
Geisha

Éditions J.C.
Lattès et Livre de poche.
À neuf ans,
dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue
par son père, un modeste pêcheur, à une maison
de plaisir à Kyoto. Dotée d'extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend
vite qu'il faut mettre à profit la chance qui est la sienne.
Elle se plie avec docilité à l'initiation difficile
qui en fera une vraie geisha. Elle deviendra Sayuri, l'une des geishas ou courtisanes les plus
appréciées de la ville, excellant dans l'art du
chant, de la danse et de l'amour, maîtrisant parfaitement
la science de la toilette et du thé. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs. Elle va
peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées
de la ville et triomphera des pièges que lui tend la haine
d'une rivale. Elle rencontrera finalement l'amour...
Pour les occidentaux que nous sommes, il n'est pas facile de s'imaginer à quoi pouvait ressembler le Japon des années 1930
et 1940. Écrit sous la forme de mémoires, ce récit
a la véracité d'un exceptionnel document et le souffle
d'un grand roman. Il parcourt un univers exotique où se
mêlent érotisme et perversité, cruauté
et raffinement, séduction et mystère. Tout en laissant
place à l'imagination, l’auteur facilite la perception
de cette geisha au travers des descriptions, des lieux, des vêtements,
des rituels et des personnages. On y apprend plusieurs secrets bien gardés sur la signification
des coiffures, des vêtements, des habitudes et du fonctionnement
des maisons de thé. C’est avant tout un roman certes
mais un roman instructif sur des mœurs et des croyances. Une
pure merveille, n'hésitez pas à l'acheter et conservez
le précieusement, vous aurez sûrement envie de le
relire ...
Qui
sont-elles?
Jadis,
elles avaient comme mission de divertir, en début de soirée,
des hommes qui se payaient les services d'une prostituée
par la suite. Au Japon, la prostitution a été abolie
dans les années 50. Or, les geishas n'ont pas disparu pour
autant. Aujourd'hui, elles continuent d'user de leurs charmes en toute
légalité pour gagner leur vie. Toutefois, elles
sont maintenant moins de 1000, pour la plupart réparties
à Osaka et à Kyoto, à perpétuer cette
ancienne tradition japonaise. À vrai dire, geisha signifie personne de l'art. Avant,
la geisha était une artiste japonaise qui excellait dans
le chant, la danse et la pratique du shamisen (instrument traditionnel
à trois cordes). De nos jours, la geisha commence en tant que maïko (jeune
danseuse). Elle sert à boire et à manger à
de riches hommes, elle s'assoit à leur table mais ne peut
converser avec eux. Si un client s'éprend d'une maïko
et que le désir est réciproque, il doit lui promettre
une vie de luxe. La jeune danseuse renonce alors à son
futur statut de geisha. En gros, cela signifie de renoncer à l'apprentissage intensif
de la calligraphie, de la musique, de diverses danses anciennes.
C'est renoncer à dormir sans bouger pour ne point nuire
à une coiffure compliquée (!), c'est aussi renoncer
à porter des kimonos serrés… Mais c'est surtout se détourner de la promesse d'un statut
social élevé. Oui, les geishas sont très
bien considérées au pays du soleil levant.
Pascale Arguedas