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Champs de Castille


 

 

Éditions Gallimard, collection "Poésie", traduit de l'espagnol (Espagne) par Sylvie Léger et Bernard Sesé.

 

La gravité et le dépouillement des meilleurs poèmes de Machado ne demandent qu'à être reconnus. Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes, et suivi des Poésies de la guerre est une des rares traductions françaises d'Antonio Machado. Elle en demeure néanmoins significative du parcours du poète, superbe et redoutable, tant dans son œuvre que dans sa vie. Une poésie nourrie de passions, de souvenirs d'enfance et surtout de tragiques combats menés par une Espagne déchirée, marquée par de nombreuses défaites matérielles et morales.

Poésie empreinte d'une sagesse et d'une grande profondeur, son oeuvre interroge constamment les grands mystères de la vie humaine, dans une contemplation attentive des hommes et du monde. Langue de pèlerin, de nomade et de combattant ; langue d'errance et d'agonie parcourue de lueurs opaques.

Un poète voyageur, libre de tout bagage, livre ses interrogations, sa soif inassouvie de tenter de comprendre. Les adeptes de certitudes, les sédentaires et les gardiens de l'acquis seront désorientés par cette voix de l'exigence, attentive aux déchirures profondes, au-delà du romantisme que l'on lui prête. Authenticité d'un cri de désespoir, d'un amour perdu, d'une terre qui l'habite dans sa chair, d'une vocation du vide.

Machado ne cultive pas la poésie. Il la veut plus libre et va en payer le prix. Une âpreté soudaine dans la mélancolie, une épaisseur de sens, une densité neuve hantée par le néant, se refusent au constat de l'accord impossible. Des vers, des proverbes, des chansons, des notes, des lettres, des poèmes qui laissent l'empreinte des pas d'un grand nom sur le chemin de la poésie.

 

Lire quelques extraits.

Pascale Arguedas