Les espèces menacées
« Survivre, s’adapter
ou mourir…. Mais à quel prix ! »
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Sommaire :
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I - Introduction
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II - Les activités humaines concernées
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III - Les espèces menacées
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IV - Constat d’échec et protection de
la nature
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V - Des exemples concrets en Méditerranée
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VI - Que pouvons-nous faire ?
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I - Introduction
Depuis l’origine de la vie, les espèces
végétales et animales évoluent, s’adaptent ou disparaissent.
C’est en 1858 que Charles Darwin expose la théorie de l’évolution
par la sélection naturelle, celle qui bien avant la découverte
des mutations génétiques (Mendel, début du XX°
siècle) met en avant des variations aléatoires offrant à
certaines espèces le pouvoir de s’adapter, de dominer et de survivre
aux plus faibles. Cette description de l’évolution naturelle ne
prenait pas en compte que moins d’un siècle plus tard, l’homme allait
développer des activités responsables de bouleversements
profonds dans les cycles naturels et infliger à notre planète
des blessures irréversibles.
Lorsqu’on parle d’évolution en
paléontologie, hors mis les grandes crises qui sont à l’origine
d’extinctions massives, on évoque des changements climatiques qui
se sont développés sur plusieurs millions d’années
et qui ne peuvent être perçus à l’échelle d’une
vie humaine. Ce que les activités humaines ont profondément
modifié, c’est la vitesse à laquelle les éléments
naturels évoluent aujourd’hui et risquent d’accélérer
pour les années à venir, suivant les prévisions ou
extrapolations produites par des modèles mathématiques. Notre
planète s’est réchauffée d’environ 1 degré
au cours de ce dernier siècle. A ce rythme là, dans deux
millénaires, la terre aura une température de 20°C supérieure
à l’actuelle ! Quelle que soit la limite supportable par l’ensemble
des organismes vivants, le bout du tunnel n’est qu’à quelques milliers
d’années.
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II - Les activités humaines concernées
Sources de rejets atmosphériques
: l’industrie et les transports sont producteurs de gaz toxiques qui nuisent
à la végétation et aux être vivants, soit par
le contact direct, soit par le retour des substances acides avec les eaux
de pluie. De plus, le CO, CO² et NOx sont des gaz à effet de
serre et contribuent au réchauffement de la planète.
Abattage des forêts
: sans compter la destruction de sources productrices d’oxygène,
la végétation abattue génère aussi de grandes
quantités de CO et CO² dans son processus de décomposition,
le CO étant le gaz le plus toxique pour l’homme et plus généralement
pour la vie.
Agriculture : l’utilisation
de pesticides chimiques pour « déparasiter » les cultures
ainsi que les engrais riches en nitrates et phosphates sont drainés
par les eaux pluviales et atteignent des cours d’eau dont l’équilibre
peut être gravement perturbé par des proliférations
d’algues indésirables qui profitent de ces apports.
Pollution urbaine :
les transports comptent parmi les plus gros producteurs de gaz à
effet de serre avec en plus des rejets de corps gras et d’hydrocarbures
imbrûlés qui pénètrent dans le sol et polluent
les nappes phréatiques. La collecte, le tri et le recyclage des
déchets est le second souci majeur des agglomérations, toujours
en voie de progrès, mais de manière très insuffisante.
Pollution maritime
: Souvenez-vous de la campagne « SOS Mer Propre » de la Fondation
Nicolas Hulot dont les spots télévisés affichaient
: « certains en font des tonnes, n’en rajoutons pas ! » … Les
tonnes sont les catastrophes pétrolières qui comprennent
les échouages et accidents de navires, mais surtout les dégazages
permanents qui au cours d’une année font bien plus de dégâts
que les naufrages de l’Erica et du Prestige réunis. « Ce que
l’on rajoute », ce sont les déchets abandonnés et le
souillage du « je m’en foutisme » individuel qui multiplié
par le nombre d’âmes concernées reste le pire fléau
de la terre !
Pollution par les déchets
solides : c’est celle qui découle des deux points précédents,
du comportement de chacun et qui sert de triste exemple dans nos activités
pédagogiques. Hors mis les déchets non biodégradables
comme le verre ou les métaux lourds, la plupart des plastiques et
caoutchouc mettent des centaines d’années pour se dégrader,
lorsque ce ne sont pas des sacs dérivants qui tuent directement
des Cétacés, Tortues, Môles, qui les ingèrent
en les prenant pour des Méduses. De nombreux déchets solides
sont encore abandonnés dans la nature comme le montrent ces tristes
images de plages après une belle saison touristique !
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.III - Les espèces
menacées
Un registre
international est tenu à jour et considéré comme la
base de données officielle des espèces menacées :
il s’agit de la liste rouge des espèces menacées initiée
et gérée par l’UICN (International Union for Conservation
of Nature). Cette liste ne compte pas moins de 2500 espèces. Cette
liste est consultable sur Internet à l’adresse : http://www.redlist.org/
. En France, environ 150 espèces sont menacées de disparaître,
et en Méditerranée, quelques unes ont du faire l’objet d’arrêtés
préfectoraux pour réglementer ou interdire leur pêche.
Peu nombreuses sont
les espèces qui s’éteignent naturellement. L’abattage massif
de forêts tropicales entraîne systématiquement la disparition
d’espèces endémiques (que l’on ne trouve qu’à cet
endroit) et pour qui les conditions de vie ou de reproduction ne sont plus
réunies. D’une manière générale, la plus grande
cause de disparition est la modification ou la suppression de l’habitat
et des conditions de vie ; c’est le cas chez nous pour les Tortues marines
(Tortue caouane et Tortue Luth) qui voient leurs aires de ponte disparaître
au profit de constructions littorales ou encore le Phoque moine de Méditerranée
qui a besoin d’espaces sauvages pour s’épanouir. La modification
des conditions de vie est aussi provoquée par l’introduction d’espèces
domestiques ou associées à la présence humaine (chiens,
chats, bétail,… rats, cafards, etc.…). L’exemple qui nous est le
plus proche actuellement est l’introduction de la Tortue de Floride qui
se substitue dans nos cours d’eau à la Cistude d’Europe.

D’autres cas passent
bien plus inaperçus comme la migration de certaines espèces
de vertébrés marins depuis le sud de la Méditerranée
vers le nord. Cela peut paraître naturel, normal, voir anodin. Mais
ces migrations sont très probablement liées au réchauffement
de la Méditerranée (+ 0,5 °C pour le XX° siècle),
influencé par celui de la planète. Le « Poisson lézard
» est actuellement l’exemple le plus inquiétant. S’agissant
d’une espèce méditerranéenne, elle n’est pas comptée
parmi les espèces invasives (introduites) et de ce fait, ne fait
l’objet d’aucun débat. Ce poisson, présent depuis assez longtemps
sur nos côtes, envahit actuellement les fonds sablonneux de manière
spectaculaire. Son mode de vie est identique à celui des Vives et
dans les calanques de la Côte Bleue, que je sillonne régulièrement,
un phénomène de substitution est entrain de se produire.
Sans pouvoir me prononcer sur une échéance irréversible,
ce problème mérite quand même une attention particulière.
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IV - Protection de la nature et constat d’échec
Toute opération visant à
protéger un site naturel, ainsi qu’une espèce animale ou
végétale, est le constat d’un échec. Même si
nécessaires aujourd’hui, ces obligations de recours découlent
de comportements irréfléchis conduisant à la détérioration
ou à la surexploitation de peuplements qui un beau jour soulèvent
la peur de l’irréversible. Naissent alors les parcs ou réserves
naturelles et les réglementations de pêche ou de chasse qui
conduisent également à des interdictions totales. Pourquoi
en arriver là ?
Certains bouleversements sont plus médiatisés
que d’autres. La Tortue de Floride, tout comme la Caulerpe, ont fait la
une des journaux parce qu’elles ont été directement introduites
par l’homme. La traque des Requins fait aussi couler beaucoup d’encre,
car la menace d’extinction pour un bon nombre de leurs espèces se
paie actuellement au prix fort, celui de leur ailerons qui font fureur
chez de ridicules gastronomes. L’histoire du Corb et de ses otolithes,
par contre, est bien peu connue. Quant aux migrations imputées au
réchauffement de la planète, dont fait partie l’exemple du
Poisson lézard cité précédemment, sont à
peine remarquées.
Si j’insiste sur le Poisson lézard
« Sinodus saurus », c’est parce que les espèces invasives
font l’objet de nombreuses études (La Caulerpe en Méditerranée,
la Crépidule en Bretagne …). Le Lézard, lui n’est pas considéré
comme tel. Et pourtant, il est entrain de perturber un écosystème
qui mérite autant d’attention et de compréhension pour expliquer
une fois de plus qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. Alors qu’importe
l’origine d’un bouleversement lorsque le mal existe. Il est indispensable
de soulever l’origine de toutes les anomalies constatées, même
si les scientifiques qui proposent des solutions ne sont toujours pas entendus
et n’obtiennent jamais les fonds nécessaires pour mettre en pratique
leurs actions.
La conclusion, c’est toujours le constat d’échec
! mais le constat est nécessaire pour faire prendre conscience de
l’étendue des dégâts et il ne faut pas baisser les
bras. L’accumulation de faits démontrant qu’il y a systématiquement
à l’origine des dégâts une activité humaine,
finira peut-être par éveiller l’attention des politiques environnementales
qui ont aujourd’hui encore un intérêt bien trop politique
et bien trop dépendant de la réalité économique.
L'écologie ne doit pas être liée à des tendances
politiques, elle doit grandir avec les générations comme
une culture universelle, la culture de tous pour le respect de la vie et
les droits des générations futures.
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V - Quelques exemples en Méditerranée
Espèces menacées et protégées
par des arrêtés préfectoraux :
- Les Cétacés :

De nombreux mammifères marins figurent
sur la liste rouge des espèces menacées. Baleines, Cachalots,
Orques, Dauphins et Marsouins sont victimes d’ « accidents »
de pêche, de collisions bien souvent fatales avec des gros navires
et surtout de la pollution par les métaux lourds (mercure, cuivre,
zinc, plomb …) ou les organochlorés (composés à base
de chlore : pesticides, insecticides …) qui sont à l’origine de
troubles graves qui peuvent concerner certaines fonctions vitales dont
notamment celles de la reproduction ou encore du sens de l’orientation.
Les échouages, solitaires ou massifs, laissent le plus souvent un
sentiment d’impuissance car ils sont, dans la plupart des cas, difficiles
à expliquer et sans solution préventive. Il ne reste généralement
que l’intervention d’urgence qui permet parfois de sauver quelques individus
lorsque la découverte se fait à temps.
- Le Mérou brun

Le Mérou, un des rares poissons
qui a développé une relation « amicale » avec
l’homme en raison d’une accoutumance rapide et favorisée par le
nourrissage que pratiquent des plongeurs. Il est même devenu une
attraction commerciale pour certains clubs de plongée qui entretiennent
cette relation pour donner plus d’intérêt aux sorties sous-marines
touristiques. Dans un but de découverte pure, ceci pourrait être
une bonne chose, car faire découvrir la vie marine contribue à
développer sa protection. Mais le problème est que rendre
de tels poissons familiers à la présence de l’homme les expose
à une autre catégorie de plongeurs : les chasseurs sous-marins.
Même s’il y a toujours une bonne part de pratiquants qui sont respectueux
de « bonnes pratiques », un nombre qui sera toujours trop important
n’ont que faire des conséquences de leurs activités et ne
verrons toujours en ce poisson qu’une proie facile à capturer et
surtout un trophée de choix en raison de sa taille importante.
- La Datte de mer

Ce curieux bivalve est aussi connu sous le nom de
« Moule perforeuse » en raison de sa capacité à
creuser des galeries dans la roche en sécrétant un acide.
Outre une constatation de réduction massive des populations de ce
mollusque dans certaines régions, l'interdiction de pêche
est plutôt liée à son mode de vie. De ce fait, la meilleure
méthode de récolte était l'explosif ou encore le burin
ou le marteau-piqueur pour aller l'extraire de la roche...
...... la stupidité de l'homme a-t-elle des limites ?
- Le Jambonneau ou Grande nacre

Le Jambonneau « Pinna nobilis »
est une moule géante qui peut atteindre 1 mètre de hauteur.
Elle vit dans les fonds sablonneux, au milieu d’herbiers de Posidonies
et se tient en position verticale, enracinée dans le substrat par
le byssus. Sa chair n’est pas comestible, mais ses valves à l’intérieur
nacré ont été trop convoitées pour servir d’ornement.
De plus sa position verticale l’expose aux filets de pêche, engins
de traîne et ancres de bateaux qui les arrachent de leur support.
Sa protection passe par une interdiction de ramassage, mais également
par une réglementation des mouillages dans certaines zones.
A cette liste s’ajoutent les herbiers de Posidonies
qui souffrent de la pollution, des constructions côtières
et du dragage des ancres ou des engins de pêche. L’Oursin diadème,
espèce aux longs piquants, devenu très rare le long des côtes
françaises ; La Patelle géante et la Grande cigale, victimes
de surexploitation, puis les Tortues marines et le Phoque moine, pour qui
les zones sauvages qui leur permettaient de s’abriter et surtout de se
reproduire ont été remplacées par des aménagements
littoraux.

D’autres espèces sont menacées
sans bénéficier de protection légale. On peut citer
les Hippocampes, les Porcelaines, le Coralligène et autres animaux
marins qui sont appréciés des collectionneurs de souvenirs
de plongée …. Il ne s’agit là, je l’espère, que d’un
manque de sensibilisation et de connaissance du milieu marin qui sera rapidement
comblé par les nombreuses campagnes pédagogiques qui concernent
toute personne qui s’approche du bord de mer.

Un dernier exemple : le Corb, merveilleux poisson
convoité pour la finesse de sa chair, mais surtout pour la beauté
de ses otolithes, concrétions calcaire de l’oreille interne, organe
de l’équilibre et malheureusement pour lui, semblables à
des pierres qui ont pris un aspect précieux au regard de l’homme
… Hallucinant !!! Devenu extrêmement rare sur la Côte
Bleue, il a fallu la création de deux réserves naturelles
pour commencer à revoir quelques spécimens fréquenter
les zones rocheuses de nos calanques.
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VI - Que pouvons-nous faire ?
Avant de critiquer des comportements ou de donner
son avis sur l’impact de certaines activités, il faut analyser sa
propre façon d’être et vérifier si on est en phase
avec la plus profonde signification du mot « respect ». Il
existe, un peu partout, des chartes de bonne conduite. Mais est-ce que
la nécessité de rédiger des chartes n’est pas une
fois de plus un constat d’échec ? Ne serait-il pas plus simple que
chacun fasse l’effort de s’auto discipliner ?
Avant de se rendre sur un lieu, en montagne,
sous la mer, … il faut se renseigner sur la fragilité du milieu,
les espèces locales, ou encore, ce qui est autorisé ou pas,
c’est à dire avoir le souci de respecter la vie locale. On ne peut
respecter que ce que l’on connaît. Il n’est par contre pas nécessaire
de lire qu’il ne faut pas jeter ses déchets par terre pour comprendre
que c’est mal agir ! … Et pourtant, si 95% des adultes prétendent
respecter l’environnement, au moins un sur deux, en réalité,
n’en a que faire !
Ce qui est encore à la portée
de chacun de nous, une fois qu’on s’est approprié une conduite sage,
c’est de la transmettre à notre entourage : soit de manière
informelle, dans nos relations et échanges quotidiens, soit de manière
structurée en participant ou en organisant des activités
pédagogiques. Notre principal objectif doit être aujourd’hui
de donner à nos enfants une éducation orientée sur
la connaissance des milieux naturels et les différentes sources
de pollution qui les affectent. Dès l’âge de 8 – 10 ans, les
enfants sont très réceptifs et très sensibles à
ces problèmes. Ils représentent la première vague
de nos générations futures et il nous appartient de leur
offrir en héritage le meilleur de la vie et de notre savoir-vivre.
( campagne SOS Mer Propre 2001 )
Christian Coudre
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