Textes et photos sont de J.A HAMM et J.C LITAUDON. Ils sont vice-présidents du Groupe Archéologique du Forez-Jarez de Saint-Etienne.Spécialiste des aqueducs, ils organisent à la demande d 'associations, écoles, groupes, des expositions,conférences-diaporamas et visites d 'aqueducs romains.
Renseignements à l 'espace archéologique Forez-Jarez: 4 ter rue André-Malraux,42000 Saint-Etienne.téléphone 04 77 47 23 14
http://www.archeolyon.com/AqueducsLyon/gier.html
L' AQUEDUC ROMAIN
DU GIER OU DU PILAT.
L 'histoire est fertile en grandes réalisations.L 'aqueduc du gier appartient à cette catégorie.Amener l 'eau depuis Moulin Combat ( au dessus de St chamond )jusqu'à Fourvière, à travers vallées et vallons sur plus de 100 mètres de dénivelé, avec une pente moyenne de 1 mm au mètre, voilà bien une raison de dire: " ils sont fous ces romains!" |
longueur 85 km Une trentaine de
ponts Une dizaine de
tunnels Quatre siphons Pente 1 mm au
mètre un regard de visite tous les
77 m environ (2 actus) Dimensions:
Intérieures: Largeur 0,55 à 0,60
m Hauteur 1 m 60
environ

L'aqueduc reliait St
Chamond à Lyon (fourvière)
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L 'aqueduc du gier qui mesure environ 85 km y compris le "contour de chagnon", avait sa prise d 'eau initiale au -dessus de Saint-Chamond, vers l 'Haya,à l 'altitude approximative de 405 mètres. |
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L 'arrivée à Lyon se situait sans doute au pied de la tour de télévision de Fourvière, à la cote 290,point extême du plateau où l 'on a retrouvé les restes d 'un réservoir-distributeur n 'ayant pu être alimenté que par l 'aqueduc du gier.L 'appareil réticulé (opus reticultum) qui le caractérise,dans son revêtement extérieur,ne se trouve que sur un seul autre aqueduc du monde romain (à Minturno, dans le Latium sud, près de Naples);ce type de construction fut adopté à la fin de la période républicaine romaine, pour connaître son apogée vers le milieu du second siècle, particulièrement sous Hadrien (117-138).Vitruve, le génial architecte romain (mort vers 26 av. J.C.) en fait pourtant la maçonnerie-type de son époque: |
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La date de l ' introduction de la brique en architecture est incertaine.On la retrouve en "arases" (lignes horizontales dans l 'appareil réticulé), ou en "claveaux" (éléments de voûte) sur l 'aqueduc du Gier.Ce procédé s 'épanouit aux 2 eme et 3 eme siècles pour se retrouver sur presque toutes les constructions au 4 eme siècle.C 'est ce même Vitruve qui énoncera la distance de deux actus (mesure romaine), pour un principe d 'équidistance entre les regards de visite; sur l 'aqueduc du Gier, on trouve ceux-ci distants d 'environ 77 m,un petit et un grand, presque toujours en alternance.La raison de cette différence de type peut s 'expliquer par une dimension plus importante, apte au travail d 'entretien nécessaire, surtout si les grands regards sont équipés de bacs d 'arrêt des impuretés (hypothèse semblant confirmée depuis juillet 1999. |
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Sur l 'aqueduc du Gier, une pente "moyenne" d 'un millimètre par mètre(un mètre par kilomètre) permet à l 'eau de circuler par gravitation, ni trop vite pour ne pa abîmer l 'ouvrage, ni trop lentement pour éviter son échauffement; celle de l 'aqueduc de Nîmes est, qant à elle de 0,248 m/km (elle descend même jusqu'à 0,08 m/km vers le pont du Gard). Les romains disposaient en général de trois types d 'instruments pour les différents nivellements; le chorobate pour les visées, la groma pour le calcul d 'angles et la dioptre pour visée et calcul d 'angles. |
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La datation de l 'aqueduc du Gier est aujourd'hui encore incertaine. Passant par la période d 'Hadrien (texte de la pierre de Chagnon), puis à celle de Claude (41/54), empereur originaire de Lyon, donc d 'autant plus plausible depuis la découverte de la fontaine actuellement place de Trion, avec sa dédicace en fronton à Claude également, la tendance serait aujourd'hui de vieillir encore davantage notre aqueduc, pour l 'attribuer peut-être à la période d 'Agrippa au tout début de notre ère...Il se trouvera peut-être un jour un témoinage irréfutable...aujourd'hui on n 'en sait pas davantage la durée de sa construction;des exemples nous viennent d 'autres aqueducs romains; à Rome par exemple, ou l 'Aqua Claudia et l 'Anio Novus furent construits en quatoze ans; le premier mesure 69 km de long, le second 88 km...De toute façon on oublie trop souvent qu'avant de commencer la construction elle-même, il aura fallu de nombreuses années pour établir le choix du tracé finalement retenu, calcul de pente, recherche et apport des matériaux, pierres, plomb (plus de 10 000 tonnes pour les tuyaux des siphons du seul aqueduc du Gier),qu'il faudra sans doute faire venir d 'Espagne ou de Grande-Bretagne en partie importante...etc...N 'oublions pas que c 'est dans notre région que l 'on trouve le plus grand rassemblement de siphons de l 'époque romaine:au moins neuf pour les quatre aqueducs lyonnais;casado"ingeniera hidraulica romana",Madrid 1985, n 'en dénombre pas plus d éune trentaine dans tout le monde romain antique! (principalement en Espagne, en Italie et en Turquie). |
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Quel pouvait être le cout d 'un tel ouvrage? Là encore, prenons des exemples connus:Aspendos en Turquie: 8 millions de sesterces; 600 000 à Lambèse; à Bordeaux, citons C.J. Secundus pour l' aqueduc de sa ville: 2 millions de sesterces.Alors à Lyon (Lugdunum)...? |
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