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Dernière mise à jour: 13/11/09

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Ce que les nouveaux bien-pensants veulent détruire:

C'est l'idée même d'une "Instruction Publique", telle que la définissait Ferdinand Buisson en 1887

Voilà, les pseudo-modernes, pétris de relativisme, déclarent que tout cela est "ringard" et que les enfants doivent juste savoir assez lire pour comprendre le mode d'emploi de leur Nintendo et regarder des séries américains à la TV.

L'Education Nationale, grand corps malade

Ecole : travailler moins pour apprendre moins

Supprimer les cours le samedi matin ? Pourquoi pas tant le niveau scolaire de nos chères têtes blondes est déjà impressionnant…

Notre nouveau pouvoir, si féru de «rupture», semble bien timide en ce qui concerne l’éducation nationale : quelques réductions de postes (11 000 en 2008), diminution qualifiée de «dérisoire» par le ministre lui-même, et un projet d’autonomie des universités qui ne contrarie personne. Dans ce domaine, le gouvernement avait pris soin d’éloigner les motifs de fâcherie - augmentation des droits d’inscription et sélection - qui sont cependant les seuls remèdes à l’engorgement de certaines filières, à l’abandon en cours de route de nombreux étudiants et à la dévalorisation générale des diplômes. La dernière mesure en date annoncée par le ministre Xavier Darcos, à savoir la disparition des cours le samedi matin, devrait ravir élèves, parents, sans oublier l’industrie du loisir.

Enfin, des week-ends entiers pour aller à Euro Disney, regarder la télévision, aller au supermarché et autres activités épanouissantes.

«Travailler moins, pour apprendre moins» : voilà qui pourrait être l’une des définitions du sarkozysme en direction de nos chères têtes blondes. Cela rejoindrait le diagnostic établi voici quelques semaines par Christine Lagarde, ministre des Finances, selon laquelle en France on pense trop. De son côté, le ministre de l’Education nationale a ainsi promis la suppression du samedi travaillé dès l’an prochain dans toutes les écoles maternelles et primaires pour mettre fin aux «disparités sur le territoire» et permettre aux familles de «se retrouver pendant le week-end». «Il n’y aura pas cours le mercredi matin non plus, bien évidemment», a-t-on précisé au ministère de l’Education. Pour les collèges, les cours du samedi seront également supprimés, mais transférés au mercredi.

Il ne faut pas oublier la mesure-phare du nouveau pouvoir qui consiste à faire lire chaque 22 octobre la lettre de Guy Môquet à sa mère avant son exécution par les Allemands, avec vingt-six autres otages communistes, à Chateaubriant en 1941. Dans l’avant-propos de l’ouvrage La querelle de l’école, dirigé par Alain Finkielkraut, le philosophe et essayiste cite une autre lettre, celle d’un professeur de collège en Zone d’éducation prioritaire réagissant à l’initiative de Nicolas Sarkozy : «Je ne la lirai pas parce que nos enfants ignorent les événements auxquels elle se réfère parce que notre école préfère par exemple demander à nos enfants d’analyser des “documents” plutôt que de leur enseigner des dates et des événements. Je ne la lirai pas parce qu’il y a longtemps que l’école refuse de transmettre aucun modèle ; parce que notre école n’envisage plus les textes d’auteurs comme des exemples mais comme des thèmes d’entraînement à la critique. Je ne la lirai pas parce que simplement notre école a délibérément détruit l’autorité qui pourrait permettre une lecture et une écoute attentives.»

La querelle de l’école n’aura pas lieu

Ce livre, rassemblant des dialogues et des confrontations entre de nombreux praticiens ou analystes de l’école (professeurs, philosophes, sociologues, linguistes, journalistes…) provenant de l’émission Répliques animée sur France Culture par Finkielkraut, vaut d’abord par sa volonté d’aborder avec franchise et énergie les maux qui rongent l’école. Or, sur ce sujet, le prêt-à-penser a subi ces dernières années de rudes coups. On connaît le discours officiel visant à mettre l’élève au centre de l’école, se félicitant de la hausse constante du niveau (voir chaque année les bulletins de victoire face aux pourcentages de réussite au baccalauréat) et de l’adaptation constante à la modernité tout en dépeignant ceux qui contestent ce diagnostic autosatisfait comme des réactionnaires, des archaïques ou des nostalgiques de temps révolus. Cependant, ce discours se heurte de plus en plus au principe de réalité et certains des fléaux les plus visibles (baisse du niveau, violence, échec scolaire…) sont trop spectaculaires pour être dissimulés.

Parmi les dialogues particulièrement éclairants que contient La querelle de l’école, on retiendra notamment celui mettant aux prises Fanny Capel (professeur de Lettres modernes et membre du collectif Sauver les lettres) et Bruno Mattéi (professeur de philosophie à l’IUFM de Lille). Face à ce dernier s’affichant comme un adversaire résolu du principe de classement entre les élèves (car classer et noter c’est exclure), Fanny Capel rappelle des faits observables en soulignant que les lycéens «ordinaires» (pas ceux des ZEP) «ont une très faible maîtrise de la langue écrite : je suis confrontée à des copies sans ponctuation, avec des phrases à la syntaxe fautive ; à une pauvreté de vocabulaire handicapante, à une ignorance de la conjugaison. À l’oral, je constate la même confusion d’esprit, l’absence de références culturelles.» À cela, elle apporte un élément d’explication : «Un collégien d’aujourd’hui, au long de sa scolarité, perd 800 heures de cours de français par rapport à un collégien de 1972, c’est-à-dire quasiment deux années. Comment, dans un tel contexte, respecter les rythmes et les potentialités de chacun ? C’est impossible

Bien sûr, la «querelle de l’école» n’aura pas lieu. Certes, elle se prolongera à travers des essais, des débats, des libelles, des tribunes, mais tout continuera comme aujourd’hui. Les syndicats d’enseignants réclameront plus de «moyens» et le gouvernement annoncera chaque année une «réforme» toujours plus performante et censée faire oublier les «progrès» pourtant prodigieux accomplis l’année précédente. Le niveau montera, montera, il montera tellement qu’on ne l’apercevra même plus. D’ailleurs, il monte déjà très haut. Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles pour s’en apercevoir.

Christian Authier
La querelle de l’école,
Article paru dans l'édition du Vendredi 05 Octobre 2007

N° 3 - octobre 2006
Sommaire
Editorial
E. ALTSCHULL & F. GAUDU
Ecole : la lente agonie
C. MAZERON
Des idées de Bourdieu à l'idéologie de l'Education nationale
E. ALTSCHULL
La désaffection des jeunes pour les études scientifiques
H. DUNY
La médiocrité intellectuelle au pouvoir à l'Education nationale et comment la combattre
Entretien avec L. LAFFORGUE
La formation à l'IUFM
Entretien avec F. VIE
Le ministère Robien a-t-il eu raison d'agir à propos de la méthode syllabique?
Entretien avec R. BOUTONNET
La crise de l'enseignement supérieur : constat et propositions
F. GAUDU
Une constitution pour un changement de régime (2e partie)
P. GUIOL
Deux ou trois choses sur l'Amérique
CALAMITY JANE
La vestale de la Ve République
R. HUREAUX
La permanence de l'esprit de Vichy
C. ROCHET
A mort les profs, à mort les flics !
lundi 18 mai 2009

La cinquième enseignante poignardée de l’année, cette fois dans la Haute-Garonne (1)… Des policiers victimes de tirs à l’arme automatique à La Courneuve (2)… Cela n’étonne plus personne, cela fait partie de l’actualité de la France d’aujourd’hui. Bien évidemment, le ministre de l’Education nationale, Darcos, y va de sa sentence : « Cela pose cependant la question de la sécurité à l’intérieur des établissements scolaires. Il y a des solutions. Avec le président Nicolas Sarkozy nous y réfléchissons Il faut sanctuariser les collèges. Nous envisageons de généraliser la mise en place de portiques détecteurs de métaux ». On est sauvé !

Bien évidemment, autre incapable, la ministre de l’Intérieur, celle qui interdit aux policiers de poursuivre les fuyards en deux roues, « a condamné de "façon absolue" cet "acte inadmissible", assurant dans un communiqué diffusé ce matin que tous les moyens étaient déployés pour retrouver les auteurs des tirs et "les présenter à la justice". On est sauvé, là aussi !
On va faire des commissions dans l’Education nationale, et dans la police, cela occupera quelques sociologues et quelques chercheurs, et on va croiser les doigts, en priant que le prochain mort, qu’il soit prof ou flic, arrive le plus tardivement possible.
Quel décalage entre les balivernes des ministres et la réalité quotidienne ! A l’école, le système, gouvernement, partis de gauche et de droite, syndicats enseignants, veut nous imposer « Entre les murs ». La réalité quotidienne répond : « La journée de la Jupe ». suite

Nouvelle victoire des Khmers rouges!

PARIS, 23 nov 2005 (AFP)
Le mathématicien Laurent Lafforgue a annoncé mercredi sa démission du Haut conseil de l'Education, où Jacques Chirac l'avait nommé le 26 octobre, à cause de "propos violents" sur le système éducatif qui lui étaient reprochés.
Médaille Fields en 2002, Laurent Lafforgue, chercheur de 39 ans, a lui-même expliqué sur le site de l'Institut des hautes études scientifiques (IHES) que le président du HCE, Bruno Racine (également nommé par M. Chirac, et Michel Seban, conseiller pour l'éducation du président, lui avaient demandé sa démission.
Il a reproduit sur le site internet l'échange de mails qui a provoqué la colère de M. Racine qui, a-t-il expliqué, "a estimé que la violence passionnée de mes propos sur l'état actuel de notre système éducatif et la responsabilité des instances dirigeantes de l'Education nationale rendait impossible un débat serein au sein du HCE visant à construire un consensus ou tout au moins une majorité solide".


9/9/04: Elisabeth Altschull et Alain Finkielkraut démissionnent de la Commission Thélot:

Mesdames, Messieurs,

Au retour des vacances j'ai retrouvé comme vous, au tout début de septembre, le document " provisoire " et " confidentiel " du rapport final qui entretemps avait " fuit " à la presse. Il m'était impossible de ne pas étudier scrupuleusement et dans le détail le projet de rapport malgré ce contexte déconcertant. Le rapport représente en effet un travail colossal du secrétariat et de nombreuses heures de discussion entre nous. Toutefois à la lecture de ce rapport, force est de consater que mes désaccords de fond sont trop importants et trop nombreux pour relever du simple " fignolage " du rapport d'autant plus que notre président Claude Thélot nous demande par courriel d'éviter de trop toucher au fond.

Voyant poindre les divergences au cours de l'année dernière, j' avais réclamé si vous vous en souvenez, que certains membres de la commission puissent écrire des " dissenting opinions " à la manière de Ainsi, plutôt que de négocier âprement la publication d'une " dissenting opinion" rattachée au rapport, j'ai rédigé ici une lettre ouverte qui explique point par point et selon une argumentation qui suit le projet de rapport en cette première semaine de septembre 2004. Cette lettre a pour but d'informer tous les membres de la commission, les responsables politiques qui m'ont fait l'honneur de me nommer et toute autre personne que cela intéresse éventuellement (après le 12 octobre bien entendu), les raisons pour lesquelles je ne veux pas que mon nom soit cité comme source conjointe de ce rapport final.

Elizabeth Altschull.

Quatre questions à Elisabeth Altschull

Un numéro de Panoramiques qui a gardé toute son actualité, la réalité dépassant toujours la fiction (février 2002)

    " Faut-il toujours apprendre? " La question pourrait paraître triviale. Toutes les espèces vivantes apprennent tout au long de leur vie. Mais l’homme est la seule à être capable de capitaliser le fruit de ses apprentissages en savoirs et de les transmettre à ses enfants. Elle n’en est pas moins au centre d’un débat fondamental pour la politique éducative mais aussi pour la société tout entière. Si elle en prend conscience au travers de phénomènes les plus aberrants et les plus visibles, les théories sous-jacentes sont souvent méconnues: (téléchargez l'introduction)

Edition spéciale: Dans le cadre de la campagne pour les élections présidentielles 2002, Jean-Pierre Chevènement a commandé un tirage spécial de ce numéro précédé d'une préface résumant son programme sur la question de l'école et que vous pouvez télécharger.

Quelques articles:

  • Entretien avec Jacques Narbonne (Isabelle Voltaire et Claude Rochet). L'ancien conseiller à l'éducation du Général de Gaulle explique la montée irrestible de la réaction obscurantiste, baptisée "progressisme" et propagée par la Gauche.
  • L'ordinateur en classe, pourquoi faire?", François Lurçat
  • Education et économie du savoir (Claude Rochet). Pourquoi la culture générale est le socle incontournable du développement industriel à l'ère de la société de l'information, contrairement à ce qu'en dit Bourdieu.
  • L'idéologie des sujets de bac et leur projet politique (Jean-Baptiste Renault). Saisissant! Comment le relativisme de Bourdieu, au service de la décérébration de masse, s'insinue dans les sujets de bac.
  • Ecole et intégration, entretien avec Jean-Claude Barreau (Claude Rochet). A lire, saignant!
  • Articles dans leur version intégrale
  • Certains articles ont du être réduits ou restylés pour s'intégrer aux standards de la revue. Les voici dans leur version intégrale

  • L’école de masse, l’adaptationnisme et l’identité européenne (Jean-Baptiste Rauzy)
  • L’enseignement de la servitude L’idéologie des sujets de bac et leur projet politique (Jean-Baptiste Renault)
  • A quoi sert l'Ecole ? (Rudolf Bkouche)
  • La sainte alliance des libéraux et des libertaires:

    "Il faut multiplier les Gaby Cohn-Bendit et les Marie-Danièle Pierrelée, et créer 1000 collèges et lycées expérimentaux."

    Alain Madelin, Libération du 24-11-2000.




    Librairie


    Discours de Condorcet

    "Les principes de l'Instruction Publique"

    (1792)


    Les contre-poisons indispensables (cliquez sur les couvertures)

    Librairie

    UN CAS D'ECOLE: 30 ANS DE "REFORME SCOLAIRE " DU GRAND SERVICE PUBLIC "A LA FRANCAISE"


    I Enseignement répressif . 1880-1960 .

    Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100F. Ses frais de production s'élèvent aux quatre cinquièmes du prix de vente .Quel est son bénéfice ?

    II Réforme Edgard Faure. 1968.

    Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100 F.Ses frais de production s'élèvent aux quatre cinquièmes du prix de vente, soit 80 F . Quel est son bénéfice ?

    III Méthode " moderne ". 1970-1980.

    Un agriculteur échange un ensemble P de pommes de terres contre un ensemble M de pièces de monnaie. Le cardinal de l'ensemble M est égal à 10 et chaque élément M vaut 1F. Dessine 100 gros points représentant les éléments de l'ensemble M .L'ensemble F des frais de production comprend 20 gros points de moins que l'ensemble M. Représente l'ensemble F comme sous -ensemble de M et donne la réponse à la question suivante: quel est le cardinal de l'ensemble B des bénéfices? ( A dessiner en rouge ) .

    IV Activités d'éveil . IUFM 1980-1990.

    Un exploitant agricole vend un sac de pommes de terres pour 100 F. Les frais de production s'élèvent à 80 F et le bénéfice est de 20 F.
    DEVOIR : “ souligne les mots "pommes de terre " et discutes-en avec ton voisin” .

    V Enseignement” réformé “ à l'aube du XXI° Siècle.

    Un péizan capitaliste sanrichi injustement de 20 F sur un sac de patates. Analyz le tekst et recherche les fôtes de contenu de gramère, d'ortograf et de ponctuation et ensuite di se ce que tu pense de sète maniaire de sanrichir en daurmant

    Enseignement assisté par ordinateur 2004

    Un producteur de l'espace agricole câblé sur ADSL consulte en conversationnel une data bank qui display le day-rate de la patate. Il load son progiciel SAP/R3 de computation fiable et détermine le cash flow sur écran pitch 0,25mm Energy star. 
    Dessine-moi avec ton mulot le contour 3D du sac de pommes de terre puis logue toi au réseau Arpanot (Deep Blue Potatoes).Via le SDH boucle 4.5, extraire de MIE le graphe des patates. 
    Devoir : Respecte- t-il la norme ANSI, ISO, ElAN, CCITT, AAL 

    Enseignement de l'an 2020

    Qu'est ce qu'un paysan ?


    (Texte inspiré par M.Laval instituteur retraité à Brive, Le Monde Aujourd'hui :16-17 Juin 1985 et actualisé au fil des ans...)

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    La fabrique du crétin

    "Outrancier" ce livre ? J'en doute. Ce que décrit Brighelli est la suite logique de la déconfiture de l'école primaire. POur s'en convaincre, il suffit de lire d'autres livres sur le sujet (rachel boutonnet par ex). Cela ressemble parfois à de la science fiction et c'est pourtant la réalité. Les parents qui, comme moi, faisaient naïvement confiance à l'Education Nationale peuvent s'en mordre les doigts aujourd'hui au vu des dégâts constatés sur les enfants. Il est grand temps de tirer la sonnette d'alarme! "


    Le site de combat pour l'apprentissage de la lecture


    Le site du GRIP

    Groupe de Réflexion Interdfisciplinaire sur les Programmes

    Une analyse des programmes actuels et des exigences scolaires du moment révèle en fait des dégradations, des lacunes et des incohérences profondes dans les enseignements fondamentaux ou dans les méthodes pédagogiques imposées. Sont particulièrement touchés le calcul, la lecture, l'orthographe, le raisonnement, la démarche déductive, la capacité d'analyse et de synthèse et, en sciences, le lien entre expérimentation et modélisation mathématique. Au niveau du Collège et du Lycée, la diversification des filières et l'adaptabilité du système éducatif aux différents profils scolaires possibles ne sont pas en phase avec les besoins. La seule issue raisonnable est donc une reconstruction de pans entiers du système éducatif de notre pays.

    Nous considérons de notre devoir d'alerter les services de l'état, les commissions de programme, les syndicats enseignants et les grands media. En même temps, nous cherchons à proposer des solutions concrètes pour mener à bien les réformes urgentes qu'il conviendrait de mettre en oeuvre.


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    1-Analyses:

    • L'énonciation illocutoire ou Diafoirus ressuscité.
      "Toute énonciation a une dimension illocutoire qui correspond à l’action que le locuteur exerce sur l’allocutaire en s’adressant à lui : asserter, ordonner, questionner. " [1]
      "Étudier le discours [...] revient à s’interroger sur la façon dont un énonciateur précis s’adresse à un destinataire particulier dans une situation par le lieu et le moment de l’énonciation. En outre, un discours a une fonction (une visée) précise et l’énonciateur choisit de raconter, de décrire, d’expliquer ou d’argumenter selon l’effet qu’il veut produire sur l’énonciataire, dans une interaction énonciateur/ énonciataire. " [2]
      "Un objectif central est affirmé par les programmes de collège : faire acquérir la maîtrise des discours. Et quatre formes de discours sont privilégiées pour le collège : narratif, descriptif, explicatif, argumentatif avec toutes leurs combinaisons. "  [3]

    Extraites des textes officiels régissant depuis 1996 l'enseignement du français au collège, ou de leurs discours d'accompagnement, ces tirades évoquent irrésistiblement Diafoirus père et fils. Les énonciateurs de ces propositions où l'on convoque les serruriers de la linguistique pour enfoncer des portes ouvertes, ne font cependant plus rire personne. C'est pourquoi Mme Weinland, doyenne de l’inspection générale des Lettres, a pu proclamer urbi et orbi dans le silence recueilli des syndicats et des parents d'élèves, que le discours était au centre des programmes de français du collège. (...)

    2- Articles et prises de position

    • L'Ecole ou l'avenir de l'ignorance
    • "il est absolument évident que la fabrication de moutons, dénués de tout sens critique et au dialecte riche de 50 expressions de verlan (bagage suffisant pour envoyer des textos ou se présenter à un casting de Star Academy), est un phénomène majeur dans les démocraties-marchés où prolifèrent des barbares déculturés ainsi que des ignares imbus d’eux-mêmes voués à la consommation à forfait illimité, surfant de rave parties en manifs citoyennes."...
    • "Non à l'euthanasie bureaucratique de l'école" (Claude Rochet)

      " Pour donner quelque densité aux commentaires convenus de M. Dubet, il importe avant toute chose de clarifier les deux égarements idéologiques sur lesquels se sont bâties toutes les politiques scolaires depuis une bonne trentaine d'années...."

    • L'éducation du futur (Christian Authier)
    • "... on ne peut que constater la redoutable efficacité et les prodigieux ravages engendrés par le travail de sape idéologique, moral et politique libéral-libertaire. Trente ans de pédagogisme et de vulgate soixante-huitarde sur l'air sémillant du "Il est interdit d'interdire" ont entraîné une crise de l'autorité, de la transmission, de la figure du "maître", bref des plus élémentaires valeurs civiques. La dépréciation de la culture littéraire classique et la transformation des mathématiques en outil de sélection plutôt qu'en instrument de formation de l'intelligence ont également abouti à cette liquidation générale. Le totem sacré des nouvelles technologies et de l'informatique servant notamment de cache-sexe et d'alibi "progressiste" à cette formidable régression. Les chiens de garde de la modernité libérale et les sentinelles du vieux gauchisme contestataire se sont retrouvés ensemble sous les lambris des ministères, le récent tandem Allègre/Geismar (avec le gourou du pédagogisme Philippe Meirieu en embuscade) illustrant à merveille le mariage du savant fou (formé au California Institute of Technology et promu sous Giscard avant de sévir, avec son alter ego Jospin, à l'Éducation nationale dès 1988) et de l'ex-soixante-huitard Geismar réconciliés sur l'autel du marché. " (Christian Authier)

    • La révolution cuculturelle à l'école (Alain Finkielkraut)

      "...Les inégalités vont ainsi en s'aggravant. Un enseignement à deux vitesses se met en place : retardataire pour les privilégiés, distrayant pour le tout-venant ; l'école de la République devient toujours davantage une école de la reproduction et nous finissons d'entrer dans la société dynastique que les lois de programmation et d'orientation qui se sont succédé depuis trente ans s'étaient donné pour mission d'abolir.
      Les gardes rouges de la cuculture ne désarment pas pour autant. Ils redoublent de colère et ils incriminent le sabotage des professeurs ou les manoeuvres inciviques des parents bourgeois pour soustraire leur progéniture aux bienfaits de l'hétérogénéité. Mais, se consolent-ils, le temps est avec nous. Ils tablent, en effet, sur la formation de la faculté d'animation pour assurer l'extinction et le non-renouvellement des maîtres à l'ancienne ; et, pour rendre les statistiques idylliques, ils s'apprêtent à demander le rééquilibrage des examens et des concours par une politique de quotas. De tous les démentis que la réalité lui inflige, la révolution cuculturelle fait des arguments en faveur de sa radicalisation. Elle puise sa raison d'être dans le désastre qu'elle engendre. Son égalitarisme se nourrit des inégalités dont il est la cause. Rien n'arrêtera, j'en ai peur, sa marche triomphale. Car il n'est pas de haine plus implacable, plus sûre de son bon droit, que la haine au nom de l'amour..."

    • Non à l'ordre moral (Claude Rochet)
    • Ferry réveille-toi, ils sont devenus fous! (Christian Authier)
    • La chute de la maison Ferry (Martin Rey)
    • La droite doit défendre l'école (Roland Hureaux)
    • Crise de l'école ou crise de la démocratie? (Bertrand Vergely)
    • Un rêve fou des technocrates et des industriels (Monde diplomatique)

    Livres

    Éditions Ramsay. Août 2003 286 pages, 20 euros

    • Je suis une jeune institutrice : ma troisième année d’enseignement vient de se boucler. Je sais, le terme de "  clandestine " peut faire sourire. Pourtant, j’insiste. J’efface soigneusement le tableau quand je quitte ma classe pour qu’on ne voie pas trace de mon travail, je fais recouvrir de papier kraft les manuels avec lesquels mes élèves apprennent à lire - et que j’ai achetés sur mes deniers. Je tais soigneusement mes convictions et beaucoup de mes méthodes. Elles n’ont pas l’heur de plaire à certains de mes collègues et, en tout cas, elles répugnent franchement aux membres de l’inspection.

      En fait, dès mon entrée à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), j’ai presque aussitôt compris que je n’avais rien à en attendre. Nous avons passé en tout et pour tout six heures sur l’année à l’enseignement de la lecture et de l’écriture ! Le credo des formateurs se résumait à : " Le maître ne doit pas être un reférent pour l’apprenant [l’enfant]."

      J’ai donc résolu de me comporter en reporter clandestin. De septembre à janvier j’ai tenu un journal tous les soirs, pour résumer mes journées et mes impressions.
      Quand l’année s’est achevée, j’étais épuisée, je ne me sentais pas du tout formée au métier mais j’étais au moins indemne moralement.
      J’applique aujourd’hui des méthodes pédagogiques auxquelles j’ai longuement réfléchi, qui sont aussi précisément celles que l’IUFM voue aux gémonies, mais je vois mes élèves apprendre et en être fiers.

    • Un document authentique et passionnant : les réflexions stupéfaites, incisives et incroyablement lucides d’une jeune institutrice, pour la première fois confrontée à l’école telle qu’elle est conçue aujourd’hui. On croit rêver parfois...
      Rachel Boutonnet, née en 1972, titulaire d’une maîtrise de philosophie, est maîtresse d’école depuis septembre 2000, en classe de CP et CE1. Elle fait partie des associations Reconstruire l’école, Sauver les lettres.
    Christopher Lasch : le critique des lubies progressistes
    • Il existe un mystère autour de Christopher Lasch. Comment l’œuvre de ce sociologue et philosophe américain, disparu en 1994, a-t-elle pu être aussi soigneusement occultée en France ? Vraisemblablement parce que sa critique radicale du capitalisme moderne dénonce à la fois le “mythe du progrès historique” et l’erreur qui consiste à désigner l’ordre économique libéral comme “conservateur”. Grâce à ce tour de passe-passe qui définit une fois pour toutes le capitalisme comme un conservatisme (alors qu’il est profondément moderne et révolutionnaire en ce sens qu’il veut faire table rase du passé), il suffit alors d’emprunter n’importe quelle posture anti-conservatrice ou “de gauche” pour masquer son ralliement à l’ordre marchand tout en bénéficiant d’une aura contestataire.
      Culture de masse ou culture populaire ? le bref essai que viennent de publier les éditions Climats (à qui l’on doit la redécouverte des deux pièces maîtresses de Lasch : La Révolte des élites et La Culture du Narcissisme) est une parfaite introduction à l’œuvre de ce penseur inclassable. Attaché au sens du lieu et au sens du passé, Lasch ne confond pas la liberté et ses traductions concrètes avec l’absence de contraintes chère aux nomades déracinés façonnés par une culture de masse uniformisatrice. La marchandisation du monde et la réduction de l’individu au statut de simple consommateur impliquent la destruction de toute “mémoire collective” nous rappelle-t-il. C’est dans la résistance à cette vaste liquidation que s’inscrit Lasch. On comprend d’autant mieux son étonnante actualité.

    Christian Authier

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