"Voici
41 ans le 8 mai 45, l'écrasement de l'hitlérisme par les forces alliés
mettait fin en Europe aux terribles combats de la 2ème guerre mondiale.
L'histoire résonne maintenant des souffrances de le
poche de Dunkerque, du martyr d'Oradour sur Glane.
Plus jamais nous ne pourrons oublier l' holocauste
perpétré par les nazis à l'encontre des millions de déportés,
particulièrement des 200 000 français et des 6 millions de juifs. Il faut aussi rappeler DACHAU, BUCHENWALD,
TREBLINKA, AUSCHWITZ.
Ces camps ont vu
mourir des millions d'êtres humains au cours d'une guerre qui n'a
certainement pas eu d'égal au niveau de la barbarie et s'est soldée par
au moins 40 millions de morts, sans compter les innombrables blessés.
Le fascisme a étendu son horrible dictature,
écrasant les peuples, pillant les richesses, massacrant des millions d'êtres
humains, employant les moyens les plus barbares d'anéantissement massif.
Le monde a vécu le plus grand fléau de son histoire.
Aujourd'hui nous sommes là avant tout pour nous
souvenir et rendre hommage aux 535 000 victimes françaises dont 205 000
militaires et 182 000 déportés mais nous associons aussi à ce souvenir et à
cet hommage les 6 millions de Polonais et les victimes du Commonwealth, les
21 millions de soviétiques et ce peuple qui a su dresser une résistance
farouche à STALINGRAD et faire reculer pour la première fois les troupes
hitlériennes, les harcelant ensuite sans répit jusqu'à la prise de Berlin.
Nous nous souvenons aussi des 400 000 américains et
des 40 000 canadiens comme des 1 600 000 Yougoslaves, ce petit peuple qui a
su libérer son territoire avec son mouvement de résistance.
Oui souvenons-nous de tous ceux qui sont morts dans
ce enfer, aux quatre coins du globe, et sans oublier les victimes de
HIROSHIMA et NAGASAKI anéanties par les premières bombes atomiques de
l'histoire.
Beaucoup plus près de nous, notre commune de Camon a
payé aussi un lourd tribut au cours de ces 6 années : certains se
souviennent encore des bombardements de Mars 44, notre monument aux morts
rappelle aux passants le liste des jeunes camonois fauchés en pleine
maturité, nos rues résonnent aux noms de Roger Allou, Clovis Dehorter, Jean
Dumesges, Julia et Armand Huzieux.
Ils furent déportés tout comme Lucien Jovelin, Emile
Baheu, associés aussi en cette cérémonie du souvenir. Déportés mais aussi
résistants pour rendre au peuple et à la France sa liberté et sa dignité
pour que le monde retrouve sa dignité.
Mais au delà, cette journée du souvenir doit être
marquée par la volonté de tout faire pour que, plus jamais, l'humanité ne
connaisse une nouvelle guerre qui risquerait d'être infiniment plus
destructrice et plus meurtrière.
Nous devons tous être très vigilants. Vigilance
d'abord en France où nous connaissons avec la crise qui s'aggrave une
augmentation de la misère, du désarroi particulièrement chez les jeunes. Et
où s'affirme une remontée des thèses d'extrême droite avec le Pen.
Attention car
l'histoire nous enseigne que la crise des années 30 avait déjà produit le
fascisme.
Vigilance aussi de par le monde où des conflits
locaux ne trouvent pas leurs solutions (Liban, Afghanistan, Irak, Iran,
Afrique du Sud, Tchad, Libye, Nicaragua...
Vigilance face au terrorismes de toutes sortes, très
graves pour la démocratie et les libertés.
Mais vigilance aussi pour que les grandes puissances n'utilisent
pas le terrorisme pour vouloir être les gendarmes du monde et partant,
essayer d'empêcher l'émancipation des peuples.
Vigilance quand nous voyons la Méditerranée devenir
une mer autour de laquelle se développent les foyers de guerre.
De même, n'oublions jamais que 45 millions d'hommes,
de femmes et d'enfants meurent chaque année de faim alors que nos pays
capitalistes gâchent sans vergogne et que la course aux armements engloutit
des sommes folles. Il st insensé de croire que nos pays pourront continuer à
se développer sur la misère du Tiers Monde et du Quart Monde.
A nous d'affirmer les seuls objectifs réalistes et
raisonnables : un nouvel ordre économique mondial faisant leurs places à
tous les pays sous-développés, un désarmement progressif, contrôlé,
équilibré entre les grandes puissances.
Vive l'amitié en tous les peuples ! vive la
paix et les libertés ! vive la France.