
Suzanne la pleureuse

Éditions Gallimard, collections brochée et "Folio". Traduction de l’hébreu par Rosie
Pinhas-Delpuech.
Suzanne
Rabin pleurniche, larmoie, sanglote le plus clair de son temps,
sans raison apparente. « Émotionnellement instable
» depuis la mort de son père survenue lorsqu'elle
était adolescente, elle approche de la trentaine, mais
n'arrive toujours pas à quitter sa mère et leur
petite vie dans la banlieue de Tel-Aviv. Les choses changent brutalement
lorsque son lointain cousin Naor s'installe chez les deux femmes,
séduisant chacune à sa manière et troublant
définitivement le fragile équilibre de leur existence.
De crises de larmes en moments d'angoisse, Suzanne se cherche
dans le miroir du beau Naor, puis se fait elle-même le chroniqueur
narquois de ses petits malheurs et grandes peines. Dans une succession
de scènes hilarantes, son humour grinçant fait mouche
et révèle les personnages dans toute leur humanité. Suzanne la pleureuse est aussi un roman initiatique qui
relève le défi de traiter un sujet grave — une jeune
femme enfermée dans ses difficultés existentielles
— par une irrésistible drôlerie.
Dans un premier roman réjouissant, Alona Kimhi raconte
l'éducation sentimentale d'une jeune fille névrosée
de la banlieue de Tel-Aviv. Sa vie est un territoire inoccupé
: elle sent une sorte d'Intifada intérieure la ronger comme
un cancer sauvage. Elle est fragile, méfiante, inquiète
: c'est l'État hébreu changé en corps féminin.
Mais elle rencontre l’amour. Troublée, elle décrit
son apprentissage de la vraie vie, du rire, de l’amour d’autrui
qui commence par s’aimer soi-même. Alona Kimhi a une plume simple, élégante et poétique,
et une dose d’humour indéniable. Tout comme Yael
Hedaya, elle fait partie de la nouvelle vague d’auteurs
israéliens de haut rang.
Suzanne la pleureuse a été honoré par le prix Wizo Israélien 2002.
Pascale Arguedas
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le dossier sur l'auteur.