1 a beaucoup de retard. Ils sont partis à 8 heures
ce matin, et je n’ai aucune nouvelle.
-Ils sont sur P7V132 ?
-Oui, et je ne sens pas bien cette mission. Je voulais
savoir si tu avais parlé au président.
-Je sors de la maison blanche, mais pour le moment le
président n’a pas encore pris de décision.
-A propos de cette planète ?
-Oui, dit O’Neill de façon très laconique.
-Et tu ne peux pas m’en dire plus ?
-Quand j’aurai le feu vert du président, pas avant. De toute
façon ce n’est pas le premier retard de SG1, ils ont beaucoup de ressources
tous les trois. Et…
-Tous les quatre tu veux dire Jack.
Le cœur de Jack rata un
battement et pourtant aucun nom n’avait été prononcé.
Non, pas elle.
Mais Landry continua ne se
doutant pas de la tempête qu’il déchaînait en Jack.
-J’ai demandé au colonel Carter de les accompagner. Tu sais
qu’elle accompagne SG1 de temps en temps. Sa présence me paraissait
indispensable, dès qu’il s’agit de la porte des étoiles.
-Oui, je vois, dit O’Neill d’une voix blanche. Qu’est ce que
je peux faire pour toi ?
-Sonder les intentions du président, au sujet de cette
planète et de mon côté je vais envoyer une équipe de secours.
-Non.
-Quoi non ?
-Pas d’équipe de secours, SG1 devra se débrouiller seul.
-Pour quelle raison ?
-C’est assez compliqué, et je ne peux pas en parler. Mais il
vaut mieux attendre qu’ils réapparaissent. Envoyer une mission de secours
pourrait peut être présenter un danger.
-D’accord Jack, je te fais confiance, tu es mon chef après
tout.
Jack ne releva pas la phrase
de son ami.
-Je te rappelle demain. Je vais essayer de peser de tout mon
poids pour accélérer la décision du président.
-Tu crois qu’il peut laisser pourrir la situation ?
-C’est dans les possibilités. Bonne nuit Hank.
-Bonne nuit Jack.
Les deux hommes raccrochèrent
en même temps.
Pendant cette conversation, Jack
était arrivé devant son immeuble. Naturellement il eut du mal à trouver de la
place pour garer sa voiture.
Il rentra chez lui à pied,
deux blocs plus loin. Il vivait dans un appartement de fonction, un simple deux
pièces, petit, mais suffisamment grand pour un homme seul.
Il enleva sa veste d’uniforme
et la posa sur le dossier d’une chaise. Il
prit une bière dans le frigo et s’assit devant la télé éteinte.
Il soupira. L’ordre qu’il
venait de donner à Landry, lui restait en travers de la gorge. Pas d’expédition
de secours, alors qu’ELLE était en danger. Toutes les cellules de son corps
avaient hurlé d’aller lui-même, là bas,
tout de suite ! Mais
calmement il avait dit non. Son devoir avant tout.
Quelle ironie ! Mais
qu’était-il devenu ? un robot ? une machine sans sentiment ? un de ses militaires pur et dur ? En
réfléchissant bien il n’y avait pas de
changement, il avait toujours fait passer son devoir avant tout le reste. Mais celui-ci
était parfois terriblement pesant. Comme le jour où avait du tirer deux coups
de zat sur Carter lorsqu’elle était possédée par l’entité.
Son devoir ! C’était trop lourd à porter,
un fardeau qui lui faisait plier les épaules et ployer la nuque en une sorte de
résignation qui lui devenait insupportable au fur et à mesure que les années
passaient.
Il but une gorgée de bière
qu’il trouva amère. La seconde lui parut plus douce, mais il reposa la canette.
Non, pas de bière ce soir. Il fallait manger. Garder l’esprit clair, demain il
appellerait le président.
Son frigo contenait un reste de pizza, qu’il
fit réchauffer. Même pas le temps de faire les courses. Sa vie se résumait à
boulot, boulot, et… boulot !
Il avala trois bouchées, mais
il avait perdu l’appétit. La pizza finit dans la poubelle. Il ne termina pas sa
bière et alla dans la salle de bain.
Il se déshabilla, et capta sa
silhouette dans la glace. Il avait encore maigri ! Il continuait à faire
du sport, car cela lui était indispensable pour son équilibre et canaliser son
énergie. Ses épaules s’étaient élargies. En dépit de son âge il avait encore belle allure, malgré toutes les cicatrices qui déparaient son
corps, traces de coup de feu, d’armes blanches, de torture. Il y en avait
beaucoup, et encore il ne voyait pas
celles de son dos.
Cependant, il savait qu’il pouvait plaire. Mais cela ne
l’intéressait pas. Il voyait bien les coups d’œil que lui jetait la gent
féminine par moment. Il en souriait au fond de lui.
Rageusement il entra dans la
cabine et prit une douche fraîche pour essayer de se calmer. Mais à chaque fois
qu’il pensait à elle, la colère le prenait. Quel gâchis ! Et maintenant
elle était en danger quelque part sur une planète lointaine invisible de la
terre.
Il eut beaucoup de mal à
dormir cette nuit là. Dès qu’il s’assoupissait un moment il la voyait en difficulté, blessée, prisonnière, torturée, morte.
Un long cri qui le réveilla,
le sien, mit fin à cette nuit de
cauchemar. Il était cinq heures. Trop tôt pour se lever, mais tant pis. Un café
fort chassa les dernières brumes de sommeil.
Dans quatre heures il
pourrait contacter le président. Quatre longues heures à attendre. Il sortit. Quoi
de mieux que d’aller travailler pour occuper son temps ?
Il franchit tous les barrages de sécurité, et
arriva dans son bureau, déserté encore à cette heure de la nuit ;
Par la fenêtre il voyait le
jour se lever sur Washington. Il se plongea dans son travail.
A sept heures trente Audrey Winter arriva et
fut surprise de voir de la lumière, d’habitude elle arrivait la première le
général O’Neill ne commençant sa longue journée que vers 8 heures.
Elle entra sans frapper dans
le bureau du général, elle s’excusa aussitôt.
-Mon général, dit-elle en se troublant et en se mettant au
garde à vous, je ne savais pas…
-Repos lieutenant, dit le général en souriant.
-Vous n’avez quand même pas passé la nuit ici ?
-Non, rassurez-vous Winter.
Audrey était toujours aux
petits soins pour son général. Depuis
trois mois qu’il était arrivé à Washington, elle ne passait pas une journée
sans s’inquiéter pour lui. Elle lui rappelait même les heures des repas.
-Je vous apporte un café mon général ?
-Merci, Winter dit-il un peu sèchement,
Sans doute était-il fâché d’avoir été dérangé pensa la jeune
femme.
-Je ne voulais pas vous manquer de respect monsieur dit-elle
en prenant la tangente.
Le général était un bon
patron, mais pas facile. Il pouvait être très dur dans ses propos. Il fallait souvent devancer ses ordres. Etre
au top niveau à tout moment. Il voulait l’excellence.
Elle posa le café sur la
table. O’Neill était plongé dans un dossier et il la remercia d’un signe de tête.
Planète Minera.
La chute leur sembla
vertigineuse. Ils avaient senti le sol se dérober sous leurs pieds, et avaient
entamé une longue glissade. La réception
avait été brutale. Un enchevêtrement de bras et de jambes, des cris et des jurons.
-Rien de cassé ? dit Cameron en se relevant le premier.
-Moi ça va dit Teal’c.
-Pas de bobo Daniel ? demanda Sam.
-Juste un peu moulu répondit le jeune archéologue.
Ils secouèrent leurs
vêtements et regardèrent autour d’eux. Leurs torches éclairaient les murs d’une sorte
de trou aux parois de terre. Au fond une ouverture.
Cameron passa devant et ils
enfilèrent un long et large couloir dont
le plafond était étayé par des poutres en bois. Ils n’avaient pas fait dix
mètres qu’ils furent arrêtés par une voix puissante.
-Déposez vos armes ! doucement, sans geste brusque.
Ils obtempèrent, et furent aussitôt entourés d’hommes armés de zats et de
longs bâtons.
Leurs mitraillettes furent
récupérées et ils continuèrent le couloir jusqu’à une vaste salle souterraine
éclairée de torchères.
-Entrez soyez les bienvenus, dit un homme âgé en s’avançant
vers eux.
-Les bienvenus ! maugréa Cameron.
-C’est juste une mesure de précaution. Vous êtes entrés où
n’aviez pas été invités. Les étrangers ne doivent pas connaître nos cachettes. Je
suis Marouk, le chef des villages.
- Mais nous sommes vos alliés ! Je suis le colonel Mitchell, et voici…
-Je sais parfaitement qui vous êtes dit Marouk sèchement.
J’ai parlé récemment à votre général.
-Alors pourquoi cet accueil ? demanda Sam.
-Excusez mes hommes, ils ne vous connaissent pas et ont
simplement suivi les ordres.
-Qu’est-il arrivé à Endanne avec qui nous avons traité l’an
dernier ? demanda Daniel.
-Il est mort l’an dernier murmura le vieil homme, qui sans
attendre de réponse se dirigea vers le fond de la pièce.
Puis il les fit asseoir et
leur offrit à manger et à boire, ce
qu’ils acceptèrent bien volontiers. Ils se changèrent et leurs vêtements furent mis à sécher devant le
feu tandis qu’ une boisson chaude les réconforta.
-Lorsque nous sommes venus l’an dernier commença Daniel,
vous viviez dans le village, pas sous terre, que s’est-il passé ?
-Il faut que vous sachiez que cette planète est habitée
depuis seulement trois siècles. Notre peuple vivait avant sur la planète
Retora. Un jour Chronos nous a attaqués et a détruit en partie notre monde. Les
survivants ont été amenés par notre dieu protecteur Gwydion. Retora était trop
dévastée et l’air avait été pollué, elle était devenue inhabitable.
-Oui dit Daniel, Endanne nous avait expliqué tout cela l’an
dernier, c’est moi qui ai négocié les termes du traité.
-Mais oui, bien sûr, laissez-moi continuer. Ici sur Minera notre
peuple a trouvé refuge et a découvert qu’il y avait des mines de naquadah, et
d’un minerai plus riche. Mais notre dieu
est juste, il n’a pas réduit notre
peuple en esclavage, nous avons seulement exploité ce dont il avait besoin mais
dans la mesure du raisonnable, et dans des conditions de vie tout à fait
respectable, nous étions payés pour notre travail. Le reste de la population
vivait de l’agriculture et de l’industrie.
Daniel eut bien envie
d’interrompre encore une fois Marouk à la simple mention d’un « Goa’uld
bon ». Mais il se retint, et Marouk poursuivit son récit.
-Depuis
que vous avez tué Chronos il y a quelques années notre peuple est infiniment
reconnaissant au peuple de la Tau’ri.
L’an
dernier nous avons donc conclu cette alliance avec vous en remerciement. L’extraction
de ce minerai enrichi contre une aide ponctuelle contre nos ennemis. Les
galeries ont été construites dès le début, quand Gwydion a vu la richesse du
sous sol. Il ne fallait pas faire des envieux. Des que la porte s’ouvre nous
filons nous réfugier dans les galeries. En fait depuis quelques semaines le village est pratiquement désert pour ne pas
attirer l’attention et nous vivons la plupart du temps sous la terre.
-Vous avez eu la visite d’un prêcheur récemment ? demanda
Mitchell.
-Oui, c’est pour cela que nous nous cachons. Si le village
parait désert le prêcheur repartira.
-En fait nous sommes venus pour une raison bien précise,
vous demander d’enterrer votre porte des étoiles.
-C’est hors de question, nous ne pouvons pas faire cela.
-Et pourquoi ?
-Cela voudrait dire que la planète est encore habitée et si
les prêcheurs l’apprennent ils pourraient revenir avec un vaisseau.
-De toute façon, ils
reviendront, peut être pas dans
l’immédiat, répondit Daniel, mais dans quelques jours, quelques semaines, ou
quelques mois, mais ils n’abandonneront pas. Ils sont pugnaces.
-Oui, ils verront alors
que la planète est habitée, vos cachettes sous terre ne les tromperont pas dit
Tea’lc.
-Je crois que vous ne comprenez pas le danger, poursuivit
Sam. Les Ori se fichent complètement de vous. Si vous leur résistez ils vous
détruiront.
-Ils n’ont pas de vaisseaux spatiaux et ne se déplacent que
grâce au réseau de portes des étoiles reprit Teal’c. Pour le moment la seule
protection que nous pouvons vous proposer est de condamner votre porte.
Marouk secoua la tête.
-Notre dieu est en orbite autour de la planète actuellement.
Il surveille la porte pour nous. Il nous arrivera rien.
-Votre dieu ? quel est son nom ?
-Gwydion, et il nous protège, répondit le vieillard
-Il vous protège de quelle façon ? s’inquiéta Sam.
Elle ne faisait aucune
confiance à un Goa’uld. Le regard qu’elle jeta à ses compagnons la conforta
dans l’idée qu’ils étaient du même avis qu’elle.
-Il attaque toutes les personnes qui se risquent à entrer et
sortir.
-Mais …
-Oui, vous devez rester, si vous activez la porte vous
risquez votre vie.
-Pourtant s‘étonna Daniel, nous n’avons pas été attaqués
quand nous sommes arrivés !
-C’est normal, il n’est arrivé que depuis hier.
-Vous avez un moyen de le contacter ?
-Oh non ! On ne contacte pas un dieu, on le prie, on le
vénère et on lui obéit. Il nous a dit de nous cacher dans nos souterrains et de
ne pas ouvrir notre porte. On le fait sans se poser de questions.
-Il est venu comme ça tout seul ?
-Non dit Marouk, je lui ai envoyé un appel au secours.
Le vieil homme semblait un
peu confus. Il ne pouvait contacter Gwydion, mais il lui avait tout de même
envoyé un message. C’était très étrange.
Cameron soupira. Il allait
répliquer quand Daniel toucha son bras pour le faire taire. Mitchell était
encore trop nouveau et il n’avait qu’une idée assez vague de ce que pouvait
être un Goa’uld.
-Il vient quelquefois sur la planète n’est ce pas ? demanda
t-il.
-Oui, il est venu hier et il nous a dicté notre conduite.
-Mais quand il veut vous parler comment fait-il ?
-Il utilise ceci dit Marouk en montrant un récepteur Goa’uld longue portée.
-Je vois dit Daniel. Donc vous ne pouvez pas lui parler. Mais
comment faites-vous quand vous priez ?
-Comme vous sans doute quand vous priez votre dieu, dans
notre cœur.
Cameron commençait à
s’impatienter. La discussion allait vers une impasse.
-Et on doit rester combien de temps ici ?
-Je ne sais pas dit tranquillement Marouk.
-Laissez-nous au moins contacter notre base.
-Il faudrait ouvrir la porte des étoiles pour cela.
-Mais il vont sûrement essayer de venir à notre secours et ouvriront la porte, dit Cameron en s’énervant.
Laissons nos radios en stand by, qu’au moins on puisse leur parler.
-Non, vos appareils ont été détruits par mes hommes. Les
communications pourraient être interceptées par les prêcheurs. C’est trop
dangereux !
-Et vous dites que vous êtes nos amis, détruire nos radios,
rien que ça ! ne put s’empêcher de
dire Cameron malgré le regard glacial de Sam.
-Alors
on est coincé ici ? poursuivit Daniel sans s’occuper de l’interruption de
Mitchell.
-Oui. A moins que notre dieu ne nous parle et change ses
ordres. La discussion est close mes amis, conclut Marouk. Profitez de notre hospitalité comme bon vous
semble, et prenez votre mal en patience. Bonne nuit.
Sg1 fut conduit dans une
autre pièce, aménagée pour recevoir des visiteurs. La pièce était vaste, meublée
et pouvait recevoir une dizaine de personnes.
-Je croyais qu’on avait tué ce Goa’uld l’an dernier s’étonna Daniel.
-En effet dit Teal’c. Mais avec les Goa’ulds on est jamais
sûrs de rien ajouta t–il avec fatalisme.
-C’est vrai conclut Sam, regardez Apophis, on l’a tué
plusieurs fois. Ce Gwydion a du être mis dans un sarcophage par son prima.
-Que savez vous de Gwydion Daniel ?
-C’est un dieu Celte très ancien, bienveillant, il est
protecteur des arts et des civilisations.
-Mais pourquoi protège t-il ce peuple ? Sur Minera la
civilisation n’est pas très avancée. Il n’y a pas de musiciens , ni d’artistes !
-Je crois avoir une hypothèse. Minera comme son nom
l’indique est une planète minière, c’est là que le Goa’uld puise le minerai
dont il a besoin. Par contre les autres planètes sont très différentes autant
par le climat que l’avancée des civilisations. Gwydion possède tout le système
solaire, et il protège Minera en raison de la richesse de son sous sol.
-En fait c’est bien un Goa’uld comme les autres qui ne voit
que son intérêt répondit Sam. Cependant une chose m’intrigue, pourquoi ce
traité avec la Terre ? Pour quelle
raison aurait-il permis que Marouk vende de son précieux minerai ?
-Tout dépend de ce que nous leur offrons en échange ? lança Daniel avec sagesse.
-En effet répondit Teal’c.
-En attendant nous sommes dans le pétrin dit Cameron en
fronçant les sourcils.
-On peut pas faire grand-chose pour le moment, dit Sam.
Demain on essaiera de parler de nouveau à Marouk.
-Oui répondit Daniel, si on pouvait quitter ces souterrains,
on pourrait répondre si le SGC nous contacte.
-C’est toujours le problème de l’ouverture de la porte dit
Teal’c.
-Oui, mais je ne supporte pas que ce vieil homme nous dicte
notre conduite, dit Cameron qui ne décolérait pas.
Ils discutèrent un moment et
décidèrent de tenter une sortie vers l’extérieur.
Leurs vêtements avaient
séchés et ils les remirent.
-Après tout dit Daniel il nous a interdit d’ouvrir le
shapaï, pas d’aller prendre l’air.
-Ok on y va. Mais attention nous n’avons plus nos P90.
-Heureusement qu’ils ne
nous ont pas fouillés !
Ils leur restaient à chacun
un poignard dissimulé sur leur mollet. Leurs sacs avaient été vidés, ils
n’avaient plus de C4, ni de grenade. Il ne leur restait que les rations, le
matériel de survie et de soins. Tout ce qui pouvait constituer un armement
avait disparu.
-On va faire avec les moyens du bord. Je tente une
reconnaissance dit Mitchell, attendez moi là.
Quelques minutes plus tard il
revint.
-Je suis allé jusqu’à un escalier, il n’y a aucun garde. Je
pense qu’ils ne se méfient pas.
-Allons-y. dit Sam.
Ils montèrent prudemment et
en silence l’escalier et débouchèrent à l’intérieur d’une maison. Dehors la
pluie s’était remise à tomber, mais ils décidèrent de tenter une sortie à
l’extérieur.
Ils quittèrent les lieux sans
encombre. La nuit était sombre mais pas totalement noire, et ils purent quitter
le village sans faire aucune mauvaise
rencontre, et entreprendre le trajet du retour.
Arrivés à la porte des
étoiles ils décidèrent de chercher un abri, et de rester à proximité du shapaï
en cas d’ouverture.
Pendant ce temps à
l’intérieur des grottes, les gardes s’étaient rendus compte de la disparition
des prisonniers.
-Marouk ! ils sont partis !
-Je sais dit le vieil homme.
-Il faut les rattraper dit le garde !
-Ce n’est pas la peine répondit Marouk en souriant. De toute
façon je ne pouvais pas les garder. Je suppose qu’ils vont rester à proximité
de la porte. Ils ne vont pas l’activer, ce serait signer leur arrêt de mort. Mais
j’espère que personne ne viendra à leur secours ! Gwydion ne les raterait
pas !
Washington, bureau du général
O’Neill.
Jack avait du mal à se
concentrer. Sa mauvaise nuit, et l’inquiétude qui le rongeait n’étaient pas
propices à la sérénité qu’il devait afficher à tout moment.
Il regardait sa montre toutes
les cinq minutes et n’avait pas encore décidé s’il attendrait l’appel du
président ou s’il prendrait les devants.
Appeler le président de lui-même pour avoir le résultat d’une décision
ne se faisait pas. Il devrait donc attendre et il se prépara à passer une très
longue journée. Le coup de fil tant attendu ne vint pas. Ce fut Hank Landry qui
l’appela.
-Jack, je suis inquiet, je n’ai pas eu de nouvelles de SG1.
Le MALP montre une planète vide. Il n’y a aucune activité autour de la porte.
-Oui, je vois dit Jack de plus en plus anxieux.
Son rôle n’était pas
d’inquiéter son ami encore plus, mais de le rassurer.
-Je me souviens de situations identiques, combien de fois
avons-nous été coupés de la base ? et pourtant si je t’en parle
aujourd’hui…
-Tu me conseilles donc d’attendre encore ?
-Oui.
-Toujours pas de nouvelles du président ?
-Non j’attends son appel.
-Bien Jack, tu me rassures. Je te tiens au courant.
Il l’avait rassuré, c’était
son rôle, mais l’angoisse lui rongeait le cœur. Il avait un peu menti à Hank.
Généralement lorsqu’ ils étaient restés longtemps coupés de la base, c’était
qu’ils avaient eu des pépins, et quelques fois de gros ennuis. Des missions qui
avaient foiré, des emprisonnements, des blessures, des tortures, des mises à
mort même. Combien de fois étaient –ils morts tous les quatre ? il préféra ne plus y penser. Ce n’était pas le
moment de laisser son esprit gamberger dans les affres des mauvais souvenirs.
Le président n’appela que le
lendemain.
-les enjeux dont trop importants avait dit Hayes, il faut
absolument sauver cette planète des Ori.
-Pour le naquadrium uniquement ? n’avait pu s’empêcher de répliquer O’Neill
ironique.
Mais le président sans doute
trop préoccupé n’avait pas relevé.
-Vous devez y aller vous-même O’Neill. Vous seul pouvez
sauver cette planète du désastre. Faites tout votre possible, mais nous devons
absolument avoir un chargement de naquadrium dans les jours qui viennent. Ce
sont des millions de dollars qui seront engloutis à perte dans ces projets.
-Je ferai mon possible pour les sauver monsieur le
président.
Blanc au bout du fil.
-Naturellement O’Neill, vous sauverez les habitants et SG1,
je compte sur vous.
-A vos ordres monsieur le président.
Enfin ! pensa t-il en raccrochant.
-Winter ! je
veux un avion prêt à décoller dans
l’heure pour Colorado Springs dit-il à la jeune femme, par l’interphone.
-Tout de suite mon général dit-elle,
*******
Le général Hammond ne savait
plus à quel saint se vouer. Devant une telle évidence au bout de quelques jours
il avait bien fallu les déclarer disparus et c’est la mort dans l’âme qui
l’avait fait. Toutes les recherches
avaient été entreprises, on avait même pensé au NID ou à la Confrérie. Naturellement toutes les pistes
avaient abouti à des impasses. Il lui avait fallu se résigner officiellement. Jamais
dans toute sa carrière il ne s’était trouvé dans une telle situation, mais fond de lui il n’avait pas renoncé, jamais il
ne renoncerait dût-il y laisser son reste de carrière. Mais à son âge cela ne
le dérangeait pas. La seule chose qu’il craignait c’était qu’on le retire du
SGC. Là, il aurait eu les mains liées. C’était pour cela qu’il adoptait un
profil bas, approuvant les décisions du président, lui obéissant à la lettre
mais gardant toujours quelques ressources pour poursuivre ses recherches.
*****
Base de Cheyenne Moutain.
-Tu ne vas quand même pas y aller seul ! dit Landry en
regardant son ami avec inquiétude. Il n’aimait pas le pli qui barrait son
front, et le regard fixe et dur de Jack.
-Qui est libre ?
-Reynolds, Hailey, Grogan ! d’autres unités si tu veux.
-Excellent, quelques soldats supplémentaires ne seraient pas
de refus.
-Entendu
dit Landry.
-Bien ! briefing dans quinze minutes, dit
O’Neill sèchement.
Il était dans l’action. Son
corps était encore à la base mais son esprit était déjà là bas. Il envisageait
froidement différents scénarios avec sa lucidité et sa minutie habituelle.
Son paquetage fut vite fait
et juste avant le départ, eut lieu le
briefing dans la salle de réunion. Landry dans son fauteuil au bout de la
table, O’Neill à côté de lui. Les autres en face.
-Le but de notre mission est double commença O’Neill sur un
signe de Hank. La menace des Ori est réelle et implacable. Nous devons sauver
le peuple de Marouk, les mettre à l’abri peut être sur une autre planète, mais
le président est clair, il ne faut pas condamner la porte. Et nous devons aussi
sauver SG1 dont nous sommes sans nouvelles depuis deux jours. Des
questions ?
-Oui mon général dit Hailey : pourquoi l’option de la
fermeture de la porte est-elle rejetée ?
-Le président veut attirer le moins possible l’attention des
prêcheurs. Une fermeture ce n’est pas très discret.
-C’est pourtant efficace dit Reynolds, et ce serait la
meilleure solution.
-Je suis d’accord avec vous dit O’Neill, mais il faut obéir
aux ordres.
-Y aurait-il une raison cachée mon général, demanda Reynolds
?
-Le président ne m’a pas autorisé à en parler, mais votre
commandant est au courant
Landry fit un signe de tête.
Il comprenait l’importance du naquadrium, mais il était comme Jack, pour lui la
survie de la population était plus importante.
-Très bien dit-il, départ immédiat.
Dès le passage de la porte,
ils se déployèrent en cercle. Il ne paraissait pas y avoir de danger immédiat.
Les abords étaient dégagés.
Ils se regroupèrent et
empruntèrent le petit chemin qu’avait suivi SG1 à leur arrivée. La terre était
détrempée les pluies qui étaient tombées
sans discontinuer pendant plusieurs semaines.
O’Neill râla quand le ciel
creva et leur déversa des trombes d’eau sur la tête. Ils mirent leur ciré, alors
que des rideaux se pluie formant comme
un épais brouillard gênaient leur progression.
Le bruit caractéristique des
anneaux de transport les fit stopper net. Sur un signe de Jack, ils se
dissimulèrent dans les fourrés, et attendirent quelques instants. Les jaffas au
nombre de quatre avançaient prudemment et dès que le groupe SG les eut en ligne de mire,
ils tirèrent, deux rafales de P90 eurent raison d’eux en quelques secondes.
Un second groupe de jaffas subit
le même sort quelques minutes plus tard.
Le brouillard leur était
favorable, il leur permettait de se dissimuler. Ils attendirent plusieurs
longues minutes et reprirent leur route vers le village. La situation se
compliqua quand une troisième vague d’assaut de jaffas eut lieu. Cette fois-ci
ils étaient plus nombreux, mieux armés et mieux préparés à un danger éventuel.
Le combat fit rage, des tirs
de lance trouaient l’air opaque de leurs boules de feu, tandis que les Terriens
tiraient sans discontinuer.
Brutalement ce fut le
silence.
-Tout le monde va bien lança O’Neill.
Un gémissement lui répondit.
Un des soldat de la Taur’i avait reçu une décharge de bâton en pleine cuisse et
ne pouvait marcher. Aussitôt Jennifer Hailey le soigna, lui mit un garrot et le
sang s’arrêta de couler. La blessure n’était heureusement pas profonde, elle
avait juste déchiré le muscle en
surface.
Le général réunit le groupe
de soldats qui les avait accompagnés.
-Vous restez ici en couverture, vous ! occupez vous du blessé dit-il à Hailey
-A
vos ordres, monsieur, répondit la jeune
femme.
-Restez
en contact radio, mais si d’autres jaffas reviennent avertissez nous, mais ne
les affrontez pas, dit-il en s’éloignant.
Il rejoignit au pas de course
SG3 qui avait continué sans l’attendre.
Dans une grotte SG1 attendait
que la visibilité revienne. Ils avaient entendu au loin les coups de feu.
-Je crois qu’ on est venu nous chercher dit Cameron.
-C’est bien ce que je craignais dit Sam. Si nos amis ont
activé la porte, ils ont signalé immédiatement leur arrivée au vaisseau Gao’uld
au dessus de nos têtes.
-Que fait-on ? demanda Daniel. On se montre ?
-Oui dit Cameron après avoir jeté un coup d’œil à Sam et vu
qu’elle pensait la même chose.
-Il vaudrait peut être attendre un peu qu’ils se
rapprochent, dans ce brouillard on n’y
voit rien du tout dit Teal’c.
-C’est
vrai dit Daniel, l’ennui c’est qu’on a du mal à repérer d’où ils viennent.
-On attend un peu. Nous sommes tout près du chemin dit
Cameron, on se bouge dès qu’on entend leurs pas.
Ils tendirent l’oreille et en
effet un quart d’heure plus tard, des bruits de pas crissèrent sur le chemin.
Cameron mit un doigt sur ses
lèvres et leur fit signe d’avancer très doucement.
Les pas se rapprochaient.
-Baissez vos armes cria Cameron en s’avançant au milieu du
chemin pour barrer la route aux arrivants.
Les deux équipes se trouvaient face à face
l’arme au poing, l’air menaçant.
Ils baissèrent leurs armes
simultanément, en poussant un soupir de soulagement.
-Mon général s’écria
Sam, soulagée, en voyant O’Neill se
rapprocher, mais..
-Plus tard Carter, il faut filer vite d’ici. Il y a des
jaffas.
En chemin Cameron fit un compte
rendu rapide de la situation au général O’Neill.
Il était au courant de tout,
sauf du Goa’uld Gwydion qui était en orbite, prêt à détruire le shapaï pour protéger
la planète.
Arrivés près de la porte les soldats, les
attendaient. Ils n’avaient reçu aucune visite.
Jennifer et Grogan prirent chacun par un bras le blessé et
l’aidèrent à avancer.
Pendant ce temps Reynolds et
deux autres soldats étaient partis en courant vers la porte pour surveiller que
le passage était bien libre.
-Général dit Reynolds, rien à signaler les abords de la
porte, sont libres.
-Entendu, attendez mon signal pour ouvrir.
Jack marchait à longues
enjambées. L’inquiétude qui le tenaillait depuis plusieurs jours avait disparu. Elle
était là en vie, et en pleine forme, c’était tout ce qui comptait pour lui. Ils
n’avaient pas échangé de mots, juste un long regard. Dans le sien il avait lu
la joie de le revoir, et elle avait senti le soulagement de la retrouver en
vie.
Ils étaient maintenant à cinquante mètres de
la porte, et tout se passerait bien, il en était sûr.
-Reynolds lança t-il , ouvrez la porte et faites le code, on
arrive.
-A vos ordres.
Ils se rapprochaient, plus
que dix mètres. Le sol vibrait de toute la puissance de l’anneau en mouvement.
Cela devait se ressentir très loin sous la terre, peut être même jusqu’aux
souterrains du village.
Le jet puissant bondit et la flaque s’immobilisa dans un scintillement de lumière
froide. Un spectacle magnifique dont aucun des hommes et des femmes présents ne
se lasserait jamais.
-Vite cria Reynolds, tandis que des explosions
retentissaient tout autour de la porte.
Un grondement d’une violence inouïe
les fit vaciller, ce n’était plus les tirs du vaisseau, mais un autre phénomène
provenant des profondeurs de la planète. Le sol se déchira dans un fracas
assourdissant et apparut une crevasse
étroite et profonde qui serpentait à quelques centimètres du shapaï.
Les hommes furent déséquilibrés mais la porte
était toujours debout et ils passaient à toute vitesse, Cameron passa le dernier et en raison du brouillard n’avait pas vu que le général O’Neill était
resté en arrière. Il venait à peine de
franchir la porte que le vortex trembla
un dixième de seconde et tout un morceau
de la porte explosa et des débris furent projetés à plus de cent mètres. Jack qui
s’apprêtait à bondir dans le vortex ne
put les éviter. Il reçut sur le corps de nombreux éclats qui pénétrèrent ses
chairs, le projetant lourdement sur le
sol.
Le silence retomba
brusquement et un instant le voile de brume se déchira révélant un spectacle
apocalyptique, tout le paysage avait été chamboulé en quelques secondes et les
secousses sismiques s’étaient arrêtées aussi brusquement qu’elles étaient
survenues.
*****
Il gisait sur le dos, les
bras en croix. Sa souffrance était indicible. Des papillons noirs voletaient
devant ses yeux, réalité ou reflet de son délire ? Il ne le savait pas. La
terre spongieuse de tant de pluie lui faisait une couche moelleuse. Il s’y
enfonçait n’arrivant pas à émerger. Seule la douleur était pour lui réalité.
Une douleur aiguë à la limite
du supportable.
La pluie recommençait à
tomber, elle lavait sur son corps le sang séché, de nombreuses blessures. Un
brouillard l’enveloppa et la souffrance recula telle une bête hideuse qu’il aurait
réussi à dompter. Mais avec la fin de la souffrance c’était le début d’une
longue agonie qui commençait. Seul au milieu de nulle part il lui restait
suffisamment de conscience pour réaliser que sa vie se terminerait sans doute
ici. La vie, la lumière avaient disparu pour lui, le gouffre des ténèbres
s’ouvrait à ses pieds, il y plongea.
*****
Base de Cheyenne Mountain.
Le flux d’énergie se déstabilisa,
la porte émit de sourds grondements, puis le vortex se désactiva comme Cameron
passait la porte en roulant sur la rampe.
Il se releva en gémissant.
Devant lui, le général, les
hommes de son équipe, Daniel et Teal’c, puis
Sam, et ceux de l’équipe de secours, Grogan et Hailey.
Un profond silence avait
envahit la salle. Un silence inhabituel pour un retour de mission.
Cameron passa la main dans
ses cheveux, il était sonné par son atterrissage un peu brutal et avait un peu
de mal à rassembler ses esprits.
-Tout le monde est là ?
dit-il machinalement.
-Où est le général O’Neill ? demanda Landry d’une voix
sèche.
Cameron parcourut du regard
les visages graves devant lui.
-Mais je suis passé le dernier ! Il n’y avait personne
derrière moi !
-En êtes-vous sûr ?
demanda Daniel Il y avait un tel brouillard !
-Le général O’Neill n’est pas rentré ? balbutia Cameron
encore perturbé.
-Siler ! envoyez un MALP, dit Landry.
-A vos ordres mon général, dit le sergent.
Les chevrons s’enclenchèrent.
Chacun retint son souffle !
Le septième chevron accrocha
et dans un bruit de décélération la porte redevint silencieuse.
-Au rapport immédiatement dit Landry.
Le briefing fut bref et
lugubre. Landry se fit raconter l’essentiel de la mission. Les intempéries
avaient brouillé les cartes, rendant le général O’Neill invisible aux yeux des
deux équipes. Il n’avait pas eu le temps de passer la porte. Celle-ci devait
être détruite.
Aucun moyen de savoir ce
qu’était devenu O’Neill. Peut être était-il seulement coincé de l’autre côté.
Mais le plus vraisemblable était qu’il avait du être dans l’impossibilité de
rentrer. Sans doute blessé par l’explosion, ou peut être même tué.
-Dès que le Dédalus sera revenu d’Atlantis, nous enverrons
une mission de secours.
-Dans combien de temps.
-Pas avant plusieurs semaines, dit Landry en voulant couper cours à tout commentaire.
Laboratoire de Sam.
Elle était assise à son
bureau, une petite lampe éclairant ses traits fatigués. Mille fois elle
retournait dans sa tête la scène du retour. Les jaffas, la porte qui s’ouvre,
elle entend Cameron lui dire de passer, puis il court derrière elle. Impossible
de distinguer quoique ce soit dans un tel brouillard. Les tirs, le fracas des
armes, résonnaient encore dans son crâne.
Le retour mouvementé sur la
passerelle, et cette griffe d’acier lui labourant le cœur quand elle s’était
rendue compte que le général n’était pas
là.
Qu’est ce qui avait pu se
passer ? Cameron avait parlé de bombardements, elle avait senti nettement
le sol trembler sous ses pieds, puis le jeune colonel était rentré de justesse, croyant qu’ O’Neill était
devant. Quelle méprise !
Elle lui en voulait. C’était
lui le chef de l’expédition. Il avait fait une erreur de débutant ! Cela
n’aurait peut être rien changé, ils y seraient restés tous les deux ! mais
c’était son devoir et il ne l’avait pas fait.
-Sam !
Elle s’essuya les yeux
furtivement, et accrocha un sourire sur ses lèvres.
-Oui Daniel, je suis là dit-elle en ouvrant un dossier.
-Vous travaillez peut être ?
-Je lisais un rapport dit-elle d’une voix lasse en montrant le dossier.
-Comme ça, ce serait mieux, non ? fit doucement Daniel en retournant le dossier à
l’endroit.
-Oh !
-Vous devriez aller dormir !
-Je ne peux pas souffla t-elle incapable de répondre à haute
voix, tant sa gorge était serrée.
-ça ne sert à rien de rester là à vous ronger les sangs, la
porte de la planète a sûrement été détruite dans l’explosion. Il faut attendre
que le Dédalus le ramène.
-Oui, je sais, mais ne pas savoir s’il est vivant ou mort
est insupportable.
-Il n’y a pas de honte à pleurer Sam assura Daniel.
Aussitôt des larmes
jaillirent de ses yeux.
-Excusez moi dit-elle ne se mouchant, c’est plus fort que
moi !
Sam se leva et fut prise d’un
vertige, les murs du labo se rapprochaient dangereusement, elle ferma les yeux
un instant, cela passa mais quand elle les rouvrit elle vit les objets fluctuer, devenir flous une seconde. Puis tout rentra dans l’ordre.
-Sam ! ça va ? s’inquiéta Daniel la voyant toute
pâle.
-Oui murmura t-elle, c’est juste un vertige…
-A quand remonte votre dernier repas ? s’informa t-il avec sévérité.
Elle eut un pâle sourire,
-Hier soir je crois…
Il ouvrit de grands
yeux :
-Vous avez vu l’heure ? vous n’avez rien pris de la
journée !
-Je n’ai pas faim, dit-elle faiblement.
-Ça n’a aucune importance, faim ou pas il faut vous nourrir.
Je vous emmène au mess manger un morceau.
Elle fit un vague geste de la
main montrant son bureau et ses expériences en cours.
-Mais…
Sans répondre il la prit
fermement par le bras et referma la porte du labo derrière lui.
-Et vous allez prendre un vrai repas, pas seulement de la jello bleue…
Au moment où Daniel posa son
plateau sur la table, il fut lui aussi victime d’un étrange phénomène. La pièce
fluctua autour de lui, les gens assis aux tables disparaissaient dans une sorte
de brume, les voix s’ estompèrent. Il posa maladroitement son plateau et du jus de fruit coula sur la
table.
-Daniel ! s’inquiéta Sam en voyant le jeune homme
trembler légèrement .
Il ouvrit des yeux un peu
égarés sur Sam et vit nettement devant
lui son regard bleu légèrement écarquillé, alors le paysage alentours se
fondait dans une brume blanchâtre et mouvante.
Une fraction de seconde plus
tard tout s’éclaircit à nouveau.
-Tout va bien Sam, enfin je crois. J’ai eu un vertige.
-Vous aussi, dit-elle, amusée et vous n’avez pas mangé
depuis combien de temps ?
-Ça n’a rien à voir, je me nourris normalement, moi !
-Vous devriez peut être aller à l’infirmerie ?
-On y va tous les deux dans ce cas.
-Non,non, moi je sais pourquoi j’ai vu les murs danser autour
de moi… dit-elle en montrant la nourriture de son plateau.
-J’irai si ça se reproduit, dit-il en attaquant sa salade de
pommes de terre.
Mais cela ne se reproduisit
plus.
Le moral de Sam était au plus
bas. Cela faisait maintenant plus de trois semaines qu’ils étaient rentrés, et
ne pas savoir ce qu’était devenu le général O’Neill était insupportable. Son esprit divaguait la
plupart du temps en vaines conjonctures et elle se savait sur la mauvaise
pente, moins attentive à son travail, moins efficace aussi.
-Sam ! appela la voix douce de Daniel
Elle eut un frisson et revint
à la réalité.
-Vous êtes encore là-bas n’est ce pas ?
-Je me demande ce que nous avons raté, soupira t-elle.
-Mais rien du tout, il y a eut un tremblement de terre, la
situation était incontrôlable, c’est un miracle que nous…
Un regard bleu glacial
l’empêcha de terminer sa phrase,
naturellement elle était maladroite, l’un d’entre eux n’était pas rentré.
-Si seulement il n’y avait pas eu ce maudit
brouillard ! ajouta t-elle toujours plongée dans ce passé douloureux.
-Vous lui en voulez ?
-A qui ?
-A Cameron ?
-Au début, oui , maintenant je vois les choses différemment
, il ne voyait pas plus que nous et se
croyait le dernier.
-Il vous manque n’est ce pas ? ajouta Daniel d’une voix douce
Elle leva sur lui un regard
tragique, la gorge serrée elle ne put que hocher la tête.
Il la prit gentiment dans ses
bras et elle s’accrocha à lui. Des larmes coulaient de ses yeux. Oh oui il lui
manquait ! A un point qu’elle n’aurait jamais imaginé ! c’était une
souffrance de tous les instants, comme si quelqu’un s’amusait à lui arracher le
cœur lambeau par lambeau.
Serrée contre Daniel elle ne
pouvait pas parler. Mais point besoin de mots entre eux, leur amitié était si
forte qu’ils se comprenaient d’un geste, d’un regard.
Il l’écarta de lui et la
regarda maintenant ses mains sur ses bras.
-Quand allez vous enfin admettre que vous l’aimez ?
-Non, j’ai l’impression que je contrôle mieux si ça reste
hors des mots. Le dire me plongerait encore plus loin dans la douleur. Et puis
à quoi bon ? Même s’il revient, il repartira à Washington et je ne le verrai plus.
-Washington n’est pas si loin ! Et puis vous n’êtes plus dans la même chaîne
de commandement, vous y avez pensé ?
-C’est beaucoup plus compliqué que cela Daniel murmura t-elle d’une voix cassée par
l’émotion.
Tellement compliqué qu’elle
avait du mal à dénouer l’écheveau de leur relation si complexe. Elle l’aimait,
oui ! le problème n’était pas là ! Il venait de lui qui ne voulait
pas s’engager. La mort de son fils avait été dévastatrice et avait tout brisé
en lui, l’empêchant par là même de reconstruire quelque chose. Il vivait en
permanence sur des ruines, et ne pouvait
pas, ou ne voulait pas en sortir. Il paierait sa faute jusqu’à la fin de son
existence. Même s’il éprouvait quelque chose pour elle, cela ne changerait
rien. Il avait cadenassé son cœur de façon irrémédiable.
Par un certain manque
d’honnêteté elle s’aveuglait sur son propre cas, ne voulant pas prendre
conscience que son côté à elle tout n’était pas rose. Au fond de son cœur elle
savait qu’elle portait la mort à tous ces amants, ou à tous ceux qui s’étaient
approchés trop près d’elle et avaient brûlé leur ailes à son contact. Seul Pete était un rescapé, mais elle l’avait quitté
avant que cela ne tourne mal.
A cet instant, face à Daniel
rien n’aurait pu la consoler de la perte de Jack. Le savoir vivant et à l’abri
était tout ce qui comptait pour elle. Elle aurait donné sa vie pour le voir
passer la porte sain et sauf.
Le jeune homme savait tout
cela. Il avait vécu trop longtemps à leurs côtés et son œil observateur n’avait
rien perdu. Il avait toujours l’air d’être ailleurs, dans un rêve
archéologique, mais il n’en était rien. Il connaissait la douleur de ses amis
et la torture constante qui était la leur de ne pouvoir rien construire entre
eux.
Silencieusement il quitta le
labo de Sam la laissant à ses rêves douloureux. Il resta un instant sur le pas
de la porte à la regarder un moment, silhouette pâle éclairée par les flash des
moniteurs, puis il se détourna et se dirigea vers la salle de briefing où
l’attendait le général Landry.
Salle de Briefing
Quelques minutes plus tard,
une Sam remaquillée passa la porte en souriant et prit à sa place à la table de
réunion.
Quelle force d’âme !
pensa Daniel. Rien ne paraissait sur son visage, plus de traces de larmes. Seul
un œil exercé aurait pu y voir une certaine pâleur. Mais le général Landry ne
remarqua rien.
-Bonne nouvelle, fit
celui-ci en attaquant le briefing, Le Dédalus devrait arriver en orbite de
Minera dans 6 heures…
Personne ne vit le brusque
affaissement des épaules de Sam, tandis que l’angoisse lui labourait le cœur.
Oh mon Dieu, plus que 6 heures !
Elle saurait s’il était vivant ou mort ! l’attente devenait
insupportable. Elle avala péniblement sa salive, tandis que Landry
poursuivait :
-Je vous laisse votre journée. Il n’y a pas de mission
urgente d’ ici demain. Rendez vous à 8 h
00 pour le prochain briefing.
Sam se leva les jambes
flageolantes, elle quitta la salle d’un pas mal assuré.
-Ça va aller Sam ?
demanda Daniel, je vous raccompagne à votre labo.
-Merci Daniel fit –elle d’une voix blanche. Mais ça va
aller ! Ce n’est pas la première fois vous savez.
Le jeune homme ne répondit
pas. Il repensa aux nombreuses missions qui avaient échoué, à celles où l’un
d’entre eux n’était pas revenu ! A
eux tous qui étaient morts et revenus à la vie… Quelle étrange existence !
, des destinées hors du commun ! à l’écart du monde extérieur, où nul ne
pouvait ne soupçonner ce qui se passait dans les entrailles de la montagne.
-Merci Daniel, j’ai du travail à finir dit-elle en montrant
une expérience en cours sur la paillasse.
Il la laissa, comprenant
qu’elle préférait être seule durant les interminables heures qui allaient
suivre.
Planète Minera
Les explosions avaient fait
vibrer les murs du souterrain, situé à quelques kilomètres de là et dans lequel se tenait Marouk avec quelques
uns de ses soldats.
-Ils ont essayé de passer la porte dit Marouk en hochant la
tête tristement.
-Il y avait autre chose, les secousses étaient plus
violentes que d’habitude, il faudrait aller voir fit remarquer un des hommes de Marouk.
-Oui, Gwydion a pris soin de nous comme il nous l’avait promis,
fit le vieil en joignant les mains dans un geste de prière reconnaissante.
-Mais pourquoi ne vous ont-ils pas écouté ? regretta
Selma la fille aînée de Marouk.
-Je n’en suis pas surpris, ils n’ont pas apprécié notre
accueil.
-Il faut aller à leur secours dit-elle.
-Attendons encore un peu. C’est peut être dangereux de
s’aventurer dehors.
-Mais il y a peut être des blessés ? Père, je vous en prie insista la jeune fille.
-Il faut attendre que le brouillarde se lève.
-Mais…
-N’insiste pas Selma.
La jeune fille obéit.
Ce ne fut que le lendemain
que Selma obtint la permission de sortir. Il n’y avait pas eu d’autres
explosions et son père pensait que le danger était écarté.
Il accompagna sa fille avec
d’autres habitants du village. Ce fut la consternation quand ils virent la
porte. Elle était en partie détruite. Le terrain autour semblait avoir été
labouré par un engin titanesque, qui aurait pénétré le sol avec violence et
fait jaillir des morceaux de roche dans toutes les directions. Le tremblement
de terre conjugué aux tirs du Goa’uld avait eu raison d’elle.
Des morceaux de lourd
naquadah étaient éparpillés aux alentours. C’était un véritable chaos qui
émergeait lentement du brouillard au fur et à mesure que le jour se levait.
Le silence, seul, répondait aux interrogations des villageois.
La porte des étoiles avait pratiquement disparu. Un morceau de l’anneau se
dressait encore vers le ciel comme un membre fantôme noirci et déchiqueté ,
d’un corps qui aurait disparu.
La brume revint aussi vite
qu’elle s’était dissipée, masquant la cruelle réalité d’un voile de douceur.
Selma fit le tour des
vestiges.
-Attention lui cria Marouk, cela peut être dangereux.
-Il n’y a personne, apparemment ils ont tous pu s’enfuir,
dit un villageois.
Seuls quelques cadavres
jonchaient le sol près de l’anneau.
Marouk était atterré. Plus de
porte plus aucun soutien de la Tau’ri. Et personne ne viendrait plus leur acheter le précieux minerais.
Gwydion, que s’est-il
passé ? implora t-il dans une
muette prière. Le cœur serré et les larmes aux yeux il semblait désemparé. Plus
de shapaï, un véritable chaos rocheux. L’avenir lui apparaissait sombre. Leur
dieu les avait abandonnés.
-Allons-nous en d’ici dit-il. Retournons au village. Il n’y
a plus rien.
Il prenait déjà la route du
retour quand Selma lui cria d’arrêter.
-Ecoute ! j’entends quelque chose, ça vient de là
dit-elle en montrant un amas de rocher.
Mais dans le brouillard si
épais on ne pouvait plus distinguer les vivants des morts.
-Il n’y a rien. Tous ces hommes sont morts, dit le chef du
village avec une pointe d’irritation dans la voix. Ça ne sert à rien de
s’attarder ici.
Mais Selma était sûre d’avoir
entendu quelque chose. Elle s’approcha de l’homme immobile sur le sol. Elle ne
le reconnaissait pas. Des ses lèvres entrouvertes s’échappait un gémissement.
-Il est vivant, Père ! cria la jeune fille.
Avec d’infinies précautions
les villageois posèrent le mourant sur un brancard improvisé et le retour vers
le village fut silencieux.
Du fond de sa fièvre, il
sentait la douleur à chaque pas, une douleur qui irradiait son corps, une
douleur si forte que bientôt il replongea dans une bienheureuse
inconscience.
La souffrance affluait et envahissait tout son corps au fur
et à mesure qu’il se réveillait. Sa tête était comme prise dans un étau de fer
et sa vision, floue.
Je suis mort pensa t-il, en
voyant un visage d’ange penché sur lui.
-Père , il se réveille lança une voix jeune.
Son ange lui sourit.
-Non vous n’êtes pas mort, monsieur,
Sa vision s’éclaircit et il
reprit totalement conscience. Il voulut s’asseoir mais un vertige subi le
rejeta sur son lit. Il ferma les yeux jusqu’à ce que tout
cesse de tourner autour de lui.
-Où sommes nous ? s’inquiéta t-il quelques minutes plus
tard.
Il ne reconnaissait pas le
cadre, une grotte aux murs recouverts de tentures pour préserver les habitants
du froid et de l’humidité.
-Dans le village souterrain de Minera dit la voix grave et
légèrement chevrotante du vieillard qui vint s’asseoir près de Jack.
-Je suis Marouk, le chef du village.
-Que s’est-il passé articula t-il ?
-Vous avez eu un grave accident, il y a eu un tremblement de
terre la porte des étoiles a été en partie détruite et vous avez reçu de
nombreux éclats. Il faut vous reposer. Je vous laisse entre les mains de ma
fille.
O’Neill que ce peu de mots
avait affaibli, ferma les yeux et plongea dans un sommeil profond et
réparateur.
Base de Cheyenne Mountain
Le général Hammond retrouva
avec un certain plaisir son ancien bureau. Il n’avait pas quitté la base de son
plein gré, mais sur ordre du président, juste avant l’attaque d’Anubis sur la
terre. Il se prenait parfois à regretter sa vie d’antan, quand les dossiers
s’entassaient sur son bureau de Washington. Son nouveau poste était un peu trop
statique à son goût. Beaucoup de réunions et de paperasserie et des tonnes de
diplomatie étaient exigées pour mener à bien des négociations souvent délicates
devant la commission des finances, quand il fallait justifier les sommes pharaoniques
dont avait besoin le projet porte des étoiles.
Il prit dans ses mains la
plaque portant le nom du général O’Neill. Il soupira et la reposa à sa place,
bien en vue. Il n’occupait pas le poste de Jack, juste son remplacement qu’il
espérait aussi bref que possible.
Il lut les rapports, la
montagne de rapport concernant la disparition de O’Neill et de SG1.
Ils n’avaient pas quitté la
base, ils avaient simplement disparu ! Un matin ils étaient entrés à la
base, avaient signé le registre. On les avait vus au mess, dans les couloirs.
Daniel ce jour là rangeait son bureau croulant sous les artéfacts envoyés après
le décès de Catherine Langsford. Siler avait mentionné la livraison qu’il avait
faite au bureau de Daniel, des dizaines de cartons, plusieurs tours du poste de
garde jusqu’au niveau 19. Le général O’Neill avait quitté son bureau vers 19
heures 30, plusieurs personnes l’avaient rencontré se dirigeant vers les
ascenseurs.
Le colonel Carter avait passé
un long moment dans son labo ce jour là. Il n’y avait aucune sortie prévue.
C’était une calme journée d’après la tempête. Les réplicateurs vaincus, la
menace Goa’uld se dissipant, c’était une sorte de période de transition où
chacun vaquait à ses occupations, rattrapant le temps perdu. Il y avait tant à faire
à la base, et les quelques mois précédents avaient été chargés en missions
dangereuses et en évènements dramatiques.
Le soir, niSG1, ni le général
O’Neill n’avaient passé la barrière de sécurité à la surface. Mais personne ne
s’en était inquiété. C’était chose fréquente qu’ils passent
la nuit à la base. Durant les deux heures du service au mess ce soir là, une cinquantaine
de personnes avaient pris leur repas, Cependant aucune ne se rappelait les avoir vus à un moment où
à un autre.
Ce n’est que le lendemain que
leur disparition parut évidente. Walter attendit le général O’Neill une partie
de la matinée, ce qui en soit n’ était pas un évènement extraordinaire, le
général n’ arrivait pas souvent avant 9H
30 ou même 10 heures, car il quittait la base rarement avant minuit le soir.
A 11 heures il commença à
s’inquiéter, essaya de joindre le général chez lui, sur son portable, mais en
vain. . Il eut un coup au cœur quand on
s’aperçut que le colonel Carter, Teal’c et Daniel Jackson étaient absents. Le
bureau de Daniel était en désordre, la porte grande ouverte, comme s’il n’avait
pas eu le temps de fermer.
Dans un premier temps on
pensa à un enlèvement. Mais personne ne pouvait quitter la base sans être
repéré aussitôt. Cette hypothèse fut écartée rapidement.
Le colonel Reynolds prit le
commandement momentanément avant l’arrivée de quelqu’un de plus gradé. La porte
des étoiles fut inspectée minutieusement, aucune entrée ni sortie depuis les
dernière vingt quatre heures.
Le général Hammond acheva de
relire tous les rapports pour la énième fois. Il n’y trouva rien de plus, pas
le moindre détail qui aurait pu le mettre sur la voie de cette énigme. Pas de
trace de téléportation résiduelle, rien qui put expliquer ce phénomène. Ce
n’était pas non plus les Asguards.
Le général Hammond ne pouvait
plus rien faire. Il expliqua la situation au président. Le projet Stargate
devait continuer sans eux.
Hammond relisait le rapport
de Siler sur la coupure de courant qui était intervenue le jour de la
disparition. Il n’était pas technicien et avait besoin d’éclaircissement sur
certains points.
-Que s’est-il passé à ce moment là, dit –il en montrant une
double courbe.
-Il y a eu une surcharge de la porte répliqua le sergent.
-Logiquement la surcharge devrait se manifester par une
intensité plus grande, et là on voit nettement deux courbes.
-Oui en effet, je l’avais remarqué mon général, mais je ne
me l’explique pas.
-Ce sera votre priorité sergent. Laissez tous vos autres
travaux et examinez toutes les enregistrement en détail. Je veux une
explication.
-A vos ordres mon général.
Planète Minera
Le général O’Neill se
remettait lentement de ses blessures, il avait eu plusieurs fractures qui
étaient maintenant en bonne voie de guérison. Depuis qu’il avait repris
conscience il n’avait eu de cesse de se lever pour aller jusqu’à la porte.
-Il faut que j’aille voir dit-il en s’appuyant sur une
grossière béquille de bois.
-Mais vous pouvez à peine marcher protesta Selma,
-Je vais bien répondit-il sèchement, mais je deviens fou à
rester immobile, il faut que je parte. Il faut que je sache ce que sont devenus
mes amis.
La jeune fille était
atterrée, elle avait reçu l’ordre formel de son père de surveiller le blessé,
il ne devait pas bouger et surtout ne pas sortir de la grotte.
-Père ! appela t-elle en se précipitant dans une autre
pièce.
Marouk apparut et obligea O’Neill
à se rallonger. Celui-ci manquant de forces ne put que le laisser faire.
-Mes amis… murmura t-il en se rallongeant avec un soupir.
Le simple fait de se lever
l’avait épuisé.
-Vos amis ne sont pas ici, dit Marouk en s’asseyant.
-Depuis combien de temps je suis là ?
-Presque trois semaines. Vous avez été inconscient très
longtemps. Mais il faut vous ménager.
-Racontez-moi…
-Le jour de votre arrivée Gwydion est entré dans une colère
noire, car le shapaï avait été activé. C’était l’annonce de l’arrivée de prêcheurs.
Il a aussitôt ouvert le feu, et fait trembler le sol qui s’est fendu, creusant
un large sillon , et la porte a été détruite.
Le général s’assit
brusquement dans le lit et porta une main à son front en gémissant…la jeune
fille doucement le fit se rallonger.
-Pas de gestes brusques.
-Détruite… la porte est détruite… Oh mon dieu ! C’est
impossible, même une pluie de météorite ne le pourrait pas…
Jack sentit le découragement
l’envahir. Plus de porte signifiait : pas de retour sur terre. Cela lui rappela
aussitôt son séjour forcée sur Edora mais là il n’y aurait pas de Laira pour
lui redonner goût à la vie, rien qu’un vieillard, une enfant et des ombres au
fond de la grotte. Des villageois sans doute dont il n’avait fait qu’entrevoir
les silhouettes. Le découragement le prit.
Marouk comprit ce que
ressentait cet homme. Lui même aurait éprouvé la même chose dans un pareil cas.
-Dès que vous irez mieux on vous conduira à la porte. Mais
pour l’instant vous n’avez qu’une seule chose à faire : Guérir.
A bord du Dédale
Le colonel Caldwell se
renfonça dans son siège, tout se passait au mieux. Sur Atlantis il avait bien
eu quelques frictions avec le docteur Weir , mais ce n’était pas inhabituel. « Quelle
femme ! » pensa t-il en souriant intérieurement. Le voyage avait été
très calme. Il n’y avait plus beaucoup d’ennemis dans la galaxie depuis que les
principaux grands maîtres Goa’ulds avaient disparu. La destruction des
réplicateurs avait achevé l’oeuvre de paix. Le nouveau danger venait des Ori,
mais ils n’avaient pas de vaisseaux et voyageaient de planètes en planètes par
les portes des étoiles. Les routes spatiales étaient désertes et
l’hyperpropulsion les conduisait vers la
planète Minera , léger détour avant leur arrivée sur terre pour un long repos
bien mérité.
Il relisait le rapport qu’il
avait reçu de la base de Cheyenne Moutain. La destruction de la porte de Minera
avait chamboulé beaucoup de choses. Il n’avait pas en main toutes les cartes,
mais le président avait insisté pour que le Dédale, non seulement sauve le
général O’Neill s’il était encore vivant mais poursuive les liens commerciaux
existants entre la terre et ce peuple. Un chargement de naquadrium devait les
attendre.
Du ciel, Minera était une
petite boule couleur de sable et de terre brûlée. Pas de grands océans, quelques fleuves se
jetant dans de petites mers intérieures, c’était une planète en partie désertique
et peu peuplée. Le climat était soumis à de violentes pluies qui pouvaient
durer des jours, le reste de l’année le temps était très sec, ainsi que l’avait
décrit Mitchell dans son rapport. Il n’y
avait pas de grandes villes juste quelques villages. La végétation de type
désertique ne se voyait pas depuis le Dédale. Le marron était la couleur
dominante.
Caldwell fit positionner le
vaisseau sur une orbite basse, et observa la planète à la recherche des restes
de la porte.
-Une grande concentration de naquadah mon colonel ! 123
degrés sud !
-C’est sans doute le shapaï. Nous allons rester en
position juste au dessus. Q’une équipe se tienne prête à être
téléportée à la surface.
-A vos ordres mon colonel.
L’équipe composée de
Caldwell, du major Hatkins et de trois simples soldats se matérialisa à une
dizaine de mètres de la porte. Le spectacle était si apocalyptique qu’ils
restèrent muets quelques secondes. Le terrain avait été comme labouré par une
main gigantesque et il ne restait que des blocs noircis et calcinés de ce qui
avait été une porte des étoiles.
. -Des signes de vie major ?
-Très faibles à quelques kilomètres vers le nord.
-Sans doute les villageois qui se terrent dans les grottes.
Allons-y.
Caldwell se demandait quelle
force avait pu causer un tel cataclysme. Seule la combinaison d’un tremblement
de terre et d’une bombe boostée au naquadah avait pu faire un tel dégât. En bon
militaire il essayait d’évaluer la puissance de la bombe, mais il renonça, elle
devait être colossale, et le Goa’uld qui possédait une telle force était encore
un dangereux adversaire.
Ils se mirent en route en
marchant avec précaution, le sol leur paraissait instable et de nombreux trous
étaient autant d’embûches sous leurs pas. La végétation avait disparu à des
kilomètres à la ronde et des restes d’incendies brûlaient encore avivés par un
vent sec. Il n’y avait plus de traces de corps, pourtant des flaques de sang
séchées témoignaient de la brutalité des combats qui avaient eu lieu en cet
endroit.
Le colonel Caldwell mit ses
mains devant ses yeux pour se protéger de la lumière vive. Un énorme soleil les
éblouissait de ses rayons faisant danser devant leurs yeux le paysage fragmenté
en des milliers de mirages. Des surfaces brillantes comme de l’eau apparaissaient
et disparaissaient, les étourdissant de leur flamme. Un vertige subit lui fit
fermer les yeux. Trop chaud ce soleil pensa t-il !
Il s’arrêta un instant et
reprit sa marche lente dans les décombres.
Brusquement le vent enfla et
un voile de brume cacha le soleil qui avait commencé à brûler les visages. La
chaleur tomba d’un seul coup tandis que le brouillard enveloppait le paysage,
le masquant et le rendant opaque aux militaires aguerris. De violentes trombes
d’eau s’abattirent sur la région.
-C’est certainement la brume dont a parlé le colonel
Mitchell dans son rapport cria Hatkins pour se faire entendre.
-On ne voit pas à deux mètres dit une voix.
-Regroupez vous au son de ma voix cria Caldwell, ne vous
dispersez pas. Nous ne devons pas être loin des ruines du village.
Les hommes se regroupèrent et
marchèrent en silence. Après un long
moment,
les premières ruines
apparurent.
-Il faut attendre que les guetteurs avertissent Marouk et
que l’on vienne nous chercher. Ne bougeons plus ordonna Caldwell.
Ils s’assirent sur des
pierres au bord du chemin et ils ne durent pas attendre bien longtemps. Des
hommes armés les encadrèrent aussitôt. Caldwell se présenta et ils furent
aussitôt conduits dans les souterrains où les attendait Marouk.
Caldwell pénétra le premier
dans la grotte, et après avoir salué Marouk demanda :
-Qu’est devenu le général O’Neill ?
-Rassurez vous, il a été gravement blessé par les explosions
mais il est en bonne voie de guérison.
Ils suivirent quelques
couloirs et arrivèrent à la partie qui servait de logement.
-Caldwell ! ravi de voir un visage connu fit la voix de
O’Neill.
-Mon général !
Que s’est-il passé ?
-Je suis coincé ici, mais je suppose que vous êtes venus
avec le Dédalus.
-En effet.
-Alors partons.
-Le général Landry m’a confié une mission, et je ne rentre
pas sur terre immédiatement, de nouveaux ordres viennent de me parvenir. Je
vais vous conduire sur la planète la plus proche.
-Naturellement. Je crois d’ailleurs qu’avec la destruction
de notre porte l’arrivée de votre
vaisseau résout tous nos problèmes dit Marouk avec satisfaction. Suivez moi, je vais vous donner ce dont nous
avions convenus.
Les transactions terminées, O’Neill
et l’équipe de Caldwell furent téléportés sur le Dédalus. Un kilo de naquadrium
fut également remonté à bord de l’appareil.
Au moment où un message
s’apprêtait à être envoyé la radio tomba en panne.
Caldwell s’adressa à son
officier scientifique :
-Que se passe t-il major ?
-Les communications sont en panne, je pense pouvoir réparer,
mais il me faudra quelques heures.
-Nous ne pourrons donc pas envoyer de messages à la Terre
pour les prévenir de votre retour général O’Neill.
O’Neill ne répondit que par
un sourire. Rentrer chez lui, il n’y avait
que ça qui comptait pour le moment.
-Quelle est votre mission Caldwell ? demanda O’Neill un peu plus tard.
-Mon général, les choses ont beaucoup bougé durant ces trois
semaines, et je dois porter secours à une population en détresse sur une autre
planète visitée par des prêcheurs.
-Vous allez leur trouver un refuge ?
-En effet !
-Mais cela ne durera qu’un temps, hélas, les prêcheurs reviennent
toujours.
-Non, il n’y a pas de shapaï, ce peuple sera en sécurité
tant que les prêcheurs n’ont pas de vaisseaux.
-C’est en effet une bonne solution répondit O’Neill. Vous me
déposez où ?
-Sur P8H765, c’est une planète peu peuplée où il n’y a pas
de Goa’ulds, ni d’Ori. Je resterai en position au dessus de la porte jusqu’à ce
que vous soyez rentré sur terre.
-Et le code ?
-Le général Landry m’a confié un GDO.
Quelques heures plus tard le
Dédalus se positionnait au dessus de la planète et le général O’Neill fut
téléporté à proximité du shapaï.
Le paysage était verdoyant, et
il faisait beau, le général O’Neill respira un grand coup s’emplissant les
poumons d’air frais. C’était si agréable après le séjour de plusieurs semaines
dans des grottes. Cependant il ne s’attarda pas, et appuya sur les symboles de
la terre et quand le vortex fut ouvert il composa le code.
Salle d’embarquement.
Il était minuit passé et les
alarmes mugissaient depuis plus d’une minute. Sam qui ne dormait pas était
arrivée dans la salle de contrôle en courant.
-On a un code sergent ? demanda t-elle d’une voix étranglée.
Son cœur battait à grands
coups, une arrivée non prévue au milieu de la nuit pouvait être le début d’une
catastrophe. Ou bien, le retour…
Elle s’interdit de s’aventurer
plus loin, de peur d’une terrible déception.
-Harriman ? s’impatienta t-elle.
-Non mon colonel, pas encore.
Les secondes s’égrenaient,
interminables…
-C’est le code du colonel Caldwell ! dit Harriman en
levant les yeux vers Sam.
-Caldwell ! Ouvrez l’iris !
Mais qu’est ce qui se
passe ? pensa t-elle le colonel a dû avoir un gros problème avec le Dédale
pour venir par une porte des étoiles.
-Appelez tout de suite le général Landry ordonna t-elle.
L’homme qui passa la porte ne
ressemblait en rien à Caldwell, il s’appuyait sur une grossière béquille de
bois. Les jambes de Sam ployèrent sous son corps, victimes d’une étrange
faiblesse. C’était LUI. Il était sale, barbu, les cheveux mal coupés, le visage
pâle, mais c’était lui.
Elle descendit l’escalier
quatre à quatre et ralentit au fur et à mesure qu’elle arrivait dans la salle
d’embarquement.
Pris d’un soudain épuisement
il vacilla, mais par la force de sa volonté il resta debout. Les silhouettes
autour de lui devinrent floues et il écarquilla les yeux pour ajuster sa
vision, mais rien n’y fit. Landry et les soldats présents semblaient
disparaître dans une sorte de brume, tandis qu’un visage familier apparut très
nettement devant lui. Elle avait le visage grave et tourmenté et semblait elle semblait
aussi très angoissée.
Tout cela n’avait duré qu’une
fraction de seconde, puis il entendit sa voix murmurer.
-Mon général, vous allez bien ?
Il n’eut pas le temps de
répondre, hocha seulement la tête, tandis qu’une équipe médicale s’occupait
déjà de lui. C’est allongé sur un brancard qu’on l’emmena à l’infirmerie.
Trois jours plus tard, salle
de briefing.
-Je peux dire que tu as de la chance Jack ! conclut
Landry en souriant.
-C’est vrai, beaucoup de chance.
-Qu’allez vous faire maintenant Jack ? demanda la voix de
Daniel.
Elle en était sûre, il allait
repartir pour Washington, elle ne le reverrait plus. Son cœur se serra. Quand
cela finirait-il un jour ? tous ces espoirs sans cesse déçus, et cette
douleur permanente au cœur qui la rongeait jour après jour. Elle n’en pouvait
plus. Elle ne se réjouissait pas de son retour comme elle l’aurait dû. Quelque
chose s’était cassé en elle. Touts ces espoirs déçus et ces attentes vaines
l’avaient usée. Elle n’arrivait pas à se réjouir de le voir dans la base, ici,
près d’elle. Non, elle savait qu’il allait repartir dès qu’il serait guéri, et
cela détruisait tout. Elle avait un peu honte d’elle… de son attitude… de son
égoïsme.
Elle avait vaguement entendu O’Neill
répondre à Daniel que son devoir l’attendait, là bas… elle ne voulait même pas
y penser.
-Qu’en pensez-vous colonel ?
Elle sursauta, le général
Landry venait de lui poser une question et elle n’avait rien suivi du briefing.
-Carter !
La voix de Jack la saisit en
plein cœur, il n’y avait que lui pour prononcer son nom de cette façon, d’une
manière à la fois douce et ferme.
Elle surprit le regard entre
Jack et Landry.
Mon dieu, elle n’avait rien
écouté !
-Je vous demandais colonel si vous pouviez nous donner un éclaircissement
sur la destruction de la porte de Minera.
Le professionnalisme de Sam
reprenant le dessus, elle se lança dans une longue explication sur la
conjugaison des deux forces en présence, à savoir une bombe au naquadrium lancée
par le Goa’uld Gwydion et un violent séisme.
-C’est vrai que le Goa’uld a dû se servir en premier dans
les mines de naquadrium ajouta Cameron.
-Marouk s’est bien gardé de nous en parler, ajouta Daniel.
-Carter, pensez vous que le séisme ait pu être
provoqué ?
-Je ne peux le dire avec certitude, mon général, mais c’est peu
probable.
Ils continuèrent à évoquer un
moment la cupidité habituelle des Goa’ulds et celui-ci sous une apparence
bénéfique était sans doute un des pires, une fausse bonté ajoutée à un esprit
protecteur. Piège dans lequel était tombé le naïf Marouk.
-Il y a quelque chose qui m’intrigue mon général, comment
Marouk a t-il pu faire alliance avec la Terre ? Gwydion était forcément au
courant.
-Cet exact, et je peux vous le dire maintenant. C’était un accord secret passé directement
entre le chef de l’Etat et le Goa’uld.
Le président ne tenait pas à ce que le SGC soit mis au courant.
Landry sembla offusqué par
cette révélation.
-Mais depuis quand le président agit-il seul ?
-Il souhaitait un maximum de discrétion. Le naquadrium étant
hautement instable et inutilisable tel quel, il a fallu trouver un procédé pour
le stabiliser et ce sont des recherches qu’il a commandé à un laboratoire militaire
commandé par le colonel Sverenska.
- Une russe ?
-C’est exact poursuivit O’Neill. Ce sont les meilleures
spécialistes dans ce domaine.
-C’est inouï ça et pourquoi tout ce mystère ?
-Justement parce que ce sont des russes ! Et que cela
s’est fait à l’insu du Pentagone.
-Que leur avons nous promis en échange ?
-La moitié de ce que nous récolterons.
-Evidemment cette technique a aussi été donnée au Goa’uld.
Tout cela sur le dos du naïf Marouk, s’indigna Daniel.
A cet instant un autre
phénomène insolite se produisit. Teal’c releva brusquement la tête et croisa le
regard affolé de Daniel, et celui interrogateur de Jack, tandis que Sam murmura
« mais que se passe t-il » ?
Ils étaient tous les quatre
victime d’une hallucination collective. C’était la première fois. Chacun avait
à un moment ou à un autre éprouvé cette sorte de dédoublement, d’effacement,
mais ils avaient mis ça sur le compte de la fatigue ou du manque de sommeil.
Daniel voulut se lever mais il ne pouvait plus faire un
mouvement, il était comme collé au fauteuil. Sam ouvrit la bouche pour parler
mais aucun son ne sortit de ses lèvres. Teal’c était immobile, les deux mains
posées sur la table. Le visage de Jack en face d’elle exprimait la stupeur.
Mais le plus incroyable se réalisa. Les quatre regards se fixèrent soudain sur
les silhouettes de Cameron Mitchell et du général Landry qui se dissolvaient
dans une sorte de brume, et finirent par disparaître.
Pendant quelques secondes ils
ne purent dire un seul mot tellement le phénomène étaient extraordinaire.
La voix de O’Neill réveilla
Sam de sa torpeur
-Carter !
-Mon général balbutia t-elle, je ne sais pas….
Puis ils se mirent tous à
parler en même temps, sous le coup de l’émotion.
Le bruit attira le sergent
Harriman qui entendant les voix se précipita.
-Oh mon dieu ! vous êtes là !
-Bien sûr on est là ! Où voulez vous qu’on soit !
réagit Jack au quart de tour. Mais où sont passé Mitchell et Landry ?
-Vous…vous…qui ?
je… je vais prévenir tout de suite le
gé.. général Hammond bégaya Walter.
-Hammond ! s’exclama Daniel, repris en chœur par les
trois autres.
Quelques minutes plus tard le
général Hammond arrivait au pas de course. Il avait l’air stupéfait, son visage
rond était rougi d’avoir couru et ses yeux écarquillés de stupeur.
-Je ne voulais pas le croire murmura t-il , mais dieu soit
loué, vous êtes bien là !
-Général Hammond, dit Jack , mais que faites-vous dans
la base ?
-Mais Jack, vous aviez disparu, je vous remplace.
-Vous …. Il ne parvint pas à finir sa phrase et regarda ses
amis. Tous ils offraient la même stupéfaction que lui.
-Et où sont le général Landry et le colonel Mitchell ?
-Qui ?
Le silence s’abattit sur le
petit groupe. Ce fut Sam qui reprit ses esprits la première.
-Mon général dit-elle en s’adressant à Hammond, je crois que nous avons un gros problème,
mais pour le moment je n’arrive pas à le
cerner…
-Ah oui ! nous avons un très gros problème la coupa
Jack. Vous disiez tout à l’heure, Georges que nous avions disparu , mais je
suis le seul à être restés coincés sur
Minera, SG1 est rentré à la base, il y a plus de trois semaines, de justesse
c’est vrai, mais ils sont tous revenus sains et saufs…
-Non, non, dit Hammond vous avez disparu depuis six mois,
brusquement sans laisser de traces.
-Ecoutez, c’est simple, on ne peut pas avoir raison tous les
deux, dit Jack avec brusquerie. On va consulter les rapports de mission, ce
sera le seul moyen de comprendre cette histoire.
-Walter, apportez tous les documents sur les recherches
entreprises pour retrouver SG1 et le général O’Neill.
-Oui, monsieur dit le sergent.
-En attendant ! je vous envoie tous à
l’infirmerie ! Vous me paraissez assez perturbés conclut Hammond.
Jack était si troublé par ces
événement qu’il obéit docilement.
-Carter, vous avez une idée de ce qui se passe ?
-Je réfléchis, tant que je n’aurai pas vu les rapports, je
ne veux pas m’avancer.
-Mais vous avez bien une idée ? insista Jack avec de l’espoir dans la voix.
-Oui, mais c’est si extravagant que je ne veux rien dire
pour le moment.
-Une histoire de monde parallèle ? proposa Daniel.
-Mais oui c’est sûrement ça reprit Jack, cela expliquerait
pourquoi c’est Hammond qui dirige la base.
-Mon général, attendons un peu si vous le permettez. Il faut
être très prudent. Et je ne pense pas que ce soit cela, on aurait eu des
doubles dans ce monde, hors apparemment il n’y en avait pas.
Tout en devisant ils
arrivèrent à l’infirmerie. Le général Hammond avait prévenu le personnel, qui
les attendait leur réservant un accueil chaleureux.
-Même dans un monde parallèle on n’aurait pas eu ça, murmura
Jack.
-Que se passe t-il ? demanda le docteur
Brigthman.
-Le général Hammond semble croire que nous avons besoin d’un
examen complet dit Jack.
Très vite le personnel se mit
au travail. Deux heures plus tard le médecin rendit son verdict, SG1 allait
parfaitement bien. Seul Jack présentait des séquelles physiques de ses
blessures mais tout rentrerait bientôt dans l’ordre.
Les questions se bousculaient
dans leur tête, mais le personnel infirmier avait reçu l’ordre de Hammond de ne
pas répondre à leurs questions. Celui-ci soupçonnait quelque chose de grave et
ne voulait pas que des bruits de couloir entravent la recherche de la vérité.
En sortant de l’infirmerie
ils se dirigèrent immédiatement vers la salle de briefing ainsi que leur avait
demandé Hammond.
-Bien, maintenant que je suis rassuré sur votre état de
santé nous allons pouvoir commencer.
Hammond s’était assis en haut
de la table, Jack à sa droite et Sam à sa gauche, ensuite Daniel et Tea’lc. Sg1
et son général reconstitué pour un moment.
Un même sourire sur les
lèvres de Sam et Jack, un coup d’œil entre eux, ils s’étaient compris et
pensaient la même chose.
Ils commencèrent à étudier en
silence les rapports.
Ils passèrent rapidement sur
les visites des planètes, les missions de routine.
Sam s’attarda sur les schémas
des surcharges de la porte, tous les phénomènes inexpliqués qui avaient pu se
produire depuis quelques mois.
-Il n’y a aucun rapport de Cameron ? constata Daniel.
Regard interrogateur de Hammond.
-Cela fait plusieurs fois que vous évoquez ce nom. Je ne
comprends pas. Le colonel Mitchell n’a jamais rejoint le programme porte des
étoiles. Le général Landry n’ont plus. Ils sont tous les deux en Iraq.
-Quoi !
-Mais, il y a trois heures à peine nous étions tous autour de cette table…
-Oui surenchérit Daniel ; le général Landry était à
votre place, J’étais entre Jack et Teal’c et en face il y avait Sam et Cameron.
-Oui, et d’un coup pppfff ! plus rien, ils ont disparu,
ajouta Jack avec un geste de la main.
Hammond ne savait plus quoi
penser. Devant lui, le rapport de la visite médicale disant que l’équipe était
en pleine possession de ses capacités mentales.
Il prit à son tour la parole.
Expliquant que le 13 avril SG1 et le général O’Neill commandant de la base
avaient disparu. Il parla longuement des recherches entreprises. Il refit tout
le récit des événements ayant suivi leur disparition.
Ils ne pipèrent mot pas durant tout le récit se
jetant par moment des regards stupéfaits.
-Le 13 avril réfléchit Daniel, mais c’est le jour où j’ai
reçu toute la collection de Catherine Langsford !
-Comment pouvez vu en être sûr ?
-Catherine a été enterrée le 11 et j’ai reçu ses affaires le
surlendemain.
-Et alors, où voulez vous ne venir ?
-J’essaie simplement de raccorder les évènements entre eux.
Comme nous n’avons aucun rapport de mission sur ce que nous avons fait, il me
faut reconstituer la chronologie.
En se faisant aider de
Tea’lc, Sam et Jack il entreprit un long récit où se mêlait la planète Minera
et son naquadrium, les Prêcheurs et les Ori, Gwydion, Marouk et le tremblement
de terre, leur retour précipité et la disparition du général O’Neill.
Hammond l’interrompait
parfois pour approfondir certains points. Se profila devant ses yeux une tout
autre réalité que celle qu’il avait vécu, en remplaçant Jack à son poste et en
dirigeant la base depuis 6 mois.
-Cette fois-ci c’est clair Sam, nous étions dans une
dimension parallèle.
-Il y a quelques chose qui me chiffonne dit-elle. Où sont
nos doubles ?
-Apparemment il n’y en avait pas.
-En effet, nous avons disparu d’un monde pour entrer dans un
autre. Et cela ne s’était jamais produit. Et tout a commencé le 13 avril. Il
faut que nous réfléchissions à ce que nous avons fait ce jour là, dans les
moindres détails. Il y a quelque chose qui nous échappe et je sens que c’est
essentiel.
-La journée a été longue dit Hammond, il est plus de minuit.
Je propose que chacun prenne un repos bien mérité et nous nous reverrons
demain. Cependant il y a un petit problème, vos quartiers… ont été déménagés et
sont occupés par d’autres personnes.
-C’est naturel dit O’Neill.
-J’espère que j’ai toujours mon appartement s’inquiéta
Daniel.
-Non docteur Jackson. Bien que nous n ‘ayons eu aucune
preuve de votre mort il a bien fallu régler certains détails, comme le problème
causé par votre appartement. Votre propriétaire réclamait vos loyers en retard.
-Mais mes affaires ?
-Elles sont ici rassurez-vous. Nous les avons stockés soigneusement
dans une salle du 6ème niveau.
Le soupir de soulagement de
Daniel fut perceptible.
-Merci mon général.
-Je suppose dit Sam que la maison du général O’Neill et la
mienne n’ont pas changé ?
-Naturellement puisqu’elles vous appartiennent. Il y aura
peut être juste un peu de poussière ajouta Hammond avec un sourire.
-Bon la question est réglée pour ce soir, nous allons tous
chez moi, dans cette grand maison vide, il y a suffisamment de chambres d’amis,
conclut Jack.
Maison de Jack.
Ils entrèrent en silence,
tandis que Jack faisait le tour du propriétaire, Sam, Daniel et Teal’c
s’assirent dans le salon. Contrairement à ce qu’avait dit le général Hammond,
la maison était propre. Visiblement le ménage était fait régulièrement.
-Vous avez vu mon général, il n’y a pas un grain de
poussière !
-Oui, je crois qu’Hammond n’a jamais cru à notre mort, il a
toujours pensé que nous reviendrions chez nous.
-C’est bien de lui ça !
-Bon en attendant il reste quelques bières dans le frigo,
deux ou trois conserves ! ça vous tente ?
Ils improvisèrent une petite
dînette arrosée de bière brune. Ils mangèrent en silence et Jack se renfonça
dans le fauteuil
-Carter ?
-Je réfléchissais à ce qui nous est arrivé, mon général.
-Vous avez une idée ?
-Il faudrait que nous nous rappelions en détail ce que nous
avons fait le 13 avril. D’après le général Hammond, nous avons disparu dans la
soirée. Mais il ne peut pas situer l’heure exacte.
-Pour moi ce n’est pas difficile, je n’ai pas quitté mon
bureau et j’ai passé ma journée et une partie de la nuit à ranger les objets
que m’avait légué Catherine, commença Daniel.
-Nous sommes restés longtemps avec Teal’c pour l’aider. Je
me souviens qu’il y en avait jusqu’au plafond et nous avons passé au moins tout
l’après midi à trier des centaines de statuettes et de tablettes. Et vous mon
général ?
-Je suis resté au bureau une partie de la journée, j’ai
passé de nombreux coups de fils, en ai reçu quelques uns, et lu plusieurs
rapports d’un ennui ! Ensuite je vous ai rejoins dans le bureau de Daniel.
Il devait être 19 heures 30.
-Cela ne nous aide pas beaucoup.
-Si si, je me souviens d’un détail, nous avons eu une coupure
du système d’alimentation. Mais c’est revenu au bout de quelques secondes.
-Je n’arrive pas à me souvenir si on faisait quelque chose
de particulier à ce moment là dit Teal’c.
-Moi non plus dit Daniel. Je devais sûrement entrain de
ranger des objets. A la fin de la journée j’avais presque fini.
-Demain à la base, je verrai cette histoire de coupure, il
doit y avoir des traces quelque part, dit Sam.
-Et si on allait dormir maintenant dit Jack en baillant.
Vous savez où se trouvent les chambres d’amis. Il doit y avoir des draps dans
l’armoire. Servez vous. Bonne nuit !
Base de Cheyenne Moutain.
A 9 h 30 tout le monde était déjà au travail à la base.
Tandis que Sam travaillait sur la journée du 13 avril, O’Neill et Hammond étaient
enfermés dans le bureau. Jack devait reprendre son poste et Hammond le mit au
courant dans les moindres détails des dossiers en cours.
Daniel avait fermé la porte de
son labo pour mieux réfléchir. Quelquefois il avait besoin d’être seul pour
faire le point. Il fouilla dans les documents et les photos qu’il avait prises
le jour de leur disparition.
Tous les objets légués par
Catherine avait été répertoriés et photographiés. Il était impossible pour lui
de tout garder ici et le plus gros des articles avait été entreposé avec ses affaires
personnelles au niveau 6.
La pièce était rangée
différemment. Mais Daniel trouva très vite les documents dont il avait besoin.
Il passa très rapidement sur une liasse de photos montrant des artéfacts connus
ou ne présentant pas de mystère archéologique. Il mit de côté une dizaine de
documents susceptibles de lui apporter de nouvelles informations.
Sam pendant ce temps
travaillait avec Siler sur les fluctuations de la porte le jour de leur
disparition.
-J’avais fait voir ces courbes au général Hammond, mais
j’étais incapable de lui expliquer ce que c’était, expliqua Siler.
-Parce que vous n’aviez pas tous les éléments en main. Notre
disparition ne paraissait pas avoir un lien avec ces courbes, or je suis sûre
qu’il y en a un répondit Sam.
Il examinèrent un moment en
silence les données de la porte durant la journée du 13 avril.
-Là, regardez la chute de la courbe, ici montra Sam en
pointant un doigt sur le tracé.
-Oui, cela correspond à la coupure de courant que nous avons
eu.
-C’est exact, et si mes souvenirs sont bons la coupure n’a
pas duré plus d’une minute. Montrez moi
les secondes qui ont suivi le rétablissement du courant.
Siler cliqua sur quelques
liens et deux tracés apparurent très nettement pendant une trentaine de secondes.
-C’est à ce moment là que nous avons disparu.
-Comment pouvez vous en être sûre ?
-Ces fluctuations n’appartiennent pas à la porte, elles
viennent d’autre chose.
-D’un des objets qu’avait reçus le docteur Jackson, peut
être ?
Une leur apparut dans les
yeux de la jeune femme.
-C’est tout à fait possible, en effet.
-Mais vous disiez que les fluctuations étaient d’une autre
nature.
-Je pense que nous avons eu affaire à un dédoublement de
notre monde.
-Un monde parallèle ?
-Je ne peux pas le dire avec certitude, mais c’est quelque
chose d’approchant.
Bureau de Daniel
Aidé de Teal’c, le jeune
archéologue passa plusieurs heures, à travailler sur les photographies. De la
dizaine qu’il avait sélectionnée il n’en retint que deux.
Sam lui avait fait part des
conclusions au sujet de la coupure de courant, celle-ci s’était produite à 18 h
17 ce 13 avril. Fort de cette information il avait fait des recoupements. Ce
matin aidé de ses amis il avait trié et classé une foule d’objets, et selon son
habitude il les avait photographiés immédiatement.
-Je suis sûr que je manipulais un de ses deux objets puisque
l’heure de la prise des clichés correspond.
Teal’c avait en main les deux
photographies. Sur l’une on voyait une tablette que Daniel avait répertoriée comme
étant de la 3ème dynastie, et sur l’autre un objet de forme allongée d’origine
inconnue.
La traduction de la tablette
ne donna aucune indication, ce n’était que le récit d’une bataille menée par le
pharaon. Un texte historique important mais qui n’apportait aucune explication
aux événements étranges.
-Il faut se concentrer sur cet objet dit Teal’c en le
regardant avec attention. Avez vous d’autres photos Daniel Jackson ?
-En général je photographie les objets sur toutes les
coutures, je vais regarder.
Dans son ordinateur, Daniel
retrouva une quinzaine de clichés de l’artéfact. Sur une des faces, un texte
gravé lui sembla des plus intéressant. Avec Teal’c il se plongea dans la
traduction.
Salle de briefing.
-Mon général, je crois que nous avons trouvé dit Sam sans
même attendre qu’O’Neill ait prit place.
-Je suis impatient de connaître le fin mot de cette histoire
dit-il en s’asseyant.
-Tout a commencé le 13 avril à 18 h 17. Le système a reçu
une surcharge qui a coupé le courant quelques instants. C’est à ce moment là
que nous sommes passés dans un autre monde.
-Un monde parallèle ?
-Non, en fait il s’agit d’un monde qui s’est créé à partir
de ce point précis, dit elle en montrant les diagrammes.
-Expliquez vous ! dit le général qui sentait venir avec
désespoir des explications scientifiques qui allaient lui donner la migraine.
-Daniel c’est à vous dit Sam.
Le jeune homme fit circuler
les photos sur lesquelles ils travaillaient depuis leur retour.
-Vous souvenez-vous de cet objet ?
O’Neill soupira :
-Il y en avait des centaines dans votre bureau Daniel,
comment voulez vous qu’on se rappelle d’un en particulier ?
Daniel continua sans
s’occuper de l’interruption de Jack, il avait l’habitude.
-Je tenais cet objet entre les mains lorsque a eu lieu la
surcharge. Comme vous pouvez le constater sur les photos, il y a un texte qui
n’apparaît pas à l’œil nu. J’ai donc fait un agrandissement de la photo
d’origine, dit-il en leur faisant passer d’autres clichés.
Jack commençait à
s’impatienter
-Et si vous en veniez au fait ?
-Ce texte est un dérivé de l’Ancien mais grâce à mes
connaissances de cette langue et l’aide de Teal’c j’ai ….
Un coup d’œil furieux de Jack
l’interrompit dans son élan.
-D’accord, j’abrège dit-il
avec regret. Cet objet était un dispositif des anciens destiné à créer un nouvel univers. C’était une sorte
de prison.
O’Neill les sourcils froncés
se tourna vers son second.
-Carter ?
-C’est exact mon général, en touchant cet appareil à un
endroit bien précis, le point le plus foncé ici sur la photo, on pouvait créer
un nouvel univers.
Lorsque nous avons reçu le
flux de données d’Atlantis, il y avait un descriptif de cet objet et une sorte
de mode d’emploi mais nous ne savions pas que le docteur Langford allait en
donner un à Daniel.
-Pourquoi parlez vous de prison ?
-parce que les Anciens était un peuple pacifiste et qu’ils
ne concevaient pas d’enfermer les gens dans des prisons, alors il savaient
fabriqué ce dispositif qui permettait de créer un nouvel univers dans lequel
ils envoyaient leurs criminels. Une manière pour eux de s’en débarrasser d’une
façon pas trop inhumaine. Naturellement c’était une punition radicale et
définitive, il n’y avait aucun retour possible. La personne démarrait à l’instant
même une nouvelle vie sans même s’en rendre compte.
-Une chose que je ne comprends pas dit O’Neill, Daniel
aurait du être le seul à disparaître ! pourquoi nous ?
-Sans doute parce que nous étions dans la même pièce au
moment où Daniel a touché l’artéfact. L’énergie nous a englobé tous les quatre.
Normalement cela n’aurait pas du se faire.
L’appareil est sans doute défectueux ce qui nous a permis de revenir.
-On l’a échappé belle dans ce cas, conclut O’Neill.
Le général O’Neill garda le silence un moment et se tournant
vers Sam.
-Dites moi Carter, mais tout ce que nous avons vécu depuis
cet incident…
-Cela ne nous concerne plus mon général …
-Mais.. pourtant cela était vrai !
-Bien sûr tout à fait vrai ! Ce monde continue sans
nous, cela ne nous concerne plus.
-Tant mieux, ces Ori étaient terrifiants.
Quartiers de Sam quelques
jours plus tard.
Sa situation n’avait guère
changé depuis le retour dans leur réalité. Bien sûr le général O’Neill n’était
pas à Washington, mais à la base. Le rapprochement n’était que géographique.
Pas une seule fois elle n’avait pu échanger quelques mots avec lui. Plusieurs
fois elle s’était avancée jusqu’à sa porte, sur le point de frapper, mais elle
avait reculé. A quoi bon ? Le cœur serrée elle avait renoncé.
Ce soir signait la fin de leur
aventure. Les rapports étaient faits. Elle venait de rendre le sien qui serait
ajouté à la longue liste confidentielle de tous les comptes-rendus de missions.
Demain serait un nouveau
jour, avec Teal’c et Daniel elle devait partir en exploration de P9N765, un
planète d’un lointain système solaire susceptible de posséder du naquadah. Elle
soupira.
Incapable de trouver le
sommeil, elle retourna dans son labo terminer une expérience. Le travail lui
avait toujours réussi. Au bout de plusieurs heures de travail, elle retraversa
la base silencieuse, et gagnant ses quartiers, elle se coucha et trouva
rapidement le sommeil.
Quelques semaines plus tard
-Demain
matin à 10 heures réunion de tout le personnel dans la salle d’embarquement,
jeta O’Neill.
Ce fut de cette façon qu’il
termina le débriefing ce jour là.
Sam, étonnée du ton abrupt de
son chef voulut intervenir :
-Mon général…
-Plus tard Carter l’interrompit-il.
Il disparut dans son bureau
en refermant aussitôt la porte. Daniel regarda ses amis d’un air surpris.
-C’est très rare les réunions en salle d’embarquement,
dit-il. C’est réservé aux cérémonies habituellement, et…
Sam perplexe, ne l’écoutait
pas. Elle ne savait plus que penser. O’Neill était distant depuis le retour
dans leur réalité. Ils ne s’étaient pas dits trois mots, et ce mutisme
inquiétait Sam. Elle était loin leur connivence d’autrefois. Déjà Sam lui
cherchait des excuses. Sans doute l’épreuve qu’il vient de traverser, les
blessures qu’il avait eu, sa crainte de ne pouvoir rentrer.
Tous ces évènements les
avaient perturbés. Elle-même avait du mal à reprendre le fil de sa vie
d’autrefois. Sans cesse elle revivait son angoisse de l’avoir perdu quand la
porte de Minera avait été détruite. Elle aurait aimé qu’il leur parle, leur
explique ce qui n’allait pas, car visiblement il y avait un gros problème. Elle
le voyait à travers la vitre, les sourcils froncés, au téléphone écoutant son interlocuteur.
A regret elle quitta la
pièce. Comme à l’habitude son labo serait son refuge où elle pourrait oublier
pour un temps ses soucis en se plongeant dans des travaux qui lui prenaient son
corps et son âme.
Elle revit Daniel et Teal’c à
l’heure du repas. Ils se perdaient en spéculation. Daniel à son habitude
envisageait toutes les possibilités. Personne ne répondant à ses propos il
finit par se taire et le dîner s’acheva dans le silence.
Sam essaya de voir le général
ce soir là, mais il avait quitté la base lui apprit Harriman. Elle hésita à
l’appeler, fit le numéro puis au dernier moment raccrocha. Finalement elle
termina sa soirée dans la salle de sport où elle s’épuisa de longues heures aux
haltères et au putching ball. Cela évacua un peu de sa tension.
Le lendemain elle se dirigea
vers la salle d’embarquement. Tout le personnel était là sur plusieurs rangs.
Sur la rampe il n’y avait pas d’estrades, rien qui n’indiqua une cérémonie
officielle. Le silence se fit et Sam ordonna le garde à vous.
O’Neill et Hammond venaient
de pénétrer dans la salle. Ils avaient revêtu tous les deux leur grand
uniforme, la poitrine bardée de décorations.
Hammond monta sur la rampe
pour voir l’ensemble de l’assistance. Puis il commença un discours où il loua
les qualités de O’Neill et il le remercia pour tout le travail accompli au
cours de ces mois passés à la tête du SGC. Il retraça sa carrière exemplaire et
conclut par ces mots :
-Je regretterai beaucoup votre départ mais je comprends
parfaitement votre décision.
L’assemblée resta muette de
stupeur. Le cœur de Sam fit un bond dans sa poitrine. IL partait, sans le lui
dire, sans doute pour aller à Washington comme dans la ligne du temps qu’il
venaient de vivre. Le président avait dû faire appel à lui. La colère gronda en elle, il ne l’avait même
pas prévenue.
C’est dans un brouillard qu’elle
entendit O’Neill parler de retraite, de quitter l’armée. Les mots se frayaient
un passage difficilement jusqu’à sa conscience tellement elle était
bouleversée. Elle ne retint que ces mots : « « retraite »,
« salle » « 14 heures » « accueil » « nouveau
commandant ». Non il ne partait pas pour la capitale fédérale mais pour se
retirer. Dans ce cas pourquoi n’en avoir parler à personne ? Même pas à
elle, ni a SG1…
Les commentaires allaient bon
train, le général O’Neill prenait sa retraite, c’était la stupéfaction. O’Neill
était un chef apprécié de tous, la, plupart des personnes présentes étaient là
depuis le début du projet et O’Neill avait su se les attacher, par son charisme
et ses compétences.
Sam sortit de la salle sans parler à personne. Elle avait
besoin d’être seule pour digérer la nouvelle.
Elle passa les heures
suivantes au fond de son labo, mais sans pouvoir réfléchir un seul instant à
autre chose qu’à la nouvelle de son départ.
Les minutes s’égrenaient
lentement. Finalement
Une haute silhouette en civil
s’avança. Le regard de Sam se brouilla. LUI ! Elle entendit à peine
Hammond prononcer les mots d’accueil.
-Je
vous présente le nouveau commandant de la base : Monsieur Jack O’Neill.
Jack était souriant, toute
tension semblait avoir disparu de ses épaules. Son regard accrocha celui de
Sam. Il ne la lâchait pas des yeux pendant qu’il s’exprimait brièvement.
Un joyeux brouhaha envahit bientôt la salle d’embarquement. Elle
s’éloigna un moment, profitant de ce qu’il était accaparé. Ses pas la
conduisirent tout naturellement vers son labo, dont elle ferma la porte.
Elle ne savait plus que
penser. Il avait démissionné de l’armée, quel gâchis ! une si belle carrière écourtée d’une manière
aussi radicale. Il avait quitté l’armée ! Pour elle ? Certainement
pas. Ils s’étaient éloignés l’un de l’autre depuis si longtemps, à se demander
s’il y avait encore une amitié entre eux. Elle repensa au moment intense qu’ils
avaient vécu il y avait de ça plus de cinq ans. D’un commun accord ils avaient
décidé de ne jamais en reparler. Leurs carrières respectives empêchaient tout
rapprochement.
« Mais maintenant,
pourquoi a t-il fait ça, sans m’en parler ? ». Elle hésitait entre
la colère et la joie. Tout était possible, et son regard dans la salle
d’embarquement l’avait transpercée, lui faisant battre le cœur douloureusement
et l’obligeant à sortir, au bord du malaise.
Elle n’entendit pas cogner
contre le battant. Il était là devant elle, en civil sa veste à la main, elle,
assise à sa table, comme il y a deux ans, lors de cette entrevue où elle lui avait
montré la bague, reçue de Pete.
-Deux sous pour vos pensées, belle dame ?
Elle le fixait sans pouvoir
articuler un seul mot, la bouche sèche et la gorge serrée. Il l’avait fait pour
elle, elle en était sûre maintenant.
-Pourquoi ne nous avez vous rien dit ?
elle insista sur le nous, ne
voulant pas donner d’emblée un tour trop personnel à la conversation.
-Parce que ce n’était pas gagné du tout. Depuis notre retour
je ne pense qu’à ça, mais le président refusait. Il avait tout un tas de bonnes
raisons. Finalement j’ai du accepter de rester à la base. Il refusait ma
retraite. Mais quitter l’armée paraissait un compromis acceptable.
-Mais …
Il la coupa :
-Carter, ne me dites pas que vous ne comprenez pas pourquoi
j’ai voulu quitter l’armée.
-Votre carrière…
-J’étais général, c’est déjà pas mal. Qu’est ce que cela
m’aurait donné d’avoir une étoile de plus ?
-Un meilleur salaire peut être ? dit-elle avec
malicieusement.
Il hocha la tête et se
rapprocha d’elle, toujours assise à sa table.
-Je l’ai fait pour vous Carter, pour nous…J’ai compris
beaucoup de choses au cours de cette année durant laquelle j’ai dirigé cette
base, autant sur le plan professionnel que personnel. Et j’en suis arrivé à la
conclusion qu’aucune faveur, aucun poste, ne valait que l’on sacrifiât sa vie
personnelle.
Il avait changé, ce qu’il
avait vécu durant les quelques mois de leur « autre vie », lui avait
prendre conscience de l’essentiel. Coincé par la destruction de la porte de
Minera, il n’avait pu supporter l’idée qu’il ne la reverrait peut être jamais.
Maintenant debout devant
elle, il le lui disait, plus par son regard que par des mots, car il avait
toujours été avare de paroles. C’était un langage qu’elle comprenait
parfaitement. Pour la première fois depuis bien longtemps elle se laissa aller,
quelques larmes coulèrent sur ses joues qu’il essuya de son pouce, et il la
prit tendrement dans ses bras.
FIN