La sensation de l'infini

 

 

Odon médite sur le fini et l'infini, sur l'origine et la continuité, sur chaque début de chaque œuvre et sur son développement. C'est au cœur de son atelier qu'il rêve du cosmos indéfini, de la voie lactée et au delà. Comme le dit Apollinaire, la voie lactée est une sœur lumineuse.

Les œuvres d'Odon seraient, en quelque sorte, des mandalas, des mises en lumière de l'ordre du monde, des objets de méditation et de prière, des supports destinés à penser, à rêver. L'œil suit les cheminements, les parcours d'un tressage.

Ces œuvres sont toujours abouties et ne sont jamais finies. Elles sont achevées et peuvent être sans cesse interminables. Telle œuvre, par exemple, peut être exposée dans un lieu ; puis elle revient dans son atelier ; et alors elle se développe, se continue, se propage, irradie, rayonne. Avec l'expansion de la spirale.

Naguère, les œuvres ont été limitées, délimitées, encadrées. Mais à partir de 1989, les spirales se prolongent et les comètes parcourent les orbites.

Odon, donne la sensation de l'infini. Et, dans ses Cahiers (Pléiade, 1974), Paul Valéry examine l' " infini esthétique ". Il unit le divin et la sensation : " Le divin dans la sensation et dans la chose, faite ou non, qui donne cette sensation, est le désir qu'elle excite d'être renouvelée ou prolongée sans limites. Répète ! Encore ! " Paul Valéry formule l' " infini sous forme finie ". Selon lui, " l'opération de l'artiste consiste à tenter d'enfermer un infini. Un infini potentiel dans un fini actuel ".

Vannier mystique, Odon tresse le papier originel et recommencé. Pêcheur pieux, il tend des filets répétés.

 

GILBERT LASCAULT "Gloire de l'espace et de l'infini" (extraits) 2001

 

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