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L’importance et la complexité du domaine abordé font que nous n’avons pas la prétention de " traiter " le sujet, mais seulement d’accumuler des informations et de dessiner des pistes de réflexions. 250 - Vue d’ensemble des phénomènes paranormaux 250-10 - Qu’est ce que le paranormal ? - Le paranormal se rapporte aux phénomènes qui semblent outrepasser les limites du possible, les limites du " normal " d’après la culture occidentale technologique qui est la nôtre. Il y a un certain nombre de faits inexpliqués que cette culture estime devoir écarter, les considérant sans intérêt parce que ne pouvant pas être étudiés suivant les critères scientifiquement classiques. Or l’objet de toute démarche scientifique est d’accroître notre compréhension de l’Univers. Le domaine considéré comme " surnaturel " doit donc être abordé et étudié avec un regard neuf ; comme le dit Y. Lignon " il n’y a rien d’inexplicable, il n’y a que de l’encore-inexpliqué ". - Quels sont ces phénomènes paranormaux ? Ils sont de natures très diverses puisqu’ils correspondent à des domaines aussi variés que manifestations corporelles (lévitation, marche sur le feu,...), manifestations d’états de conscience modifiés (expériences à la limite de la mort, précognition et prédictions...), manifestations thérapeutiques (guérisons, miracles, hypnoses...).... Il apparaît d’emblée une grande variété de phénomènes, ce qui doit correspondre probablement à des mécanismes très différents. Nous verrons que certaines hypothèses émises rejoignent les conceptions actuelles de la microphysique sur la constitution de la matière et sur la structure de l’Univers, ou qu’elles impliquent l’existence possible d’entités extraterrestres. - La parapsychologie est une branche du paranormal. C’est l’étude de certaines facultés de l’être humain, peut-être même aussi de l’être vivant. Elle concerne plus spécialement la psychocinèse PK qui est l’action de l’esprit sur la matière, et la perception extrasensorielle ESP qui est la possibilité d’acquérir des informations sans utiliser ses cinq sens. C’est dans cette branche que l’étude scientifique est la plus avancée : les travaux de J.B. Rhine et son équipe sur la psychocinèse à l’aide des statistiques ont commencé dès 1927; 250-11 - Croyances, magie et paranormal - La Magie Beaucoup d’humains, à toutes les époques et dans toutes les civilisations, ont cru à la magie, c’est-à-dire à la possibilité d’établir avec l’Univers qui nous entoure des relations de communication et d’échanges. Dans cette conception magique, il y a la croyance aux esprits (forces puissantes extérieures à l’homme), aux miracles (qui ne sont pas alors un " désordre " mais un ordre " autre ", obtenu par un sacrifice délibéré du demandeur), à la communication avec les morts... L’évolution de la vie, son déroulement, ne sont pas considérés comme des " accidents ", mais comme étant dirigés par des forces intelligentes qui poursuivent un but, qui ont une intention. Il n’y a pas de hasard. Le hasard n’existant pas, les humains peuvent espérer infléchir leur destin par des prières ou par des pratiques rituelles. La conception magique du monde repose donc sur la reconnaissance que l’homme a peu de pouvoirs dans l’Univers, qu’il existe d’autres " forces-Etres " plus intelligents et plus puissants, que le recours humain à ces Etres peut accroître nos pouvoirs, donc agir sur notre destin, que notre existence s’inscrivant dans un ordre cosmique, y trouve son sens même s’il nous est difficile de le connaître et donc à fortiori de le comprendre. - Cette conception magique se retrouve encore en survivance dans notre civilisation technique actuelle. Malgré les aspects irrationnels de ces croyances (irrationnelles d’après les critères scientifiques classiques), celles-ci sont si vives et si permanentes dans le temps et dans l’espace qu’elles doivent correspondre à une réalité caractéristique de la structure mentale humaine. Les sources de ces croyances sont probablement à rechercher dans l’inconscient collectif où se trouvent les schémes fondamentaux de notre psychisme. - La prière est un acte magique La prière est à cet égard une véritable opération magique : c’est un appel, aussi vrai et désintéressé que possible (c’est le " je crois, mais augmente ma foi "...), à une Entité supérieure, donc à des pouvoirs surhumains difficilement accessibles, afin d’obtenir une " grâce " un résultat terrestre matériel ou non. Y-a-t’il mise en action d’un processus psychique de transfert d’énergie ou y-a-t’il existence affective d’Entités extérieures capables d’être reliées à nous, de nous être attentives ? Ou y-a-t’il conjugaison de ces deux processus, ou d’autres ? Il n’est pas possible de répondre avec certitude, mais on peut essayer d’apporter des éléments d’appréciation. - Transfert de psychisme Nous commençons à savoir maintenant que les techniques magiques opèrent par transfert de psychisme. Incantations, prières, offrandes... vont permettre de concentrer l’énergie psychique du demandeur, en le transformant au bénéfice d’un autre, ce qui peut " réaliser un miracle ". Mais le rituel magique peut aussi servir à concentrer cette énergie dans un support matériel (objet, figurine...) afin qu’il y ait transfert - réel ou supposé - dans une autre réalité parallèle et retour sur la personne destinataire en bénédiction ou en malédiction (suivant qu’on pratique la " magie blanche " ou la magie noire "). L’aspect psychique est bien sûr mis en évidence par le rôle essentiel du verbe, des incantations... et du rituel... qui prédisposent mentalement les participants à l’accomplissement de la demande. C’est l’être humain qui est générateur d’énergie, agissant sur le processus de façon plus ou moins consciente. On peut émettre l’hypothèse suivante : la pensée formulée par le verbe, renforcée par la répétition des incantations, déclenche une impulsion énergétique qui va rejoindre une autre réalité : il y a transfert " énergie-matière ", l’énergie émise, perdue par le demandeur et le mage, reçue par un " autre monde ", sera compensée par une action matérielle en retour (avantage matériel, guérison, miracle...). Le demandeur " paie " toujours ce qu’il obtient pour les autres (ainsi la " vertu " perdue par Jésus en contrepartie de la guérison de la femme atteinte de pertes hémorragiques...). Ce thème est général, on le retrouve avec Phoenix, Prométhée, Quetzalcoatl, Ymir le dieu germanique,... ou Jésus ou Krishna... - Une tradition ésotérique admet que la qualité positive ou négative de nos émissions psychiques influe sur l’ensemble de la communauté humaine, et donc sur l’Univers (c’est la " communion des saints " du christianisme). Peut-on admettre que les énergies négatives émises puissent passer dans une autre dimension, un " Autre Monde ", y être utilisées et nous revenir en retour sous forme de déchets psychiques négatifs, sources de catastrophes pour nous et pour l’humanité ? Toutes les traditions établissent une relation entre la détérioration psychique de l’humanité à certaines périodes et la venue de catastrophes cosmiques, comme s’il y avait un karma à l’échelle planétaire et non seulement individuel. - Indiquons enfin que les essais de Rhine ont montré que la perception extrasensorielle ESP existait en chacun de nous, mais qu’elle s’exprimait de façon variable, plus ou moins facilement suivant les individus et les moments : âge, profil psychologique, états affectifs interférent, voire même les régimes alimentaires... Il ne s’agit donc pas d’une propriété exceptionnelle ou " anormale ". - Y-a-t’il existence d’entités extérieures ? Cette autre base de la magie est une croyance traditionnelle qui se retrouve dans les religions,... mais avec des variantes parfois sensibles. La croyance en un " Autre Monde ", parallèle au nôtre, peut se limiter en une foi en un Dieu soit extérieur soit intérieur au cosmos, créateur et animateur de notre Univers ou en plusieurs dieux se partageant le monde. Elle peut aussi admettre un autre Univers peuplé d’esprits errants, aux propriétés différentes, allant des " élémentaux " (larves psychiques à peine développées) aux Entités-Forces supérieures à notre compréhension, ayant des capacités d’action " surhumaines " et capables d’influencer, voire de pénétrer nos cerveaux. On retrouve la notion d’Anges et d’Archanges ! Certaines de ces formes qui peuplent le Cosmos sont très mal connues et difficiles à contrôler, mais il paraît certain que des opérations magiques peuvent en susciter, et même en faire apparaître : l’action psychique des esprits conjugués de plusieurs personnes (" centrales d’énergie ") serait ainsi capable de créer un " égrégore ", d’en faire une entité ayant une existence indépendante dont la puissance dépendrait de celle de la pensée collective qui lui aurait donné naissance. On admet généralement qu’un tel égrégore n’a pas d’existence physique, mais qu’il peut apparaître passagèrement de façon fantomatique, qu’il peut inspirer des idées à d’autres humains, provoquer des impulsions soudaines, des hallucinations... en un mot qu’il aurait le pouvoir d’influencer l’action d’autres êtres.. Certaines de ces entités auraient besoin d’un apport d’énergie extérieure pour prendre consistance ou pour continuer à exister. Nous retrouverons ici le domaine de jonction entre transfert de psychisme et entités extérieures. Nous sommes aussi à la limité du spiritisme et de la nécromancie. - Si une pensée n’existe pas avant de prendre naissance dans notre subconscient et d’être ensuite élaborée et structurée dans notre conscient, l’être humain pensant peut être considéré comme créateur participant à l’évolution créatrice du monde. Mais si cette pensée existe déjà " ailleurs " " quelque part " et que nous puissions la capter, cela signifie que penser est puiser dans une source extérieure, dans certaines conditions particulières, et être capable de l’introduire dans notre espace terrestre. Nous serions alors en fait des récepteurs. Ceci expliquerait que des idées similaires " qui sont dans l’air " puissent émerger au même moment en des lieux différents, des milieux différents... 250-12 - Paranormal, science et réalité - Notre modèle mental repose sur deux bases unanimement acceptées : - nous vivons dans un monde tridimensionnel dans lequel les objets gardent leurs propriétés, leur position et leur forme, sauf si une force agit sur eux. - le monde matériel est organisé suivant une évolution temporelle linéaire qui va du passé au futur. Tout ce qui n’entre pas dans ce cadre est rejeté. Or les phénomènes paranormaux sortent de ce cadre : la précognition bouleverse le sens passé-futur, la psychocinèse modifie la position des objets, la télépathie supprime les distances... - Nous avons vécu jusqu’à présent dans la certitude mentale que la réalité était l’image que nos sens nous donnaient de l’extérieur de nous-mêmes. Or les découvertes biologiques montrent que les informations sensorielles se transforment en signaux électriques perçus par le cerveau et donc que la réalité que nous percevons est une construction mentale. Et la physique nous apprend que la matière n’est en fait, contrairement à ce que peuvent nous indiquer nos sens, que du vide parcouru par des radiations électromagnétiques... Avec les découvertes de la microphysique sur la constitution de la matière, celles de l’astrophysique sur la structure de l’Univers, et les nouvelles percées en psychobiologie et surtout en mathématiques la science élabore actuellement un nouveau paradigme. Nous aborderons ce point dans la troisième partie " Cosmos et Connaissance ". Mais d’ores et déjà, nous devons réviser notre conception passée de la réalité : ce n’était qu’une hypothèse qui se trouve de plus en plus discutée parce que les faits constatés sont en discordance avec elle. Il est tout à fait possible que le domaine de la microphysique puisse faciliter l’étude et la compréhension des phénomènes paranormaux. C’est en tout cas l’opinion d’O. Costa de Beauregard. Parce que ces phénomènes remettent en cause les conceptions classiques du passé et du futur, de support matériel nécessaire à la communication, et parce qu’ils établissent l’existence d’une relation " spirituel-biologie "... - Le domaine qui s’ouvre est immense et inconnu. Comme le remarque Cl. Tart (Université de Californie) il s’agit de dépasser le rationalisme classique, devenu inadapté, et ceci est souvent perçu chez beaucoup de scientifiques traditionnels comme une menace personnelle. La crainte de voir le cadre scientifique actuel construit à partir des connaissances acquises, bases de toute une vie, remis en cause, entraîne souvent un rejet passionnel, une peur profonde et donc en réponse l’adoption de positions intolérantes vis à vis de l’inconnu. 251 - Tentatives de classification des phénomènes paranormaux Nous avons vu la grande diversité de ces phénomènes. On a senti très tôt la nécessité de les grouper de façon cohérente, par catégories aussi homogènes que possible, soit en se basant sur leurs manifestations, soit sur les causes supposées. 251-10 - Classification de l’Institut Métapsychique International (I.M.I.) L’I.M.I. suppose qu’il y a trois niveaux de conscience : infraconscience, paraconscience, supraconscience, et qu’à ces niveaux correspondent des processus parapsychiques différents. - Infraconscience (subconscient). Toutes les pulsions biologiques du corps peuvent provoquer l’apparition possible de phénomènes parapsychiques, en dehors de tout contrôle conscient. Processus favorisés par lumières, rythmes, sens, odeurs, régimes alimentaires... On aurait ici l’origine des poltergeists, des tables tournantes, des personnalités multiples... - Paraconscience (conscience). C’est l’état normal. L’expérience parapsychologique reposerait sur une dialectique permanente entre le conscient et l’inconscient, à travers des techniques de concentration mentale (ou de vide mental). Ce serait l’origine de la télépathie, des hallucinations, des rêves, de l’extra-sensibilité, des radiations (sourciers, devins, boule de cristal, tarots...). - Supraconscience (surconscience ou " conscience éveillée "). Ce niveau est encore rarement atteint. Il touche plus spécialement les êtres solitaires, contemplatifs et ascétiques. Etat favorisant les illuminations, les hallucinations (apparitions en particulier), l’extase, la précognition, la lévitation... Certaines pratiques seraient favorables : jeûne, obscurité, immobilité, chasteté, apnée prolongée... - Cette classification concerne surtout la parapsychologie et a du mal à embrasser tous les cas paranormaux. 251-11 - Classification de R. Tocquet Il met davantage l’accent sur les différences entre phénomènes psychologiques et physiques. - Phénomènes paranormaux subjectifs de nature psychologique Télépathie : communication directe entre deux esprits, en dehors de la distance Xénoglossie :le sujet parle des langues qu’il ne connaît pas. Métagnomie : connaissance des choses cachées, des pensées, de l’avenir. Clairvoyance. Prophéties. Psychométrie : connaissance d’une personne par contact avec des objets liés à sa personne. - A la frontière entre la psychologie normale et la parapsychologie, se trouverait d’abord l’hypnose. Elle permettrait de mettre en évidence certains phénomènes paranormaux ; un sujet sous hypnose peut découvrir des choses cachées ou parler des langues étrangères... Il en serait de même de l’usage de certaines drogues qui provoquent des transes, des états modifiés du cerveau. On peut rattacher à ce groupe certains phénomènes paranormaux (dissociation de personnalité, artistes prodiges,...). - Phénomènes paranormaux objectifs de nature physique Télékinésie : capacité de déplacer des objets sans contact direct. Tables tournantes. Lévitation de personnes. Psychocinésie : action de l’esprit sur des systèmes matériels (dès, cuillers, billes... ensembles électromécaniques...). Phénomènes lumineux : apparition de lueurs, feux de St Elme, ectoplasmes. Variations thermiques Raps : coups frappés dans des maisons, chutes de pierres inexplicables. Attouchements spirites. Photographie supranormale : images " d’esprit ", de transmission télépathique. Ectoplasmie : matérialisation visuelle, à partir du corps d’un médium, d’une substance prenant une forme humaine ou animale. - Certains phénomènes paranormaux associent plusieurs des phénomènes précédents. Ainsi, dans une maison hantée, on peut avoir association de déplacements d’objets (télékinésie), de phénomènes lumineux et de raps (coups contre les murs), d’apparitions (ectoplasmie)... - R. Tocquet reconnaît que ces phénomènes ne semblent pas reproductibles à volonté, que la motivation du sujet est un puissant facteur favorisant, que la fatigue intervient dans les résultats de la psychocinèse, mais il estime que l’on peut considérer l’existence de ces phénomènes comme certaine, malgré les fraudes mises parfois en évidence, et que leur explication, souvent difficile, justifie un grand effort de recherche. 251-12 - Classification de A. Roux - S. Krippner - G. Solfvin Après avoir contrôlé de nombreux cas paranormaux, ces auteurs proposent une classification partielle, ne prenant en compte que la perception extrasensorielle (ESP) et la psychokinèse (PK). - Phénomènes de communication Il y a transfert d’information en dehors des canaux habituels et connus de communication. Télépathie : communication d’un esprit à un autre Clairvoyance : transfert d’information d’un événement à un esprit Précognition : information à un esprit d’un événement futur Rétrocognition : connaissance directe par un esprit d’un événement passé - Phénomènes physiques Il y a influence d’un esprit sur la matière physique, en dehors de toute action directe sensorielle ou motrice. Psychokinèse : transport d’objets, modifications de leur état... par action de la pensée. - Phénomènes liés souvent à la mort Expériences hors du corps. Dédoublement de la personnalité. Souvenirs de réincarnation, sous hypnose. Expériences aux frontières de la mort. - Phénomènes sociologiques Actuellement, ces phénomènes paraissent difficilement classables. Les auteurs les reconnaissent mais ne les étudient pas, de même que les phénomènes liés à la mort. Citons : maisons hantées, apparitions, fantômes, possessions... 251-13 - Proposition de classification L’extrême diversité des phénomènes paranormaux entraîne une réelle difficulté de les classer de façon homogène et logique. Nous nous proposons de les grouper en fonction de leur domaine d’action, tout en reconnaissant que cette manière de faire est artificielle dans certains cas qui touchent plusieurs domaines. - Actions du psychisme sur la matière Psychokinèse PK - Expérience de Rhine. Poltergeists : coups (raps), déplacements d’objets, perturbations électriques... Chute de pierres brûlantes. Tables tournantes et relation avec le spiritisme. - Action du psychisme sur le temps et l’espace Télépathie. Prémonition et précognition, connaissance d’événements futurs. Clairvoyance. Rétrocognition, découverte d’un passé inconnu. Glossologie, connaissance spontanée de langues étrangères ou anciennes. Psychophotographie d’objets dont l’image est transmise télépathiquement. Radiation des photos et des écrits. - Action du psychisme sur les processus biologiques Cerveau et phénomènes paranormaux. Conscience et inconscient. Transes et hallucinations. Action des drogues. Dissociation de la personnalité. Hypnose et autohypnose. Autosuggestion - Sophrologie. Lévitation. Marche sur le feu. Combustion spontanée. Stigmates. Mysticisme. Parabiologie. Guérisons paranormales. Miracles. - Relations avec d’autres niveaux de réalité Spiritisme. Ecriture automatique. Artistes et écrivains inspirés. Maisons hantées et fantômes. Transmutations. Conservation anormale du corps après la mort. Possession et Entités extraterrestres. Problèmes des OVNIS. 252 - Action du psychisme sur la matière - Les mythes, les légendes, les textes sacrés des anciennes cultures font état de phénomènes considérés comme des " signaux venus d’ailleurs " : déplacements d’objets, lévitation, coups frappés dans les maisons... - Le spiritisme, au 19ème siècle, en attribuant les mouvements des " tables tournantes " à la manifestation d’esprits des morts, a attiré très tôt l’attention des scientifiques sur ces phénomènes. L’I.M.I. (Institut Métapsychique International), la S.P.R. (Society of Psychical Research), et l’A.S.P.R. (American Society for Psychical Research) finirent par montrer que les forces qui se manifestaient étaient d’origine naturelle, liées à l’inconscient humain, et qu’il s’agissait nullement de communications avec les morts. - On peut considérer que ce sont les travaux de J.B. Rhine, à partir de 1927, qui constituent une approche scientifique systématique des phénomènes psychocinétiques, grâce à l’utilisation des méthodes statistiques. Rhine fut amené à étudier la psychocinèse (ou Psychokinèse PK " déplacement d’objets ") et la perception extrasensorielle (ESP : télépathie, clairvoyance, précognition...). Parallèlement, le Dr Osty, dès 1930, menait à l’I.M.I. les premières constatations rigoureuses. - Si la PK est abordée dans le paragraphe 252-10, l’E.S.P. sera abordée dans la partie 253. Mais il semble exister des relations entre les processus de ces phénomènes. 252-10 - Psychocinèse PK - Définition - C’est la capacité de déplacer des objets, ou d’en modifier la forme, ou de perturber le fonctionnement d’un ensemble dynamique, par la seule action du psychisme. On peut y joindre les " raps ", coups frappés sur les meubles et sur les parois (voir 252-11). - Les exemples de PK sont nombreux. Il est admis maintenant que chaque être humain posséderait des aptitudes psychiques paranormales latentes. Toutefois cette composante psychique, liée forcément au biologique, fait que certains sujets sont plus performants que d’autres. Par ailleurs, des facteurs physiologiques (fatigue, ennui dû à la répétitivité de certains essais...) ou psychologiques (absence de décontraction, ambiance extérieure hostile, qualité de la relation expérimentateur/sujet examiné...) peuvent rendre les résultats des essais irréguliers, voire même parfois déroutants. -Exemples de PK - Nous nous limiterons à un certain nombre de cas typiques, écartant ceux trop anciens et insuffisamment fondés, malgré la présence de scientifiques et parce que des fraudes furent parfois constatées lors de certains essais, entraînant des doutes sur les autres essais. Ainsi avec le médium D. Home (et le physicien W. Crookes), la médium Eusebia Palatino qui soulevait des guéridons à distance (et les professeurs Richet, Flammarion, P. et M. Curie, Langevin, Branly, Bergson... entre 1892 et 1908), le médium S. Tomczyk qui fit " flotter " en l’air une paire de ciseaux devant le parapsychologue J. Ochorowiez en 1913. - Les premières expériences rigoureuses et indiscutables furent réalisées à l’I.M.I., par le Dr Osty et le médium autrichien R. Schneider, en 1930, avec des dispositifs de contrôle par IR déclenchant sonneries et flashs en cas de mouvements du médium. Celui-ci réalisera des déplacements d’objets au prix d’importantes modifications physiologiques (rythme respiratoire, fatigue...). - C’est en 1927 que J.B. Rhine commença ses études en utilisant systématiquement l’analyse statique. Elles ont nécessité un nombre considérable d’essais (plus de 300.000) au cours desquels le sujet essayait mentalement de provoquer la sortie d’une carte déterminée (cartes de Zener) ou d’obtenir un chiffre déterminé lors de lancers de dés (lancers manuels, puis mécaniques et enfin électroniques). Mais y-a-t’il vraiment action PK sur la carte ou le dé et ne peut-on pas parler davantage de perception extrasensorielle ESP ? Rhine, et de nombreux chercheurs à sa suite, ont tendance à considérer qu’il s’agit de phénomènes de même ordre. Toutefois, dans les essais de Rhine, s’il y a probablement ESP lors de l’annonce par avance du chiffre qui va " sortir ", il y a aussi PK puisque le chiffre choisi mentalement sort davantage. Rhine montra que la diminution d’intérêt psychologique du sujet lors de ces différents essais, entraîne une baisse de rendement, toutes les autres variables étant constantes : la seule cause de la variation des résultats, sous l’angle statistique, ne peut provenir que de l’esprit du sujet. Il en conclut que l’esprit humain possède une force capable d’agir sur la matière, une énergie mentale peut donc se convertir en énergie physique. - La médium russe Nina Kulagina, à partir de 1960, est capable d’identifier des objets par dermooptique, mais aussi de déplacer par action lente et saccadée, à distance, des objets situés dans des enceintes fermées (mais non dans le vide), de les mettre en lévitation, ou de dévier l’aiguille d’une boussole. Elle a des pouvoirs parapsychologiques réels, allant jusqu’à produire des stigmates par simple contact avec le bras d’un interlocuteur, ou modifier les battements du coeur d’une grenouille. N. Kulagina présente une activité thyroïdienne légèrement supérieure à la normale, a un fort champ magnétique autour d’elle (photos ou films impressionnés avec étincelles et filaments qui jaillissent de ses doigts). Quand elle déclenche une psychocinèse, ses battements de coeur montent à 240 et elle peut perdre jusqu’à deux kilogrammes. Elle se plaint d’épuisement après les séances. La présence d’observateurs hostiles la gène et rend les manifestations plus difficiles. - Uri Geller semble être un mélange de " sujet psi" et de magicien, car s’il a manifesté des dons indiscutables, il n’a pas pu toujours les reproduire à la demande. Il attribuait son pouvoir " à une masse de lumière argentée qui l’avait approché alors qu’il avait quatre ans et qui lui avait communiqué une énergie étrange... ". Il avoua avoir utilisé des trucs de magicien à l’aide d’un comparse lors de ses premières prestations en music-hall, mais affirma toujours la réalité de ses pouvoirs psi. A partir de 1972 un certain nombre de contrôles scientifiques rigoureux confirmèrent ses dons particuliers, tant dans le domaine PK qu’en télépathie ou en clairvoyance. Au S.R.I., il réalisa des torsions de cuillères, des déplacements d’objets... Devant G. Feinberg, physicien de l’Université de Colombia, il demanda à une assistante d’enlever son alliance et de la mettre dans son poing fermé et passa alors sa main au-dessus de celle de la jeune femme, celle-ci, ouvrant sa main, montre l’alliance coupée ; posée sur la table, à distance de Geller, la bague se plia en S en moins de deux heures. Une expérience suffirait pour justifier les capacités de Geller : au Naval Surface Weapons Center, en 1973-1974, E. Byrd utilisa un fil de nitinol, " métal à mémoire " qui peut être plié, tordu, écrasé à la température ambiante, mais qui retrouve sa forme initiale quand on le chauffe. Sur un fil de nitinol de douze centimètres de long, tenu par Byrd aux deux extrémités, U. Geller passa la main et affirma, après vingt secondes, sentir que le fil se déformait : une boucle en U se forma au milieu du fil et ne disparut pas lorsqu’on chauffa ce fil. Les examens de radiocristallographie ne montrèrent pourtant pas de modifications physiques importantes. Les ruptures d’anneaux de platine, parfois obtenues sans qu’il y ait contact charnel, montrèrent que ces fractures correspondaient tantôt à des " fractures de fusion " (+ 1773°C) ou des " fractures de fragilisation à basse température " (-195°C), ce qui est inexplicable. En 1974, devant J. Masted et ses collaborateurs (Université de Londres), Geller déforma des cuillères (" la partie courbée ayant l’élasticité du chewing gum ") et affola un compteur Geiger en le tenant dans ses mains. J. Masted eut une sensation de forte chaleur en plaçant sa main entre Geller et l’objet à déformer. Un illusionniste professionnel, W. Cox, voulant mettre Geller à l’épreuve, bloqua sa montre avec deux morceaux d’aluminium placés entre les crans du balancier et sur l’axe interne, rendant impossible une remise en marche sans ouvrir le boîtier avec un outil d’horloger. Uri Geller prit la montre devant témoins, l’agita doucement et la rendit au propriétaire. Elle se remit en marche trente secondes plus tard. L’ouverture du boîtier montra que l’aluminium avait été coupé, et l’axe remis en position, à quarante degrés de sa position précédente. Parallèlement, W. Cox avait amené une clé de coffre-fort, longue de cinq centimètres et sans rainure. Geller demanda à Cox de maintenir la clé sur le plateau en verre d’une table de salon et effleura l’extrémité : en moins de soixante secondes, la clé avait été pliée d’environ 12°. Le même résultat aurait exigé au moins deux forces opposées de 35 kgs chacune. - M. Schmidt (Mind Science Foundation - San Antonio - Texas USA - années 1970) introduisit les techniques électroniques dans les tests PK. Un générateur aléatoire est actionné par des électrons émis par un morceau de strontium 90. Le générateur est relié à neuf lampes qui s’allument de façon aléatoire. Les sujets ayant des capacités paranormales arrivent à influencer mentalement les émissions d’électrons pour obtenir un allumage cohérent. Mario Varvoglis (Université Princeton - USA) a utilisé un appareillage de même type. Le strontium 90 perd des électrons de façon aléatoire et chaque électron est capté soit à droite, soit à gauche, à l’aide d’une microporte très mobile, avec une probabilité égale droite-gauche. Varvoglis demanda au sujet de donner une impulsion pour orienter l’électron dans un sens plutôt que dans l’autre : les résultats statistiques furent significatifs. On peut donc estimer que le psychisme humain peut connaître des événements matériels en dehors de nos cinq sens, et qu’il peut agir sur ces événements. - En 1972, le médium Ingo Swann démontra sa capacité d’agir sur la température de thermistors, à distance (jusqu’à huit mètres), au cours d’essais conduits par G. Schmeidler (City Collège de New York - USA). Lors d’une expérience au S.R.I., avec H. Puthoff, A. Hébard, H. Lee, I. Swann fut capable de modifier le champ magnétique au coeur d’un magnétomètre hypersensible, destiné à détecter les champs magnétiques très faibles ; enfermé dans une chambre forte de huit tonnes munie de quatre protections E.M., les signaux émis par le champ magnétique étaient enregistrés. Par une modification de son état de conscience, Swann doubla la fréquence des ondes sur l’enregistreur, puis, à la demande des scientifiques présents, réussit, au prix d’un énorme effort psychique, à arrêter complètement l’appareil pendant quarante cinq secondes. On a supposé que l’action psychique agissait sur l’enregistrement et non sur l’appareil lui-même. C’est possible, toutefois il faut remarquer que I. Swann, par perception extrasensorielle ESP, a " sondé " mentalement l’appareil, parcouru l’intérieur du magnétomètre, en dessinant ensuite ce qu’il avait vu, parlant en particulier d’un élément caché qui lui était totalement inconnu ! - De la même manière qu’Uri Geller, J.P. Girard, en 1977, sous le contrôle du professeur Crussard, fut capable non seulement de tordre des barres métalliques, mais d’en augmenter la dureté superficielle (+ 8%) avec diminution corrélative de leur épaisseur (- 2%) et modification de la structure martensitique du métal. Il a aussi réussi à étirer des ressorts à l’intérieur de tubes scellés et à abaisser de cinq degrés l’indication d’un thermomètre. Il a aussi montré sa capacité PK avec l’emploi du dé électronique de M. Mabilleau (Université Toulouse - France) version moderne et rigoureuse de lancement aléatoire. Lors d’expériences réalisées à Voreppe, par la Société Pechiney, J.P. Girard réussit, devant des illusionnistes et des scientifiques, à courber des barres métalliques préalablement essayées par les haltérophiles et marquées pour éviter toute fraude. Après quelques heures, la barre testée se courbait de façon différente de ce qu’aurait donné un pliage industriel. Certaines semblaient s’être ramollies comme si elles avaient été portées à une température supérieure à 800° C (mais sans dégagement de chaleur !) et des modifications de la structure moléculaire cristalline du métal ont été observées (C. Crussart et J. Bonvaist - 1979). Ces actions PK étaient obtenues au prix d’une importante dépense physiologique (respiration haletante, tachycardie marquée...). - D’autres cas témoignent en faveur de la PK. Citons le cas tout particulier du médium Zahu Khouri dont l’action mentale sur un cristal piezo-électrique enfermé dans un caisson hermétique a réussi à produire du courant, donc a exercé une pression " physique " sur le cristal (Laboratoire J. Isaacs - Londres - Grande Bretagne). - Qu’est ce que la psychocinèse ? - Le fait " PK " paraît indiscutable malgré des fraudes soulevées dans certains cas, anciens en général. Toutefois, comme avec tous les phénomènes psychiques, de nombreux facteurs personnels interviennent. L’influence de la foi en ses capacités, du plaisir du jeu, de la lassitude devant la longueur ou de la répétitivité des épreuves, du désir de gagner, de la présence de personnes hostiles ou favorables... sur les résultats, est statiquement démontré. Une ambiance négative (dépression, absorption de barbituriques ou d’alcool...) est défavorable, alors qu’une ambiance positive (confiance, absorption de caféine,...) est favorable. Notons d’ailleurs qu’Uri Geller qui, contrairement à la plupart des médiums, ne présente pas de modifications sensibles d’état de conscience lors de ses PK, a toujours affirmé qu’il ne pouvait réussir que si l’environnement lui était favorable, parce qu’il tirait son énergie du soutien de cet environnement. Il y a un " jeu " permanent entre sujet et objet. - L’action de la PK est physique, puisqu’il y a modification de l’énergie : mécanique (déplacement...), thermique, (ramollissement...), calorifique (lors d’expérimentations PK avec Stella C., médium anglais, on constata des baisses de température dans la pièce, jusqu’à 6°C...). L’origine de cette force - qui semble transmise dans l’espace par des ondes - est-elle due à une énergie cérébrale ou à une énergie mentale ? Rhine lui-même pensait que la PK n’opérait pas selon des principes physiques, puisque les résultats sont liés au sujet et à ses caractéristiques personnelles (la " loi de l’intérêt motivé " montre l’importance de ce facteur, comme nous l’avons vu plus haut). Et de fait, si la volonté de l’homme peut exercer des effets mesurables sur des objets inertes, et sur des organismes vivants, on constate que la PK n’est pas affectée par l’espace ou la durée, mais ne dépend que de l’état du sujet (fatigue, foi...). Rhine en concluait que, dans l’état actuel de nos connaissances, la psychocynèse agit sans être affectée par les éléments mécaniques qui peuvent être variables, donc qu’elle n’opère pas seulement selon des critères exclusivement physiques : elle n’est pas produite par une force aveugle sans finalité ; bien que faible et irrégulière, elle réagit sur l’objet physique selon un objectif intelligent. Ce n’est pas le cerveau (" phénomène physique ") mais l’esprit (" phénomène non physique ") qui influence le mouvement de l’objet, bien que nous soyons dans l’ignorance et de la manière dont a lieu cette action physique, et de l’interaction entre cerveau et pensée. Il est donc certain qu’il y a une composante psychologique essentielle : le sujet n’a nullement besoin de connaître le mécanisme des réactions qu’il veut déclencher, il lui suffit de concevoir le but à atteindre et qu’il veuille fortement l’atteindre. Cette énergie peut agir sur les plantes, les animaux et les hommes ; elle peut accélérer les processus de cicatrisation et de guérison. - Dans les exemples cités, certains sont indiscutablement de nature PK (torsion de barres, modification cristallographique...), mais d’autres sont ambigus : la " sortie " d’une carte ou d’un nombre est-il provoqué par la volonté psychique (et alors, c’est de la psychocinèse), ou l’esprit du sujet a-t’il connaissance de cette carte ou de ce nombre (ce qui est de la clairvoyance) ? Nous avons vu que Rhine et son équipe estimaient qu’il s’agissait de phénomènes de même nature. Il est intéressant de noter que certains sujets devinent de préférence la carte qui précède ou la carte qui suit la carte choisie (par l’expérimentation ou par tirage aléatoire). Notons aussi que le test de Zener donne de meilleurs résultats quand on neutralise le cerveau gauche. Notons enfin que certains jours se sont révélés plus favorables aux tests que d’autres : y-a-t’il influence de la météo, des rythmes terrestres ou cosmiques ? - Il existe très certainement une relation entre les capacités paranormales et les états modifiés de conscience. Nous reviendrons sur ce point au paragraphe 254-11. 252-11 - Poltergeists et raps - Définitions - Les raps sont des coups, d’origine paranormale, frappés dans les maisons, sur les murs ou sur les meubles. Les poltergeists sont des déplacements d’objets, parfois volumineux, souvent accompagnés de bruits divers, de courants d’air froid, de mouvements anormaux des portes ou des fenêtres, ou d’anomalies dans les circuits électriques et téléphoniques. Ces phénomènes commencent et arrêtent très brutalement. On peut y joindre les projections de pierres contre la maison visée, pierres généralement brûlantes. Tous ces phénomènes se retrouvent, seuls ou associés, dans les " maisons hantées ", avec éventuellement en plus l’apparition des fantômes (cas examinés au paragraphe 255). - Cas observés - Ces phénomènes existent depuis l’Antiquité et présentent une grande similitude, mais leur explication est récente, comme nous le verrons plus loin. Ils étaient attribués autrefois à des esprits ou à des manifestations diaboliques. Il est de fait qu’une intelligence semble être impliquée. Nous allons faire état de quelques cas significatifs. - En 1851, dans le presbytère de Cideville, en Normandie, le père Tinel et sa gouvernante voient se déplacer et même voler autour d’eux, table, chaises, chandeliers... S’agissait-il d’une vengeance d’un sorcier guérisseur par l’intermédiaire d’un autre sorcier qui aurait agi sur deux jeunes garçons hébergés dans la cure ? Est-ce seulement la présence de ces deux adolescents en période de puberté et probablement en conflit psychologique avec le curé ? Tout rentra dans l’ordre dès qu’ils quittèrent les lieux. Nous verrons qu’il y a bien là une explication que nous reprendrons plus loin. - En 1925, à Talpa (Roumanie), Eleonora Zagun (12 ans), s’acheta des friandises avec de l’argent trouvé sur la route. Sa grand-mère, en l’apprenant, se mit en colère et l’accusa d’avoir utilisé de l’argent venant du diable ! Le lendemain, les objets se déplaçaient dans la maison qui était aussi bombardée par des pierres. Confiée à un monastère, puis à une comtesse viennoise, l’adolescente fut mordue et griffée par un " être invisible " pendant environ deux ans. A sa puberté, tout cessa et elle eut ensuite une vie normale. Ce cas fut suivi par H. Price (National Laboratory of Psychical Research - Londres). - En 1946, Carola et Otto Shrazy (Lauter - Bavière - Allemagne) accueillirent successivement Irma 13 ans, orpheline de guerre, puis Edith 3 ans, autre orpheline de guerre, qu’ils adoptent, restant réticents pour Irma. Les phénomènes paranormaux apparaissent alors : plumes et lames de rasoir brisées, livres déchirés, tapis tordu en torsade, messages sur la machine à écrire enfermée dans sa mallette, enfants " en transe "... H. Bender (Institut de psychologie - Fribourg) enquêtant sur place attribua les phénomènes à Irma, victime d’un profond ressentiment émotionnel. Tout rentra peu à peu dans l’ordre. Mais une action volontaire " frauduleuse " d’Irma n’est pas à écarter. - En 1947, à Vlachendorf en Bavière (Allemagne), disparition de cartes, ampoules électriques dévissées, porte fermée à clé avec la clé accrochée dans une autre pièce, pierres volantes... Les époux Plach vivaient avec Mitzi, leur fille adoptive de 14 ans, dans une petite maison à une seule chambre. Les conclusions de H. Bender attribuèrent les phénomènes à Mitzi, en pleine puberté, qui traversait une crise d’instabilité psychologique. Tout cessa rapidement. - En 1958 à Scaford (USA), dans la famille Herrmann, des bouteilles s’ouvrent toutes seules dans des pièces différentes, des objets volent (sucrier, statuette...) devant des policiers témoins, des meubles se reversent. Il y a deux enfants en période de puberté : Lucile 13 ans et James 12 ans. Les parapsychologues attribuent ces phénomènes à James, agressif et perturbé, insatisfait et jaloux. - En 1960, à Sanchie (Ecosse - Grande-Bretagne), Virginia Campbell, adolescente, dut habiter chez son frère aîné, sa femme, et leur fille Margaret 9 ans, pendant le déménagement de ses parents. Virginia partageait la même chambre que Margaret, elle était en période de puberté, avec des crises d’angoisse, réclamant son chien et sa meilleure amie, et se refusait à la cohabitation avec sa nièce. Phénomènes observés : déplacement du buffet, bruits répétés (comme une balle qui rebondit !), soulèvement d’un coffre., pupitre du bureau qui claque à l’école... Tout rentra dans l’ordre après le départ de Virginia. - En 1967, à Rosenheim (Bavière, Allemagne) chez l’avocat S. Adam, une série de phénomènes anormaux : déréglage du téléphone (enregistrement de communications, presque toutes adressées à l’horloge parlante, jusqu’à 24 fois par jour et ceci sans emploi du téléphone celui-ci ayant été enfermé et mis sous cadenas), fusibles qui disjonctent, lampes grillées, allumages anarchiques,... Tout ceci se produisait toujours pendant les heures de bureau. Les phénomènes furent étudiés par H. Bender (Université de Fribourg - Allemagne) qui en attribua la cause à l’employée de l’avocat, Anne-Marie, 19 ans, à sa personnalité instable très malheureuse. Il fut démontré que les voltmètres de contrôle réagissaient dès son arrivée, et que les circuits électriques devenaient " fous " quand elle passait. Après son départ, il ne se passa plus rien. Mais les phénomènes se manifestèrent là où elle vécut ensuite, jusqu’à ce qu’elle se marie et devienne mère. - En 1969, à Southport (USA), sur un chantier, un ascenseur de quatre tonnes monta et descendit spontanément, alors que le courant était coupé. Il fut démontré que cela était lié à la présence d’un jeune membre de l’équipe de démolition. - En novembre 1973, à la Machine, près de Decize (France),les parents d’un adolescent Dominique, entendent des coups dans la cloison les séparant du logement voisin. En fait le mur bruyant est celui de la chambre de leur fils qui " communique " avec le mur : celui-ci répond par un coup (oui) ou deux (non) aux questions, bat la mesure quand l’adolescent siffle ! Il fut établi que celui-ci était " étouffé " par sa mère et qu’il avait besoin de s’exprimer... une thérapie psychique remit tout en ordre. - En 1979 à Bordeaux (France) un commis boucher de 17 ans, à l’enfance perturbée et malheureuse, probablement amoureux de sa patronne mais dans l’incapacité d’en faire état, fut à l’origine de poltergeists importants : incendies dans les caisses de sciure, trappe en ciment brisée, porte éclatée, déplacements divers (poids, valise, casseroles, table, chaises, morceaux de viandes, rames de papier...). - Explication des phénomènes - C’est la remarquable étude faite par le Commandant de Gendarmerie Tizané (France) qui a établi la relation entre ces phénomènes et la présence d’un être humain, qui en est cause, inconsciemment en général. Il s’agit généralement d’une personne gravement perturbée psychiquement, incapable de résoudre ses conflits intérieurs, ou atteints de troubles psychiatriques (crises épileptiformes, dissociation mentale...). Il s’agit le plus souvent d’adolescents à la période de la puberté (particulièrement des filles) soumis à des contraintes psychologiques insurmontables, entraînant une agressivité qui ne peut s’extérioriser. Le stress, les tensions intérieures très puissantes et refoulées, les frustrations, l’impossibilité de réaliser ce que l’on souhaite entreprendre, joint à un tempérament émotif... tout cela peut conduire au déclenchement de phénomènes anormaux, incroyables, inexplicables... : coups, bruits, déplacements d’objets, et même passage de matière à travers la matière, comme les pluies de cailloux brûlants tombant dans une maison, à travers le toit, sans endommager celui-ci. - Y. Lignon cite des cas, comme celui du garçon de 10 ans, confié provisoirement à sa grand-mère et très perturbé par son changement de domicile et d’école, auteur inconscient de déplacements d’objets ; tout revient en ordre dès sa réintégration dans son ancien cadre. - Ces individus perturbés seraient porteurs d’une énorme énergie psychique, très mal connue, qu’ils pourraient transférer inconsciemment à l’extérieur. - On peut rapprocher ces cas de celui de certains mystiques - tel le curé d’Ars, J.M. Vianney - On peut penser que les phénomènes qu’il attribuait au démon (meubles déplacés, bruits divers, traces de griffes sur le corps...) ne venaient que de lui-même, inconsciemment. Le charron du village, A. Verchère, 28 ans, qui passa une fois la nuit dans la chambre du curé, attesta qu’on entendait des cris, des appels lugubres, des coups violents frappés sur les murs, et constata que les gros meubles étaient déplacés, les chaises retournées, le curé jeté violemment au bas de son lit... Ces phénomènes furent attribué par l’Eglise à une action démoniaque. Est-ce l’action inconsciente du mystique ou y aurait-il une Entité extérieure à notre vie terrestre qui en serait la cause ? Chacun formulera sa réponse. - Maisons hantées et poltergeists L’existence de poltergeists dans les maisons hantées est quasi systématique. S’agirait-il d’un phénomène de même type ? On peut le supposer. Mais le problème des apparitions de fantômes semble indiquer que le problème des maisons hantées est plus complexe, et qu’il fait appel à plusieurs phénomènes paranormaux. Nous examinerons ce problème au paragraphe 255. 252-12 - Chutes de pierres brûlantes - Un certain nombre de ces de jets de pierres, inexplicables, et même souvent de pierres brûlantes, a été recensé de façon indiscutable. Les exemples sont nombreux et souvent très anciens : Bingen (Allemagne) en 856, Comté d’Oxford (Grande-Bretagne) en 1592, Paris (France) en 1846, Saint-Quentin (France) en 1859, Sumatra (Indes Néerlandaises) en 1903, Big Brear City (Californie - USA) en 1962... - Il s’agit de pierres très souvent chaudes, avec des trajectoires peu inclinées, capables de traverser murs et plafonds (avec parfois bris de vitres, ce qui peut laisser supposer une action physique extérieure !), mais ne causant pas de blessures. On estime souvent qu’il s’agit d’un cas particulier de poltergeists, auquel il n’est pas possible actuellement d’apporter une explication. Ce problème de chaleur est-il à rapprocher des combustions spontanées (paragraphe 254) ou, inversement, aux sensations de froid intense (paragraphe 255) ? 252-13 - Tables tournantes - Autour d’un guéridon, les participants se touchent mutuellement l’extrémité des doigts au-dessus du plateau qu’ils arrivent à soulever et à laisser tomber. Le guéridon frappe ainsi le sol par chocs successifs. - Le spiritisme, dès la fin du 19ème siècle, utilise les tables tournantes comme procédé de communication avec des entités extrahumaines (les " esprits ", assimilés à des manifestations des humains morts), le nombre de coups frappés étant relié à des lettres de l’alphabet. Un cas célèbre est celui de Victor Hugo. Actuellement, bien que cette thèse soit toujours admise dans les milieux spirites, elle paraît scientifiquement de moins en moins probable, les " réponses " de la table étant probablement provoquées par une action PK de l’un ou de plusieurs des participants. A l’opposé, la thèse mécaniste, qui attribue les mouvements de la table à des mouvements musculaires inconscients des participants, paraît elle aussi difficile à soutenir, car il faudrait une coordination difficile à établir, et elle ne peut expliquer ni le fait que la table puisse s’élever et même dépasser la tête des participants, ni celui d’un comportement agressif voire violent vis à vis de certaines personnes incrédules. ! - On peut supposer qu’il y a en fait combinaison de deux forces : la force psychique, consciente ou inconsciente, du meneur de jeu qui va permette le phénomène, et l’action physique, généralement involontaire des participants, influencés par le meneur, qui " croient " au phénomène, ce qui favorise la PK. - Il est certain que certaines personnes favorisent le phénomène, alors que d’autres le bloquent. Nous avons été témoins d’une telle opposition : lors d’une séance en présence d’un participant qui s’opposait mentalement au mouvement d’un guéridon de café à plaque de marbre utilisé pour l’expérience, celui-ci échappa au cercle des participants pour poursuivre l’incrédule et le chasser hors de la pièce ! - Une série d’expériences scientifiques fut menée en 1964-65 par Batcheldor (Journal of SPR - 1966) sur 400 heures d’observations avec toutes les précautions nécessaires : appareillage de contrôle multiple, tables contrôlées et agrées, films, emploi d’IR... l’existence de la lévitation des tables fut établie de façon certaine, de même que les mouvements spontanés de la table dans certains cas, avec impossibilité de s’y opposer, même en s’asseyant sur la table, ce qui a été filmé ! La nature PK du phénomène est donc très probable. L’équipe de Batcheldor constata d’autres phénomènes : froid parfois intense provenant du dessous de la table, variation de poids des participants suivant l’emplacement des mains,... 253 - Action du psychisme sur le temps et l’espace - Comme pour les phénomènes précédents, on retrouve dans toutes les cultures, anciennes ou actuelles, des exemples de perception extrasensorielle ESP, sous forme de clairvoyance (c’est-à-dire connaissance des faits cachés) de prophétie (c’est-à-dire d’annonce d’événements futurs) de télépathie (ou communication à distance entre deux esprits)... - Il semble aussi que les objets matériels puissent, dans certaines conditions, " restituer " des impressions psychiques : qui n’a ressenti une sensation de plénitude et de paix dans certains lieux de prières, ou de malaise dans des lieux maléfiques (salles de tortures, cachots...) ? Ramakrishna le confirme : " dans des lieux où des hommes innombrables ont prié, la spiritualité s’y est en quelque sorte cristallisée : on y ressent la spiritualité plus facilement qu’en d’autres endroits... " 253-10 - Télépathie - Définition -C’est la possibilité qu’ont deux esprits de communiquer en dehors de tout intermédiaire, sans faire appel aux organes sensoriels. Avec la PK, c’est la première aptitude psychique à avoir été étudiée scientifiquement. Si une information peut être transmise directement d’un esprit à un autre, sans usage des sens, c’est que l’être humain a des possibilités mentales qui dépassent la mécanique cérébrale logique et consciente. On peut même se demander s’il ne s’agit pas d’une propriété intrinsèque du vivant, dont on ignore encore le processus, comme le pressent Lupasco. Ainsi nous avons vu, au paragraphe 211-11, la défense de certains arbustes contre les antilopes coudous du Transwaal, par production de tanin dans les feuilles. La flagellation des noyers pour améliorer leur fructification est une technique utilisée depuis longtemps. En 1984, Van Hoven, suite à ses expériences, est arrivé à des conclusions nettes : le taux de tanin peut être multiplié par 6 en 15 minutes, et - ce qui est remarquable - ce taux augmente aussi dans les arbres voisins, alors que les plus éloignés ne réagissent pas ! Quel peut être le canal utilisé alors par les végétaux pour transmettre une information, somme toute, " sensitive " ? Quelle est cette étrange propriété du vivant ? - Observations - Nous sommes nombreux à avoir connaissance de transmission spontanée entre deux êtres. Nous ne citerons donc que peu d’exemples. - La télépathie est habituelle chez les hommes primitifs, et régresse quand d’autres modes de communication sont utilisés. Ces aptitudes réapparaissent lors de grandes tensions émotionnelles, en cas de choc ou de malheur. Elles dépendent donc d’un contexte psychique, ce qui en rend difficile l’étude systématique en laboratoire. Il est certain que la télépathie s’établit plus facilement chez des personnes liées psychiquement et affectivement, ou chez des enfants, des infirmes (aveugles ou sourds, comme si l’absence d’un sens augmentait leur capacité télépathique !), voire même des trisomiques ou des débiles mentaux (toujours très demandeurs sur le plan affectif). La composante affective paraît essentielle. - La télépathie a fait l’objet de nombreuses expérimentations qui en ont établi la réalité. Les images ayant un sens sont mieux perçues que celles qui sont incohérentes. La distance et les obstacles ne jouent pas sur le phénomène. La fatigue diminue le taux de réussite. Il faut signaler que lors de certains essais, il y a parfois décalage temporel, le sujet voyant à l’avance ce que l’émetteur va lui envoyer comme signal : ce problème du temps revient souvent dans les processus paranormaux. Il en fut ainsi, lors de la mission Apollo 14, entre le cosmonaute E. Mitchell, " émetteur ", et quatre sujets récepteurs sur Terre, avec 75 cartes de Zener. Les horaires étaient fixés d’avance. Six jours avant le départ, il y eut 265 essais, et pendant les 10 jours aller-retour du vol, 275 : Mitchell choisissait la carte Zener d’après une liste de nombres choisis au hasard et se concentrait pour en envoyer l’image mentale. Les horaires prévus ne furent pas toujours respectés à cause des tâches à accomplir, mais les heures d’émission furent notées. Les heures de réception furent respectées. Après son retour sur terre, la confrontation des deux listes montra qu’il y avait accord significatif entre émetteur et récepteur, mais que les sujets recevaient souvent les messages " avant " leur émission... Et ce décalage temporel a été aussi observé par Rhine lors de ses essais et lors d’autres expérimentations. Il faut remarquer l’incroyable portée de la psyché humaine (distance environ 300.000 kms, vitesses relatives Terre-capsule variables...). Comment deux humains, perdus dans l’immensité cosmique, peuvent-ils ainsi garder un contact mental entre eux ? Y aurait-il un champ Psi, comme il y a des champs EM ou gravitationnels ? La distorsion de l’espace entraînant automatiquement une distorsion du temps, cela expliquerait-il les décalages observés, et la possibilité pour l’esprit humain d’accéder à la précognition ? - Les essais menés en URSS montreraient l’existence d’une synchronicité des ondes a entre deux personnes en liaison télépathique. R. Tocquet cite une preuve biologique et psychique : un émetteur envoie un calcul mental par télépathie. On peut suivre les variations de volume des vaisseaux sanguins dans sa zone cérébrale concernée. Or, le récepteur a les mêmes variations, mais avec retard (réussite de transmission environ 33%). - Remarquons enfin, au passage, la relation avec l’hypnose, la manipulation mentale... puisque si une idée " venue d’ailleurs " arrivait télépathiquement à ma conscience, il est à peu près sûr que je la considérerais comme étant " mienne " ! 253-11 - Clairvoyance - Définition - La clairvoyance est la vision nette d’un événement lointain dans le temps et dans l’espace. Elle est très voisine de la télépathie. La vision d’un événement futur est la prémonition, et annonce la prophétie. La vision d’un événement passé est la rétrocognition. Rêves, visions, prémonitions,... semblent être des aspects très voisins de la perception extrasensorielle ESP et procéder des mêmes processus. - Vision à distance - Le 16 juillet 1977, le sous-marin de poche US Taurus s’immerge près de Los Angelès, par 150 mètres de fond, avec à bord la médium Hella Hammid, pour une expérience menée par le SRI. Les précautions habituelles sont prises : cibles inconnues des participants, tirées au sort pendant la plongée par trois juges situés à 800 kilomètres des cibles, dépouillement statistique des " visions "... Les résultats ont montré que la vision à distance d’un objet-cible situé à 800 kilomètres est possible, qu’elle n’est pas modifiée par l’immersion, et qu’il est possible de repérer et d’identifier une cible parmi 52 autres présélectionnées. - Hella Hammid est capable de " voir " des objets inconnus d’elle, cachés dans une autre pièce, même s’ils sont enfermés dans des boîtes closes. Elle peut décrire des posters photographiques réduits à des micropoints de 1mm2, mis sous enveloppe scellée, avec un taux de réussite de 65% ! - Ingo Swann, dans un programme de recherches du S.R.I., a décrit les dessins placés sur un support, au-dessus de sa tête et inaccessibles pour lui. Enfermé dans un sous-marin en plongée, il a pu décrire le lieu, choisi au hasard et dont il ignorait tout, où se trouvait une équipe du S.R.I, à terre. Il a pu décrire l’état de surface des planètes Mercure et Jupiter (avec ses vents violents !), avant que les sondes Mariner 1° et Pioneer 1° ne les atteignent après dix mois de voyages ! - Prémonition - Le 3 mai 1812, J. Williams (Cornouailles - Grande-Bretagne) eut un cauchemar : un homme vêtu d’un pardessus vert tuait un autre avec un pistolet, dans la Chambre des Communes. Il refit le même rêve le lendemain, puis huit jours après, et en parla à ses amis. Le 22 mai 1812, sir Perceval, premier ministre, fit le rêve qu’un homme vêtu de vert tirait sur lui avec un pistolet, et qu’il mourrait. Malgré les demandes de sa famille, il se rendit aux Communes où il fut assassiné. - En 1890, l’écrivain M. Robertson publie un roman qui parle d’un paquebot, " le plus grand jamais construit par l’homme ", le " Titan ", de 7.000 tonnes, avec 2500 passagers, mais seulement 24 bateaux de sauvetage. Et le Titan coulera lors de sa première traversée de l’Atlantique, heurté par un iceberg. Le 14 avril 1912, le Titanic, de 66.000 tonnes, avec 2300 passagers + l’équipage et 20 chaloupes, coulera, déchiré par un iceberg. Il y aura moins de 800 survivants. - En 1952, la voyante J. Dixon (U.S.A.), voit la Maison Blanche, le nombre 1960, et un jeune nomme aux yeux bleus qui sera président et sera assassiné. Ce sera John F. Kennedy ! Elle annoncera à Los Angelès en 1968 que Robert Kennedy ne sera jamais président : elle " voit " un " rideau noir " tomber entre la salle et elle, dans l’hôtel où elle se trouve. Et Robert Kennedy sera assassiné dans le hall de cet hôtel huit jours plus tard ! - Il est certain que de nombreuses personnes, en particulier les médiums, ont des " flashs " leur annonçant des événements futurs. Mais on ne peut vérifier la validité de ces flashs qu’après coup, et il reste un pourcentage assez important d’échecs : la grande spécialiste J. Dixon n’arrive au mieux qu’à 70% de réussite. - Le 21 octobre 1966, la petite ville d’Aberfan (pays de Galles - Grande-Bretagne) fut détruite par l’écroulement de 500.000 tonnes de déchets miniers. Cette catastrophe avait été annoncée le 20 octobre par une enfant de neuf ans Eryl Jones qui avait rêvé que son école était détruite ; l’école fut détruite avec 140 enfants, dont elle-même. - En mai 1979, D. Booth, employé à Cincinnati (Ohio - U.S.A.), fait un cauchemar, toujours le même, depuis quinze nuits : il assiste en direct au décollage d’un gros triréacteur qui s’écrase et prend feu... et il se réveille avec la sensation de la chaleur de l’incendie. Il consulte un psychiatre, et téléphone même à l’aéroport dont une équipe, qui prend l’affaire au sérieux, essaie de déterminer, d’après ses descriptions, quel peut être l’aéroport concerné. Et le 26 mai 1979, un DC1O de l’American Airlines s’écrase au décollage à Chicago, avec 273 victimes. Les cauchemars de D. Booth disparaissent alors. - En 1979, Philadelphie, H. Tillpotson est tirée de son sommeil par sa mère qui habite un immeuble voisin et qui frappe à sa porte prétendant que sa fille est venue chez elle la réveiller et lui demande de venir. Or chacune était restée chez elle ! Une explosion a lieu alors, qui détruit l’immeuble où habitait la mère, dont l’appartement sera volatilisé. Helen a-t’elle pressenti le danger couru par sa mère ? A-t’elle eu une crise de somnambulisme ? La mère a-t’elle eu " préconscience " du danger " ? - Trois semaines avant l’assassinat du président égyptien Sadate, en octobre 1981, Mme B. Garwell voit en rêve des soldats du Moyen-Orient courir vers des officiels et tirer sur eux. La similitude entre ce rêve et la réalité est troublante. Il peut toutefois s’agit de télépathie entre les auteurs du plan d’assassinat et le sujet ? - Certaines visions à distance peuvent être prémonitoires. Lors des expériences des physiciens R. Targ et H. Puthoff (S.R.I. - Californie - U.S.A. - 1978) avec un caisson d’isolation sensorielle, H. Hammid a été capable de décrire le lieu où devait se rendre l’expérimentateur mobile, trente minutes avant que la cible ne soit tirée au sort ! Avec une réussite de 80% ! Il est toujours indispensable que le médium, dans ce cas, vérifie sur place, après coup, si ce qu’il a décrit correspond bien à la réalité. G. Feinberg (Université Colombia - U.S.A.) pense que cette vérification matérialise le moment où le voyant s’était vu en train de vérifier son annonce. Cette " mémoire du futur " pose évidemment le problème de l’écoulement du temps. Einstein ne disait-il pas : " pour nous autres physiciens, la distinction entre passé, présent et futur n’a pas de sens... " Au laboratoire PEAR (Université Princeton - U.S.A.), certaines expériences confirment cette capacité de " voir " l’avenir : l’entrée dans un lieu déterminé choisi au hasard est décrit par le médium 75 minutes avant l’action... On rejoint les essais d’Apollo 14 ! Ne retrouvons-nous pas ici le sens prophétique ? - Que penser de " l’expérience des chaises " avec le médium G. Croisset (Utrecht - Pays Bas), renouvelée plusieurs fois avec succès et reprise à Paris par Osty et Forthuny ? Le 6 janvier 1957, on place trente chaises sur un plan de salle. Le 1er février 1957, Croisset est informé que trente personnes s’y assiéront, et il choisit le n°9, faisant une description de la personne qui s’y trouvera. Or, à ce moment là, les trente personnes ne sont pas encore choisies ! Le même jour, une tierce personne qui ignore la prédiction est désignée par les expérimentateurs pour qu’elle choisisse au hasard trente personnes étrangères à l’essai. Deux lots de trente cartons numérotés sont préparés ; l’un est scellé, l’autre sert à numéroter les chaises. Les trente personnes arrivent et on leur donne, dans leur ordre d’arrivée, le carton correspondant de l’enveloppe scellée, ce qui établit leur place dans la salle. La " prophétie " se révéla exacte pour la personne occupant la chaise n°9 : il y a eu une concordance sur onze points indiqués par Croiset, alors que certains événements (livre, rêves, soins dentaires...) n’avaient pas encore eu lieu le 1er février ! Or la personne était alors inconnue, et sa place aléatoire... - Rétrocognition ou vision du passé - Hélène Smith (1861-1929), de son vrai nom Catherine Muller, découvrit à trente ans ses facultés psychiques. En état de transe, elle était capable, à travers des visions, des " flashs ", des hallucinations auditives, d’avoir accès à des événements passés ignorés des personnes présentes, qui se vérifiaient exactes, ou d’avoir des révélations sur les vies antérieures des assistants. Elle attribuait ses dons à l’aide apportée par un " esprit " protecteur qui l’assistait. La transe finie, Hélène Smith ne gardait aucun souvenir. Au cours d’une de ses transes, elle voit un village avec deux hommes (un syndic et un curé) dont elle trace les signatures qui se révèlent être conformes aux signatures véritables, datant de 1830. Elle affirme avoir entendu les noms et que les signatures ont été tracées par des mains invisibles. Y-at’il clairvoyance par " lecture " des archives de la commune ? Y-a-t’il contact de l’esprit du médium avec les esprits des deux morts (thèse spirite) ? - Les personnages de Versailles Le 10 août 1901, deux institutrices anglaises, A. Moberly et E. Jourdain qui connaissaient mal l’histoire de France, visitaient Versailles. Elles décidèrent de rejoindre à pied le Petit Trianon, par le parc. A un moment donné, elles ressentirent une inexplicable impression de tristesse, puis d’inquiétude. Consultant leur plan-guide, elles se rendirent compte qu’elles étaient, en fait, arrivées au Grand Trianon et s’orientèrent vers leur but initial en prenant une allée déserte. Elles rencontrèrent à une croisée du chemin, deux promeneurs en jacquette verte et en tricorne, puis une femme en habits anciens, avec une petite fille... Prises de peur, elles accélérèrent et arrivèrent à un petit pavillon circulaire où était assis un homme à l’expression mauvaise. Tout leur apparaissait " immobile ", et très inquiétant... Puis un homme surgit et leur cria de prendre une allée. Elles s’y hâtèrent et virent le Petit Trianon, devant lequel une jeune femme à la mode du 18ème siècle dessinait. Entrant dans le bâtiment, elles croisèrent alors une noce du 20ème siècle qui visitait les lieux et elles se retrouvèrent " dans leur temps ". Au cours d’une deuxième visite, quelque temps plus tard, elle trouvèrent un décor différent de celui qu’elles avaient vu (allées, buissons, arbres, pavillon...), et eurent l’impression qu’elles s’étaient trouvées précédemment dans un lieu hanté. L’examen des anciens plans de Versailles prouva que ce qu’elles avaient vu correspondait à la réalité du 18ème siècle. Mais P. Jullian attribua cette vision à celle d’une répétition théâtrale en costumes d’époque ! Par ailleurs, chacune des deux n’avait pas vu toujours les mêmes personnages, comme si chacune avait vécu ce retour temporel de manière différente ! Ce cas combine visions d’un lieu, retour dans le passé, apparitions " fantomatiques ". Nous y reviendrons au paragraphe 255. - En 1963, un professeur de la Wesleyan Université du Nebraska (U.S.A.), Mme C. Buterbaugh rentrant dans une salle de cours vide, fut frappé par un silence anormalement profond. Elle eut la sensation d’une présence et vit, au pupitre, une femme, vêtue d’habits anciens, qui disparut. Regardant par la fenêtre, Mme Buterbaugh ne vit plus le décor habituel : plus d’équipements modernes, plus de rue... Sortant de la salle, dans le couloir elle se retrouva dans le présent et comprit qu’elle sortait d’une " autre époque ". Le phénomène ne se reproduisit plus. - Y-a-t’il une relation " passé-futur que nous ne soupçonnons pas ? La perception extrasensorielle est affranchie de l’espace par la clairvoyance, et apparaît, dans certains cas, affranchie du temps. La physique moderne nous apprend que ces deux notions ne sont pas indépendantes l’une de l’autre. Que penser alors de la rétrosynchronicité ? Il y a des coïncidences étranges, d’autant plus étranges que leur existence est statistiquement absolument impossible ! En voici un exemple : Président A. Lincoln ((7 lettres) Président J.F. Kennedy (7lettres) - élu en 1847 - élu en 1947 - perd son frère pendant sa présidence - perd son frère pendant sa présidence - sa secrétaire essaya de le dissuader d'aller au théatre (où il sera tué!) - tué devant sa femme d’une balle dans la tête - son successeur fut Johnson - son successeur fut Johnson - son assassin (Booth) naquit en 1839 et fut tué par les gardes lors de son arrestation 253-12 - Radiations des photos et des écrits - Dès 1941, le Dr A. Leprince faisait le point sur les possibilités de situer une personne absente à l’aide de photos ou d’écrits, et faisait état des recherches du Dr Calligaris qui provoquait par des réflexes cutanés en certaines zones du corps de l’expérimentateur, la matérialisation d’objets situés à l’extérieur mais choisis par une tierce personne et dont l’image était transmise par télépathie. De nombreux essais ont démontré qu’à l’aide de photos ou d’écrits certains médiums étaient capables de localiser une personne, avec un taux de réussite significatif (n’excluant pas parfois les erreurs grossières). La base de notre personnalité est formée de sensations, pensées, désirs, lectures, expériences, réflexions... qui constituent l’ensemble " conscience et subconscient " dans lequel nous puisons constamment pour accomplir les actes courants de la vie. Le médium puise aussi dans cet ensemble. Chaque objet émanant d’un sujet éveille alors chez le médium une sensation, transmise à la conscience. - Calligaris a déterminé des points cutanés, qui, soumis à de faibles pressions, favorisent télépathie et voyance. Il pense que les pensées, les sentiments, les images mentales peuvent sensibiliser sur le corps du sujet certaines zones cutanées qui sont en relation avec ces états de conscience. Chez un clairvoyant, la plaque cutanée en relation avec le phénomène psychique deviendrait hypersensible. C’est le système sympathique qui serait concerné, lié aux états de rêve, hypnose, extase, transe... - Calligaris a défini une zone d’application de la photo " question ", sur la face externe de la cuisse gauche, ainsi que les zones qui deviendront sensibles pour les réponses possibles : identification d’une personne sur photo, vision à distance, objet perdu, vie ou mort de la personne photographiée, vision du passé ou de l’avenir. - Cette sensibilité s’accompagne parfois de l’apparition de l’image de l’objet sur la peau du clairvoyant (en des zones précises, différentes : face interne du coude droit pour un objet caché présent ou passé...). Mlle Topani, entraînée par le Dr Calligaris, a eu un taux de réponses exactes exceptionnel, en utilisant des photos de personnes éloignées, photos placées dans des boîtes étanches opaques, préparées et fermées par des contrôleurs extérieurs. On a pu récemment montrer que la suggestion hypnotique peut produire des effets psychocinétique : apparition d’ampoules sur les mains, de dessins ou d’inscriptions sur la peau du sujet, le tout transmis télépathiquement par l’expérimentation. On se trouve à la limite des cas de stigmates (voir paragraphe 254-16). On voit la complexité des phénomènes avec l’interaction de divers processus (télépathie, hypnose et autohypnose, actions biologiques...). - Il est possible que les objets gardent des " empreintes " humaines perceptibles par certains psychismes. N’est-ce pas le cas des lieux de paix ou des lieux de violences (voir paragraphe 253) ? 253-13 - Photographies paranormales - A partir de 1955, un médium Ted Sérios, mis en transe par autohypnotisme, accélérant son rythme cardiaque, se concentre sur l’image mentale qu’il a d’une photo réelle, et visualise celle-ci en son esprit pour la projeter dans un appareil polaroïd. Il essaie aussi d’entrer en communication avec un autre esprit et de projeter sur la pellicule ce que son esprit ressent par télépathie. De 1962à 1967, il réalisa une centaine de clichés polaroïd d’images cérébrales correspondant à des suggestions télépathiques provenant d’émetteurs extérieurs. L’accusation de fraude paraît difficile à soutenir suite aux contrôles stricts réalisés par le Dr Eisenbud et son équipe. Les détails des photos (inscriptions sur les monuments...) excluent toute préparation préalable de la pellicule. - " L’effet Sérios " a lieu, même dans une cage de Faraday, mais serait arrêté par des plaques de plomb, ce qui laisse supposer qu’il s’agit d’une émission de radiations. Le corps humain émet un rayonnement mesurable, bien que très faible. Indépendamment de son activité biologique, source de radiations EM, notre corps est un siège permanent de désintégration nucléaire : chaque minute, il s’y produit environ 100.000 désintégrations spontanées de C14, 200.000 de K...... - Des essais comparables à ceux de Sérios auraient déjà eu lieu à Boston et à Londres en 1861-1864, d’après D. Arlet, mais on ne peut en tirer d’indications. Par contre, depuis 1970, des essais similaires ont été réalisés par Masuati Kiyota, confirmant Sérios. - Nous ne sommes pas en mesure actuellement d’apporter une explication. Deux éventualités peuvent être proposées : création mentale d’une " image réelle " captée par l’appareil, action de l’énergie psychique sur les molécules sensibles du film. 253-14 - Pratiques divinatoires ou mancies - Les mancies (cartomancie, chiromancie...) sont des procédés capables, à travers un rituel (dont l’action sur le psychisme du demandeur a son importance) de mettre en cause des facultés parapsychologiques (télépathie, clairvoyance, perception par les objets...). Elles demandent le plus souvent un support matériel qui puisse focaliser l’attention consciente et libérer l’intuition spontanée issue de l’inconscient : cartes, marc de café, boule de cristal, pendule, tâches d’encre, lignes de la main, et même rêves... A propos des lignes de la main il faut souligner le fait que les différentes parties d’un organisme vivant correspondent entre elles, et qu’il y a des interférences entre psychisme et organisme qui se révèlent au niveau de la main : à la suite de certaines lésions cérébrales, les lignes de la main correspondant aux zones atteintes s’effacent peu à peu et peuvent même disparaître. - Il y a deux grandes catégories de pratiques divinatoires : - la divination à partir de figures (cartes, tâches, marc...) dans lesquelles ces figures servent de support à l’esprit du devin qui entre ainsi en autohypnose, en transe légère, ce qui libère son subconscient, le rendant réceptif. - La magie avec ses cérémonies rituelles. Le mage essaie de rassembler des énergies naturelles bien qu’inconnues, par un effort de son psychisme, aide et soutenu par la foi du ou des demandeurs. Il y a divers degrés de magie. Au plus haut niveau, le mage forme, grâce au cérémoniel, un " égregore " qui est une espèce d’être psychique se comportant comme une entité indépendante, et qui est capable d’accomplir certaines tâches en entrant en relation avec d’autres niveaux d’existence. 254 - Action du psychisme sur les processus biologiques Nous avons vu, dans le chapitre 24, l’interconnexion entre cerveau et psychisme, entre biologie et esprit. Il semble que les pouvoirs psychiques de l’être humain soient beaucoup plus importants et étendus qu’on le pense, bien que leur connaissance commence à peine. Avant d’aborder les actions du psychisme sur les processus biologiques (lévitation, marche sur le feu, stigmates, guérisons...), il nous paraît nécessaire de montrer l’importance des états modifiés de conscience, obtenus par des modifications biologiques volontaires (autohypnose, ascèse...) ou artificielles (drogues, isolement...). 254-10 - Comportement, personnalité et conscience - On peut considérer que l’homme possède trois cerveaux. - le reptilien, primitif et petit, qui contrôle les instincts et la vie végétative (chasse, rut, défense...). L’épiphyse (glande pinéale) qui est assimilée au troisième oeil des Hindous, serait un vestige de l’époque reptilienne. - le limbique, existant chez les anciens mammifères, qui gère les activités coordonnées, les émotions, les souvenirs... - le cortex, des mammifères récents, correspondant au langage, au symbolisme, aux abstractions donc à la pensée.... On peut aussi considérer, avec Stan Gooch (1974), que l’être humain est à la fois un MOI, Ego rationnel lié au cortex, et un SOI, être instinctif dépendant du cervelet, siège de l’inconscient (et donc probablement des processus paranormaux). Le cervelet assure la coordination des actions musculaires et serait sans doute à l’origine des images parfois terrifiantes qui troublent la conscience humaine. - La science occidentale classique actuelle considère la pensée comme la somme et le résultat des activités physiologiques du cerveau. Elle attribue les capacités mentales extraordinaires (prémonition, pk...) à certains accidents cérébraux, que peuvent reproduire des drogues ou des pratiques ascétiques rigoureuses qui conduisent à un état de " transe ". La nouvelle science occidentale, avec la microphysique, établit un nouveau paradigme, que nous examinerons dans la troisième partie " Cosmos et connaissance ". Reliant matière-énergie-temps, elle modifie la relation entre notre conscience et le Cosmos, et considère que l’esprit et la matière sont des aspects différents d’une même réalité, rejoignant ainsi certains anciens concepts religieux : panthéisme, hindouisme, voire bouddhisme... - S’il est certain qu’il y a une relation entre zones cérébrales et activité cérébrale (zones de la vision, du langage...), on n’a encore jamais pu mettre en évidence une " zone de pensée ". S’il est certain que l’activité cérébrale agit sur le physiologique (la colère augmente tension, température, contractions...), quelle est l’origine de la volonté, ou du libre arbitre ? Avant l’exécution d’un mouvement volontaire, il y a naissance d’une impulsion nerveuse dans la zone correspondante du cortex ; qui est à l’origine de cette impulsion ? La pensée immatérielle ? Si oui, d’où vient-elle ? De la conscience ? 254-11 - Etats modifiés de conscience - Ces états permettent l’Eveil - Une modification de la conscience permet de pénétrer dans un univers où " visible " et " invisible " ne seraient qu’une seule et même réalité. Avoir accès à l’invisible pose le problème du contact : y-a-t’il exaltation de nos pouvoirs psychiques, ou contact effectif avec d’autres entités indépendantes de nous, les deux hypothèses pouvant d’ailleurs coexister ? - Les états non ordinaires de conscience ont été étudiés par Grof, avec l’aide de drogues hallucinogènes (en particulier LSD). La phase initiale correspond à une modification des perceptions et l’exaltation du sens artistique, puis survient une phase ultérieure avec réminiscence des événements émotionnels de la petite enfance, voire même de la période périnatale. Grof associe le " vécu-révêcu " de la naissance à une véritable " mort-résurrection ", avec les couples " vie utérine - certitude heureuse " - " début d’accouchement - peur devant une voie sans issue " - " progression " - refus de quitter la sécurité - et nécessité d’avancer vers l’inconnu " - " expulsion - émergence à une autre vie difficile " (avec passage de la phase aquatique à la phase aérienne). Y aurait-il résurgence de ces notions lors de la mort ? Nous reprendrons ce point dans le chapitre 26. - Les expériences de R. Tarz et H. Puthoff (SRI Californie - U.S.A. - 1972) ont été faites dans un caisson d’isolation sensorielle à double paroi, isolé totalement au point de vue visuel, acoustique, EM... Le sujet repose sur un matelas d’eau. Mis en isolation, il entre dans une autre réalité, il est " hors du monde ". Le sujet est relié à un électroencéphalogramme. Si une autre personne, dans une pièce normale, à distance, reçoit un flash toutes les dix secondes, on observera un synchronisme entre la fréquence des flashs et son EEG. On constate alors que le récepteur isolé synchronise son EEG sur celui de l’émetteur. Il est donc possible de percevoir des événements éloignés, même si cette perception est en dessous du seuil de conscience. - En mettant artificiellement le cerveau en phase avec les ondes qui se développent normalement lors des expériences vécues de décorporation, Monroe (Virginie - U.S.A.) réussit à faire atteindre à ses patients des états de conscience supérieure conduisant à l’accès à d’autres réalités : clairvoyance, sortie du corps, accès à d’autres plans de réalité, modification de l’espace-temps, rencontres avec d’autres énergies, d’autres entités non incarnées... - Les hommes vivent habituellement avec une sensation d’insatisfaction, d’étouffement, de vie manquée... mais parfois " quelque chose " s’éveille en nous, comme si la conscience " s’ouvrait " à autre chose, permettant la libération du pouvoir créatif. Il y a sensation d’une autre réalité, ressentie comme unique et essentielle, une autre compréhension de la vie et de l’univers, une illumination vous faisant sortir de soi, vous donnant les clés du cosmos... c’est la vision mystique, c’est la faculté X, c’est l’éveil. Alors, l’être humain abandonne son MOI pour se fondre dans l’univers, et il en éprouve une cohérence et une plénitude, parce qu’il atteint l’ETRE et qu’il s’y fond. C’est l’expérience ineffable des mystiques, c’est le sens de l’enseignement de Gurdjieff, c’est la voie des yogi, c’est la recherche psychédélique, c’est la pratique chamanique... Mais on rejoint ainsi aussi les conclusions scientifiques de J.E. Charon et de la Nouvelle Gnose... Ce point est essentiel et nous y reviendrons dans notre conclusion générale. - Transe et états modifiés de conscience - Nous venons de voir que c’était un état dans lequel il y a suspension passagère et partielle des fonctions cérébrales " normales ", avec " explosion " de la conscience. Dans cet état second, le sujet accède à une autre réalité, où visible et invisible ne se distinguent plus, où l’esprit est libéré du corps, où le MOI (entité indépendante) s’efface pour s’élargir dans un ensemble cosmique plus vaste et s’y intégrer. La transe est une véritable expérience transcendantale. Tous ceux qui ont expérimenté cet état savent qu’il est réel et indescriptible, et qu’ils n’ont besoin d’aucune preuve de cette réalité supérieure qu’ils ont vécu. - L’emploi de certaines substances, la pratique de certains exercices physiques ou mentaux, ou de certaines ascèses de vie, peuvent provoquer un état de transe, un état physiologique et psychique développant les propriétés paranormales. Outre la diminution, voire la perte de conscience, il y a souvent des symptômes biologiques : refroidissement des extrémités, convulsions, palpitations, accélération de la respiration et des pulsations (de 70 à 120/minutes);, apparition de marques cutanées... Il y a beaucoup de similitude entre les états d’extase mystique, l’usage de drogues, des exercices spéciaux (danse des " derviches tourneurs ", méditation bouddhique zen, ascèse avec jeûne sévère, flagellations, poses du yoga...). Certains états physiologiques conduisent aussi à cette dissociation psychique : hyperthyroïdie, période prémenstruelle, épilepsie, chocs émotifs, hypnose, manque d’oxygénation du cerveau... Les plantes hallucinogènes fournissent des drogues qui favorisent certains états paranormaux : aconit, belladone, ciguë, coca, digitale, datura, yohimbéhé... il en est de même des " champignons sacrés " (amanite, peyotl...). Il semble aussi exister une corrélation entre les phénomènes paranormaux et la production par l’organisme de certaines substances : adrénaline, cholestérol, corticostéroïdes, ocytocine, oestrogènes, vitamines... - Entrer en transe, c’est, comme le décrit un clairvoyant, R. de Fleurière : " avoir l’impression d’un dédoublement de personnalité, avoir une intelligence consciente qui devient passive, et une conscience subliminale suractivée, développant des pouvoirs prodigieux, des facultés nouvelles qui travaillent dans toutes les directions... ". - Y-a-t’il un rapport avec " l’inconscient collectif " de Jung " ? W. James le pense. Il admet que chacun baigne dans un continuum de conscience cosmique et que des éléments de cette conscience seraient capables de pénétrer dans notre propre esprit, qui les recevrait alors comme faisant partie de sa propre conscience. - Toutes les cultures font état de ce phénomène, qui conduit à de nouvelles et extraordinaires possibilités humaines. Transe et phénomènes paranormaux sont certainement liés. - Chamanisme - Le chamane est un être capable de modifier le fonctionnement de son système nerveux central, et d’agir ainsi sur son activité cérébrale consciente, par la danse, le bruit, l’emploi de drogues... Le chamane quitte ainsi la réalité matérielle visible immédiate, pour accéder à une autre réalité invisible qui anime l’ensemble de l’Univers, ce qui lui permet de discerner les voies à suivre, les réponses à donner à ses consultants. - En Amazonie péruvienne, certains alcaloïdes rendent les gens transparents, ce qui permet de " voir " l’intérieur de leur corps physique et de " lire " dans leur esprit, ou permettent de communiquer avec les animaux (singes, oiseaux, papillons... voire reptiles). Les chamanes peuvent ainsi localiser des objets, des animaux, d’autres hommes... appeler sur le rivage des marsouins ou des tortues luth ou des thons... La vision chamanique ne serait pas une simple hallucination, ce serait une production mentale visualisée intérieurement et pouvant être projetée à l’extérieur, ce qui lui permettrait une existence indépendante pendant un certain temps sous des formes diverses pouvant être vues par d’autres personnes : ce sont les " animaux de pouvoir " comme le jaguar ou l’aigle... Nous sommes loin de notre culture scientifique occidentale actuelle, et nous retrouvons la sorcellerie et les fantômes... ! Mais qui peut dire où se trouve la vérité ? - Drogues à voyager dans le temps et l’espace - Les drogues hallucinogènes modifient nos capacités de perception en modifiant notre fonctionnement cérébral. Ces drogues sont tirées de plantes toxiques et fréquemment de champignons " sacrés ", et servent dans les breuvages d’initiation. Leur usage est très dangereux, pouvant être mortel, ce qui conduit à l’interdiction de certaines consommations. Mexique (Aztèques) Téonanacatl mémoire prodigieuse (à base de psilocybine) Peyotl modification des sensations visuelles (à base de mescaline) et auditives : sons se transformant en couleurs, paysages extraordinaires Amazonie Yagi permet de voir et d’entendre à travers des obstacles ou à grandes distances. Ayahuasca la " vigne de l’âme " ou " liane sacrée ", mortelle à dose trop forte. Visions terrifiantes (démons crocodiliens...), paysages et bateaux extraordinaires Pérou Huachama clairvoyance et vision de l’avenir Equateur Huanta connaissance de l’avenir (à base de datura) Papouasie Honda divination, vision à distance, peut conduire au délire Sibérie Muchamore exaltation de la mémoire et divination (à base de muscarine) - Il y a lieu de faire état du Gréal, la boisson des Celtes, à base de six plantes de l’arc en ciel, qui était produit dans le pays des Grands Ancêtres, au-delà de l’océan, et qui était source de connaissance : violette (violet), bleuet (bleu), laitue (vert), bouton d’or (jaune), sauge (orange), vigne naturelle Noha (rouge). - La mescaline et la LSD (issue de l’ergot de seigle) produisent des sensations extraordinaires, bonnes et mauvaises suivant les cas, accompagnées d’un sentiment de bonté et d’appartenance à l’Univers. En fait, ces différentes drogues agissent en supprimant les mécanismes de filtrage du cerveau qui sont destinés à limiter l’afflux des sensations qui pourraient ne pas permettre un fonctionnement cérébral efficace pour la défense vitale. La conscience est alors submergée par une richesse extraordinaire de sensations. R.K. Spiegel (Université Los Angeles - U.S.A.), psychopharmacologue, a étudié ces effets et les a comparés à ceux provenant de certaines pathologies (épilepsie, fièvres, migraines...) qui correspondent à de vives excitations cérébrales. Les processus sont comparables, les variations provenant des différences du bagage culturel des sujets : au début de l’hallucination apparaissent des motifs géométriques simples (fleurs, spirales, toiles d’araignées...) qui sont des " constantes hallucinations " correspondant à des formes de base du vivant. Puis l’impression de mort et d’émersion dans une vie nouvelle change la conscience qui accède à la " vraie réalité " et relativise la vie matérielle. - Les excitants psychiques vont de l’alcool aux drogues (haschich, opium...) et aux hallucinogènes (psilocybine, mescaline...). Si les hallucinogènes semblent ne présenter que peu de danger aux faibles doses, avec absence d’accoutumance et de détérioration mentale ou physiologique, on ignore leurs effets sur de longues périodes, en particulier sur le psychisme, contrairement à ceux des drogues ou de l’alcool. - Aldous Huxley pense que plusieurs chemins peuvent conduire à l’illumination : exercices physiques, ascétisme, drogues, méditation... Mais le type d’illumination est-il le même ? Et les effets ressentis, en particulier à court terme ? En d’autres termes, le chemin suivi a-t’il de l’importance ? On l’ignore. Toutefois il semble y avoir davantage d’effets secondaires avec les drogues qu’avec les techniques mystiques. - Dissociation de personnalités - Il y a de nombreux exemples célèbres : Mary Reynolds (1816) à la double personnalité successive, changeant à chaque syncope, Ch. Beachamp (1898) aux quatre personnalités successives, Mollie Faucher, sujette à des crises d’épilepsie et qui changea cinq fois de personnalité. - Doris Fisher (1920) possédait cinq personnalités qui occupaient successivement sa conscience, aussi distinctes que s’il s’agissait d’êtres vivants autonomes : Doris vraie, Doris malade, Margaret, Margaret dormante, X. Les relations entre ces personnalités étaient complexes : Doris malade ignorait les autres, Margaret ne connaissait que les deux Doris... Deux hypothèses ont été formulées sur ce cas : - certaines de ces personnalités sont des " entités " étrangères à Doris Fisher, capables de révéler des faits inconnus, qui se révéleront ensuite exacts. Soumise à un exorcisme, Doris Fisher fut délivrée de ces " doubles ", mais est-ce dû au rituel où à l’effet psychique de ce rituel sur la personne ? - Ces personnalités coexistent dans la personnalité principale, représentant les trois modes de conscience : intellectuel avec " Margaret dormante " (calme, logique, prévoyante...), émotionnel avec " Margaret " (bonne ou méchante, affectueuse...), pratique avec " Doris malade " (sens du devoir, froideur, importance du travail...). - S. Dorcett (1957- U.S.A.) développa seize personnalités différentes, suite à des atrocités sadiques commises sur elle enfant par une mère malade mentale. De même, une autre victime (" Eve) psychiquemment brisée par les sévices mit dix neuf ans à rassembler ses dix neuf individualités en une seule. B. Milligan (1977- U.S.A.), accusé de viols, présentait vingt cinq personnalités différentes, dont douze bien identifiées. Il avait subi de graves sévices dans son enfance de la part de son beau-père. D’autres cas ont été souvent cités, révélés la plupart du temps par hypnose, correspondant très fréquemment à des sévices psychologiques et sexuels de l’enfance et l’adolescence, entraînant la détérioration du MOI-EGO. La formation de personnalités multiples permettait à la victime de tenter d’apporter une réponse à une réalité insupportable, par la création intérieure et la projection d’images mentales servant de modèles. Certains avancent d’autres explications aux personnalités multiples : vestiges de vies antérieures, " possession " par des entités extérieures à notre monde ou par d’autres esprits humains. Pour S. Freud, toute personnalité est basée sur la coexistence de trois forces, le SURMOI (défense contre la culpabilité, l’EGO (MOI conscient) et le çA (inconscient), qui peuvent entrer en conflit et donc générer des névroses. Comme il y a de nombreuses possibilités de communications entre ces forces, il s’en suit que la personnalité peut présenter des aspects différents suivant les circonstances ; si ces forces arrivent à s’isoler et être séparées, il y aura dédoublement de personnalité. - Le processus de passage d’une personnalité à l‘autre est réel. Le Dr F. Putnam (Institut Mental Health - 1982) a constaté que le flux cérébral sanguin changeait alors chez le sujet dédoublé, ce qui n’est pas le cas des acteurs qui interprètent des rôles différents. Peut-on avoir en chacun de nous deux individus différents, deux personnalités différentes . Une école de psychologie (U.S.A.) pense que chaque hémisphère cérébral aurait son fonctionnement, ses émotions, ses souvenirs, ses repères propres... Il s’ensuit qu’il peut y avoir désaccord entre les deux hémisphères, avec des domaines d’intérêt différents, donc que le cerveau serait constamment sous tension, mais que dans l’état normal un seul hémisphère (habituellement le gauche) resterait dominant. - Les créateurs disent souvent que leurs oeuvres ont été réalisées sous " une impulsion venue d’ailleurs ", et l’on sait le rôle que joue alors le cerveau droit avec des ondes delta S. Or les sujets présentant des troubles de la personnalité semblent davantage prédisposés à la création artistique ou aux dons paranormaux. Il serait possible de supposer que les phénomènes paranormaux se manifestent quand le flux sanguin qui augmente normalement dans le cortex au cours d’une activité sensorielle, augmente aussi dans le cerveau limbique, entraînant le " réveil " des anciennes manières d’appréhender le monde (télépathie entre êtres vivants, vision cutanée, audition colorée...). 254-12 - Hypnose - Qu’est-ce que l’hypnose ? - C’est une forme de transe légère provoquée par les paroles d’un hypnotiseur, entraînant la focalisation de l’attention sur une seule chose. Ce peut être la parole, dont le ton, le rythme sont déterminants ou le mouvement d’un objet, ou le regard qui peut transmettre des ordres mentalement. Demov (1923-24 - U.R.S.S.), avec plus de 10.000 expériences sur des animaux, en démontra la réalité, le rayonnement serait à la limité des IR et des ondes hertziennes, et serait capté par la glande pinéale (ou retrouve la notion du troisième oeil !), dont l’excitation électrique crée effectivement des sensations lumineuses. Reprenant ces travaux, Toulouguine (1942 - U.R.S.S.) démontra que le rayonnement du regard humain (porteur d’ordres cérébraux) est du domaine des ondes EM très courtes (hyperfréquences millimétriques). - L’hypnose n’est pas un sommeil, mais un état d’engourdissement et de relaxation du cerveau permettant une suggestibilité maximale. C’est une modification de l’état de conscience. Nous sommes tous hypnotisables à des degrés divers et les intellectuels qui ont l’habitude de se concentrer le sont plus facilement que d’autres. - L’hypnose est capable d’entraîner des modifications physiologiques : rythme cardiaque, respiration, sensibilité nerveuse, tonus musculaire... Elle est employée en médecine surtout pour permettre des cures de sommeil, éviter la douleur dans les petites interventions chirurgicales, dentaires ou médicale. Elle fait merveille dans le traitement des affections psychosomatiques (asthme, allergies, urticaires, colites, énurésie, certains ulcères...). Elle est aussi utilisée en accouchement et en toxicomanie. - L’hypnose paraît être la plus ancienne des thérapeutiques, déjà connue et utilisée en Egypte il y a 4000 ans. En fait, biologiquement, toute cellule, tout organe, tout être se trouvant sous l’action d’excitations monotones incessantes et régulières entre inévitablement en état d’inhibition. En répétant la suggestion " sommeil ", le sujet récepteur reste éveillé, ne s’endort pas, mais accepte la suggestion et " se croit " endormi. Le sommeil hypnotique, comparable au sommeil normal, a la propriété de rendre les organes et les tissus insensibles à la douleur. - Par hypnose, on peut faire resurgir les souvenirs inconscients que notre mémoire consciente a oublié. Certains arrivent même, par régression hypnotique, à faire apparaître des existences antérieures, permettant de résoudre même des conflits psychophysiologiques actuels dont l’origine est très lointaine (voir à ce sujet l’exemple de Thomas Orville guéri par les époux Kelsey, cité par Isola Pisani. - L’hypnose peut être collective, lorsqu’un meneur oriente une communauté par ses paroles, ses attitudes, sa foi, dans un sens désiré par lui... d’autant plus facilement que l’assistance " attend " ce qu’on lui a annoncé. On peut admettre que certaines émissions radio et surtout T.V. peuvent agir de cette manière. - Autohypnose - Lorsque nous nous concentrons sur une activité déterminée, tout ce qui se passe à l’extérieur, toutes nos autres pensées, le temps... disparaissent et nous nous trouvons immergés dans une seule idée, une seul acte. On parle " d’autohypnose ". La méditation, la création, la contemplation, l’exploit physique... relèvent de cet état particulier. Elle a bien des points communs avec l’autosuggestion ou la sophrologie. - Il est donc possible d’influencer son propre esprit par suggestion. La méthode Coué (1910-1926) et la méthode Silva (1960-1970) aboutissent aux mêmes résultats. Les ondes cérébrales µ traduisent un état de conscience intérieure permettant l’autosuggestion : le cerveau doit se libérer de toute activité courante, mais reste éveillé, disponible. Il faut associer relaxation et méditation, réaliser la paix intérieure, visualiser une image simple, puis de plus en plus complexe, et vouloir réaliser cette situation imaginaire, cet événement, croire en sa réalisation, l’attendre avec force. Si nous nous concentrons sur une pensée forte, notre corps la transforme en action. - L’hypnose n’est probablement le plus souvent que de l’autohypnose. L’hypnotiseur n’est qu’un vecteur, guidant le sujet pour qu’il parvienne à un résultat. Par autohypnose, on peut chasser la fatigue, calmer la douleur, augmenter sa résistance, modifier la température du corps, réguler les actions hormonales, accélérer une guérison... L’autohypnose facilite l’équilibre personnel, la maîtrise de soi, la santé... - La " double hypnose réciproque " a été utilisée par Tart (Université Californie - U.S.A.). Il fait hypnotiser un sujet par un autre sujet et celui-ci demande au sujet hypnotisé de l’hypnotiser à son tour. A ce stade, les échanges verbaux sont inutiles, la communication se fait mentalement, directement, sans efforts, conduisant à une grande intimité par pénétration mutuelle des psychismes. Les acteurs ont l’impression que leurs corps sont abandonnés " comme l’écorce d’une arbre " et qu’ils deviennent " purs esprits " sans enveloppes corporelles... - Hypnose et perceptions extrasensorielles - Les effets de l’hypnose sont extraordinaires : - abolition de la conscience personnelle - extension importante de la mémoire - augmentation de la suggestivité mentale, pouvant aller jusqu’à l’apparition d’une nouvelle identité (habituellement dominée et cachée) - importantes modifications physiologiques liées aux réactions mentales : insensibilité à la douleur, inhibition des réactions allergiques à des plantes urticantes, et à contrario, réaction à des plantes inoffensives, apparition de marques de brûlure (ampoules...) par simple suggestion, guérison de verrues... - activation de l’état de vigilance. Nous recevons normalement beaucoup plus d’informations que nous n’en gardons conscience, car le cerveau opère un filtrage afin de ne conserver que celles nécessaires à la survie. - L’accroissement des capacités sensorielles peut être incroyable. Les expériences de E. Marais (1922) le démontrent : Vingt coquilles d’escargots aussi voisines que possible, numérotées à l’intérieur, sont rangées sur une table en l’absence de l’hypnotiseur et du sujet, jeune fille de dix huit ans. Puis celle-ci, sous hypnose, entre dans la pièce et touche les coquilles les unes après les autres, sans les soulever. On mélange ensuite les coquilles en son absence, et elle est capable, en les touchant à nouveau, de les replacer dans l’ordre ! Vingt personnes manipulent chacune un objet différent qu’elles posent ensuite sur une table. Une jeune fille de vingt et un ans, sous hypnose, prend alors chaque objet, le flaire, puis flaire les mains des vingt personnes, ce qui lui permet d’attribuer chaque objet à chacun. La quinine peut être détectée à la dilution de 200 pour 10.000 en solution (alors qu’on ne dépasse pas 4 pour 10.000 à l’état normal). Un sifflement de serpent peut être perçu à 200 mètres (au lieu de 30 mètres). - Une expérience sur le sens de la localisation dans le désert australien n’est pas moins extraordinaire. Le concepteur cache trois oeufs dans un creux du paysage. Les sujets sont admis à regarder, puis emmenés à 200 mètres de distance puis 100 mètres à la perpendiculaire, soit environ 280 mètres de distance des oeufs, à vol d’oiseau. A l’état normal, personne n’est capable de les retrouver, mais sous hypnose, si (même à des distances augmentées jusqu’à 1600 mètres). - L’hypnotisme permettrait-il l’activation de certains récepteurs dans le cerveau ? J. Bergier cite le cas d’une femme de soixante trois ans, ramenée à l’âge de huit ans sous hypnose, qui retrouve alors son écriture et son orthographe de fillette, se souvient du programme de sa journée, et redevient capable de lire sans lunettes !... Vasileyev, en 1921, a montré l’influence des aimants sur la perception de sujets hypnotisés : en approchant à cinq centimètres un aimant dont le pôle N est orienté vers la tempe droite, on déplace des images lumineuses dont on a suggéré l’existence mais qui ne correspondent à aucune source réelle. Si ce pôle N est orienté vers la tempe gauche, il n’y a plus de phénomène. Nous savons par ailleurs que des muscles qui se contractent émettent des signaux radioélectriques (1960 - U.S.A.). Y-aurait-il un espace " bio-psychologique " plus étendu que " l’espace-temps " de la physique ? 254-13 - Lévitation et bilocation - Lévitation - C’est la capacité de s’élever au-dessus du sol. Elle semble avoir été surtout constatée chez les mystiques. Chez les saints, elle est peut être provoquée par un puissant désir de rejoindre Dieu ; lorsqu’ils sont en prière, en extase, " hors d’eux-mêmes ". Mais il y a des cas où la lévitation se produit en dehors de tout contexte mystique ou religieux, ce qui laisse supposer qu’il s’agit d’un phénomène purement physique. - Il y a des cas prouvés par de nombreux témoins : Saint-Pierre d’Alcantara, Sainte Christine de Liège, Agnès de Bohème, Bernardino Réalino, Joseph de Copertino, F. Suarez... Sainte-Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite à vingt ans, ascète et mystique, réformatrice de son ordre, finit par diriger dix-sept couvents. Elle avait des transes extatiques, avec lévitation, pendant lesquelles elle perdait conscience ; au réveil, elle se sentait " libérée de son poids "... Le prêtre R. Smith, en 1965, se basant sur le fait que ces phénomènes avaient lieu en petit cercle fermé, avec des témoins peu fiables, les attribue plutôt à des états modifiés de conscience. Plus de cents témoins relatent des lévitations de Joseph de Copertino. En 1645, le grand amiral de Castille, ambassadeur d’Espagne auprès du Pape, en fut témoin lui-même. Ces lévitations accompagnaient ses émotions violentes. Le médium D. Home, en 1870, réalisa plusieurs lévitations, dont la plus célèbre, mais aussi la plus controversée fut la passage par une fenêtre (située à 21 mètres de hauteur), et retour par une autre fenêtre distante de 2 m 30 (13 décembre 1868). Il ressentait un fourmillement électrique dans les pieds au moment d’être soulevé, mais n’avait pas conscience d’être porté en l’air. S. Moses montait à 30-40 centimètres. Assis sur une chaise, il atteignit une fois 1 m 80. Il avait l’impression d’être dans un ascenseur, sans avoir l’esprit troublé, mais avec une légère difficulté à respirer. Ruggini put monter à trois mètres environ, avec une lévitation et une descente brutales. - Les cas attribués aux yogi de l’Inde paraissent véritables. Ils exigent la maîtrise des techniques de contrôle du corps (respiration, relaxation...). Le Maharishi Mahesh Yogi, qui enseigne la méditation transcendantale, a crée une école en Suisse. En associant médiation et mouvements de balancement, il semble possible d’atteindre un état de lévitation : une élève, A. Haupt, s’est ainsi élevée à 1 m 50 du sol, presque sans s’en rendre compte. - Citons un cas particulièrement intéressant. En août 1974, W. Lincoln se rendit avec trois amis sur l’anneau de Chanctonbury (Angleterre) qui est le point nodal de cinq alignements préhistoriques de tumuli, dolmens, églises du Haut Moyen Age construite sur d’anciens lieux de cultes... Il se sentit soudain soulevé de terre par une force inconnue qui le maintient environ à 1 m 50 du sol pendant trente secondes. Il cria " Assez, assez... " et retomba sur le sol. Y-a-t’il influence du lieu et des courants telluriques ? - Bilocation ou ubiquité - C’est la capacité de se manifester simultanément en deux endroits différents. On peut associer ce phénomène à celui des apparitions. Un exemple célèbre est celui d’Alphonse de Ligori. Le 21 septembre 1774, à Arienzo (Italie), Alphonse de Ligori tomba dans un état extatique, restant deux jours sans mouvements, dans une léthargie profonde. Quand il revint à lui, il répondit à son entourage effrayé " ...vous croyiez que je dormais ou que j’allais mourir, mais j’étais en train d’assister le pape qui vient de mourir... " Clément XIV mourut le 22 septembre, à 7 H 00 du matin, un peu avant le réveil d’Alphonse. Et la suite pontificale confirma la présence d’Alphonse de Ligori à Rome avant la mort du pape. Le Padre Pio jouirait de la même possibilité, mais les témoignages précis et rigoureux manquèrent. 254-14 - Marche sur le feu - La marche sur le feu est un rituel religieux et mystique dans de nombreuses cultures, attesté dès -500 en Extrême Orient, puis au Moyen Orient et même en Europe au Moyen Age. Il y en a encore de nombreux exemples actuellement en Inde, au Japon, à l’île Maurice et aux U.S.A. - A Kalagarama, aux Indes, le swami Gauribala, après s’être recueilli, s’engage sur les braises (" il " trace le chemin ") suivi des autres participants. Dès qu’il sent la fatigue le gagner, il ordonne d’arrêter aussitôt, sinon les autres peuvent être grièvement brûlés : il " prend la brûlure du feu " sur lui... Il paraît difficile d’admettre qu’il s’agisse d’une hypnose collective ! Ceci est à rapprocher du témoignage de J. Churchward concernant le " Rishi ", le maître qui l’initia. Faisant amener un charbon ardent sur une pelle, il le prit du bout des doigts et le plaça dans la paume de Chuchward tout en lui tenant la main. Celui-ci ne sentit rien. Lui retournant la main pour en faire tomber le charbon, le rishi lui demanda de le ramasser et Churchward le lâcha en criant, la main brûlée. Le maître prit alors le charbon et remit sur la pelle, en lui disant " Soulage ton esprit de tous les problèmes matériels, pour te concentrer sur le spirituel ". - A Pasadena (Californie - U.S.A.), Tony Robbins organise des séances où il apprend aux participants à dépasser leurs limites à surmonter leurs blocages, à vaincre leur peur. Pour lui, tout est possible à l’être humain. Il apprend à se décontracter, à crier, à sortir de soi-même, à entrer dans un " état second ", et en fait la démonstration en entraînant les participants à marcher sur des braises à 650-700°C sans ressentir aucun mal ni présenter de brûlures : ils ne gardent que l’impression d’un rêve. - Ces séances ont concerné des milliers de personnes. Son message est simple : " il suffit de préparer correctement l’esprit humain pour que tout lui devienne accessible... Quand les gens ont le courage de faire le premier pas, ils découvrent le secret de la réussite et du bien-être... - Les explications avancées sont de quatre ordres : s il peut se produire une caléfaction : un liquide exposé à une forte chaleur crée un film de vapeur isolant ;s la respiration cadencée et la prononciation de psalmodies permettent d’atténuer et même d’effacer la douleur. Cet effet est encore plus efficace la nuit, car l’organisme, sans être endormi réellement, vit un " état de sommeil " qui diminue la sensibilité consciente ;s il y a une différence entre chaleur et température. Un charbon végétal léger brûlera moins qu’une plaque métallique lourde, à cause des différences de capacité calorifique : c’est aussi le cas d’un four dont l’air chaud reste supportable, alors que le moule (à même température) est insupportable !s être assuré mentalement qu’on est protégé par son esprit donne la capacité de supporter une douleur, même forte, sans dommages.254-15 - Combustions spontanées - Ce sont des combustions plus ou moins complètes d’un être humain, sans causes apparentes immédiates, et sans qu’il y ait destruction de l’environnement. L’origine du feu semble bien être la personne carbonisée elle-même. Le plus surprenant est l’absence, au moins partielle, de combustion des objets situés près de la victime, surtout si l’on sait que la crémation d’un vertébré exige beaucoup d’énergie calorifique et beaucoup de temps. - Le phénomène n’est pas récent, puisque Charles Dickens en avait relevé trente cas en 1832. On dispose actuellement, pour l’époque récente, de vingt cas absolument indiscutables. La plupart du temps, on découvre une personne plus ou moins carbonisée sur son lit, ou sur une chaise ou sur le sol. Or généralement ni le lit, ni la chaise ni le plancher ne sont brûlés, ils présentent parfois des traces de combustion ! En 1930, un chercheur américain, P. Vesey, fut trouvé consumé dans son bureau, alors qu’aucun papier à proximité n’avait brûlé ! En 1938, J. Greely, pilote du navire britannique Ulrich, fut trouvé brûlé dans la cabine de pilotage au large de l’Irlande, à l’exception de ses chaussures et des instruments de navigation. Le même jour, dans la même zone, sur terre, un chauffeur routier fut trouvé carbonisé dans la cabine de son camion resté totalement intact ! Le 2 juillet 1951, à Saint-Petersbourg (Floride - U.S.A.), Mme Reeser, 68 ans, fut trouvée carbonisée et son fauteuil brûlé sous elle (ce qui correspond à une température d’environ 1500°C !). Par contre au-delà d’un cercle d’environ un mètre de diamètre, où tout était calciné, il y avait peu de dégâts La glace murale avait éclaté, mais le papier peint était légèrement noirci, ainsi que le tapis, et un pied de Mme Reeser chaussé d’une pantoufle, situé à l’extérieur, était intact. - Vers la même époque, un cas similaire s’est produit à Uruffe (France) : les murs étaient couverts de suie grasse jusqu’à une certaine hauteur mais tout ce qui était dans la pièce était intact, même les objets facilement combustibles. - Un autre cas s’est produit en Normandie (France) en novembre 1998 : Madame G. Loquet, veuve depuis un mois, a été retrouvée presque totalement calcinée, dans son fauteuil (dont le tissu du dossier est resté partiellement intact !). La chaleur a pourtant dû être intense puisque le carrelage sous le fauteuil a éclaté. Rien d’autre n’a brûlé dans la maison, il y a seulement des traces de suie sur les murs. Pour obtenir la combustion du corps, il aurait fallu une température de 800°C pendant plus de 90 minutes ! Aucune explication n’a été proposée. - Quelle est la cause de telles combustions ? Un semblant de piste a été proposé : toutes les victimes semblent avoir eu une peur pathologique du feu... mais cette explication paraît très insuffisante ! Y-a-t’il une relation avec les poltergeists et les projections de pierres brûlantes ? Y aurait-il une origine dans l’augmentation du potentiel électrique du corps ? A Soho (Grande Bretagne), dans un club, une jeune fille est morte brûlée et son cavalier blessé, des flammes sortant du dos, des épaules et des seins de la jeune fille ! On se souvient des énergies EM dégagées par certains sujets (voir paragraphes 252-11 et 252-12). Y-a-t’il une relation avec l’activité physiologique, comme une hyperthyroïdie souvent accompagnée de sensation de " chaleur interne " comme nous le verrons dans le paragraphe suivant ? 254-16 - Stigmates - Ce sont des lésions de la peau, ouvertes, avec exsudation de liquide séreux plus ou moins sanguinolent. Les stigmates sont liés à une identification spirituelle avec un être divin ou prophète (Jésus et Mahomet le plus souvent) et témoignent d’un mysticisme émotionnel chez le croyant. Il est prouvé que la pensée peut provoquer des modifications somatiques profondes qui sont donc de nature purement suggestive. Le médium Mme Kahl était capable de faire apparaître sur sa peau les images des objets auxquels elle pensait fortement. - Les stigmates sont absents jusqu’au treizième siècle et apparaissent avec Saint-François d’Assise. Ils deviennent ensuite assez nombreux, mais sont variables et différents les uns des autres, correspondant bien aux représentations mentales des stigmatisés, et non à la réalité de la crucifixion (clous dans les paumes et non dans les poignets, croix en Y ou en +, coup de lance à droite ou à gauche...). Parmi les cas célèbres, ou peut citer, outre Saint-François d’Assise (Italie treizième siècle), Thérèse d’Avila (Espagne seizième siècle), Anne Catherine Emmerich (Allemagne dix-neuvième siècle), Padre Pio (Italie - vingtième siècle), Cloretta Robertson (U.S..A. vingtième siècle), Katsuko Sadagawa (Japon vingtième siècle)... Le cas de Marie Kourbert Akhrass (Damas - Syrie -1 1986) est particulier : elle a les stigmates et exsude de l’huile d’olive, comme son icône qu’elle prie. - Il y a davantage de stigmates chez les femmes que chez les hommes. Les enquêtes de I. Wilson en 1989 sur 88 cas, de F. Benne et J. Boufflet sur 100 cas, du Dr Imbert-Goubert sur 321 cas, aboutissent au même pourcentage de femmes : 86 à 89%. - Il n’est pas possible de nier l’influence et l’émotion sur ce processus physiologique. S’il s’agit le plus souvent d’émotions mystico-religieuses, il peut aussi s’agit d’autres types d’émotions : c’est parfois le cas de femmes battues et psychologiquement déséquilibrées qui arrivent ainsi à extérioriser leurs souffrances mentales. 254-17 - Biologie et mysticisme - Si l’ascèse (effort continu sur soi, jeûne prolongé, maîtrise des réactions physiologiques conscientes par action de la volonté...) est peut être à la base du phénomène mystique, l’action du psychisme peut faire apparaître de nouvelles propriétés biologiques (émission de lumière, de chaleur, lévitation...). L’étude des mystiques montre qu’ils possèdent généralement ou qu’ils créent une énergie particulière, dont ils semblent avoir besoin (pour quel usage ?) et que cette énergie semble d’origine thyroïdienne. - L’hyperthyroïdie est caractérisée par plusieurs symptômes : température élevée, yeux brillants et exorbités, coeur dilaté avec palpitations et pouls élevé, intolérance aux hydrates de carbone, maigreur, tremblements, pigmentation de la peau.... Or, que constate-t’on sur certains religieux mystiques, depuis le quinzième siècle ? Sainte-Catherine de Gènes (15ème siècle) : soif extrême, peau brûlante ultra sensible, forte chaleur interne Saint-Philippe de Néri (16ème siècle) : halo lumineux, a toujours trop chaud surtout au coeur et à la gorge, yeux étincelants... Sainte-Marie-Madeleine de Pazzi (16ème siècle) : feu brûlant dans la gorge et le coeur la conduisant à boire constamment de l’eau glacée même en plein hiver et à se rouler dans la neige... La vénérable Sérafina di Dio (17ème siècle) : peau brûlante, yeux étincelants, figure rayonnante, sang " bouillant ", corps encore chaud 24 heures après sa mort... Maria Villani : yeux enflammés, gorge brûlante, soif intense (elle buvait 20 litres par jour !)... Le Padre Pio (20ème siècle) avait des crises de mysticisme s’accompagnant d’une forte élévation de température (³ 42°C, car les thermomètres éclatent ! comment peut-on dépasser 40°C sans risques mortels ?), sans élévation du rythme respiratoire ou sanguin. - L’étude de la vie de 200 femmes mystiques met fréquemment en évidence qu’elles étaient sujettes à des dérèglements hormonaux (thyroïdiens) ou à des pulsions certainement inconscientes de nature sexuelle (comme T. d’Avila, M.M. de Pazzi...). D’autres ont été la proie de troubles cérébraux dus à des maladies ou à des chutes (comme Gemma Galgani - 19ème siècle - Thérèse Neuman 20ème siècle...). Il y a donc une interaction entre le psychique et le biologique, ce qui n’exclut d’aucune façon l’aspect religieux de leur comportement (en particulier les stigmates). 254-18 - Guérisons paranormales - Existe-t’il des cas de guérisons spontanées de maladies incurables ? - De plus en plus de témoignages font état de guérisons spontanées lors de maladies cataloguées incurables ou désespérées. Dans sa quasi totalité, le corps médical, formé à considérer la maladie et non le malade, le traitement et non l’aspect psychologique de ce traitement (aspect qui peut fortement différer d’un patient à un autre), ne peut accepter de prendre en compte les cas inexpliqués de guérisons, qui se trouvent donc éliminés des statistiques ! Or il y a là une source d’informations - difficiles à exploiter peut-être - capables d’ouvrir de nouvelles voies de traitements. - A la suite d’un enquête systématique sur des cas exceptionnels de rémissions ou de guérisons, aux U.S.A., C. Hirshberg et I. Barash sont arrivés à la conclusion que nous possédons tous en nous un " système de guérison ", et ont essayé d’en préciser les mécanismes. - Sans reprendre les nombreux cas étudiés par les auteurs, voici deux cas typiques : Cas de M. De Angelo. En 1960, tumeur abdominale " de la taille du poing " avec métastases au foie, inopérable. En 1972, souffrant de la vésicule biliaire, et examiné par le Dr Rosenberg, celui-ci constate la disparition complète du cancer initial, de façon inexplicable ! Cas de R. Moore. En 1966, âgé de 55 ans, présente une difficulté respiratoire depuis six semaines qui se révèle être un cancer du poumon indifférencié à petites cellules et développement rapide, dont le traitement est inutile. M. R. Moore reprend son activité sans être mis au courant de la gravité de son cas. Cinq ans après, retournant au même hôpital pour se faire soigner d’une douleur à l’épaule, les radios faites montrent l’absence totale du cancer antérieur. Lors d’un pontage coronarien, réalisé quelques années plus tard, les examens confirment l’absence de cancer, et l’autopsie faite après sa mort, à 80 ans, le confirme aussi. - Hirshberg et Barash estiment qu’il y a plusieurs catégories de guérisons exceptionnelles. * Sans traitement : la maladie, diagnostiquée (par radiographie, biopsie ou autres examens), n’est pas soignée médicalement et disparaît spontanément. * Traitement inadéquat : la maladie, diagnostiquée, est traitée de façon conventionnelle mais sans espoir de guérison. Celle-ci intervient spontanément. * Evolution interrompue correspondant à une rémission inexplicable, ou à une survie prolongée, en dehors des estimations statistiques normales. * " Miracle " ou guérison par une action spirituelle (en particulier, la foi), comme c’est le cas dans certains sanctuaires, tel celui de Lourdes. Ils citent de très nombreux cas correspondant à ces catégories. - Quels sont les éléments qui peuvent intervenir dans ces guérisons paranormales ? - Y-a t’il des éléments communs à ces différents cas, permettant d’ouvrir des points de recherche ? Tout d’abord, faut-il informer ou non le patient de la gravité de son état et de ses chances de survie ? Cela dépend de la psychologie du malade et de sa résistance mentale. En analysant les comptes-rendus de rémissions spontanées du cancer publiés dans la presse de 1900 à 1987, Chalkis et Stam ont pu mettre en avant comme causes possibles, l’action des facteurs immunologiques et hormonaux, le choc opératoire ou certaines autres infections, voire même des transfusions, mais ils ne tiennent pas compte des personnalités des patients, de leurs conceptions ou de leur style de vie... Or, l’importance du facteur psychologique apparaît de plus en plus : variations des relations affectives, foi en la prolongation de sa vie, désir de lutter contre la maladie... - Hirshberg et Barash dégagent certains éléments qui apparaissent fréquemment. Ÿ Impression de grande chaleur. Le retour de la sensibilité des terminaisons nerveuses s’accompagne de sensation de brûlure et de douleur. Cette sensation de brûlure existe aussi dans les témoignages d’autres cultures : les Bushman du Kahalari parlent de " l’énergie bouillante " qui est force de guérison. Y aurait-il une source d’énergie susceptible d’être libérée dans certaines circonstances par notre corps ? Cette chaleur est-elle à rapprocher des phénomènes de combustion spontanée (paragraphe 254-15) ? Est-elle la même que celle dégagée par les moines tibétains ? Ceux-ci utilisaient la visualisation pour provoquer des effets extraordinaires dans leur organisme : faire monter leur température superficielle de 10°C au-dessus de la normale, par une température extérieure proche de O°C, tout en gardant une température interne suffisante : ils arrivent ainsi à faire sécher sur eux des draps mouillés par " action psychique ".Le psychisme peut donc modifier la température corporelle (voir Padre Pio, paragraphe 254-17), la résistance immunitaire, et donc peut-être l’évolution d’une maladie. Ÿ Facteurs personnels. L’adoption d’une attitude positive, la libération de nos émotions, le refus psychique de la maladie. Il faut utiliser l’épreuve comme moyen de se révéler à soi-même pour devenir plus homogène (il faut se " réintégrer ") et croire " (ce que tu crois, sera). Les liens affectifs ont un pouvoir curatif incontestable.Ÿ Choc émotionnel (lieu de pèlerinage, imagerie mentale, sensation d’être aimé " pour soi "...), prière, quelle qu’en soit la forme et quelque soit le Dieu, qui associe focalisation de l’attention, pacification du mental, visualisation de la guérison,.. ensemble qui semble capable de mettre en oeuvre des énergies inconnues. Ceci explique que le " miracle " soit variable et non reproductible, car il dépend de trop d’éléments pour être prévisible.Ÿ Possibilité d’entrer dans des états modifiés de conscience.Tous les stades peuvent être envisagés, depuis la " sortie hors de soi " (perte de conscience, sensation d’être étranger à la réalité de ce qui nous entoure,...), l’hypnose et l’autosuggestion, dissociation de personnalité... On sait que l’hypnose et l’autosuggestion permettent de modifier notre réaction immunitaire. Le changement de personnalité entraîne des transformations physiologiques (acuité visuelle, puissance musculaire, taux d’hormones thyroïdiennes, pression sanguine, sensibilité nerveuse...). Y aurait-il, de façon même provisoire, un tel changement de personnalité dans un processus de guérison impliquant systèmes immunitaire, sanguin, nerveux, hormonal... ? Le psychiatre R. Assagioli (Italie - 1982) rejette l’idée d’une personnalité monolithique et immuable, et pense que chacun est constitué d’un ensemble d’images de nous-mêmes (donc de consciences) avec leurs caractéristiques propres (croyances, sentiments, attitudes, comportements...), constamment en opposition les uns les autres, et que c’est par leur intégration harmonieuse qu’on arrive à la plénitude harmonieuse : l’important est d’ETRE. - Immunité et psychisme - L’influence du mental sur l’immunité a été démontrée par R. Ader et N. Cohen (Université Rochester - U.S.A.). On administre à des rats de l’eau sucrée et de la cyclophosphamide (qui provoque des douleurs gastriques), ce qui entraîne rapidement le rejet de l’eau sucrée par les rats. Si on les force à absorber de l’eau sucrée seule, ils présentent les symptômes de l’absorption de l’eau avec cyclophosphamide, et certains en meurent ! - Il y a donc bien action du mental sur le physiologique. Cerveau et système immunitaire dialoguent constamment : le cerveau envoie des messages, qui influencent les lymphocytes, le système immunitaire envoie aussi des messages chimiques à l’hypothalamus qui commande l’expression des émotions. D’où l’importance des émotions - donc du stress - dans la réaction immunitaire ! Le stress conduit le cerveau à libérer des hormones qui agissent en freinant l’immunité : le désespoir peut inhiber toute réaction : des rats soumis à des chocs électriques sans aucune possibilité d’échapper deviennent totalement apathiques, n’utilisant même plus la possibilité de s’enfuir quand elle leur est offerte. Il ne faut pas non plus négliger l’importance de la solidarité sociale, et surtout de l’amour personnel qui reste " le plus puissant stimulant du système immunitaire " (L. Hay - Californie U.S.A.). - R. Ader (U.S.A. - 1974) a démontré que chez le rat, le système immunitaire était interdépendant du système nerveux et du système endocrinien. Il existerait donc un " métasystème " composé lui-même de systèmes plus élémentaires, avec des liaisons multiples entre les éléments de ces systèmes (axones - lymphocytes - endorphine...). Le " système de guérison " serait un métasystème travaillant au deçà du seuil de la conscience, et assurant normalement les trois fonctions de diagnostic, autoréparation et autorégénération. A l’état normal, toute cellule étrangère ou indésirable (comme une cellule cancéreuse) sera identifiée, détruire et éliminée, sans intervention de notre conscience. Ce système assure notre vie habituelle, réparant les coupures, détruisant les bactéries introduites, mobilisant nos réserves... En cas d’atteinte grave, il y a mobilisation totale de l’organisme et donc aussi du système de guérison avec intervention de la psyché capable de modifier certaines fonctions inconscientes (température, battements de coeur...) et de dépasser certains seuils qui bloquaient ou retardaient la guérison. - Il est possible encore que le système de guérison ne soit pas seulement en nous, mais qu’il soit partie intégrante de nous-mêmes...., qu’il soit NOUS et qu’il réponde au désir d’harmonie et de plénitude propre à notre essence humaine. - Signalons un fait capital. Les lymphocytes d’un cancéreux du poumon (Joc Mayerlé - U.S.A. - 1959) qui avait spontanément guéri, ont été capables de réduire de moitié une colonie de cellules cancéreuses d’un autre malade atteint du même type de cancer. Il y a donc une immunité acquise. On rejoint -peut-être - les tentatives du Dr Coley (Grande Bretagne 1893) qui ayant remarqué que certaines rémissions spontanées de cancer étaient associées au fait que le patient avait fait une grave infection avec fièvre, mit au point un sérum à base de streptocoques et d’autres bactéries. Il obtint des succès variables (50% de survie de plus de cinq ans sur des sarcomes de tissu mous, 38% sur des cancers de ganglions, échec total sur les cancers osseux...). Ici encore, augmentation de la défense immunitaire ? ou sensibilité des cellules cancéreuses à la chaleur fébrile ? - Guérisons et miracles - Certaines guérisons sont obtenues par des soins ne correspondant pas aux critères de la médecine moderne orthodoxe : par imposition des mains, par suggestion hypnotique, par prière collective ou individuelle... Au long de l’histoire, toutes les sociétés ont utilisé ce type de guérisons, avec emploi de symboles et de rituels, par des fortes émotions, par des états modifiés de conscience, par le soutien de communautés animées par la foi et la compassion, par la confiance ou l’action d’une divinité puissante et secourable... - Le processus de guérison par imposition des mains est très ancien. Ce traitement, qui n’opère que par psychisme, sans avoir recours à un agent thérapeutique, est-il issu d’un pouvoir mental, paranormal, spirituel ? Il n’y a pas de réponse certaine... Certes, on peut admettre, d’après l’enquête faite en 1954 par la B.M.A. (British Médical Association) que bien des troubles pathologiques sont d’origine psychopatiques (fièvres, impuissance, surdités, cécités, oedèmes, arthrose, et même certaines maladies cardiaques...). Il est certain qu’un traitement psychique peut alors être adopté et amener des résultats. - L’hypnose peut être un moyen de guérison. Les désordres fonctionnels sont plus facilement améliorés que les désordres organiques : l’hypnose peut faciliter la rééducation après des accidents, car elle libère le blocage du patient, elle dépasse la peur instinctive de la souffrance. Lorsque des groupes d’êtres humains sont rassemblés avec la même foi et soumis à des tensions émotionnelles et spirituelles fortes, il se développe un état extatique particulier capable de créer des manifestations " surnaturelles " de guérison ou de possession. C’est le cas des séances de guérisons des assemblées charismatiques chrétiennes aux U.S.A. ou des cérémonies vaudou. Il est intéressant de noter que souvent les malades, outre les modifications physiologiques, ressentent des changements affectifs et spirituels, et que les thérapeutes éprouvent une grande fatigue, comme s’il y avait des transferts d’énergie. On peut admettre que de nombreuses guérisons spontanées, qualifiées de miracles, sont le produit de processus psychosomatiques s’exerçant sur un membre de l’assistance, celle-ci soutenant le processus par sa foi et ses manifestations collectives, comparables à une transe. Il semble qu’il faille la conjonction de la foi d’une foule et de la confiance voire la certitude du malade dans sa guérison possible. Un exemple bien connu est celui des " convulsionnaires " : pendant la période du conflit aigu entre le pape Clément XI et les jansénistes, au début du 18ème siècle, il y eut des scènes d’hystérie collectives sur la tombe du diacre Paris, ascète, mystique, sujet à des extases. La foule, animée de " mouvements incontrôlés " fut le siège de guérisons attestées : paralytiques, sourds-muets, chancreux, ulcéreux... - Certaines guérisons, en particulier celles dites " miraculeuses ", qui sont généralement instantanées et complètes, avec même parfois des reconstitutions importantes de tissus, seraient dues à une " suractivité " des multiplications des cellules, suivant un processus encore inconnu, tant pas ses causes que pas ses mécanismes . Une réfection tissulaire qui se fait en une heure (c’est-à-dire, presque " instantanément ") correspondrait alors à une multiplication par quinze ou vingt des divisions cellulaires normales :! Or, de telles guérisons existent. - Certains lieux paraissent posséder, eux aussi, des pouvoirs de guérison. Sont-ils dus à l’endroit lui-même (structure géologique du sous-sol, action géothermale éventuellement radioactive, failles et accidents de structure modifiant les courants telluriques...) ? Sont-ils dus à la foi des visiteurs, spontanée ou favorisée par une attente collective ? Ou à d’autres causes ? Ou au concours de plusieurs causes ? Pour Lourdes, l’Eglise reste très prudente, n’ayant reconnu comme " miraculeux " que quarante neuf cas sur environ mille deux cents cas de guérisons annoncées. - Un cas récent de guérison est celui de Rita Klaus associant plusieurs éléments : vision, maladie, prière, guérison instantanée... Elle avait failli se noyer dans une piscine, à l’âge de neuf ans et avait eu alors la vision du ciel et de Marie qui se tournant vers elle lui avait souri. A vingt ans, elle est atteinte d’une sclérose en plaques, dont l’évolution entraîne progressivement la dégénérescence de tous les éléments nerveux de la moelle et des organes. L’évolution est rapide : la paralysie des jambes accompagnée de douleurs nerveuses depuis la colonne vertébrale, la mène dans un fauteuil roulant. Lors d’une " messe de guérisons de malades ", elle ressent une impression d’amour absolu et retrouve la paix intérieure. Elle rêve que Jésus l’invite dans une église blanche, lieu d’apparitions de Marie, et reconnaît plus tard que cette église est celle de Madjugorge en Yougoslavie. Six mois plus tard, disant son chapelet, elle sent en elle et entend près d’elle, en même temps, une voix lui dire de " demander "... et elle demande spontanément non la guérison, mais la " foi qui soulève les montagnes ". Aussitôt, elle ressent des décharges électriques dans le corps, puis une sensation de chaleur et des démangeaisons insupportables dans les jambes. En se grattant, elle constate que ses jambes ont retrouvé leur sensibilité, elle enlève ses prothèses, se lève et marche... Les examens médicaux ne peuvent que confirmer une guérison totale, sans séquelles, guérison totalement inexplicable (U.S.A. - 1986). - Guérisseurs - Certains humains ont le pouvoir de guérir par eux-mêmes, même des maladies graves qui auraient demandé des traitements lourds voire des interventions chirurgicales. - Des témoignages de missionnaires français au Sénégal, au début du vingtième siècle, font état de séances de magie exécutées par certains sorciers sur des pêcheurs atteints d’arthrose des bras ou des jambes, et faisant sortir des articulations des " arêtes de poisson " (qui étaient peut-être des cristaux de carbonate ou d’urate...) qui bloquaient leur fonctionnement. - Depuis 1928, Alalouf a soigné plus de quatre millions de malades au Moyen Orient. L’électroencéphalogramme montre une anomalie légère mais sensible dans la zone temporale gauche (qui semble liée à des dons paranormaux), entraînant troubles de langage, rêves éveillés (il " voit " à distance !), attention bipolaire, changement de rythme cardiaque lors de l’imposition des mains (64 passant à 80). Il mange peu, n’a jamais faim, peut jeûner plusieurs jours sans s’affaiblir, ne boit que de l’eau, ne mange pas de viande... il a une foi profonde en Dieu et en sa mission de guérisseur. - On peut écarter pratiquement presque tous les cas de guérisons attribués aux guérisseurs brésiliens (comme José de Fruitas " Arigo ") ou philippins, car on dispose de peu de témoignages absolument certains. Des cas de trucages ou de fraudes ont été souvent relates, des preuves possibles ont été perdues (films voilés, prélèvements de tissu conjonctif obtenus par les guérisseurs disparaissant spontanément de flacons scellés...). On peut penser qu’il y a une importante action psychosomatique sur les malades, la foi amenant la guérison dans beaucoup de cas. On a aussi avancé l’hypothèse de dématérialisation de l’organe malade suivie d’une matérialisation hors du corps du sujet de sang ou de tissus humains accompagnée souvent d’objets non humains (verre, métal, sang de volaille ou de porc...). - Il n’est toutefois pas possible de tout rejeter, car certains cas sont troublants. En 1973 et 1975, une équipe de scientifiques de sept pays différents, sous la direction de G. Meck, couvrant des disciplines diverses (médecine, biologie, chimie, physique, psychiatrie, parapsychologie) accompagnée par des prestidigitateurs et des malades dont l’état était minutieusement établi, se rendit aux Philippines. Leurs conclusions furent les suivantes : - Il y a des fraudes certaines, mais il y a eu aussi des guérisons indiscutables (sans choc opératoire, sans infection !). - Il est possible qu’il y ait dématérialisation suivie de rematérialisation. Un membre de l’équipe, le Dr Westerbeke, biochimiste à San Francisco (U.S.A) avait une tumeur au cerveau qui entraînait une perte progressive de la vue. Le guérisseur philippin T. Agpaoa, en deux séances de traitement, lui rendit la vue complète, et les contrôles médicaux réalisés ensuite aux U.S.A. confirmèrent la disparition de la tumeur ! - Au Japon, le professeur Motoyama a examiné le guérisseur philippin T. Agpaoa et l’a soumis à des tests. Il a ainsi constaté qu’il y avait des modifications physiologiques spectaculaires quand il exerçait son pouvoir de guérisseur : ondes cérébrales a prépondérantes, modification des réactions galvaniques de la peau (qui augmentent) et de la tension artérielle... traduisant l’importance active du parasympathique. Or le parasympathique semble être en relation avec les chakras, donc avec l’énergie vitale... On sait que dans les photos Kirlian, les doigts du guérisseur se différencient nettement des autres. - L’action des guérisseurs se fait certainement par différents canaux. Le principal semble être l’action psychique, accompagnée de visualisation, de prière, de compassion. Cette action s’exerce sur tout être vivant et non pas seulement l’être humain. R. Miller (1967) demande à un couple de guérisseurs, O. et A Worrall, qui pratiquaient des traitements à distance par la prière, d’agir mentalement sur des plants de seigle. Visualisant la plante en train de pousser, ils améliorèrent la croissante des plants de 800% par rapport aux témoins. On peut donc penser que notre attitude psychique devant les événements de notre vie peut avoir une influence sur ces événements : il faut aussi une " attitude positive ". 254-19 - Energie vitale et rayonnements - Il existe un certain nombre d’observations et d’expérimentations sur l’influence des champs électriques ou magnétiques sur la physiologie des êtres vivants et sur l’émission de radiations par le vivant. Ce domaine commence à peine à être défriché. Nous ne citerons que quelques cas significatifs. - Magnétisme - B.Grad et D. Estabany démontrèrent l’action positive de l’eau magnétisée sur la croissance des graines d’orge, sur le nombre des hématies, sur l’activité des enzymes, à l’aide d’expériences menées en " double aveugle ". Déjà en 1960 ils avaient procédé à des essais sur trois cents souris (afin d’éviter l’action psychosomatique qui aurait pu être induite dans le cas d’humains) chez lesquelles on avait provoqué un goitre, et qui étaient soumises à un régime pauvre en iode. Trois groupes furent constitués : avec action du guérisseur, sans guérisseur mais avec apport calorique voisin de celui des mains d’O. Estabany, sans guérisseur. Après vingt jours, le premier groupe se distinguait très nettement et positivement des deux autres. L’eau magnétisée par O. Worrall présente des modifications des " liaisons Hydrogène ", identiques à celles produites par des immersions d’aimants dans l’eau pendant plusieurs heures. Les expériences de Grad B (Université Mac Gill de Montréal - Canada - 1967) mirent en évidence l’importance de l’état psychique du sujet sur sa capacité d’agir mentalement sur de l’eau. L’eau " magnétisée " par un sujet équilibré et croyant au spirituel se révèle beaucoup plus favorable à la croissance des plantes que l’eau-témoin, ce que n’obtiennent pas les sujets névrotiques, les dépressifs ou les sceptiques. - J. Smith (Rosary Mill Collège de New-York - U.S.A.) a fait des essais sur l’action enzymatique. Plaçant soit la trypsine (enzyme agissant sur les protéines) soit la nicotinéamide - adénine - dinucléotide NAD (qui déshydrogénise les oses, hydrates de carbone), dans des fioles scellées, certaines tenues soixante quinze minutes par jour pendant onze jours par un guérisseur canadien, les autres non traitées, il a mis en évidence une différence d’action significative par magnétisation. - Louis Puech (France 1981) est capable de momifier de la viande par magnétisation. En une séance considérée par lui comme insuffisante, en présence de scientifiques, il a momifié indiscutablement la moitié d’un morceau de trois cents grammes de boeuf, et il a terminé la momification totale après sept séances. Les photos IR montrent que ses mains, au lieu d’être sombres, sont blanches et irisées sur leur pourtour. Après les séances de magnétisation, ses mains lui donnent l’impression " d’être vidées de leur sang ". - J.M. Le Gall, depuis son enfance, entend des bruits inexpliqués et voit des objets se déplacer spontanément devant lui. Il est étudié par le professeur Dierkens (Université Mons - Belgique) qui estime qu’il y a un lien entre PK et magnétisme. Des essais ont été réalisés en 1984 sur des graines en deux lots parallèles ou sur des petits pois ou des radis mis en terre. Toutes les conditions étaient identiques : température, exposition, éclairage, même terre... seule l’eau fut différente (eau de source soit non traitée soit magnétisée par J.M. Le Gall, la répartition étant aléatoire par tirage au sort). Les résultats, tant visuels que statistiques mirent en évidence l’avantage de la magnétisation. - Y. Lignon (Université Toulouse - France) rapporte aussi les essais réalisés en mai 1968 avec le magnétiseur A. Fuentès, sur des lentilles avec de l’eau ordinaire ou de l’eau magnétisée. Toutes les précautions avaient été prises pour que toutes les autres variables soient identiques. Avec l’eau magnétisée, les lentilles absorbent plus d’eau, produisant plus de germes et poussant plus vite. - En décembre 1997, une femme de quarante ans, Mme Monique C., à la suite d’une rupture avec son compagnon, eut un choc émotif important, qui inversa le fonctionnement normal de sa montre électrique, pendant trois jours (cas constaté par l’auteur). - Des êtres humains isolés du champ magnétique électrique terrestre se désynchronisent totalement. Le système de contrôle de notre organisme réagit à de très faibles variations d’amplitude des rythmes naturels terrestres. - Bioélectricité - Dès 1935, M. Burr (Université Yale - Grande Bretagne) fait des recherches sur la bioélectricité et met en évidence qu’il existe une différence de potentiel entre la tête et la main d’un être humain. Chez les animaux et même chez les plantes, il y a aussi des variations de tension en fonction des phénomènes cosmiques de base (lumière, humidité, orages, tâches solaires, phases de la lune...). - En 1988, une fonctionnaire chinoise de trente cinq ans, Mme Lin, a été prise de malaises avec bouffées de chaleur (influence hormonale probable), à la suite de quoi elle produisit spontanément des décharges électriques atteignant cents volts. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec les perturbations électriques et les raps (paragraphe 252-11), ou les combustions spontanées (paragraphe 254-15). - Parabiologie - Y-a-t’il possibilité de traiter, voire guérir, des tissus malades à l’aide de certains rayonnements ? Il y a certes les rayons X, les radio-isotopes, les lasers... qui détruisent les tissus (malades mais aussi sains), mais qui ne modifient pas l’état énergétique du malade. - Dès 1924, Abrams, neurologue U.S., affirmait que les tissus malades émettaient un rayonnement différent de celui des tissus sains. Il utilisait un appareillage à résistance sur les tissus cancéreux, mais prétendait être le seul capable de reconnaître les tissus malades ; il fut discrédité. R. Brown (U.S.A.) reprit l’idée de guérir en restaurant l’harmonie énergétique des organismes. Condamné en 1951, son matériel fut détruit ainsi que l’ensemble de ses observations ! G. de Lawar (Grande Bretagne) reprit l’idée à son tour et établit la nature des champs énergétiques des patients par l’examen d’une goutte de sang à l’aide du pendule. En France, l’ingénieur Piorré a conçu un appareillage capable d’agir sur les émissions EM du corps et ainsi de rétablir son équilibre énergétique. Comme il refusait de communiquer ses plans et qu’il désirait rester seul maître de sa technique, il fut condamné, son matériel fut ensuite détruit à sa mort. - R. Becker, chirurgien (U.S.S.), découvrant en 1958 le " courant de lésion " qui se manifeste à l’endroit de la blessure lors d’une cicatrisation, a essayé avec succès la régénération en implantant une micropile dans le moignon d’un membre amputé d’une grenouille. Ces résultats furent confirmés en 1972 chez le rat, puis chez l’humain (traitement de l’ostéoporose par un courant négatif). Y-aurait-il là une explication de certaines guérisons miraculeuse par l’influx électrique d’un thérapeute guérisseur ? Il faut certes que le courant soit bien adapté, et c’est la difficulté ! On observe diminution de la douleur, de l’infection éventuelle, augmentation de l’activité musculaire et meilleure restauration des tissus. - En 1990, R. Becker, rappelant que les champs EM humains, parfois à peine décelables, jouent néanmoins un rôle important dans la division des cellules, dans les réponses immunitaires, dans l’action des neurohormones,... se demanda si l’action des guérisseurs avec l’imposition des mains, ne serait pas liée à l’émission d’un champ EM capable de modifier ceux du malade, et donc de ses structures cellulaires. Or, le docteur E. Green a constaté effectivement qu’il y avait modification des champs EM émis par certains magnétiseurs quand ils agissent en " envoyant de l’énergie ", les valeurs de potentiel pouvant atteindre 80 volts et même atteindre parfois 200 volts. - En Suède en 1990, le docteur B. Nordenström constate que certaines tumeurs apparaissent entourées d’un rayonnement, et qu’elles sont chargés positivement par rapport aux tissus environnants. En amplifiant cette charge positive à l’aide d’électrodes, il obtient un afflux de cellules immunitaires vers la tumeur, facilitant l’autodéfense de l’organisme. Il a pu démontrer par ailleurs que des champs magnétiques relativement faibles étaient capables d’accélérer la guérison des fractures, de modifier le métabolisme cellulaire, pouvant entraîner une nécrose spontanée du tissu cancéreux. Peut-être y-a-t’il un " seuil énergétique " à franchir pour atteindre un état particulier d’auto-organisation entraînant le processus d’autoguérison ? - Energie vitale et guérison - W. Reich a appelé " orgone " la force vitale d’énergie cosmique régissant et imprégnant l’Univers, et devenant plus dense dans les êtres vivants, autour desquels elle forme un champ. Ce sont les rayons cosmiques qui sont à la base de l’énergie de l’orgone, ils sont donc capables d’organiser la matière. Position partagée par Forster qui pense que les rayons portent des informations codées (de quelle origine ?) et par Shaw qui dit que l’Univers est imprégné d’une " énergie de vie ". W. Reich postule que les êtres humains, pour se prémunir contre les douleurs (émotionnelles ou physiologiques) se contractent et forment une armure qui les isole mais qui les bloque aussi sur le plan affectif ou sexuel. Celui qui brise cette armure libère le physiologique bloqué : c’est un " miracle ". Il est tentant de rapprocher la conception de W. Reich de celles des Hindous, avec la " prana ", énergie vitale qui circule le long de la kundalini dans les chakras, points du corps qui correspondent assez sensiblement aux emplacements des glandes productives d’hormones, qui sont peut-être en relation avec les méridiens d’acupuncture et qui se matérialisent pour certains voyants par des roues de lumière brillante. Y-a-t’il aussi une relation avec les photos Kirlian ? ou avec la " force odique " de Reichenbach ? - Et que penser des expériences du docteur Milner (Birmingham - Grande Bretagne) ? Il a pris des photos dans une chambre expérimentale vide et totalement obscure, à l’aide de films sensibles aux décharges EM. Les clichés montrent l’existence de " globules au milieu de fils brillants ". Des vérifications rigoureuses ont montré qu’il ne s’agissait pas d’air ionisé. Les mêmes essais réalisés dans le vide ont conduit aux mêmes résultats. S’agit-il de " champs de force " ? Leur matérialisation correspond en tout cas aux structures couramment observées dans la nature ! Y-a-t’il une relation avec l’énergie vitale du Reich ou le " corps éthérique " des théosophes ? - M. Burr (Université de Yale - Grande Bretagne), en quarante ans de recherches, montre que tout être vivant, humain, animal, plante, possède un champ électrique mesurable, et que ce " champ électrodynamique " ou " champ L " reflète toutes les modifications survenant dans notre corps. Certes, il y a le capital génétique, mais ne fournit-il pas davantage les matériaux nécessaires que le plan d’organisation ? Les cellules de l’embryon s’assembleraient suivant l’action de ce champ électrique (champ " organisateur " ou " morphogénétique ") qui préexisterait ou tout au moins agirait dès la conception, car si effectivement chaque cellule individuelle a une information génétique suffisante pour réaliser un être fonctionnel, le tout reste supérieur aux parties constituantes qui " s’organisent " suivant un plan. Il existe des essais significatifs (que reprend d’ailleurs Lupasco) : un oeuf de salamandre, fécondé donc en cours de multiplication est mis en milieu alcalin, ce qui détruit la cohésion des cellules. On obtient un amas de cellules " identiques ", individualisées et semblables. Remises en milieu acide, certaines cellules essaient de s’accrocher les unes aux autres, puis se regroupent par type de tissu et arrivent à reconstituer une salamandre (s’il y a suffisamment de cellules représentant les différentes parties de l’embryon, sinon, il y a échec quand il y a trop peu de cellules différenciées à l’origine !) : il y a donc bien un " organisateur ". Cette organisation spatiale EM du vivant peut être mise en évidence : un oeuf de salamandre non fécondé présente un champ électrique avec pôles positif-négatif, et une zone de chute de potentiel correspondant à la future tête ! - Sheldrake propose, de la même façon l’existence d’un " champ morphogénétique ". Autour de chaque organisme vivant, il y aurait donc un champ électromagnétique, qui varierait dans le temps, en fonction des facteurs externes et internes, lié à la vie, au fonctionnement de l’organisme vivant, mais existant dès l’ovulation et correspondant à une sorte de matrice énergétique qui aurait la forme de l’organisme vivant à l’intérieur d’une espèce, ce serait son " Entéléchie ". Il y aurait donc superposition d’une hérédité matérielle avec l’A.D.N. fournissant les matériaux nécessaires (protéines...) et une hérédité vibratoire se superposant à la première et fournissant énergie et schéma directeur de l’organisme. |
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