sommaire années 60-70

Ils ont osé !

Le refus de l’inspection

A partir de 1977 fut menée une action étonnante et totalement en marge des syndicats (sauf en certaines régions du SGEN-CFDT et de la partie Ecole Emancipée de l’ex SNI) : Le refus de l’Inspection.Arguant du caractère néfaste pour l’ensemble du système éducatif de l’Inspection, en lutte contre le pouvoir des "petits chefs" ne reposant sur aucune compétence le justifiant, protestant contre la notation dont le seul effet est l’allégeance à l’autorité et l’immobilisme pédagogique, une "bande" d’instits se déclarèrent "en refus d’Inspection" !

Le point fort de cette action se situe aux alentours de 78, 79. Un collectif s’était créé. Le mouvement fut particulièrement fort en Bretagne. Les participants à cette action déclaraient tout simplement à leur inspecteur qu’ils refusaient l’inspection. Action totalement illégale puisque l’inspection fait partie des devoirs de la Fonction Publique.

L’administration fait le gros dos

Que croyez-vous qu’il se passât ? Rien ! Rien de très grave pour les contestataires en tout cas, aucun, à notre connaissance, ne fut viré de l’Education Nationale. Une circulaire ministérielle de 79 enjoignit les IDEN (Inspecteur Départementaux de l’Education Nationale) à se rendre systématiquement chez les "refuseurs" pour… constater leur refus. Quelques-uns reçurent un blâme, sanction disciplinaire la plus bénigne après l’avertissement et eurent, soit un zéro comme note pédagogique, soit la mention "sans note pédagogique" dans leur dossier. La seule sanction indirecte étant que sans note pédagogique, pas de possibilité de "promotion au choix", donc avancement à "l’ancienneté" seulement, position défavorable dans les demandes de mutation, postes de directeurs, conseillers, psychologues,… barrés par l’avis de l’Inspecteur. Bien sûr beaucoup subirent toutes les petites brimades et pressions possibles dans leurs rapports incontournables avec l’administration, mais tous ont pu continuer à exercer, à l’ancienneté, le métier d’instit.

Quelques irréductibles

C’est le temps qui fit étioler un mouvement qui ne s’étendit jamais au-delà d’une minorité qualifiée de "gauchisante". Les syndicats, en dehors du SGEN, se gardant bien de s’investir dans une action qui remettait en cause la hiérarchie, les échelles… Ils se contentaient de demander et d’obtenir une espèce de grille de notation plus ou moins uni formatrice (un débutant correct devait avoir 12, un vieux chevronné, proche de la retraite, devait être taxé d’un 18). Grille qui est d’ailleurs seulement tacite et souvent ignorée par l’ensemble de la corporation.La vie, les contraintes familiales, les nécessités de changement professionnels, l’ignorance même qu’un tel mouvement existe, ont réduit peu à peu le collectif à une peau de chagrin. Mais il existe toujours quelques irréductibles, comme par hasard Bretons !

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