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Si Dieu est amour, pourquoi la souffrance ?
 
 
«Le cœur n'apprend que par la souffrance, et je crois que Dieu ne s'apprend que par le cœur.»
(Ernest Renan)
«Dieu murmure dans nos moments de joie, mais tonne dans nos souffrances. La souffrance est son mégaphone pour réveiller un monde engourdi.»
(Clive Staples Lewis)
 
 

Lequel d’entre nous ne s’est jamais posé cette question au cours de sa vie ? Qu’il soit chrétien plus ou moins affirmé ou en recherche spirituelle, la plupart se heurtent à la dure réalité de la souffrance humaine qu’ils vivent dans leur propre corps ou dans leur entourage. Souvent, l’aspect cruel de la condition humaine est une véritable pierre d’achoppement empêchant beaucoup de personnes de se tourner vers Dieu ou de persévérer sur le chemin de la maturité chrétienne. Aussi longtemps que tout va bien dans notre vie, il nous est facile de croire en un Dieu d’amour qui a tout fait pour nous sauver. Ne sommes-nous pas plus bénis que les autres grâce à notre appartenance à la grande famille spirituelle, cette “église invisible” comme Martin Luther l’appelait ? N’avons-nous pas un plus par rapport aux gens qui ne veulent pas saisir la main de leur Sauveur personnel ? Tout semble baigner dans le bonheur. Quant aux quelques difficultés matérielles, on arrive toujours à les surmonter tant que l’on ne se retrouve pas en survie. Mais c’est au moment où la tempête s’abat, où des épreuves de toutes sortes semblent s’acharner sur les chrétiens, que tout peut basculer. Que restera-t-il de l’assurance chrétienne ? C’est alors qu’il faudra s’accrocher aux promesses divines. Les difficultés de la vie peuvent soit nous rapprocher du Seigneur soit nous en éloigner.

La plupart des souffrances sont consécutives aux mauvais choix de l’homme. Ceux-ci ont été largement décrits dans le livre de la Genèse (Ancien Testament) tels que le doute concernant la toute-puissance de Dieu, l’orgueil, le désir de l’homme de se mettre à la place de son créateur, la recherche effrénée du pouvoir et de sa propre gloire, la convoitise, la soif de vouloir posséder toujours plus et la jalousie qui a conduit au premier meurtre de l’humanité, sentiments pervers qui se sont de plus en plus développés dans nos sociétés basées sur les valeurs matérielles et sur la compétition excessive. Quelqu’un a dit que 90% de ces souffrances sont dues à l’homme. Quand on brosse un tableau de la société actuelle, cette affirmation semble tout à fait plausible. Dans la plupart des cas, c’est bien l’homme qui est à l’origine des souffrances, celles qu’il subit lui-même ou qu’il fait subir aux autres. Tous les médias ne cessent de relater ces malheurs qui frappent souvent des innocents.

Dieu est-il responsable de la famine dans le monde ou celle-ci n’est-elle pas plutôt due à l’égoïsme des grands de ce monde qui utilisent l’argent du peuple pour acheter des armes ? Dieu est-il responsable de la mondialisation aboutissant aux licenciements massifs dans tous les secteurs de l’économie ? Il serait vraiment trop long de citer toutes les souffrances dues aux mauvais choix des hommes. Qui n’a pas été révolté en les constatant autour de lui ou même dans sa propre famille ! Mais pourquoi Dieu n’intervient-il pas pour mettre de l’ordre, pour rétablir la paix, la justice, l’amour et la joie qui seront les caractéristiques de son royaume éternel ? Et c’est à ce moment-là que beaucoup de gens brandissent le poing vers le ciel en accusant Dieu d’avoir abandonné la terre avec tout ce qui s’y trouve. Essayons de trouver les raisons de son silence... qui paraît incompréhensible.

A cet égard, le livre de Job dans l’Ancien Testament nous apporte quelques réponses au problème du Mal. Job, homme intègre et juste a dû subir les pires souffrances dépassant même notre imagination. Non seulement, il a été éprouvé atrocement dans son corps mais en plus, il fut abandonné par sa propre femme et ses amis. En général, Dieu suscite toujours dans les situations extrêmes une âme compatissante pour réconforter celui ou celle qui se trouve au bord du gouffre mais il n’en était rien pour Job, l’exemple même de la souffrance innocente et de la patience. Son histoire et sa victoire finale doivent nous faire réfléchir. De toute évidence, en ne cessant d’espérer en Dieu et en faisant preuve d’une fidélité absolue dans les bons et les plus mauvais jours, Job a fait le meilleur choix en démontrant qu’il n’obéissait pas par intérêt. Par la suite, le prophète Esaïe décrit le Sauveur à venir comme étant l’exemple parfait d’un serviteur souffrant irréprochable, obéissant à Dieu et se chargeant de nos péchés (Esaïe 53).

D’autre part, dans le silence apparent de Dieu, il faut reconnaître la liberté de choix qu’il donne à tous les hommes, liberté de choisir entre le bien et le mal, liberté de marcher avec lui ou de lui désobéir. Une notion illustrée notamment dans la parabole du fils prodigue (Luc 15.11-32). Ce dernier, contrairement au fils aîné de cette histoire, a choisi de se rebeller contre son père. Un père néanmoins compatissant qui attend patiemment que son fils rentre à la maison après que celui-ci ait touché le fond du gouffre. De même, dans son amour patient et accueillant, Dieu donne aux pécheurs - à tous ceux qui se sont égarés après avoir fait le mauvais choix - le temps de se repentir avant de leur pardonner en les acceptant finalement sans réserve dans son royaume.

Ainsi, Dieu, en donnant la liberté à ses créatures, a volontairement limité sa toute puissance au risque de les perdre ! Mais l’amour absolu de Dieu ne se limite pas à cette liberté accordée. Sachant par avance que ses créatures en feraient un triste usage les empêchant d’accéder à la vie éternelle, il a conçu avant même la fondation du monde un plan de rachat de l’humanité. La Bible nous raconte tout simplement l’histoire de cette rédemption de l’homme perdu par un Dieu Sauveur. Mystère insondable que l’apôtre Jean résume admirablement bien dans son évangile au troisième chapitre, verset 16 où nous pouvons lire que «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui mettent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle». Quel message rassurant et réconfortant de la part d’un Dieu aimant ses créatures jusqu’à sacrifier son Fils unique pour nous arracher aux griffes de l’adversaire et nous accorder la vie éternelle en sa présence ! Ainsi, il a permis que son propre Fils descende jusqu’à nous et même jusqu’à la tombe. Sa mort sur la croix, bien qu’étant innocent, a été transformée en victoire éclatante sur le mal. Sa résurrection est pour nous un gage de notre propre résurrection et de la vie éternelle. A ce propos, le pasteur suisse Roland de Pury a pu affirmer que «devant la souffrance du monde, Dieu ne reste pas les bras croisés, mais les bras en croix» !

Malgré les multiples expressions du mal affectant de plus en plus notre monde, celui qui a décidé de suivre Jésus-Christ - quel que soit son état et quoi qu’il arrive -, pourra trouver un sens à sa vie, une réponse juste à toutes ses questions existentielles et du courage dans l'épreuve. Dieu l’a promis en se servant du prophète Ezéchiel : «Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau (Ezéchiel 36.26). Il suffit donc de laisser Dieu agir en nous par son Saint-Esprit et de lui demander d’entrer dans notre vie quotidienne... même s'il peut sembler lent à intervenir.

Non, Dieu n’est pas insensible au mal sévissant sur la terre, «au contraire, il fait preuve de patience envers nous, voulant qu'aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance.» (2 Pierre 3.9). Non, Dieu n'est pas indifférent à nos épreuves, mais parfois il nous demande d’être patient à notre tour... afin que sa réponse soit encore plus éclatante. Quoi de plus simple que de saisir la main de Jésus-Christ, cette seule et unique “bouée de sauvetage”, afin d’arriver en bon port à la nouvelle terre ! A ce moment enfin, Dieu habitera avec les hommes, «essuiera toute larme de leurs yeux et la mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur (Apocalypse 21.1-4). En attendant ce jour merveilleux où la souffrance aura disparu à jamais, il nous faut mener le bon combat de la foi.


Karin Bouchot

 
 
* Pour approfondir ce sujet, nous vous invitons à lire Mieux connaître Dieu, un ouvrage récent préfacé par Mgr Jean-Charles Thomas.
 
 

Dernière mise à jour : 4-7-2009