Un enfant ne se trompe jamais
Un enfant ne se trompe jamais.
Un enfant ne fait jamais n’importe quoi.
Un enfant n’est jamais paresseux.
Jamais un enfant ne fait rien.
Jamais un enfant n’apprend rien.
Un enfant n’est jamais en échec scolaire.
Un enfant n’est jamais en retard dans ses apprentissages.
Une enfant fait ce qui lui semble le plus juste. Puis l’expérience et son analyse de la situation, ses impressions, lui permettent de mesurer la pertinence de ses actes et de ses choix. Ses choix et leurs ajustements ne se trouveront pas modifiés par l’objectivité de l’analyse mais par une certaine estime de soi qui viendra renforcer ses certitudes.
Car le meilleur choix c’est celui que nous, enfants comme adultes, sommes en capacité d’envisager ici et maintenant. Nous ne pouvons pas faire autre chose que ce que nous sommes capable de faire. Quand nous pensons avoir mal agit, nous pensons mal dans la mesure où nous n’aurions pas pu agir autrement, sinon nous en aurions décidé autrement. Au mieux, c’est une expérience au service de l’avenir.
Par conséquent il ne peut y avoir de regrets.
Il ne peut y avoir échec, retard, paresse, n’importe quoi, erreur. Il ne peut y avoir « rien ».
Que faire alors en classe ? Laisser faire ? Enseignant payé à ne rien faire ?
Une confusion fréquente dans les esprits communs, c’est de croire et de laisser croire que dans nos classes, il y aurait du laisser faire, quand ça n’est pas du laisser aller.
Au sens propre, c’est en effet, en le laissant faire que l’enfant va comprendre le monde.
Qui accepterait qu’on lui impose une conformité du monde ?
Qui peut croire que les voies empruntées et leurs contenus pour accéder à toutes connaissances seraient uniques ? En tout cas les miennes sont singulières et ne pourront pas directement être empruntées par les enfants qui me sont confiés. Je ne peux donc pas imposer à des enfants ce qui leur serait trop étranger.
Donc, laissons faire et nos journées seront bien remplies puisque, jamais un enseignant ne fait rien !
Laisser faire c’est permettre à un enfant de faire quelque chose. Son quelque chose.
Permettre : antonyme empêcher
Empêcher un enfant de faire, c’est constater notre impuissance, notre incapacité à vouloir faire au mieux pour préférer le moins.
Un enfant qui fout le bordel, un enfant qui ne range pas correctement ses affaires, un enfant qui ne fait jamais ce qu’on souhaiterait qu’il fasse doit nous conduire à penser des changements d’organisation permettant ce qui, jusqu’alors, n’était pas autorisé.
Faire de la pédagogie Freinet, c’est permettre à l’enfant de faire ses expériences propres.
En conséquence, en pédagogie Freinet, la démarche consiste à se dire que, si ça ne marche pas, il va s’agir pour nous, avec les enfants, de trouver des solutions pour permettre que ce soit possible.
Alors pourquoi d’un enseignant à l’autre ça marche ou ça ne marche pas ?
Sur le terrain pédagogique, ce qui distingue les enseignants entre eux, ce n’est pas la pertinence des questions qu’ils se posent, mais plutôt leurs expériences propres qui s’opposent qui sont autant de réponses.
Comment permettre ?
Comment réunir les conditions de ce qui va conduire l’enfant à se le permettre ?
Accueillir, Aider, Accompagner, Arbitrer :
Accueillir, pour permettre à chaque enfant d’être disponible à l’école, à ce qui constitue son environnement.
Aider, pour permettre à chaque enfant de mener à bien ses projets qui seront le socle de ses savoirs à partir desquels il se représentera le monde.
Accompagner, pour aider chaque enfant par notre présence à se sentir rassuré et, en conséquence lui permettre d’agir librement sur son milieu.
Arbitrer, pour garantir à chaque enfant sa sécurité dans sa relation aux autres et lui permettre de faire l’expérience de la liberté c'est-à-dire de la rencontre.
Demain le soleil se lève à l’est : quand je vous dis qu’il fera beau ! (retour sommaire chronique)