" Il est inconcevable qu'une oeuvre d'art qui nous procure une émotion telle que nous nous sentons plus éxaltés, plus purs, plus vrais, plus lumineux ou plus sombres ne corresponde pas à quelque réalité spirituelle ... "

M. PROUST

Nous pouvons tous éprouver un sentiment d'apaisement en contemplant une forme d'un équilibre serein, irréfutablement harmonieuse. Sans doute est-elle censée renvoyer à quelque chose au-delà d'elle-même, à quelque sens commun, un dialogue entre les consciences, une résonance cachée au plus profond des êtres mais dont la perception est propre à chaque individu.

 

Mon travail de la terre consiste à modeler des personnages dont les attitudes corporelles sont une façon de communiquer la force de la vie, sa beauté, la dignité, sa pureté aussi mais également ses questionnements.

Mon but est davantage que ces personnages constituent le support d'expression d'un ressenti plutôt que l'illustration d'une beauté plastique irréprochable.

Dans le dénuement et la simplicité, peut-être parviennent-ils à percevoir et nous communiquer quelque chose enfoui dans la continuité de l'expérience humaine.

Dans cet état d'esprit, seront-ils en mesure de provoquer un écho, une émotion, une rencontre ...

 

Mes terres cuites sont patinées, certaines sont éditées en bronze.

Le RAKU

L'autre approche de mon travail de la terre, plus libre, s'appuie sur une recherche des formes et textures telluriques, volcaniques.

En y associant la technique de cuisson du raku, les pièces acquièrent alors une force naturelle, visible, liée aux chocs subis lors de cette épreuve du feu dont elles révèlent la puissance.

Comme issues d'une violente spirale, elles se laissent enfin caresser, encore empreintes de la puissance des éléments qui les ont façonnées, révélatrices de toute la sensualité de la terre.

Même si le noir domine, intense, les oxydes métalliques apportent leurs touches colorées, leurs lustres d'or, de cuivre et d'argent.

 

Toutes mes pièces sont des pièces uniques.

La technique du Raku

Née au XVIème siècle au Japon, cette technique de cuisson très caractéristique servit d'abord à la réalisation de petits bols à thé. Elle est à l'époque intimement liée à la philosophie zen et cette collaboration donnera une céramique simple et naturelle, dénuée de toute sophistication superflue.

RAKU est synonyme de "bonheur dans le hasard" en relation avec l'aspect très aléatoire et délicat des résultats obtenus par un mode de cuisson qui se singularise par son aspect brutal.

Les céramiques raku subissent en effet d'importants chocs thermiques qui, s'ils sont à l'origine de leurs subtils effets de surface, risquent aussi d'être fatals et d'entraîner de lourdes pertes.

Le noircissement de la terre, les craquelures, les tressaillages, les couleurs et les lustres profonds leur confèrent ce que l'on peut qualifier de "vieillesse instantanée".

En s'imprégnant de la technique et de la pensée véhiculée par la céramique traditionnelle japonaise, la céramique contemporaine occidentale a vu s'ouvrir de nouveaux horizons.