sommaire années 60-70

Effervescence, enthousiasme, exagération, échecs… Nous reprendrons souvent, sans le savoir, des chemins ouverts par nos aînés de ces années devenues mythiques. Peut-être vaudrait-il mieux retenir les leçons et entamer une évolution plus tranquille avant que des événements de plus en plus prévisibles ne provoquent une implosion bien plus destructive.

Ce dossier n’avait pas la prétention d’être exhaustif. Il aurait fallu plusieurs ouvrages. Pas plus qu’il n’a voulu porter un jugement quelconque sur les "événements", les idées, les propositions émises alors ou les expériences tentées.

Nous avons surtout voulu tenter de montrer le "bouillonnement" qui a régné alors, bouillonnement dont on retrouve des traces aujourd’hui. Pendant ce fameux "Mois de Mai", parmi la totalité des enseignants en grève et quotidiennement dans les écoles, il n’en est pas un qui n’ait, à un moment ou à un autre, émis ou accepté une idée dont il s’étonnait lui-même. Ceci entre 2 manifs ou parties de pétanque, emporté par on ne sait quel courant magique. La "mayonnaise" est bien vite retombée. Mais on peut comprendre pourquoi :

On l’a vu, comme toute "Révolution", 68 n’est pas arrivé comme un cheveu sur la soupe. Tout ce qui s’était déjà passé dans les années 20, 30, la décennie précédente, avaient contribué à ce que se forge une nouvelle pensée. Et comme dans toute révolution, on a voulu (tout au moins certains) passer instantanément à une nouvelle ère, radicaliser la pensée (gauchisme), pousser les expériences au paroxysme (déscolarisation totale, communautés…) sans se rendre compte que l’environnement, les comportements, la réalité immédiate.. eux ne se transforment pas par un coup de baguette magique.

Pourtant toutes les idées, toutes les expériences n’ont pas disparu. Certaines ont démontré que l’utopie était possible, d’autres sont à l’origine de ce que l’on peut vivre aujourd’hui. D’autres enfin pourraient nous aider à sortir de l’impasse. Il est anormal par exemple que les penseurs de l’époque (ROGERS, ILLICH, BETTELHEIM, COOPER, LAING, GENTIS…) n’apparaissent pas dans les études des futurs enseignants, que des expériences, parfois "officielles" (tiers-temps pédagogiques, maths modernes …) semblent n’avoir jamais existé. Il est incroyable que les mouvements pédagogiques et leurs créateurs soient toujours bannis des IUFM alors qu’ils ne sont plus réellement subversifs et qu’ils font par ailleurs l’objet de nombreux travaux d’universitaires.

Nous allons dans ces colonnes poursuivre notre tentative d’évolution tranquille. Nous reprendrons, souvent sans le savoir, les chemins de nos aînés. Si l’on ne gardait que l’enthousiasme et la générosité de ces années, nous pourrions peut-être faire avancer les choses !

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