AVENT, NOEL ET EPIPHANIE

SOMMAIRE

1. L’AVENT 10. L’ETOILE
2. FETE DE NOEL 10.1 L’astre des rois
2.1 Définition et origine 10.2 Hypothèses
2.2 Le solstice d’hiver 10.3 Pentagramme ou hexagramme ?
2.3 Des Saturnales aux Sigillaires 10.4 La Pinata
2.3.1 Les étrennes 10.5 Citations
2.4 Historique 11. LES MAGES ET L’EPIPHANIE
2.5 Citations 11.1 Les Mages
3. FETES DES FOUS 11.2 L’Epiphanie
3.1 A Sens 11.3 Galette et fève
3.2 L'Infanterie dijonnaise 11.4 Citations
3.3 A Rouen et Evreux 11.5 Hymne de l’Epiphanie
3.4 Autres fêtes en France 11.6 Hymne de la Nativité
3.5 Abbé, évêque et pape des Fous 12. Le Vieux. Odin. Enfant Jésus. Santa Claus. Père Noël
4. LE SAPIN DE NOEL 12.1 Le Vieux
5. LE FEUILLAGE DE NOEL 12.2 Odin
5.1 Le romarin 12.3 Gargan
5.2 Le lierre 12.4 Weihnachtsmann (l’Homme de Noël)
5.3 Le houx 12.5 Enfant Jésus, Christkindel, Sainte-Lucie, fées de Noël
5.4 Le gui 12.6 Santa Claus, Père Noël.
5.5 Le chêne 12.6.1 Présentation
6. LA BUCHE 12.6.2 Historique
7. LA GROTTE 12.6.3 Noël dans le monde
8. LA PAILLE 12.6.4 La demeure du Père Noël
9. LA CRECHE 12.6.5 Le courrier du Père Noël
9.1 Définition 12.7 Pérennité du mythe
9.2 Historique 13. Citations
  14. Dictons météorologiques

L’AVENT

Définition et Origine


Généralisé par le pape Grégoire Ier le Grand (590-604), qui, dans ses homélies, compte quatre semaines pour le temps liturgique précédant Noël, l’Avent (du latin « adventus » : arrivée, venue, avènement), apparut en Espagne et en Gaule, dès la fin du IVe siècle, comme un temps de jeûne précédant les baptêmes qu’on célébrait lors de l'Epiphanie ; il représente la période de la préparation de la venue du Christ.
Les quatre semaines du sacramentaire grégorien firent loi dans la Gaule franque au VIIIème siècle.

On donnait primitivement le nom d'Avent au jour de Noël, jour de l’avènement du Seigneur : « Adventus Domini ». Ce n'est qu'à partir du VIIe siècle que ce mot désigna les semaines précédant Noël.

En 380, le concile de Saragosse prescrivit aux fidèles d'être assidus à l'église du 17 décembre à l'Epiphanie.

Dans les premiers siècles de l'Église on jeûnait, pendant l'Avent, trois fois par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi.
Perpétue de Tours (+ 490) institua un jeûne de trois jours par semaine allant de la Saint Martin à la Nativité. Il est fait mention de ce jeûne (qui ne semble avoir été prescrit qu'aux ecclésiastiques) dans le neuvième canon du 1er concile de Mâcon (581).
Dans les homélies du pape Grégoire Ier (590-604), il n’est plus question de l’observance d’un jeûne.

Le premier concile de Mâcon et Grégoire de Tours (+ 594) parlaient du "temps de la préparation à Noël".

L’Avent commence actuellement le dimanche le plus proche du 30 novembre (quatrième dimanche avant Noël), ne comporte pas de jeûne et marque le début de l’année ecclésiastique.
Les quatre dimanches symbolisent les quatre saisons et les quatre points cardinaux.

Dès l’Avent la maison toute entière se parait dans l’attente du grand jour : couronne de l’Avent sur la table, sur la porte d’entrée, guirlandes autour des portes, lumière chaude des bougies.
Ces réjouissances manifestaient la volonté des hommes de conjurer l’arrivée effrayante des longues nuits.

La couronne de l’Avent

La couronne de l’Avent est un ancien symbole aux significations multiples. Les couronnes rondes de l’Avent évoquent le soleil et annoncent son retour.
Nos ancêtres du nord de l’Europe, qui craignaient de voir le soleil disparaître pour toujours, habillaient leur logis au cœur de l’hiver de couronnes composées de feuillages verts.
En Allemagne, on connaît la couronne de l’Avent seulement depuis la Première Guerre Mondiale.
Pour les chrétiens, cette couronne est aussi le symbole du Christ Roi, le houx rappelant la couronne d’épines posée sur la tête du Christ.

Les bougies de l’Avent

Noël sera là lorsque la dernière des bougies de l’Avent sera allumée.
Le plus souvent les bougies sont rouges pour évoquer le feu et la lumière.
Sur les couronnes d’inspiration suédoise, les bougies sont blanches, couleur de fête et de pureté.
En Autriche on les choisit violettes car cette couleur est symbole de pénitence.

Le calendrier de l’Avent

Le calendrier de l’Avent, serait né, au XIXe siècle, de l’imagination d’un père de famille autrichien voulant calmer l’impatience de ses enfants : il découpait des images pieuses qu’il leur remettait chaque matin.
Un peu plus tard, les images pieuses s’envolèrent pour laisser place à des biscuits, puis à des chocolats : le calendrier de l'Avent, avec ses 24 cases, était né...
Le calendrier de Noël s'est progressivement transformé : les motifs religieux et les images de saints qui décoraient autrefois les cases ont laissé la place à une iconographie profane.

Dictons météorologiques

C'est aux Avents qu'on a coutume de planter.
Tel Avent, tel printemps
La neige des Avents a de longues dents
Quand secs sont les Avents, abondant sera l'an

FETE DE NOEL OU DE LA NATIVITE

Définition et origine


La fête religieuse chrétienne de « Noël » [mot apparu vers 1112, de « nael » issu de « natalis» (jour de naissance)], appelée aussi « Nativité », commémore, le 25 décembre, la naissance de Jésus enfanté par la Vierge Marie :
« Le Verbe s’est fait chair et il est venu habiter parmi nous » (Jean 1, 14).

Selon le « Liber Pontificalis », le pape Télesphore (125-136) décide de substituer à la célébration païenne du solstice d’hiver, appelée la « naissance du soleil invincible » (Natalis Solis invicti), la naissance du Sauveur, « lumière du monde ». La coutume est alors instaurée de célébrer la naissance de Jésus le 25 décembre pour l’occident chrétien tandis que l’Orient continue de la fêter le 6 janvier (Epiphanie) ; le Noël orthodoxe est célébré dans la nuit du 6 au 7 janvier.

Le culte de Sol Invictus (Soleil Invaincu), dieu solaire syrien introduit par Caracalla en 211, est organisé par l'empereur d'origine syrienne, Elagabal ou Héliogabale (218-222).
L’empereur Aurélien (né en Pannonie d’une mère prêtresse du Soleil) fait construire à Rome un temple à « Sol Invictus » qui est dédicacé le 25 décembre 274.
Aurélien saura bénéficier du soutien des adeptes de Mithra dont le culte est proche de celui de Sol.

Les adeptes du culte du dieu indo-iranien Mithra (culte importé de Syrie par les légions romaines aux premiers siècles de notre ère et florissant jusqu’au Ve siècle) se réunissent le 25 décembre, dans des grottes, pour fêter l’anniversaire de la naissance du soleil invaincu (« Natalis Solis invicti ») à travers la naissance de Mithra, issu d’un rocher (saxigenus) ou d'une pierre (petra generatrix) comme le feu du silex.
L’iconographie mithriaque montre le dieu émergeant des rocs en présence et avec l’aide des bergers.
Le culte comprend un repas, commémorant le festin pris par Mithra et le Soleil après la création du monde, et le sacrifice d’un taureau (taurobole).
Le sang du taureau sacrifié pour la nouvelle année symbolise l’énergie mâle venant féconder la terre et lui redonner vie pour un autre cycle annuel.
L’initié reçoit le baptême de sang qui lui assure l’immortalité de l’âme. Le sang du taureau, égorgé par un pieu sacré au-dessus d’une fosse où se trouve le fidèle, purifie et régénère celui qu’il inonde : le baptisé est « renatus in aeternum » (re-né pour l’éternité).
La colline du Vatican de Rome avait été consacrée à Mithra ; des ruines à caractère mithraïque y ont été découvertes.

Le 25 décembre 336, une messe de Noël est célébrée à Rome (première messe de la Nativité, célébrée un 25 décembre, connue) : le calendrier « Depositio martyrium » (Liste des martyrs de Rome) indique que 8 jours avant le 1er janvier, on célèbre la naissance de Jésus « Natus Christus in Bethleem di Juda ».

En 337, le pape Jules Ier choisit le 25 décembre comme début de l’année.

En 354, le pape Libère finit par imposer la date du 25 décembre comme jour de la naissance du Christ, afin de christianiser la fête païenne concurrente de Mithra.

Les enseignes de Julien l’Apostat (361-363), adorateur du soleil, portent la devise « Sole Invicto ».

Vers 525, Dionysius Exiguus (Denys le Petit), moine scythe, met au point, à la demande du pape Jean Ier, une table de calcul de la date de Pâques (« Liber de Paschate ») où les années sont comptées depuis la naissance du Christ qu’il fixe au 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome.

Chaque 25 décembre au matin, le pape donne, en public, sa bénédiction « urbi et orbi » [à la ville (c’est-à-dire Rome) et à toute la Terre].

Noël est la seule fête d’origine religieuse célébrée dans le monde entier.

Selon le sondage réalisé par l'institut TNS-Sofres les 7 et 8 novembre 2007 et publié dans l'hebdomadaire catholique français « Pèlerin », 27% des personnes interrogées ont « le sentiment de vivre la dimension religieuse de Noël » et 72% ne l'ont pas.

Le solstice d’hiver

Tous les païens célébraient le solstice d’hiver, lorsque la lumière va regagner sur la nuit.
Le solstice d’hiver marquait le début de l’année pour les Scandinaves et les Germains, qui considéraient cette plus longue nuit d’hiver comme la Nuit des Mères (« Modraniht »), mentionnée par Bède le Vénérable (« De temporum ratione », XIII), celle durant laquelle le monde a été créé.
La nuit des Mères était associée à la fête de « Jul », fête de la fécondité, sacrifice saisonnier aux Elfes (« Alfablot »).

A noter, chez les Romains, l'existence d'une déesse du solstice (Diua Angerona), fêtée le 21 décembre (Diualia), qui permettait le franchissement des passages étroits, et de Janus, le dieu des portes, fêté en janvier, qui a le double visage de l’an mourant et de l’an naissant.

On fête encore, un peu partout en Europe, le solstice d’hiver, en se réunissant autour d’un grand feu, puis on saute par-dessus en se souhaitant un avenir meilleur, souvent une naissance.

La grande bougie de Noël a été longtemps d'un usage très répandu en Angleterre, en Irlande et dans les pays scandinaves.
Durant la période des "douze nuits", on l'allumait tous les jours, quelques instants, afin qu’elle se consumât jusqu'au bout lors de la dernière nuit.

Dans l'Antiquité, les fêtes de la Lumière se déroulaient au solstice d'hiver et au solstice d'été.
Malgré la défiance qu'il montrait pour les religions ayant existé avant son implantation, le christianisme conserva ces pratiques qu'il masqua, au solstice d'hiver, sous les noms de fête de Noël (Nativité de Jésus, le 25 décembre) et fête de saint Jean l'évangéliste (le 27 décembre ), et, au solstice d'été, sous le nom de fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste (le 24 juin).

" Ce mystère de salut, en plus du mystère historique, a une dimension cosmique : le Christ est le soleil de grâce qui, avec sa lumière, « transfigure et illumine l'univers en attente » (Liturgie). La date-même de la fête de Noël est liée au solstice d'hiver, lorsque les journées, dans l'hémisphère boréal, commencent à rallonger. " (Benoît XVI, 21-12-2008, source : VIS)

Des Saturnales aux Sigillaires

Les « Saturnalia » (Saturnales), fêtes célébrées en l’honneur de Saturne (dieu de l’agriculture), duraient du 17 au 23 décembre, se terminant avec les « Larentalia », fête des dieux Lares (attachés à chaque foyer).
Seuls le 17, le 19, le 21 (Diualia) et le 23 étaient proprement « festi » (réservés aux dieux), les autres simplement « feriati » (chômés).
La foule se répandait dans les rues aux cris rituels de « Io ! Saturnalia ! Bona Saturnalia ! ».
On décorait les maisons de plantes vertes, houx et sapins. Hommes et femmes portaient des guirlandes autour du cou.
Les esclaves étaient temporairement libérés de leur servitude, des repas rituels (« dapes » : viande rôtie et vin) leur étaient servis par leurs maîtres.
Tous revêtaient le « pileus » (le bonnet conique de l’esclave affranchi, symbole de liberté).
Les réjouissances, souvent licencieuses, prenaient la première place.
Un « roi de la fête » était tiré au sort, au moyen d’une fève, parmi les jeunes soldats : on ne pouvait rien lui refuser mais il était sacrifié à la fin des Saturnales...

Les étrennes
Aux Saturnales, succédait immédiatement la fête des Sigillaires où les enfants se voyaient remettre des petits sceaux et autres babioles ; on échangeait des étrennes [du latin « strena » (pronostic, présage, signe) signifiant : cadeau pour servir de bon présage, pour porter bonheur].
Les strenae étaient à l’origine des objets rituels : chandelles de cire (« sigillaria ») et poupées d’argile (simulant sans doute un sacrifice humain), ensuite des sommes d’argent ou des cadeaux, surtout des friandises (dattes et miel), furent offerts.
Selon une légende romaine, le roi Tatius Sabinus a été le premier à recevoir un présent de la déesse Strenia à l’occasion du nouvel an.
« L'usage de donner des étrennes nous vient des Romains. (…) Les chrétiens, ayant triomphé du paganisme, défendirent les étrennes comme entachées d'impiété. » (Comettant Jean Pierre Oscar, 1819-1898)
" On trouve l'usage des étrennes établi à Rome dès la plus haute antiquité. Sous les premiers rois, on avait coutume d'envoyer aux magistrats, comme marque de déférence, des rameaux cueillis dans le bois sacré de Strenia. De là le nom de strenia, puis strena, étrenne.
« Le premier qui, nous apprend cette coutume, dit Jacob Spon dans sa lettre sur l'Origine des étrennes, est Symmachus, auteur ancien. D'après lui, l'usage des étrennes fut introduit sous le règne du roi Tatius Sabinus, qui reçut le premier la verveine du bois sacré de la déesse Strenia, en signe de bon augure de la nouvelle année ; soit que les Romains vissent quelque chose de divin dans la verveine à la façon de nos druides gaulois qui avaient en telle vénération le gui de chêne qu'ils allaient le cueillir avec une serpe d'or le premier jour de l'année ; soit qu'ils fissent un rapprochement entre le nom de cette déesse Strenia, dans le bois de laquelle, ils prenaient la verveine, et le mot strenuus, qui signifie vaillant et généreux. Aussi le mot strena, qui signifie étrenne, se trouve quelquefois écrit strenua chez les anciens. On en vint ensuite à faire des présents consistant en figues, dattes et miel, comme pour souhaiter à ses amis qu'il n'arrivât rien que d'agréable et de doux dans le reste de l'année. Plus tard les Romains, quittant leur première simplicité et changeant leurs dieux de bois en des dieux d'or et d'argent, commencèrent à être aussi plus magnifiques en leurs présents et à s'en envoyer ce jour-là de différentes sortes et de plus considérables; mais ils s'envoyaient particulièrement des monnaies et médailles d'argent, trouvant qu'ils avaient été bien simples dans les siècles précédents de croire que le miel fût plus doux que l'argent, comme Ovide fait agréablement dire à Janus, Avec les présents, ils se souhaitaient mutuellement toutes sortes de bonheurs et de prospérités pour le reste des l'année, et se donnaient des témoignages réciproques d'amitié. Enfin, l'usage des étrennes devint peu à peu si général sous les empereurs, que tout le peuple allait souhaiter la bonne année à l'empereur, et chacun lui portait son présent d'argent selon son pouvoir, cela étant estimé comme une marque d'honneur et de vénération qu'on portait aux supérieurs ; au lieu que maintenant la mode est renversée, et ce sont plutôt les grands qui donnent les étrennes aux petits, les pères à leurs enfants et les maîtres à leurs serviteurs. Auguste en recevait en si grande quantité, qu’il avait pris l'habitude d'en acheter des idoles d'or et d'argent, parce que, étant généreux, il ne voulait pas appliquer à son profit les libéralités de ses sujets. Tibère, son successeur, qui était d'une humeur plus sombre, s'absentait exprès les premiers jours de l'année, pour éviter l'incommodité des visites du peuple, qui serait accouru en foule pour lui souhaiter la bonne année, et désapprouvait qu'Auguste eût reçu des présents, parce qu'il fallait faire de la dépense pour prouver au peuple sa reconnaissance par d'autres libéralités. Ces cérémonies occupaient même si fort le peuple les six ou sept premiers jours de l'année, que Tibère fut obligé de publier un édit par lequel il défendait les étrennes, passé le premier jour de l'année. Caligula, qui posséda l'empire immédiatement après Tibère, et qui se faisait autant remarquer par son avarice que par ses autres mauvaises qualités, fit savoir au peuple par un édit qu'il recevrait, le jour des calendes de janvier, les étrennes qui avaient été refusées par son prédécesseur; et pour cet effet il se tint tout le jour dans le vestibule de son palais, où il recevait à pleines mains l'argent et tous les présents qui lui étaient offerts par la foule du peuple. »
En 1793, un édit déclara les étrennes d'inutilité publique. "
(Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, Pierre Larousse).
En de nombreux bourgs et villages de France, des tournées de quêtes étaient organisées, le premier jour de l’An, par les enfants et les mendiants. Ils allaient de maison en maison, chantant ou jouant de la musique pour souhaiter la bonne année, et recevaient des étrennes : friandises, victuailles ou pièces d’argent.

Historique

Le 22 juin 431, le concile d’Ephèse proclama Marie : « Theotokos » (mère de Dieu).

« Je trouve très surprenant qu’il y ait des gens pour se demander vraiment si la Sainte Vierge doit être appelée Mère de Dieu. Car si notre Seigneur Jésus est Dieu, comment la Vierge qui l’a porté et mis au monde ne serait-elle pas la Mère de Dieu ? Telle est la foi que nous ont transmise les Saints Apôtres, même s’ils n’ont pas employé cette expression. » (Saint Cyrille, « Lettre aux moines d'Égypte », 431)

En 567, le concile de Tours décida de considérer la période de 12 jours entre la veillée de Noël et l'Epiphanie comme sacrée.

Si la messe de minuit est célébrée dès le Ve siècle, c’est sous le pontificat de Grégoire Ier le Grand (590-604), que furent instaurés les trois autres offices de Noël : la vigile (au soir du 24 décembre), le service du lever du jour, suivi d’une messe en matinée.

Mahomet déclara Marie « intouchée du diable ».
Le Coran enseigne (XXI, 91) :
« Nous soufflâmes notre Esprit à celle qui a conservé sa virginité ; nous la constituâmes, avec son fils, un signe pour l'univers. » (Traduction de Kasimirski).
« Et celle (la vierge Marie) qui avait préservé sa chasteté ! Nous insufflâmes en elle un souffle (de vie) venant de Nous et fîmes d'elle ainsi que de son fils, un signe (miracle) pour l'univers. » (http://quran.al-islam.com/frn/Default.asp)

Les chants de Noël se développèrent à partir du XVIe siècle.

A partir de 1583, les fêtes publiques de Noël furent interdites par les presbytériens écossais et les puritains anglais.

La coutume de manger de la dinde vient des États-Unis où les Pères pèlerins de Plymouth dégustèrent cette volaille le quatrième jeudi de novembre 1621, en compagnie des Amérindiens Wampanoag, et remercièrent Dieu de ses largesses (Thanksgiving Day).

La première carte de vœux apparut en 1843, quand Sir Henry Cole, conservateur du musée Victoria et Albert de Londres, fit appel à John Calcott Horsley pour qu’il lui dessinât une carte illustrée portant la mention : « Merry Christmas and Happy New Year ».

Citations

C’est le Seigneur lui-même qui doit vous donner un signe. Le voici : la jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel. (Isaïe 7,14)
O Vierge Immaculée, Mère de Dieu et pleine de grâce, Celui que tu as porté, c’est l’Emmanuel, le fruit de ton sein. Tu surpasses, ô Marie, toute louange ! Je te salue, Marie, Mère de Dieu et Gloire des anges. Car voici que tu dépasses en plénitude de grâce toutes les annonces des Prophètes. Le Seigneur est avec toi, tu enfantes le Sauveur du Monde. (Prière anonyme gravée sur un tesson de poterie du IIIe siècle, trouvé en Egypte)
Notre transgression provoqua la philanthropie du Verbe, de telle sorte que le Seigneur vint jusqu’à nous et apparut parmi les hommes. Car nous sommes devenus la cause de son entrée dans un corps. C’est pour notre salut qu’il a été pris d’amour jusqu’à se rendre humain et paraître dans un corps. (Saint Athanase + 373, Sur l’Incarnation du Verbe)
Le premier Adam est devenu, pour celle qui l’avait porté, la terre, cause de malédiction. Le nouvel Adam a rendu bénie celle qui l’a engendré. Et non seulement cela, mais il l’a constituée source et communicatrice de bénédictions pour tous les autres. (Saint Théophane, discours sur la Mère de Dieu, IXe siècle)
Nous souffrons bien misérablement de trois sortes de maladies, car nous sommes faciles à séduire, faibles pour agir et fragiles pour résister. Si nous voulons discerner entre le bien et le mal, nous nous trompons ; si nous essayons de faire le bien, le courage nous manque ; si nous faisons des efforts pour résister au mal, nous nous laissons vaincre. De là la nécessité de la venue d'un Sauveur, afin qu'en habitant avec nous par la foi, il illumine notre aveuglement ; qu'en restant avec nous, il aide à notre infirmité et qu'en se posant pour nous, il protège et défende notre fragilité. (Saint Bernard 1090-1153)
C’est déjà une merveille pour les saints de recevoir une grâce qui sanctifie leur âme. Mais la grâce que reçut l’âme de la Vierge fut une telle abondance qu’elle rejaillissait sur sa chair, afin que cette chair conçut le Fils de Dieu. (Saint Thomas d’Aquin 1225-1274)
La Bienheureuse Vierge Marie, parce qu’Elle est Mère de Dieu, a une dignité infinie d’une certaine manière, parce qu’elle découle du Bien infini qui est Dieu. (Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, I, q. 25, a. 6).
Marie est « Mère de Dieu » : voilà son premier titre de gloire, celui qui englobe tous les autres. On n’en saurait imaginer de plus sublime. Tous les autres ne seraient rien par rapport à celui-ci, même si leur nombre dépassait celui des étoiles du ciel et des grains de sable de la mer. (Luther 1483-1546, Commentaire du Magnificat)

FETES DES FOUS, DES INNOCENTS, DE L'ANE, etc.

Vers la fin du IVe siècle, saint Pacien, évêque de Barcelone, choqué de l'usage conservé par les fidèles de fêter le premier jour de l'année à la manière antique, par une cérémonie appelée « Hennula cervula » (la fête ou la cérémonie du Cerf), écrivit un livre pour en faire sentir l'immoralité aux chrétiens et les détourner de se travestir en bêtes sauvages, à courir la ville et les campagnes dans ce fol accoutrement, et à se livrer à des jeux indécents.

Le Moyen Age connut la fête des Fous appelée aussi fête des Sots, fête des Innocents, fête de l'Ane, fête des Sous-diacres, fête des Cornards.
Cette fête, très populaire au moyen âge, était célébrée à Noël, à la Saint-Etienne (26 décembre), à la Saint-Jean d'hiver (27 décembre), aux Saints-Innocents (28 décembre), le 1er janvier (Circoncision) ou à l’Épiphanie (6 janvier) ; elle résista d'autant plus longtemps que l'on y trouvait un souvenir des Saturnales, rappelant aux puissants de la terre que leur supériorité ne serait pas éternelle.

A Sens

A Sens, la fête des Fous était très ancienne, selon les termes mêmes d'une ordonnance de 1245 qui voulut la proscrire.

Le jour de la fête, le préchantre des fous devait recevoir sur le dos, à l'heure des vêpres, une aspersion de trois seaux d'eau.
Les vicaires de la cathédrale de Sens érigeaient un théâtre sur la place Saint-Etienne, et y jouaient des mystères qu'ils assaisonnaient de farces et de scènes bizarres.

Le chant de la prose de l'Ane était une des principales cérémonies de la fête des Fous dont l'objet était d'honorer l'humble et utile animal qui avait assisté à la naissance de Jésus-Christ et l'avait porté sur son dos lors de son entrée à Jérusalem.
L'église de Sens était une de celles où cette solennité se faisait avec le plus d'appareil.
Avant le commencement des vêpres, le clergé se rendait processionnellement à la porte principale de l'église, et deux chantres à grosse voix chantaient :
« Ce jour est un jour de joie ! Croyez-moi, qu'on éloigne de ces solennités quiconque sera triste ! Ceux qui célèbrent la fête de l'Ane ne veulent que de la gaieté ! »
Deux chanoines, députés, se rendaient alors auprès de l'âne, pour le conduire à la table, qui était le lieu où le préchantre lisait l'ordre des cérémonies et proclamait le nom de ceux qui devaient y prendre part. On couvrait l’animal d’une belle chape et on entonnait :
« Des contrées de l'Orient, il est arrivé un âne beau et fort, et propre à porter des fardeaux. Hez, sire âne, hez ! Cet âne a été nourri par Ruben, sur les collines de Sichem ; il a traversé le Jourdain et sauté dans Bethléem. Hez, sire âne, hez ! II peut vaincre à la course les faons, les daims et les chevreuils ; il est plus rapide que les dromadaires de Madian. Hez, sire âne, hez ! La vertu de cet âne a porté dans l'église l'or de l'Arabie, l'encens et la myrrhe du pays de Saba. Hez, sire âne, hez ! Pendant qu'il traîne les chariots remplis de bagage, sa mâchoire broie un dur fourrage. Hez, sire âne, hez ! II mange l'orge avec sa tige ; il se repaît de chardons, et dans l'aire il sépare le froment de la paille. Hez, sire âne, hez ! Ane déjà soûl de grain, dites amen, dites amen, amen derechef, et méprisez les vieilleries. Hez, sire âne, hez ! »

Cette prose était suivie d'une antienne composée de commencements de psaumes où, de deux en deux vers, on répétait l'exclamation bachique et profane « Evoe » qui revenait plusieurs fois dans le cours de l'office.
Dans les intervalles, on faisait manger et boire l'âne. Enfin on le menait dans la nef où tout le peuple, mêlé au clergé, dansait autour de lui, en essayant d'imiter son braiment. Lorsque la danse était finie, on le reconduisait au chœur où le clergé terminait la fête.

Après les vêpres et les complies, le préchantre de Sens conduisait dans les rues la bande joyeuse, précédée d'une énorme lanterne : on allait au grand théâtre dressé devant l'église ; on y représentait les farces les plus indécentes.

La fête était terminée par des seaux d'eau que l'on jetait sur la tête du préchantre. On rentrait pour les matines : quelques hommes nus recevaient plusieurs seaux d'eau sur le corps.

L’infanterie dijonnaise

Il y a peu de villes en France qui n'aient possédé, jusqu'à la fin du XVIIe siècle, et même jusqu'au milieu du XVIIIe, des sociétés ou confréries extravagantes connues sous les noms de cours des Sots ou des Fous, etc.

Une des plus célèbres était l'infanterie dijonnaise. Ses 500 membres s'assemblaient tous les ans au temps des vendanges et mangeaient tous ensemble. Puis, ils faisaient une promenade dans la ville, montés sur des chariots ou des chevaux, en haranguant le peuple et en faisant la satire des mœurs du siècle. Les sociétaires portaient des habits bigarrés de jaune, de rouge, de vert, un bonnet à deux pointes avec des sonnettes. Ils tenaient à la main des marottes. Leur chef électif, la Mère folle, s'avançait sur une haquenée blanche, ou dans un chariot magnifique. Elle avait une cour comme un souverain, une garde suisse, une garde à cheval, des officiers de justice, un chancelier, un écuyer, etc. Les jugements qu'elle rendait s'exécutaient nonobstant appel, qui se portait au parlement. L'infanterie, qui se composait de plus de 200 hommes, avait un guidon et un drapeau sur lesquels était peinte une femme assise, vêtue de trois couleurs, avec un chaperon à deux cornes et une infinité de petits fous qui sortaient de dessous ses jupons et des fentes de ses habits.

L’édit donné à Lyon le 21 juin 1630, supprima l'infanterie dijonnaise :
« Considérant aussi les plaintes qui nous ont été faites de la coutume scandaleuse observée en ladite ville de Dijon, d'une assemblée d'infanterie et mère folie, qui est vraiment une mère et pure folie, des désordres et débauches qu'elle a produits et produit encore contre les bonnes mœurs, repos et tranquillité de la ville, avec mauvais exemples. Voulant déraciner ce mal et empêcher qu'il ne renaisse si vite à l'avenir, nous avons, de notre pleine puissance et autorité royale, abrogé, révoqué et aboli, etc., ladite compagnie. Défendons à tous nos sujets de s'associer sous le nom d'infanterie ou Mère folie, ni faire ensemble festins à ce sujet, à peine d'être déclarés indignes de toutes charges de ville, dont dès à présent nous les avons déclarés indignes et incapables d'y être jamais appelés ; et, outre ce, à peine d'être punis comme perturbateurs du repos public. »

La même société existait sous le nom de Gaillardon dans d'autres villes de Bourgogne, à Châlons, par exemple, où elle fut supprimée vers le même temps.

A Rouen et à Evreux

A Rouen comme à Évreux, les fous reconnaissaient pour chef un abbé qu'ils élisaient annuellement sous le titre d'abbé des Coqueluchiers, plus tard sous celui d’abbé des Cornards ou Conards.

En 1540, le cortège de l'abbé des Cornards était composé de personnes richement vêtues et masquées, figurant divers personnages allégoriques, tels que l'Avarice, l'Infidélité, le Désespoir. Les acteurs jouaient publiquement l'Église, la justice, la noblesse, le pape, le roi, l’empereur. Ils récitaient des satires et se moquaient de toutes les institutions.

L'abbé, crosse et mitre, était traîné sur un char superbe au milieu d'un groupe de musiciens montés sur des chevaux ; d'autres chars le suivaient, et le cortège s'avançait en distribuant aux dames des dragées et en chantant des couplets.

La journée se terminait par des festins, des danses et des illuminations.

L'abbé des Cornards, qui visait les infortunes conjugales, exerçait sa redoutable royauté le jour de la Saint-Barnabé (11 juin).

Autres fêtes en France

A Bouchain (59), régnait un prévôt des Étourdis ; à Lille, un prince d'Amour, un roi de l’Epinette ; à Ham, un prince des Fous.

Valenciennes avait la fête du prince de l'Etrille ; Cambrai, celle du roi des Ribauds ; Arras, celle de l’abbé de Liesse ; Douai, la fête aux Ânes ; Auxonne (21), la Société des Ménétriers ; Avallon, le Pape gai ; Langres, la danse aux Sabots ; Dôle, le roi de la Pie ; Durenque (12), l’empereur des Gaillards ; Harfleur, la fête de la Scie ; Paris, les Enfants sans-souci, le régiment de la Calotte, la confrérie de Naloyau.

Abbé, évêque et pape des Fous


Plusieurs chapitres de France avaient leur abbé des Fous, dont les fonctions consistaient à signaler certaines inadvertances cléricales.
Rodez avait son « prieur de la malgouverne » dont le titre indique les abus qu'il était appelé à châtier ; Le Quesnoy, son « prieur du plat d'argent » ; Viviers (07), son « abbé du clergé » élu par les membres du bas chœur.

Le récipiendaire était porté sur les épaules de ses mandataires, dans une salle où tout le chapitre, y compris l'évêque, était rassemblé, et devait se lever à son arrivée. Une collation copieuse y était disposée. Lorsqu'elle avait mis en gaieté les assistants, ils se divisaient en deux bandes, le haut chœur d'un côté, le bas chœur de l'autre, et s'apostrophaient de chansons, de paroles et de lazzi, jusqu'à ce que la victoire restât, comme cela arrive souvent encore, à ceux qui criaient le plus fort et le plus longtemps.
Le jour de la Saint-Etienne paraissait un jeune clerc sous le titre d’évêque fort (« Episcopus stultus »).
Pendant les trois jours de Saint-Etienne, de Saint-Jean et des Innocents, il occupait le siège épiscopal, revêtu des ornements pontificaux, excepté que la mitre était remplacée par une sorte de bourrelet. A la fin de l'office, l'évêque, donnait sa bénédiction, suivie de grotesques indulgences.

La fête des Fous donnait lieu à des cérémonies extrêmement bizarres.
On élisait un évêque, et même, dans quelques églises, un pape des Fous.
Les prêtres étaient barbouillés de lie, masqués ou travestis de la manière la plus folle et la plus ridicule ; ils dansaient en entrant dans le chœur et y chantaient des chansons obscènes ; les diacres et les sous-diacres mangeaient des boudins et des saucisses sur l’autel devant le célébrant, jouaient sous ses yeux aux cartes et aux dés, mettaient dans l'encensoir des morceaux de vieilles savates pour lui en faire respirer l'odeur.
On les traînait ensuite tous par les rues dans des tombereaux pleins d'ordures où ils prenaient des postures lascives et faisaient des gestes impudiques.
Cette farce impie a eu différents noms, à cause de quelques cérémonies bizarres qui y furent ajoutées : fête des Sous-diacres (en fait des diacres saouls), fête des Cornards, fête des Innocents…

En 1444, la Faculté de théologie de Paris, à la requête de quelques évêques, écrivit une lettre à tous les prélats et chapitres pour condamner cette fête et l'abolir.
Cependant les actes des conciles qui furent publiés en 1460, selon d'autres en 1485, ne parlent encore que des abus qu'il fallait en retrancher : il est dit seulement que, pour éviter le scandale, tous ceux à qui il est prescrit d'assister à l'office de la Circoncision doivent être vêtus d'une manière convenable à leur dignité ecclésiastique, et chanter le plus mélodieusement qu'ils pourront, sans dissonance ; que chacun doit remplir son devoir avec décence, surtout dans l'église ; qu'aux vêpres on ne jettera sur le préchantre des fous que trois seaux d'eau au plus ; qu'on ne doit point conduire des hommes nus le lendemain de Noël ; mais qu'il faut seulement les mener au puits du cloître et ne jeter sur eux qu'un seau d'eau, sans leur faire du mal ; que tous les contrevenants encourront la peine de la suspense. Cependant il est permis aux fous de faire, hors de l'église, toutes les autres cérémonies d'usage, pourvu qu'il n'en arrive aucune injure ni aucun dommage à personne.
Malgré la censure de la Sorbonne, la fête des fous subsista donc encore longtemps.
Des actes du chapitre de Sens des années 1514 et 1517 donnent encore la permission de la célébrer ; elle ne cessa tout à fait qu’en 1547.

Dans ces fêtes, qu'on eût dit un souvenir des Saturnales, des Calendes ou des Lupercales, on se montrait quelquefois demi-nu ou couvert de peaux de cerfs, d'ours ou de loups, de costumes de femmes ou de baladins.
Les diacres dansaient dans l'église le jour de Noël, les sous-diacres à la Circoncision et les enfants de chœur à la Saint-Jean.
Il y avait certaines églises où les évêques et les archevêques jouaient aux dés, à la paume, à la boule et autres jeux, et dansaient avec leur clergé dans les monastères et dans les maisons épiscopales. Ces divertissements, où les rangs ecclésiastiques étaient confondus pour quelques heures, s'appelaient la « liberté de décembre ».
Les jeunes clercs, les sous-diacres officiaient publiquement et solennellement. Ils s'emparaient des hautes stalles et les chanoines descendaient au bas chœur.
La veille des Innocents, les jeunes clercs élisaient parmi eux un évêque, l'amenaient en triomphe dans l'église avec la mitre, la chape, les gants, la crosse et les autres ornements épiscopaux. Il donnait la bénédiction au peuple, après quoi on le conduisait en procession à travers la ville.

La procession du roi René, à Aix en Provence, avait de nombreux rapports avec la fête des fous.
Cette procession, instituée en 1462, mettait en scène, pêle-mêle, avec les personnages bibliques, les divinités mythologiques et les principales allégories païennes.

A Autun, pour la fête des Innocents (supprimée en 1695), on conduisait en cortège à l'abbaye de Saint-Martin, un enfant de chœur crossé et mitré qui contrefaisait l'évêque des Innocents, un chapelain représentant le roi Hérode et plusieurs autres suppôts de l'Église. Ils montaient sur un théâtre élevé à cet effet dans la nef et y représentaient le massacre des Innocents, le martyre de saint Sébastien ou quelque autre sujet de ce genre.

Les fêtes, désignées sous les divers noms de fête des Innocents, des Fous, des Sous-diacres, de l'Ane, etc., subsistèrent à Nancy jusqu'en 1445, à Châlons-sur-Marne jusqu'en 1583, à Provins jusqu'au XVIIe siècle, et, dans le Midi, jusqu'à l'apparition du protestantisme.

LE SAPIN DE NOEL


La symbolique du sapin, arbre toujours vert, signe de vitalité, est très ancienne.

Depuis des temps reculés, les branches de cet arbre ornaient les demeures au moment du solstice d'hiver. En fait le sapin de Noël rejoint les antiques traditions liées aux arbres ou aux feuillages.

En Suède, le sapin figure sur des gravures rupestres.

Des conifères enguirlandés évoquaient déjà la vie éternelle aux temps les plus reculés de la Chine et de l'Égypte.

Les anciens Égyptiens installaient une petite pyramide de bois, décorée et surmontée du disque solaire, pour fêter le solstice d'hiver, moment où naissait le fils d’Isis (pour eux l’année commençait au solstice d’été), d'où, peut-être, l'utilisation d'un sapin couronné en Europe médiévale.

Chez les Celtes, le sapin était l'arbre de l'enfantement. Ils associaient l’épicéa au solstice d’hiver à partir duquel le soleil renaît.
Dans certaines régions d’Europe, un bouc en paille tressée, garni de rubans rouges, le « julbock », était placé au pied de l'arbre. Il symbolisait la fécondité : le char de Thor, divinité associée à la vigueur physique, était tiré par des boucs.

L'étoile placée au sommet du sapin rappelle l'astre qu'ont suivi les Rois mages jusqu'à la crèche, tandis que la couronne de l'Avent, posée à sa base, évoque la couronne d'épine du Christ (elle porte du houx piquant aux boules d'un rouge censé rappeler le sang du Messie).

En 580, peu avant sa mort, l'évêque Martin de Braga, apôtre des Suèves de Galice, interdisait qu'on coupât des « verdures de Noël ».

Le sapin de Noël est une tradition qui viendrait des bords du Rhin et qui aurait débuté vers 700, peut-être à cause de la légende de saint Boniface (v. 675-754), surnommé l'« Apôtre de la Germanie », qui abattit un chêne (arbre sacré des païens) lequel épargna dans sa chute un petit sapin, appelé depuis « arbre de l’enfant Jésus ».

Burchard, évêque de Worms entre 1000 et 1025, interdisait que, pour Noël, on décorât les maisons avec de la verdure prise sur les arbres.

Au XIIe siècle, en Alsace, on décorait les maisons avec des branches coupées trois jours avant Noël.

Des documents décrivent une fête le 24 décembre 1510 à Riga en Lettonie : des marchands dansent autour d'un arbre décoré de roses artificielles avant de le brûler.
Le 24 décembre était le jour de la fête d’Adam et Ève, canonisés par l’Église orientale.

La première preuve écrite de l’érection d’un sapin de Noël en Alsace date de 1521.
Le sapin fut d’abord dressé sur la place publique. La veille de Noël, des spectacles se déroulaient devant les églises : on dansait autour de l'arbre de paradis, représenté par un sapin décoré de pommes. Puis le sapin fit son entrée dans les maisons.
Des coupes furent officiellement autorisées (en 1546, la ville de Sélestat en Alsace autorisa à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la Saint Thomas, le 21 décembre).
Les sapins étaient pendus au plafond (probablement pour que les enfants ou les rats ne mangent pas les gâteaux et les confiseries avant la fête). Ensuite, on prit l'habitude de placer le sapin dans un bac rempli de sable. Le sapin était secoué pour faire tomber les gâteaux et les petits jouets.

L'Allemagne adopta rapidement cette tradition que réprouvait l'Église catholique. Les premières boules qui décoraient les sapins pouvaient se manger, c'étaient les fameuses pommes d'amour. On trouvait aussi des noix peintes, des bonbons, des figurines de massepain.

En 1560, au moment de la Réforme, les protestants se refusèrent à représenter la Nativité par une crèche comme les catholiques. Ils préférèrent développer la tradition du sapin de Noël, arbre qui symbolise le paradis d'Adam et Eve et la connaissance du bien et du mal.

En France, l'arbre de Noël fut introduit à Versailles par Marie Leszcynska, femme de Louis XV en 1738.
La princesse de Mecklembourg fit décorer un arbre de Noël en 1837 aux Tuileries mais il faudra attendre la guerre de 1870 contre les Prussiens pour voir arriver les premiers sapins dans les campagnes.

Le sapin de Noël a été introduit en Angleterre en 1840 par Albert de Saxe-Cobourg, époux de la reine Victoria. La jeune reine et le roi placèrent un arbre de Noël au château de Windsor et le firent apprécier dans tout le pays.

Selon la légende, au début du XIXe siècle, une mauvaise récolte poussa un verrier de Strasbourg à pallier l'absence de fruits par des boules de verre multicolores. Produites en grande quantité en Allemagne dès 1830 sous le nom de « kugels », elles étaient censées éloigner du foyer les mauvais esprits.
Pour d’autres, la boule de Noël est née à Meisenthal (Moselle) en 1858.

En 1880, une grande chaîne de magasins vendit pour la première fois des décorations spécialement destinées à l'arbre de Noël.

En 1882, l'ampoule électrique commença à concurrencer les bougies et les guirlandes (Martin Luther est considéré comme étant le premier à avoir posé des bougies sur un sapin).

Jean-Paul II (pape de 1978 à 2005) « vaticanisa » les installations traditionnelles de l’arbre de Noël et de la crèche, pas toujours très bien vues par ses prédécesseurs.

LE FEUILLAGE DE NOEL

Pour fêter Noël, toute la famille décore la maison pour lui donner un air de fête : le vert et le rouge sont les couleurs traditionnelles de Noël.
La coutume de décorer la maison avec du feuillage est très ancienne.

Le romarin

Le romarin symbolise l'amitié. Il est réputé pour soigner l’épilepsie, le mal de tête, les hémorroïdes et la calvitie et pour donner une bonne mémoire. Il rendrait joyeux, pousserait à l’amour, attirerait succès et chance, protégerait de l’ivresse et fertiliserait les champs.

Le lierre

Le lierre symbolise l'affection et l’attachement amoureux. Il protégerait des mauvaises influences et des catastrophes. Porter des feuilles de lierre sur soi donnerait de la chance.

Le houx

Le houx est suspendu dans les maisons et au-dessus de la porte pour Noël. Toujours vert, il est signe de vie éternelle ; ses boules rouges sont censées porter chance et ses piquants éloigner les mauvais esprits. Les feuilles piquantes représentent la couronne du Christ et les drupes rouges, ses gouttes de sang.
Le houx était sacré chez les Celtes, en raison du caractère persistant de son feuillage, de sa vitalité et de ses vertus médicinales. Le houx peut vivre très vieux, jusqu'à trois cents ans.
Son bois, très dur, est employé surtout pour faire des manches d'outils. Les drupes, d'un rouge vif à la maturité, sont réputées émétiques (vomitives) et purgatives. Les feuilles ont été vantées comme diaphorétiques (sudorifiques) et fébrifuges.

Selon une légende, un arbuste de houx a dissimulé la Sainte Famille à la vue des soldats de Hérode qui avait ordonné le massacre des Innocents (une vingtaine d’enfants mâles de la région de Bethléem âgés de moins de deux ans ; cf. Evangile de Matthieu II, 16).
Hérode Ier le Grand (73 av. J.-C. – 4 av. J.-C.), roi de Judée en 37 av. J.-C. (tyran soutenu par les Romains), aventurier iduméen (d’Edom ou Idumée au sud de la Palestine), né de parents arabes (fils d’Antipatros procurateur de Judée en 47 av. J.-C.), non juif mais pratiquant le rite juif, épousa Mariamne, princesse de lignée hasmonéenne (dynastie des Maccabées) qu’il fit exécuter par la suite.
Il ordonna l’assassinat de son fils aîné et périt 5 jours après d’une maladie affreuse (peut-être phtiriasis) décrite par l’historien Joseph : « Une chaleur lente qui ne paraissait pas au-dehors le brûlait et le dévorait au-dedans. Il avait une faim si violente que rien ne suffisait pour le rassasier. Ses intestins étaient pleins d'ulcères ; de violentes coliques lui faisaient souffrir d'horribles douleurs. Ses pieds étaient enflés et livides. Les parties du corps que l'on cache avec le plus de soin étaient si corrompues que l'on en voyait sortir des vers ; il ne respirait qu'avec grand-peine et son haleine était si mauvaise qu'on ne pouvait approcher de lui ».
Comme il avait prévu que sa mort réjouirait le peuple, il avait décidé de faire égorger les principaux notables après son décès : l’ordre ne fut pas exécuté.

Le gui

Le gui a toujours joué un rôle très important dans la mythologie.
Le Troyen Enée ouvrit le chemin des enfers avec un rameau d'or qui n'était autre qu'une branche de gui, dont les feuilles vert pâle se dorent à la saison nouvelle (Virgile, « Enéide », chant VI).
Le rameau d'or est à rapprocher du rameau vert, symbole universel de régénérescence et d'immortalité.

La mythologie du gui était riche dans les pays celtiques et germaniques.
Le 6ème jour de la lune qui suivait le solstice d'hiver, les druides partaient en forêt cueillir la plante sacrée qui leur servirait toute l'année à préparer des « potions magiques » aux vertus médicinales.
"Chez nos Gaulois, le VIII Atenoux Riuri (4-5 janvier), avait lieu la cueillette du Gui sacré, “plante lunaire toujours verte dont Pline a popularisé le rituel”. (http://racines.traditions.free.fr/festes/festes.pdf)

Aujourd’hui encore, ce végétal est considéré comme une plante portant bonheur et chassant les démons.
La coutume veut, qu’après le réveillon, on s'embrasse sous le gui, plante censée protéger du mauvais sort, de la malchance, des maladies, des infidélités, mais aussi de la foudre et des incendies. Les nouveaux mariés gaulois s’embrassaient déjà sous un bouquet de gui censé rendre fécond.

Le chêne

Universellement considéré comme le symbole de la force et de la longévité, le chêne était aussi un arbre sacré (« chêne de Sichem », Josué 24,26) et oraculaire : dans les branches de ce temple végétal, Abraham entendit la voix de l'Éternel à Mambré.
Dans l'Ancien Testament, « chêne » et « térébinthe » sont souvent confondus.
La puissance du chêne est citée par Amos (2,9).
C'est dans la vallée du Térébinthe (ou du Chêne) que se déroula la bataille contre les Philistins au cours de laquelle David tua le géant Goliath (I Samuel 17,2).

Les druides célébraient leur culte, en plein air, devant un chêne rouvre élevé, arbre traditionnellement associé à la foudre, c'est-à-dire à la puissance du ciel.
Les Romains consacraient le chêne à Jupiter.

Le gland est réputé allonger la vie et atténuer les effets de la vieillesse.

LA BUCHE DE NOEL

La véritable bûche de Noël, c'est un énorme morceau de bois que l'on fait brûler à l’occasion de Noël.
Cette pratique, liée sans doute au solstice d'hiver, donc au culte solaire, remonte à une époque préchrétienne.
La bûche est choisie dans un bois très dur pour qu'elle brûle longtemps (du chêne généralement). On grave dessus des devises, des symboles ou des intentions.
Décorée de feuillages et de rubans, elle est posée dans la cheminée puis allumée, avec un morceau de la bûche brûlée l'année précédente, par le plus jeune et le plus âgé, après avoir été bénie par le chef de la famille avec de l'huile ou de l'eau-de-vie.
En Ariège notamment, on continue à faire « ronger » par le feu une bûche (choisie spécialement au cours de l’année) pendant les 8 jours qui précèdent Noël.
Le jour de Noël, elle est partagée en plusieurs morceaux calcinés qui sont répartis dans divers locaux où ils vont porter bonheur et, entre autres, protéger de la foudre.
Dans certaine régions, la bûche, évidée, contient les cadeaux.

En Bretagne, on disait que la bûche de Noël servait à réchauffer les morts qui descendaient sur la Terre cette nuit-là. Avant de partir pour la messe de minuit, les familles plaçaient des aliments sur la table afin que les morts puissent venir manger et boire pendant que les vivants étaient à la messe.

Aujourd’hui, les foyers consomment des bûches pâtissières, lesquelles, paradoxalement, sont souvent glacées.
En Provence, la bûche n’est qu’une douceur parmi les treize desserts symbolisant le Christ et ses apôtres.

LA GROTTE

Dans les cérémonies religieuses instituées par Zoroastre en l'honneur de Mithra, un antre représentait le monde.
Les Pythagoriciens, et après eux Platon, appelaient le monde un antre et une caverne.
Chez Empédocle, les forces qui conduisent les âmes disent : « Nous sommes venues sous cet antre couvert d'un toit » (Porphyre, De l'antre des Nymphes 6-9).
Plotin commente ce symbolisme en ces termes : « La caverne, chez Platon, comme l'antre chez Empédocle, signifie, me semble-t-il, notre monde, où la marche vers l'intelligence est pour l'âme la délivrance de ses liens et l'ascension hors de la caverne. » (Plotin, Ennéades IV, 8, 1).

Les « cavernes de pierre » de saint Jean de la Croix sont les mystères divins, qui ne peuvent être atteints que dans l'union mystique.

La caverne est un lieu de passage entre la terre et le ciel.
En Chine, les êtres célestes descendent dans les cavernes.

Jésus est né dans une grotte, d'où rayonne la lumière du Verbe et de la Rédemption. Il y fut aussi enseveli, pendant la descente aux Enfers, avant de s'élever vers le Ciel.

Ce rôle intermédiaire explique sans doute que le Purgatoire ait été, notamment dans les traditions celtiques, localisé dans des grottes, et que la caverne de Platon ne soit elle-même qu'une sorte de Purgatoire où la lumière n'est perçue que par reflet et les êtres que par leurs ombres, en attendant la conversion et l'ascension de l'âme vers la contemplation directe des idées.

Archétype de la matrice maternelle, la caverne figure dans les mythes d'origine, de renaissance et d'initiation de nombreux peuples.

La Vierge des catholiques est très souvent associée à une grotte ou à une crypte.
La grotte de l’Annonciation, où la tradition chrétienne a toujours vu une dépendance de la maison de la Vierge, se trouve à Nazareth sous l’église de l'Annonciation. C’est dans cette grotte que l’archange Gabriel aurait fait son annonce à Marie.

LA PAILLE

Depuis très longtemps, bien avant que l'on fêtât Noël, de nombreuses coutumes suédoises étaient liées à l'utilisation de la paille.
On répandait de la paille sur le sol pour chasser les mauvais esprits. On préparait les lits pour le cas où des morts reviendraient sur terre. La famille couchait par terre sur la paille.
Cette coutume se poursuivit avec l'apparition des fêtes de Noël, car on ne devait pas dormir plus confortablement que Jésus.

En Pologne, on place de la paille entre la table et la nappe avant de servir le repas du Réveillon, afin de se rappeler l'humble naissance de Jésus.
En signe d'humilité, le repas de la veille de Noël ne comporte pas de viande et on servira du poisson et des rouleaux au chou farcis de riz et de champignons.

LA CRECHE

Définition


La « crèche » (du latin « cripia »), c’est, littéralement, la mangeoire qui servit de berceau à Jésus après qu'il fut né dans une bergerie (une grotte selon le protévangile apocryphe de Jacques au IIe s.) près de Bethléem. Selon une légende, le bois de la mangeoire et celui de la croix proviennent du même arbre.

Dans cette crèche se trouvaient un âne et un boeuf, selon une tradition attestée dès le IVe siècle [sur un sarcophage du IVe siècle (musée du Latran), sont représentés un âne et un boeuf réchauffant l’Enfant, un berger s'approchant, les Mages s’avançant de l'autre côté et la Vierge assise sur un rocher (CASA info n°42 - Décembre 1993)] et consignée au VIe siècle dans l’évangile apocryphe du Pseudo-Matthieu dont le texte a été considéré comme authentique jusqu’au concile de Trente (1545-1563) :
« Or le troisième jour après la naissance du seigneur, Marie sortit de la grotte et elle entra dans une étable et elle déposa l'enfant dans la crèche et le boeuf et l'âne l'adorèrent. Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète Isaïe (1,3) : « Le boeuf a connu son maître et l'âne, la crèche de son Seigneur : Israël ne connaît rien, Mon peuple n'a point d'intelligence ». Alors s'accomplit ce qui avait été dit par la bouche du prophète Habacuc : « Tu te manifesteras au milieu de deux animaux. »
Selon certaines légendes, durant les douze coups de minuit de la nuit de Noël, les animaux peuvent parler et se mettent même à genoux...

La tradition place un troisième personnage dans la crèche : la dévouée Abigaël (ou Abigaëlle), ou encore Abigaïl (de l’hébreu « Abigayil » : mon père exulte), servante à Bethléem, qui aurait pris soin de la Mère et de l’Enfant.

Selon les « Upanishad » (1-14), textes brahmaniques du Ve siècle av. J.-C., Agni, comme Jésus, naquit d’une mère vierge, Maya ; son père terrestre, Twastri, était charpentier.
La naissance, précédée par l’apparition d’une grande étoile (Savanagraha) eut lieu dans une grotte, entre la vache mystique et l’âne porteur du soma, le breuvage d’immortalité.
Agni (Ignis pour les Romains) était le dieu du feu sacrificiel et domestique de l'Inde brahmanique ancienne. Feu de la vie mais aussi feu du sacrifice, il était le lien entre les dieux et les hommes. Agni signifie aussi « 3 » parce que les védas (textes les plus anciens de l'Inde) mentionnent 3 feux rituels.
Cette divinité des temps védiques aurait été importée en Inde par les Aryens, envahisseurs indo-européens, venus du Caucase (1500 à 800 av. J.-C.)

La grande divinité féminine celtique qui a noms Dana ou Ana ou Brigitte (Brigantia chez les Gaulois), possède à la fois les aspects de la vierge et de la mère. Après chaque naissance, la mère redevient vierge (Marie, par contre, est toujours vierge : « Aieiparthenos »).
Les Vierges Noires, adorées jadis dans les cryptes et dont la couleur symbolise la terre fertile, rappellent les déesses de la Terre et de la fécondité vénérées autrefois dans des cavernes : Gaïa, Cybèle la Grande Mère (Magna Mater), Déméter, Isis, etc. Marie conserve, en les transcendant, toutes leurs caractéristiques, à la fois de création cosmique et de bonté universelle.

Historique

Dès le IIIe siècle, les chrétiens vénéraient une crèche dans une grotte de Bethléem, supposée être le véritable lieu de la Nativité.

La première représentation de la crèche connue est une peinture murale retrouvée à Rome et datant du IVe siècle.

La première crèche vivante fut organisée par saint François d'Assise à Greccio, petit village des Abruzzes, pour la messe de minuit du 24 décembre 1223.

Ce n'est qu'à partir du XVIème siècle que s'imposa la tradition d'une crèche en trois dimensions construite à l'intérieur des églises, avec des personnages de cire, ou sur le parvis, où furent installées les premières crèches vivantes.

Les Jésuites réalisèrent des crèches d'église, faites de petits personnages de plâtre, notamment celle de Prague, en 1562, qui figure parmi les plus anciennes connues.

Le concile de Trente, en redéfinissant le cérémonial des fêtes de Noël, n'oublia pas de mentionner la crèche, bien qu'elle fût placée hors de la liturgie. De là, l'art de la crèche se répandit de l'Italie à toute l'Europe.

Les recueils de Noël s'étaient multipliés à la fin du XVIe siècle. On y trouvait, à côté des chants de Noël, des petites scènes faisant dialoguer plusieurs personnages, et dans lesquelles les bergers avaient un rôle important. On les appelait des pastorales. Là se trouve certainement l'origine des crèches pastorales qui détrônèrent les crèches de théâtre populaire.
Les artisans de la ville ou de la campagne étaient représentés, évoluant dans leur décor naturel.
La plus célèbre pastorale a été écrite en 1844 en langue provençale par Antoine Maurel ; elle est encore jouée aujourd'hui.

Progressivement les crèches entrèrent dans les maisons sous la forme d'une vitrine peuplée de petites figurines de verre filé de Nevers ou de porcelaine (chez les plus riches), de cire, de mie de pain ou de bois sculpté.
Riches et élégantes, elles étaient très demandées dans toute l'Europe au XVIIIe jusqu'au milieu du XIXe siècle. Le raffinement atteignit son apogée avec les crèches napolitaines dans lesquels tous les personnages sont richement ornés.

Le XVIIIe siècle marqua l'essor des santons de Provence, dont la production se concentra autour de Marseille et d'Aix-en-Provence.
Les santonniers se transmettaient de père en fils leur art populaire dans le respect des traditions. Le matériau utilisé était l'argile locale de Marseille ou d'Aubagne, de couleur rouge (Marseille est capitale santonnière depuis 1803).
Des crèches du monde entier sont exposées chaque année à Aubagne.

La crèche bisontine est une crèche de marionnettes qui a pris son essor en France, peu avant la Révolution.
A cette époque, un marionnettiste de Besançon eut l'idée d'ajouter à ses personnages traditionnels de la crèche, des personnages types de la société locale ; ce qui donna au spectacle un caractère de critique sociale. Ce genre de crèche fut interdit pendant la Révolution.
La crèche bisontine perdit progressivement son caractère de critique pour devenir un spectacle pour enfants à la fin du XIXe siècle. En 1865, l'abbé Bailly fixa le texte qui était transmis oralement. La crèche bisontine est encore jouée de nos jours.

L’interdiction, faite pendant la Révolution française, de présenter en public des scènes religieuses, favorisa le développement des crèches domestiques et le commerce des petits personnages parmi lesquels des bergères aux joues roses en costume du XVIIIe siècle.
Puis, au fur et à mesure, les crèches s'inspirèrent de la vie locale. Dans un style naïf, les artisans évoquèrent des personnages typiques de la région ou du village ou des défunts de la famille.
En France, les crèches ne rencontrèrent guère de succès qu'à partir du XIXe siècle.

La tradition des crèches s'est développée dans le monde entier : crèches africaines en bois, asiatiques avec un petit Jésus aux yeux bridés, certaines sont même en argent (Roumanie).
En Amérique Latine, on compte autant de crèches que de villages. Elles sont en bois, en terre cuite, en pâte à sel ou même en sucre.

Jean-Paul II « vaticanisa » les installations traditionnelles de la crèche et de l’arbre de Noël, pas toujours très bien vues par ses prédécesseurs.
Le dimanche 12 décembre 2004, à l'occasion de la prière dominicale de l'angélus, Jean-Paul II défendit la tradition des crèches de Noël : « La crèche constitue une représentation familière et très expressive de Noël. C'est un élément de notre culture et de l'art, mais avant tout un signe de foi en Dieu ».
Du haut de la fenêtre de ses appartements, il donna, comme chaque année, sa bénédiction aux « bambinelli », ces figurines représentant l'Enfant-Jésus dans son berceau qui seront placées dans les paroisses romaines ou dans les maisons.
Le 13 décembre 2009, troisième dimanche de l'Avent, lors de l'Angelus, Benoît XVI bénit les figurines de l'Enfant-Jésus destinées aux crèches : " Je me réjouis de savoir que dans vos familles, on continue de faire la crèche. Mais il ne suffit pas de répéter seulement un geste traditionnel tout important qu'il soit. Il faut chercher à vivre dans votre quotidien ce que la crèche représente, c'est-à dire l'amour du Christ, son humilité et sa pauvreté... "


L’ETOILE DE BETHLEEM

L’astre des rois


« Voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient… » (…) « ils se mirent en route ; et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à l’Orient, avançait devant eux jusqu’à ce qu’il vint s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. A la vue de l’astre, ils éprouvèrent une très grande joie » (Matthieu 2, 1-10)

L’étoile « Regulus » (le petit roi), « Basilikos » en grec, dans la constellation du Lion, permettait aux astrologues perses, de déterminer la naissance des rois.

Hypothèses

- apparitions de comètes : comète de Halley en 12 av. J.-C. ; comète dans le Capricorne en 6 av. J.-C. ;

- apparition soudaine, en mars ou avril de l’an 5 av. J.-C., de la nova de l’Aigle, l’étoile variable DO AQL, qui reste immobile et parfaitement visible à l’aube pendant 70 jours, notée par les astronomes chinois ;

- conjonctions de planètes : Vénus devant Jupiter le 17 juin de l’an 2 av. J.-C. ; conjonction Jupiter-Saturne à trois reprises dans la constellation des Poissons en l'an 7 av. J.- C. (attestée par une tablette babylonienne) avec alignement parfait Soleil-Terre-Jupiter-Saturne le 15 septembre (date de naissance de Jésus ?)

Cette « étoile » reste mystérieuse puisque la date de la naissance de Jésus ne peut être déterminée en raison du manque de concordance et de précision entre les données des évangiles et les événements historiques.

Pentagramme ou hexagramme ?

Et si ce signe de l'Etoile n’était que purement symbolique ?
Serait-ce l’étoile à 5 branches (représentant habituellement l’astre des mages), le pentacle ou pentagramme, le « pentalpha » des pythagoriciens, l’« étoile flamboyante » des hermétistes et des francs-maçons, symbole de l’accomplissement, de la totalité et de la perfection, le « Sceau de Salomon » que ce dernier aurait porté sur son anneau magique ?
Ou s’agirait-il de l’étoile à 6 branches, l’hexagramme, l’étoile juive, le « Bouclier de David » (Maguen David) figurant sur les bouclier des soldats du roi David, ou le « Bouclier de Mikael » des kabbalistes, symbole macrocosmique très ancien qui apparaît dans les écrits et les rituels des mages de l’Orient ?

La Pinata

La Pinata est une tradition du Noël mexicain qui se déroule du 16 au 24 décembre.
La pinata est une étoile multicolore à 7 ou 9 branches de 1 mètre de diamètre qui libère bonbons et fruits quand on la brise. La pinata à 7 pointes fait référence aux 7 péchés capitaux, celle à 9 pointes aux 9 mois de grossesse de Marie.
La première Pinata s'est déroulée dans le monastère des Augustins, non loin des célèbres pyramides de Teotihuacan, en 1587, lorsque coïncidèrent les dates des célébrations de Huitzilopochtli, dieu aztèque de la guerre, et de Noël. Les religieux espagnols brandissaient un objet représentant le diable et ses tentations ; les indigènes étaient invités à se défaire du mal en brisant la pinata, les yeux bandés, témoignage de leur foi aveugle en la religion.

Citations

Nous avons vu se lever son étoile (Matthieu 2,2)
Moi, je suis le rejeton et de la race de David, l’étoile brillante du matin (Apocalypse 22,16)
Qui se lève dans vos cœurs (II Pierre 1,19).
Celui qui est la vraie lumière et qui illumine tout homme en venant dans le monde (Jean 1,9)
Pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice brillera avec le salut dans ses rayons (Malachie 3,20)
Je vois, mais non pour maintenant ; je l’aperçois, mais non de près : un astre de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d’Israël (Nombres 24, 16-17)

LES MAGES ET L’EPIPHANIE

Les Mages


Les Mages [du vieux perse « magu » (prêtre), d'un radical indo-européen « mag » (grand)] sont des prêtres de la religion mazdéenne réformée par le prophète Zarathushtra ou Zoroastre (vers 600 av. J.-C.) notait Rabelais en 1546.
Pour Hérodote, c’était le nom des membres d’une tribu mède qui avait l’exclusivité du pouvoir sacerdotal (la tribu des Mages aurait été une des premières à se convertir à la religion prêchée par Zarathushtra).
Vêtus de robes blanches, coiffés d'une tiare et tenant un rameau, ces prêtres pratiquaient un rituel de libation, versant du lait, de l'huile et du miel dans le feu au rythme de récitations d'hymnes et de prières. Leur religion avait emprunté des éléments à Babylone, tels que l'astrologie, la démonologie et la magie (le mot est employé par Platon).

Étymologiquement, la magie désigne l’art des Mages, caste sacerdotale des Mèdes, qui cultivaient l’astrologie et autres sciences ésotériques. A noter que, paradoxalement, Zarathushtra, dans ses « Gâthâs », maudit la sorcellerie et l’astrologie.

A la fin du Ve siècle av. J.-C., les Maguséens, mages d'Asie Mineure, qui fusionnèrent le mazdéisme perse et l'astrologie babylonienne, introduisirent dans le monde grec un culte des astres.

Premiers à être informés de la naissance de Jésus et à lui rendre hommage, les bergers et les Mages tiennent une place capitale dans la spiritualité de Noël, car leur visite revêt une dimension universelle : les bergers représentent les humbles et les mages le pouvoir. Jésus est ainsi reconnu par les pauvres comme par les puissants. Les bergers apprirent par un ange du Seigneur la naissance du Sauveur. Ils se rendirent à Bethléem pour adorer le nouveau-né et s'en retournèrent en annonçant partout la venue sur Terre du Messie.

Les Mages, venus d’Orient, probablement de cette Chaldée d’où partit Abraham, furent conduits à Bethléem par un signe astronomique qui, pour eux, annonçait la naissance d'un personnage illustre.
« En Iran oriental des Mages astrologues se recueillaient chaque année sur une montagne pour y guetter durant trois jours l'étoile du grand roi » (Paul du Breuil, Histoire de la Religion et de la Philosophie Zoroastriennes).
Écrit en Orient au VIème siècle, le « Livre de la caverne des trésors » rapporte que, selon une prophétie, de l’or, de l’encens et de la myrrhe, avaient été déposés par Adam en Perse, sur le mont « Nud » (paradis), afin d’être apportés au Messie quand sa venue serait annoncée par un astre extraordinaire. De génération en génération, 12 mages guettaient ce signe du ciel en montant tous les ans sur la montagne.
« Zoroastre, étant assis près de la source d'eau vive, ouvrit la bouche et parla ainsi à ses disciples : « Écoutez, que je vous révèle le mystère prodigieux concernant le Grand Roi qui doit venir dans le monde. En effet, à la fin des temps, un enfant sera conçu et formé avec tous ses membres dans le sein d'une vierge, sans que l'homme l'ait approché. Il sera pareil à un arbre à la belle ramure et chargé de fruits, se dressant sur un sol aride. Les habitants de cette terre s'opposeront à sa croissance et s'efforceront de le déraciner du sol, mais ils ne pourront point. Alors ils se saisiront de lui et le tueront sur le gibet. La terre et le ciel porteront le deuil de sa mort violente et toutes les familles des peuples pleureront. Il ouvrira la descente vers la profondeur de la terre, et de la profondeur il montera vers le haut. Alors, on le verra venir avec l'armée de la lumière, porté sur les blanches nuées; car il sera l'enfant conçue de la Parole génératrice de toutes choses. Quand se manifestera le début de son avènement, de grands prodiges apparaîtront dans le ciel. On verra une étoile brillante au milieu du ciel, sa lumière l'emportera sur celle du soleil. Or donc mes fils, gardez le mystère que je vous ai révélé, qu'il soit écrit en votre cœur et conservé dans le trésor de vos âmes. Et quand se lèvera l'astre dont j'ai parlé, que des courriers soient envoyés par vous, chargé de présents, pour l'adorer et lui faire offrande. Ne le négligez pas, car il est le Roi des rois, et c'est de lui que tous reçoivent la couronne. » (Zend-Avesta, bible mazdéenne attribué à Zoroastre).
L'Evangile de l'Enfance (apocryphe), un texte arabe de source syriaque, affirme : « Des Mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem, selon ce que Zoroastre avait prédit ».
" Une fois, c'était le jour de la naissance du Seigneur, pendant qu'ils (les Mages) étaient là, vint vers eux sur la montagne une étoile singulière : elle avait la forme d'un magnifique enfant, sur la tête duquel brillait une croix, et elle adressa ces paroles aux Mages : « Hâtez-vous d'aller dans la terre de Juda, vous chercherez un roi nouveau-né, et vous l'y trouverez » (Jacques de Varazze ou de Voragine 1230-1298, La légende dorée).
Arrivés à Jérusalem, les Mages demandèrent au tétrarque de Galilée et de Judée, Hérode, de plus amples informations. Celui-ci les invita à revenir le voir dès qu'ils auraient trouvé l'enfant, afin qu'il allât lui présenter ses hommages. Ses intentions étaient bien différentes : il désirait éliminer l'enfant, qui représentait un péril pour lui. Les voyageurs, toujours guidés par l'étoile, arrivèrent auprès de Jésus, devant lequel ils se prosternèrent.
Dans de nombreux villages, on allume encore les « feux des Rois » rappelant ceux qui, dit la légende, brûlèrent cette nuit-là à Bethléem pour cacher l'Étoile au roi Hérode.
Les Mages regagnèrent ensuite leur pays, instruits par un songe de ne pas retourner chez Hérode, pour que le Messie gardât la vie sauve. S'apercevant de la trahison des mages, Hérode ordonna la mise à mort de tous les nouveau-nés masculins : Jésus échappa au massacre, car Joseph avait emmené sa famille en Égypte.

Le nouveau testament (Matthieu 2) n’indique pas le nombre de Mages qui, selon les traditions, se situe entre 2 et 12 (« Opus imperfectum in Matthaeum », VIe s.).
Le chiffre symbolique de 3 (à cause des 3 offrandes et du triple aspect de la personne de Jésus à la fois roi, prêtre et prophète), d’abord fixé par Origène (+ 254, in Homélies sur la Genèse XXVI, 28), a été adopté vers 450 par saint Léon Ier le Grand.

Au VIe siècle, la traduction latine d'une chronique grecque rédigée par un anonyme (Excerpta latini barbari), leur donne les noms de Bithisarea, Melichior et Gathaspa.
A la même époque, l' « Évangile arménien de l'Enfance » (apocryphe) les nomme : Gaspard (roi des Indes, il offre encens et cannelle) ; Balthazar (roi d'Arabie, il offre or, argent et perles) et Melkon (roi de Perse, il offre pourpre, lin et mousseline). Une légende arménienne précise qu'ils étaient frères. Ce pourrait être un rappel des 3 fils de Noé, Sem, Cham et Japhet, ces pères de l'humanité postdiluvienne...
« Beltshatsar », nom akkadien, signifie « Dieu protège la vie du roi » (c’est aussi le surnom du prophète Daniel) ; Melkon et Melchior viennent de l’araméen « melek » (roi) et Gaspard du sanscrit « gath aspar » (celui qui vient voir).
Jacques de Voragine (1228-1298) précise dans « La Légende Dorée » : « Leur nom latin c'est Appellius, Amerius, Damascus ; en hébreu on les nomme Galgalat, Malgalat et Sarathin ; en grec, Caspar, Balthasar, Melchior. »

Bède le Vénérable (673-735), moine bénédictin anglais, les décrit vers 700 : « Le premier s’appelait Melchior ; c’était un vieillard à cheveux blancs et à la barbe longue ; il offrit de l’or au Seigneur pour reconnaître sa royauté. Le second Gaspard, jeune encore, imberbe et rouge de peau, lui offrit de l’encens pour reconnaître sa divinité. Quant au troisième, de visage noir et portant également toute sa barbe, il avait nom Balthazar ; il présenta de la myrrhe, sachant que Jésus, Fils de Dieu, était aussi fils de l’homme et que comme tel il devait mourir pour notre salut » (in La Crèche, 43).
Autre version : Melchior, vêtu de vert, apporte la myrrhe et incarne l'Europe ; Gaspard, en bleu, offre l'encens et symbolise l'Afrique ; Balthazar, en rouge, remet en présent de l'or et représente l'Asie.
Autre représentation : Melchior, à genoux, porte un habit bleu ; Balthazar, vêtu de rouge, lève un doigt vers l'étoile ; Gaspard est un noir vêtu d’une robe orangée ou blanche.
Autre version (abbé Julio) : « Gaspard fert myrrham, thus Melchior et Balthazar aurum. » (Gaspard offre la myrrhe, Melchior l'encens et Balthazar l'or).
Autre version (la plus proche de Bède) : Gaspard, le plus jeune, est jaune ; Melchior, le plus âgé, blanc, et Balthazar noir.

A noter que, sur la mosaïque de Saint-Apollinaire de Ravenne, remontant vers 500 au temps du roi ostrogoth Théodoric, les Mages, dont c’est la première représentation, sont blancs. Ils portent une tunique courte serrée à la taille et des pantalons collants. Ils sont coiffés du bonnet phrygien, caractéristique des prêtres de Mithra. Leurs noms sont écrits au-dessus d'eux : Gaspar, Melchior et Balthassar.

Les Mages ne sont représentés avec une couronne qu'à partir du Xe siècle.

Selon saint Bernard (1090-1153) : « Ils offrirent de l’or à la sainte Vierge pour soulager sa détresse, de l’encens, pour chasser la puanteur de l’étable, de la myrrhe pour fortifier les membres de l’enfant et pour expulser de hideux insectes. »

En 1893, ils sont appelés Rois Mages et représentent les potentats de toute la Terre, prosternés devant Jésus, le roi des rois, fils de Dieu et fils d’homme.

Les Mages seraient morts en Perse (Marco Polo dit avoir vu leur tombe) après avoir été baptisés par saint Thomas.

En 614, les envahisseurs perses furent frappés par la représentation des Mages sur le fronton de la basilique de la Nativité à Bethléem : leur costume leur rappela celui de leurs ancêtres et ils épargnèrent la ville.

En 1164, Rainald (Renaud) de Dassel, archevêque de Cologne et chancelier de l’Empire, ramena en grande pompe à Cologne les reliques des Rois Mages que lui avait confiées Frédéric Ier après la chute de Milan. Recueillies par sainte Hélène (+ 329), elles avaient d’abord été vénérées à Constantinople ; ensuite, saint Eustorge avait dû les transférer à Milan (on ne sait qui, de Milan ou de Cologne, garde le meilleur des restes des mages).

Le prêtre carme Johan von Hildesheim (v.1315-1375) a écrit l'Histoire des Rois Mages : Historia Trium regum. Il parle d'un "Royaume du prêtre Jean" où se trouvent les tombeaux de ces illustres personnages et indique que ce prêtre Jean est le descendant de l'un d'eux.


L’Epiphanie

L’Epiphanie (du grec « epiphaneia » : manifestation, apparition), d’origine orientale, est fêtée le 6 janvier par les Églises anglicane, orientale et catholique. La date du 6 janvier correspondait à la fête du dieu Dionysos et à la célébration de la naissance de l'enfant de la déesse Isis.
En France et en Belgique, cette fête est célébrée le deuxième dimanche après Noël. En Espagne, la célébration de l'Épiphanie est particulièrement importante : le jour est férié.

En Orient, l’Epiphanie commémore la Nativité de Jésus, son adoration par les mages, son baptême et son premier miracle aux noces de Cana.
Dans les Églises occidentales, elle célèbre la manifestation faite aux païens de la messianité de Jésus-Christ à travers l’adoration des Mages ; c’est donc aussi la « Fête des Rois » (XIVe s.) ou le « Jour des Rois » (1564).

En Allemagne et en Autriche, le Jour des Rois, des enfants, déguisés en mages, groupés par trois, entonnent dans les rues de vieux chants populaires et sonnent aux portes pour réclamer une friandise ou une offrande. Ces enfants remercient en inscrivant à la craie, sur les portes, les initiales des Mages C+M+B (« C » représentant « Caspar », nom allemand de Gaspard) en y ajoutant le millésime de l’année, formule censée protéger les habitants du malheur.

En Italie, le 6 janvier, une vieille femme, la Befana (déformation d’Epiphania), apporte bonbons et petits cadeaux aux enfants sages et des morceaux de charbon aux autres. Selon la légende, elle a été avertie de la naissance de Jésus par les mages qui l'invitèrent à les accompagner mais elle arriva trop tard.

Dans son ouvrage « Sur l’incarnation du Logos », saint Athanase écrivait, vers 318, que « le Logos (la Parole ou le Verbe, ndlr) est devenu homme afin que les hommes deviennent dieux. Le péché avait voué les hommes à une corruption dont l’aboutissement était la mort. En prenant une chair, le Logos a récapitulé en lui l’humanité tout entière et l’a revêtue de sa propre incorruptibilité. » Le baptême permet à tout homme de participer à cette divinisation.
Le Logos, Loi de l'Être dans la philosophie de Héraclite, est Dieu, source des Idées, chez Platon. Chez les stoïciens, le logos est sort, raison ; chez les néo-platoniciens, c’est un des aspects de la divinité.
« La Parole était Dieu » (Jean 1,1) ) « En elle était la vie et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1,4) « La Parole s’est fait chair et elle a habité parmi nous » (Jean 1,14)

Galette et fève

L’usage de « faire les Rois » (1680) ou de « tirer les Rois » (1870) à l’Epiphanie nous ramène aux Saturnales déjà évoquées et au cours desquelles le « roi » du festin était élu au moyen d'une fève.
Un culte solaire préchrétien paraît être à l’origine de la galette (ronde et dorée comme le disque solaire) dont on faisait tirer les parts (l’une d’elles contenait une fève) par un enfant (dit « le Petit Roi ou l'Enfant Soleil ») caché sous la table. En Normandie on s’adressait à l'enfant en l'appelant « Phoebe Domine » : Seigneur Phoebus (autre nom d’Apollon, dieu de la lumière).
La fève symbolisait l’embryon, la fécondité, la réincarnation, la renaissance.

On remplaçait parfois la fève par un bébé (un baigneur) ou un petit poisson.
Principe de vie et d'abondance de l'élément « Eau », le poisson fut l'emblème des premiers chrétiens qui utilisèrent le mot « ichthus » (grec ancien) comme idéogramme (les initiales donnant : Iesu Christos Theou Uios Sôter « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur ») que l'on peut remarquer dans des inscriptions funéraires.
Il figurait parfois l'eucharistie : le Christ ressuscité en avait mangé (Luc 24,42).
Il faisait aussi allusion au baptême : le chrétien était comparé à un petit poisson (Tertullien, « Traité du Baptême »)
Trois poissons formant une boucle sans fin ou un poisson n’ayant qu’une seule tête pour trois corps, symbolisaient la Trinité.
La mitre, que le pape et les évêques portent sur la tête lors des cérémonies religieuses, a la forme d'une tête de poisson (3 000 ans avant l’ère chrétienne, les prêtres sumériens d’En-Ki étaient coiffés de la mitre du dieu-poisson de la médecine et de la magie).
Origène conseillait aux chrétiens de porter sur un anneau l’image d’un poisson, d’une ancre ou d’une colombe.

Les fèves étaient offertes rituellement à l’occasion des labours ou des mariages. Elles étaient employées également dans le culte des morts qui retransmettaient à travers elles leur fécondité aux vivants.
Les Égyptiens considéraient la fève comme un don des dieux ; les défunts attendaient leur réincarnation dans un champ de fèves.
Les Romains votaient avec des fèves blanches ou noires.
En Angleterre, comme en Bourgogne, on formait un couple « d'occasion » en mettant dans la galette une fève et un petit pois.
Quant aux chanoines de Besançon, ils élisaient jadis leur supérieur en cachant une pièce d’argent dans un pain.

La première fève en porcelaine apparut vers 1870. Les fèves artificielles représentaient à l’origine la Nativité et les personnages de la crèche. La fève est devenue un véritable objet de collection et les fabophiles parcourent les marchés aux fèves à la recherche d’objets rares.

La première part de galette était la « part du pauvre », la « part de Dieu et de la Vierge » et elle était désignée par le plus jeune enfant de la famille. Il y avait aussi la « part des absents » (le fils aux armées, le parent sur un vaisseau du roi, le pêcheur en mer). La part était rangée dans la huche jusqu'à leur retour. Si elle se gardait longtemps, sans s'émietter et sans moisir, c'était un bon présage.

En Basse Bretagne, c'était un pauvre, tirant un cheval orné de buis et de laurier, qui s'arrêtait de porte en porte pour recueillir la part des pauvres.

Les Bretons croyaient que les tisons du feu de la Saint-Jean, placés près de leur lit, entre un buis béni le dimanche des Rameaux et un morceau de gâteau des Rois, les préservaient du tonnerre.

En Franche-Comté, les enfants se déguisaient en roi mage et portaient une ceinture dorée sur une chemise constellée d'étoiles. Ils allaient de porte en porte en chantant et en agitant des sonnettes pour réclamer leur part de galette (la galette de goumeau bisontine, appelée aussi « papet », qui peut peser jusqu'à 150 kilos).

En Allemagne, au XVIIe siècle, des boulangers écrivirent une supplique au pape pour faire tomber l'interdiction d'utiliser du beurre dans la pâtisserie et boulangerie de Noël.

En France, l'arrêt du Parlement de 1713 interdit l'usage des œufs, même pour seulement dorer le pain.

Quand vint la Révolution de 1789, la « fête des rois » tomba comme un couperet : plus question de couronne. On la transforma en « fête du bon voisinage » et le gâteau devint celui de l’Egalité. On continua à tirer la fève au sort pour savoir qui offrirait la galette. Le président de la République partage chaque année la galette, mais on se garde bien d’y placer une fève afin de ne pas le transformer en roi.

En Espagne et en Italie, le « Jour des Trois Rois », on partage un pain en forme de couronne contenant une pièce d’argent ou un haricot.

En Italie, on confectionne des biscuits, les « befaninis », en l’honneur de la vieille Befana qui apporte les cadeaux.

Au Mexique, la rosca de los Reyes contient un petit Jésus ou une fève : l’élu devra inviter tout le monde pour la Chandeleur.

Citations

Et toi, Bethléem Ephrata ; Petite entre les milliers de Juda ; De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël ; Et dont l'origine remonte aux temps anciens ; Aux jours de l'éternité. (Michée 5,1-2)
Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera un soleil de justice, et la guérison sera dans ses rayons ; vous sortirez et vous bondirez comme des veaux d'étable. (Malachie 3,20)
Lève-toi, et resplendis ! Car ta lumière paraît, et la gloire de Yahweh s'est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et une sombre obscurité les peuples ; mais sur toi Yahweh se lève, et sa gloire se manifeste sur toi. Les nations marchent vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton lever. (Isaïe 60,1-3)
Les rois de Tarsis et des îles apporteront des présents, les rois de Saba et de Seba feront leur offrande. Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. (Psaume 72, 10-11)
Aujourd'hui la Vierge met au monde l'être supra-substantiel, et la terre offre une grotte à l'Inaccessible. Les anges avec les bergers chantent sa gloire, les mages avec l'étoile vont leur chemin : car c'est pour nous qu'est né, petit enfant, le Dieu d'avant les siècles. Bethléem a rouvert l'Eden, allons voir. Nous avons trouvé les délices en un lieu caché, allons reprendre dans la grotte les biens du Paradis. Là est apparue la racine qu'on n'a pas arrosée, d'où a fleuri le pardon. Là s'est retrouvé le puits qu'on n'a pas creusé, où David jadis eut envie de boire. Là une vierge, par son enfant, a étanché aussitôt la soif d'Adam et la soif de David. Hâtons-nous donc vers ce lieu où est né, petit enfant, le Dieu d'avant les siècles. (Romanos le Mélode + 555, « 1er hymne de la Nativité »)
Marie est "Mère de Dieu" : voilà son premier titre de gloire, celui qui englobe tous les autres. On n'en saurait imaginer de plus sublime. Tous les autres ne seraient rien par rapport à celui-ci, même si leur nombre dépassait celui des étoiles du ciel et des grains de sable de la mer. (Luther +1546, Commentaire du Magnificat)
Les coutumes, ou pour mieux dire les inepties, dont nous avons barbouillé la face de l'Epiphanie et déshonoré la majesté du jour des Rois, ne furent jamais de l'esprit et de l'invention de la sainte Église. Faire un roi de gâteau ; le tirer au sort d'une fève ; lui faire prendre possession de son trône et de sa royauté par un verre de vin qu'il boit en spectacle et en cérémonie, aux cris du roi boit ; un roi qui n'est fait que pour la table, pour s'enivrer souvent et pour enivrer les autres, qui lui servent de courtisans et de sujets ; je dis que tout cela ressent l'esprit de Satan, qui préside à la fête, sous le nom et l'invocation de quelque idole. Que ce soit, messieurs, sous l'invocation de Phoebus ou de qui vous voudrez, il ne m'importe ; car j'apprends qu'il y a des raffinés qui prétendent que je me suis trompé au précédent discours; que j'ai parlé comme le vulgaire, en disant : « Phoebe domine », au lieu qu’il faut dire, à leur avis, plus correctement : « Fabae domine ». Prenez-le comme il vous plaira, vous ferez et vous faites, en toute manière, une cérémonie païenne. Dire : « Phoebe domine », cela signifie : seigneur Phébus, et c'est invoquer le soleil par son nom. Dire : « Fabae domine », cela signifie : dieu ou seigneur de la fève, viens ici à la bénédiction et à la distribution de ce gâteau ; viens, dieu de la fève, présider au sort que nous en voulons tirer pour en faire un roi de notre table, qui nous fasse bien crier et bien boire ; car c'est là où se terminera son règne... Dites-nous donc, je vous en prie, si vous êtes de ces Égyptiens desquels il est parlé au banquet de Plutarque, qui adoraient la fève comme une grande divinité ; car nous savons que ces misérables peuples divinisaient jusques aux choux et aux oignons de leurs jardins ; mais surtout la fève leur était si sainte qu'ils n'osaient ni en semer, ni en manger, ni même la regarder à deux yeux ; ils la tenaient dans leur temple, cachée d'un voile comme un grand mystère. Ne prétendez-vous pas la même chose quand vous la cachez si bien dans la pâte de vos gâteaux et sous la serviette, ainsi que sous un voile...? (Abbé Déplions, chanoine de Senlis, « Discours ecclésiastiques contre la fête des Rois », 1654)

Hymne de l'Épiphanie
O vous tous qui cherchez le Christ,
Levez vers le ciel vos regards :
Le signe, vous le pourrez voir
Où brille Sa gloire éternelle.
La roue du soleil est moins belle
Et splendide que cette étoile.
Dieu est venu, annonce-t-elle,
Il s'est vêtu de votre chair.
Des portes du soleil, du sein
De la terre persique, ils voient,
Les interprètes exemplaires,
Les Mages, l'étendard du Roi.
Le premier feu qu'il a lancé
A mis les sphères en déroute,
Et Lucifer, si beau soit-il,
Craint de paraître devant lui.
« Quel est donc ce roi glorieux,
Disent-ils, qui commande aux astres ?
Tout le redoute dans les cieux
Et la lumière est son esclave.
Quel est cet étrange prodige
Qui ne saurait avoir de terme ?
Altier, sublime et plus antique
Que le ciel et que le chaos ? »
[Prudence (Rome. Vers 348-410), traduit par R. Gouast, « Anthologie de la Poésie latine », Stock]

Hymne de la Nativité
Le Seigneur vint en Elle (ndlr : Marie)
pour se faire serviteur.
Le Verbe vint en Elle
pour se taire dans son sein.
La foudre vint en Elle
pour ne faire aucun bruit.
Le pasteur vint en Elle
et voici l'Agneau né, qui pleure sans bruit.
Car le sein de Marie
a renversé les rôles :
Celui qui créa toutes choses
est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.
Le Très-Haut vint en Elle,
mais Il y entra humble.
La splendeur vint en Elle,
mais revêtue de vêtements humbles.
Celui qui dispense toutes choses
connut la faim.
Celui qui étanche la soif de chacun
connut la soif.
Nu et dépouillé Il naquit d'Elle,
Lui qui revêt (de beauté) toutes choses.
(Ephrem le Syrien +373, « Hymne De Nativitate » 11,6-8)

LE VIEUX, ODIN, GARGAN, L’ENFANT JESUS, SANTA CLAUS, PERE NOEL.

Le Vieux


Les mascarades sont sans doute l'un des rites les plus anciens de la culture européenne : à la nuit tombée, des cortèges de jeunes hommes habillés en peaux de bête et le visage recouvert d'un masque de forme humaine ou animale, se rendaient de maisons en maisons, de fermes en fermes pour réclamer à boire et à manger.
Les porteurs de masques incarnaient les esprits des ancêtres, imitant leur cohorte nocturnes à travers les villages, chantant, dansant et quêtant des offrandes en échange de bons présages pour les saisons à venir.
Parmi les masques, « le Vieux » incarnait l'esprit du patriarche, d’un ancêtre chaman qui connaissait tout et savait tout. Il se plaçait souvent en tête du cortège et simulait le sacrifice d'un bouc.
Cette forme archaïque de mascarade a existé en Europe centrale et orientale jusqu'à la moitié du XXe siècle.

Pendant le solstice d'hiver, notamment, le vieil homme se rendait de maisons en maisons, accompagné d'autres créatures masquées, afin de récolter des offrandes.
Après l'arrivée du christianisme, on l’appela simplement « le Vieux » en Europe orientale et « Noël » en occident...

En Angleterre, on signalait au XVIIe siècle, des mascarades connues sous le nom de « mumming » et menées par un personnage appelé « Noël ». Comme en Europe orientale, il était très vieux, portait une longue barbe et allait de maisons en maisons, accompagné d'autres personnages masqués, pour réclamer à boire et à manger.

En France, au XIIIe et au XVIIe siècle, plusieurs textes parlent également de ce mystérieux personnage nommé « Noël » (parfois « Sire Noël ») qui quêtait jadis de porte en porte à cette période de l'année.

La coutume très populaire des mascarades hivernales est condamnée à plusieurs reprises et durant des siècles par les pères de l'Église.
En Europe centrale, où le christianisme a du mal à faire oublier à la population ses anciennes traditions, l'Église donne aux mascarades des noms chrétiens : saint Martin pour les cortèges du début de novembre, saint Nicolas, sainte Lucie, saint Thomas ou saint Etienne pour les cortèges de l'Avent et de Noël...
Dans le Sud de l'Allemagne, saint Nicolas est substitué au Vieux des anciennes mascarades et apparaît, parmi les autres personnages, muni de sa barbe, d'une crosse et de sa célèbre mitre d'évêque.

Odin

Le solstice d'hiver marquait le début de l'année pour les Scandinaves et les Germains.
Le dieu du soleil Odin (Wotan), vêtu d’une grande cape à capuchon, parcourait le ciel, monté sur Sleipnir, son cheval blanc à 8 pattes, puis il descendait sur terre avec un sac plein de pièces de monnaie destinées aux pauvres et parcourait les maisons dans chaque village en donnant des friandises aux enfants sages.

Gargan

Selon l’historien Guy Breton, le géant Gargan, fils de la déesse Belisama (vierge fécondée par l’esprit du dieu de la lumière Belenos), se promenait dans les campagnes gauloises, au solstice d’hiver, en distribuant des cadeaux.
Rabelais s’en inspira pour son Gargantua.
Gargan a donné son nom à de nombreux sites en Europe tel le Gargano en Italie (but de pèlerinage au cours des premiers siècles chrétiens pour les fidèles qui se rendaient au sanctuaire de saint Michel Archange apparu sur le Mont), le Mont Saint-Michel (dont le nom païen fut Mont Gargan puis Rocher de Mont Tombe, à partir duquel Gargantua s’embarqua vers la Grande-Bretagne pour y combattre aux côtés du roi Arthur) et le Mont Gargan en Haute-Vienne où était pratiqué un culte solaire (ce qui pourrait aussi être le cas du Mont Gargas près de Notre-Dame de La Salette en Isère).

Weihnachtsmann (l'Homme de Noël)

En 1778, des Landgraves du Nord de l'Allemagne, magistrats protestants rendant la justice au nom de l'empereur germanique, décidèrent, en faveur de la « décatholicisation » voire de la laïcisation, de faire resurgir des tréfonds du passé l'homme de Noël (« Weihnachtsmann ») qui incarnait dans les anciennes mascarades l'esprit de l'ancêtre. Comme dans les cortèges masqués de l'hiver, il apparaît munit d'une longue barbe et d'un grand manteau en fourrure.
La légende raconte que l’Homme de Noël passe toute l'année au sein d'une montagne parmi « le petit peuple » dont il fait parti. Chaque nuit, un nain monte la garde à la fente du rocher qui sert d'entrée et un autre nain vient le remplacer à l'aube du jour suivant. Au bout de 360 gardes, le dernier rentre en criant : « Voici bientôt Noël ! » Alors, le Weihnachtsmann et sa cour sortent de leur repos. Ils vont dans la forêt, armés de scies et de haches; avec ardeur ils coupent des sapins destinés à la fête, les placent sur des traîneaux et les conduisent dans leur palais souterrain afin de les décorer de bougies, de pommes d'or, de noix et de bonbons.
La nuit de Noël venue, le Weihnachtsmann parcours en traîneau les villages environnants pour s'informer si les enfants sont sages. S'il en est ainsi, il laissera dans la maison un beau sapin couvert de présents.
Dans les mythologies du Nord de l'Europe, les ressortissants du « petit peuple » (« kleines volk » en allemand), lutins ou gnomes, incarnaient, tout comme l'homme de Noël, les esprits des ancêtres qui vivaient sous terre, c'est à dire l'Au-delà, l'empire des morts.
La croyance populaire les faisait sortir en général la nuit et surtout à certaines dates de l'hiver pour venir importuner les vivants jusque dans leur maison en leur jouant des tours pendables ; mais ils pouvaient également les aider dans leurs tâches quotidiennes en échange de nourriture par exemple.
Le Weihnachtsmann allemand fera progressivement des émules dans les pays voisins comme en France où on l'appellera le « Bonhomme Noël », en Savoie et en Suisse : le « Père Chalande » et en Angleterre : « Father Christmas ».

L’Enfant Jésus, Christkindel, Sainte Lucie et les fées de Noël


Les protestants portèrent un rude coup à Saint Nicolas, jugé trop papiste, en préférant confier au Petit Jésus la mission d'apporter des jouets à leurs enfants. Il fallut donc déplacer la date de distribution des cadeaux. Toutes les régions protestantes suivirent ce changement.
Désormais, l'Enfant Jésus (« Christkindel » en allemand), accompagné d'un croquemitaine, rendit visite aux enfants le soir de Noël, veille de son anniversaire pour leur offrir jouets et friandises en échange de prières.
Le Christkindel avait l'apparence d'une jeune femme (en Alsace notamment, l’enfant Jésus était personnifié le soir de Noël par l’apparition d’une jeune fille voilée et vêtue de blanc) pour les raisons suivantes : quand les protestants passèrent du calendrier julien au calendrier grégorien, le jour de Noël se confondit avec la Sainte-Lucie, jour du solstice d'hiver où avait lieu le passage des fées (christianisées en sainte Lucie) qui allaient de maisons en maisons mendier des offrandes en échange de bons présages ; avant le passage au calendrier grégorien, en 1582, sainte Lucie se fêtait le 23 décembre.

Puis, les landgraves décidèrent de changer le nom de la fête de « Christkindel (Enfant Jésus)/Sainte Lucie » en lui redonnant son nom populaire et antique de « Frau Holle » (nom des fées des anciennes croyances germaniques.)
Ces fées étaient à l'origine les esprits divinisés des femmes qui avaient donné naissance aux grandes familles et qui veillaient sur la naissance, la vie et la mort de leurs descendants. Elles revenaient au solstice d'hiver (12 jours de Noël) accompagnées de la cohorte des ancêtres pour prendre les offrandes que les vivants leur avaient préparé.
Dans leur nouveau rôle, les fées de Noël se chargèrent d'apporter les étrennes destinées au jeune âge. Comme saint Nicolas, elles arrivaient dans les maisons tantôt par la cheminée, tantôt par quelque fenêtre entrouverte, tenant en main des cadeaux pour les enfants sages et des verges pour les paresseux.
Dans le sud de l'Allemagne, en Autriche ou en Suisse orientale, la Fée de Noël était appelée Berchta.
Dans les cantons de Neuchâtel, du Jura et en Franche-Comté, la Dame de Noël, appelée Arode ou Tante Arie, une vieille dame au visage jeune et aux pieds en forme de pattes d’oie, qui vivait dans une grotte, se déplaçait avec son âne pour apporter des cadeaux aux enfants sages ; elle était aussi armée de verges destinées aux chenapans.
En Pays Vaudois, le Bon Enfant venait sur son âne distribuer des cadeaux ; la Chauchevieille avait préparé sa hotte : elle était pleine de cadeaux pour les enfants méritants et de verges pour les désobéissants.
Dans le Berry, les cadeaux étaient déposés par « le petit Naulet ».

Au Canada, pour les francophones, c'était l'Enfant Jésus qui venait garnir le bas de Noël des enfants, la nuit du 25 décembre, alors que saint Nicolas s'occupait des petits anglophones.

Le Christkindel et saint Nicolas resteront les deux principaux donateurs de cadeaux jusqu'au lendemain de la première guerre mondiale.
L'Enfant Divin détrôna donc peu à peu saint Nicolas qui résista cependant en Alsace, en Lorraine et dans le Nord où ces deux bienfaiteurs distribueront séparément les cadeaux : pour le saint, ce sera les 5 et 6 décembre ; pour Jésus, les 24 et 25 décembre.

Santa Claus, Père Noël


Présentation
Santa Claus qui vient du néerlandais « Sinter Klaas » (abréviation de « Sint Niklaas » : saint Nicolas) et dont la fête fut introduite en Amérique au début du XVIIe s. par les colons hollandais, fondateurs de la New Amsterdam (rebaptisée New York), est à l'origine du personnage du Père Noël.
Le Père Noël, nommé ainsi depuis le XIXe s. (1855, G. Sand), ou Papa Noël, ou même Bonhomme Noël, est la transposition laïque de saint Nicolas. Il ne connaît pas de frontières : « Father Christmas » en Angleterre, « Santa Claus » aux États-Unis, « Babbo Natale » en Italie, « Weihnachtsmann » en Allemagne.
Le petit Papa Noël remporta dans les pays francophones, sauf en Belgique et dans le Nord de la France, un très grand succès, tandis que déclinait le mythe du bon saint Nicolas.

Historique
En 1809, Washington Irving décrivit un Saint Nicolas jovial qui circulait sur les toits à bord d’une charrette et jetait des cadeaux dans les cheminées.
Le 23 décembre 1823, le journal « Sentinel » de New York publia le fameux poème du pasteur Clement Clarke Moore intitulé « A Visit From St. Nicholas » dans lequel l’auteur met en scène un vieux lutin joufflu qui vole à bord d’un traîneau tiré par huit rennes minuscules nommés « Dasher », « Dancer », « Prancer », « Vixen », « Comet », « Cupid », « Donder » et « Blitzen » (Tornade, Danseur, Furie, Fringuant, Comète, Cupidon, Éclair et Tonnerre ; un neuvième renne, Rodolphe ou Rudolph, au nez rouge, a été créé en 1939) et apporte des cadeaux dans un grand baluchon en passant par la cheminée.
En 1830, un graveur sur bois, Myron King, réalisa une première illustration de ce Saint Nicolas et de son équipage, exactement comme ils étaient décrits dans le poème de Moore : un petit lutin pas du tout bedonnant et huit rennes nains.
Vers 1850, le dessinateur John Tenniel en fit un joyeux petit bonhomme à barbe blanche.
En 1860, Thomas Nast, illustrateur du magazine new-yorkais « Harper's Illustrated Weekly », affubla le généreux lutin d’un costume rouge (une vareuse bordée de fourrure et un pantalon bouffant) et d’une large ceinture de cuir. Il l’arma d'une baguette menaçant les enfants désobéissants, lui faisant ainsi tenir également le rôle du Père Fouettard.
Partisan de Lincoln, il dessina, en 1863, un gnome distribuant des cadeaux aux soldats nordistes.
Jusqu’en 1889, Nast fera évoluer son personnage qui deviendra même son autoportrait.
En 1885, Nast établit la résidence officielle du père Noël au pôle Nord par un dessin représentant deux enfants qui regardent, sur une carte de monde, le tracé de son parcours depuis le pôle Nord jusqu'aux États-Unis.
L’année suivante, un écrivain américain, George P. Webster, expliqua que l’usine de fabrication de jouets du Père Noël (où s’affaire une armée de lutins) restait camouflée sous la glace du Pôle Nord durant la période estivale.
Au cours de la Première Guerre Mondiale, les troupes américaines amenèrent sans grand succès le Père Noël en France.
Toutefois, la carrière commerciale du Père Noël ne débuta qu'en 1931, lorsqu'il fut utilisé comme support publicitaire par la marque Coca-Cola. Entre 1931 et 1966, Haddon Sundblom, peintre illustrateur américano-suédois, réalisa pour la firme américaine des dizaines de toiles sur le thème de Noël. Grâce au talent artistique de Haddon Sundblom, Santa Klaus, revêtu de sa houppelande écarlate (la couleur emblématique de la marque), avait désormais une stature humaine (le rendant ainsi plus convaincant et nettement plus accessible), un ventre rebondissant, une figure sympathique et rubiconde, un air jovial et une attitude débonnaire. Coca Cola souhaitait ainsi inciter les consommateurs à ingurgiter son soda, même en plein hiver.
John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973), l’auteur du « Seigneur des Anneaux », renforça, dans les années 30, le mythe du père Noël en publiant ses « Lettres au père Noël ».
Durant le second conflit mondial, le Père Noël entretint le moral des G.I. Puis il débarqua en force sur nos rivages avec les troupes américaines et le fameux soda, mais ne s'imposa qu’à partir de 1948 avec l'application du Plan Marshall.
En 1951, des catholiques, hostiles à cet usurpateur laïc et désireux de lutter contre la « paganisation » des esprits, brûlèrent son effigie devant la cathédrale de Dijon.
A la même époque, le cardinal Roques, archevêque de Rennes, dénonçait les « invraisemblables stupidités d'un imaginaire chiffonnier, dénommé père Noël ».

Noël dans le monde :

Au Pays basque
Au Pays Basque, quelques localités essaient de sauver l’antique tradition d’un père Noël atypique, Olentzero, dont l’histoire aurait débuté sur les rives de la Bidassoa pour gagner progressivement l’ensemble du territoire basque.
Figure de paille et de chiffons que l'on promène en faisant du porte à porte (chants, quête) et autrefois tronc (la bûche de Noël), c’est le plus souvent une personne déguisée : un berger ou un paysan avec un bouquet d'ajoncs et une faucille, mais généralement, un charbonnier. Cet homme noir descend de la montagne pour annoncer la naissance du Sauveur (à l’origine c’était une fête du solstice d’hiver célébrant la renaissance du soleil). Sa venue étant liée au solstice d'hiver, Olentzero représente les forces de la Nature qui se renouvellent chaque année.
Individu sale, noir, glouton, ivrogne et sot, il a une grosse tête avec 366 yeux rouges (1 année + 1). Il fume la pipe et tient une hache ou une faucille à la main. Il descend dans les maisons par la cheminée et l’hôte doit servir à manger le « bacalao » (filet de morue avec pommes de terre à l’huile d’olive) à cet invité à l’appétit pantagruélique sinon il est capable de trancher des gorges ou de voler les enfants... Il ne distribue pas de cadeaux, au contraire, on éloigne les petits parce qu’il n'est pas un bon exemple pour eux.
Olentzero est aussi représenté par un enfant laid avec une grosse tête coiffée d'un grand chapeau et vêtu d'une large veste ; il a le visage souillé de noir et la pipe à la bouche. On le place dans une caisse décorée de feuilles de laurier et d'une lanterne, que quatre enfants portent sur les épaules comme une litière. Un autre, plus grand, va devant frappant aux portes pour faire la quête. Les gamins parcourent tout le quartier en chantant à chaque porte.
Le rite, d'origine rurale, gagna la ville, mais sa présence au milieu des festivités de Noël prêta à confusion et, dans les années 1960, Olentzero fut assimilé au Père Noël. Depuis, cet homme noir aviné dont la seule évocation faisait peur aux enfants, s’est mis à leur apporter des friandises...

En Italie
Les traditions de Noël varient d'une région à l'autre et les petits italiens ne reçoivent pas tous leurs jouets en même temps.
Dans certaines régions, c'est « Babbo Natale » (Papa Noël) ou le Petit Jésus « Gesu Bambino » qui apporte les cadeaux le 25 décembre. Ailleurs, c'est Sainte Lucie « Santa Lucia », le 13 décembre.
La Befana, qui signifie « Epiphanie », est la concurrente de Babbo Natale. Selon la légende, elle a été avertie de la naissance de Jésus par les mages qui l'invitèrent à les accompagner mais elle arriva trop tard. Dans la nuit du 5 au 6 janvier, vêtue de noir, les souliers percés, un grand sac sur le dos, cette vieille femme chevauche son balai (ou son cheval) pour porter des cadeaux (pièces en chocolat et jouets) aux enfants sages d’Italie. En revanche, s’ils ont été désobéissants, elle remplit leurs souliers de charbon…

En Espagne
Les enfants d'Espagne, qui ne connaissent le Père Noël que depuis peu de temps, reçoivent traditionnellement leurs cadeaux des Rois Mages (« Reyes Magos ») à l'Epiphanie. Ils déposent leurs sabots sur le balcon et y laissent un peu d’avoine pour nourrir les chameaux des illustres visiteurs.
Traditionnellement, les rois mages ont apporté jusqu'au XIXème siècle des articles de première nécessité : Gaspar des sucreries, du miel et des fruits secs, Melchior des vêtements et des souliers, et Balthazar, du charbon, du bois et des pierres pour punir les enfants qui n'ont pas été sages. Depuis, le charbon, fabriqué en sucre, est offert par plaisanterie, et l’enfant reçoit quand même ses « vrais » cadeaux.
Autrefois, dans les villages espagnols, le soir du réveillon ou le matin de Noël, on remerciait son voisin pour l'aide donnée au cours de l'année. Le voisin, muni d'un panier tressé d'osier, devait venir chercher sa récompense : de l'huile d'olive, des noix ou des fruits secs. Aujourd’hui, on trouve dans les magasins, à l'approche des Fêtes, des paniers de Noël composés des plus fins produits du pays.

Au Portugal
Au Portugal, à partir du 25 décembre, la table reste mise en permanence jusqu'au dimanche des rois afin que tous les amis et parents puissent se servir à volonté. Anciennement, on échangeait les cadeaux le dimanche des Rois ; la coutume subsiste encore dans certaines contrées.

En Grande-Bretagne 
En Grande-Bretagne, pour remercier le père Noël, les enfants n'oublient jamais de mettre sur le tablier de la cheminée un verre de sherry et une tartelette au « mincemeat ».
Dès que la reine Elisabeth II a terminé son discours, le 25 décembre, les Britanniques se mettent à déguster le fameux « Christmas Pudding ».

En Irlande
En Irlande, une bougie est placée sur le rebord de la fenêtre le jour de Noël.
Avant de partir pour la messe on laisse un verre de whisky pour le Père Noël est des carottes pour les rennes.
Les cadeaux sont ouverts le jour de Noël et le repas de Noël a lieu dans l'après midi.
Le lendemain est encore un jour de fête : « Stephen's Day ». Dans les campagnes, de jeunes garçons, les « wren boys », vêtus de vieux habits, chantent et jouent de la musique en allant de maison en maison récolter quelques pièces de monnaie.

En Islande
Noël se dit « Jol » en islandais.
Les « Jolasneinar », les treize petits lutins de Noël, sont les enfants de Gryla, une créature monstrueuse à trois têtes. Mais, depuis l'apparition du Père Noël, ils sont devenus gentils et passent leur temps à préparer les cadeaux. Attention, cependant ! L'horrible chat de Gryla mange les enfants qui ne portent pas un vêtement tout neuf !

En Pologne
 
En Pologne, la veille de Noël est un jour maigre même chez les non pratiquants.
Le pain azyme, composé exclusivement de farine de froment et d'eau et décoré de motifs religieux, est confectionné et mangé dans les églises durant la période de Noël.
On partage le pain azyme avec ses proches en s'adressant des vœux de Joyeux Noël et de bonne année ; ce signe de paix, de réconciliation et de pardon, ouvre le repas de Noël.

Au Japon

Les petits Japonais se lèvent à l’aube du 25 décembre pour découvrir leurs cadeaux aux pieds du sapin décoré sous l’œil amusé du cygne immaculé, symbole de la lumière solaire, de la pureté, de la sincérité et de la paix, qu’on retrouve un peu partout dans la maison au moment des fêtes.
Quant aux derniers Aïnous de l’île de Hokkaido, ils fêtent l’ours, l’ancêtre de leur tribu. Lors de la fête de l’ours (« Kamui omante »), l’ours descend sur terre et laisse divers cadeaux aux humains, avant de retourner au monde divin.

En Chine
Les Chinois échangent des « Shang Tar Kuaï Loh » (Joyeux Noël) à la sortie de la messe de minuit puis font un repas autour d’un sapin décoré. Les Chinois, qui fabriquent la plupart des décorations de Noël, fêtent Noël de plus en plus.

En Corée du Sud 
En Corée du Sud, le 25 décembre est un jour férié.
Jusque dans les familles bouddhistes, les enfants reçoivent des cadeaux et tout le monde connaît « Grand-père Santa ».

Aux Antilles
Les Antillais dégustent du porc accompagné de galettes à la noix de coco et dansent sous les cocotiers enguirlandés en dégustant du rhum spécialement préparé.

Au Brésil
Les Brésiliens attendent le passage de « Papai Noel » autour d’un plat de poulet et de riz arrosé d’une bière locale.

Aux Etats-Unis
Aux États-Unis, à la Maison Blanche, on déguste le « Gâteau du Président », une recette et une tradition qui remontent à Abraham Lincoln...

Au Mexique
Au Mexique, la fête de Noël commence le 16 décembre par la reconstitution du voyage de Joseph et de Marie à Bethléem.
Les personnages de Joseph et Marie, fixés sur un brancard, sont portés par deux jeunes filles jusqu'à la maison choisie à l'avance pour demander l'hospitalité. Le couple est promené ainsi pendant huit jours, allant chaque soir dans une famille différente qui célèbre alors la Pinata.
Finalement, le 24, Joseph et Marie sont déposés près du petit Jésus dans la crèche dressée devant l'église.

Chez les orthodoxes :
Le Noël orthodoxe est célébré dans la nuit du 6 au 7 janvier. Cependant, plusieurs Eglises orthodoxes, notamment celles des pays faisant partie de l’Union Européenne, ont adopté le calendrier grégorien utilisé par les catholiques et les protestants.
- Serbie
En Serbie, l’homme le plus âgé doit aller chercher des branches de chêne. A son retour, il est accueilli par des chants.
Chacun doit lécher du miel sur les branches.
Du blé et des noix sont jetés aux quatre coins de la demeure.
- Russie
Les enfants russes ne reçoivent pas leurs cadeaux le 25 décembre et doivent s’armer de patience jusqu’au jour de l’An.
Lors de la nuit de la Saint Sylvestre, « Ded Moroz » (Père Gel), descend dans les cheminées pour apporter des cadeaux aux enfants sages. Il partage sa tâche avec la mythique « Babouchka » (Grand-mère) qui n’a pas voulu accompagner les rois mages, ou avec « Sniegourotchka », la fée des neiges.
Une autre légende russe raconte qu'il existe un quatrième roi mage qui conduit sur la steppe un traîneau, rempli d’offrandes, tiré par des rennes : parce que depuis 2000 ans il a renoncé à trouver l'Enfant Jésus qu'il chercha en vain, il se rattrape en remettant les cadeaux aux enfants.
Les bolcheviks avaient supprimé les traditions « bourgeoises », Noël en particulier, et il ne restait donc plus que la fête païenne du Nouvel An.
Aujourd’hui, Ded Moroz fait sa tournée le premier de l'an et le 7 janvier, jour de la Noël orthodoxe.
- Grèce
Les enfants grecs attendent le 2 janvier, jour de la Saint Basile, pour recevoir leurs cadeaux. C’est en effet, Basile le Grand, évêque de Césarée et père de l'Église grecque, qui se charge de la distribution. Toute la famille s’est réunie la veille pour faire la fête.
Nicolas est néanmoins l'un des saints les plus populaires en Grèce. Les Grecs ne manquent pas de le fêter chaque année comme saint patron des bateliers.

En Scandinavie :
Dans les pays d'Europe du Nord, on s'attache à revendiquer le titre de « Pays du Père Noël ». Les pays scandinaves s'opposent à ce sujet depuis des décennies. On s'accorde en général pour localiser le bonhomme en Laponie, près du cercle polaire.
Cependant, chaque pays a développé ses propres traditions : le rituel du sauna la veille de Noël chez 70 % des Finlandais, l'émission de timbres spéciaux au Danemark, la bière de Noël norvégienne, les décorations de paille des sapins suédois. Sans oublier la terreur des enfants islandais : recevoir en cadeau une patate, qui sanctionne leur manque de sagesse !
Le Noël nordique est convivial : les préparatifs se succèdent pendant l'Avent, avec l'illumination, chaque dimanche, d'une bougie. Ce rituel se déroule en famille et entre amis, autour d'un verre de vin chaud épicé, le « glögg ».
De même, le 13 décembre, jour de la Sainte-Lucie (du latin « lux, lucis » : lumière), ce sont les municipalités, les écoles et les entreprises qui prolongent la tradition de cette martyre venue conjurer les ténèbres des nuits les plus longues de l'année.
Ce matin-là, la famille suédoise déguste le vin chaud et les biscuits proposés par la fille aînée, vêtue d'une robe blanche et d'une ceinture rouge, portant une couronne hérissée de bougies (ou une cornette blanche, moins dangereuse !).
La famille fêtera ensuite Noël, sans oublier d’ajouter un couvert pour le pauvre éventuel.
- Suède
En suédois, les cadeaux de Noël s'appellent « juklappar » (« coups de Noël »), parce que, anciennement, dans la nuit du 24 décembre, on frappait fort aux portes de ceux à qui on destinait un présent, avant de disparaître pour ne pas être aussitôt reconnu.
Le destinataire ne pouvait découvrir l’identité du donateur qu'à la lecture de la dédicace, souvent irrévérencieuse.
C’était un bouc, figure mythologique ancestrale, qui distribuait autrefois les cadeaux aux enfants.
Bien que cette fonction soit assurée aujourd’hui par « Jultomten », leur Saint Nicolas, les Suédois utilisent toujours un bouc en paille en guise de décoration.
Les gnomes nommés “Tomte” et autres petites figurines prennent place sous le sapin
- Norvège
La veille de Noël, les Norvégiens décorent le sapin, à l’insu des enfants.
Ils doivent ensuite se rendre à l'étable pour offrir un bol de porridge au « nisse », un gnome protecteur de la ferme, puis, déposer une bougie sur chaque tombe de la famille.
Ils pourront passer à table après les sonneries des cloches d'églises et la récitation des prières.
- Finlande
La Finlande entière cesse de vivre le 24 décembre : les restaurants sont fermés et les transports en commun ne circulent plus.
Comme au Moyen âge, la trêve de Noël de Turku, l'ancienne capitale, est proclamée solennellement ; les Finlandais sont très attachés à cette cérémonie symbolique.
- Danemark
Au Danemark, le dîner de Noël commence vers 18 h 00. A la fin du repas, on sert du riz au lait dans lequel est cachée une amande entière. Celui qui la trouve reçoit un petit cochon porte bonheur en pâte d'amande.
Après le dîner le père va seul dans la pièce où se dresse le sapin de Noël pour allumer les bougies tandis que les autres attendent derrière la porte.
La famille entre ensuite ; elle forme un cercle autour de l'arbre en se tenant par la main et entonne un chant de Noël en faisant une ronde.

La demeure du Père Noël
Depuis 1963, le congrès mondial des Pères Noël (12 pays européens, Canada et Japon) se tient chaque année en plein été au Danemark car les Danois prétendent que le Père Noël est leur compatriote.
Le Père Noël du Groenland, possession danoise située dans l'Arctique, reçoit, à Nuuk, la capitale de l'île, 40 000 à 50 000 missives du monde entier.
Le Santa Claus groenlandais prétend être le véritable père Noël et considère ses alter ego finlandais, canadien, suédois, et autres, comme des usurpateurs.
Suivant l’initiative d’un agent de voyage britannique en 1984, les Finlandais assurent, de leur côté, que l’illustre bonhomme vit en Laponie finlandaise, pas très loin du cercle polaire, à Rovaniemi où il reçoit de nombreux touristes.
Le père Noël finlandais reçoit environ 500 000 lettres du monde entier (Santa Claus, 96930 Cercle polaire, Finlande).
Le succès commercial de Rovaniemi a suscité des vocations en Suède et en Russie où existent aujourd’hui des sites du Père Noël.

Le courrier du Père Noël
Chaque année, du 20 novembre au 20 décembre, la Poste française répond à chaque lettre au Père Noël.
C’est Michel Maurice-Bokanovski (ministre des PTT du 5-2-1960 au 14-4-1962) qui décida de concrétiser cette idée d’une receveuse de la Poste.
Cette décision fut mise en pratique, à Noël 1962, par le nouveau ministre, Jacques Marette : la Poste répondit à 2 000 lettres par une carte rédigée par Françoise Dolto, psychologue et belle-sœur du ministre.
En 2008, les 60 secrétaires du Père Noël ont reçu, à Libourne, près de 1 400 000 courriers dont 180 000 courriels, provenant de 126 pays, adressés par des enfants qui avaient, en moyenne, entre 3 et 8 ans.
Ces enfants du monde entier, qui adressent leur courrier au Père Noël en France (lettre à « Père Noël, Chemin du Ciel, 33500 LIBOURNE » ou courriel à http://www.laposte.fr/pere-noel/), avant le 20 décembre, reçoivent des cartes-réponses ludiques signées du « Père Noël ».
Les postes canadiennes et suédoises répondent également aux lettres envoyées à l’illustre bienfaiteur.
Les enfants russes peuvent adresser leurs lettres à Ded Moroz.

La pérennité du mythe


Un sondage réalisé en 1999 a révélé que 4 % des Français ont cru au Père Noël jusqu’à l’âge de 15 ans. Et c’est à l’âge de 8 ans, en moyenne, que les enfants sortent du mythe.

Il est bien loin le temps où le « vieux Noël » passait, la nuit, de porte en porte, accompagné de la cohorte des morts, pour réclamer des offrandes aux vivants en échange de bons présages pour l'année nouvelle.
Cependant, qu’on l’appelle Odin, Gargan, Nicolas ou Noël, qu’il soit dieu, fils du soleil, géant, lutin, saint, père ou simplement bonhomme, ce personnage mythique et sans âge, providentiel et généreux, protecteur et rassurant, radieux et chaleureux, cet être féérique, qui répond à notre besoin de merveilleux, a encore de beaux jours devant lui…


CITATIONS ET PROVERBES


C'est nous, nous qui sommes étrangers aux sabbats, aux nouvelles lunes, et aux fêtes, nous qui étions autrefois agréables à Dieu, c'est nous qui fréquentons maintenant les Saturnales, les fêtes du solstice d'hiver, les Matronales ; on porte çà et là des présents, les cadeaux du nouvel an se font avec fracas, les jeux, les banquets se célèbrent avec des cris ; oh ! Comme les païens sont plus fidèles à leur religion ; comme ils prennent soin de n'adopter aucune solennité chrétienne ! (Tertullien +230/240)
Le Christ aime l’enfance par laquelle il a débuté, en son âme comme en son corps, modèle de douceur. C’est vers elle qu’il ramène les adultes, c’est vers elle qu’il ramène les vieillards. Ce n’est pas aux amusements de l’enfance ni à ses tâtonnements maladroits que nous devons retourner. Il faut lui demander le rapide apaisement des colères, le prompt retour au calme, l’indifférence aux honneurs, l’amour de l’union mutuelle. (Pape Léon Ier + 461, « Sermon pour l’Epiphanie »)
Délivre-nous de toutes nécessités, ô saint Père, par tes prières auprès du Seigneur. O saint pontife Nicolas, port tranquille où trouve un abri quiconque réclame ton secours au milieu de la tempête, prie le Christ qu’il daigne déployer pour nos âmes sa grande miséricorde. (Office orthodoxe des Sobors moscovites)
Tant crie l'on Noël qu'il vient. (François Villon 1431-1463 ?, Ballade des proverbes)
La galette des Rois fait la galette du boulanger. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations)

DICTONS METEOROLOGIQUES

Quand en décembre il a tonné, l'hiver est avorté
Décembre de froid trop chiche ne fait pas le paysan riche.
Décembre trop beau, l'été dans l'eau.
Quand en décembre il a tonné, l’hiver est avorté.
Décembre prend ; il ne rend
En décembre, fais du bois et endors-toi
Froid et neige en décembre, du blé à revendre.
Quand Noël est sans lune, de cent brebis il n'en reste qu'une.
A la Noël froid dur annonce épis durs
Noël au balcon, Pâques aux tisons.
A Noël les moucherons, à Pâques les glaçons.
Noël humide donne grenier et tonneau vides.
Vent qui souffle à la sortie de la messe de minuit dominera l'an qui suit.
Les jours entre Noël et les Rois indiquent le temps des douze mois.
Vent du premier janvier souffle un semestre.
Le mauvais an entre en nageant.
Quand le soleil brille le jour de l'an, c'est signe de gland.
Jour de l'an beau, mois d'août beau et chaud.
A l'aguilonneu, les jours croissent d'un pas de bœuf.
Beaucoup d’étoiles pour la nuit des Rois et sécheresse en été tu auras.
Pluie aux Rois, blé jusqu’au toit, et dans les tonneaux, vin à flots.
Pour les Rois, le jour croît. Fou qui ne s'en aperçoit.
Il faut boire du vin rouge le jour des Rois pour se faire du bon sang pour toute l'année.
Un temps clair pour le jour des Rois nous annonce un regain de froid.
Les hivers les plus froids sont ceux qui prennent vers les Rois.
Janvier sec et sage est d’un bon présage.
Quand sec est janvier ne doit se plaindre le fermier

Voir dossier : Au fil de l'an

Référence publication : Compilhistoire
Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
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Date de mise à jour : 15 mars 2010

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