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Sommes-nous PROVENCAUX ? |
Alphonse Daudet se faisait, dit-on, passer à Paris pour
Provençal. Ce qui choquait Yvan Audouard, autre conteur
de la Provence, moins connu, mais, lui, vrai Provençal.
C’est que l’auteur des "Tartarin" et des "Lettres
de mon Moulin" était né à Nîmes
! D'après Audouard , en traversant le pont qui relie Tarascon
à Beaucaire, on passe dans un autre monde, une sorte de
"terra incognita".
De même certains Parisiens ou Lyonnais de notre famille mettent quelque vanité à se prétendre Provençaux. Est-ce pour simplifier ? Ou pour participer de cette gloire du Midi qu’est la Provence? Ainsi, ma belle-mère (mais aussi cousine germaine de ma mère) Simone, née Salavert à Valréas (Vaucluse) s’était faite introniser membre de l’amicale des Provençaux de Lyon.
Bien que Parisien né à Paris, j’ai une grande partie de ma famille dans le midi, mais à cheval sur le Rhône ! C’est un terrible mélange qui va de Lyon à Marseille, comme celui de ma femme dont le prénom de Magali sent bon la Provence, mais qui est née en plein coeur de Lyon. Notre cousinage nous donne des ancêtres communs Salavert qui furent mariniers sur le Rhône, puis, à l’avènement, au XIXe siècle, des bateaux à vapeur condamnant le flottage du bois, se convertirent a son seul commerce. (N.B. Ne pas confondre les "Salavert—bois" avec les "Salavert—vin" qui sont des "estrangers"). Ils s’installèrent alors de part et d’autre du Rhône la maison de famille à Bourg-St-Andéol et le siège de l’entreprise et les dépôts à Pierrelatte, puis des succursales plus au sud, Valréas, etc... L’osmose était telle que ma grand’mère maternelle, Marthe (née Salavert), naquit à Bourg-St-Andéol et fut déclarée à Pierrelatte, ou le contraire de l’autre côté du fleuve, ni dans le même département, ni dans la même province. Mais Audouard aurait pu dire ni l’Ardèche, ni le Dauphiné n’ont jamais fait partie de la Provence. Quant au Comtat Venaissin (ou Vaucluse), la Provence ne l’a jamais compris jusqu’à l’institution des Régions à la fin du XXe siècle. Autre détail hétérogène les (illustres?) fondateur de notre famille méridionale, Jean-François Polliard et Lucie de Débonnaire étaient tous deux originaires de Paris (bien que Lucie soit née à la Martinique) et ne doivent de s’être rencontrés en Avignon qu’aux aléas de la Révolution. Oserai-je ajouter qu’Agnès, la mère de Lucie, quitta Avignon pour Nîmes où elle mourut centenaire? Décidément, nous sommes de drôles de Provençaux !
Jean-Paul Arsac