sommaire années 60-70

Dans cet extrait d'article paru dans " Des enfants et des Hommes " (1975) Pierre SELOSSE n'est pas tende vis à vis des écoles parallèles. Dans ce texte apparaît ce qui a été une constante de cette mouvance radicale : l'objectif politique permanent de préparer des enfants à devenir de... futurs militants pour faire la société... que ne sont pas arrivé à faire leurs parents. L'utopie éducative semble répondre d'abord aux fantasmes et frustrations du monde adulte et est plutôt une utopie politique

(...) En l'absence d'une remise en cause socio-politique, l'école nouvelle est une initiative récupérée parce que récupérable dès son origine. La suprême récompense n'est-elle pas l'agrément et le contrat avec ]'État ?

Faire mieux que l'école tout en s'y référant. C'est le contraire de l'invention.

(...) Si l'initiative n'est pas la résultante de l'analyse socio-polique, si l'école parallèle ne s'inscrit pas dans un processus plus vaste où les parents eux-mêmes sont engagés individuellement ou en groupe en tant que militants, l'alternative n'est qu'un objet de plus destiné à la consommation. On peut être snob, se croire de gauche et offrir à ses enfants un morceau d'existence entre parenthèses.

(...) Pour éviter le piège de la productivité obsessionnelle, certains croient faire de la contre-culture en refusant l'idée d'enseignement et de savoir formel. Les équipes d'éducation marginale feraient bien de répondre avant tout à cette question fondamentale: - La notion d'acquisition culturelle est-elle compatible avec la contestation de l'école? En ce qui me concerne, le savoir est un outil de révolution. Il faut un minimum de formation pour vivre dans une société que nous n'avons pas encore transformée. La mutation passe par l'analyse critique et s'en réfère donc obligatoirement aux connaissances préalablement acquises.

L'école parallèle semble aussi trop souvent oublier que le face-à-face entre l'individu et la réalité matérialiste est l'échéance inéluctable de l'enfance.

L'ESSENTIEL RÉSIDE DANS l'ÉTUDE CRITIQUE PERMANENTE DU SAVOIR QUE l'ON EST EN TRAIN D'ACQUÉRIR ET DANS SES PERSPECTIVES l'UTILISATION.

Les écoles sauvages - Luc Bernard éd Stock

Luc BERNARD a réalisé lui une des rares enquêtes pour tenter de voir ce qui se passait réellement dans ces écoles sauvages, saisir cette réalité complexe. Il a observé ainsi 13 écoles ou collectifs "sauvages" en 1974. Voici un extrait de son avant-propos:

"Ce sont des familles plutôt aisées, d'un milieu culturel dominant, de gauche, d'extrème gauche, des catholiques (de gauche ou pas), des humanistes - curieux mélange - qui demandent des dérogations pour mettre leurs fils, leurs filles dans des classes freinet, dans des établissements expérimentaux, ou, quand ils vont plus loin dans leurs analyses, déscolarisent leurs enfants, organisent des alternatives à l'école.

Oh ! les écoles parallèles, sauvages, obliques, ne permettent pas de résoudre les inégalités sociales. En aucun cas elles sont un instrument de l'égalisation des chances dans le système, pas plus que que l'école publique. Au contraire, elles favorisent certains enfants, ceux dont les parents s'occupent, ceux des bourgeois (le critère n'est pas forcément l'argent mais le niveau culturel).

Eparpillées, une à une elles risquent de devenir une réserve de gosses issus de milieux aisés. Elles sont pourtant porteuses d'espoir : elles remettent en cause, dès maintenant, l'organisation même de notre vie"

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