Captain CoinCoin


Tuesday, December 16, 2003
fini de rire
Si vous les avez appréciées, vous pourrez désormais retrouver les histoires jamais entendues dans un un pub en Irlande ici. D'ailleurs, il y en a déjà une nouvelle.

Le captain quant à lui sera bientôt de retour...


Wednesday, December 10, 2003
histoires jamais entendues dans un pub en Irlande
3. la fierté de mon ami Rudy

Mon ami Rudy ne parle pas un mot d'anglais. Mon ami Rudy s'appelle en fait Rodolphe, mais Rudy c'est plus Rock'n Roll, ca va mieux avec sa coupe de cheveux héritée des groupes de hard des années 80, et c'est plus facile à prononcer lorsqu'on voyage en Irlande. Mon ami Rudy ne parle donc pas un mot d'anglais, mais alors, quand je dis pas un, c'est même moins que ça. Un jour que nous nous bourrions convenablement la gueule à la stout dans un pub d'Ennis, j'entrepris de faire découvrir à mon ami Rudy les vertus de l'Irish Mist. L'Irish Mist est une liqueur de whisky très sucrée et très alcoolisée, qui présente le double avantage d'être délicieuse et de réveiller vos neurones anesthésiés par les litres de bière comme un coup de fouet. Recette pour une soirée réussie : 4 pintes de Guinness, puis 1 verre d'Irish Mist, et recommencez. Saupoudrez de Crisps (onion flavor). Servez frais.
Autant il convient de ne jamais mettre de glace dans le whiskey (vous mettriez du sucre dans un Nuits Saint-Georges ?), autant l'Irish Mist est beaucoup trop forte pour s'en priver. Ca vous décape tout l'intérieur, vous faisant découvrir des territoires inexplorés de votre propre corps. La combustion opère quelques secondes après avoir atteint l'estomac, et le feu remonte vitesse grand V tout le conduit jusqu'au sommet. Quand votre tête rougeoit, c'est qu'il est temps... pour une Guinness.
Toujours est-il que je décidai ce soir là dans un pub d'Ennis de convertir mon ami Rudy à ce délice. Mais fait comme un Mickey, incapable d'envisager de me lever, je laissai à mon ami Rudy toutes les instructions nécessaires pour que ce soit lui qui aille chercher notre liqueur. Je mis sur la table la somme exacte pour deux verres de Mist afin qu'il n'ait ni à comprendre le prix, ni à compter la monnaie, et le fis répéter plusieurs fois les seuls mots utiles à notre entreprise : "two Irish Mist please" (on remarquera que pour faciliter la diction, j'éludai un 's' pluriel qui ne devait pas gêner la compréhension par le barman). Et voilà mon ami Rudy qui s'entraine devant moi : "tou aïriche miste plize, tou aïriche miste plize, tou aïriche..." Fin prêt, il se lève, esquisse un signe de croix avant de se souvenir qu'il est athée, et je suis son cheminement vaguement bancal jusqu'au bar (j'ai toujours pensé que les pubs étaient des bateaux qui levaient l'ancre à 3 stouts et demi tapantes, quittant le quai pour des destinations incertaines, sans que l'on s'en rende même compte). De dos, je le vis remuer la tête au rythme de la phrase, et je devinai toute sa concentration pour prononcer son "tou aïriche miste plize !" Mais j'explosai littéralement de rire en voyant le serveur, face à mon ami Rudy ainsi qu'à moi, les yeux happés par les efforts de son client, bouger les lèvres pour lâcher un "What ??" désolé. Je l'imaginais de ma place, la tête de mon ami Rudy : dépitée, désespérée, contenant sa rage d'avoir fait tous ces efforts pour rien. Il se retourna et me vit hilare.
C'est à ce moment précis que se produisit un phénomène qui aujourd'hui encore me fascine et me tétanise. Au milieu du pub dormait un chien, un bâtard jaune et longiligne, alongé sur le flanc, les quatre pattes tendues. Alors que mon ami Rudy se tournait vers moi avec un SOS dans les yeux, je vis le chien se lever lentement, lever la truffe vers le barman, celui-ci glisser un oeil vers l'animal, l'un à l'autre accrocher leur regard dans une seconde suspendue, puis, dans un mouvement parfaitement symétrique, le chien se recoucher dans la même position, et le barman considérer mon ami Rudy en répondant "Oh ! Two Irish Mists ! Sure Sir"...
J'ignore encore quelle tacite communication liait les deux esprits, celui de l'animal assoupi et celui du barman, j'ignore quel dialogue silencieux ils se sont tenus pendant cet instant fugace et définitif. J'ignore si cette vision m'a fait dessaouler d'un coup ou si au contraire elle m'a plongé dans un état irrémédiable. J'ignore enfin si je n'ai pas rêvé tout ça du fond d'un ethylisme auquel j'étais alors encore peu habitué. Ce que je sais en revanche, c'est la fierté de mon ami Rudy, revenant à notre table un verre ambré à chaque main.



Monday, December 08, 2003
histoires jamais entendues dans un pub en Irlande
2. Un curieux Leperchaun

Qu'est-ce que je jouais déjà ? Je sais plus. Une ballade irlandaise, Kitty Magennis peut-être. Peu importe. Quand je joue, de toute façon je joue tellement mal que tous les morceaux se ressemblent. Ca aurait aussi bien pu être la long road to Tipperary. A Galway, c'est ce qui est bien : vous pouvez vous mettre n'importe où dans le centre ville, de préférence dans la zone piétonne pour pas être géné par le bruit de la circulation. Vous vérifiez bien que vous n'embêtez personne, qu'aucun autre musicien n'a investi les lieux à moins de 30 mètres, et vous pouvez faire toute la musique que vous voulez pour grapiller une poignée de pièces avant d'aller la dépenser dans un pub. Le mouvement permanent : vous jouez, vous buvez, vous rejouez pour reboire. Parfois si vous avez de la chance, et si vous jouez potablement, on vous invite pour un gig. Au chaud, nourri, bière gratuite. Voilà à quoi je pensais en jouant Molly McCall (je crois bien que c'était Molly MacCall, ou alors Drimen Duff, je sais plus). Quand soudain, eh bien soudain, entre le deuxième refrain et le troisième couplet, eh bien soudain, alors qu'une averse dispersait les badauds et noyait le billet que j'avais mis dans le flight case de ma guitare pour amadouer et faire genre y a des types, messieurs dames, ils sont prêts à claquer un billet pour m'entendre jouer, alors soudain, eh bien, en fait, rien. La maigre foule qui m'écoutait par hasard avait rejoint ses pénates ou le pub, j'avais à peine eu le temps de les voir filer à la protestante, ses ingrats, tant j'étais occupé à regarder le manche de ma guitare pourrie pour ne pas louper les accords de Feachan Gleash (ou de Molly ? rha, comment se souvenir des accords si déjà j'oublie les titres), en proie au rythme hypnotique des grelons sur le pavé, enfin j'essayais de me faire mon trip vu que personne ne semblait vouloir le faire avec moi. Et là, je lève la tête, et l'événement le plus insignifiant de mon existence (que j'ai d'abord cru) m'a sauté aux yeux : il y avait un type, là en face de moi, nullement géné par la pluie, son chapeau un peu grand dégoulinant. Bon. Un type qui me regarde jouer. Sous la pluie. En Irlande. Bon. Je finis mon interprétation de The Colleen Rhu (ou bien... rha bref), j'essuie mes lunettes, et je regarde le type : il ne met pas la moindre pièce dans mon flight case. Quand je vous disais qu'il n'y avait rien d'exceptionnel. Sauf que là, après que le type ait pas mis sa pièce, j'ai remarqué son étrange sourire. il a souri au moment même où la pluie s'est arrêtée. Une averse de plus est une averse de moins, proverbe non-irlandais à méditer. Autre proverbe non-irlandais, mais qui aurait aussi pu l'être : J'ai soif. Bref. La pluie s'arrête et le type me sourit. Il me sourit bien deux bonnes minutes, comme ça, sans bouger. Et la pluie s'arrête bien deux bonnes minutes aussi. Et là, le type s'approche de moi. Dans la rue déserte, il n'y avait personne (avec des images pareilles je devrais écrire des chansons). Il s'approche de moi, me prend la guitare pourrie des mains, passe la sangle autour de son cou, et alors... Jamais je n'ai entendu un truc pareil. Le type a joué quelque chose d'incroyable, d'irréel et d'éternel, un truc jamais entendu nulle part mais existant depuis la nuit des temps. Un morceau qui avait toujours été là mais que personne n'avait jamais écouté. Dingue. C'était irlandais, manouche et arabe, c'était mélodieux et rythmique, c'était classique et nouveau, c'était rythmé et lent à la fois. Le type jouait avec une telle virtualité que j'avais l'impression que c'était facile, sauf que jamais, je le savais, jamais je n'aurais pu le refaire, jamais jamais jamais, et je défie n'importe qui de jouer ça. Et un son, un son ! plus cristallin que la harpe, plus résonnant que le meilleur bois, plus émouvant qu'un fiddle, plus pur que le tintement d'un verre de Black Bush, tout ça avec ma pauvre guitare ! J'en étais bouche et yeux bés. Et tout doucement, pendant que le type jouait ce morceau incroyable, un arc-en-ciel a lentement traversé le ciel de Galway. Aussi beau, simple et majestueux que le morceau du type au chapeau trop grand. Et personne n'était là pour l'entendre, et personne n'était là pour voir l'arc-en-ciel éclore. Je me suis dit : ce type, il ne faut pas que je le lâche une seule seconde, il va m'apprendre à jouer de la guitare, et je vais devenir riche, riche ! Je me voyais déjà prenant des bains de Jameson dans les piscines des hôtels de luxe, et pourquoi pas à Cong. Je me voyais fumer des cigares au tabac tellement rare que chaque cigare était unique. Je me voyais roulant en Ferrari, je me voyais refaire tout le réseau routier irlandais rien que pour pouvoir rouler dans ma Ferrari neuve ! Alors le type a arrêté de jouer, il m'a rendu ma guitare. Il n'avait pas prononcé un mot. Toujours souriant, il a ricané un peu à mon intention et m'a rendu la guitare plus si pourrie. J'ai quitté le type des yeux pour regarder l'instrument. Rien pourtant ne semblait différent. Quand j'ai relevé la tête pour demander au type au chapeau trop grand de m'apprendre à jouer, il avait disparu.


Friday, December 05, 2003
histoires jamais entendues dans un pub en Irlande
1. Josephine

C’est pas que j’aime pas les moucherons. Me faites pas dire ce que j’ai pas dit. J’en ai connu de très sympas. Disons qu’en général on vit en paix eux et moi, chacun de son côté, personne n’emmerde personne. C’est juste que quand j’en vois un collé dans ma Guinness, je sais pas, ça rendrait malade n’importe qui, n’importe quel type à peu près évolué pour savoir qu’on ne gâche pas une Guinness bien brassée, tout moucheron qu’on soit. Et l’autre là, il est là, englué dans la mousse, une bonne mousse ! souple, soyeuse, une belle crinière couleur de crème à peine entamée. Je sais pas vous, mais moi j’en ai écumé des pubs avant d’en trouver un correct, un où le serveur sache servir la Guinness. Parce que ça suffit pas de remplir le verre aux trois quarts et de le laisser poireauter deux, trois minutes, le temps de servir un autre guy ou de vendre des chips à trois donzelles. Ou pire : de discuter le coup avec son pote, sans faire attention à la stout qui mûrit en silence. Combien j’en ai repris, moi, des saligots qui se chatouillaient pendant que ma bière se morfondait, toute seule, sur le bar ? Ca s’observe, une Guinness, ça se scrute, ça s’écoute ! Ca se manipule avec soin, enfin ! Tout se perd, même les paires de baffes. Alors quand Jimmy m’en brasse une, y a pas : hors de question qu’on me la gâche. Saloperie d’insecte. Qui n’aurait pas pesté ? Qui n’aurait pas pousser un juron en voyant la tâche de viande noire flottant dans sa mousse ? Alors fallait pas s’étonner. " Salope ! " j’ai gueulé. Pas fort, même pas. Mais voilà, l’autre, ça lui a pas plu. Il était peinard, assis sur son tabouret, la tête dans sa rousse tellement qu’on savait plus si il l’embrassait où si il lui dormait dessus. Bref. Le voilà qui se retourne, qui me toise, comme ça, avec ses grands airs, et qu’il me dit " Oh la ! Faut pas parler comme ça à un moucheron ! " Je l’avais déjà vu le gars, traîner dans deux trois pubs, toujours tout seul, toujours à moitié fait toujours entre deux eaux, enfin, deux alcools. On s’était jamais parlé avant. Je sais pas ce qui lui a pris. Un coup de chaud, peut-être. Ou peut-être qu’il supporte pas les rousses. Allez savoir. Bref. Le voilà qui me regarde, moi j’étais tellement blousé qu’un type me dise " on parle pas comme ça à un moucheron " que j’en ai eu la mâchoire qui pendait. Alors lui il penche la tête vers ma mousse, et quoi ? le voilà qui roule des yeux ! " Oh merde ! Joséphine ! " qu’il dit.
- Quoi ? j’ai fait.
Mais le gars a continué à se pencher sur mon verre, crachant ses postillons dedans, comme si un moucheron suffisait pas !
- Joséphine ! il a continué. Oh Jo’ tu m’entends ?
- Mais elle peut pas t’entendre ! j’ai continué. Elle a les portugaises enmoussées ! T’as déjà vu quelqu’un entendre quelque chose avec la tête dans de la mousse de Guinness ?
Le type se tourne vers moi, eh ben, comme si c’était la première fois qu’il me voyait dites donc. Ah ça !
- Joséphine ! Oh oh ! Joséphine ! Sors de là maintenant !
Là, y a trois gamines qui se radinent. " Eh monsieur ! vous la connaissez ? Vous connaissez ce moucheron ? c’est le vôtre ? Comment vous le savez qu’il s’appelle Joséphine ? "
Le gars se tourne vers elle, l’œil outré.
- Je connais énormément de moucherons, moi. J’ai passé des années à les recenser. Ils sont comme nous : tous pareils, et tous différents ! Joséphine, je la connais bien, c’est une diva, une reine ! Elle adore les bains de mousse. Comme je vous dis !
- Quoi ? je fais. Tu veux dire que ta starlette elle se paie une cure de jouvence dans ma bibine ? Mais oh ! Tu lis ce qu’est écrit là ? (et je lui montre du doigt la harpe dorée et le mot dessous, au type) G.U.I.N.N.E.S.S., y a pas marqué thalasso ! Alors tu lui dis de déguerpir ou je te l’avale, ni une ni deux.
- Eh monsieur, reprennent les trois poulettes. Elle est connue ? Elle a joué dans quoi ?
- Aaaaah Joséphine, Joséphine Joséphine Joséphine… Aaaaah… "
Et le voilà qui fait des grands gestes avec le bras, qui choppe sa choppe, qui nous arrose de la rousse, qui fait les yeux doux au plancher, qui fait des Aaah et qui fait des petits bruits de succion vraiment limites. " Aaaah Joséphine… " Et hop ! un autre moucheron passe devant ses yeux, et le type s’agite dans tous les sens : " Oh Benny ! Oh c’est moi Benny ! Oh ! " Et c’est parti, il te suit le moucheron à travers le pub, et que je te " Oh Benny ! Comment va, Benny ? ", balançant de la mousse par terre…N’empêche : les minettes ricanent, l’autre fou parle à son moucheron, et moi, l’air de rien, ffffuitttt ! je nous ai sifflé la starlette que personne n’en a rien vu. J’avais jamais gobé de starlette. De ma vie, jamais. Eh ben ça n’a aucun goût. Pfff je vous jure.




Thursday, November 20, 2003
--=°<-vous allez croire que ça m'amuse. la vérité est que oui

Nina Myers Vs. Teri Bauer

Dans la boue, tant qu'on y est.



Tuesday, November 18, 2003
--=°<= le match du jour

"Dirty" Harry Callahan Vs. Jack "CTU" Bauer

Combat en 15 rounds, tous les coups sont permis, j'attends vos pronostics.




Tuesday, October 21, 2003
--=°<-never get old
Ou alors, vieillir comme Bowie.