Il dégoupille les grenades comme les farces et attrapes et craque les allumettes en souriant, avec un petit air de ne pas y toucher. Mais on comprend vite qu'il se cache une tendresse pudique sous le feu des calembours. Prevel ne badine pas avec l'humour.
Dominique Prevel
   Le masque figé et la parole acidulée, certains chanteurs jouent les clowns tristes. Dominique Prevel fait l'inverse. Il nous plante es couteaux avec l'air débonnaire du bouffon jovial et il s'amuse de tout parce que tout est sérieux. Il faut se méfier des rigolos, ils blaguent, ils nous poussent du coude et finissent par nous tirer une larme quand on s'y attend le moins. Prevel n'est pourtant pas un pitre, pas plus un fantaisiste, encore moins un déconneur, c'est simplement un chanteur. Un drôle de type qui a décidé un jour d'écrire quelques rimes pour nous dérider, de se regarder dans le miroir et de nous le retourner en pleine face....
Il est toujours délicat de citer des références qui pourraient réduire le propos d'un artiste mais s'il fallait se prêter au jeu des filiations, on penserait évidemment à Trenet pour la fraîcheur poétique, à Ricet Barrier pour la bonne humeur acide, à Mireille pour la légèreté profonde, ou aux Frères Jacques pour la vivacité scénique... 
Noël Balen - Chorus

   Ceux qui ont fait l'effort d'assister au concert donné vendredi soir dans une Tannerie étouffante comme un sauna, en ont été bien récompensés. Accompagné du guitariste Patrice Jania, tout en finesse pour esquisser les contours sonores des tableaux chantés, Dominique Prevel a fait montre de son indéniable aisance scénique.
   L'artiste venu faire le deuil de ses anciennes ritournelles, en attendant de présenter prochainement sa nouvelle récolte, se livre en effet avec beaucoup de naturel dans un récital à son image, simple et sans artifice, qui reflète une personnalité des plus attachantes. Kermesse de jolis mots troussés avec un don inné pour le détail qui tue, l'inventaire à la Prevel énumère l'air de rien une succession d'émotions allant du rire aux larmes, du comique de situation aux tranches de vie teintées d'une émouvante nostalgie. Une causticité faussement innocente "puisqu'il nous faut bien rire", qui passe en revue nos petites méchancetés, délibérées ou gaffeuses, comme notre propension à la démagogie facile.
   On savait le personnage fine plume, mais on a pu jubiler à le retrouver aussi juste dans l'exercice de la scène, très proche du comédien dans des histoires truculentes tenant du sketch de music-Hall, gestes, mimiques et parodies vocales à l'appui (Renaud, Bruel, la vieille dame ou l'enfant...). Drôle assurément, mais pas que. Car Prevel sait tout autant dépeindre des souvenirs d'enfance passée à la campagne et ses 'je m'souviens" nous plongent dans la ruralité de cette France d'hier en nous picotant le cœur. Dans un cas comme dans l'autre, pas de jeux de mots gratuits ni d'exercice poétique tarabiscoté. Juste la rigueur qui sied à tramer une évidence, à planter une proximité lumineuse. Tout le charme d'un auteur-interprète sincère et fidèle  qu'on a déjà hâte de retrouver bientôt, mais avec du tout neuf cette fois.
Michel Clavel

Des extraits sonores ici :

Retour Place des Artistes
Une autre soirée ?

Logo de l'Automne Musical

Contact : Dominique Prevel Tél : 04.74.24.40.24
Maison des Sociétés    Bd Joliot Curie    01000 Bourg-en-Bresse
E-mail :
dominique.prevel@club-internet.fr