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La toxicomanie actuelle est un phénomène de NOTRE société et de NOTRE culture. Ses origines sont sociologiques, idéologiques, religieuses, politiques, économiques, psychiques, collectives ou individuelles: on ne naît pas toxicomane, mais on trouve, dans notre environnement les possibilités et les raisons de le devenir.
En France par exemple, pays viticole de longue date, l'alcool joue toujours un rôle important dans le lien social: prendre l'apéritif, arroser une soirée, savoir boire, prendre un verre... Plus profondément, la dissolution et la remise en cause des liens sociaux, culturels, religieux ou civiques, nous ramènent à notre corps et à sa maîtrise: écoute soi, refus du mal-être, refus de la souffrance et de l'angoisse, refus de la peur, du doute, des incertitudes et des tourments.
Recherche de la santé, de la forme, de la pêche, du bonheur, du plaisir, être bien dans sa peau, relax, cool ... Ne plus jamais "déprimer" ! Même bébé n'a plus le droit de pleurer, de faire des insomnies, de refuser de manger, ou d'être agressif ! Ni papa de sévir ! Un petit cachet, un médicament, un verre de whisky, une bouffée de fumée ...tout va mieux ...pour tout le monde !
Des plus grands médias aux plus humbles rumeurs quotidiennes, un nouveau discours règle mes relations à mon corps, à autrui, à soi-même. C'est ce changement de mentalité, aussi bien qualitatif que quantitatif, qui fait ce phénomène de société: croire qu'on a les moyens de tout gérer, tout, même son esprit.
CETTE SUBSTANCE ET SES DERIVES FONT PARTIE DU GROUPE DES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES HALLUCINOGENES ET DELIROGENES - CLASSES STUPEFIANTS PAR L'ARRETE DU 22 FEVRIER 1990 FIXANT LA LISTE DES SUBSTANCES CLASSEES COMME STUPEFIANTES, ANNEXE I PAGE 6679 DU JO DU 7 JUIN 1990.
HISTORIQUE
Le cannabis sativa ou chanvre indien est une plante connue depuis des millénaires. Cultivée en tant que source de fibres pour la production de cordage, sa résine fut également utilisée à des fins médicales et récréatives en Chine, en Inde et dans le monde Islamique. On y recourait en médecine traditionnelle en tant que spasmolyque, hypnotique et analgésique.
Introduit en Europe au début du 19ème siècle par les soldats de Bonaparte et par des médecins anglais de retour des Indes, le cannabis fût également utilisé en médecine (traitement des migraines, asthme, épilepsie). Le cannabis a été célébré dans la littérature par Baudelaire et ses contemporains. Au cours des décennies 60-70 la consommation a été revendiquée par une partie de la jeunesse dans l'élan d'une mouvance culturelle.
A l'heure actuelle, d'après de récentes études, la consommation de cannabis s'est répandue. Elle touche tous les âges et se pratique dans des réseaux de convivialité pour une recherche de plaisir et de détente. Parallèlement, les modes de consommation solitaire existent également.
LES DIFFERENTS PAYS DE CULTURE
Cette plante est essentiellement cultivée au Moyen Orient où la culture est autorisée. Au maroc, en particulier, ce sont de véritables fermes d'état qui produisent le haschisch (rendement 650 Kg/hectare). On peut citer également comme pays producteurs : le Liban (3 tonnes/Hectare) - l'Afghanistan - le Pakistan. La culture illicite s'est également développé en Afrique noire, ainsi qu'un Amérique latine, mais aussi aux Etats Unis (qui s'auto-suffisent), etc ...
LES PRODUITS ACTIFS
Le cannabis provoque des effets stupéfiants grâce à des substances psychoactives. Il s'agit essentiellement du TERPENOPHENOLS, au premier rang desquels figurent le delta 9 THC (Tétra hydrocannabinol) et le THA (Tétra hydro cannabinolique) qui inactif, se transforme en THC lors de sa combusion
A/ QUE SE PASSE-T-IL DANS LE CERVEAU DE VOTRE ENFANT
On a appris bien des choses, au cours des dernières décennies, sur le fonctionnement du cerveau. Il y en a une qui nous intéressé particulièrement, c'est que notre organisme secrète en permanence un substance qui ressemble à une drogue: l'endorphine. C'est une substance dont l'action "mime" celle de la morphine. Morphée: la divinité qui calme et endort. Elle joue un rôle vital car sans elle les sensations transmises par nos sens seraient intolérablement douloureuses. Elle est là pour les "filtrer", les tempérer; n'en laisser passer, en temps normal, que la quantité suffisante pour nous informer de ce que nos sens ont perçu, et nous permettre de réagir en conséquence. Mais c'est un autre rôle de l'endorphine, le rôle "récompensant" c'est le terme médical - qui va surtout nous être utile. De quoi s'agit-il ? eh bien chaque fois que l'homme réussit quelque chose qu'il a entrepris de faire, son organisme le récompense en sécrétant une rasade supplémentaire d'endorphine. Et ceci qu'il s'agisse d'un simple geste comme de tenir son verre sans le renverser, ou de la réussite d'un grand projet qui nous tenait à coeur. C'est l'endorphine qui provoque alors - selon l'importance du succès remporté - une légère bouffée d'alacrité, ou encore un bonheur plus durable. D'une certaine manière, être inondé de joie, c'est... être inondé d'endorphine.
Sans cette récompense naturelle aurions nous pris goût à la vie? goût à la réussite? goût à l'action? Car de façon moins bien connue mais quelque part dans le cerveau notre organisme conserve la trace et le souvenir "d'actes récompensants", comme une saveur naturelle de la réussite, qui subsiste et imprègne profondément notre personnalité. Et qui ne pousse évidemment pas à la recherche de compensations toxiques bien au contraire ! Les effets, passagers ou durables, de ce mécanisme "d'auto-récompense" sont fondamentaux. Ils éclaireront plusieurs des suggestions ci-dessous. C'est là une source naturelle et intarissable de bien-être d'équilibre, de bonheur naturel. Elle déborde les limites inévitables des récompenses/punitions parentales. Cette force intérieure, on peut apprendre à la faire jouer au profit de l'épanouissement de l'enfant; elle le rend plus apte à trouver sa voie parmi les sollicitations de toutes sortes que la vie va lui apporter.
COMMENT PUIS-JE SAVOIR SI MON ENFANT EST VULNÉRABLE ?
La question n'est pas seulement "QUI?", mais aussi: "QUAND?". Car nul n'est totalement à l'abri, et, selon les périodes, chacun est plus ou moins vulnérable. Enfant, et plus encore pré-adolescent, fille et garçon plus encore, chacun traverse par moments des phases très ordinaires de fragilité; en effet chacun doit négocier nombre d'obstacles sur son parcours. Par périodes, il peut se trouver démotivé, ou manquer de confiance en lui-même, souffrir de troubles de son insertion. Si se présente alors une proposition de drogue, il peut se trouver en danger, et confondre le soulagement éphémère et trompeur d'un produit quelconque avec une solution durable. Ce d'autant plus que la drogue est déjà présente dans son périmètre rapproché.
B/ COMMENT LES CHOSES SE PASSENT-ELLES AUTOUR DE VOTRE ENFANT ?
Dans le périmètre rapproché de ses contacts et échanges, là où la drogue vient au devant de lui ? Ce que l'on sait du haschisch (alias cannabis, joint, marijuana, etc...) permet de répondre, au moins en partie, à cette question, et c'est justement le haschisch qui concerne le plus l'âge scolaire. Le haschisch circule largement autour de nos enfants. Plus de la moitié des lycéens connaît une ou, plus souvent, plusieurs personnes qui consomment des drogues illicites (dans la moitié des cas, il s'agit de jeunes du même âge). Plus du tiers des lycéens et presque la moitié dans la capitale s'en sont déjà vu proposer. Et la notoriété donnée aux problèmes de drogue n'a pu qu'entraîner une augmentation très sensible de ces chiffres.
La drogue n'est plus pour nos enfants une réalité lointaine; elle s'est maintenant rapprochée. Certes la plupart d'entre eux fument 1 à 2 joints... et laissent tomber, mais le tiers environ de ceux qui ont fumé en sont à leur dixième cigarette ou davantage. Ceux là sont engagés sur une voie à risque. Car 3% à 4% de ceux qui ont fumé une fois deviendront dépendants; et pratiquement tous les toxicomanes ont commencé par le haschisch. Et la toxicité de celui qui circule aujourd'hui tend à augmenter. Tout consommation de drogue, quelle que soit cette drogue, est dangereuse.
DANS QUELLES CIRCONSTANCES, A QUELLE OCCASION EN VIENDRAIT- IL A SE DROGUER ?
C'est l'offre de drogue par les pairs qui induit les premières consommations. Quant aux circonstances de cette première cigarette de haschisch - qu'elle ait été la dernière ou non:
l'expérience la plus fréquente s'est déroulée au cours d'une fête, d'une réunion entre amis. L'euphorie passagère procurée par le haschisch passe pour une sympathique convivialité. 60% des filles ont fumé leur premier joint lors d'une "boum" ce pourcentage tombe à 27% pour les garçons.
beaucoup de garçons ont été initiés au lycée, par un camarade de classe.
les vacances ? "l'occasion fait le laron.
les spectacle ? l'on y vient avec son propre shit, car le deal est rendu difficile par la présence de plus en plus fréquente de la police.
et aussi de temps à autre: un frère, une soeur, un cousin, le meilleur ami. Sans penser à mal peut-être même.
La consommation de drogues des adolescents scolarisés est peu liée à la situation sociale et scolaire, les jeunes de tous les lieux et de tous milieux peuvent être concernés. Mais les plus âgés ceux qui sortent (café, boite de nuit, trainent dans les rues) et qui expriment une grande insatisfaction -scolaire ou familiale- sont nettement plus en risque que les autres. On le dit souvent "les jeunes dont les parents sont séparés (divorce ou décès) sont deux fois plus touchés que les autres. Et c'est vrai, mais les autres sont touchés aussi !
NOTA: les données et statistiques en ce domaine sont à prendre avec beaucoup de prudence et de réserves. Sources citées INRP et Y. Laudé.
POURQUOI MON ENFANT EN VIENDRAIT-IL A SE DROGUER ?
Les causes immédiates possibles d'une première prise, ou des premières, sont innombrables:
les autres : les camarades, convivialitédu groupe; difficultés de ne pas faire comme les autres, exemple, ou proposition innocente ou pas, d'un copain, vieux ou nouveau; désir d'être reconnu par tel groupe ou telle personne, etc... Ou n'importe qui: une rencontre, dans un groupe, dans la rue etc...
vous même: et votre propre attitude pour chercher ailleurs une chaleur qui lui manque, ou pour échapper à un conformisme trop strictement imposé; par défi, révolte, rejet de l'image qu'il a de vous, etc...
et presque toujours: l'enfant ou l'adolescent lui-même: manque d'intérêt pour son quotidien; vague à l'âme, moment d'ennui, de faiblesse, d'excitation; manque de confiance en soi, de pratique, pour élaborer et soutenir son opinion propre; sentiment d'être mal dans sa peau; goût du risque; désir d'épater; sentiment d'échec, ou de solitude; curiosité, envie d'autre chose, etc...
On peut imaginer cent autres circonstances, selon les âges, les conditions de vie etc... Elles sont trop variées pour qu'on puisse les recenser. Aussi en fin de compte, s'avère-t-il plus utile de connaître les moyens de prévention, et de les mettre en oeuvre.
LES RISQUES EXTERIEUR: PUIS-JE LES EVITER ?
Non, car le danger peut se présenter n'importe où, et la réaction de l'enfant est en partie imprévisible. Plutôt que de se leurrer de l'espoir d'un monde aseptique, il faut préparer l'enfant à vivre dans le monde tel qu'il est! Et à en reconnaître les risques quand ils se présentent. Encore n'êtes-vous pas totalement sans prise sur son propre univers, par les choix que vous faites:
pour lui; en le guidant par: - les amis que vous lui faites connaître - les questions et activités auxquelles vous l'intéressez - les lieux et milieux de vacances, distraction - les émissions et spectacles que vous mettez à sa disposition - le collège (quand... on en a le choix)
ou pour vous. Juge-t-il comme vous les jugez. - l'usage qu'il vous voit faire du tabac, de l'alcool, des médicaments - votre vitesse au volant...! une drogue comme les autres. - les exemples que vous mettez sous ses yeux, les amis que vous fréquentez. Autant de références qui le structurent. Cette image, ce type d'hommes, peuvent le convaincre et lui donner envie de suivre une voie comparable - ou non! Et puisqu'il n'est pas possible d'éliminer tout risque extérieur, l'essentiel c'est d'armer nos enfants contre ces dangers.