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Elle était bien jeune, celle-ci, adorablement jeune, une figure de vingt ans. Très blonde, -couleur rare en ce coin de Bretagne où la race est brune; très blonde, avec des yeux d'un gris de lin à cils presque noirs. Ses sourcils, blonds autant que ses cheveux, étaient comme repeints au milieu d'une ligne plus rousse, plus foncée, qui donnait une expression de vigueur et de volonté. Son profil, un peu court, était très noble, le nez prolongeant la ligne du front avec une rectitude absolue, comme dans les visages grecs. Une fossette profonde, creusée sous sa lèvre inférieure, en accentuait délicieusement le rebord; -et de temps en temps, quand une pensée la préoccupait beaucoup, elle la mordait, cette lèvre, avec ses dents blanches d'en haut, ce qui faisait courir sous la peau fine des petites traînées plus rouges. Dans toute sa personne svelte, il y avait quelque chose de fier, de grave aussi un peu, qui lui venait des hardis marins d'Islande ses ancêtres. Elle avait une expression d'yeux à la fois obstinée et douce. Sa coiffe était en forme de coquille, descendait bas sur le front, s'y appliquant presque comme un bandeau, puis se relevant beaucoup des deux côtés, laissant voir d'épaisses nattes de cheveux roulées en colimaçon au-dessus des oreilles-coiffure conservée des temps très anciens et qui donne encore un air d'autrefois aux femmes paimpolaises. Pierre Loti, Pêcheur d'Islande |
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