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Alexandre Vialatte

 

 

 

Alexandre Vialatte naît en 1901 à Magnac Laval dans le Limousin. Après Toulouse et Puy-en-Velay, il s'installe avec sa famille à Ambert, au coeur de l'Auvergne. Alexandre entre au collège de la ville, où il se lie avec Henri Pourrat qui l'initie à l'amour de la grammaire.

Son rêve, c'est d'être marin. Mais après un an de préparatoire au lycée Sainte-Geneviève de Versailles, un premier accident à l'oeil le conduit à Clermont-Ferrand et vers des études de lettres et d'allemand.

Il obtient en 1921 un poste de répétiteur à Ambert, et devient collaborateur de quelques journaux. En 1922, il part à Spire travailler à la Revue rhénane. Il vit en Allemagne jusqu'en 1928, collaborant également aux Nouvelles Littéraires et à la NRF. À Mayence en 1924, il reçoit un exemplaire de La Métamorphose de Kafka. Grâce à lui et par lui, Kafka est traduit en français et découvert en France. Il traduira aussi Nietzsche, Thomas Mann et d'autres.

En 1928, il publie son premier roman, Battling le Ténébreux. En 1938, il est professeur de français au lycée franco-égyptien d'Héliopolis d'où il rapporte des chroniques savoureuses, Au coin du désert, parues à L'Époque en août 1938. Puis la guerre arrive, Vialatte est soldat en 1940. Sa jument lui crève un oeil, ce qui l'empêchera jusqu'à la fin de sa vie de bien saisir le relief des objets mais pas des choses. Prisonnier, il tente de se suicider, puis est interné pour des délires hallucinatoires à l'hôpital psychiatrique de Saint-Ylie près de Dole. Une fois sorti, en quarante jours, reprenant goût à la vie, il décrit sa guerre dans Le Fidèle Berger puis revient à ses chroniques égyptiennes en écrivant quatre articles parus à la suite dans Le Petit Dauphinois en mai et juin 1941 (regroupées dans Au coin du désert, Égypte 1938).

En 1948, il s'installe à Ambert. Il a loupé le Goncourt en 1951 avec Les Fruits du Congo, et ses romans furent des échecs commerciaux, si bien qu'il renonça à la fiction en 1952 pour se consacrer à la chronique, un exercice dans lequel il excelle. Il tiendra la chronique du quotidien La Montagne, jusqu'à sa mort en 1971. Loin des vanités, il construit une œuvre pour la postérité. De ces cimes accessibles, à la fois en retrait et en hauteur, il observera jusqu'à la fin de sa vie ce monde où, sous la bienveillance d'Allah, s'agitent ces monstres au cœur tendre qui lui ressemblent. Qui nous ressemblent.

Romancier, traducteur et journaliste, de son propre aveu « notoirement méconnu », Alexandre Vialatte (1901-1971) n'a publié de son vivant que trois romans, Battling le ténébreux (1928), Le Fidèle berger (1942) et Les Fruits du Congo (1951), un court recueil de nouvelles Badonce et les Créatures (1937), et un ouvrage sur son pays, La Basse-Auvergne (1936).

Vialatte ? L'image d'un homme bon, discret, élégant, mystérieux juste ce qu'il faut, un peu trop inquiet mais maniant l'humour en toute circonstance. Un homme qui écrit avec un oeil (infirme) et une plume dont il a le secret. Mort dans une quasi-indifférence pourtant, ce touche-à-tout reste l'un des esprits les plus brillants de sa génération.

 

Bibliographie (réduite)

Romans :

Chroniques

  • Dernières Nouvelles de l'homme. Éditions Julliard, 1978 / Pocket, 1999.
  • Et c'est ainsi qu'Allah est grand. Éditions Julliard, 1979 / Pocket, 1999.
  • L'Éléphant est irréfutable. Éditions Julliard, 1980 / Pocket, 1989.
  • Almanach des quatre saisons. Éditions Julliard, 1981.
  • Antiquité du grand chosier. Éditions Julliard, 1984 / Pocket, 1993.
  • Bananes de Königsberg. Éditions Julliard, 1985 / Pocket, 1999.
  • La Porte de Bath-Rabbin. Éditions Julliard, 1986 / Pocket, 1992.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles. Éditions Julliard, 1987 / Pocket, 1999.
  • Les Champignons du détroit de Behring. Éditions Julliard, 1989 / Pocket, 1993.
  • Chroniques des grands micmacs. Éditions Julliard, 1989 / Pocket, 1993.
  • Profitons de l'ornithorynque. Éditions Julliard, 1991.
  • Chronique des immenses possibilités. Éditions Julliard, 1993.
  • Pas de H pour Natalie. Éditions Julliard, 1995.
  • Chroniques de la montagne, 1952-1971. Éditions Robert Laffont, 2000.
  • Dires étonnants des astrologues, (chroniques extraites des Arts ménagers), Éditions Le Dilettante, 1993/2000.
  • L’Oiseau du mois, (chroniques extraites de La Montagne 1965-66), Éditions Le Dilettante, 1995.
  • Au coin du désert, Égypte 1938, (chroniques extraites de L'Époque 1938 et du Petit Dauphinois 1941), Éditions Le Dilettante, 2002.

Correspondance

  • Correspondance Alexandre Vialatte – Jean Paulhan 1921-1968. Édition établie par Denis Wetterwald, Julliard, 1997.
  • Correspondance avec Ferny Besson 1949-1971. Édition établie par Martine Renaudeau d'Arc, Plon, 1999.

Nouvelles

  • Badonce et les Créatures. Éditions Julliard, 1982 / Pocket, 1991.
  • L'Auberge de Jérusalem. Éditions Le Dilettante, 1986.
  • La Maison de M. Inhaber. Éditions Le Serpent à plumes, 1989.

 

 

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