Aux chiottes les programmes

 

 Au cours d'une rencontre ouverte parents-enseignants qui réunissaient  vendredi dernier 7 parents et  4 enseignants sur un groupe scolaire de 200 enfants, un père se réjouissait de l'accueil que son enfant d'à peine 3 ans avait reçu, bien que n'étant pas encore "propre".

 

Il disait son soucis de le voir si "en retard" et espérait que l'école soit un lieu de contrainte indirecte grâce aux autres enfants qui, se moquant de son fils, toucheraient son amour ... propre et l'amènerait à atteindre le Graal du pot.

Des échanges bienveillants suivirent pour dire la nécessité du désir, la liberté d'être et d'agir, conditions indispensables aux apprentissages chez un enfant si jeune.

La démonstration fut faite que la contrainte, celle qu'imagine les parents, n'atteint jamais (ou presque) son but.

Il apparaissait évident pour la plupart des participants que la mécanisation des intentions restait vaine devant un enfant qui agit le monde et qui ne s'en laisse rien compter.

Chacun y allait de son témoignage.

Quoi de plus heureux qu'un moment où un sentiment est aussi simplement partagé.

Au fond, il semble si naturel de laisser un enfant accéder librement à la découverte et au contrôle de soi...si petit.

 

Et puis ... pipi, caca ça se voit, ça se sent, ça s'impose comme une contrainte, comme un « c’est comme ça et pas autrement » quand on est parent. 

Et puis ... la nature exige un apprentissage naturel, sinon elle pourrait se retourner contre le plus vaniteux des éducateurs.

 2 ans et demi, c'est le stade (allez les bleus) du "non".

 

Et puis ... c'est la socialisation à haut rendement.

  

Je fus alors saisi par une évidence : l'enfant qui apprend à être propre, ça se voit. Donc on fait et on accompagne selon les différentes capacités de chacun.

Les écarts entre enfants sont considérables quand on compare les âges d'acquisition de la propreté.

"Ben oui ! et alors ?...tout le monde sait ça !"

 

Être propre n'est pas naturel au sens ou ça n'est pas une activité réflexe ou liée à un état de maturation.

Il faut une médiation.

Ça s'apprend.

C'est un savoir.

Et hop, dans l'arbre de connaissance. 

 

Et plus tard ?

Les savoirs seraient-ils d'une autre nature ?

Les enfants seraient-ils d’une autre nature ?

Le médiateur devient aveugle des écarts existant entre les enfants.

 

Je me suis pris à imaginer que l'école serait différente si chaque compétence qu'un enfant se doit d'acquérir au cours de sa vie était une condition pour ne plus exprimer, par son corps, de façon incontrôlée, de matière liquide ou solide nauséabonde et à fort potentiel contaminant.

 

Au pays de Pasteur les moutons sont rois.