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| A Sandrine
SOMMAIRE
Ne déplace pas la borne antique. (Bible, Livre des Proverbes, XXIII, 10) Il est des coutumes qu'il est plus honorable d'enfreindre que de suivre. (Shakespeare, Hamlet) La vraie fête, c'est faire ce dont on a envie, indépendamment de ce que font les autres, sans tenir compte du calendrier, en se moquant des usages et en faisant fi du qu'en-dira-t-on. Rare et difficile. (Philippe Bouvard) Toute religion nouvelle est nécessairement syncrétiste : pour s’implanter solidement, elle doit se greffer sur l’ancienne. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations) Le cérémonial est la fumée de l'amitié. Laissons venir la fête avant de la chômer. Il n'y a pas de bonne fête sans lendemain. A chaque saint sa chandelle. (Proverbes français) La fête de Noël peut être renouvelée à Pâques. (Proverbe écossais) Ne méprisez pas la pompe des cérémonies avant de les connaître. (Proverbe anglais) Les sots font les fêtes et les hommes de sens en ont le plaisir. (Proverbe italien) La coutume est le cinquième élément de l'univers. (Proverbe arabe) 2 FAMILLE D'ANNEE An, année (vers 1080) vient du latin « annus » : même signification. Ce qui dure un an est dit annal (1150), terme juridique, ou annuel (1310). D'où annalité qui équivaut à annualité (ces 2 termes sont très rares). Une annuité (1386) est une somme à payer annuellement (1722) ou une prime annuelle d'assurance (1866). L'histoire d'un pays écrite par année forme ses annales (1447) rédigées par des annalistes. L'annate (nom féminin) était la redevance, équivalant à une année de revenu, que payaient autrefois au Saint-Siège ceux qui étaient pourvus d'un bénéfice. Le jour qui, au bout d'une ou de plusieurs années, correspond à celui d'un événement remarquable est un anniversaire (XIIe s.) : de « annus » et de « vertere » (tourner) : « ce que ramène l'année ». Une fête qui revient tous les ans à la même époque est dite solennelle (de « solus » : entier, et « annus ») c'est-à-dire : qui revient au bout d'une année entière. Cette fête se célébrant toujours avec pompe, « solennel » est devenu synonyme de pompeux, magnifique. Un ouvrage, donnant des renseignements pour l'année est un annuaire (1555). Un objet, démodé par l'effet des années, est dit suranné (XIIIe s.). Ce qui se produit tous les deux ans est bisannuel (1694). Ce qui se produit tous les deux ans ou dure deux ans est dit biennal (1550) et ainsi de suite : triennal, quadriennal, quinquennal, sexennal, septennal, décennal. Un septennat (20 novembre 1873, mandat présidentiel de Mac-Mahon) dure 7 ans. II existe aussi décennat et quinquennat (milieu du XXe s.). Une annone (1160) est la production (la récolte) d'une année. Antan (1050), du latin « anteannum » (l'an dernier), a pris la valeur plus large de « autrefois ». L'adjectif pérenne (du latin « perennis » : qui dure toute l'année), employé en 1588 par Montaigne, a pris le sens de « perpétuel, sans fin ». 3 LE CALENDRIER 3.1 Calendrier julien Notre calendrier (du latin « calendæ », premier jour du mois chez les Romains) est issu en droite ligne du calendrier dit « julien » car institué par Jules César. Initialement lunaire [dans l’ancien calendrier romain, l’année comptait 304 jours divisés en 10 mois auxquels on ajoutait le nombre de jours nécessaires pour égaler l’année solaire : cette période devint par la suite les mois de janvier et février], le calendrier romain devint solaire sous la République. L’année comptait 355 jours répartis en 12 mois : 29 en janvier, 28 en février, 31 en mars, 29 en avril, 31 en mai, 29 en juin, 31 en juillet, 29 en août et en septembre, 31 en octobre et 29 en novembre et en décembre. Pour combler le déficit par rapport à l’année solaire, on intercalait tous les 2 ans 22 ou 23 jours supplémentaires entre le 23 et le 24 février. Les derniers jours de février (du 24 au 28) s’ajoutaient aux jours intercalés pour former le « mensis intercalaris » (ou encore « mercedonius ») de 27 jours. On arrivait à une durée annuelle moyenne de 365,25 jours. Au IIe siècle avant J.-C., le début de l’année fut déplacé du 1er mars au 1er janvier. Mais l’intercalation du « mensis intercalaris » était laissée au libre arbitre des pontifes, dont les décisions étaient souvent motivées par des considérations plus politiques qu’astronomiques. Il en résulta un désordre tel que le calendrier n’était plus du tout en accord avec les saisons. En 46 avant J.-C. (soit en l’an 708 de la fondation de Rome), Jules César réforma le calendrier avec l’aide de l’astronome Sosigène d’Alexandrie en adaptant le calendrier agricole italique au calendrier (d'origine égyptienne) établi par l'astronome grec Eudoxe au IVe s. av. J.-C. L’an 709 de Rome (45 av. J.-C. des chronologistes, - 44 en notation algébrique des astronomes) commença le 1er janvier. César commença par ajouter 90 jours au lieu des 27, pour ramener le calendrier en concordance avec les saisons : l’année 46 avant J.-C. comporta donc 445 jours (année de la confusion). Puis il introduisit un cycle de 4 ans au cours duquel les 3 premières années contiendraient 365 jours, et la quatrième 366 jours, pour obtenir une durée annuelle moyenne de 365,25 jours. Le jour supplémentaire fut ajouté au mois de février : on doubla le 24 février par un 24 bis nommé « bis-sextus ante calendas Martias » (d’où l’expression « année bissextile »). Les pontifes, ayant commis l’erreur de placer le bissexte tous les 3 ans pendant 36 ans, l’empereur Auguste dut, pour corriger l’erreur, ordonner la suppression de toute intercalation pendant 12 ans (de 8 av. J.-C. à 5 ap. J.-C.) ; il en profita pour s’attribuer le nom d’un mois (« augustus » : août). Imposé à tout l’Empire romain, le calendrier julien fut adopté par la chrétienté. Vers 525, Dionysius Exiguus (Denys le Petit), moine scythe, mit au point, à la demande du pape Jean Ier, une table de calcul de la date de Pâques où les années étaient comptées depuis la naissance du Christ qu’il fixait au 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome (« Liber de Paschate »). L'an de Rome 754 devint l'an 1 de l'ère chrétienne (II n'y a pas d'année 0 : on saute de l'an 1 avant Jésus-Christ à l'an 1 après). L’ère chrétienne, appelée également dionysienne, connut une lente diffusion. Cette manière de compter fut adoptée par la France au VIIIe siècle (capitulaires de Carloman et Pépin) mais elle ne se généralisa que vers l’an mil. On s'aperçut par la suite que Denys s'était trompé de 4 ans au moins. Ils ont bonne mine les millénaristes ! En 725, Bède le Vénérable, moine bénédictin anglo-saxon, développa la science du calcul du temps que l'on nomma « comput » (du latin « computare » : calculer) et effectua un travail méticuleux de la chronologie historique dans « De temporum ratione » (De la division du temps). En 1345, le pape Clément VI envisagea de réformer le calendrier. En 1417, lors du concile œcuménique de Constance, le cardinal Pierre d'Ailly présenta son traité « Exhortatio super correctione calendarii » (Exhortation à la réforme du calendrier) qui ne fut pas suivi d’effet. En 1436, l'astronome Nicolas de Cursa proposa en vain une réforme presque identique. En 1514, Léon X demanda à l'évêque et astronome hollandais, Paul de Middelburg, de présider une commission chargée de corriger le calendrier. Copernic participa en 1515 à la commission du Ve concile du Latran sur la réforme du calendrier qui n’aboutit pas car le pape avait cru bon de demander leur avis aux souverains lesquels, ayant probablement d’autres chats à fouetter, n’y accordèrent aucun d’intérêt. 3.2 Calendrier grégorien En 1582, à la demande de Grégoire XIII, les astronomes Luigi Lilio, Christophorus Clavius et le mathématicien espagnol Pedro Chacon établirent un nouveau calendrier à la demande de Grégoire XIII et s'aperçurent que, César ayant commis une petite erreur dans l'évaluation de l'année solaire, on se trouvait en retard de 10 jours sur le soleil. Le pape décida alors, par bulle du 14 février 1582, qu’afin de rétablir la concordance, le lendemain du 4 octobre 1582 serait le 15 octobre. Ce qui fut fait à Rome, en Espagne et au Portugal. La France décida que le lendemain du 9 décembre 1582 serait le 20. En Grande Bretagne, le lendemain du 2 septembre 1752 fut le 14. Kepler (1571-1630), adepte de Copernic, fit triompher la cause de la réforme grégorienne du calendrier. Les derniers pays à avoir adopté le calendrier grégorien furent l'U.R.S.S (le lendemain du 31 janvier 1918 fut le 14 février), la Roumanie et la Yougoslavie (1919), la Grèce (le 9 mars 1924 fut suivi par le 23 mars) et la Turquie (passage du calendrier musulman au calendrier grégorien le 1er janvier 1927). Selon le calendrier grégorien, les années séculaires (« année séculaire : qui termine un siècle » cf. « Petit Larousse ») ne sont bissextiles que si leur nombre est divisible par 4 (exemple : 1600, 2000, 2400, etc.). 3.3 Calendrier républicain Le calendrier républicain ou révolutionnaire, préparé par une commission présidée par Gilbert Romme et comprenant notamment : Lagrange, Monge, Lalande, Delambre, Laplace, Guyton, Pingré, Dupuis, fut institué par décret de la Convention le 24 octobre 1793. L’année était composée de 12 mois de 30 jours divisés en 3 décades ; on devait ajouter 5 ou 6 jours complémentaires pour que l’année ait une durée moyenne de 365,25 jours. Le peintre David, André Chénier, Fabre d'Eglantine et Gilbert Romme établirent la nouvelle nomenclature. Les noms des mois étaient : vendémiaire, brumaire, frimaire pour les trois premiers, qui sont des mois d’automne, nivôse, pluviôse, ventôse pour les mois d’hiver, germinal, floréal, prairial pour les mois de printemps, et messidor, thermidor, fructidor pour les mois d’été. Les jours complémentaires étaient appelés « sans-culottides ». Dans chaque décade, les jours étaient appelés primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi, et il leur était affecté le nom d’un produit agricole, d’une plante ou d’un outil. Le début de l’année était fixé au minuit, compté en temps vrai de l’Observatoire de Paris, qui précédait l’instant de l’équinoxe d’automne. Étant donné la définition du début de l’année, il fallait calculer quand commencerait l’année suivante pour savoir si elle contenait 365 ou 366 jours (année sextile), ce qui n’arrivait pas tous les 4 ans comme on pouvait le penser. L’an I de l’ère républicaine débuta le 22 septembre 1792. Le calendrier républicain fut aboli par Napoléon qui restaura le calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806. Le calendrier révolutionnaire fut réutilisé brièvement par la Commune de Paris en 1871 (An LXXIX). 3.4 Projets L’abbé Marc Mastrofini proposa en 1834 que le dernier jour de l’année fût un jour « blanc », afin que les autres jours se regroupassent en 52 semaines exactement. En 1849, Auguste Comte conçut un calendrier de 13 mois égaux de 28 jours suivis d’un jour blanc. Puis, Camille Flammarion, après une vaste campagne contre le calendrier grégorien, se rallia à un calendrier perpétuel de 12 mois à trimestres identiques (calendrier universel). Dès 1922, la Société des Nations s’intéressa au projet de réforme en créant un comité d’étude. Sa conclusion, connue en 1931, fut de ne pas modifier l’actuel calendrier ; mais une date était retenue pour la stabilisation de Pâques. L'O.N.U., considérant que le calendrier grégorien est mal adapté aux activités économiques actuelles, envisage de le réformer au XXIe siècle (elle a lancé un concours international). 3.5 Début de l'année 1er mars : premier calendrier romain de Numa Pompilius, deuxième roi (légendaire) de Rome (v. 715-672 av. J.-C.) : l'année lunaire est divisée en 10 mois, ce qui explique les noms de septembre, octobre, novembre et décembre (7e, 8e, 9e et 10e mois). L’année commençait le 1er mars dans nombre de provinces françaises aux VIe et VIIe siècles. 1er janvier : calendrier romain à partir de 153 avant J.-C. (puis retour au 1er mars jusqu’à ce que César rétablisse le 1er janvier). En France, le 1er janvier a été choisi et imposé par le roi Charles IX (édit de Roussillon du 9/8/1564 avec effet au 1er janvier 1567). Le Saint-Siège décida qu’à partir du 1er janvier 1622, dans tous les pays catholiques, l'année calendaire commencerait le 1er janvier et non plus le 25 mars. 25 décembre : date fixée par le pape Jules Ier en 337. L’année commençait à Noël au temps de Charlemagne (et en certains lieux, tel Soissons, jusqu’au XIIe s.). Cet usage, répandu dans le midi, était encore en faveur dans le Dauphiné à la fin du Moyen Age. 25 mars : jour de l’Annonciation. A été notamment en usage dans le midi, Limousin, Auvergne, Lorraine, Champagne, Picardie. Pâques : au XIIe siècle, l'Église fixa le début de l'année à Pâques, le jour du samedi saint. Cet usage, quasi général aux XIIe et XIIIe siècles, perdura jusqu’au XVIe dans certaines provinces. La date de pâques fut longtemps utilisée par la chancellerie royale pour les administrations. 3.6 Le « Poisson d’avril » Les fausses étrennes, dites « poissons d’avril », sont un lointain souvenir des Nouvels Ans révolus. Quand l’année commençait pendant le carême, période durant laquelle la consommation de viande était interdite chez les chrétiens, le poisson était le présent le plus fréquent. Lorsque l’année débuta le 1er janvier (1567 en France), on se gaussa des ignorants restés fidèles à l’ancien nouvel an en leur offrant des poissons séchés puis de faux poissons. Ensuite, les moqueurs en vinrent au canular… Certains pensent que la coutume du poisson d’avril est liée à la date de fermeture de la pêche à cause du frai, fermeture généralisée autrefois en France au 1er avril : pour se moquer des pêcheurs, privés de poissons, on leur envoyait des harengs. D’autres proposent une référence astrologique : le Soleil quittant alors le signe du Poisson. La victime d’un poisson d’avril est appelée « April fool » (idiot d’avril) en Angleterre et « gowk » (dadais) ou « cuckoo » (cinglé) en Écosse. A noter que, chez les Romains, un culte était rendu à Vénus le premier avril, mois consacré à la déesse : les Veneralia. A cette occasion, on ne mangeait pas de la viande mais du poisson... (Silences et non-dits de l'Histoire Antique. Emmanuelle Grün. Yvelinédition. 2008) 3.7 Relativité des dates L’an 2000 de notre calendrier correspondait à : - l’an 7502 de la création selon Sextus Julius Africanus [né en Libye, cet historien chrétien (« Chronographie ») relate l'histoire du monde à partir de la Création jusqu'en 221 ap. J.-C. (il estime que la Création remonte à 5 499 ans avant la naissance du Christ qu’il avance de 3 ans par rapport à la date habituelle] ; - l’an 6962 de la création du monde (selon la Genèse) ; - l’an 6004 selon l'archevêque anglican James Ussher (1581-1656) qui fixe la date de la création le dimanche 23 octobre 4004 av. J.-C. (l’Année de la Lumière : Anno Lucis), à midi ; - l’an 6000 du calendrier maçonnique (pratiquement plus utilisé de nos jours ; l'année débute le 1er mars) ; - l’an 5950 de l'ère julienne (durée de 7980 années juliennes à compter de l'an 3950 av. J.-C., utilisée pour la chronologie des phénomènes astronomiques ; cycle proposé par l'humaniste français Joseph Juste Scaliger en 1583) ; - l’an 5760/5761 de l’ère judaïque (calendrier israélite) ; - l’an 5113 de l'ère maya ; - l’an 4698 de l'ère chinoise ; - l’an 4344 depuis le déluge de la Bible ; - l’an 2776 olympique ; - l’an 2748 de l’ère de Nabonassar (calendrier égyptien) ; - l’an 2753 de la fondation de Rome (calendrier romain) ; - l’an 2542/2543 du calendrier bouddhique ; - l’an 2311 des Séleucides ou des indictions ; - l’an 2247 de l'ère des Arsacides ; - l’an 2227 de l'ère des Sassanides ; - l’an 2057 de l'ère népalaise ; - l’an 1930 de la destruction de Jérusalem ; - l’an 1921/1922 de l'ère Saka (Inde) ; - l’an 1716 de l'ère des Martyrs ou de l’ère de Dioclétien (calendrier copte) ; - l’an 1420/1421 de l'hégire (calendrier musulman) ; - l’an 1378 du calendrier perse ; - l’an 208/209 du calendrier républicain ; - l’an 156 de l’ère Baha’ie (la Foi Baha’ie a été fondée par le persan Mirza Husayn 'Ali en 1863) ; - l’an 127 du calendrier pataphysique (inspiré par Alfred Jarry et mis en vigueur par le Collège de Pataphysique). 3.8 Citations Le temps est du mouvement sur de l’espace. (Joseph Joubert) Le calendrier, c'est la bureaucratie du temps. (Quino) 4 JOURS FERIES ET CHOMES EN FRANCE. REPOS HEBDOMADAIRE. 4.1 Jours fériés légaux Férié vient du latin feriae (jour de repos), mot de la même famille que ferior (être en fête) et feriatus (oisif). En France, les 11 jours fériés légaux sont : - l’Ascension, L'Assomption, la Toussaint, Noël [arrêté du 29 germinal an X (1802)] ; - le Premier Janvier (23 mars 1810) ; - le Quatorze Juillet (Loi du 6 juillet 1880) ; - les lundis de Pâques et de Pentecôte (Loi du 8 mars 1886). La Loi 2004-626 du 30-6-2004 qui instaurait l’octroi d’une journée de solidarité (7 heures de travail non rémunérées) pour l’autonomie des personnes âgées et des handicapés stipulait qu’à défaut d’accord entre les divers partenaires sociaux, la journée retenue sera le lundi de Pentecôte et ce, à partir de 2005. La loi n° 2008-351 du 16 avril 2008 relative à la journée de solidarité modifie le dispositif en le simplifiant ; désormais, toute référence au lundi de Pentecôte est supprimée : « Art. L. 3133-8. - Les modalités d’accomplissement de la journée de solidarité sont fixées par accord d'entreprise ou d’établissement ou, à défaut, par accord de branche. L’accord peut prévoir : 1° Soit le travail d’un jour férié précédemment chômé autre que le 1er mai ; 2° Soit le travail d’un jour de réduction du temps de travail tel que prévu aux articles L. 3122-6 et L. 3122-19 ; 3° Soit toute autre modalité permettant le travail de sept heures précédemment non travaillées en application de dispositions conventionnelles ou des modalités d’organisation des entreprises. « A défaut d’accord collectif, les modalités d’accomplissement de la journée de solidarité sont définies par l’employeur, après consultation du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel s’ils existent. Toutefois, dans les départements de la Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, l’accord ou, à défaut, la décision de l’employeur ne peut déterminer ni le premier et le second jour de Noël ni, indépendamment de la présence d’un temple protestant ou d’une église mixte dans les communes, le Vendredi Saint comme la date de la journée de solidarité. » ; - le Onze Novembre (Loi du 24 octobre 1922) ; - le Premier Mai, chômé et payé (Loi du 30 avril 1947, modifiée par celle du 29 avril 1948) ; - le Huit Mai (Loi du 20 mars 1953. Loi du 2 octobre 1981). Avant la Révolution, il y avait 42 jours fériés dans l’année. Lors du Ve congrès national de la SFIO tenu à Toulouse les 15, 16, 17 et 18 octobre 1908, le socialiste Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, intervint : « Jaurès, regardez ce qui se passe en Amérique et en Angleterre, où il y a des siècles que le repos hebdomadaire est obtenu ; nous l'avions en France avant la fameuse révolution bourgeoise qui a établi la domination capitaliste : avant cette réforme de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, les ouvriers avaient leurs dimanches, et non seulement leurs dimanches, mais encore 42 jours fériés pendant lesquels ils ne travaillaient pas, Jaurès, pendant lesquels ils fêtaient les saints en banquetant, en se distrayant, en s'amusant, mais pendant lesquels ils ne produisaient pas de profits pour messieurs les capitalistes. C'est pour cela que les bourgeois révolutionnaires de France et d'Angleterre, ont détrôné les saints du ciel pour supprimer sur terre leurs jours de fête. Ils les ont si bien supprimés, que les anarchistes du syndicalisme n'ont pas osé demander qu'on ajoutât aux 52 dimanches, les 42 jours fériés des saints.» (http://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1908/10/pl19081015.htm) 4.2 Autres jours chômés Dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle : le jour de la Saint Etienne (26 décembre) et le Vendredi saint dans les communes protestantes ou mixtes. Dans les DOM et TOM, les jours de commémoration de l'abolition de l'esclavage : 22 mai à la Martinique, 27 mai à la Guadeloupe, 20 décembre à la Réunion, 10 juin en Guyane et 27 avril à Mayotte. Les 3 jours de Carnaval (lundi gras, mardi gras et mercredi des Cendres) en Guyane, à la Guadeloupe et à la Martinique sont chômés par usage. La mi-carême est en règle générale chômée à la Guadeloupe. Les fêtes musulmanes sont chômées à Mayotte. Le 1er décembre, jour de la Saint Eloi, patron des métallurgistes, est un jour chômé et payé pour la plupart des salariés de la métallurgie du Nord et du Pas-de-Calais. Le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe, est chômé et payé dans les exploitations dont le personnel bénéficie du statut de mineur. Le lendemain est chômé si cette journée tombe un dimanche. Le 25 novembre, jour de la Sainte Catherine, est un jour de fête dans la couture. Certaines conventions collectives prévoient l'indemnisation des heures perdues ce jour-là. Certaines fêtes religieuses, telles le Yom Kippour ou l'Aïd-el-kébir, sans être de véritables jours fériés, peuvent donner lieu à des autorisations d'absence, notamment par les conventions collectives. 4.3 Le repos hebdomadaire. Le dimanche. En France, la Loi du 13 juillet 1906 établit le dimanche comme jour de repos hebdomadaire. Les premiers chrétiens, tout en observant le sabbat, célèbrent rapidement le dimanche. Ils font du dimanche (« dies Dominicus », le jour du Seigneur, substitué à « dies Solis », le jour du Soleil ou de Mithra), le premier jour de la semaine, réservé au culte : ils se réunissent pour rompre le pain (Actes 20,7) car ils croient que la résurrection de Jésus de Nazareth a eu lieu un dimanche. Pour saint Justin (+ vers 165) : « Ce jour est le premier, celui où Dieu fit le monde en transformant la ténèbre et la matière, et celui où Jésus-Christ, notre Sauveur est ressuscité des morts » (1ère apologie 67,8) Saint Jérôme (+420) écrit : « Le jour du Seigneur, le jour de la Résurrection, le jour des chrétiens, est notre jour. C'est pour cela qu'il est appelé "jour du Seigneur" : car c'est ce jour-là que le Seigneur est monté victorieux auprès du Père. Si les païens l'appellent "jour du soleil", nous aussi, nous le confessons volontiers : car aujourd'hui s'est levée la lumière du monde, aujourd'hui est apparu le soleil de justice dont les rayons apportent le salut » Le Catéchisme de l'Église catholique (1992) précise : " 2177. La célébration dominicale du Jour et de l'Eucharistie du Seigneur est au cœur de la vie de l'Église. Le dimanche, où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal, doit être observé dans l’Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte." " 2188. Dans le respect de la liberté religieuse et du bien commun de tous, les chrétiens ont à faire reconnaître les dimanches et jours de fête de l’Église comme des jours fériés légaux. Ils ont à donner à tous un exemple public de prière, de respect et de joie et à défendre leurs traditions comme une contribution précieuse à la vie spirituelle de la société humaine. Si la législation du pays ou d’autres raisons obligent à travailler le dimanche, que ce jour soit néanmoins vécu comme le jour de notre délivrance qui nous fait participer à cette " réunion de fête ", à cette " assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux " (He 12, 22-23). Le 7 mars 321, l'empereur Constantin Ier édicte : "Au jour vénérable du soleil, que les magistrats et les habitants se reposent et que tous les ateliers soient fermés. Dans les campagnes, néanmoins, les paysans pourront continuer librement et légalement leur travail d’agriculture parce qu’il arrive souvent qu’un autre jour ne soit pas favorable pour semer ou planter des vignes". Cette loi entraîne l'organisation du temps en semaine, ce qu'ignorait le calendrier romain. Le 3 juillet, Constantin autorise l'affranchissement des esclaves le dimanche. En 538, le troisième concile d'Orléans défend de travailler dans les champs le dimanche. En 585, le concile de Mâcon, présidé par Prisque, évêque de Lyon, interdit le travail et les procès le dimanche. En 650, le concile de Rouen impose des surveillants pour faire respecter le repos dominical. Le 16e canon du sixième concile d'Arles, tenu en 813, est ainsi conçu : "Qu'on n'expose les dimanches aucune marchandise en vente, qu'on ne plaide point de cause, qu'on n'instruise point de procès, qu'on ne s'occupe ni aux travaux des champs ni à aucune autre œuvre servile, mais seulement à ce qui est nécessaire pour l'exercice de la religion et pour le service divin." (Encyclopédie des gens du monde, 1837) En 1793, le calendrier républicain, en créant la décade (période de 10 jours), supprime de fait le dimanche. Napoléon remet en vigueur le calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806. La Restauration rétablit le repos dominical le 18 novembre 1814. Lors de son voyage en Autriche (7 au 9 septembre 2008), le pape Benoît XVI défend la dimension religieuse du repos du dimanche. Le 21 novembre 2008, Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'Etat français en charge des Affaires Européennes, reçoit, au Ministère des Affaires étrangères, les représentants des Eglises, membres de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) et de la Conférence des Eglises Européennes (CEC). Les représentants des Eglises rappellent leur souhait de voir le repos dominical mieux protégé dans les législations nationales comme dans la future Directive européenne révisée sur le Temps de travail. Le 12 juillet 2009, après la prière de l'Angelus, Benoît XVI, s'adressant aux pèlerins francophones, déclare : "Le dimanche est un bien pour l’homme. Ce jour saint est en effet pour les chrétiens un jour de prière qui leur permet de reprendre des énergies spirituelles en soutenant leur vie par l’écoute et la méditation de la Parole de Dieu, et en se nourrissant du Corps du Christ. Le dimanche est également un jour de délassement et de détente mérités pour se retrouver en famille ou entre amis. J’encourage chacun à vivre ce temps de grâce qu’est le repos dominical !" Le 11 août 2009 est publiée au JORF (n°0184) la Loi n° 2009-974 du 10 août 2009 "réaffirmant le principe du repos dominical et visant à adapter les dérogations à ce principe dans les communes et zones touristiques et thermales ainsi que dans certaines grandes agglomérations pour les salariés volontaires." 5 L’AVENT L’Avent commence actuellement le dimanche le plus proche du 30 novembre (quatrième dimanche avant Noël), ne comporte pas de jeûne et marque le début de l’année ecclésiastique. Voir dossier. 6 JOURNEE NATIONALE D'HOMMAGE AUX MORTS POUR LA FRANCE PENDANT LA GUERRE D'ALGERIE ET LES COMBATS DU MAROC ET DE LA TUNISIE 6.1 Origine Le décret n°2003-925 du 26 septembre 2003, publié au Journal Officiel du 28 septembre 2003, institue une journée nationale d'hommage aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, le 5 décembre de chaque année : Article 1. Il est institué une journée nationale d'hommage aux « morts pour la France » pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie. Cette journée est fixée au 5 décembre. Article 2. Chaque année, à cette date, une cérémonie officielle est organisée à Paris. Une cérémonie analogue a lieu dans chaque département, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Pierre-et-Miquelon et dans les îles Wallis et Futuna, dont l'organisation est laissée à l'initiative du représentant de l'État… 6.2 Historique Le mémorial du quai Branly Le 5 décembre 2002, le président de la République, Jacques Chirac, inaugure, quai Branly à Paris, un mémorial des soldats français morts en Algérie, au Maroc et en Tunisie de 1952 à 1962. Ce mémorial consiste en un ensemble de trois colonnes, hautes de six mètres, sur lesquelles défilent les noms et prénoms de près de 23 000 soldats, dont 3 000 harkis. Le chef de l’État déclare : « Aujourd’hui, au nom de tous les Français, je veux rendre l’hommage de la nation aux soldats morts pour la France en Afrique du Nord il y a presque un demi-siècle. Ils furent plus de 22 000. (…) Je veux saluer, avec ferveur et gratitude, leur dévouement, leur courage, leur jeunesse sacrifiée. Je veux dire à leurs familles meurtries que nous ne les oublierons jamais. » A cet hommage, Jacques Chirac associe les harkis (ces Algériens qui combattirent aux côtés des Français pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie) auxquels « La France adresse aujourd’hui un message tout particulier d’estime, de gratitude et d’amitié à leur égard. » Il ajoute : « Quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, après ces déchirements terribles au terme desquels les pays d’Afrique du Nord se sont séparés de la France, notre République doit assumer pleinement son devoir de mémoire. » La visite en Algérie du président Chirac Lors de sa visite en Algérie, du 2 au 4 mars 2003, le président Chirac, premier président français à se rendre en Algérie depuis l’indépendance de 1962, propose, à Alger, devant les députés et sénateurs algériens, une « nouvelle alliance » entre la France et l’Algérie qui « doit être nourrie par un passé commun de cent trente-deux ans, des intérêts économiques et politiques et surtout par des liens humains des deux côtés de la Méditerranée (…) Les destins de l’Algérie et de la France s’entrecroisent (…) le moment est venu d’une nouvelle alliance algéro-française. » Jacques Chirac évoque la « tragédie » de la guerre d’Algérie (1954-1962), qui aurait fait un demi-million de morts et provoqué « l’exode d’un million de Pieds-Noirs et de 500 000 Harkis ». Il invite Français et Algériens à respecter toutes les victimes de la guerre : les combattants de l’indépendance « comme celles et ceux qui ont dû se résoudre à l’exil », Européens et Harkis. Au cimetière de Bologhine (Saint-Eugène), dans les faubourgs Ouest d’Alger, qui comporte 25 000 tombes européennes et 4 800 tombes juives, le président français dépose une gerbe et annonce un plan visant à entretenir et rénover les cimetières européens d’Algérie. Les désaccords sur la date officielle La FNACA, Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, principale organisation d’anciens combattants d’Algérie (370 000 adhérents) refuse de s’associer à cette date de commémoration (5 décembre) qu’elle estime « sans signification historique ». Elle milite pour le choix du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, qu’elle continue à commémorer. De son côté, l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) demande que le 19 mars devienne « une journée d’amitié franco-algérienne. » 7. SAINT NICOLAS Saint Nicolas (270-343), évêque de Myre en Lycie (Asie Mineure), au sud de la Turquie actuelle, est fêté le 6 décembre Voir dossier. 8. L’IMMACULEE CONCEPTION Le pape Sixte IV institua, dans l'Église de Rome, la fête de la Conception célébrée le 8 décembre 1477. Voir dossier. 9. DE NOËL A L’EPIPHANIE La fête religieuse chrétienne de « Noël », appelée aussi « Nativité », commémore, le 25 décembre (en Occident), la naissance de Jésus. Voir dossier. 10 Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste De nombreux pays européens célèbrent le 27 janvier, date de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau (Pologne) par l’armée soviétique. Cette commémoration est appelée « Journée de la Mémoire » en Italie depuis 2001 et « Journée de l’Holocauste » en Estonie. En Belgique, ce jour est également dédié au souvenir du génocide. En Israël, le 27 janvier est la « Journée nationale du combat contre l’antisémitisme ». Le 1er novembre 2005, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution 60/7 par laquelle elle décide que les Nations Unies proclameront tous les ans, le 27 janvier, la « Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste ». Le 26 janvier 2007, à la veille de cette Journée internationale, l'Assemblée générale de l'ONU adopte par consensus la résolution A/61/L.53, proposée par les États-Unis, condamnant « toute tentative de nier ou de minimiser l'Holocauste », consensus dont s'est dissociée, seule, la République islamique d'Iran. « Auschwitz, c'est une chose impossible mais qui a eu lieu : une invraisemblable vérité. » (Joseph Bialot) Voir : Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation ; Le Huit Mai ; Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux Justes de France 11. LA CHANDELEUR La fête de la Chandeleur (de « candelorum » : chandelle) ou fête de la Purification de la Vierge Marie et de la Présentation du Seigneur au Temple, le 2 février, a été instituée à Rome par le pape Gélase Ier (492-496). Voir dossier. 12. LA SAINT-VALENTIN Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, on fête les amoureux... Voir dossier. 13. CARNAVAL et MARDI GRAS C’est la période de festivités qui précède le Carême, période de pénitence d’une quarantaine de jours qui débute le mercredi des Cendres et s'achève le jeudi saint (le vendredi saint et le samedi saint on observe le jeûne pascal). Voir dossier. 14. MERCREDI DES CENDRES et CAREME Le Mercredi des Cendres (le lendemain du Mardi Gras) débute une période de pénitence d’une quarantaine de jours : le Carême. Le Carême débute le mercredi des Cendres et s'achève le jeudi saint (le vendredi saint et le samedi saint on observe le jeûne pascal). Voir dossier. 15 LA FETE DES GRAND-MERES La Fête des Grand-mères, lancée en 1987 par la marque de café « Grand-Mère » (groupe Kraft Jacobs Suchard), est fixée au premier dimanche de mars. Il y a une fête des mères, une fête des pères et une fête des grand-mères. Où sont passés les grands-pères ? Pour faire montre d’équité, voire de parité, il conviendrait de rendre hommage à nos aïeux des deux sexes, de plus en plus nombreux, en remplaçant la « fête des Grand-mères » par la « fête des Grands-parents ». Mais on pourrait faire encore plus simple en fêtant les grands-pères avec les pères et les grand-mères avec les mères. Citations Une maison a besoin d'une grand-mère. (Louisa May Alcott) Une maison sans grand-mère, c'est comme un œuf sans sel. (Florence King) Le conte est difficile à croire ; mais tant que dans le monde on aura des enfants, des mères et des mères-grands, on en gardera la mémoire. (Charles Perrault) Il n'y a rien de tel pour vous donner du génie que d'avoir un oncle cinglé ou une grand-mère sinoque. (Raymond Queneau) 16. JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME En 1975, l’Organisation des Nations Unies proclame le 8 mars comme Journée internationale des femmes « pour célébrer la lutte historique concernant l'amélioration des conditions de vie des femmes ». Voir dossier. 17. L'ANNONCIATION L'Annonciation (dont l'anniversaire est célébré le 25 mars) est l'annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité divine par l'archange Gabriel. Voir dossier. 18. LE DIMANCHE DES RAMEAUX Le dimanche des Rameaux (« Dominica in ramis palmarum ») est le dimanche qui précède Pâques dans le christianisme. Voir dossier. 19. PAQUES Pâques, fête chrétienne qui commémore la résurrection de Jésus-Christ, est une fête mobile, célébrée l'un des dimanches se trouvant dans la période du 22 mars au 25 avril. Voir dossier. 20. L’ASCENSION La fête de l'Ascension, l'une des plus importantes célébrations du christianisme, se déroule un jeudi, quarante jours après Pâques. L’Ascension désigne le moment où le Christ monte au ciel, après sa résurrection d'entre les morts. Voir dossier. 21. LA PENTECÔTE La Pentecôte (du grec « pentêkostos » : cinquantième) est observée le septième dimanche (cinquantième jour) après Pâques ; elle commémore la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres. Voir dossier. 22. LA TRINITÉ La fête de la Trinité a été fixée au premier dimanche après la Pentecôte par Jean XXII en 1334. Voir dossier 23. LA FETE-DIEU La Fête-Dieu ou fête du Saint-Sacrement, appelée aujourd’hui « fête du Sacrement du Corps et du Sang du Christ », a été instaurée le 11 août 1264 par Urbain IV, En principe, elle est célébrée le jeudi qui suit le dimanche de la Trinité. Cependant, depuis 1969, dans certains pays comme la France, elle a lieu une semaine après le dimanche de la Trinité. Voir dossier. 24. JOURNEE NATIONALE DU SOUVENIR DES VICTIMES ET HEROS DE LA DEPORTATION La loi du 14 avril 1954, votée à l'unanimité par le Parlement, qui a consacré le dernier dimanche d'avril « Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation ». Cette journée nous rappelle qu’il y a eu, en France, sous le régime de Vichy, 76 000 déportés Juifs dont 3% ont survécu et 86 000 déportés dits « de répression » (résistants ou politiques) dont 50% sont revenus (« Livre Mémorial »). La Journée de la Shoah, « Yom Hashoah », est fixée annuellement au 27 Nissan du calendrier hébraïque. Au Mémorial de la Shoah à Paris (IVe), les noms des 76 000 Juifs déportés de France sont lus pendant 24 heures. Voir : Le Huit Mai ; Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France ; Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste (27 janvier) Citations La vraie barbarie, c'est Dachau ; la vraie civilisation, c'est d'abord la part de l'homme que les camps ont voulu détruire. (André Malraux, Antimémoires) Où il n'y a pas d'humour, il n'y a pas d'humanité, où il n'y a pas d'humour, il y a le camp de concentration. (Eugène Ionesco, Notes et contre-notes) 25. LE PREMIER MAI On célèbre, le Premier Mai, la Fête du Travail (ou des Travailleurs), dans de nombreux pays. Voir dossier 26. LE HUIT MAI Le 8 mai est le jour anniversaire de la capitulation allemande en 1945. Voir dossier. 27. JOURNEE DE COMMEMORATION DE L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE Le décret n° 2006-388 du 31 mars 2006 instaure en France métropolitaine une journée de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage le 10 mai. Dans les DOM et TOM, les jours de commémoration de l'abolition de l'esclavage ont été fixés le 22 mai à la Martinique, le 27 mai à la Guadeloupe, le 20 décembre à la Réunion, le 10 juin en Guyane et le 27 avril à Mayotte. Voir dossier 28. JEANNE D’ARC En souvenir de Jeanne d’Arc, héroïne patriote brûlée vive par les Anglais à Rouen le mercredi 30 mai 1431 après un procès inquisitorial, la loi du 10 juillet 1920 institue une fête nationale le deuxième dimanche du mois de mai. Sainte Jeanne d’Arc est fêtée par l'Église le 30 mai. Voir dossier 29. LA FÊTE DES MERES 29.1 Origines et historique La Fête des Mères est célébrée à Rome au VIe ou Ve s. avant J.-C. : les Romains fêtent "Matronalia" en l'honneur de la déesse Junon, le 1er mars. En Angleterre, au XVIe siècle, le dimanche des Mères, « Mothering Sunday », est fixé au quatrième dimanche du Carême (il a toujours lieu). En 1806 Napoléon envisage la création d’une fête des mères au printemps mais le projet n’est pas réalisé. Aux USA, en 1872, Julia Ward Howe lance l’idée de la fête des mères et organise une célébration à Boston tous les ans. Puis, Ana Jarvis, institutrice inconsolable dont la mère est décédée un 9 mai, reprend l’idée : la célébration a lieu en Virginie le 10 mai 1908, deuxième dimanche de mai. En 1914, la fête, généralisée dans tous les Etats-Unis et fixée au deuxième dimanche de mai, est officialisée par le Président Woodrow Wilson. La première célébration des mères en France, a lieu dans l’Isère, le 10 juin 1906, sur l’initiative de l’Union fraternelle des pères de familles méritants de la commune d’Artas. Le 31 décembre 1917, on organise, à Paris, une fête des familles nombreuses. Le 16 juin 1918, à l'initiative du colonel de la Croix Laval, se déroule à Lyon, la « Journée des mères ». Le 9 mai 1920, le ministre de l'Intérieur autorise la première Journée Nationale des mamans de familles nombreuses qui se déroulera à Paris le 19 décembre. Le 20 avril 1926, un décret de Gaston Doumergue, inspiré par Camille Schneider, instituteur et poète alsacien, prévoit de fixer la fête au dernier dimanche de mai. La fête des mères, « Muttertag », est instituée en Allemagne en 1932. Le 25 mai 1941, l'État français instaure la Journée nationale des Mères. La loi du 24 mai 1950, votée sur l’initiative du député Fernand Bouxon, officialise la Fête de Mères dont la date est fixée au dernier dimanche de mai (si elle tombe le jour de la Pentecôte, elle est déplacée au premier dimanche de juin). En Espagne, « El dia de la Madre » tombe le premier dimanche de mai. En Argentine, la fête des mères a lieu le troisième dimanche d'octobre. En Chine, la fête, non inscrite au calendrier officiel, ne concerne que les mamans qui n’ont pas plus de 35 ans. 29.2 Citations Honore ton père et ta mère, comme te l'a commandé Yahvé, ton Dieu, afin d'avoir longue vie et bonheur sur la terre que Yahvé ton Dieu te donne. (Deutéronome, V, 16. Bible de Jérusalem) Le conte est difficile à croire ; mais tant que dans le monde on aura des enfants, des mères et des mères-grands, on en gardera la mémoire. (Charles Perrault) L'asile le plus sûr est le sein d'une mère. (Jean-Pierre Claris de Florian, Fables, la Mère, l'Enfant et les Sarigues) Le cœur d'une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon. (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans) Oh ! L’amour d'une mère! Amour que nul n'oublie ! Pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie ! Table toujours servie au paternel foyer ! Chacun en a sa part, et tous l'ont tout entier ! (Victor Hugo, Les Feuilles d'automne, Ce siècle avait deux ans) Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère. (Proverbe yiddish) Même Dieu a sa mère. (Proverbe albanais) Mère piteuse fait fille teigneuse. (Proverbe français) 30. JOURNEE NATIONALE D'HOMMAGE AUX MORTS POUR LA FRANCE EN INDOCHINE 30.1 Origine Le décret n°2005-547 du 26 mai 2005, publié au Journal Officiel du 27 mai 2005, institue une journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine, le 8 juin de chaque année : Article 1. Il est institué une journée nationale d'hommage aux « morts pour la France » en Indochine. Cette journée est fixée au 8 juin. Article 2. Chaque année, à cette date, une cérémonie est organisée à Paris. Une cérémonie analogue a lieu dans chaque département, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Pierre-et-Miquelon et dans les îles Wallis et Futuna, dont l'organisation est laissée à l'initiative du représentant de l'État… 30.2 Première cérémonie officielle Le mercredi 8 juin 2005 eut lieu la première cérémonie officielle d'hommage aux Morts pour la France en Indochine, dans la cour d'honneur de l'Hôtel national des Invalides. Elle se déroula en présence d’un cercueil contenant la dépouille d'un soldat inconnu, mort en Indochine. Ce combattant faisait partie d'un groupe de 13 soldats dont les restes avaient été découverts en décembre 2004 sur le site de Diên Biên Phu et rapatriés ; il fut inhumé ultérieurement dans la nécropole de Fréjus. Message de M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux Anciens combattants : « Il y a 51 ans, les armes se taisaient en Indochine. Ce silence clôturait un siècle d'épopée française en Extrême-Orient. Il mettait un terme douloureux à une guerre de huit ans commencée au lendemain de la cruelle occupation japonaise. Loins de leurs foyers, sur des terrains inhospitaliers, face à un adversaire insaisissable, valeureux et sans cesse mieux armé, les combattants du corps expéditionnaire français ont lutté inlassablement, avec une foi, une ardeur, un courage et un dévouement qui forcent l'admiration et imposent le respect. Leur sacrifice fut immense. Leur tribut fut celui de la souffrance, du sang, et de la mort. De 1945 à 1954, près de 100 000 soldats de l'Union française sont tombés en Indochine. Plus de 76 000 ont été blessés. 40 000 ont été fait prisonniers. Parmi eux, 30 000 ne sont jamais revenus. Parachutistes, légionnaires, coloniaux, tirailleurs, métropolitains, gendarmes, marins, aviateurs, médecins et infirmières ; ils venaient de France, d'Europe, d'Afrique du Nord ou d'Afrique noire. Leurs frères d'armes vietnamiens se battaient pour leur terre, pour leur liberté, par fidélité. Ils étaient jeunes. Ils sont morts au détour d'une piste, dans la boue d'une rizière, dans un camp de prisonniers. Aujourd'hui, pour la première fois, la Nation rend officiellement un hommage solennel à nos combattants d'Indochine. La France se souvient. Que les combats de nos soldats en Indochine puissent rester gravés à jamais dans la mémoire du peuple français. Leurs actions héroïques étaient l'aboutissement d'une certaine conception du monde, dont les principes ont pour nom liberté, justice et démocratie. Aujourd'hui, dans ces pays, après de longues années de nouvelles souffrances, la guerre appartient désormais à l'Histoire. De nouvelles pages de paix, de coopération et d'amitié ont été écrites et s'écriront encore. Dans un monde incertain, où la paix n'est jamais acquise, que le souvenir des exploits de nos combattants, que la force des valeurs qu'ils ont illustrées, nous aident à rester debout, en hommes libres, vigilants et déterminés. Honneur aux combattants d'Indochine ! » 30.3 Citation Une colonie est un pays dont les fonctionnaires appartiennent à un autre pays. Exemple : l'Indochine est une colonie française, la France une colonie corse. (Daniel Pennac, La fée carabine) 31. LA FETE DES PERES 31.1 Origine et historique Sonora Smart Dodd, de Spokane (État de Washington), est la première personne à proposer la fête des pères. Élevée par son père, Henry Jackson Smart, après la mort de sa mère, elle tient à lui montrer sa reconnaissance. Son père étant né en juin, elle choisit ce mois pour organiser la première fête des pères à Spokane le 19 juin 1910. En 1924, le président Calvin Coolidge soutient l’idée d’un jour spécial dédié aux pères. En 1966, le Président Lyndon Johnson proclame officiellement le « Father’s Day » le troisième dimanche de juin. En 1949, Marcel Quercia, inventeur du briquet à gaz et créateur du Briquet Flaminaire, introduit la Fête des pères en France. En 1952, le troisième dimanche de juin, a lieu la première fête des pères en France. Jamais officialisée, elle ne sera vraiment célébrée qu'à partir de 1968. Elle a été soutenue par les académiciens Georges Duhamel et Maurice Genevoix. En Belgique, la fête des pères est fixée au deuxième dimanche de juin. Au Luxembourg, c’est le premier dimanche d’octobre. En Italie, les pères sont fêtés le jour de la saint Joseph, le 19 mars. 31.2 Citations Honore ton père et ta mère, comme te l'a commandé Yahvé, ton Dieu, afin d'avoir longue vie et bonheur sur la terre que Yahvé ton Dieu te donne. (Deutéronome, V, 16. Bible de Jérusalem) Les pères doivent toujours donner pour être heureux. Donner toujours, c'est ce qui fait qu'on est père. (Honoré de Balzac) Il est plus facile pour un père d'avoir un fils que pour un enfant d'avoir un bon père. (Jean XXIII) Grands sont les yeux d’un père mort. (Proverbe persan) 32. LA FETE DE LA MUSIQUE 32.1 Origine et historique Le 21 juin, jour du solstice d’été célébré anciennement par une nuit païenne, la Fête de la Musique permet à chacun d'exprimer ses talents dans les rues. Lancée en 1982 par Jack Lang, ministre français de la Culture, Maurice Fleuret, directeur de la Musique et de la Danse (« La musique partout et le concert nulle part ») et Christian Dupavillon, elle a gagné plus de 120 pays et 350 villes sur tous les continents. 2008 : 27e édition placée sous le signe de la musique de film. Le ministère de la Santé fait distribuer plus d’un million de préservatifs. 2009 : la 28e édition a pour thème officiel "50 ans de chanson française". http://fetedelamusique.culture.fr/
Comment un homme dépourvu des vertus qui sont propres à l'homme peut-il cultiver la musique ? (Confucius) Ne fréquente pas la femme musicienne, de peur que tu ne sois pris dans ses rets. (Bible, L’Ecclésiastique IX 4) La comédie réveille les sens, la musique les jette à la renverse. (Les Caquets de l’accouchée, 1622, anonyme) La musique est aussi dangereuse que la poudre à canon. (Jeremy Collier) Où il y a de la musique, il ne peut rien y avoir de diabolique. (Cervantès, Don Quichotte) L'homme qui n'a pas de musique en soi et que n'émeut pas un concert de doux accords est capable de trahisons, de complots et de rapines. (William Shakespeare, Le Marchand de Venise) La musique est le domaine des démons. C'est l'art chrétien au mode négatif. (Thomas Mann) La musique est le plus cher de tous les bruits. (Théophile Gautier) La musique creuse le ciel. (Baudelaire) La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées – la communication des âmes. (Proust) La musique c’est du bruit qui pense. (Victor Hugo) La musique offre aux passions le moyen de jouir d'elles-mêmes. (Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir) La musique seule peut parler de la mort. (André Malraux) La musique a sept lettres, l'écriture a vingt cinq notes (Joseph Joubert) La musique, dans les dangers, élève plus haut les pensées. (Joseph Joubert) La musique est l'âme de la géométrie. (Paul Claudel) La musique est le refuge des âmes ulcérées par le bonheur. (Émile Michel Cioran) J’ai dit quelque part qu’il ne suffisait pas d’entendre la musique, mais qu’il fallait la voir. (Igor Stravinsky) Peu importent les notes, en musique, ce sont les sensations produites qui comptent (Léonide Pervomaïski) Le musicien est l'écrivain des notes ; l'écrivain est le musicien des mots (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations) La Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM) connaît la musique et fait payer la note, en silence, facture à la clé, sans mettre un bémol et malgré les soupirs. (Jean-Paul Coudeyrette) 33. LA SAINT-JEAN La fête de la Saint-Jean a lieu le 23 juin, la nuit précédant la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste. Voir dossier 34. LES FETES DE LA MOISSON 34.1 Définition et origines Il existe, à travers le monde, une variété infinie de fêtes de la moisson ou de fêtes du blé. Bien que le temps de la moisson fut pour le laboureur celui des grandes fatigues et des grandes inquiétudes, c'était aussi une époque de fêtes tant pour les maîtres que pour les ouvriers. La première gerbe et surtout la dernière étaient fêtées par le son des cloches, un repas ou des danses rustiques. Avec des épis de blé, on faisait des bouquets de moisson qui étaient suspendus dans les maisons afin d’y apporter la prospérité. De nos jours, en France, les vieilles coutumes se sont perdues, et il n’existe plus, ça et là, que des fêtes des battages. Avec les fêtes d'action de grâces et les Rogations, les fêtes de la moisson étaient l’héritage des temps où l'agriculture constituait le principal moyen de subsistance. Le dieu-solaire celte Lug ou Lugh (« le brillant »), le grand Roi solaire, garant de l'abondance, de la fertilité des troupeaux et de la prospérité, qui assure l’éternité des cycles de mort et de renaissance, présidait aux moissons et sa fête, Lughnasad ou Lugnasad (« assemblée de Lug »), se situait le 1er août. Une cérémonie des mystères d'Eleusis met en un parfait relief le symbolisme essentiel du blé. Au cours de la commémoration de l'union de Déméter avec Zeus, un grain de blé était présenté, comme une hostie dans l'ostensoir, et contemplé en silence. C'était la scène de l'époptie, ou de la contemplation. A travers ce grain de blé, symbole de vie et de résurrection, les époptes honoraient Déméter, la déesse de la fécondité et l'initiatrice aux mystères de la vie. La gerbe de blé symbolisait la fécondité de la terre et la fertilité de l'âme ouverte à la lumière. L'épi de blé, symbole de la croissance et de la fructification, était universellement considéré comme la manifestation de la fécondité physique et spirituelle. L'épi était un emblème d'Osiris, symbole de sa mort et de sa résurrection. Pour les anciens Égyptiens, le blé croissait sur le corps d'Osiris. Dès l'Ancien Empire, lors de la fête de la procession de Min, dieu de la végétation et la fertilité (divinité identifiée à Horus, fils d'Osiris), le roi coupait, avec une faucille de cuivre incrustée d'or, une touffe du blé qu'un prêtre lui avait apporté. Cette gerbe était déposée devant la divinité, tandis qu'un épi était remis au roi. La gerbe pouvait être également présentée à d'autres divinités, comme Harsomtous, dieu enfant du couple Horus-Hathor. Le blé, comme beaucoup de plantes cultivées, et en particulier l'orge, le haricot et le maïs, apparaissent, dans les différentes civilisations, comme un présent des dieux, lié au don de la vie. Déméter donne l'orge et envoie Triptolème répandre le blé dans le monde. Xochiquetzal apporte le maïs. L'Ancêtre Forgeron des Dogon dérobe au ciel toutes les plantes cultivées, pour les offrir aux hommes. Quand les fermiers égyptiens moissonnaient leur maïs, ils pleuraient car ils craignaient que la récolte fâchât l'esprit vivant dans la plante. Céréale sacrée, dont le grain meurt pour renaître, le blé a connu de multiples usages. Chez les Grecs et les Romains, les prêtres répandaient du blé ou de la farine sur la tête des victimes avant de les immoler. Porte-bonheur, le blé était jeté, à Rome, sur la tête des mariés afin qu'ils aient une nombreuse descendance. Indépendamment des mystères, les Grecs ont eu dès le commencement des fêtes appelées Démétries, comme ils avaient un mois appelé Démétrios. Ce mois, le dixième de l'année grecque, était celui des moissons et correspondait à peu près à notre mois de juillet. Les fêtes romaines qui correspondaient aux Démétries de la Grèce étaient les Cerealia (fêtes de Cérès) dont les plus importantes étaient célébrées avant la moisson, vers la mi-juillet, par les villageois vêtus de blanc, couronnés de feuilles de chêne, accompagnant leurs chants de danses mimiques. Les anciens regardaient Cérès comme la déesse propice aux moissons ; ils la représentaient par une belle blonde aux yeux bleus, couronnée d'épis et de pavots, tenant une faucille et ayant pour attributs un boisseau (modius) et un van. Cérès est l’ancien nom de la constellation de la Vierge. De là l'usage conservé de figurer la Vierge Marie avec une faucille et une gerbe de blé ; de là aussi le nom d'Epi de la Vierge donné à une belle étoile de cette constellation. La Pentecôte juive, était à l'origine, la fête de la Moisson "Hag Hakatsir" ou des Prémices "Hag Habikourim", jour de joie et d'action de grâces (Exode 23,16 ; Nombres 28,26 ; Lévitique 23,16) ; on y offrait les prémices de ce que la terre avait produit [Ex 34,22, où la fête est nommée « fête des Semaines "Chavouoth" ou des Septaines », appellation qui la situe 7 semaines (7 fois 7 jours) après la Pâque et l'offrande de la première gerbe (Lv 23,15)]. Puis, sans doute dès le IIe siècle avant J.-C. (car, comme telle, elle apparaît généralisée au début de notre ère, d'après les écrits rabbiniques et les manuscrits de Qumran), la fête devint celle de « l'anniversaire de l'Alliance » conclue une cinquantaine de jours (Ex 19,1-16) après la sortie d'Égypte célébrée par la Pâque. 34.2 Croyances et superstitions Confectionnées avec des tiges et des épis de blé, des poupées de paille étaient utilisées autrefois comme un talisman de fécondité par les femmes qui désiraient avoir des enfants. Récolter le blé au clair de lune était un gage d'amour et de fidélité. Dans le nord de la France, on jetait sur une plaque rougie au feu 12 grains de blé symbolisant les 12 mois de l'année. Ceux qui brûlaient annonçaient des mois difficiles, ceux qui résistaient à la chaleur étaient promesse de félicité et richesses durant ces mois bénéfiques. Dans le sud de la France, un oracle enfermait dans sa main gauche 8 feuilles de blé en laissant dépasser leurs extrémités. Puis, de la main droite, il tentait de lier ensemble les bouts 2 par 2, dessus et dessous, tout en prononçant les noms des futurs mariés. Si l'oracle parvenait, sans regarder sa main, à nouer les 8 feuilles ensemble, afin qu'aucune ne tombe de sa main gauche rouverte, le mariage serait heureux. En Italie, la jeune fille qui coupait la première gerbe de la moisson était censée se marier dans l'année... ![]() Moisson à l'ancienne, Abel Grimmer, 1607, Koninklijk Museum, Anvers 34.3 Citations La moisson de nos champs lassera les faucilles, Et les fruits passeront la promesse des fleurs. (François de Malherbe) Il n'est point ici-bas de moisson sans culture, Le bonheur est un bien que nous vend la nature. (Voltaire) Campagnes qu'engraissa le sang de nos guerriers, J'aime mieux vos moissons que celles des lauriers : La vanité les cueille et le hasard les donne. (Voltaire) Pour perdre une moisson, il ne faut qu’une nuit. (Charles Beys) 34.4 Dictons En moisson et en vendanges, il n'y a fêtes ni dimanches. Pour la Sainte-Berthe (4 juillet), Moisson ouverte. Juillet sans orage, famine au village. A juillet, faucille au poignet. Pluie de juillet, eau en janvier. 35. LE QUATORZE JUILLET Depuis 1880, le 14 juillet, jour férié, chômé et payé, est le jour de la Fête Nationale de la France. Il commémore la fête de la Fédération, qui célébrait, le 14 juillet 1790, le premier anniversaire de la prise de la Bastille, prison d’état et symbole de l’arbitraire royal, le 14 juillet 1789. Voir dossier. 36. Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux Justes de France La Loi n°2000-644 du 10 juillet 2000, publiée au JORF du 11 juillet, instaure une « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France » : "Article unique. Il est institué une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux « Justes » de France qui ont recueilli, protégé ou défendu, au péril de leur propre vie et sans aucune contrepartie, une ou plusieurs personnes menacées de génocide. Cette journée est fixée au 16 juillet, date anniversaire de la rafle du Vélodrome d'hiver à Paris, si ce jour est un dimanche ; sinon, elle est reportée au dimanche suivant. Chaque année, à cette date, des cérémonies officielles sont organisées aux niveaux national et départemental, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat." La rafle du Vélodrome d'Hiver La date choisie pour cette commémoration correspond à la date anniversaire de la rafle du Vélodrome d'Hiver effectuée par la police française (16 et 17 juillet 1942). Du 16 au 21 juillet 1942, 8 160 des 13 152 juifs (dont 4 115 enfants), arrêtés à Paris et dans la région parisienne lors de la plus importante conduite sur le territoire français, furent parqués au Vel d'Hiv, avant d'être envoyés dans les camps de concentration. Les Justes de France En février 2003, Yad Vashem était invité à l’Elysée pour remettre au Président le "Dictionnaire des Justes de France" et en juin 2006 le mur des Justes était inauguré dans le quartier du Marais à Paris, près du Mémorial de la Shoah. Le 18 janvier 2007, au nom de la Nation, le président de la République, Jacques Chirac, rendit hommage aux Justes de France en inaugurant une plaque posée en leur honneur dans la crypte du Panthéon. La date du 18 janvier, a indiqué Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, est celle où ont commencé les « marches de la mort » de prisonniers d'Auschwitz poussés sur les routes par les SS alors que l'Armée Rouge progressait. La plaque dévoilée porte l’inscription : « Sous la chape de haine et de nuit tombée sur le France dans les années d'occupation, des lumières par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés Justes parmi les nations ou restés anonymes, des femmes et des hommes de toutes origines et de toutes conditions ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'Honneur de la France, ses valeurs de Justice, de Tolérance et d'Humanité ». Selon le comité français de Yad Vashem, au 31 janvier 2008, 2 833 Justes de France ont été reconnus « Justes parmi les Nations » par le Mémorial de Yad Vashem, en Israël. « Quiconque sauve une vie sauve l'Univers tout entier. » (Phrase du Talmud gravée sur la médaille des Justes décernée par Yad Vashem) Voir Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation ; Le Huit Mai ; Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste (27 janvier) 37. L’ASSOMPTION Le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie, fêtée le 15 août, a été proclamé par le pape Pie XII le 1er novembre 1950. Voir dossier. 38. LA NUIT BLANCHE 38.1 Définition et origine L’événement se déroule le premier week-end d’octobre, dans la nuit du samedi au dimanche, de 19 h 00 à 7 h 00 du matin et permet de découvrir des lieux parisiens ouverts gratuitement au public : musées, piscines, parcs, jardins et endroits insolites... Selon le maire de Paris, Bertrand Delanoë, l’objectif de la « Nuit blanche » est d’inviter les Parisiens à « flâner, rêver, découvrir, se laisser séduire… ». C’est à l’initiative de Christophe Girard, adjoint chargé de la culture à la mairie de Paris, que le premier festival « Nuit blanche », mis en œuvre par le directeur artistique Jean Blaise, s’est tenu dans la nuit du 5 au 6 octobre 2002. C’est au cours de cette première « Nuit Blanche » que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, fut poignardé par un déséquilibré disant avoir agi par haine des politiciens et des homosexuels. Voir http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=9287 Charleville-Mézières, Metz et Amiens ont aussi leurs Nuits blanches. 38.2 Les Nuits Blanches dans le monde Avec Paris et Metz, de nombreuses villes du monde entier, telles que Riga, Rome, Naples, Bologne, Brescia, Madrid, Bruxelles, Bucarest, Berlin, La Valette, Porto, Tel-Aviv, Gaza, Istanbul, Shanghai, Tokyo, Montréal, Toronto, Miami, Chicago et Santa Monica, organisent leurs Nuits blanches. « Nuits blanches Europe » crée un réseau étroit d’échanges artistiques à l’occasion des Nuits blanches de chaque ville partenaire : Amsterdam (juin), Riga (septembre), Rome (septembre), Madrid (septembre), Bucarest (septembre), Bruxelles (octobre), La Valette (octobre), et Paris ; chacune sélectionne le projet d’un artiste provenant d’une autre ville partenaire. D'autres villes travaillent à la programmation d’une Nuit Blanche en lien étroit avec Paris : Helsinki, Lisbonne et New York. Barcelone, Varsovie, Séoul, Rio de Janeiro et Sao Polo ont l’intention de réaliser des Nuits blanches. Ne pas confondre avec la période des Nuits Blanches à Saint-Pétersbourg en Russie, qui s'étend, chaque année, entre le 25/26 mai et le 16/17 juillet, lorsque que le plein jour dure 18 heures et que la nuit semble ne plus exister car le soleil, pas très loin sous l'horizon, éclaire le ciel nocturne. 38.3 Citations Il ne faut cesser de s'enfoncer dans sa nuit : c'est alors que brusquement la lumière se fait. (Francis Ponge) C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. (Edmond Rostand) 38.4 Dictons Octobre en bruine, hiver en ruine. Gelée d’octobre rend le vigneron sobre. Octobre en brumes, mois à rhumes. Octobre au coin du feu, fait venir le leu. 39. HALLOWEEN, SAMAIN, TOUSSAINT ET DEFUNTS La fête de Halloween est célébrée la veille de la Toussaint (soirée du 31 octobre). En 835, la fête de la Toussaint est introduite dans le calendrier romain, au 1er novembre, par Grégoire IV. En 998, saint Odilon, abbé de Cluny, établit, dans les monastères de son ordre, un office liturgique à l’intention de tous les frères défunts le 2 novembre, lendemain de la Fête de Tous les Saints. Voir dossier. 40. LE ONZE NOVEMBRE Le 11 novembre est le jour anniversaire de l’Armistice de 1918, signé à Rethondes, qui marqua la fin de la Première guerre mondiale, dite « la Grande Guerre ». Voir dossier. 41. LA FÊTE DE LA SCIENCE 41.1 Définition La fête, qui a lieu en novembre, a pour but de permettre au grand public de mieux comprendre les sujets scientifiques les plus complexes, de débattre sur les enjeux de la recherche (bioéthique, recherche médicale, agroalimentaire et spatiale, financement de la recherche, etc.) et d’évaluer la quantité et la qualité des progrès enregistrés au fil du temps. La Fête de la Science est une manifestation nationale organisée en région. Le coordonnateur régional est l'interlocuteur des acteurs de la Fête de la Science à toutes les étapes de la mise en place et du déroulement de la manifestation. 41.2 Historique En 1991, le ministre délégué à la Recherche et aux Nouvelles Technologies, Hubert Curien, décida de fêter les 10 ans du ministère, dans ses jardins, pour la première fois ouverts au public. A travers cette fête, il souhaitait rapprocher le citoyen parisien de la science et de ses acteurs. 1992 : l'événement devient national et se déroule sur 3 jours (du vendredi au dimanche) au mois de juin. C'est la première édition de « Science en Fête » 1995 : la fête a lieu au mois d'octobre. 1998 : Claude Allègre, ministre de l'Éducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie, transforme la manifestation en « Semaine de la Science » afin de toucher le public scolaire (rencontres entre élèves et chercheurs). 2000 : Roger Gérard Schwartzenberg, ministre de la Recherche, pérennise l'événement et lui redonne son côté festif en le nommant « Fête de la Science ». 2008 : la fête a lieu au mois de novembre. 2009 : du 16 au 22 novembre. Pour connaître les manifestations organisées dans votre région, consultez la page suivante : http://www.fetedelascience.education.gouv.fr/ 41.3 La Fête de la Science en Europe D’autres pays européens célèbrent également la Fête de la Science : - le Royaume-Uni (UK National Science Week, et The BA Festival of Science) - la région des Flandres en Belgique (Wetenschapshappening Vlaanderen) - le Luxembourg (Science Festival) - l’Allemagne (Wissenschaft im Dialog) - la Slovénie (The Slovenian Science Festival) - l’Espagne (Semana de la Ciencia y de la Tecnologia) - le Portugal (Semana da Ciência e da Tecnologia) - la Grèce (Evdomada Erevnas kai Technologias) 41.4 Citations Le commencement de toutes les sciences, c'est l'étonnement de ce que les choses sont ce qu'elles sont. (Aristote +322 av. J.-C., Métaphysique, I, 2) Seigneur Jésus-Christ, écoutez la voix de notre douleur. Dans le désert des pénitents, nous crions vers vous pour n’être pas séduits par de veines paroles tentatrices sur la noblesse de la famille, le prestige de l’Ordre, le brillant de la science. (Prière de saint Albert +1280, patron des scientifiques) Parce que, selon le sage Salomon, sapience (sagesse) n'entre point en âme malivole (de mauvaise volonté) et science sans conscience n'est que ruine de l'âme. (François Rabelais +1553, Pantagruel, 8) Les sciences sont des fouilles faites dans Dieu. (Victor Hugo +1885, Fragments) Science is organized knowledge (La science est du savoir organisé). (Herbert Spencer +1903, Education, 2) Il ne peut pas y avoir de morale scientifique ; mais il ne peut pas non plus y avoir de science immorale. (Henri Poincaré +1912, Dernières Pensées, Flammarion) Le but de la science est de prévoir et non, comme on l'a dit souvent, de comprendre [Pierre Lecomte du Noüy +1947, L'Homme et sa destinée, La Colombe] La science est comme une maladie, une maladie qui progresse en transformant le monde et en le dévorant aussi. (Georges Duhamel +1966, Les Maîtres, Mercure de France) Plus je sais et plus je sais que je ne sais rien. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations) Dieu est assis dans la brouette que l'homme pousse. (Jean-Paul Coudeyrette) Ce qui paraît totalement inconcevable aujourd'hui sera tout-à-fait rationnel demain. (Jean-Paul Coudeyrette) Il n’y a pas de question sans réponse ; la réponse est affaire de temps. (Jean-Paul Coudeyrette) Référence publication : Compilhistoire. Auteur : Jean-Paul Coudeyrette Texte libre de tous droits pour un usage non lucratif ; reproduction interdite sans autorisation. Date de mise à jour : 1 novembre 2009 Accueil |