

Galilée, professeur de "mathématiques" à l'université de Padoue, n'hésite pas à mener ses étudiants sur les quais de Venise pour observer les machines dont le principe fait partie de son cours: il pense que les lois physiques doivent être établies sur des expériences, ce qui permettra aux sciences de progresser. Pour vérifier des lois physiques, en 1609, il se fabrique une lunette, d'après de vagues descriptions dont il a entendu parler, en liant deux lentilles qu'il se construit: grâce à elle, il pourra observer le ciel et vérifier les théories de Copernic, qui contredisent la vieille astronomie de Ptolémée héritée de l'Antiquité, avec la Terre immobile au centre de l'Univers. La remettre en cause serait également remettre en cause la Bible où là aussi la Terre est immobile au centre de l'Univers avec le Soleil qui tourne autour d'elle, ect.
Le système de Ptolémée(II°s.ap.J-C): la Terre au centre de l'Univers est entourée par l'air, puis par le feu. Après les sept sphères réservées aux planètes (Lune et Soleil compris), la huitième porte les étoiles, la neuvième est cristalline, la dixième est mouvante, et ensuite on arrive au ciel, habitacle de Dieu et de tous les bienheureux.
Galilée s'intéresse de plus en plus au système héliocentrique de Copernic que ce-dernier explique explique dans son ouvrage intitulé De revolutionibus publié en 1543. Dans ce système, le Soleil est immobile, la Terre tourne autour de lui ainsi que les autres planètes, et le mouvement des étoiles n'est qu' apparent et dû à la rotation de la Terre. Le livre est précédé d'une préface qui prend soin d'explquer que ces idées sont des hypothèses mathématiques, sans réalité. Aussi l'Eglise ferme-t-elle les yeux.


Dans son ouvrage, Galilée expose ses observations de la Lune, qui n'est pas une sphère parfaite mais se révèle montagneuse et accidentée. Il y donne aussi une explication de la "lumière cendrée" qui n'est autre que le clair de Terre reflété par la Lune. 1610 est aussi une année faste pour Galilée. En effet, il devient "premier mathématicien du Studium de Pise et premier mathématicien et philosophe du Grand Duc de Toscane" en Juillet et reçoit l'appui d'astronomes illustres comme Kepler ou encore Clavius, chef des astronomes du Pape. Il sera d'ailleurs invité à Rome l'année suivante et y rencontrera un franc succès. Dans le même temps, il poursuit ses recherches et fait de nouvelles découvertes qui se révèlent capitales. En pointant sa lunette sur Vénus, il observe des phases, comme celles de la Lune, et des variations de sa taille apparente. Pour lui, cela ne fait aucun doute: la planète tourne autour du Soleil et se déplace par rapport à la Terre.

mais ces succès attisent les rancoeurs et les ennemis de Galilée passent à l'offensive dès 1612, tant sur les plans scientifiques que religieux. Les universitaires conservateurs, adeptes d'Aristote, condamnent les théories coperniciennes et s'acharnent contre l'un des disciples de Galilée, Castelli. Le vrai danger vient des théologiens, qui jugent le système copernicien contraire aux Ecritures. Galilée s'attache alors à prouver la compatibilité des Ecritures avec le système héliocentrique. En 1616, il décide de se rendre à Rome afin de convaincre les écclésiastiques du bien-fondé de ses théories. Il y rédige un opuscule sur les marées, preuve du mouvement de la Terre. Mais il est trop tard et en février 1616, les propositions coperniciennes selon lesquelles le Soleil est le centre immobile du monde et la Terre se meut sont jugées hérétiques. En mars de la même année, l'ouvrage dans lequel Copernic expose ses théories est mis à l'index et Galilée est prié de ne plus professer de telles hérésies. Il reste prudent pendant sept années et ne fait plus allusions aux théories coperniciennes.

En 1623, le cardinal Maffeo Barberini devient Pape et prend le nom d'Urbain VIII. Jeune, sportif et libéral, il représente l'espoir des milieux intellectuels et progressistes. Galilée, qui connaît bien le nouveau Pape, tente alors de réhabiliter Copernic. En 1614, il reçoit l'aval du Pape pour la rédaction d'un ouvrage contradictoire sur les différents système du monde, à condition qu'il soit parfaitement objectif. Galilée, malade, met plusieurs années à le rédiger et c'est en 1631 que le livre reçoit l'imprimatur, sous réserve de quelques corrections. Dialogue où dans les rencontres de quatres journées il est disserté au sujet des deux principaux systèmes du monde, le ptoléméen et le copernicien, en proposant sans aucune détermination les raisons philosophiques et naturelles tant en faveur de l'une que de l'autre des parties sort des presses florentines en 1632.
Coup de théatre: le Pape Urbain VIII, furieux, ordonne la saisie de l'ouvrage. Mais il est trop tard
et il a déjà été diffusé. Galilée est convoqué au Saint-Office en septembre de la même année. Il ne s'y
rend qu'en hiver, menacé d'arrestaion.
Il semble qu'Urbain VIII n'ait pas apprécié le fait que Galilée, malgré le titre
de son ouvrage, n'ait pas respecyé leur accord et qu'il se soit livré à une éloge des théories coperniciennes.
Mais Galilée apparaît également comme une victime de la raison d'état. En effet, Urbain VIII se trouve
à cette époque dans une situation difficile. Il est soupçonné de favoriser les idées novatrices au
dériment des valeurs traditionnelles et sa politique pro-française, alors que la France soutient les
protestants, lui attire les foudres de nombres de catholiques. C'est donc pour calmer ses adversaires
qu'il leur "offre" le procès de Galilée.
Les audiences débutent en avril 1632. Galilée est accusé d'avoir enfreint l'interdiction de 1616
de défendre les théories de Copernic. Il est jugé coupable en juin, doit abjurer ses ereurs et est
assigné à résidence. Il s'installe alors dans sa maison de la banlieue de Florence et y séjourne
jusqu'à sa mort le 8 janvier 1642. Galilée ne sera réhabilité qu'en 1757 avec le retrait de l'interdiction
de1616.
Né à Pise en 1564, Galileo Galiléi, dit "Galilée", est le fils d'un musicien et compositeur florentin.
Il est mort le 8 Janvier 1642 à Florence