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Un Village : Brinon Sur Sauldre
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Brinon caricaturé par le Journal de la Sologne:
Parmi la forêt se révèle soudain ce village dont le silence alentour n'annonce pourtant pas de présage. Sur la carte, comme un doute, ce pays n'existe pas pour l'explorateur en déroute qui passe par là. Cité perdue entre trois départements riverains, construite à l'écart des grands chemins, il faut pour vivre ici, soit y être né, soit s'y installer fortune faite ou après avoir hérité. Curieux pays où la girolle n'existerait pas (...), où les fusils des chasseurs sans terre ont rouillé faute d'emploi, et dont les habitants cultivent volontiers.... l'omerta!
Paradis ou enfer, n'exagérons pas, c'est selon ....
Qu'en pensez-vous, caricature assez véridique dans son ensemble....
C'est sûr, Brinon doit sa renommée au braconnier le plus célèbre de Sologne : " Brinon? Ah oui, le pays de Raboliot". Il n'est pourtant pas dit que vous trouviez sur place, en insistant un peu, beaucoup de monde pour renvoyer l'ascenseur à son créateur. Alors on finit par vous dire que Maurice Genevoix doit à Brinon le succès du livre pour lequel il a reçu le prix Goncourt en 1925. De même les exploits du supposé modèle, Alphonse Depardieu, y sont pour beaucoup : " s'il a fait son livre, c'est quand même bien grâce à ce qu'on lui a dit ici"... (extrait du journal de la Sologne 1994).Et oui, est-ce qu'on lui a bien tout dit, facile de romancer une histoire sans voir le supposé modèle! Quoiqu'il en soit, Brinon n'a pas attendu ces histoires de bracos pour se forger un passé, car sur 11 538 hectares, il peut s'en passer des choses....
Historiquement, le premier des Brinonnais fut : préhistorique. Le géologue Pierre Rat découvrit en 1965, au sud-ouest du bourg, des fragments de silex noir datant du paléolithique supérieur. Cette découverte permet d'affirmer que les premiers "Solognots" à avoir arpenté le sol de Brinon vivaient entre 33 000 et 10 000 ans avant JC. En fait, ils étaient Homo Sapiens et savaient travailler la pierre.
Ô Beaux Châteaux ....: Au moyen âge, deux édifices fortifiés étaient présents. L'un deux, petit château avec fossés et palissades de bois, dominait la vallée de la Sauldre et se situait au bout du parc de l'actuel château (à la sortie du bourg, route de Isdes). Il datait du IXème siècle et aurait été détruit vers 880 (selon recherches de l'abbé Duplaix, curé de Clémont); l'autre dit "des Aulnoys" a été construit plus tardivement, vraisemblablement au XIIè siècle et fut détruit vers 1290. Il se situait à l'emplacement actuel de la rue des Halles. un troisième château fut bâti au XIIIè siècle, celui de la Mothe, à l'intérieur duquel les brinonnais ont dû se réfugier en 1356 après la prise d' Aubigny par les troupes anglaises du Prince Noir. (rapporté par Isabelle Guérin dans "la vie rurale en Sologne aux XIVè et XVè siècles). Cet édifice sera lui aussi détruit en 1595, pendant les guerres opposant catholiques et protestants.
De 1319 à 1457, ce fut la famille d'Harcourt qui était propriétaire de la seigneurie de Brinon , puis le domaine passa dans la famille d'Etampes. C'est tardivement, en 1541, que les serfs locaux obtiennent leur affranchissement;mais pas sans mal, il faudra un procès devant le tribunal, au parlement de Paris, pour que les habitants voient reconnue leur liberté. (les serfs durent s'acquitter d'une somme de cent écus d'or à Louise d'Etampes, en échange de leur liberté que bien d'autres avaient acquises pour rien...)
Le château actuel fut construit au XVIIè siècle . Si certains se font construire des demeures à la mesure de leurs moyens, d'autres connaîtront des moments très difficiles car en 1692, un très rude hiver s'abat sur la Sologne, suivi d'une terrible famine en 1694.
Si l'on en croit les cahiers de doléances rédigés dans la paroisse en 1789, la vie est alors très difficile. Cette paroisse est située dans un des plus mauvais cantons de la Sologne. La terre est sablonneuse et ne rapporte que du seigle et du blé noir. Tout ce qui s'y récolte est consommé. L'unique ressource est dans le produit des bêtes blanches (rapport d' Isabelle Guérin). D' après Bernard Edeine, on peut estimer que 85% des revenus d'un laboureur étaient absorbés par des charges diverses. A la difficulté de cultiver la terre, s'ajoute la mauvaise santé des habitants. Une maladie, l'ergotisme, s'attaque à la population brinonnaise pendant la deuxième moitié du XVIIIè siècle. C'est que vers 1800 qu'on connaîtra la cause de cette maladie : l'ergot , parasite se développant sur le seigle. Cette maladie a des conséquences impressionnantes : chute des doigts, des mains et des pieds des sujets atteints. C'est pourquoi cette maladie a été qualifiée de "gangrène des Solognots". Elle sera stoppée au milieu du XIXè siècle. Mais la santé défectueuse des Brinonnais demeurent, Claude Seignolle l' a cité en 1944 dans "En Sologne". Naturellement, au lieu de consulter un médecin, rare et cher, en qui on avait une confiance relative, ils s'adressaient plus souvent au guérisseur, celui qui a le pouvoir ou à défaut, celui qui a les livres. Un célèbre guérisseur de Brinon a eu la très bonne idée au moment de cesser son activité de donner ses recettes à sa clientèle et cela gratuitement. Claude Seignolle a pu les lire et les a reporté dans son brévaire. Le journal de la Sologne en rapporte quelques-unes dans son dossier 'Sorcelage et guérissage' n°64. A vrai dire, ces recettes là ne guérissent peut-être rien mais des véritables guérisseurs .......
Brinon s/ Sauldre se situe à l'extrême nord ouest du département du Cher (18) et est installé sur les rives de la Sauldre, d'une superficie de 11 532 hectares, il compte 1107 habitants nommés brinonnais, altitude : 138 m.
Il fait parti des rares villages à posséder une église à caquetoir. En fait elle est entourée de part et d'autre du clocher d'une galerie couverte de tuiles plates. Autrefois, les hommes y patientaient en bavardant pendant que les femmes écoutaient la messe. Traditionnellement, le caquetoir est un lieu de recontres et d'assemblées. Il n'est pas rare de voir à présent la jeunesse brinonnaise se rassembler sous cette galerie. Elle permet de jouir d'un endroit ombragé l'été et d'un abri contre la pluie et le vent l'hiver. Cette église St Barthélemy est d'origine romane, choeurs de XVème siècle; fonts baptismaux de pierre à double cuve 1609, statue de la vierge et tableau du XVIIème siècle. La paroisse de Brinon fit partie du diocèse d' Orléans jusqu'en 1789.
Ce site boisé est parsemé d'étangs, la rivière : la Sauldre le traverse ainsi que le canal de la Sauldre avec ses nombreuses écluses. Les deux tiers du canal coule sur ce territoire. Il fut creuser par des prisonniers de Napoléon III. Il devait servir à transporter des marnes. Conçu pour des péniches tirées par des ânes ou mulets qui mettaient plusieurs jours pour accomplir le trajet, il se révéla trop étroit et ne fût que très peu utilisé. Maintenant, vous pouvez croiser randonneurs pédestres, cyclistes et parfois cavaliers sur ses 35 kilomètres de berges. De plus, vous pouvez admirer ses maisons éclusières aux façades de briques ainsi que leurs plaques rouillées indiquant la distance entre deux écluses.
Les ressources et production sont : céréales, pisiculture, aviculture, scieries. la pisiculture la plus connue est celle des Clouzioux que j'ai pu visiter lors d'un rallye voiture il y a quelques années. Elle est apparue dès 1930 et fût la première en France à réaliser la reproduction artificielle de la carpe en laboratoire dans les années 60. Plus de dix espèces naissent aux Clouzioux : carpes et esturgeons sont principalement destinés à la restauration de la région.
Brinon possède son marché qui a lieu tous les lundis mais aussi des associations sportives, chasse, pêche, haras, "les Amis des chemins de Sologne" (pour la protection et promotion des chemins ruraux de Sologne) et un camping municipal situé le long de la rivière (1 étoile et 27 places), 12 gîtes ruraux (le Domaine de bois renard, Mme Denise Gaboret, Mr Gilles Pasquier aux Pointards...) et un super Hôtel-Restaurant : La Solognote. Face au camping municipal, vous pouvez admirer un charmant lavoir dont la toiture a été rénovée il y a peu de temps. Dès l'ouverture de la pêche, vous pouvez rencontrer quelques pêcheurs parfois des pêcheurs à la mouche car cette rivière est classée catégorie 1, des truites peuvent y être pêchées. (très très rare contrairement à l'époque de Joseph La Bannière ...)
Dès que les beaux jours arrivent, les joueurs de pétanque envahissent la place devant la mairie car des manifestations sont souvent organisées et de toute façon il faut s'entraîner donc jeunes et anciens aiment se réunir les week-ends sur cette place.
Mais il y a surtout des châteaux et domaines, tels que le château de la Minée (XII), le domaine des Réaux, la Bergerie, le château de l'Huys (XIX),mais aussi une fontaine curative qui est laissée à l'abandon. Dans ma galerie de photos, vous pourrez la découvrir. Mais à quelques kilomètres de là, une autre fontaine curative est visible et très entretenue. C'est celle du village de Ste Montaine et qui est magnifique. L'été, on peut voir de nombreuses personnes venir s'y ressourcer, car il paraîtrait qu'elle guérit tous les maux .... Ils viennent d'un peu partout avec bouteilles et bidons pour rapporter cet eau "sacrée". Ste Montaine est le nom de la patronne de la Sologne et elle a inspiré Nicolas Vannier puisqu'il a prénommé sa fille Montaine et l' écrit dans un de ses livres.
Brinon sur Sauldre se situe à quelques kilomètres du village de Chaon. Celui-ci est l'intersection des trois départements : Cher (18), Loiret (45) et loir et cher (41) et possède un musée : La Maison du Braconnage. D'ailleurs ce musée aurait dû être construit plutôt sur la commune de Brinon sur Sauldre, puisque cette dernière est le village de Raboliot ! je trouve cela un peu dommage....
Le Haras des GREGEONS à Brinon sur Sauldre : http://www.haras-des-gregeons.com/
A Brinon, j'aime y arpenter routes, chemins forestiers soit à pied ou en VTT car il y a de nombreux circuits à effectuer, en fait 300 kilomètres de chemins ruraux partent du bourg de Brinon, mais 160 km sont balisés et réservés à l'usage des randonneurs. Donc tous ces chemins sont restés accessibles grâce à des associations comme celle des "Amis des chemins ruraux de Sologne" qui essaient d' éviter que certaines grosses propriétés ne se les approprient. Ils sont souvent indiqués par un petit écriteau où y figure "CR parcours Raboliot", donc n'hésitez pas à les arpenter, personne ne vous dira rien dans la mesure où vous restez sur le chemin. Car comme chacun sait, en Sologne, la plupart des bois et forêts sont privés, à part d'avoir un proche de votre famille qui possède quelques terres, sinon c'est un peu à vos risques et périls, tout dépend du garde sur lequel vous allez tomber! Lors de mes diverses excursions, j'ai désormais souvent un appareil photo en poche afin de pouvoir photographier l'instant rare : une rencontre avec un chevreuil et son petit (cela m'est arrivée une fois sauf qu'à cette époque l'appareil ne me suivait pas, je suis restée environ deux minutes immobile à les regarder, la mère me regardait debout sans bouger alors que le petit était couché à ses pieds : quel instant inoubliable !, c'est ma plus belle scène en 20 ans de ballades) , un face à face avec un sanglier blanc (ce jour là, nous avons été tous les deux surpris et je ne sais pas si j'aurais eu le courage de rester devant lui et de sortir mon appareil photo. Je ne l'avais pas vu cacher dans un bosquet et c'était la première fois que j'en voyais un blanc, au moment où il a redressé la tête j'ai eu tellement peur que je suis montée dans le premier mirador que j'ai vu sur mon chemin. Et quelle surprise, de là-haut, j'ai pu admirer au loin des sangliers : une mère et ses marcassins et un superbe chevreuil est passé non loin de moi. Par contre la laie était très méfiante, elle m'avait vu ou entendu alors que le jour commençait à tomber et que je ne faisais aucun bruit par peur de les effrayer, de plus ils étaient très loin car j'ai eu recours au zoom de mon camescope pour les voir .) En fait, je pense que le plus méfiant est le sanglier!
Ce qui est agréable également dans de tel village bordé par la rivière, c'est de pouvoir la descendre en canoë, car la faune est nettement moins méfiante et là vous pouvez admirer des chevreuils qui viennent s'abreuver dans la rivière mais aussi voir traverser de gros rats gondins dont la taille peut atteindre celle d'un bon gros matou, martin pêcheurs, pic verts , pics noirs ....et très rarement, on peut surprendre mon copain Maître Renard. Et oui c'est un des animaux que j'adorais étant enfant. Pour moi , à l' époque, il n'y avait pas plus rusé que lui et mon admiration est restée inchangée malgré que celui-ci vienne souvent réduire l'effectif du poulailler de mon grand-père. Par contre, si vous voulez faire une descente de la rivière en bateau : méfiance! car l'été la rivière est souvent à sec par endroit donc il faut traîner le bâteau. Lorsqu'il y a un peu d'eau pour naviguer, et bien pas de chance, il y a toujours un obstacle, tel qu' un arbre voire deux l'un au dessus de l'autre, qui vous empêche de continuer votre descente. Et oui, les propriétaires des domaines adjacents n' effectuent pas toujours leur travail d'entretien. Comme pratiquement tout est privé, ce n'est pas la commune qui en a la charge! Donc dans le cas d'obstacles sur votre parcours, il est préférable d'être au moins deux adultes car il faudra passer le bateau au dessus des arbres tombés . Il va de soi qu' il est préférable d'être bien chaussé car le fond de la rivière n'est pas constitué de sable doux. Souvent ce sont des galets qu'on y trouve, de la vase bien entendu, des branches, ronces mais aussi; oh surprise, des hameçons. Donc attention, c'est un véritable parcours du combattant et surtout emmener avec vous des enfants qui soient patients et prêts à patauger des heures dans l'eau, la vase...! Lors d'une telle aventure, vous avez intérêt à laisser une voiture à votre point de destination et méfiez-vous, même si la distance vous parait très proche en voiture, une rivière est nettement moins directe, elle tourne et retourne. Pour quelques kilomètres, on peut y passer des heures et des heures selon les obstacles qu'on va trouver tout du long! Cela me rappelle une excursion qui a duré 7 heures, nous en avons vacciné plus d'un, même des enfants qui adorent courir dans l'eau. Ce jour là, nos amis et même nos enfants qui n'avaient encore pas eu l'occasion de tenter une petite descente, ont juré de ne plus recommencer, voire même de ne plus retourner à brinon .... Mais avec le temps on oublie ....Je l'ai bien effectué deux fois et enceinte par la même occasion et je n'aime pas particulièrement l'eau et le fait d'être obligé de passer dans des champs en compagnie de charmantes vaches et veaux, le temps de passer le bateau au dessus des obstacles. De plus, à l'époque le canoë n'arrêtait pas de se remplir d'eau car nos charmants pagayeurs n'étaient pas très doués et nous étions 4 adultes à l'intérieur. La première fois, nous étions deux personnes et un chien. la seule bêtise à ne pas commettre dans une telle expédition est d'emmener un chien car ce jour-là, nous avons eu droit à un rat gondin et la chienne s'est jeté à l'eau pour le courser alors qu'elle n'était pas du tout douée pour la nage . Nous avons eu droit à une nichée de canards sauvages et le spectacle était aussi spectaculaire que celui avec le chevreuil. La mère nous a fait une mise en scène, faisant croire qu'elle était blessée pour attirer notre attention pendant que les canetons allaient se réfugier dans des roseaux. Puis lorsqu'elle a vu qu'ils étaient tous à l'abri, elle nous a regardé, puis s'est envolée abandonnant que quelques minutes sa nichée qui s'était éparpillée. C'était un super instant : comportement de l'animal devant son prédateur mais je n'avais pas d'appareil photo pour mémoriser cet instant. Et il était préférable car ce jour là nous sommes rentrés trempés jusqu'à la taille!

Ma première rencontre avec un serpent : Hypnotiser par une couleuvre !! (j' en ris maintenant mais je n'étais pas très fière ce jour-là). Le serpent est un animal qui ne m'attire pas beaucoup à vrai dire et ceci à cause de toutes les mises en garde dont j'ai pu avoir droit étant enfant et histoires que mes ailleuls m'ont raconté . Puis de nombreuses vipères à Brinon qui n'hésitent pas à s'approcher de la maison. Dans les bois, je fais vraiment attention, je regarde bien où je mets les pieds, pour le moment je n'en ai pas rencontré une seule ...Ce jour-là, j'étais partie à la pêche au bord de la Sauldre avec mon mari et une chienne, par endroit le sol est recouvert de gros galets gris, beiges. Mon mari et la chienne prennent le chemin en tête comme d'habitude et moi, derrière en train de porter tant bien que mal une partie du matériel de pêche et surtout une broderie, car j'adore broder au bord de l'eau en l' entendant rouler sur les galets. Et puis, on me dit de stopper car il y a un serpent juste devant moi. Je me suis arrêtée aussitôt et j'ai regardé. Effectivement un beau serpent était là enroulé en train de se faire dorer au soleil. Je suis restée devant tétanisée. Impossible de rebrousser chemin, ni même de faire un petit détour pour l'éviter! Je le regardais et le fixais des yeux pendant que mon mari attachait la chienne Je ne pensais qu'à une seule chose: le surveiller afin qu'il ne vienne pas vers moi! A force de surveillance, et bien j'ai mélangé galets et serpent, je le voyais toujours à mes pieds, alors qu'il était parti. Effectivement, cette charmante couleuvre était dans la rivière en train de la traverser. Sa petite tête hors de l'eau, elle nageait pour atteindre la berge de l'autre côté de moi. C'est la seule fois en 20 ans que j'ai eu affaire à un serpent à Brinon et j'espère bien la dernière. Mais je n'ai rien contre les serpents, car je suis une adepte des parcs animaliers et je vais tout de même admirer les serpents dans leur vivarium.