Exprimez-vous sur le blog de Gaétan Solo ou en écrivant à gaetan.solo@orange.fr
L'histoire des Instituteurs secrétaires de mairie (SMI)
Les instituteurs
secrétaires de mairie ont été
constamment au service de l'éducation et des
communes.
Ces hussards noirs de la République
ont tenu un rôle discret mais primordial
depuis le dix-huitième siècle.
Les S.M.I. (secrétaires de mairie instituteurs)
Ce "jeune maître dévoué" acceptait le plus souvent la fonction de secrétaire de mairie. Cette fonction complémentaire, à elle seule un emploi à temps plein, ajoutait au traitement principal d'instituteur une rétribution bien peu attrayante en regard du décuplement d'activité qu'elle engendrait. L'instituteur s'impliquait dans cette fonction par dévouement à une cause qui porte une majuscule : l'École. Par École, il faut entendre l'École publique laïque. C'est la laïcité qui donnait à l'École une majuscule, à l'engagement civique du S.M.I. un sens.
«Je ne veux pas redire ce qui a déjà été dit par des voix plus autorisées, que les S.M.I. sont les meilleurs défenseurs de l'École. Je tiens à souligner que dans cette fonction municipale, les S.M.I. n'oublient pas qu'ils sont d'abord des maîtres d'école. Et si dans leur travail municipal ils ont acquis l'estime des populations rurales, ils s'attachent à reporter, à canaliser sur l'École, l'influence qu'ils ont pu acquérir à juste titre.» Ainsi s'exprime au nom du secrétaire général du S.N.I., Aigueperse, un militant nommé Boyer dans son allocution au congrès des S.M.I. en 1947. Et de qualifier le secrétariat de mairie de "bastion de l'École laïque". L'image parle d'elle même. Idéal fédérateur, la laïcité se définit par antagonisme vis-à-vis de l'école privée. L'instituteur rural se sent dans l'obligation morale de remplir la fonction de secrétaire de mairie.
«Le secrétariat de mairie est, en effet, une position stratégique où la seule présence de l'instituteur est un symbole, et où, avec du tact et de la foi, il affirme son idéal de justice et de fraternité.[...] Là où l'instituteur est secrétaire de mairie, là la République et l'École laïque ont un ardent défenseur. Là où il est absent de la mairie, elles enregistrent un recul certain.[ ..] L'objectif du Syndicat général, c'est de faire de l'école et de la mairie le pôle attractif de tout le village. Jadis, l'église était la principale maison du village ; c'était autour d'elle que se concentrait la vie morale de la population. Le Syndicat général veut que, désormais, l'école et la mairie - la mairie-école qu'il ne veut pas dissocier [...] deviennent le centre moral de l'agglomération rurale, le foyer rural où doit se concentrer la vie intellectuelle, morale et sociale de la petite collectivité.» (extrait d'un rapport adressé par le Syndicat des S.M.I. aux groupes parlementaires en 1947).
L'activité des S.M.I. pendant la Résistance, les risques qu'ils ont encourus notamment en établissant de fausses cartes d'identité ou de ravitaillement, ne laissent pas l'ombre d'un doute. L'idéal républicain de fraternité n'est pas un vain mot pour ces hommes courageux et pragmatiques, qui prennent à bras le corps les causes qui leur tiennent à cœur et ne se contentent pas de s'acquitter du rôle de secrétaire de mairie comme on expédie des formalités administratives déshumanisées. Leur métier ne peut se concevoir pour eux sans engagement dans la vie civique.
Le cas particulier de la double activité professionnelle des S.M.I., s'il est autant le fait d'une conviction idéologique que du complément de ressources qu'il leur apporte, n'entraîne pas moins des problèmes très concrets qui ont rendu nécessaire leur regroupement dans l'action syndicale. La retraite, dès 1912, après la loi sur les retraites ouvrières et paysannes de 1910, est une de leurs revendications essentielles. Ne peut-on penser qu'au même titre que la fixation de barèmes pour normaliser leur rémunération en tant que secrétaire de mairie, l'obtention du droit à percevoir une retraite correspondant à cette fonction représente, au-delà d'un complément de pension, la reconnaissance par les pouvoirs publics de leur identité professionnelle, de la légitimité de leur fonction sociale ? ( ... )
Est-ce un hasard ? Les S.M.I., dans la logique d' "une occupation accessoire" devraient se dénommer eux-mêmes instituteurs - secrétaires de mairie. Or l'accessoire est un identifiant prioritaire, semble-t-il, pour les principaux intéressés. Peut-être voulaient-ils mettre en avant ce qui les différenciait de l'ensemble des instituteurs, au sein duquel ils formaient une "famille" très soudée par la tradition de congrès-voyages particulièrement conviviaux, où espiègles choristes et "farandoleurs" s'en donnaient à cœur joie lors de soirées folkloriques mémorables.
Extrait
de L'héritage du futur _ Mireille Guillaume,
édité
par la CIEM
pour la Mutuelle Retraite de la Fonction Publique,
avril 1999
Ils ont parlé des secrétaires de mairie - instituteurs :
«Je
tiens à vous rappeler le rôle important
joué par
les secrétaires de mairie-instituteurs dans les zones
rurales.
Dans les petites communes rurales, l’instituteur, par sa
connaissance du milieu local, les rapports qu’il peut nouer
avec
les familles des élèves qui lui sont
confiés,
son rôle d’interlocuteur
privilégié avec les
différentes instances administratives, peut exercer avec
efficacité la mission de secrétaire de mairie.
Collaborateur du maire et agent de la commune, le secrétaire
de mairie est par ailleurs bien placé pour contribuer au
règlement des problèmes que peut rencontrer le
service
public d’enseignement. Le développement des
pouvoirs du
maire dans le cadre de la décentralisation,
notamment en ce qui concerne l’utilisation des locaux
scolaires,
l’utilisation de nouvelles technologies comme
l’informatique
renforce l’intérêt de voir confier
à des
instituteurs les postes de secrétaire de mairie.
Enfin, l’exercice des fonctions de secrétaire de
mairie est
un facteur de stabilité de l’instituteur dans la
commune.»
M.
P. :
Revenons à vos études. Vous allez à
l'école
du village, vous êtes une petite fille heureuse.
NN :
J'allais à l'école de Villers-en-Argonne, oui.
C'était à trois
kilomètres de la ferme de mes parents. Ma mère
nous y conduisait le
matin. De temps en temps, s'il faisait beau, on y allait en
vélo ; et à
midi on mangeait dans une famille, au village.
M. P. :
C'était un peu IIIème République,
comme école ?
NN :
Oui, elle était en face de la Mairie et l'instituteur
était secrétaire
de mairie ; il l'est toujours, d'ailleurs. De ce point de
vue-là les
choses n'ont pas beaucoup changé.
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, le 14 novembre 2005
Florentin ALZIARI _ Tourtour _ Var
Maurice BARODET _ Entre deux Monts _ Jura _
Dominique BARON _ Castelloubon _ Hautes-Pyrénées _
Jean BARTHOU _ Sarrance _ 64 _
Léopold BERNARD _ Achicourt _ Pas-de-Calais _
Gérard BIGOT _ Hendecourt-les-Ransart _ Pas-de-Calais _
Auguste BITSCH _ Sundgau _
Jean BONDOUX _ Messigny
Jules Onésime BROCHET _ Croissy-sur-Seine _ Yvelines _
Maurice BRUGNON _ Watigny
Marcel CARAYON _ Morainvilliers _ 78
Maurice COUTIN _ Peisey-Nancroy _ _
Arsène DABIN _ Pompaire _ 79 _
Jean DAUNAY _ Rumilly-les-Vaudes _ Aube _
DEPETASSE _ Prauthoy _ _
François DUCASSE _ Sarniguet _ _
FARCY _ Hangard _ _
FRASLIN _ Bouée _ Loire-Atlantique _
Michel GRASSIEN _ Coquelles _ Pas-de-Calais _
François GUILLEMOT _ Comblanchien
GUILLOT, DOUIN, BONIN, GUEY _ Châtenoy-en-Bresse _ Saône-et-Loire _
Lucien HÉZARD _ Toussus-le-Noble
Claude JACQUIER _ Pierres _ _
Lucien LALLEMENT _ Hermonville _ Marne _
Armand LEMOINE _ Avioth _ Meuse _
LESESNE _ Puiseaux
Marc LIBLIN _ Rapa Iti _ Polynésie _
MAROT _ Breuil Magné
Félix César MARTIN _ Baudinard _ _
Victor MARTIN _ Plémy _ Côtes d'Armor _
Pierre MARTYR _ Reynès _ Pyrénées orientales _
Louis MAZE_ Pontcarré _ Seine-et-Marne
MERY _ Jablines
Marius MEYER _ Hohatzenheim
Hippolyte Alfred PALVADEAU _ Les Moutiers
Antonin PERBOSC _ Comberouger _ Tarn-et-Garonne
PERROT _ Roscoff _ Finistère _
Claude PETITGENÊT _ Ventron
Frédéric PRAUD _ LAFAYE _ Grignols
Fernand PRUVOT _ Méricourt-sur-Somme _ Somme _
André ROMANET _ André ROMANET _ Salles-Arbuissonnas en Beaujolais
Marc REBEYROL _ Canéjan _ Gironde _
Yvon RÉGIN _ Chamouilley _ Haute-Marne _
André RIGOLLOT _ St Broingt-les-Fosses _ Haute-Marne _
TARLET, Thezy-Glimont _ _
Gérard THIEL _ Neunkirchen _ _
THIRION _ Ars-Laquenexy
Cyprien VALLAT _ _ Ardèche _
Joseph VIEL _ La Gouesnière _ 35 _
Jean WESTER _ Croissy _
Gérard YVON _ Saint-Agil _ Loir-et-Cher _
| Mareil-en-France | Aubertvilliers | St-Gondon, Loiret | Cunfin, Aube | Jablines , Seine-et-Marne |
| Blis-et-Born, Dordogne | LE VERSOUD | Châtenois | Niffer | St-Léger-sous-Cholet Maine-et-Loire |
Montmeyrand (1882) | Chatenoy-en-Bresse, Saône-et-Loire | Kolbsheim | Martigny-sur-l'Ante, Calvados | |
| Azoudange | Niederschaeffolsheim | Mannevillette 76 |
Le Greffier municipal : PRESSE NATIONALE : le journal du syndicat des SMI
N16 - Le Secrétaire de mairie-instituteur.
Organe de la fédération nationale des secrétaires de mairie et employés communaux-instituteurs.
Bulletin d'administration communale
1910 (?) - juillet 1914 Bimensuel, 24 cm, 20 p., 3 F.
Directeur-gérant
: Pierre Bartherote ; rédacteurs : Arbre et Dessain
Cote
BN : Jo.80627 (octobre 1913-1914)
devient : N17 - Le Greffier municipal.
Bulletin de la fédération nationale des secrétaires de mairie et employés communaux-instituteurs
en 1925 : Organe mensuel du syndicat national des secrétaires de mairie-instituteurs et employés communaux
puis en 1926 :Organe du syndicat national des secrétaires de mairie-instituteurs de France et des colonies
Siège social à Pons (Charente-Inférieure), puis à Paris
1919 (?) - avril 1940
Trimestriel puis mensuel en 1928, 25 cm, 12/64 p., 2/4 F. dans les dix premières années
Imprimerie Gaston Robert, à Pons, imprimerie de la Société parisienne d'imprimerie, à Paris,
puis imprimerie R. Bruneteaux (Laon, Soisson, Saint-Quentin)
Gérant : Gaston Robert (1920), J. André (1929), A. Dijeon (1939) ; responsable de la rédaction : Leclerc (1928), C. M. Béchu (1930)
Cote BN : Jo.72559 (mars 1920-1940)
La couverture est illustrée à partir de 1928 d'un dessin signé E. Chassenerie montrant les différents aspects de la vie de l'instituteur-secrétaire de mairie qui doit à la fois faire sa classe, enregistrer les naissances, appeler les pompiers ou le médecin.
Un numéro spécial du 25 août 1928 : Bulletin spécial de propagande donne tous les renseignements sur le syndicat et pousse à la création d'organisations départementales.
Des sites
complémentaires : Histoire de l'enseignement Lettre de Jules Ferry aux instituteurs (27 novembre 1887) (merci à Christian Debert) |